Skip to main content
Internet Archive's 25th Anniversary Logo

Full text of "Bulletin du Cercle archéologique, littéraire et artistique de Malines"

See other formats


^^05' 


Biblicîheek 
Prov.  Een.  „LiâjiiiiPj" 


:1e  Archéologique 

Bulletin  -  Tome  XV 

Malînes 
1905 


\v 


^.- 


BULLETIN 

nu 

(   ercle,  .H  rcbéolooique,    Jâttécaire   Si   .HttistiQue 

DE  MALINES 


PURCHASED  FOR  THE 
UNIVERSITY  OF  TORONTO  UBRARY 

FROM  THE 

HUMANITIES  RESEARCH  COUNCIL 

SPECIAL  GRANT 

FOR 

ARTS  OF  THE  LOW  COUNTRIES  AND 

THE  GERMANYS,  1600  - 1850 


(ttffram^artiflique 


TOME    QUINZIÈME 


1Q05 


M  A  L I  N  E  S 

L.    &■    ^.    GOTfEU^U^E,    Imprimeiirs-Editciirs 

28,   Grand'  Place,  28 
1903 


Le  Cercle  n'est  pas  responsable  des  opinions  émises 
par  ses  Membres 


Z)A' 


V  ^^ 


LISTE  'DES  D^iEM'B%ES 

DU 

Cercle  Archéologique  de  Malines 


Commission  Admini^tratire  pour  X905 

PRÉSIDENT 
M.  G.  VAN  Caster,  Chanoine,  rue  Notre-Dame,  i25,  Malines. 

AUribulions  :  Direction  générale  de  la  Société. 

VICE-PRÉSIDENT 
M.  G.  Van  Doorslaer,  Docteur  en  Médecine,  sous  la  Tour,  9,  Malines. 

Altribulioiis  :  Suppléant  au  Président. 

CONSEILLERS 

M.  Edmond  Magnus,  Industriel,  rue  de  la  Station,  42,  Malines. 
M.  Robert  D'Awans,  Professeur  à  l'Athénée  Royal  de  Malines,  boulevard 
des  Capucins,  141,  Malines. 

Aliribuiions  :  Suppléant  aux  Président  et  Vice-président. 

SECRÉTAIRE 

M.  H.  CoNiNXKX,  Professur  à  l'Académie  des  Beau.x-Arts,  rue  du  Ruis- 
seau, 9,  Malines. 

Allribuùons  :  Direction  générale  du  Secrétariat;  correspondance  de  la  Société;  rédaction  des 
procès  verbaux  des  séances  et  du  rapport  annuel;  organisation  des  séances,  convocation  aux 
séances,  conférencei,  e.xcursions,  etc. 

TRÉSORIER 
M.  L.  Van  den  Bergh,  rue  longue  du  Chevalier,  32,  Malines. 

Aliribuiions  ;  Recouvrement  des  sommes  dues  à  la  Société,  comptabilité  générale  et  paiement 
des  dépenses  effectuées. 

BIBLIOTHÉCAIRE-ARCHIVISTE 
M.  J.  DE  Wouters  de  Bouchout  (chevalier),  rue   Léopold,  43,    Malines. 

Aliribuiions  :  Classement  et  garde  des  livres  et  objets  appartenant  au  Cercle. 

I 


LISTE    DES     MEMBRES 


Comité  des  Finances 

MM.  G,  VAN  Caster,  Chanoine,  Président,  rue  Notre-Dame,  i25,  Malines. 
H.  CoNiNCKX,  Secrétaire,  rue  du  Ruisseau,  g,  Malines. 
L.  Van  den  Bergh,  Trésorier,  rue  longue  du  Chevalier,  23,  Malines. 
Edg.  Buedts,  Pharmacien,  marché  au  Bétail,  7,  Malines. 
Léop.  Pluys,  Artiste-peintre-verrier,  rue  de  Beffer,  35,  Malines. 

Comité  des  Publications 

MM.  G.  van  Caster,  Chanoine,  Président,  rue  Notre-Dame,  i25,  Malines. 
H.  Coninckx,  Secrétaire,  rue  du  Ruisseau,  9,  Malines. 
Ad.  Reydams,  Géomètre,  marché  au  Bétail,  25,  Malines. 
G.  Van  Doorslaer,  Docteur  en  Médecine,  sous  la  Tour  9,   Malines. 
R.  D'Awans,  Professeur  à   l'Athénée  Royal  de    Malines,  boulevard 

des  Capucins,  141,  Malines. 
J.  DE  Wouters  de  Bouchout  (chevalier),  rue  Léopold,  43,  Malines. 

]^embres  titulaires  (i) 

Messieurs 

Andries,    Raymond,    Docteur   en   médecine,   rue    Léopold,    34,    Malines 

(19  octobre  1900). 
Bernaerts,   Florimond,   Abbé,    Professeur  à  l'Institut  St-Louis,  rue   du 

Marais,  Bruxelles  (11  mai  1894). 
Beukelaers,  Charles,  Abbé,  Secrétaire  de  l'Achevêché,  rue  des   Augus- 

tins,  24,  Malines  (5  août  1898). 
Boey,  Emile,  long  fossé  aux  poils,  83,  Malines  (10  juin  1888). 
Broers,  Franz,   Banquier,  vieille  rue  de  Bruxelles,   16,  Malines  (7  février 

1897). 
Buedts,  Edgar,  Pharmacien,  marché  au  Bétail,  7,  Malines  (18  décembre 

1902). 

Claes,  Désiré,  Directeur  du  Mont-de-Piété,  rue  des  Vaches,  67,  Malines 
(3  novembre  1899). 


(1)  Extrait  du  Règlement. 

Art.  4.  —  Les  Membres  titulaires  sont  choisis  parmi  les  personnes  qui  s'intéressent  aux 
travaux  du  Cercle.  Ils  ont  seuls  le  droit  de  vote,  paient  une  cotisation  annuelle  de  douze 
francs,  et  reçoivent  les  publications. 


LISTE    DES    MEMBRES 


Claeskens,   Emile,  Agent   de  Change,   rue  Montagne-aux-Corbeaux,   i3, 

Malines  {21  février  1902). 
Cluytens-Suetens,  Alphonse,  Peintre-décorateur,  rue  de  la  Chaussée,  54, 

Malines  (19  janvier  1894). 
CoEMANS,  Charles,  rue  Conscience,  i,  Malines  (7  novembre  1902). 
CoENE,  Ernest,  Emplo^^é,  rue  Veke,  11,  Malines  (23  février  1894). 
CoENE,  Jean,  Professeur  à  l'Académie  des  Beaux- Arts,  rue  des  Augustins, 

5,  Malines  (i^r  août  1902). 
CoNiNCKx,  Hj-acinthe,  Dessinateur,  Professeur  à  l'Académie  des   Beaux- 
Arts,  Secrétaire  du  Cercle  Archéologique,  rue  du  Ruisseau,  9,  Malines 

(24  mars  1886). 
CooLEN,  Emmanuel,  Avocat,  rue  de  l'Empereur,    19,   Malines  (19  février 

1904)- 
CoRDEMANS,   Henrjf,   Libraire,   Secrétaire  honoraire    du    Cercle,    rue    du 

Gentilhomme,  10,  Bruxelles  (24  mars  1886). 
Costa,  Henri,  Candidat  notaire,  rue  du  Poivre,  12,  Malines  (3  avril  1903). 
CosTiER,  Lieutenant  d'Artillerie,  rue   Fayd'herbe,  2,  Malines  (26  janvier 

(1903). 
CuvELiER,  Charles,  Chanoine,  rue  Louise,  29,  Malines  (5  août  1898). 
D'AwANS,  Robert,  Professeur  à  l'Athénée  Royal  de  Malines,  Conseiller 

du  Cercle,  boulevard  des  Capucins,  141,  Malines  (28  décembre  1900), 
De  Blauw,  Charles,  Directeur  de  ventes,   Bailles  de   Fer,   36,   Malines 

(21  fé\Tier  1902). 
De  Blauw,  François,  Directeur  de  ventes.    Bailles  de   Fer,  19,   Malines 

(20  septembre  1895). 

De  Blauw,  Pierre,  Agent  d'affaires,  Bailles  de  Fer,  19,  Malines  (24  mai 
1901). 

de  Cannart  d'Ha.male,  Léon,  Colonel,  chef  de  l'Etat-Major  du  Lieutenant 
Général  Commandant  supérieur  de  la  Garde  civique  pour  les  provinces 
du  Hainaut  et  de  Namur,  Boulevard  Dolez,  21,  Mons  (24  mars  1893). 

De  Cocq,  Edouard,  Avocat,  Membre  de  la  Chambre  des  Représentants, 
Bourgmestre  de  Malines,  rue  du  Brucl,  71,  Malines  (23  novembre  1900). 

De  Cocq-Zech,  Fritz,  rue  d'Hanswyck,  33,  Malines  (7  novembre  1902). 

De  Cocq- Van  Langendoxck,  Ernest,  rue  d'Hansw3^ck,  42,  Malines  (5  août 
1898). 

De  Coninck,  Joseph,  Bailles  de  Fer,  7,  Malines  (20  mai  1904). 
DE   Ghellinxk    Vaernlwyk    (vicomte    Amaury),    rue    de    l'Industrie,    i3, 
Bruxelles,  et  château  d'Elseghem  [par  Peteghem]  (24  mars  1893). 


LISTE    DES    MEMBRES 


De  Glas,  Joseph,  Avocat,  Grand'  Place,  18,  Malines  (25  octobre  1901). 

Delvaulx,  Charles,  Avocat,  rue  Louise,  3i,  Malines  (17  sejitembre  1897). 

Deltenre,  Ernes%  Avocat,  longue  rue  des  Bateaux,  77,  Alalines  (3  avril 
igoS). 

DE  Marneffe,  Edgar,  Chef  de  section  aux  Archives  générales  du 
Royaume,  rue  du  Chemin  de  fer,  Louvain  (28  mai  1892). 

DE  Meester  de  Betzenbroeck,  Raymond,  Sénateur,  château  de  Betzen- 
broeck,  Malines  (24  novembre  1893). 

de  Meester,  Marcel,  château  de  Ramsdonck  par  Capelle-au-Bois  (20  mai 
1904). 

Dessain,  Charles,  Editeur,  rue  de  la  Blanchisserie,  7,  Malines  (9  juin  1889). 

De  Ridder,  Emile,  Négociant,  Grand'  Place,  25,  Malines  (i'"''  août  1902). 

Dicvos,  Isidore,  négociant,  Mélane,  12,  Malines  (19  février  1904). 

DE  Wargny  (chevalier  Auguste),  Juge  d'instruction,  rue  de  la  Blanchis- 
serie, 2,  Malines  {^^  novembre  1S93). 

DE  WouTERS  DE  BoucHOUT  (chevalier  Joseph),  Bibliothécaire-Archiviste  du 
Cercle,  rue  Léopold,  43,  Malines  (18  septembre  1896). 

DiERiCKX,  Henri,  Imprimeur-Libraire,  rue  de  la  Chaussée,  72,  Malines 
(24  février  1899^ 

DiEUDONNÉ,  Henri,  Docteur  en  médecine,   rue   Notre-Dame,  79,   Malines 

(23  juin  1893). 
DoNNET,  Fernand,  Administrateur  de  l'Académie  Royale  des  Beaux-Arts, 

rue  du  Transvaal,  53,  Anvers  (20  mai  1904). 
DucHATEAU,  Paul,  Ingénieur-brasseur,  chaussée  de  Louvain,  i,  Vilvorde 

(17  août  1900). 

DU  Trieu  de  Terdonx'K  (chevalier  Joseph),  rue  du  Poivre,  Malines  (i5  mars 
1889). 

Festraets,  Pierre,  Orfèvre,  Professeur  à  l'Académie  des  Beaux-Arts,  rue 

du  Bruel,  87,  Malines  (24  novembre  1893). 
Fris,  Hubert,  Candidat  Notaire,  boulevard   des   Capucins,   176,  Malines 

(17  septembre  1897). 
Fris,  Prosper,  Notaire,  rue  des  Vaches,  21,  Malines  (27  août  1897). 
Genoxceaux,  Pedro,  Avocat,  rue  Léopold,  Malines  (25  janvier  1901). 

Gevelers,    Libert,   Chanoine  Prémontré,  â  Neerpelt  [Limbourg]  (27  sep- 
tembre 1901). 
Godenne,  Léopold,  Editeur,  Grand'  Place,  28,  Malines  (28  avril  1893). 

GoiDTs,  Gustave,  curé  des  SS.  Jean-Baptiste  et  Evangélistc,  aumônier  de 
la  Garnison  de  Malines,  rue  des  Vaches,  20,  Malines  (i5  janvier  1904). 


LISTE    DES    MEMBRES 


Herbillon,  Joseph,  Professeur  à  l'Athénée  Roj^al  de  Malines,  23,  rue  de 

la  station  (29  juillet  1904). 
Hertsens,  Alphonse,  Entrepreneur,  Tuileries,  7,    Malines   (17  septembre 

1897). 
Hertsens,  Gabriel,  Industriel,  Conseiller  communal,  marché  aux  Grains, 

8,  Malines  (18  décembre  1903). 
HuYGHEBiERT,  Fraus,   Négociant,  rue  du  Bruel,  97,  Malines   (i5  janvier 

1904J. 
IsERENTANT,   Pierre,   Professeur  à  l'Athénée  Roj^al  de   Malines,   rue   du 

Bruel,  84,  Malines  (i^r  septembre  188S). 
Janssens,    Théodore,    Chanoine,    Directeur    du    Collège    Saint-Rombaut, 

marché  au  Bé'ail,  56,  Malines  (24  novembre  1893). 
Kempeneer,  Albert,  Chanoine,  Professeur  au  Grand  Séminaire,  rue  des 

Vaches,  i8,  Malines  (17  juin  1838). 
Kennes    de    Lessart,    Edouard,    Propriétaire,    rue    Haute,    18,    Malines 

(17  septembre  1903). 
Laenen,  Joseph,   Abbé,    Archiviste-Adjoint   de  l'Archevêché,   boulevard 

des  Arbalétriers,  140,  Malines  (8  mai  1903). 

Lambeaux,  Général,  rue  longue  des  Chevaliers,  2,  Malines  (18  décembre 
1903). 

Lambo,  Aloj's,  Abbé,  Econome  du  Petit  Séminaire,  rue  de  la  Blanchis- 
serie, 5,  Malines  (21  avril  1899I. 

Le  Blus,  Hector,  Docteur  en  Médecine,  Conseiller  provincial,  Echevin 
des  Travaux  publics,  longue  rue  des  Bateaux,  78,  Malines  (23  juin  1893). 

Le  Comte,  Georges,  rue  Notre-Dame,  68,  Malines  (24  mai  1901). 

Leemans,  Louis,  Juge  de  paix.  Conseiller  communal,  rue  du  Bruel,  55, 
Malines  (21  juillet  1893). 

Lemesle,  Edouard,  Chanoine,  Inspecteur  diocésain,  rue  de  la  Constitu- 
tion, 9,  Malines  (28  décembre  1900). 

LoNCiN,  Eugène,  Docteur  en  médecine,  rue  Louise,  33,  Malines  (23  no- 
vembre 1900). 

Magnus,  Edmond,  Industriel,  Vice-Président  de  la  Société  Royale  «  La 
Réunion  Lj'rique  »,  Conseiller  du  Cercle,  rue  de  la  Station,  42,  Malines 
(2  décembre  1892). 

Mertens,  Désiré,  Juge,  Conseiller  communal.  Place  d'Egmond,  i,  Malines 
(24  novembre  1893). 

Meyks,  Henri,  Architecte,  Professeur  à  l'Académie  des  Beaux-Arts,  longue 
rue  des  Bateaux,  59,  Malines  (28  avril  1.S93). 


LISTE    DES    MEMBRES 


MiERTS,  Louis,  Chanoine,  Président  du  Grand  Séminaire,  rue  des  Vaches, 

i8,  Malines  (23  novembre  igco). 
NoBELS,   Albert,    Avocat,    Conseiller   provincial,    rue    Ste-Catherine,    21, 

Malines  (17  septembre  1897). 
NoBKLs,  Jules,  Avocat,  Echevin  de  l'Instruction  publique.  Vieille  rue  de 

Bruxelles,  22,  Malines  (23  novembre    1900). 
Noël,  Léon,  Abbé,  élève  au  Collège   du  Saint-Esprit,  rue  de  Namur,  à 

Louvain  (25  septembre  1903). 
Olbrechts,  Alphonse,  Imprimeur-éditeur,  rue  des  Beggards,  35,  Malines 

(1"  août  1902). 

Op  de  Beeck,   Henri,   Industriel,  rue  Notre-Dame,  43,  Malines  (3o  avril 

1897). 
Ortegat,  Jules,  Député  Permanent,  rue  des  Vaches,  78,  Malines  (28  avril 

1893). 
Peeters,  Auguste,  Docteur  en  Médecine,  long  fossé  aux  Poils,  79,  Malines 

(ler  avril  1898). 
Pluys,  Léopold,  Artiste-Peintre-verrier,  rue  de  Beffer,  35,  Malines  (3o  avril 

1897). 
"Poupeye,  attaché  à  l'Administration  des  Chemins  de  fer  vicinaux,  rue  du 

Bruel,  54,  Malines  (i5  janvier  1904). 
Préherbu,  Juge  de  Paix,  rue  de  la  Constitution,   i5,   Malines  (25  mars 

1904). 
Reydams,  Adolphe,  Géomètre  du  cadastre,  marché  au  Bétail,  25,  Malines 

(ler  juillet  1892), 
RoGiERS,  Victor,  Directeur  de  la  Banque  de  la  Dyle,  Mélane,  5,  Malines 

[1^^  août  1902). 
RooMS,  Joseph,  Architecte,  rue  de  la  Station,  24,  Malines  (i"  août  1902). 
Rosier,  Jean-Guillaume,   Artiste-Peintre,    Directeur    de    l'Académie   des 

Beaux-Arts,  rue  Léopold,  40,  Malines  (27  janvier  1893). 
Stevens,  Guillaume,  Chanoine,  rue  d'Hanswyck,  36,  Malines  (8  mai  1903). 
Stroobant,  Louis,  Directeur  du  Dépôt  de  mendicité  de  l'Etat,  à  Merxplas 

(i3  avril  1894). 
Tambuyser,   Raphaël,  Négociant,  boulevard  des  Capucins,  206,  Malines 

(24  juin  1904). 
Théodor,  Jean,  Conducteur  principal  des  Ponts  et  Chaussées,  boulevard 

des  Capucins,  i83,  Malines  (21  juillet  1893). 
Van  Ballaer,  Joseph,  Curé  de  Notre-Dame  du  Sablon,  rue  Bodenbroeck,  6, 

Bruxelles  (24  janvier  1890). 


LISTE    DES    MEMBRES 


Van  Boxmeer,  Philippe,  Architecte  communal,  rue  Conscience,  7,  Malines 
(24  mars  1886). 

Van  Breedam,  A.médée,  Étudiant,  boulevard  des  Capucins,  174,  Malines 

(18  décembre  1903). 
Van  Camp,  Gustave,  rue  longue  du  Chevalier,  6,  Malines  (20  mai  1904). 
VAN  Caster,  Guillaume,  Chanoine,  Président  du  Cercle,  rue  Notre-Dame, 

125,  Malines  (21  février  1890). 

Van  Craen,  Eugène,  Négociant,  boulevard  des  Arbalétriers,  i38,  Malines 
(3o  août  1901). 

Van  den  Bergh,  Léopold,  attaché  à  l'Administration  des  Chemins  de  fer 

de  l'Etat,  Trésorier  du   Cercle,  rue  longue   du  Chevalier,   32,  Malines 

(24  mars  1886). 
van  den  Branden  dk  Reeth,  Victor  (Mgr  le  baroni,  Archevêque  de  Tyr, 

rue  du  Bruel,  82,  Malines  (21  février  1890). 
VAN    den     Kerckhove,    Alcxis,     Propriétaire,     château    de    Wayenesse, 

Rymenam  {18  décembre  1903). 
Van  der  Stappen,  François  (Mgr),  Evéque  de  Jaffa,  marché  aux  Laines,  3, 

Malines  (26  février  1897). 

Van  der  Voordt,  Docteur  en  médecine,  rue  Louise,  11,  Malines  (  29  juillet 
1904). 

Van  de  Walle,  Victor,  Notaire,  Membre  de  la  Chambre  des  Représen- 
tants, avenue  Van  Beneden,  69,  Malines  (2^  novembre  1886). 

Van  Doeselaer,  Edouard,  Imprimeur-Libraire,  rue  du  Bruel,  60,  Malines 

(18  décembre  1903). 
Van  Doorslaer,  Georges,  Docteur  en  Médecine,  Vice-Président  du  Cercle, 

sous  la  Tour,  9,  Malines  (i3  mars  1891). 
Van  Holsbeek,  Artiste-Peintre,  à  Contich  (i5  janvier  1904). 
Van  Hoorenbeeck,  Victor,  Pharmacien,   Conseiller  communal,   rue  des 

Vaches,  7,  Malines  (5  août  1898). 
Van  Horenbeeck,  Henri,  Curé  à  Gooreind  [Wuestwezel]  (23  juin  1893). 
Van  Melckebeke,  Prosper,   Pharmacien,   rue    du  Serment,    27,   Malines 

(14  septembre  1900). 
Van    Raemdonck,    Frans,    Négociant,    rue    de    la    Chèvre,    19,    Malines 

(i^r  août  1902). 
Van  Reusel,  Charles,  Professeur  à  l'Ecole  Moyenne,  rue  du  Bruel,   48, 

Malines  (28  février  1894). 
van    Velsen,    Raymond,    Editeur-Libraire,   Bailles  de    Fer,    2,    Malines 

(i3  mars  1891). 


LISTE    DES    MEMBRES 


Van  Peteghem,  Léon,  Instituteur,  Professeur  à  l'Académie  des  Beaux- 
Arts,  rue  Notre-Dame,  33,  Malines  (27  septembre  1901). 

Verbist,  Aloys,  Curé-Doyen  de  Notre-Dame  au  delà  de  la  Dyle,  cimetière 
Notre-Dame,  Malines  (3  avril  1903). 

Verheyden,  Prosper,  Littérateur,  longue  rue  de  Ruysbroeck,  5o,  Anvers 
[Zurenborg]  (iS  décembre  1903). 

Wauters,  Martin,  Négociant,  longue  rue  des  Bateaux,  26,  Malines 
(21  février  1902). 

WiLLEMS,  J.-F.-M.-J.,  Ingénieur  provincial,  courte  rue  Neuve,  i,  Malines 
(27  août  1897). 

WiTTMANN,  Jules,  Doctcur  en  Médecine,  rue  du  Sac,  3,  Malines  (19  mai 
1893). 

WiTTMANN,  Jules,  Propriétaire,  rue  d'A-B,  20,  Malines  (26  février  1892). 

Zech,  Maurice,  Abbé,  Professeur  à  l'Institut  Saint-Louis,  rue  du  Marais, 
Bruxelles  (11  mai  1894). 

Membres  correspondants  (1) 

PAYS-BAS 

Vosterman-Van  Oyen,  A.-A.,  à  Oisterwyck  (Brabant  septentrional). 

BELGIQUE 

Becquet,  Alfred,  Vice-Président  de  la  Société  Archéologique  de  Namur, 
rue  Grandgagnage,  8,  Namur. 

Béthune,  (Mgr  le  baron  Félix),  Archidiacre  de  la  Cathédrale,  rue  d'Ar- 
gent, 40,  Bruges. 

Cumont  Georges,  Avocat,  rue  de  l'Aqueduc,  19,  St-Gilles  (Bruxelles). 

DE  Beiiault  de  Dornon,  Armand,  attaché  à  la  direction  du  Commerce  et 
des  Consulats  au  Alinistère  des  Affaires  Etrangères,  rue  d'Espagne,  92, 

.  Bruxelles. 


(1)  Extrait  du  Règlement  : 

Art.  5.  —  Les  Membres  correspotulaiits  bont  iioniiiiés  parmi  les  personnes  qui  ont  rendu 
des  services  au  Cercle,  ou  dont  le  concours  peut  lui  être  utile.  Ils  ne  sont  astreints  à  aucune 
cotisation. 


LISTE    DES    MEMBRES 


De  Bray,  Architecte,  Anvers. 

De  Bruyx,   Hj'acinthe,    Archéologue,    Curé   émérite    rue    Delporle,    17, 

Tirlemont. 
Delvigxe,   xAdolphe,  Chanoine,  Archéologue,  rue  de  la   Pacification,  18, 

St-Josse-ten-Noode. 

DE  MuNTER,  Victor,  Numismate,  Agent  de  la  Banque  Nationale,  Lei,  i5, 

Louvain. 
DE  Raadt,  J.-Th.  avenue  Ducpétiaux,  63,  Bruxelles. 
De  Villers,  Léop.,  Archiviste  de  l'Etat,  Parc,  24,  Mons. 
Gaillard,  Secrétaire  de  l'Académie  Royale  Flamande,  Gand. 

GoovAERTS,  Alph.,  Archiviste-général  du  Ro^-aume,  avenue  Marie-Clothilde, 
4,  Watermael. 

Hermans,  Victor,  Archiviste  communal,  rue  des  Vaches,  29,  Malines. 

Mahy,  Hippohte,  Bibliothécaire  de  la   Société  Archéologique  de   Bru- 
xelles, rue  de  Bodeghem,  5o,  Bruxelles. 

OuvERLEAUx,  Em.,  Conservateur  honoraire  à  la  Bibliothèque  Royale  de 
Belgique,  rue  Cortembert,  i3,  Paris. 

Van  Cromphout,  Bourgmestre  de  Gaesbeek. 

Van  Epen,  D.-E.,  Docteur,  boulevard  de  la  Senne,  5i,  Bruxelles. 

Verhaegex,  Paul,  Juge  au  Tribunal  de   i^^  Instance,   rue  de  Toulouse, 

Bruxelles. 
Vervliet,  J.-B.,  Littérateur,  rue  du  Bien-Ètre,  61,  Anvers. 


Meintires   d'honneur  (i) 

Casati  de  Casatis,  Charles,  Conseiller  honoraire  à  la  Cour  de  Paris,  rue 
Alfred  de  Vignj-,  16,  Paris. 

HiLDEBRAND,  Hans,  Antiquaire  du  royaume  de  Suède,  Secrétaire  perpétuel 
de  l'Académie  royale  des  Belles-Lettres,  d'Histoire  et  des  Antiquités  de 
Stockholm,  membre  d'honneur  de  plusieurs  sociétés  savantes,  à  Stock- 
holm. 


(1)  Extrait  du  Règlement  : 

Le  titre  de  Membre  d'honneur  pourra  être  conféré  à  des  personnes,  qui  par  leur  liante 
position  sociale,  peuvent  rendre  des  services  au  Cercle,  ou  qui  ont  contribué,  par  leurs  œuvres, 
aux  progrès  des  études  qui  font  l'objet  de  ses  travaux. 


lO  LISTE    DES    MEMBRES 


Sociétés,  Commissions  &  T^iihlications  avec  lesquelles  le  Cercle 
fait  l'échange  de  ses  'Bulletins. 

BELGIQUE 

Anvers.  —  Acadcmie  Royale  d'Archéologie  de  Belgique. 

M.  F.  DoxxhT,  Bibliothécaire,  rue  du  Transvaal,  53,  Anvers. 

Société  Royale  de  Géographie  d'Anvers. 
M.  Ed.  Jansskns,  Avocat,  Secrétaire  Général,  rue  des  Récollets,  12, 
Anvers. 

Bruges.  —  Société  d  Emulaiion  four  l'étude  de  T  histoire  et  des  A  utiquités  de  la  Flandre. 
M.  L.  De  Foere,  Secrétaire,  rue  des  Jacobins,  7,  Bruges. 

Bruxelles.  —  Académie  Royale  des  Sciences,  des  Lettres  et  des  Beaux-Arts- 
M.  Marchal,  Secrétaire  perpétuel,  Palais  des  Académies,  Bruxelles. 

Bulletin  des  Commissions  Royales  d'Art  et  d'Archéologie. 
M.  Massaux,  Secrétaire,  rue  Montoyer,  22,  Bruxelles. 

Buïïetin  de  la  Commission  Royale  d'Histoire. 
M.  le  Secrétaire,  rue  de  Spa,  22,  Bruxelles. 

Bulletin  des  Musées  Royaux  des  Arts  indus 'ricls  et  décoratifs. 
M.  Van  Overloop,  Conservateur  en  chef,  à  Bruxelles. 

De  Wafcnheraut,  Grand  Armoriai  et  Archives  de  la  Noblesse. 
M.  D.-G.  VAN  Epen,  Directeur,  boulevard  de  la  Senne,  5i,  Bruxelles. 

Société  Royale  de  Numismatique  de  Belgique. 
M.  A.  De  Witte,  Bibliothécaire,  rue  du  Trône,  49,  Bruxelles. 

Société  Royale  Belge  de  Géographie. 
M.  DuFiEF,  Secrétaire,  rue  de  la  Limite,  116,  Bruxelles. 

Société  d'A  rchéologie. 
M.  Mahy,  rue  de  Bodeghem,  5o,  Bruxelles. 

Charleroi.  —  Société  Paléontologique  et  Archéologique  de  Charleroi. 

M.  le  Secrétaire  général,  au  Musée  archéologique,  boulevard  Jacques 
Bertrand,  Charleroi. 

Courtrai.  —  Cercle  Historique  et  Archéologique. 

M.  l'Abbé  E.  De  Gryse,  S.  T.  D.,  Président,  à  Courtrai 

Enghien.  —  Cercle  Archéologique  d'Enghicn. 

M.  Ernest  Matthieu,  Avocat,  Secrétaire,  à  Enghien. 


ECHANGE    DES    BULLETINS  II 

Gand.  —  Société  d'Histoire  et  d'Archéologie  de  Gand  (Bibliothèque  de  l'Univer- 
sité), Fossé  d'Othon,  Gand. 
M.    A.    DiEGERiCK,    Bibliothéca're,    Boulevard    de    la    Citadelle,    14, 
Gand. 

KoninkUjke  Vlaamsche  Akademie. 
M.  Dr  Potter,  Secrétaire,  Gand. 

Hasselt.  —  Les  Mélophiles. 

M.  Geeraerts,  Président,  à  Hasselt. 

Huy.  —  Cercle  hiitois  des  Sciences  et  Beaux- Arts. 
M.  Emile  Wigny,  Secrétaire,  Huy. 

Liège.  —  Société  d'Art  et  d'Histoire  du  diocèse  de  Liège. 
M.  Jos.  Brassine,  rue  du  Pont  d'Avroy,  35,  Liège. 

Louvain.  —  Analectes  pour  servir  à  l'Histoire  ecclésiastique  de  la  Belgique. 

Maredsous.  —  Revue  Bénédictine. 

Abbaye  de  Maredsous,  par  Maredret,  Namur. 

Mons.  —  Cercle  Archéologique  de  Mous. 

M.  Léon  LossEAU,  Avocat,  Bibliothécaire,  rue  de  Nimy,  37,  Mons. 

Namur.  —  Société  Archéologique  de  Namur. 

M.  Adrien  Oger,  Conservateur  du  Musée  Archéologique  de  Namur. 

Nivelles.  —  Société  Archéologique  de  l'arrondissement  de  Nivelles. 
M,  Buisseret,  Secrétaire,  à  Nivelles. 

Saint- Ni  colas.  —  Annales  du  Cercle  Archéologique  du  Pays  de  Waas. 
M.  l'abbé  Reynaert,  Secrétaire,  à  Saint-Nicolas. 

Soignies.  —  Cercle  Archéologique  de  V arrondis  ement  de  Soignies. 
M.  Demeulder,  Président,  à  Soignies. 

Termonde.  —  Cercle  Archéologique  de  la  ville  et  de  l'av.cien  pays  de  Ter  monde, 
M.  Broeckaert,  Secrétaire,  à  Termonde. 

Tournai.  —  Société  Littéraire  et  Historique  de  Tournai. 
M.  E.  SoiL,  Secrétaire,  rue  Royale,  45,  Tournai. 

Revue  de  l'Art  Chrétien. 
M.  L.  Cloquet,  rue  St-Pierre,  2,  Gand. 

Verviers.  —  Caveau  Verviétois. 

M.  Weber,  Président,  Verviers. 

Société  Verviétoise  d'Archéologie  et  d'Histoire. 
M.  P.  Dechesne,  Avocat,  Secrétaire,  rue  des  Ecoles,  9,  Verviers. 


12  ÉCHANGE    DES    BULLETINS 


ESPAGNE 

Madrid.  —  Rcvistas  de  Archivos,  Biblioihectis  y  Museos.  Ors^ano  oficial  del 
cuerpo  facultative  del  ramo. 

FRANCE 

Compicgite.  —  Société fravçaise  d'Archéologie. 
Paris.  —  Société  Saint-Jean,  de  Paris. 

M.  Léop.  Delbeke,  Artiste-Peintre,  rue  de  Grenelle,  Paris. 

LUXEMBOURG  (GRAND-DUCHÉ) 

Luxembourg.  —  Insti'ut  Grand-Dtxal  de  Luxembourg . 

M.  le  D'  Van  Werveke,  Secrétaire  de  l'Institut,  à  Luxembour;,^ 

PAYS-BAS 

Amsterdam.  —  Société  Royale  d'Archéologie  (De  Noord  HoRandsche  oudheden). 
M.  R.-W.-P.  DE  Vries,  Secrétaire,  Singel,  146,  Amsterdam. 

Rurentonde.   —  Provinciaal  Geuootichap  voor  Gcschiedkundige   W et.nschat^pen, 
Taal  en  Kunst. 
M.  Van  Buirdex,  Secrétaire,  à  Ruremonde. 
Utrecht.  —  Universiteits-Bibliotheek,  te  Utrecht. 

M.   D""  G.    Brom,    i''''    Bibliothécaire   de  Historisch  Gcnootschap,  Alalie- 
straat,  9,  Utrecht. 

Rijsivijck.  —  Familieblad. 

M.  Vorsterman-Van  Oyex,  à  Rijswijck,  près  La  Haye. 

SUÈDE  ET  NORVÈGE 

Stockholm.  —  Kongl.   Vitterheis  historié  och  antiquitefs  Akademien. 

M.  le  D"'  A.  Blomi^erg,  Bibliothcraire   de  l'Académie  des  antiquités, 
Stockholm. 


RAPPORT 


Situation  &  les  Travaux  du  Cercle  Archéologique 


Année  sociale  i<^04 


lu  en  séance  du  23  décembre  1904 


Messietjrs, 


ko  N  vertu  des  dispositions  du  nouveau  règlement 
1^  là^^a  ^^  Cercle,  la  séance  de  clôture  de  l'exercice 
*^  II^^nW'  social  a  été  reportée  au    mois    de   décembre 

^  et  coïncidé  ainsi  avec  la  fin  de  l'année  civile. 


Quoique  par  la  force  des  choses  cette  séance  voit  son 
ordre  du  jour  moins  corsé  et  partant  moins  intéressant, 
à  première  vue,  que  celui  des  séances  habituelles,  elle 
a,  en  tant  que  séance  d'aftaires,  une  utilité  pratique, 
incontestable.  Elle  est,  en  outre,  une  évocation  ou  plutôt 
une  remémoration  de  ces  réunions  mensuelles  assidûment 
suivies,  où  l'on  se  revoit  avec  un  égal  plaisir,  où  toujours 
il  y  a  quelque  chose  à  apprendre,  où  l'on  respire,  enfin, 
une  atmosphère  moins  banale  que  celle  où  forcément  la 
plupart  d'entre  nous  passent  le   plus   clair  de  leur  exis- 


14  RAPPORT 

tence.  Vous  ne  m'en  voudrez  donc  pas,  si,  au  risque  de 
voir  se  produire  quelque  mouvement  d'ennui,  je  viens 
vous  présenter  un  compendium  de  ces  séances,  et  faire  la 
somme  des  connaissances  nouvelles  dont  s'est  enrichie, 
grâce  au  zèle  infatigable  de  nos  travailleurs,  l'histoire 
du  passé  de  notre  ville.  Bien  plus,  renchérissant  sur  le 
vieil  adage,  je  suis  persuadé  que  vous  ne  vous  contenterez 
pas  de  revenir  une  unique  fois  à  ce  qui  vous  aura  plù, 
mais  que  vous  retrouverez  toujours  un  même  intérêt  à 
relire  ceux  des  travaux  de  nos  Confrères  que  nous 
publions  dans  le  Tome  XIII  de  notre  Bulletin,  qui  vient 
de  vous  être  distribué,  en  attendant  que  les  autres  le  soient 
dans  le  volume  dont  on   entamera  bientôt  l'impression. 

Ce  Bulletin,  MM.,  depuis  quelques  années,  est  devenu 
la  principale  affirmation  de  l'existence  du  Cercle.  Notre 
Commission  des  publications  y  consacre  tous  ses  soins 
et  la  majeure  partie  de  nos  ressources.  Aussi,  son  impor- 
tance n'est-elle  pas  appréciée  seulement  dans  le  cercle 
restreint  de  notre  milieu  local  ;  une  réputation  de  bon 
aloi  lui  est  acquise  depuis  longtemps  et  s'étend  bien  au 
delà  de  ces  limites  étroites.  Nous  pouvons  être  heureux  et 
fier  qu'un  résultat,  qui  n'est  pas  à  dédaigner,  ait  couronné 
des  efforts  auxquels  tous,   MM.,  vous  avez  coopéré. 

Les  circonstances  amènent  inévitablement  des  vides 
dans  nos  rangs  ;  mais  ils  ne  sont  pas  longtemps  à  être  avan- 
tageusement comblés,  et  nous  pouvons  dire  que  l'élément 
travailleur  de  notre  Cercle,  en  se  renouvelant,  se  com- 
plète heureusement  et  s'inspire,  au  grand  profit  de  nos 
travaux,  des  idées  et  des  exigences  que  le  progrès  des 
études  historiques  et  archéologiques  impose  chaque  jour 
davantage. 

Pour  vous  en  convaincre,  MM.,  je  vous  convie  à 
passer  en  revue  avec  moi  les  communications  faites  à  nos 
séances  mensuelles.  Je  vous  rappellerai  ensuite  les  ques- 
tions d'intérêt  général  qui  ont  été  soulevées  et  discutées 


RAPPORT  l5 

à  nos  séances  les  faits  et  les  événements  auxquels  le 
Cercle  s'est  intéressé  ou  auxquels  il  n'a  pu  rester  étranger; 
enfin,  pour  clôturer  ce  rapport,  je  vous  initierai  succinc- 
tement aux  opérations  des  différentes  Commissions  du 
Cercle,  qui,  comme  vous  l'entendrez,  n'ont  pas  eu  à 
chômer,  surtout  dans  le  courant  de  ces  deux  derniers  mois. 

Pour  les  communications  faites  à  nos  séances,  je  vous 
les  rappellerai  par  ordre  de  date. 

La  première  a  eu  pour  auteur  M.  le  Chanoine  Kempe- 
NEER,  et  elle  avait  pour  titre  :  Les  vicissitudes  de  la  Sei- 
gneurie de  Malines  pendant  la  première  moitié  du  xi  v-- siècle.  Ce 
sujet  est  d'un  intérêt  palpitant,  car  cette  époque  a  exercé 
une  influence  décisive  sur  les  destinées  de  la  Seigneurie. 
Aussi  notre  confrère  l'a-t-il  traité  avec  toute  la  conscience 
que  l'on  pouvait  espérer  de  l'héritier  d'un  nom  que  le 
Cercle  saluera  toujours  avec  vénération  et  respect. 
L'auteur  a  commémoré  une  époque  troublée  où  la 
seigneurie  de  Malines  fut  l'enjeu  d'une  partie  engagée 
entre  les  évoques  de  Liège  et  les  ducs  de  Brabant,  partie 
qui  se  joua  à  coups  d'estoc  et  de  taille,  et  qui  finit  par 
détacher  de  la  couronne  de  Liège  un  joyau  de  prix,  qui 
alla  briller  plus  tard  au  front  des  souverains  de  la 
maison  de  Bourgogne. 

En  même  temps  que  l'auteur  retrace  les  péripéties 
de  cette  lutte,  où  les  accalmies  furent  rares,  il  apprécie 
le  caractère  des  divisions  intestines  qui  se  manifestèrent 
concurremment  avec  ces  difficultés  extérieures.  En  un 
mot,  son  travail  est  une  évocation,  sous  des  aspects  pour 
la  plupart  nouveaux,  d'une  des  pages  les  plus  mouve- 
mentées de  notre  histoire  locale. 

Ce  ne  fut  toutefois  pas  la  seule  constitution  à  notre 
passé  que  nous  dûmes  à  notre  confrère...  Dans  une 
séance  ultérieure,  il  nous  parla  de  la  Seigneurie  d' Eeckhoven 
et  des  chevaliers  de  ce  nom,  lignée  honorable  qui  vécut  du 
xiii^  au  xiv^  siècle.  D'aucuns  parmi  ses  membres  se  signa- 


l6  RAPPORT 

Icrent  par  leur  bravoure  dans  les  (guerres  du  Biabant; 
d'autres  lurent  échevins  de  la  ville  de  Malines.  Le  castel, 
berceau  de  la  famille,  s'éleva  sur  les  rives  de  la  Nèthe, 
à  Waelhem,  presqu'en  face  de  l'ancienne  abbaye  de 
Roozendael,  à  laquelle  les  Berthoud  attachèrent  leur 
nom.  Aujourd'hui  encore,  la  ferme  d'Eeckhoven  rappelle 
le  souvenir  de  cette  famille,  qui  eut  son  nom  inscrit  dans 
les  fastes  de  notre  histoire. 

M.  l'abbé  Laenen,  archiviste-adjoint  de  l'archevêché, 
n'en  est  pas  à  ses  débuts.  Sur  un  théâtre  plus  vaste,  il  a 
fait  ses  preuves.  Aussi  ses  communications  ont-elles  été 
marquées  au  coin  d'un  consciencieux  souci  de  la  vérité 
historique.  Nous  lui  devons  des  communications  qui 
portent  pour  titre   : 

De  Ziekenbus  van  lui  onde  smecders  ambacht  te  Mechelen; 

La  bibliothèque  des  aneiens  arehevèques  de  Malines; 

Les  Lombards  à  Malines. 

Dans  la  première  de  ces  études,  M.  l'abbé  Laenen 
nous  initie  aux  opérations  d'une  caisse  de  secours  et  de 
prévoyance  qui  fleurit  il  y  a  des  siècles,  jusqu'au  jour  où 
«  la  grande  niveleuse  »  la  faucha,  ne  prévoyaiit  pas  que 
tôt  ou  tard  on  devrait  fatalement  revenir  à  cette  organi- 
sation et  s'en  inspirer  pour  porter  remède  à  une  situation 
sociale  des  plus  précaires. 

Mieux  que  personne,  notre  Confrère,  de  par  ses  fonc- 
tions, a  été  à  même  de  regretter  que  les  trésors  biblio- 
graphiques, réunis  grâce  aux  largesses  et  par  les  soins 
éclairés  de  nos  évêques,  aient  dû  payer  leur  tribut  dans 
les  déprédations  commises  à  l'époque  troublée  de  la  fin 
du  xviii'  siècle.  Peu  de  choses  échappa  au  naufrage 
des  collections  auxquelles  l'archevêque  Jacques  Boonen  et 
le  Cardinal  d'Alsace,  Thomas- Philippe,  avaient  attaché 
leurs  noms,  et  dont  la  bibliothèque  nationale  de  Paris 
recueillit  les  dépouilles  opimes. 

Enfin,  une  autre  série  de  faits  d'ordre  plus  vénal  est 


RAPPORT  17 

rappelée  dans  ce  chapitre  de  l'histoire  financière  de  la 
ville,  auquel  les  Lombards  ont  attaché  leur  nom.  A  ce 
point  de  vue,  Malines  a  eu  son  importance  antérieure- 
ment au  xv^  siècle.  Milieu  de  change  international,  elle 
vit  affluer  en  ses  murs  les  représentants  des  nations 
méridionales,  qui  s'y  livrèrent,  sous  l'œil  bienveillant  des 
autorités,  rarement  désintéressées  peut-être,  à  des  opéra- 
tions dont  la  moralité  fut  fort  sujet  à  caution. 

Durant  une  longue  suite  d'années,  fleurit  à  Malines 
une  industrie  qui  porta  au  loin  le  renom  de  fondeurs  de 
cloches  et  d'artillerie,  des  Van  den  Gheyn,  Van  den  Nieu- 
wenhuysen,  pour  ne  citer  que  les  mieux  connus  et  tant 
d'autres.  Pouvons-nous  espérer  que  l'héritier  indirect  du 
premier  de  ces  fondeurs  parviendra  à  faire  refleurir  en 
nos  murs  une  industrie  que  l'on  pouvait  croire  à  jamais 
perdue  pour  Malines?  M.  Gonthier  a  rouvert  l'ancienne 
usine  Cabany,  pour  y  installer  une  fonderie  de  cloches, 
que  nous  avons  été  invité  à  visiter,  en  même  temps  que 
nous  pouvions  assister  aux  préliminaires  de  cette  délicate 
opération.  A  cette  occasion,  notre  toujours  dévoué  Pré- 
sident, M.  le  Chanoine  van  Caster,  nous  en  a  expliqué 
la  marche  successive  et  sa  communication  a  été  com- 
plétée par  des  graphiques  qui  rendaient  plus  intelli- 
gibles la  description  détaillée  des  phases  diverses  de  la 
fonte  des  cloches. 

Dans  une  autre  occasion,  M.  le  Chanoine  van  Caster 
nous  a  donné  la  primeur  du  rapport  qu'il  fut  chargé  de 
faire  à  la  séance  annuelle  et  publique  de  la  Commission 
des  monuments,  sur  la  peinture  murale  dans  les  monuments 
publics  de  la  Belgique.  Son  opinion,  vous  la  connaissez, 
MM.  «  Un  plan  d'ensemble  n'a  jamais  existé  pour  la 
décoration  picturale  des  édifices  des  siècles  passés.  Il  en 
est  autrement  de  la  polychromie,  qui  est  destinée  à  faire 
valoir  les  parties  architecturales  des  constructions.  » 

Notre  Président  a  brillamment  défendu  sa  manière  de 


RAPPORT 


voir  ;  celle-ci  est  basée  sur  l'examen  des  vestiges  nom- 
breux que  conservent,  en  plus  grand  nombre  que  les 
autres,  les  monuments  religieux  de  la  Belgique,  et  que 
l'on  met  au  jour  au  fur  et  à  mesure  que  l'on  poursuit 
l'œuvre  de  la  restauration  de  ces  chefs-d'œuvre  de  l'art 
architectural  des  siècles  passés. 

Votre  Secrétaire  vous  a  fait  faire  connaissance  avec 
les  objets  mobiliers  artistiques  et  autres  que  renfermaient  le 
Sanctuaire  d'Hanswyck  et  le  couvent  du  prieuré  de  ce  nom. 

Objets  précieux,  œuvres  d'art,  témoignages  de  la  piété 
de  nos  pères,  tout  se  dispersa  sous  le  souffle  réformateur 
de  l'empereur  sacristain  et  bien  peu  de  ces  trésors  eut 
l'heur  d'échapper  à  la  destruction  qui  devait  fatalement 
en  être  la  conséquence. 

La  biographie  d'un  enfant  de  Malines,  Royer,  que  les 
circonstances  enlevèrent  à  sa  ville  natale  et  qui  alla 
à  l'étranger  prodiguer  les  trésors  de  son  talent,  a  fait 
l'objet  d'une  autre  communication  de  votre  Secrétaire; 
il  vous  soumit,  en  outre,  son  appréciation  au  sujet  de 
l'œuvre  d'un  autre  concitoyen,  J.-B.  Vrints,  éditeur 
plutôt  que  graveur  d'estampes.  Ces  appréciations  furent 
corroborées  et  confirmées  par  des  considérations  que  fit 
valoir  M.  Van  Holsbeek,  artiste-peintre  et  notre  confrère. 

M.  Hermans,  notre  toujours  dévoué  archiviste  com- 
munal, a  repris  les  recherches  au  sujet  de  l'auteur 
des  miniatures  du  livre  de  chant  de  Marguerite  d'Autriche, 
manuscrit  à  la  conservation  duquel  il  est  veillé  avec  un 
soin  jaloux.  S'il  est  permis  de  ne  pas  partager  l'opinion 
émise  par  M.  Hermans  quant  à  l'auteur  supposé  de  cette 
merveille  artistique,  du  moins  devons-nous  lui  savoir 
gré  d'avoir  apporté  sa  part  à  des  recherches  auxquelles 
M.  Verheyen,  notre  Confrère,  a  ajouté  un  chapitre  des 
plus  important. 

M.  le  Docteur  Van  Doorslaer  n'a  pas  redouté  de 
rouvrir  les  débats  sur  une  question  fort  controversée,  et 


RAPPORT  19 

d'apporter  sa  contribution  à  la  recherche  de  l'auteur  du 
plan  de  la  tour  de  St-Rombaut,  à  Malines.  Notre 
Confrère  ne  nous  a  pas  habitué  à  l'idée  de  voir  traitées 
par  lui  des  questions  de  cette  nature  ;  l'histoire  de 
Malines  dans  ses  relations  avec  l'art  où  s'illustrèrent 
Hippocrate  et  Gallien,  et  celui  dans  lequel  brilla  Orphée 
et  dont  les  effets  lénifiants  contribuent,  prétend-on,  à 
rendre  Thomme  plus  sociable,  font  l'objet  de  ses  constantes 
préoccupations.  Cela  n'a  pas  empêché  que  les  recherches 
de  notre  Confrère  aient  eu  pour  résultat  de  jeter  le  doute 
dans  l'esprit  de  ceux  qui  estimaient  devoir  écarter  de  la 
liste  des  auteurs  présumés  du  plan  du  colossal  monu- 
ment, celui  de  Gauthier  Coolman,  dont  les  restes 
reposent  à  l'ombre  de  la  tour  dont  on  lui  conteste  la 
conception.  L'avenir  nous  apportera,  peut-être,  la  solu- 
tion à  cette  question  d'un  intérêt  peu  ordinaire. 

Enfin,  notre  Confrère  M.  Reydams,  d'ordinaire  plus 
fécond,  s'est  borné  cette  fois-ci  à  nous  faire  faire  connais- 
sance .  avec  quelques  glanures  intéressant  Fayd' herbe, 
De  Raedt  et  le  général  Ernest-Léopold  de  Holstein. 

Tel  est,  MM.,  un  résumé  succinct  des  communications 
qui  ont  été  faites  à  nos  séances  mensuelles.  Vous  les 
retrouverez  dans  notre  Bulletin  pour  la  plupart. 

En  outre,  j'attire  votre  attention  sur  le  Bulletin  biblio- 
graphique qui  clôt  ce  volume  et  qui  comprend  le  relevé, 
avec  analyse  sommaire,  des  publications  d'intérêt  local 
qui  voient  le  jour  dans  le  courant  de  l'année. 

Notre  Confrère,  M,  l'abbé  Laenen,  a  bien  voulu 
assumer  la  tâche  de  s'occuper  de  ce  chapitre,  tâche  faci- 
litée par  la  nature  de  ses  occupations  professionnelles.  A 
vous,  MM.,  il  appartient  de  la  lui  faciliter  davantage, 
en  lui  signalant  les  publications  rentrant  dans  cette 
catégorie  ou  celles  dans  lesquelles  on  pourrait  espérer 
glaner  quelque  chose  qui  puisse  avoir  de  l'intérêt  pour 
nos  lecteurs. 


20  RAPPORT 

Abordant  une  autre  catégorie  de  faits,  je  dois,  en  tout 
premier  lieu,  signaler  la  participation  de  notre  Cercle  au 
Congrès  de  Mons,  et  le  rapport  humouristique  et  chaleu- 
reusement applaudi  par  vous,  de  notre  délégué-suppléant, 
M.  le  juge  Préherbu.  A  l'avenir,  il  est  tout  désigné 
au  choix  de  nos  confrères,  pour  les  représenter  à  ces 
assises  annuelles.  Espérons  aussi  que  l'occasion  s'en  pré- 
sentant, il  ne  se  refusera  pas  à  nous  faire  des  communi- 
cations que  d'avance  nous  saluons  comme  un  vrai  régal. 

A  l'occasion  des  travaux  qui  s'exécutent  en  ce  moment 
à  la  Dyle,  les  fouilles  ont  mis  à  jour  les  vestiges  d'une 
cité  lacustre,  qui  s'est  révélée  par  des  pieux,  des  clayon- 
nages  et  une  barque  taillée  à  coups  de  hache  dans  un 
tronc  d'arbre.  Ces  objets  ont  pris,  pour  la  plupart,  le 
chemin  de  la  capitale.  C'est  regrettable;  mais  au  moins 
est-on  certain  qu'en  en  enrichissant  les  collections  natio- 
nales, elles  ne  seront  pas  celées  à  l'intéressé,  alors  que 
maint  autre  objet  intéressant  est  allé  s'enfouir  dans  les 
vitrines  des  collectionneurs  plus  soucieux  de  leur  intérêt 
que  de  l'intérêt  général.  Ces  cas  ne  se  présentent  que  trop 
souvent,  et  il  serait  à  désirer  qu'une  surveillance  plus 
scrupuleuse  s'organisât  le  cas  échéant. 

Dans  cet  ordre  d'idées  nous  avons  aussi  à  déplorer 
que  les  protocoles  des  notaires,  antérieurs  au  xix^  siècle, 
d'un  intérêt  capital  pour  l'histoire  de  Malines,  n'aient  pu 
rentrer  dans  notre  collection  locale  d'archives.  Malgré 
les  multiples  démarches  de  notre  Président  et  de  M.  le 
Docteur  Van  Doorslaer,  on  a  opposé  une  fin  de  non 
recevoir  à  ces  instances.  Une  fois  de  plus,  il  nous  parait 
être  du  devoir  de  nous  tous  de  veiller  à  ce  que,  à  l'avenir, 
pareils  faits  ne  puissent  se  représenter.  Nous  en  avons 
d'ailleurs  le  ferme  espoir,  maintenant  surtout  que 
notre  Président  s'est  vu  désigner  pour  faire  partie  de 
la  Commission  des  monuments  et,  de  ce  fait,  jouir 
d'une  autorité  devant  laquelle  devront  s'incliner  bien  des 


RAPPORT  21 

résistances.  Vous  n'avez  pas  hésité,  MM.,  à  reconnaître 
que  ce  témoignage  flatteur  rendu  au  mérite  de  M.  le 
Chanoine  van  Caster  était  également  un  honneur 
apprécié  pour  notre  Cercle, 

M.  le  Vice-Président,  D'  Van  Doorslaer,  s'est  fait  l'in- 
terprète de  ces  sentiments,  en  félicitant  notre  Président 
en  séance  publique  du  Cercle.  Du  reste,  nous  ne  sommes 
pas  les  seuls  à  reconnaître  ses  mérites,  et  à  l'occasion  on 
est  heureux  de  pouvoir  recourir  à  sa  profonde  connais- 
sance de  notre  ville  et  de  ses  monuments  et  de  lui 
demander,  ce  à  quoi  il  ne  se  refuse  jamais,  de  guider  les 
amateurs  et  les  érudits  dans  leur  visite  à  Malines.  Il  en 
fut  ainsi  notamment  lors  du  Congrès  organisé  par  la 
société  Malines- Attractions. 

Enfin,  MM.,  nous  avons  été  heureux  de  pouvoir  nous 
associer  aux  manifestations  de  sympathie  dont  a  été 
l'objet  Sa  Grandeur  Mgr  van  den  Branden  de  Reeth, 
Archevêque  de  Tyr,  notre  révérendissime  Confrère,  à 
l'occasion  de  son  jubilé  épiscopal.  Bien  souvent,  MM., 
nous  avons  l'honneur  de  le  voir  assister  à  nos  séances, 
et  vous  n'ignorez  pas,  qu'à  l'exemple  de  feu  le  baron 
van  den  Branden  de  Reeth,  son  père,  il  est  un  fervent 
admirateur  de  notre  histoire  locale  et  du  glorieux  passé 
de  sa  ville  natale. 

Il  me  reste,  MM.,  à  vous  dire  un  mot  des  opérations 
des  différentes  Commissions  instituées  au  sein  du  Cercle. 

La  Commission  administrative  a  eu  à  s'occuper  acti- 
vement, dans  ces  derniers  temps,  de  la  recherche  d'un 
nouveau  local.  Celui  que  nous  occupions  au  Musée,  et 
qui  avait  été  gracieusement  mis  à  notre  disposition  par 
l'Administration  Communale,  vient  d'être  désaffecté  de 
son  ancienne  destination  et  sera  compris  dans  la  partie 
des  Halles  que  l'on  se  propose  de  reconstruire.  Après 
bien  des  démarches,  nos  délégués,  M.  le  Chanoine  van 
Caster  et  M.  le  Docteur  Van  Doorslaer,  sont  parvenus 


22  RAPPORT 

à  nous  obtenir  une  salle  à  l'hôtel  de  ville,  qu'il  sera 
toutefois  nécessaire  d'approprier  à  cette  nouvelle  desti- 
nation. Le  Cercle  devra  intervenir  dans  les  frais  qui  en 
résulteront,  moyennant  le  versement  d'une  somme  une 
fois  payée.  Le  Cercle  contribuant  pour  sa  part  à  ces  frais 
d'aménagement,  nous  pourrons  bientôt  disposer  d'un 
local  qui  ne  nous  fera  pas  regretter  celui  que  les  circon- 
stances nous  obligent  à  quitter. 

La  Commission  des  publications  s'est  maintes  fois 
réunie  pour  s'occuper  de  l'impression  du  bulletin  du 
Cercle,  Grâce  à  ses  efforts,  le  volume  qui  vous  est  distri- 
bué et  auquel  notre  imprimeur,  M.  Godenne,  a  consacré 
ses  soins  habituels,  sera  digne  en  tous  points  de  nos 
publications  antérieures. 

Enfin,  la  Commission  des  finances  a  été  heureuse  de 
constater,  après  mainte  séance  d'angoissant  souvenir, 
que  les  ressources  financières  du  Cercle  seront  suffisantes 
pour  couvrir  les  frais  multiples  auxquels  nous  sommes 
astreints.  D'année  en  année,  en  effet,  nos  ressources 
augmentent,  grâce  surtout  à  des  adhésions  de  plus  en 
plus  nombreuses.  Celles-ci  s'élèvent,  pour  l'année  1904, 
au  nombre  de  18. 

En  résumé,  MM.,  la  situation  du  Cercle  continue  à 
être  des  plus  satisfaisantes  :  au  point  de  vue  de  ses 
Bulletins,  notre  Société  fait  honneur  à  ses  engagements 
antérieurs;  au  point  de  vue  financier,  nous  sommes  par- 
venus à  rétablir  l'équilibre  dans  un  budget  fortement 
obéré  jadis,  et  au  point  de  vue  administratif,  vous  serez 
d'accord  avec  moi,  MM.,  que  ceux  auquels  vous  avez 
commis  le  soin  de  gérer  la  Société  s'acquittent  de  leur 
mission,  souvent  délicate,  à  notre  entière  satisfaction. 

Je  vous  propose,  MM.,  en  terminant  ce  trop  long 
rapport,  de  leur  voter  des  remercîments. 

H.    CONINCKX. 


Les  Lombards  à  Malînes 


1295-1457 


SOMMAIRE  :  Ce  que  l'on  entendait  jadis  par  usure.  — 
L'îisitre  condamnée  par  les  lois  ecclésiastiques.  —  Le  taux  de 
l'intérêt.  —  Motifs  pour  lesquels  les  princes  toléraient  l'usure. 
—  Les  marchands  lombards.  —  Première  mention  des  usuriers 
lombards  à  Matines.  —  Attitude  des  magistrats  communaux 
du  Brabant  à  l'égard  des  jisuriers.  —  Protection  accordée  par 
les  magistrats  de  Matines  aux  usuriers  lombards.  —  Le  pri- 
vilège des  Lombards  en  1842.  —  Emprunts  faits  par  la  ville 
de  Matines  aux  usuriers.  —  Divers  contrats  entre  le  magistrat 
et  les  Lombards,  en  1342  et  i356.  — Renouvellements  successifs 
du  privilège  des  Lombards.  —  Le  renouvellement  du  privilège 
en  14S4.  —  Conflit  entre  la  ville  et  le  duc  de  Brabant.  — 
Suppression  du  droit  de  la  ville  d'accorder  des  octrois  de  tables 
de  prêt,  en  14s-/. 


C^%P»  'usure  a  été  considérée  à  toute  époque  comme 
"Tiy    un  des  crimes  les  plus  infamants. 
^        Seulement,  jadis,  l'on  entendait  par  usure, 
^vvî  non  pas  le  prêt  à  un  taux  exorbitant,  mais 


tout  emprunt  pour  lequel  le  débiteur  était  tenu  de  rendre 
au   créditeur  une  somme  supérieure  à  celle  qu'il  avait 


24  LES    LOMBARDS   A    MALINES 

reçue.  En  d'autres  mots,  tout  prêt  à  intérêt  était  de 
l'usure.  Quidqiiid  acceditur  sorti,  dicitur  usura,  proclamait 
saint  Thomas,  et  sa  doctrine  était  rigoureusement  suivie 
par  tous  les  théologiens  (i).  Le  Concile  de  Latran,  en 
i3ir,  avait,  de  son  côté,  lancé  l'anathème  contre 
quiconque  prétendrait  que  l'usure  n'était  pas  un  péché. 
Dans  le  diocèse  de  Cambrai,  auquel  nous  appartenions 
à  cette  époque,  les  anciens  statuts  synodaux,  qui  datent 
du  commencement  du  xiv^  siècle,  refusent  aux  usuriers 
la  sépulture  ecclésiastique.  Dans  un  synode  du  même 
diocèse,  tenu  en  i328,  l'évêque  s'élève  avec  force  contre 
les  usuriers  publics,  qui  se  glorifient,  dit-il,  de  leurs 
iniquités  et  se  laissent  aveugler  à  tel  point  par  leur 
sordide  avarice,  qu'ils  vont  jusqu'à  mettre  des  enseignes  à 
leurs  maisons  pour  faire  connaître  à  tous  leur  odieux  trafic. 
En  conséquence,  l'évêque  excommunie  tous  les  usuriers 
publics  et  ordonne  aux  prêtres  de  les  dénoncer  comme  tels. 

C'étaient  là,  on  le  voit,  des  remèdes  très  sévères, 
contre  un  mal,  il  faut  le  dire,  bien  terrible.  En  effet,  si 
le  moindre  intérêt,  demandé  à  titre  du  prêt  lui-même, 
constituait  l'usure,  généralement  les  usuriers  exigaient 
des  intérêts  que  l'on  a  peine  à  comprendre  aujourd'hui. 
En  i3o6,  le  duc  Jean  II  de  Brabant,  voulant  mettre  un 
frein  à  la  cupidité  des  usuriers  d'Anvers,  leur  défendit 
de  prêter  aux  Anversois  à  plus  de  deux  deniers  par  livre 
et  par  semaine,  et  aux  étrangers  à  plus  de  trois  deniers; 
ce  qui  faisait,  pour  les  Anversois,  le  modeste  taux  de  44  0/0 
par  an  et  pour  les  étrangers  de  65  ^jo  ! 

Et  notons  que  c'était  là  le  taux  légal  et  un  adoucis- 
sement aux  pratiques  usuraires  en  cours. 


(i)  Les  théologiens  admettaient  toutefois  certains  titres  qui  pouvaient 
justifier  dans  des  circonstances  déterminées  le  prêt  onéreux.  Cfr.  E.  vax 
RoEY,  De  jiisto  audario  ex  contradu  crediti,  Louvain,  1903,  pp.  3  et  suivantes. 


LES    LOMBARDS   A    MALINES  25 

L'on  se  demande  comment  de  tels  excès  étaient  pos- 
sibles. 

C'est  que,  d'une  part,  le  numéraire  était  fort  rare  et 
que,  d'autre  part,  le  nombre  de  ceux  qui  en  éprouvaient 
le  besoin  était  devenu  de  plus  en  plus  considérable.  Ce 
n'étaient,  d'ailleurs,  pas  seulement  les  particuliers  qui 
avaient  à  recourir  aux  usuriers,  les  princes  et  les  villes 
devenaient  leurs  débiteurs.  La  comtesse  de  Flandre, 
Jeanne  de  Constantinople,  fut  obligée,  en  1221,  de  s'adres- 
ser à  des  usuriers  pour  se  procurer  de  quoi  payer  la 
rançon  de  son  époux,  Ferrand  de  Portugal,  retenu 
prisonnier  au  Louvre.  Vers  i3og,  un  certain  Thomas 
Fino,  de  la  compagnie  des  Gallerani,  prête  à  diverses 
reprises,  et  à  des  taux  très  élevés,  au  comte  de  Flandre, 
Robert  de  Béthune,  et  prend  même  le  titre  de  varlet  du 
Comte;  et  nous  connaissons  par  de  nombreux  documents 
les  multiples  emprunts  que  les  ducs  de  Brabant  con- 
tractèrent avec  les  usuriers. 

Ceux-ci  étaient  généralement  d'origine  italienne  ou 
française.  C'étaient  des  marchands  du  nord  de  l'Italie 
ou  du  sud  de  la  France,  qui  étaient  venus  se  fixer  dans 
nos  contrées,  sous  couleur  de  commerce  de  marchandises 
d'abord,  comme  banquiers  ensuite,  et  qui,  enfin,  prati- 
quaient l'usure  et  étaient  seuls  à  tenir  table  publique 
de  prêt.  De  là,  les  noms  de  Lombards  ou  de  Cahorsins 
donnés  à  ces  usuriers.  Dans  une  étude  récente,  nous 
avons  indiqué,  pour  le  Brabant  en  général,  jusqu'où  les 
nécessités  économiques  d'une  part,  et  l'espèce  de  sujétion 
dans  lesquels  les  Lombards  tenaient  le  duc,  qui  était  leur 
débiteur,  d'autre  part,  ont  peu  à  peu  obtenu  divers  privi- 
lèges, diverses  exemptions  en  faveur  de  leurs  maisons  de 
banque.  Les  marchands  lombards,  qui  se  réunissaient 
en  sociétés,  se  trouvaient  autorisés,  par  des  lettres  paten- 
tes d'octroi,  d'exercer  leur  infâme  négoce;  ils  étaient  sous 
la  sauvegarde  spéciale  du  prince  ;  —  ils  étaient  exempts 


26  LES    LOMBARDS    A    MALINES 

de  tout  impôt;  — ^  sauf  le  cas  d'homicide,  ils  ne  pouvaient 
être  punis  pour  leurs  méfaits,  que  d'une  amende  qui  ne 
dépassait  pas  vingt  livres  de  gros  ;  —  et  le  prince  leur 
garantissait  même  sa  protection  contre  toute  mesure 
prise  à  leur  égard  par  l'empereur  et  même  par  le  Pape. 

Cela  se  passait  dans  le  Brabant  (i). 

Dans  la  Seigneurie  de  Malines,  les  Lombards  n'étaient 
pas  moins  bien  traités,  et  la  ville  semble  même  avoir 
constitué  pendant  plus  d'un  siècle,  une  espèce  de  petite 
terre  promise  pour  l'usure. 

C'est  en  I2g5  que  nous  trouvons  la  première  mention 
des  Lombards  à  Malines,  bien  qu'il  soit  certain  qu'à 
cette  époque  ils  y  aient  été  fixés  depuis  longtemps.  Il 
s'agit  d'un  accord  entre  le  seigneur  de  Malines  et  celui 
de  Neckerspoel,  afin  de  régler  certaines  difficultés  qui  ne 
cessaient  de  se  produire  entre  les  habitants  des  deux 
localités  voisines.  Cet  accord  portait  que  les  Toscans, 
Lombards  ou  Juifs  pratiquant  l'usure,  ne  pourraient  plus 
dorénavant  exercer  leur  négoce  au  Neckerspoel,  qu'aux 
conditions   qui  leur  étaient  faites  à  Malines  même  (2). 

Quelles  étaient  ces  conditions? 

Le  document  ne  nous  le  dit  pas,  mais  il  nous  apprend 
que  l'usure,  ici  comme  ailleurs,  était  aux  mains  des 
marchands  italiens  et  des  Juifs. 

Les  Malinois  s'adonnaient-ils  aux  mêmes  pratiques? 

A  cette  question  encore  nous  ne  saurions  donner  de 
réponse  adéquate.  Toujours  est-il  que  la  Grande  Charte 


(1)  Voyez  ;  J.  Laenen,  Usuriers  et  Lombards  dans  h  Brahaiit  au  XV'  siècle, 
dans  les  BulleUns  de  l'Académie  royale  d' Archéologie  de  Belgique,  1904,  pp.  124 
et  suivantes. 

(2)  Archives  de  la  Ville.  Cartons  des  chartes,  n°  18  de  l'inventaire  ;  —  Copie 
dans  le  Roodboek,  I,  134.  —  Analysé  dans  van  oen  Branden,  Recherches 
sur  l'origine  de  la  famille  des  Berihout,  Mém.  cour  de  l'acad.,  in-4°,  t.  xvii,  p.  117, 
imprimé  par  extraits  dans  Thys,  Additions  et  Corrections. 


LES    LOMBARDS    A    MAEINES  27 

de  i3oi  permit  à  tout  bourgeois  de  la  ville,  membre  de 
la  gilde,  à  l'exception  des  foulons  et  des  orfèvres,  dé 
pratiquer  le  change,  du  consentement  des  échevins, 
doyens  et  jurés,  moyennant  une  taxe  de  dix  livres  à 
payer  au  seigneur  (i).  De  même,  en  i3o5,  l'évêque  de 
Liège,  lors  du  retour  de  la  ville  sous  sa  souveraineté, 
accorda  une  faveur  semblable  moyennant  trois  livres  (2). 

Or,  pour  qui  connaît  les  affinités  entre  le  change  et 
l'usure,  l'autorisation  de  pratiquer  le  premier  menait 
nécessairement  au  second. 

Quoiqu'il  en  soit,  si  les  deux  grands  privilèges  n'auto- 
risaient pas  directement  l'usure,  ils  semblent  être  le 
point  de  départ  d'un  privilège  unique,  dont  Malines 
jouissait  seule  parmi  toutes  les  villes  soumises  à  la  domi- 
nation des  ducs  de  Brabant,  celui  d'autoriser  de  son 
propre  chef  et  à  son  propre  profit,  la  tenue  des  tables  de 
prêt.  Partout  ailleurs,  le  droit  d'accorder  des  octrois  aux 
usuriers  était  considéré  comme  un  privilège  incontesté 
du  souverain. 


(i)  «  Dat  elc  man  die  guldebruder  es  binnen  Machelne,  sonder  mers- 
»  manne  ende  silversmede,  moghen  wisselen,  omme  tien  ponden  's  jaers, 
»  alselcs  gelts,  aise  men  van  erfiiken  oiiden  chinse  nemt,  ende  dien  wissel 
»  te  verborghene,  na  rade  der  scepenen,  der  dekens,  ende  der  geswoerne.  » 

Archives  de  la  ville.  Carions  des  chartes,  n°  19  de  l'inventaire;  —  copies  : 
Privilegieboek,  A.  47  v°  et  166  v°,  Roodboek,  I,  18.  —  Analysé  dans  Gachard, 
Dociimenis  inédits  concernant  l'Histoire  de  Belgique,  Bruxelles,  i835,  II,  35;  van 
den  BrAsPEN,  Recherches,  p.  124  ;  —  imprimé  :  Jan  de  Clerck,  Brabantsche 
Yeesien,  éd.  Willems,  Bruxelles,  -i83g,  I,  696.  David,  Geschiedenis  van  de  stad 
en  heerlijkheid  Mechelen,  Louvain,  1854,  p.  451. 

(2)  Archives  de  la  Ville.  Cartons  des  chartes,  n°  35  de  l'inventaire  ; 
—  copies  :  Privilegieboek,  A,  47  v°  et  166,  1°;  Roodboek,  I,  3i.  — Ana- 
lysé dans  Inventaire  analytique,  p.  3o;  Gachard,  Documents  inédits,  concernant 
l'Histoire  de  Belgique.  Bruxelles,  i835,  II,  35  ;  van  den  Branden,  Recherches, 
p.  124;  —  imprimé  dans  de  Clerck,  Brabantsche  Yeesten,  éd.  Willems, 
Bruxelles,  1839,  I,  696;  Danid,  Geschiedenis  van  de  stad  en  heerlykheid  Mechelen, 
Louvain  1854,  p.  451;  Sollerius,  Acta  Sancti  Rumoldi,  Anvers,  1718,  p.  175; 
\'erhoe\  EN,  Grond-wet  ojte  Constitutie  van  Mechelen,  1790.  —  Vidinms,  original 
de  i3o5,  aux  Archives  de  la  Ville,  n"^  36  de  V Inventaire. 


28  LES    LOMBARDS    A    MALINES 

Quant  à  la  redevance  de  dix  ou  plus  tard  de  trois  livres 
à  payer  au  seigneur,  nous  ne  savons  jusqu'où  elle  fut 
acquittée.  Cette  stipulation  semble  bien  être  restée  lettre 
morte  aussi  bien  qu'un  autre  article  du  traité  conclu 
en  i336,  entre  le  duc  de  Brabant  et  Louis  de  Maie, 
comte  de  Flandre,  par  lequel  les  deux  princes  se  parta- 
geaient les  profits  des  tables  de  prêt  à  Malines  (i). 

Les  échevins  de  Malines,  dans  la  question  de  l'usure, 
se  présentent  sous  un  jour  tout  autre  que  leurs  confrères 
des  villes  brabançonnes.  Partout  ailleurs,  les  magistrats 
communaux  semblent  redouter  les  foudres  lancés  par  le 
pape  Clément  V,  au  Concile  de  Vienne,  contre  ceux  qui 
favoriseraient  l'usure.  A  Anvers,  les  échevins  obtiennent 
du  duc,  par  dérogation  aux  usages  suivis,  de  ne  plus 
délivrer  aux  usuriers  des  lettres  scabinales  faisant  par 
elles-mêmes  pleine  et  entière  foi  en  justice,  et  n'admet- 
tant   aucune    preuve   contraire  (2).    A    Louvain,    le  duc 


(i)  Cfr.  F.  DoNNET,  Les  Lombards  dans  les  Pays-Bas,  exirait  des  Annales  dti 
Cercle  archéologique  de  la  ville  et  de  l'ancien  pays  de  Termonde,  z"  série,  t.  viii, 
1900,  p.  23,  et  J.  Laenen,  Usuriers  et  Lombards  dans  le  Brabant  au  XV^ 
siècle,  p.  i38,  note  i. 

(2)  Jan,  bi  der  graciën  Gods  hertoge  van  Lothringen,  van  Brabant,  van 
Limburg,  mercgreve  des  heilichs  rijks,  grave  van  Henegouwe,  van 
Holiant,    van    Zeelant    ende    heere     van    Vrieslant.    Want     de    borge- 

meestereu    ende    scepenen    van  onser    stad  van   Antwerpen,   dewile 

overlast  hebben  geweest  in  haer  zielen  ende  conscientie  mids  dat  zij 
onderwilen  aen  Lombarden  in  onser  stad...  openbaerlic  tafel  houdenen 
van  woeker  of  van  perseme,  brieve  bezegelt  hebben  sonder  proeve  ende 
sonder  eedt,  dwelc  es  clairlic  teghen  der  heiligen  kercken  recht  ende 
in  groeten  achterdeele  onser  heerlicheyt  ende  onser  voirs.  stad  recht, 
alsoe  wij  daeraf  verstaen  hebben  van  onsen  wijsen,  verstendigen  ende 
van  den  geleerden,  volcomelic  geinformeerd  zijnde,  omme  dair  af  tont- 
lastcne  die  zielen  onser  lieven  heeren  ende  voervaderen  saliger  gedach- 
ten,  onse  siel  ende  conscientie  daer  in  te  quitene  ende  onser  hoir  ende 
nacomeUnge  ende  die  sielen  ende  conscientie  van  onser  scepenen  ende 
goeder  Heden  van  Antwerpen  voirs.;  soe  eest  dat  wij  uut  gherech  e 
ionsten  ende  minne,  die  ons  dair  toe  bevorderen,  gegeven  hebben  ende 
verleent,  geven  ende  verleeuen  voir  ons,  voir  onse  hoir  ende  nacome- 
linge   onser    scepenen   ende    goeden    lieden  van    onser    voirs,   stad  van 


LES    LOMBARDS   A    MALINES  29 

promet,  dans  les  privilèges  accordés  à  la  ville,  en  i327, 
de  ne  jamais  obliger  les  échevins  d'assister  à  des  contrats 
usuraires,  ni  de  rendre  des  sentences  dans  des  causes 
entachées  d'usure  (i). 

Une  faveur  semblable  avait  été  accordée  l'année  pré- 
cédente à  la  ville  de  Bruxelles  (2).  Le  duc  lui-même, 
d'ailleurs,  venait  de  recourir  au  Pape,  à  l'effet  d'obtenir 
cassation  et  annulation  des  privilèges  qu'il  avait  accordé 
aux  usuriers  et  des  contrats  qu'il  avait  conclus  avec  eux, 
«  dans  sa  jeunesse,  alors  qu'il  était  entouré  de  perfides 
»  conseillers  »  (3). 

Tout  cela  était,  peut-être,  la  conséquence  d'une  con- 
sultation demandée  en  iSig  aux  docteurs  de  l'Université 
de  Paris.  Ceux-ci  avaient  déclaré  que  les  échevins  qui 
prêteraient  sciemment  la  main  à  des  contrats  usuraires, 
encourraient,   par  le  fait  même,   l'excommunication  (4). 

Des  scrupules  de  ce  genre  ne  semblent  pas  avoir  tour- 
menté nos  échevins  malinois. 

Tout  d'abord,  outre  que  nous  les  trouvons  en  relations 


Antwerpen,  die  nu  siio  of  namaels  sullen  wesen,  aile  te  samen  ende 
elken  van  hen  zunderlinge,  dat  zij  van  nu  vandane  teeuweliken  dagen 
dair  af  onbelast  bliven  ende  wesen  sullen...  —  Archives  de  la  ville 
d'Anvers,  Rood fluweelen  privilegieboek,  fol.  20,  Diplôme  du  duc  Jean  IV,  du 
22  janvier  14.19-1420.  Copie. 

(i)  «  Idem  hebben  wi  hen  gegeven,  ende  geven,  dat  wi  vortane  nemmer- 
»  meer  onse  scepenen  van  Lovene  dwinghen  en  selen  over  perseme  (woeker) 
»  vorwerde  te  stane,  noch  vonnesse  te  wisene  van  persemen  in  engenre 
»  manieren.  »  Archives  communales  de  Louvain,  Cartidaire.  Copie  ;  — 
Imprimé  dans  Willems.  Brahantsche  Yeesten,  p.  773. 

(2)  «  Voert  geloven  wi  hen  voer  ons,  onse  hoir  ende  naecomelingen,  dat 
»  wi,  onse  hoir  noch  naecomelinge  nemmermeer  naemaels  onsen  liven 
»  Schepene  van  Brussele,  die  nu  syn  ende  naermaels  syn  selen,  aenleggen 
»  en  selen,  noch  versuecken,  aenleggen,  noch  versueken  doen  in  geene 
»  manieren  te  stane,  noch  te  sine  over  persemaerde,  voorwaerden  noch 
»  over  gelofie,  die  men  hen  doet  noch  daerop  te  wisene.  »  Den  Luyster  ende 
Glorie  van  hei  heriogdom  van  Brahant,  t.  I,  p   89,  art.  VIII. 

(3)  Cfr.  J.  Laenen,  Usuriers  et  Lombards,  documents,  n°  i. 

(4)  Voyez  cette  très  intéressante  consultation  dans  Willems,  Brahantsche 
Yeesten,  documents,  pp.  760-763. 


3o  LES    LOMBARDS   A    MALINES 

suivies  d'affaires  avec  des  usuriers,  nous  les  voyons 
parfois,  jusqu'à  des  imprudences  manifestes,  épouser 
leurs  querelles  et  protéger  leurs  usures. 

C'est  ainsi,  par  exemple,  qu'à  la  demande  d'un  mar- 
chand lombard,  appelé  Nosse,  ils  détinrent  en  prison 
pendant  toute  une  année,  un  autre  marchand  de  Flo- 
rence, Trufifin  de  Spina,  pour  une  dette  de  quinze  mille 
livres  que  celui-ci  devait  au  premier  (i). 

L'ensemble  des  documents  laisse,  d'ailleurs,  l'impres- 
sion que  jusqu'au  milieu  du  xiv'  siècle,  les  usuriers  et 
Lombards  jouissaient  d'une  grande  liberté  à  Malines  : 
ils  pouvaient  y  dresser  en  toute  liberté  leurs  tables  de 
prêt,  et  exiger  sur  les  sommes  empruntées  tels  intérêts 
qu'il  paraissait  leur  convenir  (2). 

Le  premier  document  que  nous  possédions,  et  il 
semble  bien  être  en  réalité  aussi  le  premier  privilège 
de  l'espèce  accordé  à  Malines,  lequel  établit  des  tables 


(i)  Archives  de  la  ville  de  Malines.  Carto7is  des  chartes,  n°  661  de  l'inven- 
taire. Le  24  mai  i3o5,  Truffin  de  Spina  donna  au  magistrat  de  très  curieuses 
lettres,  par  lesquelles  il  déclarait  pardonner  à  la  ville  les  torts  qu'il  avait 
subi  à  Malines  par  suite  de  sa  détention.  Ces  lettres  sont  scellées  par  les 
abbés  de  Saint-Bernard  et  de  Saint-Michel,  par  le  chapitre  de  Saint-Rom- 
baut,  par  la  commanderie  de  Pitzembourg.  Elles  portent  aussi  le  sceau  de 
la  corporation  des  marchands  transalpins  en  Brabant. 

(2)  Cette  situation  privilégiée  des  changeurs  à  Malines  explique  peut- 
être,  en  partie  du  moins,  la  présence  dans  cette  ville  de  ce  grand  nombre 
de  marchands  italiens  que  nous  y  rencontrons  dès  les  premières  années 
du  xiv'^  siècle.  Pendant  toute  la  durée  de  ce  siècle,  l'importance  de 
Malines,  comme  marché  financier,  semble  avoir  été  fort  considérable. 
Nous  y  trouvons  à  diverses  reprises,  des  établissements  d'agents  de  la 
Caméra  pontificale,  chargés  de  transmettre  à  Rome  l'argent  recueilli  par 
les  Collcdores.  Tels  furent  notamment  Berthold  Jean  Sonaghini,  en  1372, 
1374  et  1375;  Bernard  Nicolai,  en  1374;  Jean  Bonaguida,  en  i363  et  i365. 
—  Cfr.  D""  JoH.  Peter  Kirsch,  Die  paepstlichen  Kollektoren  in  Deutschland 
waerend  des  XIV  Jahrliunderts.  Paderborn,  1894,  p.  lxii-lxiii. 

Ces  négociants  y  représentaient  les  principales  maisons  de  banque 
italiennes,  telles  que  les  Alberti,  — -  Ibidem,  p.  368;  —  et  les  Soderini,  — 
Ibidem,  p.  373. 


LES    LOMBARDS    A    MALINES  3l 

officielles  de  prêt  à  monopole  plus  ou  moins  rigoureux, 
date  du  milieu  du  quatorzième  siècle. 

C'est  un  octroi  accordé  à  des  marchands  d'origine 
italienne,  leur  permettant  l'usure  et  leur  garantissant  en 
toutes  choses  et  contre  toutes  personnes,  aide,  faveur 
et  protection. 

«  Nous  les  avons  reçu,  est-il  dit  dans  cet  acte,  et  nous 
les  admettons  au  nombre  de  nos  libres  concitoyens,  sous 
notre  sauvegarde,  protection  efficace,  et  garde  spéciale. 
Nous  leur  promettons,  à  eux  et  à  chacun  d'entre  eux,  de 
les  défendre  et  de  les  protéger  dans  notre  dite  ville  et 
dans  sa  franchise,  au  même  point  que  nos  autres  conci- 
toyens. Nous  voulons  qu'ils  jouissent  et  qu'ils  puissent 
se  revendiquer  tous  et  chacun  des  droits,  libertés,  cou- 
tumes de  la  même  ville,  dont  nos  autres  concitoyens 
jouissent  et  qu'ils  peuvent  revendiquer,  et  cela  pour  un 
terme  de  quinze  années  consécutives.  Nous  leur  défen- 
dons seulement  de  fabriquer  du  drap,  soit  eux-mêmes, 
soit  par  d'autres.  Ensuite,  nous  consentons  bien  expres- 
sément à  ce  que,  dans  notre  ville  et  franchise,  ils  puissent, 
eux  et  chacun  d'entre  eux,  acheter,  vendre,  faire  le  change, 
consentir  des  prêts  et  disposer  de  leurs  marchandises  et 
argent  liquide  comme  ils  l'entendent  et  comme  il  peut 
le  mieux  leur  convenir. 

»  Quant  à  nous,  ni  nous-mêmes,  ni  personne  d'entre 
nous  ne  demanderons  ni  ne  recevrons  rien  d'eux  à 
l'occasion  des  dits  marchés,  concessions  et  négociations, 
et  nous  ne  souffrirons  pas  qu'aucun  seigneur  ou  personne 
d'autre  ne  demande  ou  ne  reçoive,  à  l'occasion  de  ce  qui 
précède,  quoi  que  ce  soit. 

»  Ils  payeront  toutefois,  comme  tous  nos  autres  conci- 
toyens, les  accises  sur  les  marchandises  susceptibles  de 
ce  droit... 

»  De  plus,  nous  permettons  à  nos  échevins  et  à  leurs 
successeurs,  d'assister  à  toutes  et  à  chacune  des  conven- 


32  LES    LOMBARDS   A   MALINES 

lions  qu'ils  conclueront,  soit  avec  des  étrangers,  soit 
avec  nos  concitoyens,  à  l'exception  des  stipulations 
pénales  et  d'abandon,  et  nous  les  autorisons  à  délivrer 
des  lettres  scellées  du  sceau  des  échevins,  et  nous 
rendrons  justice  aux  marchands  sur  toutes  les  lettres 
scellées  par  nous. 

»  Et  si  quelque  bien  volé  leur  a  été  vendu  ou  engagé, 
ils  ne  seront  pas  tenus  de  le  rendre  avant  d'avoir  été 
remboursés  et  nous  leur  promettons  de  ne  pas  les 
inquiéter  sur  ces  affaires,  ni  de  permettre  que  d'autres 
les  inquiètent. 

»  Ils  pourront,  après  les  avoir  gardé  pendant  une  année 
et  un  jour,  vendre  les  biens  donnés  en  gage  et  disposer 
de  leur  prix.  » 

Tous  ces  avantages  et  d'autres  encore,  le  monopole 
de  la  table  publique  de  prêt  dans  la  ville,  notamment, 
les  échevins  de  Malines  les  garantissaient  sous  serment. 
Ils  renonçaient  d'avance  à  tout  motif  de  droit  pour 
obtenir  l'annulation  de  ce  contrat,  dont  ils  s'engageaient 
sous  peine  de  mille  livres  de  gros  tournois,  à  observer 
exactement  chacune  des  clauses,  promettant  d'indemniser 
les  marchands  lombards  de  tous  dommages  subis  par  la 
faute  de  la  ville  (i). 


(i)  Archives  de  la  ville  de  Malines,  Chronologische  aenwijser,  année  1342. 
«  Datum  cmno  Domini  m"  ccc°  quadragesimo  secundo,  feria  tercia  post  festmn  Con- 
ceptionis  Béate  Marie  Virginis.  »  La  copie  de  l'Aenwyser  a  été  faite  en  1S04 
et  porte  comme  indication  «  Ex  arch.  civitaiis,  1S04  ».  Toutes  les  recherches, 
qu'avec  sa  proverbiale  amabilité,  le  dévoué  archiviste  communal. 
M.  Hermaks,  a  bien  voulu  faire  pour  retrouver  une  copie  plus  ancienne 
ou  même  l'original  de  ce  document,  sont  restées  infructueuses.  Il  en  est 
de  même  de  divers  autres  actes  de  la  même  époque,  copiés  dans  les 
volumes  du  Chronologische  Aenwyser.  Les  dernières  lignes  du  document 
que  nous  reproduisons  ci-après.  Annexes,  n°  IV,  semblent  indiquer  que 
la  copie  a  été  faite,  non  d'après  une  expédition  originale,  mais  d'après  un 
registre,  peut-être  d'après  l'un  des  registres  des  actes  scabinaux,  perdus 
aujourd'hui.  —  Voyez  le  texte  latin  du  document  ci-après,  Annexes,  n°  I. 


LES    LOMBARDS    A    MALINE3  33 

Les  lettres  que  nous  venons  d'analyser  furent  accordées 
le  g  décembre  1342,  à  Obert  de  Monte  Magno,  à  François 
et  à  Jacques  de  Pomario,  ses  neveux,  à  André,  Walewan 
et  Gabriel  de  Monte  Magno,  ses  frères,  à  Obert,  Déat, 
Jean  et  Manfride,  encore  ses  frères,  à  Jacques  de  Roka, 
à  Symon  de  Roka  et  à  Jean  de  Roka. 

Le  même  jour,  les  échevins  donnèrent  encore  d'autres 
lettres  à  Simon  de  Myrabile,  sire  de  Pareweys  et  à  ses 
héritiers,  par  lesquelles  la  ville  garantissait  à  ceux-ci 
les  mêmes  avantages  que  ceux  concédés  à  Obert  de 
Monte  Magno  et  à  ses  associés  (i). 

Voilà  donc  nos  bourgeois  à  la  merci  de  marchands 
étrangers. 

Pour  en  arriver  là,  il  fallait  des  circonstances  tout  à 
fait  spéciales. 

Ces  circonstances,  c'étaient  les  dettes  contractées  vis- 
à-vis  de  Lombards,  c'était,  en  1342  surtout,  un  besoin 
pressant  d'argent. 

Déjà  les  années  antérieures,  nous  trouvons  à  plusieurs 
reprises,  que  le  magistrat  et  la  ville  s'étaient  rendus 
débiteurs  de  ces  usuriers. 

La  malheureuse  révolte  de  i3oi,  notamment,  avait 
valu  à  la  ville  une  amende  de  cent  mille  livres  tournois. 
C'était  là  une  somme  énorme   pour   l'époque   (2),    que 


(i)  Simon  de  Mirabile  et  son  associé  pourraient  bien,  d'ailleurs,  n'être 
que  les  membres  de  la  firme  d'Obert  de  Monto  Magno.  C'est  ce  iju'on 
pourrait  inférer  du  texte  même  de  l'octroi,  que  nous  reproduisons  ci- 
après,  Annexes,  n°  II,  et  qui  suppose  que  le  destinataire  avait  entre  les 
mains  le  privilège  accordé  à  Obert,  et  surtout  de  la  clause  du  monopole. 
A  moins  que  celle-ci  ne  doive  pas  être  prise  à  la  lettre.  Dans  ce  cas, 
ce  second  document  et  les  prêts  dont  nous  parlons  ci-dessous,  s'expli- 
queraient aisément. 

(2)  Pour  se  rendre  compte  de  la  valeur  de  l'argent  liquide  à  cette  époque, 
il  suffira  de  rappeler  qu'au  prix  de  cinquante  livres,  l'on  pouvait  s'acheter 
une  splendide  maison  de  grand  commerçant,  avec  toutes  ses  dépendances, 

3 


34  LES    LOMBARDS    A    MALINES 

jamais  la  ville  n'aurait  pu  trouver  dans  ses  propres 
ressources,  et  laquelle,  même  en  admettant  une  remise 
partielle  de  l'amende  par  le  duc,  devait  nécessairement 
obliger  le  magistrat  à  recourir  aux  usuriers.  C'était  ce 
que  l'on  fit  du  reste,  et  de  nombreux  documents  nous  en 
ont  conservé  le  témoignage. 

En  i3o5,  le  lo  avril,  Gossuin  d'Ancigna,  dit  Anselmin, 
Gandulphin  d'Ancigna,  Guillaume  et  Opechin  d'Arachie, 
Bouduin  d'Arachie,  de  Roka,  déclarent  tant  en  leur  nom 
propre  qu'en  celui  de  leurs  associés,  libérer  la  ville  de 
Malines  de  toutes  les  sommes  dont  elle  leur  était  rede- 
vable (i). 

L'année  précédente,  semblable  quittance  avait  encore 
été  donnée  par  Gossin  d'Ancigna  (2),  tandis  que,  un  mois 
plus  tard,  le  22  mai  i3o5,  la  ville  s'engagea  à  rembourser 
à  Bénincin  Gharret,  les  six  cents  livres  qu'elle  lui  avait 
empruntées  pour  payer  une  partie  de  l'amende  (3). 

En  d'autres  circonstances  encore,  il  n'y  a  point  de 
doute  à  cet  égard,  bien  que  les  documents  positifs  nous 
manquent,  le  magistrat  dût  s'adresser  aux  Lombards,  et 
chaque  fois  il  devait  lui  en  coûter  gros. 

La  plus  grande  partie  des  documents,  malheureu- 
sement, qui  pourraient  nous  renseigner  jusqu'où  la  ville 
se  trouvait  à  la  merci  des  usuriers,  sont  irrémédiable- 
ment perdus.  Ce  qui  nous  en  reste,  toutefois,  est  assez 
suggestif. 


à  preuve  :  «  l'héritage  attout  le  treffons  et  toutes  ses  appartenanches  c'oa 
»  appiéle  le  maison  des  Coarsùis,  séans  daleis  l'astre  Saint-Rommond,  à 
»  Malines,  lequels  lidis  Denis  [de  la  Roque  ou  de  la  Roka,  Lombard]  vendi 
»  à  la  ville  de  Malines  ».  Archives  de  la  ville  de  Malines,  Cartons  des 
Chartes,  n°  gSg  de  l'inventaire. 

(i)  Archives  de  la  ville  de  Malines,  Cartons  des  Chartes,  n°  37  de  l'in- 
ventaire ;  copie  :  Roodboek,  I,  71-72. 

(2)  ARCiirvES  DE  LA  VILLE  DE  Malines,  Roodhoek,  I,  72. 

(3)  Archives  de  la  ville  de  Malines,  Cartons  des  Chartes  n°  660  de  l'in- 
ventaire. —  La  ville  fut  condamnée  à  100,000  livres. 


LES    LOMBARDS    A    MALINES  35 

Voici,  par  exemple,  les  clauses  d'un  emprunt  de  douze 
cents  livres  de  gros  tournois,  consenti  par  Obert  de 
Monte  Magno  et  ses  associés. 

Les  usuriers  s'engagent  à  prêter  à  la  ville  la  somme 
de  douze  mille  livres  tournois,  payables  en  trois  termes, 
pendant  trois  années  consécutives,  à  l'époque  des 
payements  de  la  pension  aux  étrangers,  et  à  rembourser, 
également  en  trois  années  consécutives,  à  partir  de  la 
Noël  1346,  et  ce  au  taux  d'un  denier  par  semaine  et 
par  livre;  ce  qui  équivaut  à  peu  près  à  22  %  par  an. 
De  plus,  les  usuriers  promettent  d'avancer  au  fur  et 
à  mesure  qu'ils  pourraient  en  avoir  besoin  et  moyennant 
un  gage,  les  sommes  nécessaires  aux  receveurs  de  la 
ville. 

En  même  temps,  les  Lombards  s'engageaient  à  dimi- 
nuer leurs  usures  et  à  ne  prêter  dorénavant,  sur  gages 
bien  entendu,  aux  Malinois,  qu'à  raison  de  44  %.  Ils 
promettaient  de  ne  pas  admettre  ceux-ci  comme  garants 
de  prêts  consentis  à  des  étrangers. 

L'on  pourrait  croire  que  de  telles  conditions,  accom- 
pagnées surtout  de  l'octroi  que  nous  venons  d'analyser, 
étaient  plutôt  onéreuses  pour  la  ville.  Il  semble,  au 
contraire,  que  les  Italiens  aient  jugé  qu'elles  ne  satis- 
faisaient qu'à  moitié  leur  scandaleuse  cupidité,  car  bien 
qu'ils  eussent  promis  de  délivrer  au  sujet  de  ces  enga- 
gements un  écrit  scellé  de  leur  sceau,  ils  s'y  refusèrent 
avec  une  mauvaise  foi  toute  méridionale,  dès  qu'ils 
eurent  en  mains  le  privilège  de  la  ville  (i). 

Quant  aux  payements  à  faire,  les  Lombards  n'y 
allèrent  pas  de  meilleur  cœur,  car  les  comptes  de  la  ville, 
de  l'année  1342-1343,  mentionnent  à  diverses  reprises 
des  dépenses  «  vatt  teren  die  si  deden  »  quand  les  délégués 


(i)  Archives  de  la  ville  de  Maunes,  Chronologische  aenwyser,  i852.  Cfr. 
annexe  n°  IV. 


36  LES    LOMBARDS    A    MALINES 

de  la  ville  s'abouchèrent  avec  les  usuriers  pour  les 
amener  à  verser  les  sommes  promises  (i). 

En  même  temps  que  la  ville  concluait  ce  contrat  avec 
la  maison  officielle  d'usure  de  Malines,  elle  demanda 
aussi  de  l'argent  aux  usuriers  Jean  de  Serra,  Guillaume 
Payns  et  à  Georges  de  Calatio  et  Pierre  de  Valle,  qui 
lui  avancèrent  les  uns  et  les  autres  quatre  cents  livres, 
gratuitement,  disent-ils,  par  bienveillance,  sans  aucune 
malice,  usure  ou  condition,  mais  à  la  condition  seulement 
de  rendre  l'argent  à  la  Noël  1346,  sous  peine  de  cinq 
sous  d'amende  par  jour  de  retard. 

Un  contrat  identique,  aux  mêmes  conditions  et  de  la 
même  importance,  fut  encore  conclu  l'année  suivante, 
avec  Jean  de  Serra  et  François  Bildewin,  cette  fois,  pour 
une  somme  de  cent  quatre-vingt  douze  livres,  sous  peine 
de  trente  deniers  par  jour  de  retard.  Ces  amendes  repré- 
sentaient respectivement  un  intérêt  de  vingt-deux  et  de 
trente-trois  pour  cent  (2). 

Nous  ne  pouvons  que  constater  ce  fait  sans  être  à 
même  de  donner  l'explication  d'une  générosité,  que  l'on 
s'attendrait  si  peu  à  rencontrer  chez  les  compatriotes 
d'Obert  de  Monte  Magno. 

Le  privilège  de  la  table  publique  de  prêt  de 
Malines  fut  renouvelé  à  l'expiration  du  premier  octroi, 
soit  en  i55y,  en  faveur  de  Richard  de  Monte  Magno, 
Georges  de  Pomario  et  ses  fils,  Georges  De  Aet, 
Jean  de  Aet,  Manfred,  son  frère,  et  Egide  de  Aet, 
son  neveu,  qui  obtinrent  les  mêmes  faveurs  que  leurs 
prédécesseurs  et,  en  plus,  à  l'expiration  de  leurs  quinze 


(i)  Archives  de  la  ville  de  Malines,  Comptes,  année  i342-;343. 
.  (2)  Archives  de  la  ville  de  Malines,   Chronologische  aenweyser,   années 
J342  et  1343. 


LES    LOMBARDS   A    MALINES  By 

années,  une  année  de  grâce  pour  faire  rentrer  leurs 
créances  (i). 

Les  documents  nous  manquent  sur  le  second  renou- 
vellement de  l'octroi  qui  dut  avoir  lieu  en  1372  et  sur  le 
troisième  en  iSSy.  Lors  du  quatrième,  en  1402,  les 
usuriers,  à  l'exemple  de  ce  qui  se  passait  ailleurs  dans 
le  Brabant,  durent  payer  la  forte  somme  à  la  ville.  Les 
comptes  de  cette  année,  en  effet,  renseignent  une  recette 
de  cent  livres  de  gros  (2). 

Cette  redevance  ne  fut  payée  probablement  qu'une 
fois,  au  renouvellement  même  du  privilège,  du  moins 
les  comptes  ne  portent  pas  de  traces  de  payements 
ultérieurs. 

Lors  de  nouveaux  renouvellements  de  l'octroi,  il  n'en 
fut  plus  de  même. 

Les  tenanciers  de  la  table  de  prêt  furent  alors  astreints 
à  une  redevance  annuelle,  payable  en  deux  termes,  au 
mois  de  mars  et  au  mois  de  septembre.  Barthélémy 
Trabukier  acquitta  de  ce  chef,  en  143 1,  quarante-deux 
livres  et  treize  sols  par  terme. 

Ce  fut  à  ce  Barthélémy  Trabukier  et  à  ses  associés 
que  les  échevins  accordèrent  le  dernier  privilège  qu'il 
leur  fut  permis  d'octroyer. 

Cela  se  passa  en  1454.  Les  Lombards,  à  cette  occasion, 
y  étaient  allés  généreusement  de  leurs  deniers.  Si  géné- 
reusement même,  que  la  chose  offusqua  les  officiers  du 
prince.  Partout  ailleurs,  en  Brabant,  le  duc,  qui,  nous 
l'avons  dit,  était  seul  à  autoriser  l'ouverture  des  tables 
publiques  de  prêt,  trouvait  moyen  par  là  de  se  créer  une 


(i)  Archives  de  la  ville  de  Malines,  Amwysev,  année  iSSy. 

(2)  Archives  de  la  ville  de  Malines,  Comptes,  année  2402-1403.  «  Item 
»  ontfanck  van  de  Lombaerden  gaf  doen  men  haer  privilegiën  verniwet 
»  waren  in  ri  paymenten.  » 


38  LES    LOMBARDS   A    MALINES 

nouvelle  source  de  revenus  dont  l'importance  allait  gran- 
dissante d'année  en  année  (i). 

Bref,  le  procureur-général  contesta  le  droit  de  la  ville 
de  Malines  à  accorder  de  son  propre  chef  ces  octrois,  et 
évoqua  l'affaire  devant  le  Grand  Conseil.  «  A  l'occasion,  » 
est-il  dit  dans  les  lettres  de  pardon  accordées  à  la  ville, 
en  1457,  «  de  ce  que  notre  dit  procureur  maintient  qu'il 
»  était  vrai  que  les  dits  de  Malines,  l'an  mil  quatre  cent 
»  cinquante-quatre  dernièrement  passé,  avaient  de  leur 
»  volonté  indue,  contre  droit  et  sans  notre  su,  congé  et 
»  licence  donnés  et  octroyé  par  leurs  lettres  patentes  à 
»  Barthélémy  Trabekier  et  Jacques  Trabekier,  son  neveu, 
»  Lombards,  pouvoir  et  autorité  de  pouvoir  prêter  à 
»  usure  dans  notre  dite  ville  de  Malines  en  leur  donnant 
»  pour  ce  faire  privilège,  franchise  et  liberté,  promettant 
»  les  garantir  et  défendre  contre  tous  princes,  sans  en 
»  excepter  nous,  ni  autres  quels  qu'il  fussent;  et  ce  sur 
»  certaines  et  grosses  peines  auxquelles  ils  avaient  par 
»  leurs  dites  lettres  obligé  le  dit  commun  corps  de  notre 
»  dite  ville.   En  usant  au  surplus  les  dits  défendeurs  en 


(i)  J.  Laenen,  Usuriers  et  Lombards.  Les  comptes  de  la  recette  des  tables 
de  prêt,  pour  le  xv®  siècle,  sont  conservés  aux  Archives  générales  du 
ROYAUME  à  Bruxelles,  Chambres  des  Comptes,  reg  n"^  24660  et  suivants. 

Les  usuriers  Rasse  et  Guillaume  Asseniers  et  leurs  compagnons,  qui 
tinrent  table  de  prêt  à  Anvers,  de  1406  à  1432.  payaient  annuellement  cent 
francs;  leurs  successeurs,  do,  1432  à  1446,  cent  couronnes  d'or  «  forgiez  à 
Tournay  »,  et  les  usuriers  de  la  même  ville,  en  1454,  cent  cinquante  cou- 
ronnes. Vers  la  même  époque,  de  1415  à  1443,  les  usuriers  de  Bruxelles 
payaient  deux  cent  francs  ;  ceux  de  Herenthals  seize  florins  du  Rhin,  ceux 
de  Lierre  vingt  florins  ;  ceux  de  Louvain  huit  livres  de  vieux  gros,  chaque 
livre  évaluée  à  cinq  couronnes  de  France  ;  ceux  de  Maestricht  sept  livres 
de  vieux  gros  de  Flandre  ;  ceux  de  Nivelles  trois  livres  quatre  sous  de 
vieux  gros;  ceux  de  Tirlemont  cinquante  couronnes  d'or  de  France;  ceux 
de  Vilvorde  vingt  florins  du  Rhin. 

Encore  ne  s'agit-il  là  que  des  redevances  annuelles.  De  multiples  autres 
circonstances,  telles  que  renouvellements  d'octrois  et  joyeux  avènements 
de  princes,  fournissaient,  de  plus,  à  la  fiscalité  des  ducs  de  Bourgogne,  le 
prétexte  à  de  nouvelles  exigences. 


LES    LOMBARDS   A    MALINES  Sq 

»  leurs  dites  lettres  de  tels  termes  et  si  hautes  paroles, 
»  comme  s'ils  fussent  princes  ou  seigneurs  du  pays.  Et 
»  pour  avoir  baillé  le  dit  octroi  et  privilège  et  souffrir 
»  aux  dessus-dits  en  user  avaient  les  dits  défendeurs  pris 
»  et  reçus  des  dits  Barthélémy  et  Jacques  grosses  sommes 
»  de  deniers  et  rentes  annuelles  desquelles  ils  avaient 
»  disposé  à  leur  bon  plaisir...  » 

Tout  cela,  prétendait  le  procureur-général,  constituait 
une  infraction  et  une  offense  aux  droits  et  hauteurs  du 
prince,  et  entraînait  par  le  fait  même,  pour  la  ville,  la 
perte  de  toutes  ses  franchises  et  de  tous  ses  privilèges, 
la  confiscation  de  son  sceau  et  la  mettait  complètement 
entre  les  mains  du  duc,  pour  être  gouvernée  selon  son 
bon  plaisir. 

Le  procureur  réclamait,  en  outre,  une  amende  de  cent 
mille  livres  de  gros,  monnaie  de  Flandre. 

La  ville,  de  son  côté,  avait  envoyé  députation  sur 
députation  au  duc  (i),  et  lui  avait  remontré  que  depuis 
plus  d'un  siècle  elle  se  trouvait  dans  la  paisible  posses- 
sion de  ce  qu'elle  considérait  maintenant  comme  un 
droit. 

Malheureusement  pour  eux,  les  échevins  avaient  à  faire 
à  trop  forte  partie,  et  ils  durent  finir  par  céder.  Ils  pré- 
sentèrent donc  des  excuses  au  duc,  «  remontrant  de  par 
»  la  dite  ville,  que  leur  intention  n'avait  pas  été  et  n'était 
»  de  soutenir  aucun  procès  rigoureux  à  l'encontre  de  nous 
»  (le  duc),  ni  d'attendre  sentence  définitive  ni  rigoureuse, 
»  mais  si  en  ce  que  dit  est  ils  avaient  offensé  et  mes- 
»  prins,  ils  en  requéraient  merci  et  que  de  notre  grâce  le 
»  leur  voulussions  pardonner.  En  nous  offrant  aussi  pour 
«  amende  la  somme  de  mille  livres  de  gros  de  notre 
»  monnaie   de  Flandre,   pour  une  fois,   et  que  le  cens 


(i)  Archives  de  la  ville  de  Malines,  Comf'ùs,  année  1456-1457. 


40  LES    LOMBARDS    A    MALINES 

»  OU  la  rente  annuelle  qu'ils  prenaient  et  recevraient  des 
»  dits  Lombards  usuriers  à  cause  du  dit  octroi  fut  de  ci 
»  en  avant  appliqué  à  notre  profit  et  de  la  quelle  dès 
»  maintenant  ils  se  départaient.  » 

Ce  fut  à  ces  conditions  que  la  ville  obtint  son  pardon. 

Et  les  Lombards,  demandera-t-on  ?  Les  magistrats 
avaient  eu  soin  de  demander  au  duc  l'annulation  de 
leurs  octrois,  comme. radicalement  nuls;  néanmoins,  la 
ville  composa  avec  les  usuriers  et  leur  paya  une  indem- 
nité (i). 

Ce  fut  la  fin  des  usuriers,  que  j'appellerais  communaux, 
ce  ne  fut  pas  celle  de  l'usure  officielle,  car,  plus  tard 
encore,  nous  trouvons  diverses  maisons  de  Lombards 
établies  à  Malines,  de  l'autorité  du  prince  (2). 

L'usure  officielle  n'y  fut  définitivement  supprimée, 
comme  dans  les  autres  villes  des  Pays-Bas,  que  lors  de 
la  fondation  du  Mont-de-Piété.  Celui-ci,  grâce  aux 
encouragements  et  aux  précieux  concours  de  l'archevêque 
Jacques  Boonen,  fut  ouvert  le  28  septembre  1620  (3). 

Joseph  Laenen. 


(i)  Archives  de  la  ville  de  Malines.  Comptes,  année  1471-1472.  «  Item 
»  gegeven  Nycasius  Tzambel  met  Bartholomeus  Trabukier  zyn  zweer, 
»  voir  een  tractaet  met  hun  gemaect,  spruytende  uter  privilegicn  van  de 
»  Lombaerde,  diewelke  die  stad  hunliede  voirmaels  veiieent  hadde  by 
»  overdraghene  van  den  ghemeyne  rade  om  tvorseid  privilégie  te  nyeuten 
»  te  doene  op xxv  Tb  g°- 

(2)  Archives  de  l'Archevêché  de  Malines,  Cameracensia.  Miscellanece,  t.  vu, 
fol.  iio  v°.  Minute  d'une  lettre,  de  l'année  i5o6,  de  l'évêque  Jean  de  Croij 
en  faveur  de  Jean  de  Falletis,  Dimanche  et  Antoine  de  Massetis,  usuriers 
à  Anvers,  Malines  et  Bruxelles,  par  laquelle  l'évêque  ordonne  aux  curés 
de  leurs  paroisses  respectives  de  les  admettre  à  la  fréquentation  des 
sacrements.  —  Cfr.  J.  Laenen,  Usuriers  et  Lombards  dans  le  Brabaitt  au  XV^ 
siècle,  p.  i35  et  documents,  n°  2. 

(3)  De  Decker,  Etudes  historiques  et  critiques  sur  les  Monts-de- Piété  en  Bel- 
gique. Bruxelles,  1844,  p.  89. 


ANNEXES  41 


DOCUMENTS 


Pririlège    des    I^onibards 

I 

1^42,   10  décembre 

Universis  présentes  litteras  inspecturis,  magistri  communitatis, 
scabini,  jurati,  consilium  totaque  communitas  ville  Mechliniensis, 
Cameracensis  diocesis,  veritatis  noticiam  cum  sainte. 

Noverint  univers!  et  singuli  tam  présentes  quam  futuri  quod  nos, 
in  pleno  et  generali  consilio  propter  communem  et  evidentem  nostram 
et  totius  ville  nostre  utilitatem,  more  solito  congregati,  tractatu  et 
deliberatione  diligenti  prehabitis,  dilectos  nostros  Obertinum  de 
Monte  Magno,  Franciscum  et  Jacobum  fratres,  dictos  de  Pomario, 
ejus  nepotes,  Andream  de  Monte  Magno,  Walewannum  et  Gabrielem, 
eius  fratres,  Oberlum,  Deatum,  Johannem  et  Menfredum,  eius  fratres, 
Jacobum  de  Roka,  Symonem  de  Roka  et  Joannem  de  Roka,  lom- 
bardos  mercatores,  eorum  heredes  et  familiam  ac  omnia  ipsorum 
bona  presentia  et  futura  in  nostros  liberos  suscepimus  et  recipimus 
coopidanos  et  in  nostram  salvam  et  securam  protectionem  atque 
custodiam  specialem,  promittentes  ipsos  et  eorum  quemlioet  defendere 
et  tueri  in  dicta  villa  nostra  et  infra  totam  libertatem  eiusdem  sicut 
nostros  coopidanos,  volentes  quod  ipsi  gaudeant  et  uti  debeant 
omnibus  et  singulis  iuribus,  libertatibus  et  consuetudinibus  ipsius 
ville,  quibus  ceteri  nostri  coopidani  utuntur  et  uti  potuerunt,  in  futuro 
termino  quindecim  annorum  ex  nunc  proximo  et  continuo  subséquent! 
durante,  hoc  salvo  quod  fieri  pannos  per  se  aut  per  alium  aut  alios 
non  procurabunt  ullo  modo.Volumus  insuper  et  expresse  consentimus 
quod  ipsi  et  eorum  quilibet  in  dicta  villa  nostra  et  in  tota  libertate 
eiusdem  dicto  durante  termino  possunt  emere,  vendere,  cambire,  pre- 
stare,  eorumque  merchandisias  et  negotiationes  [facere  et  exercera 
cum  (i)]  eorum  denariis,  rébus  atque  bonis  prout  eis  placuerit  et 
videbitur  expedire,  nosque  aut  aliquis  nostrum  propter  huiusmodi 


(i)  Notre  copie  porte  :  faté  et  exète  iù. 


42  LES    LOMBARDS   A    MALINES 


merchaturas,  concessiones,  negotiationes  ab  eis  quicquid  non  petemus 
aut  recipiemus  nec  ipsos  occasionnare  debemus,  non  patiemur  etiam 
quod  aliquis  dominus  aut  persona,  occasione  premissorum,  ab  ipsis 
quicquid  iiabeat  vel  recipiat  ullo  modo;  salvo  tamen  quod  de  quibus- 
cumque  eorum  merchatis,  que  facient  assisias,  solvent  sicut  ceteri 
nostri  solvere  sunt  consueti,  negociatione  vadiorum  ipsis  invadiato- 
ribus  ad  mansionem  ipsorum  pervenientium  seu  apportatorum  spe- 
cialiter  excepta,  sic  quod  inde  nullas  assisias  solvere  tenebuntur;  etiam 
talis  moneta  qualem  mutuando  exposuerint  ipsis  restitui  débet  sive 
reddi.  Preterea  permittimus  quod  scabini  dicte  ville  nostre  qui  pro 
tempore  fucrint,  intererunt  singulis  et  omnibus  conventionibus  et 
contractibus  quas  ipsis  homines  extranei  et  non  intranei  ville 
nostre  promittere  voluerint  singulis  vicibus  quibus  fuerint  requisiti, 
pénis  et  abandonibus  dumtaxat  exceptis;  et  quod  ipsis  dabunt  litteras 
sigillis  ipsorum  scabinorum  sigillatas  secundum  quod  huiusmodi 
conventiones  facte  fuerint  coram  eis;  et  super  hiis  quos  sigillaverint 
mercatoribus  iusticiam  seu  iusticie  complementum  faciemus.  Item  si 
aliqua  bona  furata  aut  maie  acquisita  ipsis  vendita  fuerint  aut  invadiata 
et  hoc  veraciter  perciperetur,  huiusmodi  bona  reddere  non  tenebuntur 
nisi  prius  suo  fuerint  persoluti,  et  super  huiusmodi  bonis  ipsos 
occasione  seu  calangiare  non  poterimus,  nec  calangiari  permittemus 
ullo  modo;  verumtamen  si  aliqua  bona  ipsis  invadiata  per  annum  et 
unum  diem  custodierint  extunc  ea  vendere  potuerunt  et  de  eisdem 
disponere  secundum  sue  libitum  voluntatis,  et  de  hoc  ipsos  quitos 
servabimus  contra  quoscumque;  necnon  de  dicto  termino,  si  necesse 
fuerit,  credendum  erit  unius  ipsorum  merchatorum  seu  famille  simplici 
juramento.  Promittimus  insuper  dictos  merchatores,  eorum  heredes, 
familiam  et  quemlibet  eorumdem  servare,  defendere  et  tueri  in  dicta 
villa  nostra  et  in  tota  libertate  eiusdem,pacifice  et  quiète,  contra  quos- 
cumque dominos  et  personas  ab  eorum  iniuriis,  violentia  et  gravamine. 
Non  permittemus  eciam  ipsos  aut  eorum  aliquem  vel  ipsorum  bona 
ab  aliquo  capi  vel  arrestari  aut  aliquam  custodiam  in  domibus  eorum 
poni.  Etiam  si  de  ipsis  super  aliquo  casu  coram  scabinis  questio 
moveretur,  tenebuntur  dicti  merchatores  se  secundum  ius  et  statuta 
dicte  ville  super  hoc  excusare  et  in  ydiomate  melius  sibi  noto.  Item  si 
guerra  habentur  aut  tallie,scota  vel  excommunicaliones  in  villa  fierint 
de  hiis  predicti  merchatores  facient  et  stabunt  similitudini  ditioris 
opidani  ville  nostre  supradicta.  Non  poterunt  etiam  aUqui  quicumque 
fuerint  in  dicta  villa  aut  in  libertate  eiusdem  pecunia  supra  vadia  aut 
pro  lucro  publice  prestare  durante  termino  supradicto.  Et  si  predicti 
Lombardi  merchatores  aut  eorum  heredes  vel  eorum  aHquis  prêter 


ANNEXES  43 


terminum  dictorum  quindecim  annorum  m  dicta  villa  nostra  perse- 
verare  seu  morari  voluerint,  volumus  et  consentimus  quod  hoc  faciant 
et  utantur  omnibus  iuribus  et  libirtatibus  quibus  ceteri  nostri  coopidani 
gaudent  et  utuntur.  Premisseque  conventiones  omnes  et  singulas  de 
articule  in  articulum  observare  promittimus  et  adimpleri,  in  nuUo 
contrafacere  vel  venire  per  nos,  alium  aut  alios,  aliqua  ratione  vel 
causa,  de  iure  vel  de  facto,  sub  fide  et  iuramento  nostris  corporaliter 
prestitis  et  sub  pena  et  bandimo  mille  librorum  grossorum  turonensium 
antiquorum  bonorum  et  legalium,  quamquidem  penam  pecuniariam 
seu  pecunie  summam,  si  nos  in  defectu  premissorum  aut  alicuius 
eorum  fuerimus,  predicti  merchatores  vel  eorum  heredes  dare  possint 
et  conferre  supra  nos  et  dictam  villam  Machliniensem  ac  universa 
bona  nostra  cuicumque  domino  vel  iudici  voluerint,  ecclesiastico  vel 
seculari,  qui  nos  et  quemlibet  nostrum  cogat  et  cum  effectu  compellat 
ad  observationem  et  satisfactionem  omnium  et  singulorum  premisso- 
rum, preterea  custus  et  expensas  necnon  dampna,  si  quos  facerent  vel 
haberent  occasione  huiusmodi  defectus  nostri,  eisdem  solvere  et 
restituere  promittimus,  una  cum  pena  pecuniaria  supradicta;  de  quibus 
quidem  custibus,  dampnis  et  expensis  stabimus  et  credemus  trium 
ipsorum  merchatorum  aut  heredum  suorum  predictorum  simplici 
iuramento;  —  sub  talibus  eciam  modo  et  forma  :  si  nos  in  aliquo  pre- 
missorum deficere  contigit,  quod  absit,  quod  predicti  merchatores  vel 
eorum  heredes  aut  alter  eorum  seu  familia  huiusmodi  defectum  coram 
magistris  civitatis  et  scabinis  dicte  ville  nostre  manifestabunt  et 
ostendent  seu  facient  ostendi  et  tune  incontinenti  huiusmodi  defectus 
ex  parte  ville  nostre  amoveri  débet  et  mendari,  omnibus  fraude  et 
dolo  pretermissis,  si  vero  huiusmodi  detectus  non  amoverentur  nec 
emendarentur,  volumus  et  consentimus  expresse  quod  predicti  mer- 
catores  ex  tune  vel  eorum  heredes  cum  presentibus  litteris  procèdent 
et  operentur  prout  poterunt  et  tenebuntur,  secundum  formam  et 
tenorem  earumdem.  Insuper  nos  magistri  civitatis,  scabini,  iurati, 
consilium  et  tota  communitas  ville  predicte  nos  ipsos  et  quemlibet 
nostrum  insolidum,  heredes  et  successores  nostros  et  omnia  nostra  ac 
heredum  et  successorum  nostrorum  bona  mobilia  et  immobilia 
presentia  et  futura  ad  arrestandum  et  detinendum  in  omnibus  et 
singulis  dominiis  sive  locis  in  quibus  inveni  poterimus  seu  poterunt 
vel  haberi  usque  in  plenam  satisfactionem  omnium  premissorum 
obligamus  cum  etfectu,  quibuscumque  dominis  et  iudicibus  ecclesias- 
ticis  et  secularibus  ubicumque  locorum  constitutis  tam  presentibus 
quam  futuris  solempniter  et  expresse  supponendo,  renunciantes  in 
premissis  exception!  doli  mali,  privilegio  fori  et  crucis,  omnis  appella- 


44  LES    LOMBARDS    A    MALINES 

tionis  remedio,  omnibusque  litteris,  gratiis  et  indulgentiis  apostolicis 
et  quibuscumque  aliis  impetratis  et  impetrandis,  omnibusque  aliis 
exceptionibus,  cavellationibus,  defensionibus  et  beneficiis  et  omni 
iuris  auxilio  canonici  et  civilis  privilegiato  seu  privilegiando,  quibus 
mediantibus  contra  premissa  posset  aliqualiter  fieri  seu  veniri  et 
specialiter  juri  dicenti  generalem  renunciationem  non  valere.  Et  nos 
magistri  communitatis,  scabini,  jurati,  concilium  totaque  communitas 
ville  Machliniensis  predicte  premissa  omnia  et  singula  de  articule  in 
articulum  in  presentia  nostra  publice  et  manifeste  legi  fecimus  eaque 
a  nobis  ac  heredibus  et  successoribus  no.tris  firmiter  observari 
volumus  et  adimpleri,  sigillumque  communitatis  dicte  ville  nostre 
presentibus  apponi  fecimus  in  testimonium  veritatis  omnium  premis- 
sorum. 

Datum  anno  Domini  m°  ccc°  quadragesimo  secundo,  feria  tercia 
post  festum  Conceptionis  Béate  Marie  Virginis. 

II 
Autre   privilège   des   Lombards 

1)42,   10   décembre 

Universis  présentes  litteras  inspecturis.  Magistri  civitatis,  scabini, 
jurati,  consilium  totaque  communitas  ville  Machliniensis,  Came- 
racensis  diocesis,  veritatis  noticiam  cum  salute.  Notum  facimus 
universis  quod  nos  domnum  Symonem  de  Myrabile,  domnum  de 
Pareweys,  suosque  heredes  cum  ipsius  familia  et  bonis  universis 
presentibus  et  futuris  suscepimus  et  recipimus  in  nostros  liberos 
coopidanos,  in  nostram  salvam  et  securam  protectionem  eo  modo 
quod  ipsum  defendere  debemus  et  tueri  in  dicta  villa  nostra  et  infra 
totam  libertatem  eiusdem  tamquam  nostrum  coopidanum,  termine 
quindecim  annorum  exnunc  primo  et  continue  subsequentium  per- 
durante, promittimus  insuper  bona  fide  ipsum  servare  et  tenere  in 
eisdem  libertatibus  et  conventionibus  quas  Obertino  de  Monte  Magno 
suisque  sociis  dedimus  et  concessimus  et  prout  in  litteris  super  hoc 
confectis,  die  hodierno,  sigillé  ville  nestre  sigillatis,  plenius  centinetur 
et  hoc  servare  et  adimplere  promittimus  sub  eisdem  iuramento  et 
pœna  seu  bandimo  et  ebligatiene  cum  omnibus  suis  cenditionibus 
a  nobis  factis  et  promissis  quantum  et  prout  in  dictis  litteris  lucidius 
sunt  concepte. 


ANNEXES  45 


In  cuius  rei  testimonium  presentibus  litteris  sigillum  communitatis 
ville  Machliniensis  predicte  ducimus  apponendum. 

Datum  anno  Domini  millesimo  ccC""  quadragesimo  secundo  feria 
tercia  post  festum  Conceptionis  Béate  Marie  Virginis. 

III 
RenouTellement   du   privilégie   des   Lrombards 

^357}  4  décembre 

Conventiones  renovate  cuni  Lombardis.  Anno  Domini  millesimo 
QQçmo  quinquagesimo  septimo  feria  secunda  ante  Conceptionem  Béate 
Marie  Virginus  fuerunt  conventiones  inter  villam  Machliniensem  et 
Lomhardos  renovate  cum  aliquibus  clausulis  additis  ultra  primas 
conventiones  quas  villa  Lombardis  olim  tradidit  de  data  m°  ccc° 
quadragesimo  secundo  feria  tercia  post  festum  Conceptionis  Béate 
Marie  Virginis  et  durabit  terminus  de  novo  renovatus  ab  hodierno 
die  usque  ad  festum  Nativitatis  Domini  et  ab  illo  die  inantea  quoad  xv 
annos  sequentes  et  cum  nova  condicione  quod  dicti  Lombardi  eorum 
heredes  et  famille  de  gratia  speciali  unum  annum  integrum  post  dictos 
XV  annos  infra  quem  eorum  débita  requirere  poterunt  observabunt. 
Hec  sunt  nomina  Lombardorum  quibus  nove  conventiones  ex  parte 
ville  sunt  concesse,  videlicet,  Ricardus  de  Monte  Magno,  Georgius  de 
Somario,  eius  filius,  Georgius  de  Aet,  Johannes  de  Aet,  Manfredus 
eius  frater,  Egidius  de  Aet,  eorum  nepos. 

IV 
ConTention  conclue  entre  la  ville  et  les  I^onibards 

IJ42,  10  décembre 

Nos  Gabriel  et  Walewanus  de  Monte  Magno  fratres  et  Jacobus  de 
Roka,  pro  nobis  et  sociis  nostris  ad  domum  Lombardorum  Mechli- 
niensem  pertinentibus,  bona  fide  promittimus  ville  Machliniensi  con- 
cedere  et  mutuare  in  parata  pecunia  xii<=  lib.  grossorum  et  cum  talibus 
terminis,  videlicet  iiii'^  lib.  grossorum  immédiate,  iiii''  lib.  gross.  a 
festo  Omnium  Sanctorum  preterito  usque  ad  aliud  festum  Omnium 
Sanctorum  proximo  venturum  sive  sequens  semper  in  terminis  in 
quibus  dicta  villa  suis  pensionariis  foraneis  secundum  tenorem  suarum 


46  LES    LOMBARDS    A    MALINES 

litterarum  erit  solutura,  residuos  vero  iiiic  lib.  gross.  a  festo  Omnium 
Sanctorum,  quod  erit  anno  Domini  m°  ccc°  xliii,  usque  ad  festum 
Omnium  Sanctorum  deinde  proximo  sequens,  quod  erit  anno 
Domini  m''  ccc°  xliiii,  et  semper  in  terminis  similiter  in  quibus  dicta 
villa  Michliniensis  suis  pensionariis  foraneis,  ut  supra,  erit  pro 
tempore  solutura.  Quamquidem  pecunie  summam  dicta  villa  nobis 
mercatoribus  solvere  promisit  terminis  subsequentibus,  videlicet 
iiii  Ib,  gross.  in  festo  Natalis  Domini  quod  erit  anno  eiusdem  m°  ccc° 
xlvi,  iiii<=  lib.  gross.,  in  festo  Natalis  Domini,  quod  erit  anno  eiusdem 
n."  ccc°  xlvii,  et  ultimas  iiii"^  lib.  gross.  in  festo  Natalis  Domini,  quod 
erit  anno  eiusdem  m°  ccc°  xlviii,  prout  in  litteris  ville  predicte  nobis 
super  dicto  debito  datis  et  magno  sigillo  ville  sigillatis  plenius  conti- 
netur,  item  promittimus  concedere  mutuare,  quotiescumque  fuerimus 
requisiti,  ville  Marhliniensi  et  assisiatoribus  ville,  si  egerint  ratione 
assisie,  sub  certis  pignoribus  mobilibus  et  non  alias,  quamlibet  libram 
pro  denario  in  septimana.  Ceteris  vero  indigentibus  quamlibet  libram 
pro  duobus  denariis  qualibet  septimana,  suis  vadiis  mobilibus  inter- 
venientibus  et  non  alias. 

Insuper  promittimus  quod  nuUum  burgensium  seu  indigenarum  in 
plegium  recipiemus  in  causa  cuiuscumque  extranei  nos  vel  merci- 
monia  nostra  contingente  et  iste  promissiones  fieri  sub  pena  et  obli- 
gationibus  contentis  in  litteris  seu  privilegiis  dictorum  Lombardorum 
superius  conceptis  secundum  quantitatem  summarum  vel  conventio- 
num  predictarum,  prout  concordatum  erat  cum  dicto  Gabriele  feria 
tercia  post  Conceptionem  Béate  Marie  supradicta  [et  promiserunt 
ville  Machliniensi  super  hiis  tradere  litteras  suis  sigillis  sigillatas, 
quas,  habitis  suis  privilegiis,  sigillare  recusaverunt]  (i). 

V 
ConTention  conclue  avec  les  I^ombards 

1^42,  10  décembre 

Universis  présentes  litteras  inspecturis,  magistri  communitatis, 
scabini,  jurati,  consilium  totaque  communitas  ville  Machliniensis, 
Cameracencis  diocesis,  veritatis  noticiam  cum  salute.  Notum  facimus 


(i)  Ces  derniers  mots  ont  probablement  été  ajoutés  par  le  scribe  de  la 
ville,  dans  le  registre,  perdu  aujourd'hui,  où  le  copiste  de  1804  a  relevé  ces 
actes.  Cfr.  p.  32,  note  i. 


ANNEXES  47 


univcsis  tam  presentibus  quam  futuris,  quod  nos  et  quilibet  nostrum 
principaliter  et  insoliJam  tenemur  et  efficaciter  sumus  obligati,  de 
vero  et  iusto  debito  nobis  ad  usus  ville  nostre  necessario  et[abj  eisdem 
in  parata  peciinia  valiter  mutuata,  tradita  et  deliberata,  j^ratis,  cum 
amore,  nulla  interveniente  malicia,  condicione,  vel  usura,  discretis  viri 
Johanni  de  S^rra,  Guillelmo  dicto  Caijnus,  lombardis  merchatoribas, 
in  quaJrinoentis  libris  grossorum  turonensium  régis  Francie  anti- 
quorum,  bonorum  et  legalium,  vel  auri  scuto  dicto  vulgariter  theu- 
tonice  scild  bono  legali  pro  sedecim  denariis  et  obolo  dictorum 
grossorum  turonensium  coraputando  vel  valor  earumdem  in  alio 
bono  et  legali  pagamento.  Quas  quidem  quadragintas  libras  dictorum 
grossorum  turonensium  nos  debitores  prenominati  et  quiiibet  nostrum 
insolidum  promittimus  et  convenimus  bona  fide  solvere  et  restituere 
dictis  merchatoribus  lombardis  seu  latori  presentium  ad  festura 
nativitatis  Domini  Nostri  Jesu  Christi,  quod  erit  anno  eiusdem 
millesimo  ccc™"  quadragesimo  sexto,  et  si  de  dicta  pecunia  termino 
prenominato  persolvenda  defecimus  in  toto  vel  in  parte,  quod  absit, 
promittimus  extunc  et  tenemur  dare  et  solvere  dictis  merchatoribus 
aut  uni  eorum  insolidum  vel  latori  presentium  aut  transscripti  earum- 
dem authenticam  sigillatum,  qualibet  die  huiusmodi  defectu  solutionis 
durante,  nomine  pêne,  quinque  solidas  grossorum  turonensium  pre- 
dictorum  unacum  omnibus  et  singulis  dampnis  et  expensis  et  interesse, 
quas  et  que  fecerint  et  sustinuerint  predicta  pecunie  summa  recu- 

peranda 

Datum  anno  Dni  m°  ccc°  quadragesimo  secundo  feria  tercia  post 
festum  Conceptionis  Béate  Marie  Virginis. 


ÉPISODES 


LA    VIE    MÉDICALE 


D'ANTAN 


1471 


Contrat  ^'H0t?ociation  entre  ^cu]:  cbirnroicnc^ 


;|=^^^  A  consultation  de  nos  anciens  registres  scabi- 


naux   est   le   plus   souvent   intéressante.    Des 

^^H     documents  variés,  dont  la  nature  ne  permet- 

Qvs    tait   pas   toujours  un  classement  spécial,  s'y 


trouvent,  de  ce  fait,  réunis. 

Tout  acte  passé  devant  les  échevins,  que  ce  soit  vente, 
acquisition,  contrat,  partage  ou  tous  les  autres  faits 
devant  avoir  force  de  loi,  y  sont  consignés  au  fur  et  à 
mesure  qu'ils  se  présentent. 

C'est  ainsi  qu'au  4  mai  1471,  nous  y  trouvons  la 
transcription  d'un  contrat  entre  deux  chirurgiens,  maître 


5o  ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 


Jean  Van  den  Broeke  et  maître  Roland  Raduwaerts, 
ayant  pour  but  de  partager  en  commun  les  honoraires 
de  leur  profession. 

Le  texte  est  en  flamand  ;  voici  en  substance  les 
conditions  de  cette  association. 

Les  deux  intéressés  s'engagent  à  partager  les  bénéfices, 
tous  frais  déduits,  du  traitement  des  malades  ou  blessés 
qui  se  seront  adressés  à  l'un  d'eux. 

L'association  est  faite  pour  la  vie,  à  partir  de  la 
St-Jean  1471,  à  moins  que  de  commun  accord  ils  n'en 
réclament  la  dissolution. 

Les  honoraires,  inférieurs  à  4  sous,  seront  aban- 
donnés en  totalité  à  celui  dont  l'intervention  a  été 
réclamée. 

Celui  des  deux  qui  sera  sollicité  par  un  malade  ou 
blessé,  devra,  sous  peine  de  perdre  tous  ses  droits,  en 
prévenir  son  confrère  en  déans  les  trois  jours. 

Maître  Raduwaerts,  investi  des  fonctions  officielles 
de  chirurgien  juré  de  la  ville  et  de  l'hôpital,  s'engage  à 
abandonner,  annuellement,  à  son  associé,  le  tiers  de 
toutes  les  rémunérations  qui  lui  seront  octroyées  par  le 
magistrat.  Dans  ce  partage  ne  sont  pas  compris  le  drap 
pour  vêtement  que  lui  donne  la  ville,  les  jambons  et  le 
saindoux  qu'il  a  l'habitude  de  recevoir  de  l'hôpital.  Par 
contre,  son  associé  devra  lui  céder  le  tiers  de  ses  hono- 
raires chaque  fois  qu'il  sera  appelé  à  assister  un  confrère 
étranger  à  l'association. 

Les  honoraires  reçus  pour  soins  donnés  aux  pestiférés 
ou  aux  personnes  atteintes  d'autres  maladies  contagieuses 
seront  au  bénéfice  exclusif  de  celui  qui  aura  été  appelé 
à  intervenir. 

Il  est  regrettable  que  nous  n'ayions  pu  trouver  la  raison 
de  pareille  association.  On  ne  peut  donc  faire  que  des 


ÉPISODES    DE    LA    VIE    MEDICALE    d'aNTAN  5i 

conjectures,  et  celle  qui  se  présente  à  l'esprit  après  la 
lecture  du  contrat  est  celle-ci  :  maître  Roland  Radu- 
waerts,  investi  des  fonctions  officielles  de  chirurgien  juré 
de  la  ville  et  de  l'hôpital,  était  privé  par  là  de  certaines 
ressources  professionnelles  qu'il  cherchait  à  retrouver 
ainsi  dans  son  association  avec  maître  Jean  Van  den 
Broeke. 

Toutefois,  si  cette  hypothèse  est  la  vraie,  nous 
devrions  nous  étonner  de  n'avoir  pas  rencontré  plus  d'un 
contrat  semblable,  à  moins  que  l'expérience  faite  n'ait 
prouvé  le  peu  d'efficacité  de  cette  union.  Ceci  ne  paraît 
pas  impossible;  en  effet,  maître  Raduwaerts  est  moit 
vers  1473,  les  comptes  communaux  ne  le  mentionnent 
plus  au  service  de  la  ville  après  cette  date,  et  maître 
Jean  Van  den  Broeke,  le  survivant,  ne  refait  plus,  avec 
un  autre,  pareil  contiat.  Pures  hypothèses;  bornons-nous 
donc  à  constater  qu'il  n'est  point  banal  de  rencontrer 
un  document  établissant  ojfLcicllcmait  les  conditions 
d'une  association  professionnelle,  que  nos  mœurs  châtiées 
répudient  aujourd'hui.  Mais  ce  qui  nous  choque  mainte- 
nant devait  souvent  répondre  à  un  besoin  de  ces  temps. 
A  preuve  encore  l'édit,  publié  par  le  magistrat  en  1453, 
défendant  à  quiconque  faisait  partie  de  la  corporation 
des  chirurgiens-barbiers,  de  procéder  à  la  toilette  capil- 
laire de  leurs  clients,  un  dimanche  ou  un  jour  de  fête. 
C'était  la  consécration  officielle  du  repos  dominical,  en 
faveur  duquel  on  a  tant  de  peine  à  légiférer  aujour- 
d'hui. 

Le  contrat  nous  apprend  encore  qu'aux  fonctions 
officielles  de  la  ville  et  de  l'hôpital  étaient  attachés 
certains  bénéfices  qui  sans  doute  feraient  encore  plaisir 
aux  titulaires  d'aujourd'hui. 

Le  document  est  donc  curieux  et  original  à  différents 
points  de  vue;  il  est  aussi,  croyons-nous,  l'unique  de  son 
espèce,  et  ces  titres  justifient  sa  communication. 


52  ÉPISODES    DE    LA   VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 

Reg.    Scabinaux,   n"    91,   f'^   5 

4  Jiiax  14/1 

Item  meester  Jan  Van  den  broeke  alias  in  den  bonten  osse  aen  deen 
zyde  en  meester  Roelant  Raduwaerts  aen  dander  zyde,  cyrurgyns, 
hebben  openbaerlic  voir  ons  gekent  ende  geleden  dat  zy  underlinge, 
ende  met  malcanderen  zelcere  vorwerden  overdragen  ende  gesloten 
hebben,  aengaende  huerer  beyder  pratyken,  van  cyrurgien  naer  inhout 
van  eenen  ced^len  die  z}^  voir  ons  daden  lesen,  ende  dar  aft  dinhout 
ende  teneur  hier  na  volgt,  ende  gescreven  staet  :  In  den  yersten  dat 
meester  Jan  Van  den  broeke  ende  meester  Roelof  Raduwaert  tsamen 
sullen  cureren  ende  meesteren,  aile  zieke  ende  gewonde  persoenen,  die 
hen  oft  eenigen  van  hen  toecomen  sullen  ende  deylen  allen  den 
loon  baten  ende  prouffiten  die  sy  oft  eenich  van  hen  wynnen  zelen, 
half  en  half,  ghildenen  ende  betalene  insgelycx  aile  den  cost  die  daer 
toe  behoiren  sal,  oie  half  en  half.  Item  dat  dese  vorwerden  ingaen 
ende  beghinnen  sullen.  nu  sinte  Jansmisse  naestaende  ende  dueren 
harer  beyder  leven  lang  ten  ware  dat  zy  in  toecomene  tyde  mal- 
canderen hairs  goetsmoetswille  van  de  voirse-vorwerden  verdragen, 
ontslaen  ende  ontlasten  wouden,  maer  gebuerdet  dat  een  van  hen 
beyden  van  de  selve  geselscape  ende  vorwerden  afgaen  woude  ende 
dandere  niet,  soe  sal  de  ghene  die  scheyden  wilt,  moeten  gecregen 
den  goedenmoet  van  sinen  geselle  die  niet  scheyden  en  wille.  Item 
dat  aile  den  loon  die  beneden  vier  stuivers  wesen  sal  alleene  bliven 
ende  toebehoiren  sal  denghenen  die  daer  aff  den  arbeyt  doen  sal.  Item 
soe  wanneer  yemende  van  hen  beyden  eenich  pacient  oft  zieke 
toecomen  sal  dat  die  alsdan  sculdich  sal  syn  sinen  geselle  de  wete 
dair  aft  te  doene  bynnen  drie  dagen  tyts  ten  langsten  ende  oft  eenich 
van  hen  beyden  des  niet  en  daden  soe  sal  hy  dair  aen  verbueren  aile 
de  prouffiten  baten  ende  loon  die  van  dien  paciente  comen  ende 
vallen  zuUen,  sonder  eenich  wederseggen.  Item  soe  wanneer  de 
voirsc.  meester  Jan  Van  den  broecke  van  eenigen  anderen  cyrurgyn  oft 
meester  dan  van  meester  Roelof  sinen  geselle  geroepen  gehaelt  oft 
versocht  wort  te  comene  over  enigen  pacient  dat  hy  dan  gestaen  sal 
metten  derden  penning  van  sinen  loone  meest  Roeloef  sinen  geselle 
te  gevene  sonder  meer,  insgel3'cx  sal  de  voirsc.  meester  Roelof 
sculdich  syn  meester  Janne  voirg.  te  gevene  den  derden  penning  van 
aile  tgene  des  hy  jaerlicx  van  der  stad  wegen  van  Mechelen  opbeuren 
ende  ontfangen  sal  aengaende  sinen  dienste  uutgenomen  van  der 


ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN  53 


stadlakene  vander  hespen  corne  ende  liesen  die  hy  jaerlicx  van  den 
gasthuysen  pleegt  te  hebben  want  dair  inné  en  sal  de  voirsc.  meester 
Jan  niet  sculdich  syn  mede  te  deylen.  Ende  es  oie  vorwerde  dat  elc 
van  hen  beyden  alleene  hebben  ende  behouden  sal  aile  de  baten  ende 
proffiten  die  hy  gecrigen  sal  van  de  pacienten  die  besmet  oft  besiect 
zelen  worden  by  de  geheugene  Goids  van  de  pestelencien  alsoe  verre 
hy  die  alleene  visiteert,  besuect  ende  pynt  te  cuererene  ende  anders 
niet,  sonder  argelist.  Welke  voirg.  vorwerden  gelyc  die  voirsc.  staet 
de  voirsc.  partien  in  beyde  zyden,  ende  elc  van  hem  besunder 
gelooit  hebben,  goet  vast  gestentich  ende  van  weerde  te  houdene, 
ende  dair  niet  tegen  te  doene  nocht  geheugen  gedaen  te  worden  by 
hen  selven  oft  yemende  anders  heymelic  oft  openbaer  onder  eenige 
gesocht  verme  in  eeniger  manieren. 


54  ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 


II 

I  6i  3 

IProccô  entre  mébecin  et  cbinirôien 

Un  petit  dossier,  reposant  aux  archives  communales, 
nous  apprend  que  devant  le  magistrat  de  la  Ville,  a  été 
introduit,  en  i6i3,  une  cause,  dont  les  deux  héros 
étaient  Henri  Coggeman,  médecin,  et  Jean  .Beelaers, 
chirurgien. 

Cette  affaire  fut  retentissante  par  son  objet  qui  dans 
l'occurrence  était  une  maîtresse  gifle  administrée  par  le 
chirurgien  au  médecin. 

Coggeman  expose  son  aventure  à  peu  près  en  ces 
termes  : 

Arrivé  dans  le  pays,  il  y  a  une  trentaine  d'années, 
fuyant,  en  raison  de  ses  convictions  religieuses,  le  sol 
inhospitalier  de  la  Hollande,  il  est  venu  s'établir  à 
Malines  pour  exercer  l'art  de  la  médecine,  qu'il  y  pra- 
tique depuis  en  qualité  de  médecin  juré  ou  pension- 
naire de  la  Ville. 

De  tout  temps  il  s'est  efforcé  de  ne  léser  qui  que  ce 
soit,  ni  par  actes  ni  par  paroles;  au  contraire,  il  s'est 
évertué  à  prodiguer,  tant  de  jour  que  de  nuit,  les  secours 
de  son  art  à  ceux  qui  le  sollicitaient. 

Nonobstant  ces  précédents  à  l'abri  de  tout  reproche, 
il  lui  est  arrivé,  à  la  date  du  3  juin,  vers  g  heures,  alors 
qu'il  faisait  ses  visites,  de  rencontrer  aux  Bailles  de  fer, 
le  défendeur  Beelaers;  celui-ci,  sans  rime  ni  raison, 
s'est  élancé  sur  lui,  sa  main  s'est  abattue  sur  la  joue  du 


ÉPISODES    DE    LA   VIE    MÉDICALE    d'aNTAN  55 


plaignant,  dont  le  chapeau  roula  à  terre.  L'attaque  avait 
été  si  soudaine  et  si  violente  et  le  docteur  en  éprouva 
une  commotion  telle,  qu'il  lui  fallut  une  heure  pour  se 
remettre. 

Non  content  de  s'être  livré  à  ces  voies  de  fait, 
Beelaers  en  accentua  la  signification,  en  déclarant  avoir 
prémédité  son  acte  et  en  se  glorifiant  d'avoir  réalisé  un 
attentat  depuis  longtemps  projeté.  Ce  dont,  au  reste  il 
s'était  vanté  publiquement  depuis  longtemps. 

CoGGEMAN  se  plaint  vivement  de  la  brutale  attaque 
de  son  antagoniste.  Il  estime  ce  procédé  d'autant  plus 
blâmable,  qu'il  est  un  homme  d'âge  (soixante-quatre  ans) 
et  que  rien  dans  son  attitude  ne  justifiait  cette  inquali- 
fiable manière  d'agir,  puisque,  sans  aucune  arrière- 
pensée,  il  s'apprêtait  à  saluer  amicalement  son  trop  vif 
et  peu  endurant  agresseur. 

De  tout  quoi  l'appelant  s'est  montré  fort  marri,  et  il 
l'est  davantage  des  intentions  subséquentes  du  défen- 
deur. Beelaers,  en  effet,  tout  en  ayant  recours  aux 
bons  offices  de  tiers  pour  dissuader  le  plaignant  de 
réclamer  une  juste  réparation  du  dommage  moral  subi, 
se  garde  bien  de  faire  par  lui-même  toute  démarche  en 
vue  de  se  faire  pardonner  sa  grossière  façon  d'agir. 

Bien  plus,  en  présence  de  témoins,  il  n'a  pas  hésité  à 
renchérir  sur  ses  intentions  belliqueuses  et  à  déclarer 
que  le  plaignant  pouvait  s'estimer  heureux  d'en  être 
quitte  à  si  bon  compte,  et  de  n'en  sortir  que  giflé  au  lieu 
d'être  balafré. 

Considérant  l'injure  faite  à  une  personne  de  l'âge  et  de 
la  notoriété  du  plaignant,  dont  les  fonctions  appellent 
l'estime  générale,  puisqu'il  est  toujours  prêt  à  se  sacrifier 
pour  le  soulagement  de  l'humanité  souffrante,  et  d'un 
autre  côté,  la  répentance  nulle  de  l'inculpé,  Coggeman 
demande  : 

Que   Beelaers    soit    cité    à    comparaître    devant    le 


56  ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 

magistrat,  pour  y  demander,  à  genoux,  pardon  à  Dieu 
et  à  la  Justice  pour  le  méfait  commis,  être  condamné 
ensuite,  à  donner,  en  guise  d'amendes,  à  l'autel  des 
SS.  Cosme  et  Damien,  dans  l'église  Ste-Catherine,  a  ccn 
root  armcsyne  altacr  clcet  met  ccn  paer  syde  gordyncn  »,  un 
revêtement  d'autel  en  soie  moirée  rouge,  avec  une  paire 
de  rideaux  de  soie;  et  en  cas  de  récidive,  être  banni  ou 
voué  à  d'autres  peines  arbitraires  ou  capitales. 

L'appelant  laisse  aux  juges  le  soin  de  lui  allouer 
toute  réparation  qu'ils  jugeraient  utile,  pour  le  dédom- 
mager de  l'injure  subie. 

Avec  un  rare  C3^nisme,  Beelaeks,  le  défendeur,  dans  son 
factum,  avoue  le  fait  mis  à  sa  charge,  tout  enjoignant  l'iro- 
nie à  la  justification  de  l'acte  dont  se  plaint  Coggeman. 

Cette  justification  il  la  base  sur  le  tort  fait  par  l'appe- 
lant au  défendeur;  il  lui  a  mis  à  dos  bien  des  clients,  lui 
a  fait  du  tort  dans  sa  profession.  Ce  qui  du  reste  est  bien 
aisé  pour  les  deux  médecins  pratiquant  actuellement  en 
cette  ville,  vis-à-vis  des  nombreux  membres  de  la  cor- 
poration des  chirurgiens. 

Quant  à  la  gifle  qu'on  lui  impute  et  à  la  chute  du 
chapeau  de  Coggeman,  Beelaers  conteste  le  retentis- 
sement de  la  première,  et  il  insinue  que  le  couvre-chef 
du  médecin  a  quitté  sa  place  par  surprise  (mccr  ghe- 
trockcn  als  gheslaeghen),  la  force  et  la  soudaineté  du 
soufflet  ne  pouvant  le  faire  tomber. 

Pour  ce  qui  est  de  la  commotion  éprouvée  par  le 
plaignant,  le  défendeur  s'en  moque  agréablement  et 
n'hésite  pas  à  la  traiter  de  fable  inventée  pour  les  besoins 
de  la  cause,  attendu  que  Coggeman  a  pu  continuer  à 
faire  ses  courses. 

Bref,  Beelaers  estime  qu'il  a  infligé  au  plaignant  une 
correction  méritée,  lui  faisant  ainsi  expier  le  tort  que 
Coggeman  lui  avait  fait  subir  dans  sa  profession,  a3'ant 
du  reste  toujours  honorablement  exercé  celle-ci,  puisque 


ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN  S"] 

ses  confrères  l'ont  appelé  à  différentes  reprises  aux 
fonctions  honorables  de  doyen  de  la  corporation,  et 
qu'ainsi  il  a  pleine  confiance  dans  l'indulgence  des  juges 
qui  pardonneront  l'argument  frappant,  tout  en  déboutant 
la  partie  adverse  de  ses  conclusions. 

Le  conflit,  on  le  voit,  est  des  plus  délicats.  D'une  part, 
le  médecin  Coggeman  (i),  homme  respectable,  âgé  de 
64  ans,  remplissant  les  fonctions  officielles  de  médecin 
juré  de  la  ville  depuis  3o  ans,  est  traité  très  irrévéren- 
cieusement en  public  par  un  chirurgien,  qui,  d'autre 
part,  se  prétend  lésé  dans  ses  intérêts  professionnels  par 
le  médecin.  Il  nous  est  impossible  de  débrouiller  la 
vérité  dans  cette  affaire,  parceque  la  suite  du  procès  et 
surtout  le  jugement  font  défaut  au  dossier. 

Nous  estimons  que  quelqu'  ait  pu  être  le  tort  de 
Coggeman,  l'argument  employé  par  le  chirurgien  pour  se 
défendre  n'est  pas  de  ceux  qui  plaident  en  sa  faveur  et 
qui  prouvent  d'une  façon  péremptoire. 

Si  les  documents  du  dossier  ne  font  qu'exposer  l'af- 
faire, ils  nous  apprennent,  entr'autres  détails  intéres- 
sants, le  nombre  des  médecins  pratiquant  à  Malines  à 
cette  époque,  ils  nous  donnent  quelques  détails  intimes 
sur  les  personnages  et  nous  reflètent  l'état  d'âme  des 
deux  antagonistes.  L'étude  des  mœurs  et  des  rapports 
professionnels  de  cette  époque  peut  aussi  en  tirer  son 
profit. 

Nous  transcrivons  ici  quelques  lignes  de  cette  pro- 
cédure, dont  la  lecture  est  intéressante  par  la  naïveté  de 
l'exposition  et  par  certains  détails  qu'une  analyse  ne 
peut  rendre  avec  leur  originale  saveur. 


(i)  Voir  pour  y  lus  de  détails  sur  Cogge.max,  D""  G.  Van'  Doorslaer, 
Aperçu  historique  sur  In  médecine  et  les  médecins  à  Malines,  Impr.  L.  &  A .  Godenne, 
igzo. 


58  ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 


H.  Coggeman,  médecin,  contre  J.  Beelaers,  chirurgien, 
qui  l'avait  injurié  et  maltraité.  i6i3 

Aensprake  voor  Doctor  Hhnricus  Coggeman  aenlegghere  tegens 
J.w  Beelaers,  barbier  ende  verweerdere. 

1.  De  voorschreven  aenleggere  omme  te  fùnderen  de  conclusie  in 
het  eynde  van  desen  te  nemen  seyt  waerachtich  te  syn  dat  hy  alhier 
te  lande,  nu  geleden  omtrent  dertich  jacren  om  die  religie  vuyt 
hollandt  is  gecomen  en  hem  heeft  begeven  tôt  het  exercitie  van 
médecine  in  quahteyt  van  Doctoor  pensionaris  deser  stede. 

2.  Hebbende  hem  in  't  selve  offitie  en  oock  anderssins  in  zyn 
dagelycxsche  conversatie  zoe  gedraghen  ende  gecomporteert  dat  hy 
verhoopt  dat  nyemandt  van  Inwoonders  deser  stede  hem  van  zynen 
handel  mede  redene  soude  cunnen  oft  moghen  beclaegen. 

3.  Soe  hy  oock  niet  gelaeten  en  heeft  by  daege  ende  by  naechte 
een  yegelvck  van  dese  stede  soe  arme  als  rycke  t  assisteren  naer 
zyn  vermoghen  in  't  gène  daer  inné  zy  des  aenleggers  hulpe  van  doen 
hebben  gehadt. 

4.  Ende  hoewel  dyen  volgcnde  niemande  geoorl-oft  en  was 
d'aenleggere  eenich  gewelt  hinder  oft  ongelyck  te  doen. 

5.  Het  is  nochtans  alsoe  dat  de  voorscreven  verW'  zynde  den 
aenleggere  op  den  derden  Juny  ten  negen  uren  omtrent  de  yseren 
leen  in  't  gemoet  gecommen  zonder  eenige  oorsaecke  ott  occasie  den 
selven  een  caekslach  heeft  gegeven. 

6.  Niet  tegenstaende  dat  de  selve  aenleggere  den  voorscreven 
verweerdere  soe  minnelyck  was  gruetende  sonder  achterdencken  van 
eenich  quaet  als  gaende  om  syn  visite  te  doen. 

7.  Ende  daer  mede  noch  nyet  te  vrcden  zynde  om  den  voorscreven 
aen"^^  zynde  tegenwoordich  een  man  oudt  outrent  vierentsestich 
jaeren  noch  meerder  leet  te  doen  ende  voorder  te  picquerende  heeft 
hy  hem  nyet  vermijt  te  seggen  dit  is  htt  gheen  dat  Ick  lange  in  myn 
sinne  hebbe  gehadt  nu  hebbe  ick  het  volbracht. 

8.  Hebbende  hem  oock  voor  date  van  't  voorscreven  faict  in 
presentie  van  verscheyde  luyden  met  eeren  gevanteert  dat  hy  sulcx 
soude  doen. 

9.  Dies  te  voorscreven  aen'^  soodanige  exorbitante  en  excessive 
injurien  ende  straetschcndcrie  ad  animùm  renocerende  zynen  raedt 


ÉPISODES    DE    LA    VIE    MEDICALE    d'aNTAN  5g 


terstont  last  heeft  gegeven  om  diesaengaende  in  rechte  behoorlicke 
reparatie  te  vervolghen. 

10.  Hoewel  des  aenleggers  begheerte  tôt  noch  toe  niet  en  is 
volcomen  door  dien  dat  de  verw'"'^  dagelycx  d'een  ende  d'andere  was 
opmaeckende  om  met  den  aanleggere  te  veraccorderen  met  presen- 
tatie  dat  hy  hem  over  't  voorscreven  faict  zoude  verghiffenisse  bidden 
ende  andere  reparatie  doen  naer  't  seggen  van  goede  mannen. 

11.  Sonder  dat  hy  nochtans  daer  naer  nae  dese  saecke  eenichssins 
voorder  heeft  omme  gesien  oft  met  d'aenlegghere  in  eenige  commu- 
nicatie  is  ghecomen  meynende  per  avontuer  dat  het  zelve  zyn  faict  in 
een  persoen  van  sulcken  ouderdom  ende  qualiteyt  als  voorscreven  is 
ongestraft  ende  vergeten  soude  blyven. 

12.  Ondertusschen  is  noch  tôt  kennisse  van  aenleggere  gecomen 
dat  de  voorscreven  verweerdere  't  sedert  dat  het  voorscreven  faict 
gecommiteert  is  geweest  in  plaetse  van  leetwesen  hem  nyet  en  heeit 
vermyt  genoechsaem  spottende  met  den  aenleggere  te  verclaeren  in 
presentie  van  verscheyde  getuygen  dat  de  selve  aenleggere  hem 
behoerde  te  bedancken  dat  hy  anders  nyet  ontfangen  en  hadde  dan 
een  simpel  caecksmeet  mits  dat  hy  vermeerdere  van  meyninge  was 
geweest  ende  vastelende  voor  hem  genomen  hadde  hem  een  snee  in 
syn  aensicht  te  geven. 

13.  Synde  aile  tselve  onverdrachelycke  saeken  in  een  goede  ende 
welgereguleerde  republieque  als  es  dese  stadt  Mechelen  ende  bysonder 
gheensins  tollerabel  in  't  regard*  van  sulcken  persoen  wiens  professic; 
is  de  borghers  in  hunne  siecte  dagelycx  t'assisteren  die  oversulcx 
in  aile  securiteyt  en  sonder  eenige  achterdocht  lancx  de  straeten 
behoorde  te  gaen. 

14.  Sulcx  dat  de  voorscreven  aenleggere  tgene  voorsch  es  inne- 
siende  mitsgaders  het  cleyn  leetwesen  dat  de  voorscreven  verw"^^  van 
soodaenich  misuys  is  hebbende  en  oock  beducht  zynde  dat  zoo  verre 
dit  gedissimuleert  werde  hem  naermaels  meerdere  ende  swaerderc 
inconvenienten  mochten  overcomen  gedwongen  is  geweest  zyn 
toevlucht  tôt  de  Justitie  te  nemen. 

Condudeert  ten  eynde  dat  de  voorscreven  V'"'^  gecondempneert  zal 
werden  alhier  in  gebannen  vierschaer  te  compareren  ende  op  zyn 
knyen  Godt  de  justitie  verghiffenis  te  bidden  ende  voorts  tôt  een 
amende  te  geven  aen  Sinte  Cosmas  ende  Damianus  authaer  in  S*'^ 
Catharine  kercke  een  root  armesyne  autaer  cleet  met  een  paer  syde 
gordynen  verbiedende  hem  voorts  aen  den  voorscreven  verweerdere 
oft  nyemandt  anders  soedanich  gewelt  niet  meer  te  doene  op  pêne  van 
bannissement  oft  andere  arbitrale  oft  capitaele  stratHnge.  Vuyterlinc 


6o  ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 


sullen  den  voorsc.  aenleggere  aengewesen  werden  alsulcke  andere 
meerdere  ende  mindere  conclusien  als  myn  Eerw.  heeren  in  recht 
ende  redene  ende  naer  de  gelegentheyt  van  saecke  sullen  bevinden  te 
behooren  maeckende  heysch  van  costen. 


Suplicque  doer  Jan  Beelaers  chirurijyn  verweerdere 

Teghens 
Heer  ende  M'^  Hendrick  Cogman  doctor  in  de  medecynen 

aenleggere 

I 

2.  Hebbende  hem  insgelycks  in  syncn  ampt  deuchdelyck  gedraegen, 
daer  hy  tôt  diversche  reysen  deken  van  den  ambachte  is  gecosen 
geweest. 

3.  Ontkennende  niet  te  min  expresselyck  dat  hy  in  syn  eyghen 
particulier  van  den  aenlegghere  noyt  en  soude  verongelyckt  geweest 
hebben. 

4.  Maar  ter  contrarie  presenteert  die  selve  verweerdere  te  bethoonen 
dat  die  voers.  aenlegghere  hem  doer  opspraecke  ende  misprysinghe 
syne  patienten  ende  necringhe  heeft  ontrocken  waer  van  hem  den 
selven  aenleggere  onder  eedt  niet  en  soude  derren  expurgeren  gelyck 
by  des  verweerdere  antworde  in  den  vyfden  ar''=  geposeert  is. 

5.  Heeft  oversulcx  den  selven  verw''^  teghens  den  aenleggere  min 
misdaen  gehadt  dan  den  aenleggere  van  te  voren  thegen  de  verweer- 
dere. 

6.  Synde  eenen  legelyckx  kennelyck  genoech  hoe  grootelyckx 
eenen  doctor  in  de  medecynen  (want  zy  luttel  in  getal  syn,  ende  nu 
tegenwoerdich  maer  twee  in  dese  stadt  van  Mechelen)  aile  de  chirur- 
gyns  die  menichfuldich  syn  doer  hunne  opspraeke  kunnen  in  hunne 
neeringhe  beschaedighen. 

7 

8 

9.  Sulcx  dat  tôt  dien  eynde  den  voersc.  verweerdere  des  voersc. 
aenleggers  hoet  van  syn  hooft  meer  heeft  afgetrocken  als  affgeslae- 
gen,  gelyck  blyckende  genoech  is  vuyt  die  circonstantien  in  dese 
saecke  te  merken  zynde. 

10.  Als  te  weeten  dat  den  aenleggere  den  zelven  hoet  met  zyne 
handt  noch  zoude  gevat  hebben  eer  dien  ter  ccrde  viel,  het  welcke  by 
hem  niet  ontkendt  en  wordt. 


ÉPISODES    DE    LA   VIE    MEDICALE    D*ANTAN  6l 


II.  Waer  vuyt  oick  wel  te  betooghen  is  het  contrarie  van  de 
vyffde  ar'^  des  aenleggers  aenspraeke,  waer  by  dat  hy  in  den  derden 
ar'^  syns  vrs.  replicque  is  persisterende,  mits  dattet  onmoegelyck 
waere  met  een  simple  kaeksmete  den  hoet  van  iemants  hooft  te 
smyten,  want  niemant  den  hoet  op  de  kaecke  en  draecht. 

12 

13.  Te  meer  dat  den  selven  aenleggere  eene  clyne  saecke  hooche- 
lyck  opnemende  seydt  in  den  zelven  ar''=  wel  een  ure  daer  naer 
geweest  te  hebben  eer  hy  by  zyn  zelven  conste  gecomen  daer  hy 
nochtans  daaromme  niet  gelaeten  en  heeft  voerts  achter  straetelyks 
synen  wech  te  vervolghen,  het  welcke  iemande  van  syn  selven 
wesende  onmoghelyck  waere  te  doene. 

14 

'    38.'.    '.'..'. 

Versoeckende  oversulcx  als  tanderen  tyden  den  aenlegghere  syne 
conclusien  by  myne  Eerw.  heeren  affgewesen  ende  den  verweerdere 
geabsolveert  te  worden  makende  oick  auderwerff  eysch  van  costen. 


02  ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 


III 

1663 

polcmiciuc  flDcMcale 

La  maladie  dont  mourut  le  chevalier  Henri  Florent 
DE  Laurin,  conseiller  et  avocat  fiscal  au  Grand  Conseil 
de  Malines,  fut  la  source  d'une  polémique  médicale  qui 
se  manifesta  à  coups  de  brochures  et  de  libelles  dont  les 
exemplaires  sont  introuvables. 

Deux  de  ceux-ci  sont  signalés  dans  la  bibliographie 
médicale,  publiée  par  le  D'  Broeckx.  Leurs  titres  nous 
renseignent  sur  l'objet  de  la  controverse. 

Le  chevalier  de  Laurin,  mort  en  l'année  1662,  fut 
assisté,  durant  le  cours  de  sa  maladie,  par  plusieurs 
médecins  appelés  en  consultation,  parmi  lesquels  les  deux 
médecins  Malinois  Arnold  d'Ancre  et  Jean  Vroesen. 

Le  premier  était  un  médecin  très  estimé,  même  en  de- 
hors de  Malines,  à  telle  enseigne  que  ses  soins  avaient  été 
réclamés  par  un  colonel,  habitant  la  ville  d'Anvers,  où 
certes  ne  manquaient  pas  de  célébrités  médicales  à  cette 
époque  (i). 

L'autre  médecin  occupait  à  Malines  les  fonctions 
officielles  de  médecin  pensionnaire  de  la  ville,  constituant 
un  poste  de  confiance  (2). 

L'affection  à  laquelle  succomba  le  malade  avait  donné 
lieu  à  de  vives  discussions  entre  confrères.  L'opinion  de 
l'un  diagnostiquant  le  scorbut  fut  combattue  par  l'autre 
qui  conclut  à  l'obstruction. 


(i)  Voir  D""  G.  Van  Doorslaer,  Aperçu  historique  sur  la  médecine  et  les  méde- 
cins à  Malines.  Impr.  L.  &  A.  Godenne,  1900. 
(2)  Id. 


épiSODÈS    DE    LA   VIE    MEDICALE    D*ANTAN  63 

Peu  après  le  décès  du  conseiller,  le  D""  d'Ancre  jugea 
utile,  pour  sauvegarder  sa  réputation  médicale,  d'exposer 
en  un  volume  ses  considérations  sur  le  mal  dont  de 
Laurin  avait  été  atteint;  cet  exposé  portait  comme  titre  : 

«  Concertationes,  consultationes  et  jiidiciamediconim,  demorbo 
amplissimi  D.  D.  de  Laurin  consularii  et  fiscalis  regii  etc. 
Principium  sanationis  escognitio  morbi  yy.  Matines.  1662.  in- 12. 

Cette  publication,  dont  le  titre  annonce  déjà  l'attaque, 
fut  amèrement  critiquée  par  son  confrère  le  D'  J.  Vroe- 
SEN,  dans  une  brochure  de  92  pages,  éditée  à  Malines, 
chez  Robert  Jaye,  au  i^' janvier  i663.  Son  titre  n'est  pas 
moins  combattif. 

«  Xeniiim  calendis  jamiariis  anni  16 63,  auspicibus  dicatum 
d'Ancre  medico-mastigi,  qui  argumeniis  temerario  sensu  con- 
ceptis  amplissimi  viri  ac  DominiD.  H  en  rici  de  Lau  rin  ,  majes- 
tatis  catholicœ  a  consiliis  necnon  in  supremo  senatu  fisci  regii 
advocati;  mânes  e  ruere  ac  vindicare  conatur.  Quorum  argumen- 
torum  rationes  exciitiuntur  ac  refellimtiir  per  Joannem  Vroe- 
sen,  medecinœ  doctorem  et  apud  mechliniensis  archiatriim.  » 

Malgré  des  recherches  à  la  Biblothèque  Royale  de 
Bruxelles  et  dans  d'autres  dépôts  de  livres,  il  nous  a  été 
impossible  de  retrouver  un  exemplaire  de  l'un  ou  l'autre 
de  ces  imprimés. 

Un  de  ces  hasards,  qui  font  le  bonheur  des  chercheurs, 
nous  fit  découvrir  un  jour,  en  bouquinant,  une  impres- 
sion malinoise  de  Jean  Jaye,  relative  à  cette  même 
polémique,  et  qui  est  plus  rarissime  encore,  car  son 
existence  n'est  signalée  dans  la  bibliographie  médicale 
de  Broeckx,  ni  ailleurs. 

La  lecture  de  ce  document  fait  regretter  la  perte  des 
deux  premiers  écrits,  car  de  la  plume  des  polémistes  ne 
semble  pas  avoir  coulé  de  l'eau  de  roses. 

Nous  en  aurons  une  idée  par  l'analyse  du  pamphlet, 
comprenant  i5  pages  en  texte  latin,  publié  par  d'Ancre,  et 
dont  le  titre  occupe  toute  la  première  page  comme  suit  : 


64  ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 


XENIVM    XENIO 

REPOSITVM 

ENC.^NIALE 

Ipiis  Calendis  lulii  Anni  m.  dc.  lxiii.  pro  X'indiciis 

A.    D'ANCRE 

MEDICI   CIVITAl  IS   MECHLINIENSIS 

G.    PLANNAUPST^O 

ITEM   MEDICO 

In  quo  ex  ordine  reprivlentantur 

PASSIONES    SATYRIC^ 

Temerario  lenfu  concepts,  &  vice  iblidorum  Argument,  pofita; 

D.  JOANNE  VROESEN 

MEDICIN^  [ut  fe  inicribit]  DOCTORE 
ATQVE   APVD    MECHLINIENSES    ARCHIATRO 

Ad  rcfellciidani  fiindaiiicntalcm,  ralionc  atque  Aucîovitatc 

fidlani,  ac  vcnvu  opiuioncni  diâi  d'ANC  RE 

DE    MORBO 

Ampliffimi  ac  Nobilillimi  Viri  Domini 

D.     HENRICI     DE    LAVRIN 

Dum  viveret  Conliliarii  atque  Filcalis  Regii  &c. 
Oui  captât  rijus  hominum  famamque  dicacis 

Fingere  qui  non  vif  a  potejl 

Hic  niger  ejl,  hune  tu  Romane  caveto. 

Homines  qui  gejiant,  quique  aufcultant  crimina, 
Si  meo  arbitratu  liceat,  onines  pendeant  : 
Gejlores  linguis,  ,Auditores  auribus. 

Mechliniiç,  Typis   Îoannis  Iaye.   1663. 


ÉPISODES    DE    LA   VIE    MÉDICALE    d'aNTAN  65 

La  traduction  répond  à  peu  près  à  ceci  : 

Présent  assaisonné  fait  en  retour  d'un  présent,  le  jour 
même  des  calendes  de  juillet  i663,  en  faveur  de 
A.  d'Ancre,  médecin  de  la  ville  de  Malines,  par  un 
autre  médecin,  G.  Plannaupsteus,  dans  lequel  sont 
exposées  les  attaques  satiriques  conçues  sans  raison  et 
lancées  en  place  d'arguments  solides  par  Jean  Vroesen, 
docteur  (tel  qu'il  s'intitule)  en  médecine  et  médecin  en 
chef  à  Malines,  pour  réfuter  l'opinion,  appuyée  sur  la 
raison  et  l'autorité  et  conforme  à  la  vérité  du  dit  d'Ancre, 
au  sujet  de  la  mort  du  seigneur  Henri  de  Laurin,  en 
son  vivant  conseiller  et  avocat  fiscal  royal,  etc. 

La  riposte  de  Vroesen  parut  le  i"  janvier  i663,  et 
portait  le  titre  de  Xcnium,  c'est-à-dire  cadeau,  autant 
dire  un  cadeau  de  nouvel  an. 

La  réponse  faite  par  Plannaupsteus,  que  nous  avons 
sous  les  yeux,  porte,  elle  aussi,  le  titre  de  Xenium, 
donc,  chou  pour  chou  ;  et  l'auteur  explique  lui-même  le 
sens  qu'il  entend  donner  à  sa  réponse.  11  ne  s'agit  plus 
ici  d'une  œuvre  calomnieuse,  mais  d'un  présent  encœnialis, 
dont  il  se  servira  dans  les  repas  pour  assaisonner  les 
mets  et  tempérer  le  vin  ! 

Les  quelques  vers  qui  terminent  l'exposé  du  titre 
peuvent  être  traduits  comme  ceci  et  sont  évidemment  à 
l'adresse  de  Vroesen  : 

«  L'homme  qui  court  après  la  gloire  de  faire  rire, 
»  après  la  réputation  de  plaisant,  qui  est  capable  de 
»  supposer  ce  qu'il  n'a  point  vu...,  un  tel  homme  a 
»  l'âme  noire,  c'est  de  lui  qu'il  faut  se  garder.  —  Les 
»  hommes  qui  colportent  les  calomnies  et  ceux  qui  les 
»  écoutent  seraient  pendus,  si  la  chose  dépendait  de 
)>  moi,  les  premiers  par  la  langue,  les  autres  par  les 
»  oreilles.  » 

Au  revers  du  titre  est  décrite  l'image  de  la  calomnie, 
d'après  un  tableau  d'Apelle  :  sur  la  droite  du  tableau 

5 


66  ÉPISODES    DE    LA   VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 

est  assis  un  homme  qui  porte  de  longues  oreilles,  dans 
le  genre  de  celles  du  roi  Midas  :  il  tend  de  loin  la  main 
à  la  Délation  qui  s'avance.  Près  de  lui  se  tiennent  deux 
femmes,  l'Ignorance  et  la  Suspicion.  De  l'autre  côté  on 
voit  la  Délation  approcher  sous  la  forme  d'une  femme 
divinement  belle,  mais  la  figure  enflammée,  agitée  et 
comme  transportée  de  colère  et  de  fureur.  De  la  main 
gauche  elle  tient  une  torche  ardente,  de  l'autre  elle 
traîne  par  les  cheveux  un  jeune  homme  tendant  les 
mains  vers  le  ciel  et  semblant  implorer  les  Dieux.  Elle 
est  précédée  par  un  homme  pâle,  hideux,  au  regard 
pénétrant,  paraissant  amaigri  par  une  longue  maladie. 
C'est  l'Envieux.  Deux  autres  femmes  accompagnent  la 
Délation,  l'encouragent,  arrangent  ses  vêtements  et 
prennent  soin  de  sa  parure,  l'une  est  la  Fourberie  et 
l'autre  la  Perfidie.  Derrière  elles  marche  une  femme  à 
l'extérieur  désolé,  vêtue  d'une  robe  noire  et  déchirée  : 
c'est  la  Repentance  ;  elle  détourne  la  tête,  verse  des 
larmes  et  regarde  avec  une  confusion  extrême  la  Vérité 
qui  vient  à  sa  rencontre. 

C'est  ainsi,  dit  le  texte,  qu'à  l'aide  de  son  pinceau, 
Apelle  représenta  le  danger  auquel  il  avait  échappé. 
Apelle,  en  effet,  avait  été  calomnié  auprès  de  Ptolémée  IV 
Philopator,  comme  complice  de  la  conjuration  tramée 
à  Tyr  par  Théodote.  Il  se  vengea  de  la  délation  par  le 
tableau  décrit  plus  haut. 

A  la  page  3,  le  D'  d'Ancre  s'adresse  au  lecteur  pour 
expliquer  comment  il  se  fait  qu'après  avoir  reçu,  six  mois 
auparavant,  la  critique  de  Vroesen,  il  n'y  avait  point 
répondu. 

«  J'avais  cru  trouver,  dit-il,  une  œuvre  sérieuse  et 
savante,  inspirée  par  la  mienne  et  par  le  souci  de  la 
vérité,  je  ne  vis  qu'un  ouvrage  sans  fond  et  sans 
méthode,  un  ramassis  d'invectives  et  de  sarcasmes,  respi- 
rant la  haine  et  l'envie,  engageant  une  lutte  à  la  façon  des 


ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN  67 

Andabatares,  des  femmes,  des  guêpes,  c'est-à-dire  déme- 
surément pleine  de  fiel.  En  résumé,  dit-il,  on  trouvait  à 
chaque  page  des  charretées  d'invectives,  telles  qu'on 
croirait  sentir  des  ordures  «  meras  merdas  ».  Je  jetai 
le  volume,  et  comme  à  ce  moment  la  servante  entrait 
dans  ma  chambre,  je  lui  dis  de  balayer  cette  ordure  à  la 
rue.  Elle  le  fit  et  poussa  le  libelle  jusque  dans  la  Dyle 
voisine  de  ma  demeure.  Je  le  suivais  des  yeux,  comme 
on  ferait  d'un  cadavre  qu'on  emporte,  et  accompagnait 
son  départ  de  ce  chant  funèbre  qui  me  vint  à  l'esprit  : 

«  xAUez  avec  cette  eau  pure,  vous  à  qui  les  latrines 
sont  le  partage.  Colorez-la,  infectez-la,  les  anguilles 
vous  fuieront,  que  pe: sonne  n'en  brasse  ou  n'}^  pèche. 
Berthe,  prends  garde,  ne  l'emploie  ni  pour  les  verres, 
ni  pour  les  mets.  Le  livre  se  désagrège  et  n'a  plus  de 
résistance,  il  n'y  a  plus  d'obstacles  pour  lui. 

»  Après  avoir  souhaité  tout  le  bien  possible  au  Xeniiun, 
ajoute  d'Ancre,  j'avais  repris  mes  occupations  sérieuses, 
lorsque  six  mois  plus  tard  m'arrivait  un  messager  envoyé 
par  un  médecin  Hollandais  que  je  ne  connaissais  pas. 
Le  messager  m'apportait  une  lettre  en  même  teirips  qu'un 
choix  des  railleries  et  des  calomnies  dont  Vroesen 
m'avait  gratifié.  La  lettre  respire  une  réelle  S3'mpathie 
à  mon  égard,  plaide  ma  cause  et  me  presse  vivement  de 
confondre  mon  adversaire.  Je  fus  alors,  je  l'avoue,  long- 
temps hésitant  à  prendre  une  détermination. 

»  D'une  part,  mon  naturel  me  retenait,  et  je  fus  tenté 
par  ce  passage  de  Juste-Lipse  :  «  Qu'y  a-t-il  de  commun 
entre  moi  et  ces  hommes  inquiets,  dont  l'unique  occu- 
pation est  de  discuter?  ce  n'est  pas  mon  propre  d'agir  à 
la  façon  de  Thyeste.  Et  si  vous  me  faites  répondre  et 
réfuter,  le  débat  sera-t-il  clos?  Ce  serait  plutôt  le  com- 
mencement des  discussions,  et  pour  un  seul  écrit  de  moi, 
il  y  en  aura  trois  en  réponse. 

»  D'autre  part,  l'exhortation  d'un  écrivain  désintéressé 


68  ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 

m'engageait,  joignant  à  cela  la  considération  qu'on  n'est 
pas  réfléchi,  mais  obstiné,  quand  on  n'obéit  pas  à  un 
meilleur  conseil,  qu'il  y  a  un  temps  de  parler  et  un 
temps  de  se  taire.  Devant  Dieu,  la  conscience  nous  suffit, 
mais  devant  les  hommes,  la  bonne  réputation  est  aussi 
nécessaire.  Il  est  inhumain,  celui  qui,  avec  une  conscience 
intacte,  néglige  de  la  défendre. 

»  Après  mûre  réflexion,  je  me  suis  décidé  :  je  ne  ferai 
pas  subir  la  peine  du  talion,  je  me  bornerai  à  montrer 
de  quelles  armes  misérables  on  s'est  injustem.ent  servi 
contre  moi.  Je  commencerai  par  la  lettre  du  médecin 
Hollandais  et  la  ferai  suivre  par  la  liste  des  injures 
choisies.  J'y  ajouterai  les  témoignages  donnés  en  ma 
faveur  par  des  personnages  les  plus  illustres  et  les  plus 
intègres.  Ainsi  s'évanouiront  ces  insultes. 

»  C'est  en  vain  que  les  corneilles  vous  poursuivent 
quand  les  aigles  vous  défendent. 

»  Ne  portez  pas  un  jugement  précipité  avant  d'avoir 
pris  connaissance  de  ma  défense. 

»  A.  D'ANCRE.  » 

Suit  alors,  à  la  page  5,  la  lettre  adressée  à  d'Ancre 
par  son  confrère  Hollandais. 

«  Très  expert  Confrère, 

»  Je  ne  vous  cache  pas  qu'en  voyant  le  libelle  de 
Vroesen,  je  tremblai  pour  vous;  en  effet,  que  de  pro- 
messes magnifiques  en  débutant;  mais  après  examen,  je 
ne  tardai  pas  à  m'apercevoir  que  l'auteur  ne  tenait  pas 
ses  promesses  et  que  l'ouvrage  ne  renferme  rien  qu'un 
médecin  ou  un  honnête  homme  puisse  approuver. 

»  Je  ne  vois  nulle  part  un  argument  pour  prouver  que 
les  symptômes  relevés  par  vous  ne  s'appliquent  point  au 
scorbut.  Nulle  part  non  plus  ce  maître  éminent  ne  pro- 


ÉPISODES    DE    LA   VIE    MEDICALE    d'aNTAN  ÔQ 

nonce  le  nom  de  la  maladie  dont  souffrait  ce  seigneur.  Il 
s'attache  à  un  seul  point,  à  établir,  et  encore  le  fait-il  en 
vain,  qu'ilyaeu desobstructions,  ce  que  je  ne  vois  pas  que 
vous  niez  absolument.  Je  crois  que  vous  vous  contentez 
de  dire,  d'accord  en  cela  avec  Fernel,  que  si  les  obstruc- 
tions se  rencontrent  assez  souvent  dans  les  maladies, 
elles  n'en  sont  pas  la  cause  intime,  et  qu'il  faut  en  cher- 
cher une  plus  générale  et  de  plus  haute  importance,  et 
que  dans  le  cas  du  conseiller  de  Laurin,  vous  l'estimez 
être  le  scorbut  de  forme  maligne. 

»  Je  crois  que  la  source  de  son  humeur  noire  doit  être 
cherchée  dans  ce  fait,  que  vous  avez  qualifié  les  obstruc- 
tions (qu'il  avait  prétextées)  d'asile  d'ignorance  ;  mais  il 
a  tort,  car  même  les  auteurs  qui  enseignent  aux  médecins 
les  pronostics  à  tirer  de  l'inspection  des  urines,  leur 
persuadent  que  quand  ils  ne  peuvent  diagnostiquer  la 
maladie  ou  sa  cause,  ils  disent  (afin  de  ne  pas  paraître 
ignorant)  que  le  malade  souffre  d'obstruction.  Ce  que  fait 
aussi  ce  grand  médecin,  votre  adversaire,  à  l'article  35, 
page  46,  quand  il  dit  que  les  obstructions  sont  cause  de 
toutes  les  maladies,  à  moins  qu'il  ne  dise  des  maladies 
communes,  ou  peu  graves,  ce  qu'on  ne  peut  toutefois 
déduire  du  texte  imprimé  tort  incorrectement,  qui  porte 
a  coMMiuM  »,  Car  dans  ce  cas  il  aurait  dû  prouver  que  la 
maladie  dont  il  s'agit  était  une  affection  peu  sérieuse. 

»  Au  surplus,  il  aurait  dû  prouver  que  le  conseiller 
avait  souffert  d'obstructions,  et  expliquer  comment  des 
symptômes  de  cette  gravité  seraient  apparus  sans  l'exis- 
tence de  scorbut.  Mais  là-dessus  il  fait  silence,  et  dans 
les  bons  mots,  assez  gai,  ici  c'est  un  poisson  muet. 

»  Il  prouve  par  sarcasmes,  rien  par  raison;  or,  si  cette 
méthode  de  discussion  est  la  vraie,  elle  vaincra  aisément 
le  très  grave  Xantippe  ou  tout  autre  homme.  Certains 
médecins  de  Bruxelles,  qui  combattent  votre  manière  de 
voir,  ne  sont  pas  plus  heureux.  Au  contraire,  les  symp- 


70  EPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 

tomes  qu'ils  signalent  dans  le  cas  du  conseiller  nous 
inclinent  fortement  à  penser  qu'il  s'agissait  du  scorbut. 
L'absence  d'autres  S3^mptômes  dont  ils  requièrent  la 
présence  ne  prouve  nullement  le  contraire. 

»  Je  m'arrête  en  vous  engageant  vivement,  quoique 
j'admette  que  vous  soyez  occupé  par  des  études  plus 
utiles,  de  prendre  en  main  votre  cause,  à  y  consacrer 
quelques  moments  de  vos  loisirs  et  à  refréner  l'arrogance 
de  votre  adversaire,  ce  dont  je  ne  doute  pas  en  lisant  la 
lettre  du  7  novembre  1662,  adressée  à  votre  adversaire 
et  insérée  dans  son  Xcniimi. 

»  Quant  à  moi,  piqué  par  l'effronterie  de  cet  homme, 
j'ai  voulu  choisir  et  vous  envoyer  quelques  fleurs  assez 
élégantes  cueillies  dans  un  si  grand  amas  de  calomnies, 
non  pour  en  faire  comme  lui  un  cadeau  calomnieux,  mais 
un  cadeau  d'un  fumet  spécial  [encaenialis|  qui  assaisonne 
de  sa  vertu  assez  amère  votre  vin  et  vos  mets. 

«  Ce  qui  nuit,  instruit,  pour  que  vous  ne  vous  glori- 
fiez pas  de  la  science  qui  vous  a  été  donnée  par  Dieu; 
souvenez-vous  que  vous  êtes  de  l'espèce  humaine  dont  le 
sort  dépend  de  la  langue,  comme  il  est  écrit  dans  «  Les 
Proverbes  »,  chap.  18.  La  mort  et  la  vie  sont  soumis  à  la 
langue. 

))  Je  vous  conseille  de  vous  dispenser  d'insultes  et  de 
vous  occuper  seulement  à  affermir  votre  opinion,  et  de 
la  venger  des  insultes  des  gens  masqués. 

»  Portez-vous  bien  et  aimez  celui  qui  vous  aime  quoi- 
qu'inconnu.  Je  suis,  en  effet, 

Très  expert  maître, 

»  Le  Vôtre  de  cœur. 

»  G.  Plannaupsteus,   Médecin 

d'une  ville  de  Hollande. 

»  le  I  mai  i663.  » 


EPISODES    DE    LA   VIE    MEDICALE    DAN  TAN  7I 


A  cette  lettre  suit,  aux  pages  8,  g  et  lo,  le  choix 
d'injures  recueillies  dans  le  Xenitim  de  Vroesen  : 

Choix  des  plus  remarquables  railleries,  calomnies, 
etc.,  que  Jean  Vroesen,  médecin  de  la  ville  de  Malines, 
dirige  contre  A.  d'Ancre,  dans  le  libelle  qu'il  a  intitulé 
Xenium,  imprimé  à  Malines  le  i"  janvier  i663,  typogra- 
phie de  Robert  Jaye. 

Dans  la  préface,  page  i8.  Il  appelle  d'Ancre  un  ignorant, 
etc.,  ne  connaissant  ni  les  principes,  ni  les  termes  de  son 
art,  et  qui,  ne  s'inclinant  devant  aucun  raisonnement,  ni 
devant  les  préceptes  de  son  art,  s'entête  dans  son  erreur. 

Page  20,  art.  i  de  la  réponse.  Il  écrit  que  ses  adversaires 
(mot  qu'il  sous-entend)  engagent  un  combat  où  les  futili- 
tés le  disputent  au  mensonge  et  l'ignorance  à  l'arrogance. 

Page  28,  art.  8.  Il  dit  que  d'Ancre,  dans  des  consul- 
tations qui  eurent  lieu  à  Bruxelles,  débita  des  choses  si 
absurdes,  si  inconsidérées,  si  insensées,  que  les  médecins 
de  Bruxelles  en  éclatèrent  de  rire. 

Page  26,  art.  g.  Qu'on  n'eut  aucune  confiance  en  son 
inepte  conseil,  à  cause  des  idées  insensées  qu'il  rêvait  de 
faire  adopter  par  le  malade  et  les  médecins. 

Page  28,  art.  12.  Qu'on  n'eut  jamais  une  si  grande 
confiance  en  lui  que  de  mettre  en  application  un  remède 
conseillé  par  lui.  Il  le  compare  à  un  laurier  insensé. 

Page  28,  art.  i3.  Il  affirme  que  ses  paroles  ne  découlent 
pas  de  la  vérité,  mais  par  un  défaut  toujours  renouvelé 
d'un  cerveau  malade. 

Page  3o,  art.  16.  Que  son  arrogance  et  son  ignorance 
crasse  furent  la  cause  de  son  exclusion  de  la  consultation  ; 
qu'aucun  des  médecins  présents  ne  se  retirât,  fatigué 
d'entendre  ses  inepties. 

Page  3i,  art.  ij.  Il  l'engage  à  s'en  aller  enseigner  sa 
fausse  doctrine  aux  Saramentes,  aux  Indiens  et  aux 
peuples  que  ne  gouverne  ni  la  raison,  ni  la  science. 


72  ÉPISODES    DE    LA   VIE    MÉDICALE   d'aNTAN 

Il  écrit,  qu'il  ne  manque  de  preuve  de  son  incapacité, 
qu'il  a  donné  des  preuves  patentes  à  sa  famille,  à  ses 
amis  et  à  tous  les  médecins. 

Page  36,  art.  23.  Qu'il  n'a  pu  invoquer  l'ouvrage  de 
d'Ancre,  à  cause  de  son  insignifiance. 

Page  3-;,  art.  24.  Ses  paroles,  dit-il,  font  apprécier  l'art 
médical  sous  un  mauvais  jour. 

Page  40,  art.  3o.  Qu'il  ne  possède  pas  une  puissance 
intellectuelle  telle  qu'il  ait  pu  avancer  quelque  chose 
dans  les  consultations  qui  soit  appuyé  sur  de  sérieux 
fondements,  encore  moins  qu'il  ait  pu  donner  un  avis 
prépondérant  (il  en  appelle  tous  les  médecins  à  témoin). 

Page  41,  art.  32.  Que  jamais  il  ne  s'est  trouvé  au 
premier  rang  dans  le  temple  d'Esculape. 

Page  48,  art.  38.  Il  le  traite  de  hibou  de  l'erreur. 

Page  5o,  art.  3g.  Il  demande  à  sa  philosophie  stupide 
de  respecter  les  mânes  d'Aristote. 

Page  Sj,  art.  41.  Que  ses  oreilles  ont  chaud  du  bruit 
fréquent  de  ses  inepties. 

Que  sa  manière  de  voir  est  absolument  fausse  et 
contraire  à  la  raison  et  à  l'autorité. 

Page  66,  art.  44.  Que  son  écrit  contient  presque  autant 
de  mensonges  que  de  lignes. 

Il  l'appelle  un  vagabond. 

Page  61,  art.  44.  Il  affirme  que  ces  inepties  ont 
provoqué  des  nausées  au  Docteur  Verspecken  de  Lierre. 

Page  63,  art.  4g.  Il  le  croit  fou. 

Il  le  conjure  de  s'en  aller  avec  ses  monstres  fanatiques 
et  de  mettre  un  frein  à  sa  sagesse  folle. 

Page  66,  art.  So.  Il  lui  reproche  d'ignorer  ce  qui  ne 
l'est  pas  des  barbiers  et  des  tisserands. 

Page  68,  art.  S3.  Il  calomnie  publiquement  Paracelse, 
le  traite  de  mauvais  médecin  et  Van  Helmont  de  génie 
contrefait. 

Page  68,  art.   S4.   Il  appelle  les  remèdes  de   d'Ancre 


ÉPISODES    DE    LA   VIE    MÉDICALE    d'aNTAN  78 

insensés,  sa  promesse  fausse,  et  considère  ses  écrits 
comme  de  ceux  qu'on  ne  condamme  qu'avec  l'entier 
assentiment  des  lecteurs. 

Page  66,  art.  55.  Il  lui  semble  qu'il  lui  reste  à  peine  le 
temps  de  bien  polir  son  esprit. 

Fage  jo,  art.  5j.  Il  appelle  à  témoins,  grammairiens, 
rhéteurs,  logiciens  et  médecins,  de  la  façon  misérable 
dont  il  est,  par  son  ignorance,  battu  partout.  Tous  regret- 
teront la  perte  du  papier  blanc  souillé  par  un  remède  si 
sot  et  si  sordide. 

Page  ji,  art.  5-].  Il  l'apostrophe  dans  les  termes 
suivants  :  «  si  tu  scrutes  ton  cerveau,  et  que  tu  répètes  les 
éléments  de  la  médecine,  tu  t'apercevras  comme  tu  es 
petit,  et  loin  de  la  vraie  connaissance  des  maladies  ». 

Page  ji,  art.  58.  Faisant  allusion  à  la  majuscule  A  qui 
précède  le  nom  d'Ancre,  à  plusieurs  reprises  il  donne  à 
cette  lettre  le  sens  d'Acesias  (mauvais  médecin). 

Pages  j5  à  85.  Il  répond  à  la  lettre  lui  adressée  le 
7  novembre  1662,  par  d'Ancre,  le  fouet  des  médecins, 
(comme  il  écrit). 

Toute  cette  réponse  est  calomnieuse,  elle  est  la  répé- 
tition et  le  résumé  des  précédentes  insultes  et  l'éclosion 
de  nouvelles.  Même  on  y  rencontre  des  injures  tellement 
graves  et  énormes,  que  je  ne  crois  pas  qu'elles  puissent 
être  lues  sans  indignation  par  les  gens  honnêtes  et  paci- 
fiques et  encore  moins  par  des  gens  en  colère  et  passionnés. 
C'est  pourquoi  je  n'en  ai  rien  voulu  reproduire. 

Page  86.  Là  figure  le  témoignage  de  trois  médecins 
Bruxellois.  Ceux-ci  écrivent  (p.  8g)  qu'ayant  appris  que 
d'Ancre  était  imbu  de  principes  erronés,  hémophobe,  et 
éloigné  de  la  vraie  méthode  de  guérir,  ne  l'ont  admis  à  la 
consultation  qu'à  la  prière  expresse  du  malade,  et  qu'ils 
ont  non  seulement  rejeté  son  opinion,  disant  que  tous  les 
symptômes  se  rapportaient  au  scorbut,  mais  l'ont  consi- 
dérée comme  ridicule,  donnée  sans  jugement  et  raison. 


74  ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 

A  cette  longue  énumération,  suivent,  à  la  page  ii, 
quelques  considérations  émises  par  d'Ancre  lui-même 
sur  l'envie,  la  jalousie  et  la  calomnie. 

Qui,  quod  vult  dicit, 
Quod  non  vult  audiet. 

(Celui  qui  dit  tout  ce  qui  lui  passe  par  la  tête,  entendra 
des  choses  qui  ne  lui  plairont  guère.) 

Celui  qui  ne  cesse  de  dire  du  mal  d'autrui  montre  par 
là  qu'il  mérite  qu'on  dise  de  lui  ce  qu'il  dit  des  autres. 
L'envieux  et  le  jaloux  sont  les  ennemis  et  les  adversaires 
de  tout  le  monde.  Ils  ne  souffrent  point  que  quelqu'un 
soit  plus  considéré  qu'eux.  Ils  poursuivent  les  hommes 
de  bien  et  ceux  qu'entoure  l'estime  publique.  Ils  blâment 
tous  ceux  qui  mènent  une  vie  honorable. 

Celui  qui  dans  le  titre  de  son  Xeniiim  calomnieux 
appelle  son  confrère  mcdicomastyx,  c'est-à-dire  (fouet  des 
médecins),  ne  montre-t-il  point  trop  clairement  à  chaque 
page  de  son  libelle  qu'il  est  réellement  tel  lui-même?  A 
notre  époque,  la  calomnie  et  l'envie  se  sont  partout 
répandues,  et  le  nombre  des  dangereux  oisifs,  censeurs  et 
zoïles  est  plus  nombreux  que  jadis  celui  des  mouches  en 
un  jour  d'été.  Mais  forçons,  ajoute-t-il,  les  grenouilles 
qui  coassent  et  les  pies  qui  jacassent,  à  se  taire. 

A  cette  même  page  vient  une  déclaration  signée  de  deux 
professeurs  de  l'Université  de  Louvain.  Elle  est  jointe 
là  sans  doute  pour  détruire  l'effet  de  la  déclaration  des 
trois  médecins  Bruxellois  : 

«  Nous  soussignés  attestons  que  le  très  expert  Arnold 
d'Ancre  a  obtenu  sa  licence  à  l'Université  de  Louvain  il 
y  a  de  nombreuses  années,  que  pendant  tout  le  temps 
qu'il  a  passé  à  Louvain,  il  a  vécu  en  honnête  homme 
et  sans  avoir  de  différend  avec  personne,  qu'après  avoir 
terminé  ses  études  de  philosophie  (dans  lesquelles  il  s'est 
placé    au    i'^'  r^ing),    il    s'est   appliqué    à    l'étude    de    la 


ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN  yS 

médecine.  Il  3^  fit  de  tels  progrès,  qu'il  rivalisa  avec  ses 
compagnons  par  son  amour  du  travail  et  son  intelligence, 
et  se  distingua.  Nous  savons  que  dans  l'excercice  de  son 
art,  en  différents  endroits,  il  sut  se  faire  agréer,  qu'il 
l'emporta  sur  d'autres  par  son  activité  et  la  sûreté  de  son 
jugement,  surtout  dans  les  cas  de  maladies  très  graves. 
C'est  pourquoi,  si  nous  pouvons  être  agréables  à  cet 
homme  de  mérite  en  le  recommandant,  nous  sommes 
certains  de  mériter  la  reconnaissance  de  ceux  qui  le 
recueilleront  parmi  eux.  Donné  à  Louvain,  le  2g  no- 
vembre i658.  » 

Etait  signé 

V.  F.  Plempius  Med.  Doct.  et  Prof.  Prim. 

Item 
P.   DoRLix   Medicinse   Doctor  et   Professor 
Primarius,  pro  tempore  Prior. 

Revêtu  du  grand  sceau  sur  cire  rouge,  de  la  Faculté  de 
Médecine  de  l'Université  de  Louvain. 

A  la  page  i3,  l'auteur  A.  d'Ancre  présente,  sous  forme 
de  Jociis,  jeu  d'esprit,  des  considérations  sur  les  calomnies 
de  Vroesen. 

«  On  peut  voir,  dit-il,  par  l'exposé  de  toutes  ces  injures, 
combien  Galien,  s'il  était  présent,  aurait  raison  d'ordon- 
ner une  saignée.  Même  Paracelse  et  Van  Helmont, 
d'habitude  sobres  dans  l'effusion  de  sang,  n'hésiteraient 
pas  en  présence  d'une  aussi  vive  effervescence  de  bile. 

»  Et  si  le  patient  s'y  refusait,  peut-être  pourrait-on  le 
guérir  sans  le  saigner  en  faisant  disparaître  la  cause  des 
symptômes  relevés  chez  lui.  Car,  ablata  causa,  l'effet  doit 
nécessairement  disparaître.  Or,  la  cause  est  sans  aucun 
doute  l'Envie,  qui  est  aussi  une  maladie, 

»  Comment  la  supprimer? 

»  Hic,  labor,  hoc  opus  est!  » 


76  ÉPISODES    DE    LA    VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 

«  Pendant  que  j'y  pensais,  écrit  d'Ancre,  des  habitants 
de  Meirhout  et  des  seigneurs  Cadetti,  se  souvenant  du 
titre  dont  le  malade  (Vroesen)  les  honora  à  l'art.  5  et 
d'autres  dans  le  Xcniitm  qu'il  édita,  m'ont  tiré  d'embarras, 
en  m'envo3''ant  une  prescription  d'Esope  : 

»  Une  grenouille  quittant  ses  marais  fétides,  parcourait 
les  forêts  et,  confiante  dans  sa  langue  bavarde,  prati- 
quait la  médecine  parmi  les  bêtes  sauvages.  Elle  n'était, 
disait-elle,  inférieure  ni  à  Hippocrate,  ni  à  Galien,  ni 
même  à  Paracelse,  ni  à  Van  Helmont,  dont  elle  trai- 
tait l'un  d'esprit  contrefait  et  l'autre  de  mauvais  médecin. 
Elle  avait  appris  la  médecine  dans  la  cabale  des  Rabbins 
chez  les  Juifs,  des  descendants  d'Avicenne,  et  d'Haly- 
Abba,  et  chez  les  Arabes,  des  petits-fils  d'HERMES  trois 
fois  grand  chez  les  Egyptiens,  des  mscriptions  de  la 
table  d'éméraude  d'avant  le  déluge,  et  disait  qu'elle  pos- 
sédait à  fond  la  doctrine  cachée  des  pythagoriciens.  Les 
autres  l'écoutaient,  avec  confiance,  lorsque  le  renard  plus 
fin  se  joua  d'elle  :  regardant  sa  face  pâle,  étiolée,  il  lui  dit: 
Domine  Medice  cura  te  ipsum.  Seigneur  médecin,  guéris-toi 
toi-même. 

»  Pour  le  cas  où  cette  prescription  ne  guérirait  pas  le 
malade,  afin  que  l'affection  ne  devienne  désespérée,  ils 
promettent  encore  d'autres  ordonnances. 

»  En  outre,  les  médecins  de  toute  la  Campine  promettent 
leur  assistance  et  leur  dévouement,  soucieux  qu'ils  sont 
de  la  santé  de  l'archiatre.  d'Ancre  ajoute  ensuite  qu'il 
survint  encore  un  autre  qui  a  rédigé  l'ordonnance 
suivante  :  à  la  veille  de  la  canicule  et  par  mesure  de  sage 
précaution  pour  que  le  malade  ne  retombe  pas  prochai- 
nement dans  un  nouvel  accès,  il  prescrit  : 

R.       Eau  de  pompe  8  livres. 

Eau  de  neige  dist.  2  livres. 

Glace  d'hiver  conservée  6  onces, 
vél.  Q.  S.  M.  F.  Julep. 


EPISODES    DE    LA   VIE    MEDICALE    d'aNTAN  77 

»  Qu'il  en  boive  à  ses  repas  et  pendant  toute  la  canicule 
jusqu'à  satiété.  » 

Le  pamphlet  finit  à  la  page  i5  par  quelques  vers 
flamands,  par  lesquels,  dit  d'Ancre,  un  poète  flamand 
s'avisa  de  rapprocher  les  noms  des  deux  adversaires,  et 
cela  en  réponse  à  l'allusion  faite  par  Vroesen  dans  son 
opuscule  à  la  page  71,  art.  58,  à  la  lettre  A  qui  précède  le 
nom  de  d'ignoré,  l'interprétant  toujours  comme  Acésias 
(mauvais  médecin). 

DEn  zeeverenden  Vors  die  niet  en  kan  als  queken, 
Heeft  onlancx  hem  verftout  den  Ancker  uytte  breken, 
Hy  fpoude  tegen  hem  feer  leelijck  fijn  venyn  : 
Maer  wat  hy  deed'  oft  niet,  't  wou  even-wel  niet  zijn. 
Den  Ancker  ftaat  te  vaft,  en  vreeft  voor  geen  tempeeften  : 
Veel  minder  eenen  Vors,  den  llechften  vande  beeften. 
Die  fijn  vvooningh  hout  in't  flinckende  moras  : 
Oft  ergens  in  een  beeck,  oft  in  het  mottich  gras. 
Dit  paft  op  Vrosen  vvel,  mits  men  maer  vvil  her-ftellen  : 
De  letter  R,  naer  d'O;  dan  falmen  Vorsen  fpellen. 

Al  nempt  hy  noch  tôt  help  dry  geeften  hem  ghelijck 
Den  Ancker  niet  en  svvicht,  den  Vors  hem  berght  in't  slyck. 

Puis  un  verset  de  l'Apocalypse  16. 

a  Et  je  vis  de  la  bouche  du  faux  prophète  sortir  trois 
esprits  immondes  sous  forme  de  grenouilles.  » 

Enfin,  il  finit  par  un  mélange  de  vers  latins  et  de 
vers  allemands,  adressés  à  l'homme  masqué,  et  qu'on 
peut  traduire  par  ces  mots  : 

Tu  ris  de  moi,  je  ris  davantage  de  toi. 

Tu  me  méprises,  je  te  méprise  bien  plus. 
Toi  qui  méprises,  ne  seras-tu  pas  à  ton  tour  méprisé? 
Quand  de  lassitude  tu  aura  cessé  de  mépriser, 

Tu  continueras  à  être  méprisé. 


78  ÉPISODES    DE    LA   VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 


Ici  finit,  à  notre  connaissance,  cette  polémique  médi- 
cale, dont  nous  n'avons  eu  sous  les  yeux  que  la  partie 
épique  et  non  scientifique. 

Il  est  difficile  de  discerner,  par  ce  qui  nous  a  été 
donné  d'analyser,  de  quel  côté  se  trouve  la  vérité,  de  quel 
côté  se  trouve  le  calomniateur. 

D'après  les  déductions  possibles,  le  chevalier  de 
Laurin,  malade,  était  soigné  d'une  part  par  le  D'  d'Ancre, 
qui  semble  avoir  eu  la  confiance  du  malade,  d'autre  part 
par  le  D'  Vroesen  et  trois  médecins  de  Bruxelles. 
D'après  le  premier,  l'affection  dont  souffrait  le  seigneur 
était  le  scorbut  ;  les  autres  le  niaient  et  \^ovaicnt  dans 
tous  les  symptômes  la  caractéristique  d'une  obstruction. 
On  dirait,  à  première  vue,  que  la  vérité  doit  se  trouver 
du  côté  du  plus  grand  nombre,  mais  aussi  faudrait-il 
connaître  ceux-ci.  Les  médecins  Bruxellois  nous  sont 
totalement  inconnus.  V^roesen  occupait  à  Malines  les 
fonctions  de  médecin  juré  de  la  ville,  poste  auquel  il 
fut  appelé  en  i65o.  La  considération  attachée  à  cet 
office  était  grande,  et  donnait  à  ceux  qui  l'occupaient 
un  relief,  que  n'avait  pas  dédaigné  Rembert  Dodcens 
en  son  temps.  Ils  étaient  deux  médecins  jurés  de  la 
ville  au  moment  de  la  discussion,  mais  le  second  titu- 
laire n'était  pas  d'Ancre,  c'était  le  confrère  Servaes  (i). 
Faut-il  en  déduire  que  d'Ancre  n'avait  pas  la  consi- 
dération nécessaire  pour  occuper  ce  poste?  Rien  ne  nous 
permet  pareille  hypothèse,  son  séjour  à  Malines  ne  nous 
est  pas  connu  avant  1662.  Il  pouvait  donc  ne  pas  avoir 
été  à  Malines  avant  la  nomination  de  ses  deux  con- 
frères. Vroesen  mourut  en  1668  et  Servaes  en  1672, 
et  de  d'Ancre  nous  ne  trouvons  plus  trace  à  Malines 
après  1667.  On  peut  se  demander  s'il   a  eu   l'occasion 


(i)  Voir  D''  G.  Van  Doorslaer,    Aperçu  historique   sur  la  médecine   et  les 
médecins  à  Malines. 


ÉPISODES    DE    LA   VIE    MÉDICALE    d'aNTAN  79 

de  solliciter  ce  poste?  L'absence  du  titre  pour  d'Ancre 
ne  prouve  donc  rien  contre  lui".  Nous  savons  encore 
que  d'Ancre  avait  été  appelé  à  Anvers,  en  1667,  pour 
soigner  un  colonel;  il  y  eut  même  à  cette  occasion  un 
conflit  à  propos  d'honoraires.  Le  fait  d'être  appelé  à 
cette  époque  dans  une  ville  étrangère  plus  importante 
que  Malines,  puis  surtout  le  texte  du  certificat  délivré 
par  les  deux  professeurs  de  Louvain,  semblent  cepen- 
dant donner  quelque  relief  à  d'Ancre. 

Nous  avons  donc  à  faire  ici  à  deux  confrères  ayant 
de  la  considération,  mais  dont  l'étoile  de  l'un  éclipsait 
probablement  celle  de  l'autre.  D'où  l'envie;  cela  semble 
du  reste  ressortir  clairement  du  document  analysé. 

Quel  est  maintenant  ce  médecin  Hollandais,  qui  vient 
ainsi  incognito  donner  un  coup  d'épaule  à  son  confrère 
Malinois?  Ce  nom  inconnu  en  Hollande  est,  à  notre 
avis,  un  nom  de  guerre,  sinon  d'Ancre  l'aurait  bien 
connu  ou  se  serait  bien  efforcé  de  le  connaître.  Mais 
pourquoi  garder  cet  anonymat?  S'il  voulait  rendre  ser- 
vice à  son  malheureux  ami,  il  aurait  mieux  réussi  en  se 
montrant  au  grand  jour.  Mais  cet  anonymat  ne  cache-t-il 
pas  plutôt  un  intéressé,  c'est-à-dire  d'Ancre  lui-même? 
Cela  nous  parait  même  assez  probable. 

Quant  à  l'affection  même  dont  souffrait  et  dont  est 
mort  de  Laurin,  elle  aurait  été  le  scorbut,  d'après 
d'Ancre,  une  simple  obstruction  d'après  Vroesen.  La 
discussion  nous  apparaît  assez  étrange  au  sujet  d'une 
maladie  comme  le  scorbut,  ayant  des  symptômes  bien 
définis  et  bien  connus  déjà  depuis  un  siècle  avant  cette 
époque.  Notre  concitoyen,  le  savant  Dodoens,  en  avait 
donné  une  description  magistrale  en  i556,  à  l'occasion 
d'une  épidémie.  Il  faut  croire,  si  c'était  le  scorbut, 
qu'on  ait  eu  à  faire,  comme  cela  arrive  fréquemment 
dans  tout  genre  de  maladie,  à  une  affection  fruste,  et 
comme  le  scorbut  est  accompagné  de  constipation,   il 


8o  ÉPISODES    DE    LA   VIE    MÉDICALE    d'aNTAN 

se  peut  que  d'Ancre  ait  eu  raison,  la  constipation 
seule,  à  moins  d'être  due  à  un  obstacle,  ne  constituant 
pas  une  affection  mortelle. 

En  l'absence  des  autres  éléments  de  la  discussion,  il 
est  donc  difficile  de   prendre    position   dans   le  débat. 

On  semble  discuter  à  propos  de  tout,  de  la  maladie  et 
du  traitement,  on  trouve  des  partisans  de  la  saignée, 
d'autres  la  critiquent. 

Ces  discussions  ne  doivent  pas  nous  étonner  pour 
l'époque  qui  nous  occupe.  On  était  à  une  période  de  folie 
scientifique.  La  médecine  était  faite  de  systèmes,  on 
cherchait  à  se  soustaire  à  l'empire  des  maîtres  de  l'école 
grecque,  qu'on  avait  tant  respectés  auparavant.  Après 
Paracelse,  Van  Helmont  chercha  à  modifier  les  idées 
en  cours.  Il  n'y  réussit  qu'imparfaitement,  grâce  aux 
théories  du  philosophe  René  Descartes,  dont  les  prin- 
cipes donnèrent  à  la  théorie  médicale  une  face  toute 
nouvelle  et  qui  avait  un  grand  nombre  de  partisans. 

A  cette  révolte  scientifique  succédèrent  le  désordre  et 
la  licence,  et  il  y  eut  presque  autant  de  systèmes  de 
médecine  que  de  médecins.  Rien  d'étonnant  dès  lors  que 
ce  goût  de  discussions  scientifiques  se  soit  exercé  à 
propos  des  malades. 

Aussi  quelle  constatation  étrange  pour  notre  époque, 
d'assister  ainsi  à  un  débat  public  au  sujet  de  l'affection 
d'un  seigneur;  mais  on  ne  respectait  rien,  on  ne  se 
respectait  pas  soi-même. 

Si  le  débat  dont  nous  venons  de  parler  ne  nous  apprend 
rien  au  point  de  vue  scientifique,  au  moins  donne-t-il 
une  excellente  idée  des  armes  qu'employaient  nos  ancêtres 
dans  leurs  joutes.  De  l'esprit,  il  y  en  avait,  un  peu  de 
toutes  les  qualités,  quelquefois  assez  bien  pimenté.  Cela 
caractérise  surtout  les  mœurs  médicales  de  l'époque  et, 
à  ce  titre,  cette  brochure  est  un  curieux  document. 

D'  G.  Van  Doorslaer. 


Les  Aliénations  de  Malines 


AU    XIV   SIECLE 


Etude  sur  la  situation  politique  de  la  Seigneurie 

(i3oo-i357) 


Principaux  ouvrages  consultés  :  Jan  De  Klerk,  Brabantsche  Yeesten, 
édit.  Willems;  LodewijK  van  Velthem,  Spie^el  Historiaal,  édit. 
Le  Long;  Edmundi  Dyxteri  Chronica  diiciim  Lotharingie  et 
Brabajitia,  édit.  De  Rara;  Joannes  Chapeavillus,  Oui  gesta 
pontificum  Leodiensium  scripserunt  auctores prcecipui;  Jean  des  Preis, 
dit  d'Outremeuse,  Ly  Myreiir  des  Histors,  édit.  Bormans;  La 
Chronique  liégeoise  de  1402,  édit.  Baclia;  Wauters,  Table  chronolo- 
gique des  chartes  et  diplômes  imprimés,  t.  VIII  et  t.  IX.  Les  collections 
de  documents  sont  citées  au  cours  de  l'exposé.  —  Pirenne,  Histoire 
de  Belgique,  t.  II;  David,  Vaderlandsche  historié,  t.  V  et  Geschiedenis 
van  de  stad  en  van  de  heerlykheid  van  Mechelen  (celui-ci  mentionné 
0.  c);  Butkens,  Trophées  tant  sacrés  que  profanes  du  duché  de 
Brabant,  2'»«  édit.;  Fisen,  Historia  ecclesia  Leodiensis;  Kervyn 
DE  Lettenhove,  La  Flandre  communale,  édit.  1883. 


Nombreuses  furent  les  fluctuations  qui  firent  passer 
Malines  et  ses  dépendances  sous  diverses  souverainetés 
dans  le  cours  des  siècles.  Compris  dans  l'empire  carolin- 
gien, le  territoire  malinois  passa  à  l'empereur  Lothaire, 

6 


82  LES   ALIÉNATIONS    DE    MALINES 

puis  à  son  fils  Lothaire  II.  A  la  mort  de  ce  prince,  ses 
deux  oncles,  Louis  le  Germanique  et  Charles  de  France, 
se  partagèrent  ses  états  à  Meersen  (i).  «  Malines  était,  en 
870,  une  abbaye  de  bénédictins  assez  importante  pour 
être,  comme  Fosse,  énumérée  parmi  celles  qui  furent 
comprises  dans  la  part  de  Charles  le  Chauve  »  (2).  Nous 
constatons  qu'aux  premières  années  du  x^  siècle,  elle 
appartenait  à  l'église  de  Liège,  sans  qu'il  nous  soit 
possible  d'établir  avec  certitude  l'origine  de  ces  droits  (3). 
Ballotté  quelque  temps  entre  la  France  occidentale  et  la 
Germanie,  le  royaume  de  Lothaire  fut  définitivement 
rattaché  à  cette  dernière  sous  Henri  l'Oiseleur  (4).  Un 
diplôme  de  l'empereur  Otton  II,  délivré  en  faveur  de 
Notger  le  6  janvier  980,  confirma  l'église  de  Liège  dans 
ses  droits  et  possessions  (5).  Malines  s'y  trouve  nommé- 
ment désignée  ;  il  en  est  de  même  dans  les  confirmations 
ultérieures  accordées  aux  évêques  de  Liège,  notamment 
par  les  empereurs  Henri  II  (6),  Henri  IV  (7)  et  par  le 
souverain  pontife  Adrien  IV  (8). 


(i)  BuHMER-MûHLBACHER,  Rcgestu  Impcrii,  t.  I,  p.  571;  Mir.î:us  et  Foppens, 
Opéra  diplomatica,  t.  I,  p.  3i  ;  Butkens,  o.  c,  t.  I,  preuves,  p.  7. 

(2)  KuRTH,  No'gcr  de  Liège,  t.  I,  p.  180. 

(3)  Par  un  acte  de  giS,  confirmé  par  Charles  le  Simple,  l'évêque  Etienne 
cédait,  à  titre  précaire,  l'abbaye  de  St-Rombaut  avec  ses  dépendances, 
terres,  bois  et  habitants.  Le  document  se  trouve  reproduit  dans  Mir.eus  et 
Foppens,  0.  c,  t.  II,  p.  806;  Sollerius,  Ada  sancii  Rtmioldi,  p.  ii3;  David, 
0.  c,  p.  437;  BoRMANS  et  ScHOOLMEESTERS,  Cartulaire  de  Si-Lambert,  t.  I,  p.  16; 
voir  aussi  Kurth,  0.  c,  t.  I,  p.  181. 

(4)  Bohmer-von  Ottenthal,  0.  c,  t,  II,  p.  i3. 

(5)  BoHMER,  Regesia  chronologico-diplomatica  reguni  atque  iniperatoruin,  p.  555  ; 
SiCKEL,  Diplomata  regum  atque  imperatorum,  t.  II,  p.  238;  MiR^us  et  Foppens, 
0.  c,  t.  I,  p.  5o;  BoRMANS,  Recueil  des  ordonnances  de  la  principauté  de  Liège, 
i''*  série,  p.  2;  Bormans  et  Schoolmeesters,  0.  c,  t.  I,  p.  19;  Kurth,  0.  c, 
t.  II,  p.  64. 

(6  MiR.Eus  et  Foppens,  0.  c,  t.  III,  p.  m;  Sollerius,  0.  c,  p.  172; 
Bormans,  Recueil  cité,  p.  4;  Bormans  et  Schoolmeesters,  0.  c,  t.  I,  p.  25. 

(7)  Bormans,  Recueil  cité,  p.  8;  Bormans  et  Schoolmeesters,  0.  c,  t.  I,  p.  34. 

(8)  Jaffé-Wattenbach,  Regesta  pontificum  Romanorum,  t.  II,  p.  i36;  Mir/Eus 
et  Foppens,  0.  c,  t.  II,  p.  825;  Bormans  et  Schoolmeesters,  0.  c,  t.  I,  p.  74. 


AU    XIV*   SIÈCLE  .  83 


Les  institutions  et  les  événements  malinois  de  cette 
époque  sont  peu  connus  ;  au  xii^  siècle,  l'importance  de 
la  ville  était  modeste.  Le  développement  allait  se  pro- 
duire rapidement  pendant  le  xiii^  siècle  ;  il  se  manifeste 
dès  lors  sur  le  terrain  industriel  et  commercial.  Tandis 
que  les  métiers,  la  draperie  surtout,  gagnent  en  impor- 
tance, la  situation  de  la  cité  sur  la  Dyle,  voie  de  péné- 
tration puissante,  en  faisait  un  port  d'intérieur  qui 
balançait  celui  d'Anvers  (i). 

Jusqu'au  xiii^  siècle,  il  n'y  a  pas  de  traces  du  partage 
de  l'autorité  politique  entre  les  évêques  et  d'autres 
seigneurs.  De  l'examen  des  documents  de  l'époque,  le 
bollandiste  Du  Sollier  a  pu  conclure  :  «  Erat  igitur 
tribus  istis  seculis  verus  Mechliniœ  Dominus  Episcopus 
seu  Ecclesia  Leodiensis  sic  ut  Bertholdis  nec  umbra 
relinquatur  »  (2).  Les  difficultés  intérieures  et  exté- 
rieures avec  lesquelles  les  princes  liégeois  se  trou- 
vèrent aux  prises  ébranlèrent  lentement  leur  puissance 
à  Malines.  En  opposition  à  l'évêque,  surgit  l'influence 
de  son  avoué  Berthout  et  de  son  ennemi  le  duc  de 
Brabant  (3).  Il  en  fut  particulièrement  ainsi  sous  le 
règne  agité  d'Henri  de  Gueldre.  En  1267,  peu  après 
la  paix  conclue  entre  l'évêque  et  le  duc  Henri,  les 
Malinois,  appuyés  par  Jean  I,  se  soulevèrent.  Le  remuant 


(i)  La  multiplication  des  institutions  religieuses  fournit  un  autre  indice 
des  accroissements  de  la  ville  :  les  Franciscains,  les  Augustins  et  les  Carmes 
y  ouvrent  successivement  des  couvents  en  i23i,  1242  et  1254.  En  1264,  on  ne 
comptait  pas  moins  de  40  bénéficiaires  attachés  à  l'église  collégiale  de 
St-Rombaut. 

(2)  SoLLERius,  0.  c,  p.  io5.  —  La  situation  subordonnée  des  Berthout  est 
nettement  marquée  dans  le  compromis  passé  en  i2i3  entre  le  prince-évéque 
Hugues  de  Pierrepont  et  son  avoué  Gauthier.  David,  0.  c,  p.  441  ;  Bormans 

et  SCHOOLMEESTERS,  0.  C,  t.  I,  p.  169. 

(3)  Les  Malinois  s'étaient  déjà  prononcés  contre  l'évêque  en  1212,  dans  la 
guerre  que  soutint  ce  dernier  contre  Henri  I,  au  sujet  de  la  succession  du 
comte  de  Moha.  —  Des  contestations  entre  le  prince-évêque  et  son  avoué 
existaient  en  i233.  Bormans  et  Schoolmeesters,  0.  c  ,X.\^  p.  3ii. 


84  LES   ALIÉNATIONS    DE    MALINES 

prélat  s'efforça  vainement  de  s'emparer  de  la  ville,  force 
lui  fut  de  lever  le  siège  (i). 

Les  usurpations  des  Berthout,  s'appuyant  désormais 
sur  le  Brabant,  donnaient  des  préoccupations  incessantes 
aux  princes-évêques.  Pour  maintenir  dans  le  devoir  cette 
lointaine  enclave,  il  eût  fallu  dépenser  d'énormes  efforts. 
Obligés  à  concentrer  leur  attention  sur  l'état  liégeois,  se 
trouvant  à  court  d'aigent,  les  évêques  aimèrent  mieux 
céder  provisoirement  ou  définitivement  leur  seigneurie  à 
d'autres  princes,  moyennant  finances.  La  plus  grande 
instabilité  caractérise  la  situation  de  Malines  pendant 
la  première  moitié  du  xiv^  siècle  ;  le  traité  d'Ath  amena 
enfin  une  solution  définitive  en   iSSy. 

Notre  étude  a  pour  objet  d'esquisser  ces  aliénations 
successives. 


I 


Engagère  de  Malines  au  Brabant  et  rétablis- 
sement de  l'autorité  liégeoise  (1300-1313). 

La  lutte  entre  patriciens  et  plébéiens  fut  particuliè- 
rement ardente  dans  la  principauté  sous  l'épiscopat 
d'Hugues  de  Châlons.  Ce  prélat  se  trouva  fort  dépourvu 
au  milieu  des  troubles.  Il  emprunta  à  Jean  II  de  Brabant 
une  somme  de  douze  mille  livres  tournois  noirs.  Le  22 
octobre  i3oo,  il  donnait  en  gage  au  prêteur  une  partie 
des  revenus  de  la  mense  épiscopale  (2).  Le  même  jour, 
le  prince-évêque  céda  également  au  duc  de  Brabant, 
Malines,  Heyst-op-den-Berg  et  autres  dépendances,  pour 


(i)  VAN  Heelu,  Rymhronyk,  édit.  Willems,  p.  i5;  David,  o.  c,  pp.  443  et  446; 

BORMANS  et  SCHOOLMEESTERS,  0.  C,  t.  II,    pp.   l88,  2O4  Ct  3l8. 
(2)  BORMANS  et  SCHOOLMEESTERS,  0.  C,  t.  II,  p.  SSg. 


AU    XIV'   SIÈCLE  85 


la  durée  de  quatre  vies,  en  d'autres  termes,  pour  la 
vie  de  Jean  et  de  ses  successeurs  jusqu'au  troisième  héri- 
tier (i).  Le  surlendemain,  il  envoya  ordre  aux  Malinois 
d'obéir  à  Jean  II  (2).  En  faisant  l'acquisition  de  la  sei- 
gneurie, celui-ci  avait  assumé  l'obligation  d'arracher  à 
Jean  Berthout  tout  ce  que  ce  dernier  et  ses  prédécesseurs 
avaient  usurpé,  sur  les  droits,  hauteurs  et  prérogatives 
des  princes-évêques.  Le  duc  mit  un  égal  empressement 
à  prendre  possession  de  Malines  et  à  oublier  ses  engage- 
ments concernant  les  Berthout  :  il  voulait  asseoir 
solidement  son  autorité  dans  la  ville.  A  l'expiration  de 
l'engagère,  les  Liégeois,  espérait-il,  ne  songeraient  plus 
à  reprendre  possession  de  la  seigneurie,  en  y  voyant  les 
Brabançons  profondément  ancrés.  Comment  y  réussir? 
Loin  de  déloger  Jean  Berthout,  il  préféra  s'entendre  avec 
lui.  Il  ménagea  cette  puissante  maison  de  Grimbergen, 
naguère  menaçante  pour  l'autorité  ducale,  qui  détenait 
des  territoires  étendus  dans  le  pays  de  Malines  (3).  En- 
suite, pour  enlever  aux  Malinois  le  désir  de  retourner 
sous  la  domination  liégeoise,  il  fallait  capter  leurs  bonnes 
grâces.  L'octroi  de  la  kciwe  de  i3oi  trahit  ces  préoccupa- 
tions. Quelques  jours  auparavant,  le  duc  s'était  entendu 
à  l'amiable  avec  Jean  Berthout  (qui  prend  officiellement 
le  titre  de  seigneur  de  Malines),  pour  partager  avec  lui 
le  pouvoir  (4).   Aussi,   c'est  de  concert  que  Jean  II  et  le 


(i)  M1R.EUS  et  FoppENs,  0.  c,  t.  I,  p.  212;  BuTKENS,  0.  c,  t.  I,  preuves,  p.  137; 
David,  0.  c,  p.  442.  Les  Opéra  diplomatica  ioni  erronément  mention  de  Jean  I 
au  lieu  de  Jean  IL 

(2)  Gachard,  Documens  inédits,  t.  H,  p.  35;  David,  0.  c,  p.  73,  n.  2. 

(3;  Le  pays  de  Malines,  ainsi  appelé  par  ce  que  les  avoués  ou  seigneurs 
de  Malines  en  étaient  propriétaires,  s'appela  aussi  plus  tard,  pays  de  Clèves 
et  pays  d'Arckel.  Il  était  absolument  distinct  de  la  seigneurie  et  relevait  du 
duché  de  Brabant.  De  Munck,  Gedenck-schriften,  p.  47;  David,  0.  c,  p.  4; 
PiOT,  Inventaire  des  archives  de  la  cottr  féodale  de  Malines,  p.  IL 

(4)  L'acte  fut  passé  le  12  novembre  iSoi,  De  Klerk,  0.  c,  t.  I,  P-  693; 
David,  0.  c,  p.  447. 


86  LES   ALIÉNATIONS    DE    MALINES 

seigneur  de  Malines  accordent,  le  i3  décembre  i3oi,  la 
charte  qui  affirme  l'érection  de  l'agglomération  malinoise 
en  commune  (i).  Cette  heureuse  situation  ne  se  maintint 
pas  longtemps.  Dès  i3o3,  Malines  était  en  guerre  avec 
le  duc,  qui  vint  mettre  le  siège  devant  la  ville.  Finale- 
ment, celle-ci  dut  se  rendre,  mais  non  à  merci  :  des 
propositions  de  paix  furent  faites  par  les  assiégés  et 
acceptées  par  Jean  II  (2).  La  sentence  définitive  était 
déférée  à  l'arbitrage  de  Godefroid,  comte  de  Vianden  et 
seigneur  de  Grimbergen,  de  Jean,  seigneur  de  Cuyck, 
d'Arnold,  seigneur  de  Waelhem,  de  Gilles  Berthout,  sei- 
gneur de  Hombeeck,  et  de  Gauthier,  seigneur  d'Enghien. 
En  attendant  la  décision  des  cinq  arbitres,  les  Malinois 
abandonnaient  la  garde  des  portes  de  la  ville  à  Jean  de 
Brabant,  à  Gilles  Berthout  et  à  Godefroid  de  Vianden. 
L'échevinage  malinois,  viager,  sous  la  charte  de  i3oi, 
devenait  annuel  ;  la  nomination  ne  se  faisait  plus  par 


(i)  VAN  Caster,  Namen  der  straten  van  Mechelen,  p.  55,  et  Histoire  des  mes  de 
Malines,  p.  337;  De  Klerk,  0.  c,  t.  I,  p.  696;  David,  0.  c,  p.  451.  Analysé  par 
Gachard,  0.  c,  1.  c;  Van  Doren,  Inventaire  des  archives  de  la  ville  de  Malines, 
t.  I,  p.  i5;  VAN  DEN  Branden,  Recherches  sur  l'origine  de  la  famille  des  Berthoid, 
p.  124  (T,  XVII  des  Mémoires  couronnés  de  l'Académie). 

(2)  Ces  négociations  nous  ont  été  conservées  dans  trois  documents  : 
a)  Acte  de  soumission  des  Malinois  contenant  les  propositions  de  paix,  pu- 
blié à  la  suite  de  De  Klerk,  0.  c,  t.  I,  p.  707  et  par  David,  0.  c,  p.  465;  analysé 
dans  Van  Doren,  0.  c,  t.  I,  p.  25  et  van  den  Branden,  0.  c,  p.  134.  b)  Accep- 
tation des  clauses  précédentes  par  Jean  II  et  Jean  Berthout.  Azevedo,  Oud- 
heden,  p.  149.  Ces  deux  actes  sont  datés  :  in  't  jaer  ons  Heren  MCCC  en  de 
drie  jaer  sfrindaechs  na  sente  J ans- dagh  Baptiste,  c)  De  nouvelles  lettres  de  Jean 
II  et  de  Jean  Berthout,  plus  étendues  que  les  premières  qu'elles  confirment, 
datées  sonnendaghes  na  Sinte  Jans-dagh  Baptiste.  Azevedo,  0.  c,  p.  160  ;  De  Klerk, 
0.  c,  1. 1,  p.  709;  anal,  dans  Gachard,  0.  c,  t.  II,  p.  36;  Van  Doren,  t.  I,  0.  c,  p. 
27;  VAN  den  Branden,  0.  c,  p.  i36.  Azevedo  affirme  qu'il  s'agit  de  la  fête  de  la 
Décollation  de  S.  Jean,  célébrée  le  29  août,  et  van  den  Branden  suit  sa  ma- 
nière de  voir.WiLLEMs,  et  après  lui  David  et  Van  Doren,  ont  cru  devoir  s'en 
tenir  à  la  fête  principale,  la  Nativité  de  S.  Jean-Baptiste,  au  24  juin.  L'expli- 
cation d'AzEVEDO  semble  mieux  s'accorder  avec  la  durée  prolongée  du  siège 
de  la  ville.  Celui-ci  aurait  donc  pris  cinq  mois  :  de  la  fin  mars  au  3o  août. 
C'est  également  le  mois  d'août  qui  est  indiqué  dans  Butkens,  0.  c,  t.  I, 
p.  354. 


AU    XIV*   SIÈCLE  87 


cooptation,  mais  appartenait  au  duc,  à  Jean  Berthout  et 
aux  arbitres.  Pour  le  reste,  les  citoyens  conservaient  leurs 
privilèges.  La  part  d'intervention  de  l'élément  démocra- 
tique se  trouve  même  renforcée  :  quatre  membres  élus 
dans  chaque  métier  sont  adjoints  au  conseil  des  échevins 
et  des  jurés,  pour  statuer  ensemble  sur  le  mode  de  pré- 
lèvement des  amendes.  Le  règlement  des  arbitres  parut 
le  14  septembre  de  la  même  année.  Il  confirmait  le 
compromis  de  l'acte  de  soumission  et  stipulait,  en  outre, 
le  montant  des  frais  de  guerre  à  payer  par  les  Malinois, 
des  dédommagements  à  la  mère  de  Berthout  et  des 
garanties  pour  les  bourgeois  qui  avaient  tenu  le  parti  du 
duc  de  Brabant  (i).  L'insurrection  de  i3o3  avait  été 
l'œuvre  des  métiers,  non  de  la  bourgeoisie  (2).  La  réconci- 
liation du  duc  et  de  la  ville  fut  scellée  sur  parchemin;  elle 
n'obtint  pas  l'adhésion  unanime  des  habitants.  De  puis- 
santes sympathies  poussaient  les  Malinois  vers  Liège  (3). 


(1)  BuTKENS,  0.  c,  t.  I,  preuves,  p.  137;  Lùnig,  Codex  Germaniœ  diplomaticus, 
t.  II,  col.  iiSg;  David,  0.  c,  p.  468,  Analysé  dans  van  den  Branden,  0.  c, 
p.  i36  et  Van  Doren,  0.  c,  t.  I,  p.  27. 

(2)  De  Klerk,  0.  c,  t.  I,  p.  423. 

(3)  A  lire  le  mémoire  sur  les  origines  des  Berthout,  il  semblerait  qu'après 
la  réconciliation  avec  Jean  II,  les  Malinois  se  soient  pris  d'enthousiasme 
pour  le  régime  brabançon.  Nous  pensons  qu'à  côté  des  partisans  du  duc, 
les  amis  de  la  domination  liégeoise  restèrent  nombreux.  Ces  deux  partis  se 
confondaient  dans  une  bonne  mesure  avec  des  groupements  sociaux.  Ici 
comme  dans  nos  autres  principautés,  des  rivalités  de  classes  sévirent  âpre- 
ment  au  commencement  du  xiv°  siècle.  L'insurrection  de  i3o3,  qui  se 
rattache  à  ces  agitations  démocratiques,  fut  favorisée  par  les  Liégeois.  Si 
ceux-ci  ne  fournirent  pas  aux  mutins  l'appui  armé  qui  leur  aurait  été  pro- 
mis, le  texte  des  lettres  de  réconciliation  suppose  une  connivence  du 
prévôt  de  St-Lambert  et  des  chanoines  Libert  et  Jean  de  Willebringen  avec 
les  insurgés.  Dans  ces  divisions,  la  bourgeoisie  tenait  naturellement  pour  le 
Brabant,  où  le  patriciat  urbain  conservait  sa  situation  privilégiée.  Les 
métiers,  en  communion  d'idées  avec  les  communes  liégeoises,  se  tournaient 
vers  le  prince-évêque.  Le  siège  de  Malines  avait  cruellement  blessé  l' amour- 
propre  malinois.  Les  exemptions  fiscales  et  autres  faveurs  accordées  par 
Jean  II  ne  parvinrent  pas  à  effacer  ce  mécontentement.  Il  eut  pour  résultat 
de  fortifier  le  parti  liégeois  au  détriment  du  Brabant.  van  den  Br:\nden,  0.  c, 
p.  139;  VAN  Velthem,  0.  c,  pp.  292  et  294. 


88  LES   ALIÉNATIONS    DE    MALINES 

En  i3oi,  Hugues  de  Châlons  avait  quitté  la  chaire  de 
St-Lambeit  pour  prendre  possession  du  siège  de  Besan- 
çon (i);  son  successeur,  Adolphe  de  Waldeck,  mourut 
après  un  an  d'épiscopat  (2).  La  principauté  échut  alors  à 
Thibaut  de  Bar,  prélat  de  la  cour  de  Boniface  VIII  (3). 
Le  nouvel  évêque  refusa  de  ratifier  l'engagère  d'Hugues 
de  Châlons  et  voulut  reprendre  la  seigneurie.  Cette 
attitude  cadrait  parfaitement  avec  les  dispositions  domi- 
nantes dans  la  ville.  Une  députation  malinoise  vint 
engager  Thibaut  à  rétablir  la  domination  liégeoise  (4). 
Le  18  mars  i3o5,  le  prince-évêque  accorda  un  diplôme 
de  concessions  nouvelles.  Avec  cet  acte,  les  libertés 
malinoises  atteignirent  leur  apogée  ;  c'est  sur  cette  base, 
ébréchée  plus  tard,  que  la  constitution  malinoise  se 
maintint  jusqu'à  la  chute  de  l'ancien  régime  (5).  Berthout 
n'intervint  pas  dans  cette  charte,  sans  doute  qu'il 
appu3^ait  encore  le  duc  de  Brabant.  D'ailleurs,  le  retour 
des  Malinois  au  siège  de  St-Lambert  n'était  pas  encore 
un  fait  accompli.  La  crainte  de  représailles  braban- 
çonnes arrèta-t-elle  les  Malinois?  Jean  d'Outremeuse 
raconte  que  le  prince-évêque  envo3^a  à  Malines  deux 
chanoines  de  St-Lambert,  Gauthier  de  Bronshoren  et 
Nicolas  Paren,  pour  obtenir  que  la  ville  se  livrât  aux 
Liégeois.  Ils  ajoutèrent  des  menaces  à  leur  sommation  ; 
mais  la  population  se  prononça  en  grande  majorité  en 
faveur  de  Liège  et  la  reconnaissance  de  l'autorité  de 
Thibaut  de  Bar  eut  lieu  le  8  avril  i3o6,  vendredi  après 


(1)  EuBEL,  Hierarchia  catholica  medii  (svi,  t.  I,  pp.  314  et  140. 

(2)  EuDEL,  0.  c,  t.  I,  p.  314. 

(3)  Idem. 

(4)  HocsEM  dans  Chapea ville,  0.  c,  t.  II,  p.  349. 

(5)  SoLLERius,  0.  c,  p.  175;  David,  0.  c,  p.  472,  avec  traduction  flamande; 
BoRMANs,  Recueil  cité,  i""*  série,  p.  i38;  Bormans  et  Schoolmeesters,  0.  c, 
t.  III,  p.  56.  Extraits  et  analyses  dans  Butkens,  0,  c,  t.  I,  preuves,  p.  140; 
van  Caster,  Namen  der  siraien  van  Mechelen,  p.  396,  trad.  flam.  ;  Gachard,  0.  c, 
t.  II,  p.  36;  Van  Doren,  0.  c,  t.  I,  p.  3i. 


AU    XIV^   SIÈCLE  8g 


Pâques  (i).  Au  commencement  de  i3o8,  la  restauration 
liégeoise  est  complète.  La  preuve  en  est  dans  les  con- 
ventions conclues  entre  Thibaut  et  Gilles  Berthout, 
successeur  de  son  frère  Jean.  L'intervention  des  com- 
mune-maîtres nous  montre  l'existence  d'institutions, 
inconnues  sous  le  régime  brabançon,  introduites  par  la 
charte  liégeoise  de  i3o5.  Cette  réconciliation  de  Gilles 
Berthout  avec  le  prince-évêque,  stipulée  dans  les  accords 
du  28  janvier  (2)  et  du  23  février  (3)  ;  la  soumission  de 
l'avoué  qui  prête  l'hommage  à  Thibaut  de  Bar  (4),  ne 
s'expliquent  que  par  l'impossibilité  de  rétablir  l'autorité 
ducale.  La  domination  épiscopale  n'apportait  pas  à 
Gilles  Berthout  une  amélioration  de  sa  situation.  Le 
compromis,  passé  le  12  novembre  i3oi  entre  Jean  II  et 
Jean  Berthout,  consacrait  certes  la  préséance  du  duc, 
mais  Berthout  y  était  officiellement  reconnu  comme  le 
seigneur  de  Malines  avec  lequel  le  duc  partageait  les 
droits  et  émoluments.  Le  langage  de  Thibaut  de  Bar  est 
bien  différent,  Gilles  Berthout  redevient  l'ancien  fonction- 


(i)  Jean  des  Preis,  o.  c,  t.  VI,  p.  75.  —  Jean  de  Brabant  fut  troublé  dans  la 
possession  de  Malines,  après  en  avoir  joui  sept  ans,  dit  Edmond  de  Dynter. 
Il  se  contredit  en  admettant  le  rétablissement  de  l'autorité  épiscopale  du 
vivant  de  Jean  Berthout.  Celui-ci  était  décédé  le  25  août  1304.  La  ville  serait 
restée  dix  ans  au  pouvoir  du  Brabant,  d'après  Div.eus;  ce  qui  est  inadmis- 
sible. Dynter,  0.  c,  t.  II,  p.  653;  Div.eus,  Renim  hrahanticanim  Uhri  XIX, 
p.  140. 

(2)  Publié  par  Sollerius,  0.  c,  p.  176,  et  David,  0.  c,  p.  482.  Ce  dernier 
intercale  en  caractères  distincts  les  ajoutes  apportées  au  texte  primitif  par 
le  document  suivant;  analysé  par  van  den  Branden,  0.  c,  p.  149  et 
Van  Doren,  0.  c,  t.  I,  p.  36.  La  date  du  3i  janvier  est  donnée  en  suivant  une 
copie  de  ce  jour,  conservée  aux  archives  de  Dusseldorf,  dans  Wauters, 
0.  c,  t.  VIII,  p.  283. 

(3)  Publié  par  Sollerius,  0.  c,  p.  178;  Bormans  et  Schoolmeesters,  0.  c, 
t,  III,  p.  80;  analysé  par  Van  Doren,  0.  c,  t.  I,  p.  39.  Ces  accords  furent 
encore  confirmés  à  diverses  reprises,  notamment  le  i  décembre,  puis  le 
I  janvier  1309.  Mir.ï:us  et  Foppens,  0.  c,  1. 1,  p.  SgS  et  t.  III,  p.  i5i;  Martene 
et  Durand,  AmpUssima  CollecUo,  1. 1,  col.  1416-1425;  Butkens,  0.  c,  t.  I,  p.  36i; 
Azevedo,  0.  c,  p.  142. 

(4)  Gachard,  Les  archives  royales  de  Dusseldorf,  dans  le  Bulletin  de  la  C.  R. 
Hist.  4e  série,  t.  IX,  p.  333,  n°  18. 


go  LES   ALIÉNATIONS    DE    MALINES 

naire  liégeois  «  villicus  noster  ».  On  l'appelle  «  nobilem 
virum  Egidium  dictum  Berthout  de  Mechlinia  ». 

Les  événements  qui  s'étaient  déroulés  à  Malines 
n'avaient  pu  laisser  le  duc  indifférent.  Apprenant  la 
soumission  de  la  ville  aux  Liégeois,  il  alla  l'assiéger.  Les 
importants  préparatifs  de  guerre  de  Thibaut  de  Bar 
l'amenèrent  à  se  retirer  (i).  Le  chroniqueur  des  ducs  de 
Brabant  insinue  que  Jean  II  n'aurait  cédé  que  devant 
l'autorité  de  la  chose  jugée  (2).  En  tout  cas,  le  prince- 
évêque  n'avait  pas  voulu  se  mettre  en  possession  de 
Malines  sans  invoquer  des  arguments  juridiques  à  l'appui 
de  ses  agissements.  Quel  était  le  caractère  de  la  cession 
faite  par  Hugues  de  Châlons?  Celui-ci  n'avait  pas  entendu 
aliéner  un  droit  de  propriété,  mais  avait  concédé  au  duc 
l'usufruit  de  la  seigneurie.  Hugues  ne  pouvait  ici  engager 
ses  successeurs,  et  à  sa  mort  l'usufruit  cessait  sponta- 
nément. Soutenait-on  qu'il  y  avait  eu  un  véritable 
transfert  de  propriété?  S'il  en  était  ainsi,  répondaient 
les  Liégeois,  la  donation  était  caduque  :  en  effet,  l'évêque 
n'avait  pas  consulté  le  chapitre  de  St-Lambert,  dont  le 
consentement  était  requis;  de  plus,  il  ne  pouvait  aliéner 
irrévocablement  un  bien  ecclésiastique  sans  autorisation 
pontificale.  Celle-ci  n'avait  pas  été  demandée.  Jean  de 
Brabant  représentait  les  peines  qu'il  s'était  données,  pro- 
testait de  l'injustice  qu'il  y  avait  à  lui  reprendre  la  seigneu- 
rie au  moment  où  il  en  espérait  recueillir  des  bénéfices.  Le 
Souverain  Pontife,  devant  lequel  le  différend  fut  porté, 
le  trancha  en  faveur  du  prince-évêque.  —  Le  règne  de 
Thibaut  fut  une  période  de  grande  prospérité  indus- 
trielle pour  la  ville  de  Malines  (3).   Le  port  ressentit 


(i)  Jean  des  Preis,  0.  c,  t.  VI,  p.  102  ;  Fisen,  0.  c,  t.  II,  p.  45. 

(2)  Dynter,  0.  c,  t.  II,  p.  653. 

(3)  Azevedo,  Korie  Chronyk  van  Mechelen,  ad  annum  i3o7  ;  Diianis,  Opkomst 
en  hloei  van  het  chrisiendoin  in  Mechelen,  p.  84.  C'est  notamment  alors  que  fut 
construite  l'ancienne  maison  échevinale  ou  Vieux  Palais,  qui  sert  aujourd'- 
hui de  local  au  dépôt  d'archives  communales. 


AU    XIV^   SIÈCLE  gi 


cependant  les  fâcheux  effets  de  l'abandon  de  Jean  II.  Le 
duc  avait,  en  i3oi,  enlevé  à  Anvers  le  privilège  des 
étapes  du  poisson,  du  sel  et  de  l'avoine,  pour  le  donner 
à  Malines.  Il  désirait  maintenant  le  retrait  de  cette 
charte  :  le  29  octobre  iSog,  l'empereur  Henri  de  Luxem- 
bourg restitua  les  droits  d'étape  à  Anvers  (i). 

Thibaut  de  Bar  suivit  l'empereur  dans  son  expédition 
en  Italie  :  blessé  mortellement  à  Rome,  il  expira  le 
i3  mai  i3i2  (2).  Cette  tragique  disparition  fut  le  signal 
de  sanglantes  guerres  civiles  dans  la  principauté;  le 
peuple  de  Liège  mit  le  feu  à  l'église  et  au  monastère  de 
St-Martin,  où  les  nobles  s'étaient  réfugiés.  L'histoire 
conserva  le  souvenir  de  cet  événement  sous  le  nom  de 
Maie  Saint  Martin.  La  vacance  du  siège  ne  prit  fin  que 
l'année  suivante. 

Jean  II  mourut  le  7  octobre  de  la  même  année,  laissant 
la  couronne  à  son  fils  Jean  III,  à  peine  âgé  de  douze  ans. 
Gilles  Berthout  était  décédé  en  i3io.  Pas  plus  que  ses 
deux  frères  Gauthier  et  Jean,  qui  l'avaient  précédé  à 
Malines,  il  ne  laissa  d'enfant  qui  put  lui  succéder. 
Son  oncle  Florent,  seigneur  de  Berlaer,  recueillit  les 
droits  attachés  à  l'avouerie.  Il  fut  le  dernier  représentant 
mâle  de  cette  puissante  famille,  qui  alla  se  fondre  dans 
les  maisons  de  Gueldre  et  de  Juliers  (3).  Moins  disposé 
que  son  prédécesseur  à  accepter  la  dépendance  à  l'égard 


(i)  Publié  dans  Butkens,  o.  c,  t.  I,  preuves,  p.  141. 

(2)  Jean  le  Prêtre  et  Hocsem  dans  Chapeaville,  0.  c,  t.  II,  pp.  355  et  352, 
et  dans  Bâcha,  La  chronique  liégeoise  de  1402,  p.  261. 

(3)  Généalogie  des  Berthout  descendants  de  Gauthier  V  le  Grand  ou  I 
comme  seigneur  de  Malines  :  Gauthier  V 

I 

Gauthier  VI  Florent 

I  I 


Gauthier  VII  Jean  Gilles  Sophie  épse  du  comte  de  Gueldre 


Marguerite    Mathilde    Isabelle    Marie 

épse  du  comte 
de  Juliers. 


92  LES   ALIÉNATIONS    DE    MALINES 

de  Liège,  il  reprit  la  politique  d'émancipation  de  ses 
ancêtres  et  s'unit  étroitement  au  Brabant  (i).  La  mort 
de  Thibaut  de  Bar  et  l'anarchie  qui  sévissait  à  Liège 
favorisèrent  ses  projets.  Dès  le  mois  de  juin  i3i2, 
Florent  s'intitulant  seigneur  de  Malines,  fit  hommage 
au  duc  de  Brabant  et  reconnut  recevoir  de  lui  en  fief  la 
seigneurie  et  l'avouerie  (2).  Par  cet  acte,  Berthout  s'enga- 
geait à  mener  ses  hommes  et  les  troupes  levées  à  Malines 
et  dans  sa  banlieue  en  aide  au  duc  contre  n'importe  quel 
ennemi.  Les  comptes  communaux  de  i3i2  prouvent  que 
ce  n'était  pas  une  déclaration  platonique  :  des  mois  de 
juin  à  septembre,  on  signale  à  diverses  reprises  des 
dépenses  faites  pour  la  guerre.  Cette  alliance  entre 
Malines  et  le  Brabant  fut  renouvelée  solennellement 
dans  un  traité  conclu  en  octobre  i3i5,  entre  le  magistrat 
malinois,  le  duc  Jean  et  ses  bonnes  villes  (3). 


(i)  Florent  apparaît  comme  l'homme  de  confiance  de  Jean  IL  C'est  à  lui 
que  le  duc  confie  l'administration  du  duché  en  son  absence;  l'acte  du 
16  juin  i3ii,  qui  confère  cette  mission,  montre  que  Florent  Berthout  n'avait 
pas  attendu  la  mort  du  prince-évêque  pour  reprendre  le  titre  de  seigneur 
de  Malines.  Gaciiard,  Bulletin  cité,  p.  336. 

(2)  Les  archives  communales  possèdent  en  copie  l'acte  de  relief,  rédigé 
en  latin  et  daté  du  29  juin  i3i2.  Edité  dans  Lûnig,  0.  c,  t.  II,  col.  1173, 
G(yseleers)-T(hys),  Additions  et  Corrections,  t.  I,  p.  70;  analysé  dans 
Van  Doren,  0.  c,  t.  I,  p.  44.  Un  texte  français  du  même  acte,  portant  la  date 
du  3o  juin,  a  été  pubHé  par  Butkens,  0.  c,  t.  I,  preuves,  p.  142,  et  reproduit 
par  David,  0.  c,  p.  114,  n.  i. 

(3)  Le  texte  du  traité  inséré  dans  Den  Luysier  ende  Glorie  van  hei  Hertoghdom 
van  Bradant  hersielt,  t.  I,  p.  83,  a  été  reproduit  dans  G(yseleers-T(hys),  Reken- 
kundige  Beschrijving  der  Heerlijkheid  van  Mechehn,  p.  16;  en  fragment  dans 
Butkens,  0.  c,  t.  I,  preuves,  p.  149. 


AU    XIV^   SIÈCLE  gS 


II 

Domination  du  comte  de  Hainaut.  Restauration 
de  l'autorité  épiscopale  (1313-1328). 

Adolphe  de  la  Marck,  prévôt  de  St-Martin  à  Worms, 
monta  sur  le  siège  épiscopal  de  Liège  après  un  interrègne 
des  plus  sanglants.  Décidé  à  rétablir  vigoureusement  le 
calme  dans  sa  principauté,  il  ne  voulait  pas  être  entravé 
par  les  affaires  malinoises  dans  la  poursuite  des  fauteurs 
de  troubles.  C'est  à  Avignon,  où  l'élu  reçut  successivement 
le  sous-diaconat,  le  diaconat,  la  prêtrise  et  la  consécration 
épiscopale,  qu'il  obtint  de  Clément  V  l'autorisation  de 
mettre  en  engagère  la  seigneurie  de  Malines  (i).  Le 
prince-évêque  se  trouvait  à  court  d'argent  et  fut  d'autant 
plus  heureux  de  passer  Malines  au  comte  Guillaume 
de  Hainaut  et  de  Hollande,  par  une  engagère  révocable 
après  cinq  ans.  Les  quinze  mille  florins  que  le  comte 
lui  paya  à  cet  effet  servirent  à  acquitter  les  «.<.  fructus 
primi  anni  »  dûs  au  Siège  Apostolique  (2).  Cette  aliéna- 
tion fut  confirmée  le  25  novembre  i3i4,  par  Louis  de 
Bavière  (3).  Par  lettres  du  24  août  i3i3,  Guillaume  avait 
notifié  aux  Malinois  l'accord  intervenu  entre  lui  et  l'évê- 
que.  Il  ne  néglige  pas  de  mentionner  ici,  et  dans  d'autres 
actes  subséquents,  l'approbation  donnée  par  Clément  V  à 
la  mise  en  engagère.  De  la  rédaction  de  ce  document,  il 
ressort  clairement  que  dès  avant  la  réception  de  celui-ci, 
les  Malinois   reconnurent  leur  nouveau  seigneur  (4).  Le 


(1)  EUBEL,  0.  C,  t.  I,  p.  314, 

(2)  HocsEM  dans  Chapea ville,  o.  c,  t.  II,  p.  364;  Bacha,  0.  c,   p.  268; 
Dynter,  0.  c,  X.  II,  p.  654. 

(3)  Devillers,  Monuments  pour  servir  à  l'histoire  des  provinces  de  Xamur,  de 
Hainaut  et  de  Luxembourg,  t.  III,  p.  43. 

(4)  Devillers,  0.  c,  t.  III,  p.  656. 


94  LES   ALIENATIONS    DE   MALINES 


21  décembre,  le  comte  de  Hainaut  se  fit  inaugurer  à 
Malines;  il  jura  le  maintien  des  franchises  communales, 
reçut  le  serment  des  magistrats  et  s'engagea  dans  les 
limites  de  son  pouvoir  à  restituer  les  droits  d'étape.  Ce 
fut  la  première  joyeuse  entrée  malinoise  (i).  Sur  ces 
entrefaites,  la  veille  de  la  Saint-André,  un  traité  d'alliance 
avait  été  conclu  entre  Adolphe  et  le  comte  de  Hainaut  (2)  ; 
le  6  juin  de  l'année  suivante,  ce  dernier  s'unit  également 
à  Jean  de  Brabant  (3).  Quelles  relations  existaient  en  ce 
moment  entre  le  duc  et  le  prince-évéque?  Avant  la  nomi- 
nation d'Adolphe  de  la  Marck,  Florent  Berthout  s'était 
employé  à  rallier  Jean  III  à  cette  candidature.  En 
échange  de  son  appui,  le  duc  obtint  la  promesse  de 
l'alliance  d'Adolphe  au  cas  où  la  principauté  liégeoise 
écherrait  à  celui-ci  (4).  Ces  bons  rapports  existaient-ils 
réellement?  Le  texte  de  l'alliance  du  6  juin  permet  d'en 
douter.  Jean  III  et  Florent  Berthout  y  font  entendre 
d'amers  reproches  à  l'adresse  de  l'évêque  (5).  Ces  repro- 
ches concernent  également  la  commune  de  Malines.  L'un 
et  l'autre  se  seraient  arrogé  des  droits  appartenant  à 
Berthout.  Ces  empiétements  lésaient  aussi  l'autorité  du 
duc  de  Brabant.  C'est  de  celui-ci  que  Florent  tenait  sa 
seigneurie,  ses  privilèges  et  sa  situation.  Si  la  validité  de 
l'acte  de  relief  fait  par  Florent  Berthout  était  sérieuse- 
ment soutenable,  Jean  III  aurait  eu  lieu  de  se  plaindre. 


(i)  Le  document  a  été  édité  par  Sollerius,  o.  c,  p.  i8o  ;  David,  o.  c,  p.  429  ; 
VAN  Castkk,  Histoire  des  rues,  p.  347.  —  Anal,  dans  Gachard,  Documens  inédits, 
t.  II,  p.  37,  et  Van  Doren,  o.  c,  1. 1,  p.  45;  voir  Martene  et  Durand,  0.  c,  1. 1, 
col.  1425,  ainsi  que  Coninckx,  La  Joyeuse  Entrée  des  seigneurs  de  Malines,  p.  14 
(extrait  des  Bulletins  du  Cercle  archéologique  de  Malines,  1897). 

(2)  Devillers,  o.  c,  t.  III,  p.  657. 

(3)  Devillers,  0.  c,  t.  III,  p.  674. 

(4)  De  Klerk,  0.  c,  t.  I,  p.  753. 

(5)  «  Nous  Jehan,  duc  dessusdit  et  monsgr.  Florent  Bertaul,  sires  de  Maslines,  nous 
dolons  de  ce  que  li  evesques  de  Liège  et  la  ville  de  Maslines  vœllent  apropier  à  iauh 
aiicunnes  droitures  qui  appartiennent  au  dit  sires  de  Maslines,  lesquelles  il  doient  tenir 
de  nous  duc  dessus  dit,  non  mie  de  Véveske  ».  Devillers,  0.  c,  t.  III,  p.  676. 


AU    XIV^    SIECLE  g5 


Mais  comment  légitimer  cette  démarche  de  Florent 
Berthout,  qui  prétend  détenir  du  Brabant  ce  que  ses 
ancêtres  et  ses  prédécesseurs  avaient  relevé  des  princes- 
évéques?  Le  comte  de  Hainaut  promit  dans  ce  traité 
d'engager  l'évêque  à  accepter  un  arbitrage.  Une  réunion 
se  tiendrait  à  Malines  quelques  jours  plus  tard,  au  len- 
demain de  la  Saint-Jean-Baptiste.  Les  deux  parties  y 
feraient  valoir  leurs  arguments  par  devant  Guillaume, 
qui  prononcerait  ensuite.  La  rencontre  projetée  n'eut  pro- 
blement  pas  lieu  (i).  Une  nouvelle  aliénation  vint  mettre 
Florent  Berthout  hors  cause.  (^  Il  restait  encore  au  comte 
Guillaume  une  difficulté  à  aplanir  pour  rendre  son 
autorité  complète  à  Malines,  car  il  ne  voyait  pas  d'un 
œil  indifférent  la  seigneurie  partagée  entre  lui  et  Florent 
Berthout.  Il  nourrissait  l'espoir  de  s'y  établir  d'une  ma- 
nière fixe  et  définitive,  et  désirait  par  conséquent  entrer 
en  arrangement  avec  ce  dernier,  afin  d'éloigner  tout 
obstacle  qui  eût  pu  lui  susciter  des  difficultés  ou  gêner  le 
libre  exercice  de  son  pouvoir.  Il  engagea  donc  Florent 
Berthout  à  faire  abandon  en  sa  faveur  des  droits  qu'il 
exerçait  dans  Malines;  celui-ci  finit  par  y  consentir  (2)  ». 
Dès  les  premiers  mois  de  l'année  i3i6,  le  comte  de 
Hainaut  devint  sans  partage  seigneur  de  Malines.  Florent 
Berthout  avait  cédé  tous  ses  droits  sur  la  principauté  (3). 


(i)  L'année  suivante,  vers  le  mois  d'octobre,  Adolphe  et  Jean  eurent  une 
entrevue  à  l'abbaye  de  Vlierbeek.  Jean  de  Hocsem,  qui  était  présent, 
raconte  que  les  deux  princes  contractèrent  alliance  et  que  le  jeune  duc  fit 
hommag:e  à  l'évêque,  d'une  manière  fort  indéterminée,  des  fiefs  qu'il  tenait 
de  lui.  Il  n'y  fut  donc  probablement  pas  question  explicitement  de  Malines. 
Chapea VILLE,  0.  c,  t.  II,  p.  373. 

(2)  VAN  DEN  Branden,  0.  C,  p.  i5g. 

(3)  Guillaume  s'engageait  à  servir  à  Florent  Berthout  et  à  ses  descendant?, 
une  rente  annuelle  de  23oo  livres  tournois,  sans  préjudice  d'un  capital  de 
23,ooo  livres,  à  verser  immédiatement.  L'acte  du  i  mars,  qui  en  fait  foi,  a  été 
publié  par  Butkens,  o.  c,  t.  I,  preuves,  p.  149,  et  Van  Mieris,  Charterboek  der 
graven  van  Holland,  t,  II,  p.  i5i.  Des  actes  subséquents  se  trouvent  dans 
Devillers,  0.  c,  t.  III,  pp.  58,  63  et  64  et  Van  Mieris,  0.  c,  t.  II,  p.  i53. 


gÔ  LES    ALIÉNATIONS    DE    MALINES 

Le  duc  élevait  des  prétentions  sur  la  collation  des  droits 
des  Berthout  et  s'était  plaint  à  Guillaume  lui-même,  de 
prétendues  usurpations  de  l'évêque  à  ce  sujet.  Des  diffi- 
cultés surgirent  entre  les  deux  alliés.  La  querelle  ne  se 
prolongea  pas  cependant  :  le  comte  avait  hâte  de  prendre 
possession  de  ses  nouveaux  pouvoirs,  il  céda  et  fit  hom- 
mage à  Jean  III  (i). 

Les  actes  scabinaux  de  cette  époque  portent  la  trace 
des  changements  survenus  à  Malines  :  ils  sont  donnés 
au  nom  du  comte  de  Hainaut  et  de  Hollande.  La  distinc- 
tion des  droits  acquis  du  prince-évêque  et  de  ceux 
achetés  à  Florent  Berthout  y  est  nettement  accusée. 
L'engagère  y  paraît  provisoire,  la  vente  conclue  entre 
Guillaume  et  Berthout  semble  définitive  (2).  Le  comte 
espérait  que  la  cession  faite  par  Adolphe  de  la  Marck 
allait  se  transformer  en  aliénation  irréformable  ;  à  l'expi- 
ration du  terme  de  cinq  ans,  l'évêque,  il  en  avait  la 
conviction,  n'aurait  pu  rembourser  la  somme  avancée. 
Mais  Adolphe  y  avait  pourvu.  Les  guerres  civiles  qui 
avaient  ensanglanté  sa  principauté  avaient  pris  fin  par  la 
paix  de  Fexhe-le-haut-Clocher,  de  i3i6.  En  vertu  d'une 
clause  additionnelle  du  traité  de  Fexhe,  les  habitants  de 
Huy  furent  condamnés  à  fournir  une  somme  de  treize 
mille  livres  tournois,  qui  servit  entre  autres  au  rachat  de 
Malines  (3).  Le  comte  de  Hainaut  eut  voulu  conserver  la 
ville,  mais  les  termes  de  l'engagement  étaient  formels. 
Le  22  juin  i3i8,  Guillaume  reconnaissait  être  rentré  en 


(1)  DyNTER,  0.  C,  t.  II,  p.  654;  BUTKENS,  0.  C,  t.  I,  p.  387. 

(2)  La  formule  :  «  a  Domino  Episcopo  Leodiensi  ac  Domino  Floreniio  Beriaiit 
dépend.  »  est  remplacée  par  la  suivante  :  «  a  Domino  comité  Hanonie  ac  Hollan- 
die  dépend,  tam  de  bonis  que  possidet  loco  Domini  Episcopi  quam  de  bonis  propriis  per 
ipsum  Domimim  comitem  hereditario  acquisitis  ». 

(3)  Cette  stipulation  ne  faisait  que  confirmer  une  des  conditions  de  la  paix 
de  Hansinelle,  du  20  août  1314.  Bormans,  Recueil  cite,  i'"  série,  pp.  i5o  et  i58; 
Bâcha,  0.  c,  p.  279. 


AU    XIV^   SIÈCLE  97 


possession  de  la  somme  prêtée  au  prince-évêque  (i). 
L'année  suivante,  il  leva  le  serment  par  lequel  les  ma- 
gistrats s'étaient  liés  envers  lui  et  leur  recommanda 
d'obéir  à  Adolphe  de  la  Marck  (2).  Dès  lors,  les  droits 
attachés  à  l'avouerie  n'avaient  plus  la  même  importance. 
Le  25  mai  i3i8,  Guillaume  accorda  la  possession  de  la 
ville  et  de  la  seigneurie  à  Florent,  qui  reprit  aussitôt  le 
titre  de  seigneur  de  Malines  (3). 

Les  actes  malinois  prouvent  le  rétablissement  de  la 
situation  d'autrefois,  on  est  revenu  dès  i3ig  aux  formules 
de  i3i3  :  Guillaume  n'est  plus  mentionné  à  un  titre  quel- 
conque ;  par  contre,  il  est  question  de  l'évêque  et  de 
Berthout  (4).  Si  les  actes  civils  sont  rendus  au  nom  de 
l'évêque  de  Liège,  les  Malinois  se  croient  obligés,  en 
vertu  du  traité  de  i3i5,  à  combattre  sous  les  drapeaux 
brabançons.  La  guerre  de  Fauquemont  fournit  l'occasion 
de  remplir  cet  engagement.  Le  seigneur  de  cette  ville  ne 
cessait  de  léser  dans  leurs  intérêts  les  habitants  de 
Maestricht  et  tâchait,  par  ces  exactions,  de  remédier  à 
l'état  déplorable  de  ses  finances.  Fatigué  de  présenter  de 
stériles  récriminations,  le  jeune  duc  de  Brabaut  franchit 
la  Meuse,  à  la  tête  d'une  armée,  dans  le  cours  de  l'été  de 
i3i8.  Les  Malinois  se  distinguèrent  brillamment  dans 
cette  campagne,  la  prise  de  la  place  forte  de  Sittard,  prin- 
cipale opération  militaire  de  cette  guerre,  fut  en  bonne 
partie  leur  œuvre.  La  ville  de  Sittard  et  la  citadelle  de 


(1)  BORMANS  et  SCHOOLMEESTERS,  0.  C,  t.  III,  p.   179. 

(2)  Les  lettres  sont  datées  de  Dordrecht,  23  octobre  iZig.  Les  Malinois 
sont  relevés  du  serment  prêté  successivement  à  Guillaume,  comme  rem- 
plaçant de  l'évêque  et  comme  acquéreur  des  droits  des  Berthout  G(yse- 
leers-T(hys),  Additions  et  Corrections,  t.  I,  p.  74;  Van  Doren,  0.  c,  t.  I, 
p.  49. 

(3)  L'abandon  fait  par  Guillaume,  le  22  mars  i322,  des  bénéfices  provenant 
de  la  seigneurie,  ne  concerne  plus  des  droits  de  souveraineté.  Devillers, 
0.  c,  t.  III,  pp.  80  et  798. 

(4)  G(yseleers)-T(hys),    Tyd-Reken-Kundige   Beschrijvinge,    3'i°    afleveritig, 

p.  25. 


g8  LES   ALIÉNATIONS    DE    MALINËS 

Heerle,  enlevées  au  sire  de  Fauquemont,  furent  depuis  ce 
moment  réunies  au  duché  de  Limbourg  (i). 


III 

Vicissitudes    de  la    Seigneurie  jusqu'à   la   vente 
de  Malines  au  comte  de  Flandre  (1328-1333). 

La  prospérité  croissante  de  Malines  et  sa  situation 
favorable  au  commerce  donnaient  à  la  ville  une  impor- 
tance exceptionnelle.  Malheureusement,  l'évêque  de 
Liège  n'avait  ni  le  pouvoir,  ni  le  goût  d'en  recueillir  tous 
les  bénéfices  :  en  réalité,  la  seigneurie  formait  une  répu- 
blique indépendante,  presque  toujours  alliée  à  l'ennemi 
né  des  Liégeois,  le  duc  de  Brabant.  C'est  dire  qu'Adolphe 
de  la  Marck  eût  cédé  volontiers  la  seigneurie  à  un  prince 
qui  lui  offrirait  une  suffisante  compensation  pécuniaire. 
La  possession  de  la  ville  devient  dès  lors  l'objet  d'ar- 
dentes convoitises.  Plus  que  tout  autre,  le  duc  Jean 
désirait  rendre  permanente  et  légitimer  en  droit  l'in- 
fluence si  fréquemment  exercée  dans  l'enclave  liégeoise. 
D'autre  part,  sur  ce  point  une  entente  avec  le  prince- 
évêque  paraissait  impossible.  Jean  III  espérait-il  des 
jours  plus  favorables  ou  comptait-il  sur  l'œuvre  du  temps 
pour  consolider  juridiquement  une  situation  existante  en 
fait?  Quoiqu'il  en  soit,  l'occupation  de  Malines  par  un 
prince  capable  d'y  maintenir  son  autorité,  d'utiliser 
l'acquisition  de  la  seigneurie,  lui  eût  été  intolérable. 
L'engagement  de  ne  pas  acheter  Malines  semble  dès 
lors  une  condition  assez  naturelle  d'une  alliance  braban- 
çonne. x'\insi,  lisons-nous  dans  le  traité,  conclu  le  6  août 


(i)  HocsEM  dans  Chapeaville,  o.  c,  t.  II,  p.  376,  et  dans  Bâcha,  p.  c,  p.  280; 
De  Klerk,  0.  c,  t.  I,  p.  453;  Dynter,  0.  c,  t.  II,  p.  496.  , 


AU    XIV^   SIÈCLE  99 


i328,  entre  Jean  III  et  Guillaume  de  Hainaut  :  «  Encore 
sommes  accord  et,  pour  débas  eskiuwer  et  pais  entirement 
à  nourir  entre  nous  et  nos  pays,  ke  nuls  de  nous  n'aquerra, 
par  quelconques  causes  u  titèles  que  ce  soit,  le  part 
ne  le  droiture  que  li  evesque  de  Liège  et  li  église  de 
Liège  ont  et  avoir  pueent  en  la  ville  de  Malinnes, 
ne  es  appendances  u  appartenances,  ceste  alloiance  du- 
rant »  (i). 

Dans  la  principauté  liégeoise,  des  luttes  se  succédaient 
sans  interruption.  Les  rivalités  de  Dinant  et  de  Bou- 
vignes  avaient  causé  la  mort  de  nombreuses  victimes; 
Liégeois  et  Namurois  dévastaient  à  l'envi  les  frontières 
des  deux  pays.  A  peine  la  paix  est-elle  conclue,  que 
d'autres  querelles  non  moins  acharnées  éclatent  :  la 
haine  des  Awans  et  des  Waroux  se  réveilla  plus  furieuse 
que  jamais.  Adolphe  de  la  Marck  recourut  à  une  nou- 
velle engagère  de  Malines.  En  i328,  la  ville  était  cédée 
à  Renaud  de  Gueldre,  moyennant  paiement  de  douze 
mille  florins.  Si  cette  aliénation  avait  acquis  de  la  stabi- 
lité, les  descendants  des  Berthout  auraient  pu  un  jour 
réunir  tous  les  droits  dans  la  seigneurie.  Le  comte 
Renaud  accompagna  son  allié,  le  prince-évêque,  au  siège 
de  Tongres,  mais  l'abandonna  bientôt  et  quitta  la  place 
dès  le  début  des  opérations.  Cette  déloyauté  amena 
Adolphe  à  révoquer  l'engagère  :  dès  i32g,  la  somme 
versée  par  Renaud  de  Gueldre  était  remboursée  (2). 

Déjà  le  comte  de  Flandre,  Louis  de  Nevers,  s'était 
fait  le  bailleur  de  fonds  de  l'évêque  de  Liège.  Il  lui  avait 
avancé  une  somme  de  vingt  mille  florins  en  1627  ;  il  fut 
entendu  alors  que  Malines  constituerait  la  garantie  du 


(i)  Devillers,  0.  c,  t.  III,  p.  198;  Van  Mieris,  0.  c,  t.  II,  p.  466. 

(2)  HocsEM  dans  Chapeaville,  o.  c,  t.  II,  pp.  401  et  404,  et  dans  Bâcha, 
0.  c,  p.  3oo.  —  Malines  aurait  été  engagée  d'abord  au  comte  de  Gueldre, 
ensuite  au  Hainaut,  et  les  deux  engagères  seraient  antérieures  à  l'épiscopat 
d'Adolphe  de  la  Marck,  d'après  Pirenne,  0.  c,  t.  II,  p.  19. 


lOO  LES   ALIENATIONS    DE    MALINES 

paiement  de  la  dette  (i).  Un  peu  plus  tard,  la  cession 
de  Malines  sembla  un  fait  accompli.  Dans  une  lettre 
adressée  à  l'évêque  et  au  chapitre  de  Liège,  le  20  juillet 
1329,  Jean  XXII  se  plaignit  de  la  vente  de  Malines  au 
comte  de  Flandre  et  des  hostilités  qui  l'avaient  suivie  (2). 
La  tranquillité  de  nos  provinces  exigeait  impérieusement 
le  maintien  du  statu  quo  à  Malines.  On  s'en  rendit 
compte  à  Avignon,  et  les  papes  multiplieront  leurs 
efforts  pour  empêcher  les  princes-évêques  de  détacher  la 
seigneurie  de  leurs  autres  états. 

Les  dispositions  des  esprits  n'étaient  rien  moins  que 
pacifiques  en  i32g.  La  guerre  contre  le  sire  de  Fauque- 
mont  s'était  rallumée.  Cette  seconde  expédition  fut  aussi 
heureuse  pour  le  duc  de  Brabant  que  la  précédente. 
Fauquemont,  pris  le  9  mai,  subit  la  destruction  de  sa 
citadelle  et  de  ses  murs.  Ce  n'était  que  le  prélude  de 
conflagrations  autrement  importantes.  Renaud  de  Fau- 
quemont avait  été  soutenu  dans  ses  entreprises  par  Jean 
l'Aveugle,  parent  du  duc  (3).  Ils  se  réfugièrent  l'un  et 
l'autre  à  la  cour  de  France.  Réduits  à  une  impuissance 
complète,  ils  imaginèrent  de  soumettre  leurs  différends 
avec  Jean  III  à  l'arbitrage  de  Philippe  VI.  Celui-ci  en 
informa  le  duc  qui,  décidé  à  conserver  intégralement  sa 
conquête,  déclina  la  médiation  (4).  Ce  refus  humilia 
sensiblement  le  monarque.  La  rupture  fut  ensuite  con- 
sommée par  l'hospitalité  offerte  dans  le  Brabant  à  Robert 


(i)  Kervyn,  0.  c,  p.  167. 

(2)  Anal3'sé  dans  Riiîzler,  Vatihanische  Ahten  sur  Zeii  Lndivigs  des  Bayern, 
p.  423. 

(3)  Jean  l'Aveuo^le,  cousin  germain  de  Jean  III,  était  fils  de  Marguerite  de 
Brabant,  sœur  de  Jean  II.  La  couronne  de  Bohême,  qu'il  obtint  par  sa 
femme,  ne  lui  apporta  aucun  profit;  il  voulut  donc  relever  son  pouvoir  en 
s'agrandissant  dans  nos  régions,  son  séjour  habituel.  C'est  dans  ce  but 
qu'il  éleva  des  prétentions  sur  une  part  de  la  succession  de  son  aïeul 
Jean  I. 

(4)  Dynter,  0.  c,  t.  II,  p.  556. 


AU    XIV^   SIÈCLE  lOI 


d'Artois  (i).  Les  laborieuses  intrigues  ourdies  par  Jean 
l'iA-veugle  allaient  aboutir  :  avec  un  chef  aussi  puissant 
que  Philippe,  la  coalition  formée  contre  le  duc  devenait 
formidable.  Adolphe  de  la  Marck  y  trouvait  sa  place 
marquée  :  les  sujets  de  plainte  ne  lui  manquaient  pas. 
La  principauté  venait  d'être  profondément  bouleversée 
par  les  émeutes  de  Pierre  Andricas  ;  choisissant  son 
moment,  Jean  III  avait  pris  d'assaut  la  ville  de  Malines. 
L'opposition  aux  Liégeois  triomphait  :  la  bourgeoisie, 
restée  en  bonne  partie  fidèle  à  la  cause  brabançonne, 
avait  réservé  au  duc  le  plus  joyeux  accueil  (2). 

Les  Malinois  se  lancèrent  dans  la  lutte  avec  ardeur  : 
leur  contingent  accourut  le  premier  à  Heylissem,  à  l'appel 
du  duc;  l'entrée  en  négociations  provoquera  parmi  eux 
des  manifestations  de  vif  mécontentement.  Les  alliés 
dévastèrent  le  Brabant  au  printemps  de  i332.  Presque 
aussitôt  les  affaires  changèrent  brusquement  de  face. 
Jean  XXII,  organisateur  zélé  de  la  guerre  sainte,  souffrit 
des  complications  élevées  en  Lotharingie.  Les  projets  de 
croisade,  fort  avancés,  paraissaient  à  la  veille  de  leur 
réalisation.  Le  moment  était  propice  :  les  rois  de  France 
et  d'Angleterre  se  montraient  sympathiques  à  l'expédi- 
tion; les  relations  des  deux  monarques  justifiaient  encore 
l'espoir  d'une  action  combinée  de  leurs  pays  (3).  Dès  le 


(i)  Beau-frère  de  Philippe  VI,  dont  il  avait  épousé  la  sœur,  Robert 
d'Artois  fit  de  vains  efforts  pour  obtenir  le  comté  d'Artois  dévolu  à  sa  tante 
Mathilde.  Pour  entrer  en  possession  du  fief  qu'il  convoitait,  il  ne  craignit 
pas  de  recourir  à  des  pièces  fausses.  Banni  du  royaume  de  France  au  mois 
de  mai  i332,  il  se  réfugia  sur  les  terres  du  duc  de  Brabant,  où  il  trouva  un 
abri  au  manoir  d'Argenteau.  Il  se  rendit  plus  tard  en  Angleterre  et  y 
engagea  Edouard  III  à  faire  valoir  ses  droits  sur  la  couronne  de  France. 
Ses  excitations  eurent  une  influence  déterminante  sur  l'ouverture  de  la 
guerre  de  Cent  ans.  Jehan  le  Bel,  Chroniques,  édit.  Polain,  t.  I,  p.  gS; 
Froissart,  Chroniques,  édit.  Kervyn  de  Lettenhove,  t.  XVII,  p.  3co,  et  t.  XX, 
p.  144;  De  Klerk,  0.  c,  t.  I,  p.  492. 

(2)  Jean  des  Prkis,  o.  c,  t.  VI,  p.  485. 

(3)  Lot,  Projets  de  croisade  sot{s  Charles  le  Bel  et  sous  Philippe  VI  de  Valois, 
p.  5o3  (Bibl.  Ecole  des  Chartes,  t.  XX);  Déprez,  Les  Préliminaires  de  la  Guerre  de 
cent  ans,  p.  85  (Bibl.  Ecoles  françaises  d'Athènes  et  de  Rome,  t.  LXXXV,  1902). 


I02  LES   ALIÉNATIONS    DE    MALINES 


10  avril,  le  Souverain  Pontife  avait  écrit  à  Philippe  VI, 
une  lettre  par  laquelle  il  le  pressait  d'arrêter  les  hosti- 
lités (i).  La  tête  de  l'opposition  vint  à  défaillir  :  le  roi  de 
France  s'établissait  médiateur  entre  les  parties  et  procla- 
mait une  trêve  d'une  année.  Ses  griefs  personnels  contre 
le  duc  s'évanouissaient  avec  le  départ  de  Robert  d'Artois. 
Jean  de  Brabant,  qui  avait  répudié  naguère  l'intervention 
royale,  se  soumettait  sans  réserves  au  jugement  que  por- 
tera Philippe  sur  les  conflits  avec  les  divers  alliés  (2). 
Quelques  jours  plus  tard,  le  8  juillet,  le  traité  de  Crève- 
cœur  en  Brie  opérait  une  union  intime  entre  la  maison 
de  Brabant  et  celle  de  Valois.  On  y  stipula  le  mariage 
de  Marie  de  France,  fille  de  Philippe  VI  et  de  Jean, 
héritier  présomptif  de  la  couronne  ducale  (3).  Le  jeune 
prince  avait  été  précédemment  fiancé  à  une  fille  de  Guil- 
laume de  Hainaut.  Jean  III  sacrifiait  ainsi  l'amitié  de  ce 
dernier.  Le  commencement  des  pourparlers  dut  coïncider 
à  peu  près  avec  les  débuts  des  opérations  militaires.  Jean 
Desprez  nous  a  transmis  le  texte  d'un  jugement  prononcé 
entre  Jean  III  et  Adolphe  de  la  Marck  par  l'évêque  de 
Térouanne,  l'abbé  de  St-Nicaise  de  Reims  et  d'autres 
représentants  du  roi,  le  dimanche  14  juin  (4).  Il  y  est  dit 
que  le  prince-évêque  a  protesté  qu'il  ne  pourrait  recon- 
naître des  stipulations  contraires  aux  engagements  con- 
clus avec  le  comte  de  Flandre  au  sujet  de  Malines.  Le 
document  en  question  répondant  aux  griefs  articulés  par 


(1)  RiEZLER,  0.  C,  p.  529. 

(2)  Gachakd,  Bulletin  cité.  p.  276. 

(3)  ViARD,  La  France  sons  Philippe  VI  de  Valois,  dans  la  Revue  des  Questions 
Historiques,  t.  LIX,  1896,  p.  366. 

(4)  Jean  des  Preis,  0.  c,  t.  VI,  p.  5o8.  Ea  i332,  le  dimanche  suivant  la 
St-Barnabé,  n'était  pas  le  12  juin,  comme  le  porte  la  transcription  du 
document,  mais  le  14.  —  Jean  de  Vienne,  doyen  de  l'église  du  Mans 
jusqu'au  5  avril  1328,  devint  ensuite  évêque  d'Avranches.  Transféré  de  ce 
siège  à  celui  de  Térouanne,  en  i33o,  il  resta  attaché  à  cette  église  pendant 
4  ans.  Du  12  octobre  13-4  jusqu'à  sa  mort,  survenue  le  14  juin  i35i,  il  fut 
archevêque  de  Reims.  Eubel,  0.  c,  t.  I,  pp.  64,  367  et  440. 


AU    XIV^    SIÈCLE  I03 


l'évêque  et  communiqués  à  Philippe  VI,  constitue  des 
propositions  provisoires.  L'évêque  Ghini  d'Arras  et  Hues 
Quireis,  maitre  d'hôtel  du  roi  de  France,  arrivèrent  dans 
nos  régions,  afin  de  préparer,  sur  la  base  de  cette  sen- 
tence, l'adoption  des  conditions  de  paix  définitive  qui 
allaient  être  arrêtées  à  Cambrai,  après  l'expiration  de  la 
trêve  d'un  an  (i).  Ils  se  rendirent  dans  diverses  villes, 
notamment  à  Bruxelles  et  à  Malines;  leurs  travaux  les  y 
absorbèrent  pendant  de  nombreuses  journées  (2).  Les 
deux  commissaires  français  prononcèrent  le  jugement 
pacifique  à  Cambrai,  le  20  mai,  en  présence  du  duc  de 
Brabant  et  des  représentants  d'Adolphe  de  la  Marck  (3). 
L'apaisement  obtenu  ne  fut  que  momentané.  En  s'abste- 
nant  de  résoudre  le  problème  malinois,  l'évêque  d'Arras 
et  Hues  Quireis  laissaient  la  porte  ouverte  à  de  nouveaux 
conflits.  Louis  de  Nevers,  présent  lui   aussi  à  Cambrai, 


(i)  André  Ghini  de  Malpighi,  trésorier  de  l'église  de  Reims,  fut  nommé, 
le  18  décembre  1329,  évêque  d'Arras,  par  Jean  XXII.  Le  12  septembre  i334, 
il  fut  transféré  au  siège  de  Tournai.  Dans  sa  première  promotion  du  20 
septembre  1342,  Clément  VI  le  créa  cardinal  du  titre  de  S  e-Suzanne.  Ghini 
quittait  la  curie  pour  se  rendre  en  Aragon,  le  i  février  1343.  Il  mourut  à 
Perpignan,  le  2  juin  1343.  Eubel,  0.  c,  t.  I,  pp.  17,  46,  117,  5i6.  —  Hue 
Quieret,  chevalier,  figure  dans  les  journaux  du  Trésor  de  i332  comme 
maître  de  l'hôtel  et  chambellan  de  Philippe  de  Valois.  Sa  mission  dans 
nos  provinces  ne  fut  pas  la  seule;  en  février  i336,  il  se  rendit  auprès  de 
Benoit  XII  et  alla  préparer  le  terrain  en  vue  de  la  visite  du  roi  à  Avignon. 
Amiral  depuis  i336,  il  commanda  à  diverses  reprises  des  croisières  dans 
la  Manche  et  la  mer  du  Nord,  pour  donner  la  chasse  aux  navires  anglais 
transportant  les  laines.  Sa  flotte,  qui  emporta  la  ville  de  Southampton  en 
i338,  était  munie  de  bouches  à  feu.  Hue  Quieret  exerça  également  un 
commandement  à  la  bataille  navale  de  l'Ecluse,  du  24  juin  1340,  dans 
laquelle  il  perdit  la  vie.  Déprez,  0.  c,  passim;  Viard,  0.  c,  p.  400;  Les 
Grandes  Chroniques  de  St-Denis,  édit.  Paris,  t.  V,  p.  387. 

(2)  C'est  en  présence  des  deux  fondés  de  pouvoir  de  Philippe  VI  que  le 
comte  de  Flandre  et  le  comte  de  Gueldre  se  rencontrèrent  à  Malines  le 
14  avril  i333.  Les  difficultés  qui,  à  la  suite  du  traité  de  Crèvecœur  avaient 
surgi  entre  le  duc  et  le  comte  de  Hainaut,  les  occupèrent  particulièremen^ 
On  y  projeta  une  seconde  réunion,  à  tenir  le  22  juillet,  et  à  laquelle  assis- 
teraient aussi  Jean  III  et  Guillaume.  Devillers,  0.  c,  t.  III,  p.  298; 
Van  Mieris,  0.  c,  t.  II,  p.  541. 

(3)  Jean  des  Preis,  0.  c,  t.  VI,  p.  5i2. 


I04  LES    ALIENATIONS    DE    MALINES 

s'aboucha  avec  les  chanoines  de  St-Lambert,  députés 
par  le  prince-évêque.  Il  leur  représenta  combien  les  sym- 
pathies de  Philippe  VI  pour  le  duc  de  Brabant  étaient 
préjudiciables  aux  intérêts  liégeois.  Jean  III  s'était  em- 
paré de  Malines  et  la  sentence  d'arbitrage  ne  soufflait 
mot  de  la  restitution  de  la  seigneurie  à  Adolphe  de  la 
Marck.  Pour  rentrer  en  possession  de  ce  territoire,  les 
Liégeois  devraient  monter  une  expédition  militaire  des 
plus  onéreuses.  Mieux  valait  donc  presser  la  vente,  dont 
il  était  question  depuis  si  longtemps.  Le  22  mai,  Louis 
délivrait  procuration  à  son  cher  et  aimé  clerc  et  conseiller, 
Jean  de  Cadzand,  pour  négocier  l'achat  de  Malines  (i). 

Nous  espérons  publier  prochainement  le  dévelop- 
pement et  la  continuation  de  cette  étude,  avec,  en 
annexe,  diverses  pièces  justificatives  inédites. 

Chanoine  Kempeneer. 


(i)  Nous  lo3'S  cuens  de  flandre,  de  nevers  et  de  relhest  faisons  savoir 
atous  que  nous  avons  donne  et  donnons  par  ces  présentes  pooir  et  man- 
dement especial  a  notre  chier  et  ame  clerc  et  consellier,  maistre  Jehan  de 
Caedzant  de  traiter  au  nom  de  nous  et  pour  nous  a  révèrent  père  en  Dieu 
mess.  Adolf  par  la  grâce  de  Dieu  evesque  dou  liège  notre  cousin  et  a 
honnour.  hommes  le  doyen  et  le  capitle  del  église  dou  liège  et  atous  aultres 
a  qui  il  appartient  ou  puet  appartenir  sur  le  vendage  et  achat  de  la  ville  de 
Maalines  et  des  appcrtenances  dycelle  et  de  achater  dycelle  pour  cous  et  a 
notre  oes  et  de  nous  obligier  atenir  lâchât  de  ladicte  ville  et  appertenances 
et  a  paier  les  deniers  pour  lesquels  elle  soit  a  notre  oes  et  lui  achetée 
et  de  faire  tout  che  qui  au  dit  achat  appartendra  ou  sera  proufitable  ou 
nécessaire  et  que  nous  en  ce  cas  feriens  ou  faire  pourriens  se  présent  y 
estiens.  Et  promettons  sus  lobligacon  de  tous  nos  biens  avoir  ferme  et 
estable  tout  ce  que  par  notre  dit  clerc  sera  fait,  convenanchiet  et  procurée 
es  choses  dessus  dites  et  chascunedj'celles.  En  tesmoing  desquelles  choses 
nous  avons  fait  mettre  notre  scel  en  ces  présentes  lettres  qui  furent  faites 
et  donées  a  Cambray  le  velle  de  la  penthecouste  xxii  jours  de  may  lan 
de  grâce  mil  CCCXXXIII.  Archives  générales  du  royaume,  Inventaire  des 
Registres  des  chambres  des  comptes,  t.  I,  p.  2i5,  n°  47;  Archives  du  Nord  à 
Lille,  Inventaire  sommaire  des  archives  de  la  chambre  des  comptes  par  Desplanque, 
t.  II,  p.  64. 


BBKl 


L'Hôtel  de  ville  de  Malines 


SON    ORIGINE,    SON    HISTOIRE    ET    SA    RESTAURATION 


Conférence  donnée  au  Cercle  Archéologique 
par  le  Chanoine  G.  van  Casier,   le  4  août  igoS 


Messieurs, 


EPUis  de  longues  années  déjà,  nous  avions,  à 
diverses  occasions,  exprimé  le  désir  de  voir  les 
façades  de  l'Hôtel  de  ville  rétablies  dans  leur 
état  primitif.  Chaque  fois  que  l'on  renouvelait 
les  couches  de  peinture,  nous  regrettions  que,  sous  pré- 
texte d'économie,  les  édiles  faisaient  régulièrement  une 
dépense  assez  ronde  et  fort  inutile.  Le  badigeon,  pour 
être  composé  de  céruse  et  d'huile,  n'en  est  pas  plus  artis- 
tique. Et  cependant,  depuis  plus  d'un  siècle,  il  a  la 
prétention  de  faire  la  toilette  de  notre  vieux  Beyaerd 
(c'est  le  nom  que  portait  autrefois  l'Hôtel  de  ville  de 
Malines). 


io6 


Désirant  arriver  à  une  solution  pratique,  nous  don- 
nâmes à  notre  Cercle,  le  3  avril  igo3,  une  conférence  sur 
l'état  de  délabrement  extérieur  du  Beyacrd,  et  la  néces- 
sité de  mettre  la  main  à  l'œuvre  pour  rendre  au  monu- 
ment son  aspect  d'autrefois. 

Comme  suite  à  cette  conférence,  il  fut  décidé  d'écrire, 
au  nom  du  Cercle,  à  l'Administration  communale,  et  de 
lui  demander  qu'après  avoir  poursuivi  déjà  la  restaura- 
tion de  plusieurs  maisons  appartenant  à  des  particuliers, 
elle  voulut  bien  s'intéresser  aussi  à  la  restauration  de  la 
Maison  de  tous  les  habitants  de  la  ville.  Voici  la  teneur 
de  cette  missive  : 

Malines,  le  3  avril  1903. 

Messieurs  les  Bourgmestre  et  Echevins 
de  la  Ville  de  Malines, 

Notre  Cercle  Archéologique  a  déjà  recommandé  à  votre  sollicitude 
les  façades  de  plusieurs  habitations  bourgeoises,  dont  l'état  de  déla- 
brement réclamait  une  restauration  urgente.  Vous  ne  vous  êtes  pas 
contentés,  Messieurs,  de  contribuer  largement  aux  dépenses  exigées 
par  les  travaux  de  ce  genre.  Vous  avez  trouvé  le  moyen  de  perpétuer 
votre  œuvre  en  rendant  la  Ville  propriétaire  des  façades  dont  vous 
avez  entrepris  et  achevé  la  restauration  ou  même  la  réfection  com- 
plète. 

Nous  pensons  que  le  moment  est  venu  d'attirer  votre  attention  sur 
les  façades  d'une  maison  qui  doit  intéresser  tous  les  habitants  de  la 
Ville,  et  en  particulier  les  membres  de  l'Administration  communale. 

L'ancien  Magistrat  de  notre  cité  en  prit  possession  en  1474.  Le 
bâtiment  principal  date  au  moins  du  xiv%  si  pas  du  xiii''  siècle.  Il 
conserva  sa  physionomie  primitive  jusqu'au  xviii^  On  démolit  alors 
le  pignon  regardant  la  Grand'  place;  les  fenêtres  furent  privées  de 
leurs  croisillons,  garnies  de  faux  appuis  à  balustres,  et  de  volets  à 
jalousies.  Les  lucarnes  à  gradins  furent  également  enlevées,  pour  faire 
place  à  une  corniche  immense,  qui  paraît  construite  pour  abriter  les 
passants.  Les  murs  en  pierre  furent  cachés  sous  un  crépi  épais  recou- 
vert lui-même  de  couleur  à  l'huile. 

Depuis  bientôt  deux  siècles,  cette  façade  occasionne,  à  intervalles 


Planche  II  —  Hôtel  de  ville  de  ft'alines 
Façade    latérale    S.-E.,    vers    la    Grand'    place 


Etat  actuel  (UMVi) 


DE    MALINËS  I07 


réguliers  de  cinq  à  six  années,  des  dépenses  assez  rondes  dont  on 
pourrait  réduire  la  fréquence  par  une  restauration  bien  comprise  et 
exécutée  dans  de  bonnes  conditions. 

Notre   Hôtel  de  ville,  restauré  comme   il  mérite   de  l'être,  fera 
honneur  à  l'Administration  qui  lui  aura  rendu  son  aspect  primitif. 
Agréez,  Messieurs,  l'assurance  de  notre  considération  la  plus  dis- 
tinguée. 

Le  Secrétaire,  Le  Président, 

H.  CoNiNCKX.  G.  VAN  Caster,  chan. 

Au  commencement  de  cette  année,  on  entama  enfin  le 
dérochage  des  diverses  façades,  et  bientôt  le  monument 
se  montra  à  nos  regards  avec  des  témoignages  assez  nom- 
breux pour  permettre  une  restitution  complète  de  son 
état  antérieur  (voyez  planches  I  et  II). 

A  la  demande  de  M.  l'Échevin  des  Travaux  publics, 
nous  mîmes  la  question  de  la  restauration  de  l'Hôtel  de 
ville  à  l'ordre  du  jour  de  la  séance  de  notre  Cercle,  tenue 
le  3  mars  dernier.  Nous  avions  cru  que  le  sujet,  si  inté- 
ressant pour  divers  motifs,  aurait  provoqué  un  échange 
de  vues  et  fourni  des  renseignements  historiques  per- 
mettant, si  pas  une  conclusion  immédiate  —  que  l'on 
aurait  pu  considérer  à  juste  titre  comme  intempestive,  — 
du  moins  quelques  conjectures  pouvant  servir  de  base 
à  un  projet  de  restauration. 

N'étant  pas  préparé  moi-même,  j'aurais  préféré  m'in- 
struire  davantage  avant  de  prendre  part  à  la  discussion  ; 
mais  personne  ne  demandant  la  parole,  je  fus  obligé  de 
conférer  à  l'improviste,  me  rappelant  ce  que  mes  souvenirs 
avaient  pu  garder.  Je  fis  un  résumé  succinct  de  l'histoire 
du  Beyaerd,  et  complétai  ce  récit  en  expliquant  comment 
je  concevais  la  restauration  désirée. 

La  conférence  d'aujourd'hui  ne  sera  donc  pour  ainsi 
dire  que  le  développement  de  ce  que  disais  très  sommai- 
rement à  la  séance  du  3  mars. 


io8  l'hôtel  de  ville 


Restaurer  un  bâtiment,  c'est  remettre  à  sa  construction 
une  partie  usée  ou  disparue.  Pour  bien  restaurer,  il  faut 
nécessairement  se  borner  à  refaire  ce  qui  existait  d'abord, 
et  surtout  se  garder  de  modifier,  sous  prétexte  de  vouloir 
embellir. 

Mais  pour  refaire,  il  faut  connaître  ce  qui  était  autre- 
fois, et  consulter  les  sources  qui  peuvent  fournir  les 
renseignements  indispensables.  Dans  le  cas  présent, 
nous  avons  les  Archives  de  la  Ville,  des  peintures  fort 
anciennes,  des  dessins  plus  ou  moins  corrects,  et  enfin 
le  bâtiment  lui-même. 


Ce  que  les  Archives  nous  apprennent 
au  sujet  du  «  Beyaerd  » 

Le  plus  ancien  document  relatif  à  l'Hôtel  de  ville,  est 
une  reconnaissance  du  Magistrat  de  Malines,  qui  s'engage, 
«  en  corps,  à  payer  en  déans  les  quinze  jours  après  Pâques 
i3ii,  au  lombard  Berard  de  Croisilles,  la  somme  de 
5o  livres  de  gros  tournois  pour  l'achat  de  la  maison  des 
Caorsins,  appartenant  à  Denis  de  la  Rocq,  aussi  lom- 
bard. En  outre,  chacun  des  membres  du  Magistrat  donne 
en  garantie  ses  meubles  et  immtmbles  quelconques.  Le 
paiement  devra  se  faire  entre  les  mains  du  dit  Berard, 
ou  au  porteur  de  cette  lettre  de  reconnaissance,  datée  du 
I  août  i3io,  »  et  dont  voici  le  texte  : 

A  tous  chiaus  que  ces  présentes  lettres  verront  et  orront,  li  maistre 
dou  commun  eschevin  jurés  consaus  et  toute  li  communités  de  la 
Ville  de  Malines  salus  et  connissance  de  veritei. 

Sachent  tuit  que  nous  devons  et  sommes  tenu  et  cascuns  de  nous 
pour  le  tout  à  no  boin  ami  Berard  de  Croisilles,  lombard,  depar  Denis 
de  la  Rocq,  lombard,  chyunquante  libras  de  gros  tornois  vies  dou  roy 
de  France,  boins  et  loiaus  pour  le  raison  del  héritage  à  tout  le  trefîons 
et  toutes  ses  appartenanches,  con  appièle  le  maison  des  Caorsins, 


DE    MALINES  ^  lOQ 


séant  daleis  lattre  Saint  Rommoud  à  Malines;  le  quel  li  dis  Denis  vendi 
aie  ville  de  Malines;  les  quels  Denis  nous  promettons  et  avons  encou- 
vent  et  cascuns  de  nous  pour  le  tout  par  le  volontei  et  requeste  don 
dit  Denis,  à  rendre  et  à  paier  au  dit  Berard  ou  au  porteur  de  ces 
lettres,  dedens  les  prochains  quinze  jours  après  le  Pasque  prochaine- 
ment venant.  Et  se  nous  deftalions  de  paier  cesse  dette  devant  dite, 
fust  en  tout  ou  en  partie,  que  sa  namegne  au  termine  devant  nominei, 
nous  volons  et  consentons  que  li  dis  Berars  ou  li  porteres  de  ces 
lettres  puist  despendre  sour  nous  et  pour  le  ville  de  Malines  cascuns 
jor  après  ce  qu'il  nous  ara  requis  de  paier  ceste  dette,  vinc  sols  de 
paiement  communément  courant  à  Malines;  lesquels  vine  sols  pour 
cascun  jor  nous  lui  promettons  à  rendre  et  à  paier  avec  tous  cous 
frais  et  damages  quil  en  aroit  et  seroit  en  quelconques  manières  que 
ce  fust  si  avant  com  il  ou  li  porteres  ces  lettres  le  porroit  monstrer 
raisonnablement  avoec  le  principal  dette  et  sans  celi  amenrir.  Et  quant 
à  ce  nous  nous  mettons  et  obligons  en  droit  et  en  loy  et  en  abandon 
envers  toutes  justices  et  cascun  de  nous  pour  le  tout  et  tous  nos  biens 
aussi  moebles  et  nonmoebles  presens  et  avenir  ou  conlis  puist  trouver. 
Et  rononchons  à  toutes  exceptions  et  bares  de  plait  et  de  bois  die  et 
à  toutes  les  autres  coses  généralement  et  especialement  quelles  que 
elles  soient  que  aidier  nous  porroient  et  le  devant  dit  Berard  ou  le 
porteur  de  ces  lettres  grever  contre  ces  présentes  lettres  ou  contre 
aulcune  des  convenenc^es  deseuredites.  En  tesmoignage  et  en  fer- 
metéi  de  la  quel  cose  nous  avons  scelees  ces  présentes  lettres  dou 
commun  scel  dele  Ville  de  Malines  devantdite,  qui  furent  faites  et 
données  enlan  de  grâce  mil  trois  cent  et  dis,  le  jor  de  la  feste  saint 
pierre  entrant  aoust. 

(Original  sur  parchemin  :  grand  sceau  avec  contrescel  en  cire  verte, 
pendant  à  queue  de  parchemin  sigillvm  machline. — En  signe  d'acquit, 
le  document  porte  plusieurs  entailles  par  le  milieu  du  texte.) 

Monsieur  Hermans,  archiviste-bibliothécaire  de  la 
Ville,  nous  a  communiqué  un  cahier  manuscrit  contenant 
des  extraits  des  comptes  communaux,  adhéritances,  etc., 
relatifs  aux  bâtiments  qui  composent  notre  Hôtel  deville. 
Nous  y  trouvons  qu'en  i345,  le  Receveur  communal, 
Jean  de  Rogbroec,  permet  au  lombard  Léonard  Gardetes, 
de  faire  à  sa  maison  appelée  le  Beyaerd,  autant  de 
fenêtres  et  de  portes  qu'il  lui  en  faudra,  du  côté  de  la 


IIO  "  L  HOTEL    DE    VILLE 


Place  (3).  Le  i  décembre  i383,  la  A'ille  achète  d'un 
nommé  Jean  Palyn,  le  Beyacrd  avec  toutes  les  charges 
dont  il  était  grevé  (4).  Les  Registres  aux' adhéritances, 
dits  Goedenisse-boecken,  des  années  i385  et  i385,  nous 
font  connaître  que  divers  remboursements  de  rentes  ont 
été  effectués  alors  (5).  Une  maison  dite  Profetc,  et  une 
autre  appelée  Tabbacrt,  situées  derrière  le  Beyacrd  et 
appartenant  à  la  Ville,  subissent  d'importantes  répara- 
tions en  1395  (6).  C'est  là,  à  notre  connaissance,  tout  ce 
que  les  Archives  nous  apprennent  au  sujet  des  propriétés 
acquises  par  le  Magistrat  jusqu'à  la  fin  du  xiv'  siècle. 
Puis,  après  une  période  de  cinquante  années  de  parci- 
monie, les  achats  reprennent.  Il  est  à  remarquer  pourtant 
que  toutes  les  propriétés  acquises  ne  sont  pas  affectées 
aux  services  communaux.  Il  en  est  qu'on  met  en  location. 


(3)  loannes  de  Rogbroec,  miles,  receptor  ville  Machlinen,  pro  utilitate 
eiusdem  velle,  consentit  Leonardo  de  Gardetes,  lombarde,  quod  idem 
Leonardus  in  hereditate  sua,  Beyaerd,  sita  iuxta  forum  Machlinie...  poterit 
corpentare  seu  edificari  facere...  tôt  fenestras  et  ianuas  quot  ipsi  suffîciant, 
versus  forum.  [Indic.  citron.  1345,  8.) 

(4)  Dat  die  stat  cochte  den  Beyaert  metten  chynse  die  dair  toe  behoerde, 
jeghen  Janne  Palyn.  i  Dec.  Ixxiijx  (Compte  communal,  i3S4-S5,  fol.  199,  v^°). 

(5)  Receptores  ville  ad  opus  eiusdem  ville,  iiij  firtellas  siliginis  hereditarii 
pacti  quas  habuit  ad  hereditatem  dictam  Beyaert  dicte  ville,  super  forum 
propre  atrium  beati  Rumoldi  situatam.  [Goedenishock,  i385,  fol.  5i,  V*"). 

Johannes  Sconejans,  beenhauw^er,  filius  quondam  Nycholai  Sconejans 
obtulit  usufructum  quem  habuit  in  x  libras  lovanienses  hereditarii  census, 
ad  hereditatem  dictam  Beyaert  cum  omnibus  domibus  ad  hanc  pertinen- 
tibus  fundo  etc.  nunc  ville  Machlinensis  prope  atrium  ecclesie  sancti  Ru- 
moldi super  fo;um  Machlinense  situatam.  A  beato  Rumoldo  iure,  etc.,  ad 
opus  Johannis  Coc,  qui  Johannes  Coc,  post  premissa.  t.  Rumoldo  Bau  re- 
ceptori  ville  Machlinensis  ad  opus  eiusdem  ville  dictas  x  libras  lova- 
nienses a  beato  Rumoldo  w^arandas,  etc.  ut  supra. 

(Goedmishoek,  n»  8,  i386,  fol.  86.) 

(6)  Hem,  van  metsene  ane  den  Prophète  achter  den  Beyaert,  xxij  in  Mey. 
—  Item,  van  timmerne  ane  den  Prophète  achter  den  Beyaert,  v  in  lunio.  — 
Item,  van  deckene  tac  op  ten  Prophète  ende  opten  Tabbaert,  xij  in  lunio.  — 
Item,  van  iij  scoorsteenpipen  te  hogene  in  den  Prophète,  nevea  den  Tab- 
baert, xxiij  Octobris.  {Compte  communal,  1395.) 


DE    MALINES  III 


mais  toujours  sous  réserve  que  le  bail  serait  rompu  dès 
que  la  Ville  aurait  besoin  de  l'immeuble  loué.  C'est  ainsi 
qu'en  1444,  on  indemnisa  une  femme,  parceqù'elle  avait 
été  obligée  de  louer  une  chambre  ailleurs  (7).  En  1457, 
on  achète  la  maison  d'une  veuve  van  Loven,  située  rue 
des  Ciseaux,  à  côté  de  la  porte  de  sortie  du  Beyaerd  (8). 
Cinq  années  plus  tard,  le  sellier  Jean  de  Zedelere  et 
l'armurier  Corneille  Geereghem  cèdent  leurs  propriétés 
contigues  au  Beyaerd  (g).  Un  forgeron,  qui  avait  vendu 
sa  maison  avec  réserve  de  pouvoir  l'habiter  sa  vie  durant, 
renonce  à  ce  droit  moyennant  une  indemnité  de  xii  livres 
XV  escalins  de  Brabant  (10).  Le  compte  de  i5oo  nous 
apprend  que  les  Receveurs  ont  loué  une  maison  à 
Jacques  van  de  Venne,  une  autre  à  Gauthier  de  Grève 
et  une  troisième  à  Christophe  van  Scoenoye  (11).  En 
i5o8,  deux  maisonnettes  situées  derrière  le  Beyaerd,  et 
appartenant  à  Paul   Frays,  sont  aussi  achetées  par  la 


(7)  Item  ghegeve  eenen  vroukene  die  achter  den  Beyaert  woonde  ende 
elders  i  camere  huren  moeste  buyten  tyds,  omme  der  tymmeringhe  Wille 
van  der  Stad.  [Compte  communal,  1444.) 

(8)  Item  ghecocht  ieghen  de  Weduwe  van  Loven,  't  huyske  achter  ane  de 
poirte  van  den  beyaert  gheleghen  in  de  Scheerstrate. 

Item  betaelt  drien  gesellen,  van  den  huyse  achter  den  beyaert  af  te  bre- 
kene.  {Indic.  ChronoL,  i4.5y,  p.  42.) 

(g)  1463.  Item  betaelt  Janne  de  Zedelere  zadelmakere,  van  zjmder  hofstad 
ghelegen  tusschen  den  Beyaert  ende  Macharis  de  Barbier,  gelyc  dat  blyct 
by  eenen  scepen  brieve.  —  Ultima  Septembris  Ixiij.  —  xiij  libias  grossorum. 

Item  betaelt  Cornelys  Gheereghem  den  Wapenmakere,  van  zynder  hof- 
stad aldernaest  den  beyaert,  achter  vytcomende  met  eenen  plaetskene  ende 
met  eene  stalle,  gelyc  dat  blyct  by  enen  scepenbrieve  —  comt  op  xxx  pon- 
den  grooten. 

(10)  1496.  Item  betaelt  den  smid  van  onsen  genadighen  heere,  van  den 
afcoop  van  den  huyse  in  den  Beyaert,  dat  hem  toegesegt  was  zynen  leef- 
dage  te  bewoenene,  ende  de  stad  wederomme  overgelaten  heeft.  —  xij  pon- 
den  XV  scheUingen  brabants.  (Indic.  chronoL,  p,  3i,) 

(11)  Op  ten  xx^  dach  van  ja""  a°  xv'',  so  hebben  de  Rentmeesters  van  der 
stad  verhueri  Jacob  van  den  Venne,  alias  Eveloge,  het  cleyn  huys  in  den 
Beyaert,  gestaen  tusschen  Keyserick  ende  meester  Willem  Boeckmans. 

(Ten  selven  tyde)  verhuert  Wouteren  de  Grève  een  huys  aen  den  Beyaert, 
geheeten  Keyserricke,  uut  voeiweerden  waer  't  by  alsoe  dat  de  stad  het- 


112 


Ville  (12).  C'est  sans  doute  la  dernière  acquisition  faite 
pendant  le  xvi"  siècle,  car  nous  n'avons  pas  trouvé  men- 
tion d'achats  ultérieurs. 

On  n'avait  cependant  pas  attendu  jusqu'alors  pour 
faire  la  toilette  des  parties  affectées  aux  services  de  la 
Ville.  Le  ménage  du  Magistrat  était  bien  fourni  d'usten- 
siles de  tout  genre  :  chenets,  casseroles,  coffres,  bancs, 
tables,  nappes,  etc.  Nous  avons  trouvé  dans  un  vieux 
Rootbocck,  appelé  aussi  XaoK  et  Registre  mutilé,  un  inven- 
taire du  mobilier,  dressé  en  1444  (i3). 

L'extérieur  du  monument  était  également  bien  soigné. 
Henri  de  Bock  et  Jean  van  Berlacr  fournissent  un  cadran 
en  fer  forgé,  à  placer  dans  la  partie  supérieure  du  pignon 
principal.  Ils  y  avaient  employé  606  livres  de  métal;  et 
il  leur  avait  été  pa3'é  de  ce  chef  10  livres  2  escalins  de 
gros  (14),  De  nouvelles  charpentes  furent  établies,  en  1455, 
au  bâtiment  de  l'entrée,  à  la  construction  voisine  où  était 


selve  huj^s  binnen  desen  voergescreven  jaerschaire  notelec  te  doen  hadde, 
dat  sy  alsdan  terstont  selen  mogen  aenveerden. 

Verhuert  Kerstoffelen  van  Scoenoge  de  Scheemaker,  't  cleyn  huys  in  den 
Beyaert  naest  de  trappen,  met  conditie  als  Keyserryke,  boven. 

(Registre  mutilé  dit  Xcccog  (Chaos),  et  aussi  Otid-Roothoek.) 

(12)  Item  betaelt  Pauwels  Frays,  aen  de  comerscap  van  ij  hu3skens  die 
hem  toebehoerden,  gelegen  achter  den  Beyaert,  ende  ieghen  hem  gecocht, 
ende  daer  af  hem  betaelt,  boven  den  chyns  uytgaende.  —  xviii.  nob.  — 
ij  ponden  X  schellingen.  {Compte  communal,  i5;8.) 

(i3)  Dit  es  den  htysraed  van  den  Bcyaerd  :  Item,  Twee  banken  op  den  vloer, 
een  banc  ind  kameiken.  —  It.  vier  .  .  ? . .  in  de  scryfcamere,  twee  bran- 
dere,  een  tafele  met  twee  scraghen.  —  It.  boven  op  de  zaie  ij  banken  voer 
de  venstere,  ende  iij  banken.  —  It.  Cantoor  daer  men  op  recht,  twee  bran- 
dere,  twee  schmale  teghen  't  vier  te  settene.  —  It,  In  de  cokene  een  yseren 
panne,  een  kiste  met  ammelaken.  —  It.  een  ammelaken  van  xij  ellen  iij 
(juart,  een  van  vi  ellen,  twee  ammelaken  elc  van  vi  elle  lanc,  twee  dwalen 
van  iij  ellen,  —  It,  een  grote  lanterne  in  den  Beyaerd  voer  op  ten  vloer.  — 
It,  I  dossine  lederen  cussen.        {Registre  mutilé  d-d  Xacoç  (Chaos),  p,  cxvi.) 

(14)  Item  betaelt  Heinric  de  Bock  ende  Janne  van  Berlair.voir  vi<^  vi  pond 
geslegens  ysers  gebesicht  toten  wyseren  op  den  Beyaert,  coste  elc  pond  in 
ronde  gewracht,  iiij  gulden.  —  Comt  tsamen  op  x  pond  ij  schellingen  groo- 
ten  Mechelsch.  {Compte  communal,  1454-55,  fol.  154  verso.) 


DE    MALINES  Il3 


le  bureau  du  Receveur  communal,  et  à  la  cage  d'escalier 
qui  existe  encore  aujourd'hui  derrière  ce  bâtiment.  L'en- 
treprise est  faite  pour  la  somme  de  27  livres  i3  escalins 
2  deniers  de  gros,  monnaie  de  Malines  (i5).  La  fabrique 
de  l'église  Saint-Rombaut  cède  à  l'Administration  com- 
munale les  pierres  nécessaires  à  la  confection  de  lions. 
Nous  ferons  remarquer  qu'il  s'agit  ici  des  lions  placés  sur 
le  garde-corps  du  perron  devant  le  Beyaerd,  et  non  de 
ceux  qui  décoraient  le  pignon  de  la  façade  (16).  Ces 
derniers,  au  nombre  de  sept,  furent  polj^chromés  par 
Jean  den  HoUandere,  pour  le  prix  de  2  livres  3  escalins 
de  gros  de  Malines  (17).  Le  même  artiste  fut  chargé 
de  décorer  le  cadran  de  l'horloge. 

Un  incendie  détruisit,  en  1462,  diverses  dépendances 
du  Beyaerd  et  quelques-unes  des  maisons  avoisinantes. 
D'après  le  compte  communal,  ceux  qui  avaient  tra- 
vaillé à  éteindre  le  feu  furent  récompensés  pour  leurs 
peines  (18).  On  n'attendit  pas  longtemps  pour  remettre 
une  toiture  neuve  sur  le  bâtiment  incendié.  Ce  travail  fut 


(i5)  Betaelt  Janne  den  domme  ende  Lauweris  Vanden  Bossche,  voir  dat 
zy  gf  maect  hebben  ende  getymmert  den  Beyaert  met  drie  stagien  ende  de 
cappe,  den  Wendelsteen  met  eender  stagien  metten  cappen,  den  clej^nen 
Beyaert  met  drie  stagien  met  eender  cappe,  ende  opten  Rentmeestere 
camere  een  cappe.  Al  besteet  aen  hen  beider  in  tasse,  ende  hen  gegeven 
xxvij  ponden  xiij  schellingen  ij  deniers  grooten  Mechelsch. 

(Compte  ccmmwial,  1454-55,  fol.  148  v^°.) 

(16)  Item,  betaelt  der  kercken  van  Sint  Rommout  van  steenen  ghecocht 
omme  de  leuwen  daer  af  te  makene  die  voir  den  beyaert  staen.  —  Comt 
XV  schellingen  ix  deniers  grooten.  ende  Peterea  Waelpuyt  betaelt  van  den 
leeuwen  van  den  voirseiden  steenen  te  makene  xviii  schellingen  grooten. 
—  Comt  op  xxxiij  schellingen  ix  deniers  grooten  mechelsch. 

(Compte  communal,  1454-55,  fol.  i5i  v^^.) 

(17)  Item  betaelt  meester  Janne  den  HoUandere,  vande  wyseren  van  den 
Beyaert,  ende  van  den  zeven  leeuwen  boven  den  gevel,  te  stofferen  ende  te 
vergaildene.  Comt  op  ij  ponden  iii]  schellingen  grooten  mechelsch.  —  xiiij 
in  Julio.  (Compte  communal,  1454-55,  fol.  154.) 

(18)  Item  betaelt  den  ghenen  die  ten  brande  waeren,  doent  brande  neeven 
op  den  Beyaert.  ij  Octobris.  ilndic.  Chronol.,  1462,  p.  28.) 


114  L  HOTEL    DE    VILLE 


confié  à  Jean  Wischhagen  (ig).  Il  est  à  remarquer  que 
les  diverses  propriétés  qui  forment  le  bloc  appartenant 
à  la  Ville,  sont  considérées  comme  situées  dans  l'enclos 
du  Beyaerd.  Ce  nom  ne  s'appliquait  pas  seulement  aux 
parties  affectées  à  l'usage  de  l'Administration  commu- 
nale, mais  à  l'ensemble. 

Peintures  anciennes  figurant  le  «  Beyaerd  » 

Il  existe  à  l'église  Métropolitaine  une  série  de  vingt- 
cinq  tableaux  représentant  des  épisodes  de  la  vie  et  de 
la  légende  de  saint  Rumold.  Au  vingt-unième,  figure  un 
édicule  ouvert  du  côté  du  spectateur.  Dans  l'édicule,  la 
châsse  du  Saint  est  exposée  à  la  vénération  des  fidèles 
prosternés,  et  adressant  leurs  supplications  au  protecteur 
de  la  cité.  Au-dessus  de  l'édicule,  dans  une  perspective, 
on  voit  le  chœur  et  la  partie  absidale  de  l'église,  le 
Beyaerd  et  une  partie  des  halles.  Ces  tableaux,  qui 
sont  loin  d'avoir  tous  la  même  valeur  artistique,  parais- 
sent avoir  été  peint  de  1480  à  i5i5.  On  peut  donc 
admettre  que  celui  qui  nous  intéresse  fut  peint  entre 
i5oo  et  i5io.  Cette  peinture  est  ainsi  un  des  documents 
les  plus  importants  pour  l'histoire  de  notre  Hôtel  de 
ville,  parce  qu'il  nous  montre  le  Beyaerd  tel  qu'il  était 
après  l'achèvement  des  travaux  d'appropriation  et  d'agran- 
dissement que  mentionnent  les  archives.  En  la  citant, 
nous  l'appellerons  la  vieille  peinture  (voyez  planche  III). 

Il  est  un  second  tableau,  conservé  à  la  chambre  des 
marguilliers  de  l'église  des  SS.  Pierre  et  Paul,  que  nous 
nommerons  la  peinture  de  16S0  (voyez  planche  IV),  parce 
qu'il  fut  fait  en  cette  année,  en  souvenir  d'une  guérison 


(19)  Item  betaelt  meester  Janne  Wischhaghen,  van  den  tymmerwerc  te 
makene  vanden  nuwen  Beyaerde.  (Indic.  chronol,  p.  3i.) 


p-.anche  111  —  Hôtel  de  ville  de  Malines 


'■-■^'•^ 


i    , 


i:" 


.M      II 


11  JI,!^'JJ»M'"'i 

„iyiiii«lP"""'''^ 


D-après  une  vieille  peinture  de  1500  environ  (tableau  no  21  de  la  légende  de  S.  Rumold) 
conservée  à  l'église  métropolitaine 


Pl.incliL'  I\'        Hôtel  de  ville,  pignon  S. -E.,  vers  la  Grand'  place 


D'après  une  peinture  de  1650,  conservée  à  l'église  des  SS.  Pierre  et  Paul 


DE    MALINES  Il5 


extraordinaire  arrivée  l'année  précédente,  par  l'interces- 
sion de  saint  François-Xavier.  La  scène  est  figurée  au 
premier  plan,  à  gauche  du  tableau;  une  vue  de  la  Grand' 
Place  occupe  le  milieu.  On  y  remarque  le  pignon  de 
l'Hôtel  de  ville  tel  qu'il  était  alors.  L'artiste  s'est  trompé 
en  mettant  quatre  fenêtres  à  la  façade,  tandis  qu'il  n'en 
existe  que  trois.  On  ne  peut  lui  en  vouloir  pour  cette 
petite  erreur  concernant  un  détail  qui  était  pour  lui  sans 
importance.  La  peinture  a  cependant  pour  nous  une 
grande  valeur  historique.  Elle  prouve,  en  effet,  que 
l'Hôtel  de  ville  avait,  du  côté  de  la  Grand'  Place,  un 
pignon  à  gradins,  aux  détails  près,  semblable  à  celui  de 
l'entrée  principale. 

Aquarelles  et  dessins  du  «  Beyaerd  » 

Divers  aquarellistes  et  dessinateurs  ont  reproduit 
des  vues  de  Malines  et  de  ses  principaux  monuments. 
On  connaît  Mardulyn,  De  Noter,  van  den  Eynde  et 
d'autres . 

De  Noter  est  le  principal  producteur  des  aquarelles 
malinoises.  Il  en  fit  plusieurs  éditions,  les  unes  plus 
coquettes  que  les  autres.  Cet  artiste  ne  manquait  pas  de 
talent,  mais  il  avait  le  grand  défaut  de  manquer  de 
fidélité.  Il  cherchait  à  rendre  ses  vues  plus  pittoresques, 
et,  pour  ce  faire,  il  ajoutait  volontiers  des  clochetons, 
des  pinacles,  des  lucarnes,  des  flèches,  voire  même  des 
pignons  à  gradins,  là  où  rien  de  semblable  n'avait  existé. 
Il  perçait  des  fenêtres  dans  les  pleins  et  bouchait  celles 
qu'il  ne  lui  plaisait  point  de  voir  à  la  place  qu'elles 
occupaient  dans  la  construction.  Il  plantait  des  arbres 
lorsque  le  paysage  lui  paraissait  exiger  ce  décor,  ou  les 
supprimait  quand  ils  gênaient  la  vue.  Il  a  fait  des 
perspectives  absolument   impossibles.    Certains    de  ses 


ii6  l'hôtel  de  ville 

dessins  montrent  au  spectateur  non  seulement  ce  qui  est 
devant  lui,  mais  encore  ce  qui  se  trouve  à  droite  et  à 
gauche,  c'est-à-dire  ce  qu'il  ne  pourrait  apercevoir  qu'en 
se  tournant  successivement  de  côté  et  d'autre.  Il  a  fait 
de  vrais  panoramas. 

Le  dessin  du  Beyaerd  que  nous  a  laissé  De  Noter  ne 
pourrait  pas  servir  de  guide  au  restaurateur.  Bornons- 
nous  à  faire  remarquer  le  pignon  qu'il  ajoute  à  l'extrémité 
gauche  de  la  façade  principale.  Pareille  disposition  est 
de  nature  à  plaire  aux  amateurs  de  symétrie,  mais  elle 
ne  saurait  se  justifier. 

Mardulyn  n'était  pas  aquarelliste,  mais  ses  lavis  sont 
vrais.  Leur  auteur  est  fidèle.  Il  n'ajoute  rien,  ni  ne 
retranche  rien.  On  peut  cependant  lui  reprocher  assez 
d'incorrection  dans  le  dessin.  Mardulyn  n'avait  pas  le 
compas  «  dans  l'œil  ».  Ses  portes  et  ses  fenêtres  sont  trop 
étroites  ou  trop  larges,  trop  hautes  ou  trop  basses; 
mais  elles  sont  à  la  place  qu'elles  occupaient  dans  le 
bâtiment. 

Van  den  Eynde  n'est  pas  non  plus  fin  dessinateur. 
Ses  aquarelles  ne  sont  pas  plus  correctes  que  les  lavis 
de  Mardulyn,  mais  elles  flattent  davantage  par  la  cou- 
leur. Elles  ne  peuvent  cependant  pas  être  comparées 
aux  œuvres  de  De  Noter,  ni  comme  dessin  ni  comme 
exécution. 

Nous  avions  indiqué  comme  quatrième  source  de 
renseignements  le  bâtiment  lui-même.  Nous  y  puiserons 
largement  lorsque  nous  examinerons  de  quelle  manière 
le  Beyaerd  a  été  transformé,  et  comment  il  devrait  être 
restauré. 

Transformation  du  xvii<  et  du  xvii^  siècle 

Les  difiérents  bâtiments  acquis  par  ]a  Ville  subirent, 
après  le  xvi'' siècle,  des  modifications  assez  importantes. 


Planche  V  —  Hôtel  de  ville  de  Malines 


Appareil  intérieur  du  premier  bâtiment 


DE    MALINES  II7 


Les  unes  sont  relatives  aux  dispositions  intérieures,  les 
autres  concernent  l'extérieur.  Ces  dernières  nous  inté- 
ressent tout  particulièrement.  iVussi  ne  signalerons-nous 
les  autres  que  pour  autant  qu'elles  soient  connexes  avec 
les  changements  extérieurs. 

Les  comptes  communaux  de  cette  époque  ne  donnent 
pas,  comme  ceuxde  la  période  précédente,  desdétailsassez 
précis  qui  permettent  de  reconnaître  le  travail  exécuté 
et  la  partie  du  monument  à  laquelle  il  se  rapporte.  Les 
Receveurs  se  sont  contentés  d'indiquer  dans  leurs  regis- 
tres le  montant  des  payements,  et  d'ajouter  que  la 
dépense  est  faite  pour  achat  de  bois,  de  pierre  bleue  ou 
blanche,  de  briques,  etc.  Le  prix  de  la  journée  est  égale- 
ment inscrit  sans  la  moindre  mention  du  travail  pour 
lequel  le  salaire  est  payé. 

Nos  recherches,  et  celles  qu'a  bien  voulu  faire  pour 
nous  M.  l'archiviste  Hermans,  nous  ont  cependant  fourni 
quelque  notions  précises  au  sujet  des  travaux  successifs 
de  quelque  importance,  exécutés  au  Bcyacrd,  du  xvi"  au 
xix^  siècle. 

Examen  des  divers  bâtiments 

Rappelons  que  l'Hôtel  de  ville  est  un  ensemble  de 
bâtiments  successivement  acquis  et  appropriés  par  l'Ad- 
ministration communale. 

Le  premier  bâtiment  est  celui  de  l'entrée.  L'appareil  des 
murs,  tant  à  l'intérieur  (voyez  planche  V)  qu'à  l'extérieur 
(voyez  planche  I,  i)  nous  paraissent  indiquer  une  con- 
struction du  xiii^  siècle.  D'autres  la  croient  antérieure  à 
cette  époque.  L'ancienne  entrée  du  souterrain  près  du 
perron,  les  deux  arcs  en  plein  cintre  au  côté  latéral,  les 
modillons  de  la  corniche  et  le  corbeau  du  rampant  de 
gable  de  la  façade  d'entrée  (voyez  planche  W)  sont  des 
indices  authentiques  de  nature  à  corroborer  cette  opinion. 


ii8  l'hôtel  de  ville 

Le  second  bâtiment  comprend  les  trois  travées  de  l'anti- 
chambre ou  petit  salon.  Il  n'a  jamais  eu  plus  de  largeur 
du  côté  de  la  rue,  comme  le  prouve  le  maître  mur 
qui  le  termine  et  contre  lequel  s'appuie  la  cheminée. 
C'est  ce  second  bâtiment  dont  l'intérieur  a  été  le  plus 
remanié  (voyez  planche  I,  2).  Il  a  un  souterrain  dont  la 
voûte  est  bien  au-dessus  du  niveau  de  la  rue,  comme 
dans  le  bâtiment  de  l'entrée. 

Au  rez-de-chaussée,  une  grande  fenêtre-tympan  —  dont 
le  contour  est  encore  partiellement  visible  à  la  hauteur 
de  l'entre-sol,  entre  les  fenêtres  de  celui-ci  —  éclairait 
une  place  qui  servait,  paraît-il,  d'oratoire  au  Magistrat. 
On  sait  que  dès  iSyg,  l'évêque  de  Cambrai,  Gérard  de 
Dainville,  avait  accordé  au  Magistrat  de  Malines  la 
faveur  de  faire  célébrer  la  Messe  à  la  maison  échevi- 
nale  (20).  Ce  privilège  n'avait  évidemment  pas  cessé 
lorsqu'après  la  cession  de  la  maison  échevinale  au  Grand 
Conseil,  le  Magistrat  fut  installé  au  Beyacrd,  où  les 
bureaux  de  l'Administration  étaient  déjà  établis  depuis 
plus  d'un  siècle.  Mais  retournons  à  notre  façade.  A  côté 
du  tympan,  deux  fenêtres  légèrement  arquées  donnaient 
du  jour  dans  une  chambre  voisine  de  l'oratoire.  Les  arcs 
existent  encore  sous  la  troisième  fenêtre  de  l'entre-sol. 
Cette  disposition  nous  est  une  preuve  que  l'appareil  n'a 
pas  été  remanié  en  cet  endroit. 

Au-dessus  de  l'oratoire  et  de  la  place  contigue,  se 
trouvait  la  salle  des  Echevins  (le  petit  salon  actuel),  dont 
le  sol  était  de  niveau  avec  celui  de  la  Vicrschacrc  (le 
palier  supérieur  du  grand  escalier),  établi  dans  le  premier 
bâtiment.  En  1698,  le  Magistrat  fit  relever  le  plancher 
de  la  salle  des  Echevins  jusqu'au  plain-pied  du  grand 


(20)  On  lit  à  ce  sujet  dans  le  compte  communal  de  1379-80,  fol.  91  \^°  :  Item 
eenen  cnape  ghegheven  in  hoejscheyden,  die  eneu  hrief  brachie  van  Camericke,  dat  inen 
op  den  scepenhuis  Misse  doen  moclite.  vu  deniers  groote. 


Planche  VI  —  Hôtel  de  ville  de  Malines 


Corbeau  supportant  le  degré  inférieur  du  pignon  principal  (Planche  I,  1) 


ModiUons  des  murs  latéraux  du  premier  bâtiment  (Planche  I,  1) 


DE    MALINES  II9 


salon  (21).  Le  corridor  dallé  qui  longe  le  petit  salon  est 
un  témoin  fidèle  de  la  disposition  antérieure.  Toutefois, 
ce  n'est  qu'en  1760  que  les  fenêtres  ont  été  changées  et 
relevées  à  lahauteurdecelles  des  autres  appartements  (2 2). 

L'exhaussement  du  niveau  de  l'antichambre  permit 
d'établir  dans  le  second  bâtiment  un  entre-sol  —  comme 
il  s'en  trouvait  déjà  dans  le  troisième  et  le  quatrième  — 
et  une  salle  au  rez-de-chaussée,  au-dessus  de  la  cave. 
C'est  dans  cette  dernière  salle  qu'est  établi  aujourd'hui 
le  bureau  de  la  population.  L'appartement  de  l'entre-sol 
est  occupé  par  le  Receveur  communal. 

Le  troisième  bâtiment  (voyez  planche  I,  3)  semble  n'avoir 
compris  d'abord  que  les  travées  5,  6  et  7.  Nous  pensions 
que  la  4%  en  biais  et  assez  étroite,  avait  formé  un  espace 
couvert  entre  le  second  bâtiment  et  le  troisième.  A  l'étage 
supérieur,  cet  espace  formait  un  corridor  de  dégagement, 
dans  lequel  se  trouvaient  les  marches  conduisant  d'un 
bâtiment  à  l'autre,  avant  l'exhaussement  dont  il  est  dit 
plus  haut.  Ce  qui  n'était  d'abord  qu'une  conjecture  est 
bien  une  réalité.  Nous  avons  eu  l'occasion  d'examiner 
le  sous-sol  de  l'Hôtel  de  ville.  Il  contient  diverses  caves 
dont  les  séparations  principales  correspondent  à  celles 
des  bâtiments  qu'elles  supportent.  Une  seule  des  fonda- 
tions ne  porte  plus  rien  aujourd'hui.  C'est  bien  sur  elle, 
croyons-nous,  que  devait  s'élever  le  mur  séparât  if  des 
travées  4  et  5. 

Extérieurement,  cette  quatrième  travée  semble  aussi 
isolée  au  milieu  de  la  façade.  Son  appareil  ne  ressemble 
pas  à  celui   des   bâtiments  qui   l'avoisinent  de   part   et 


(21)  Den  14  oost  is  geresolveert  de  camer  vanhet  CoUegie  te  egaleren  met 
de  twee  groote  cameren,  ende  tôt  dese  bekostinge  gedestineert  de  costen 
der  maeltyt  die  gewoon  is  gehouden  te  worden  's  maendaghs  naer  half 
Oogst.  [Resolidiehoek.) 

(22)  Dry  nieuwe  vensters  gesteldgelyk  aen  degene  die  in  de  andere  kamers 
waren. 


120  L*HÔTEL    DE    VILLE 


d'autre.  Cela  nous  paraît  une  nouvelle  preuve  en  faveur 
de  ce  que  nous  avons  dit  plus  haut. 

Ce  troisième  bâtiment  comprend,  au  rez-de-chaussée, 
la  salle  de  milice  ;  à  l'entre-sol,  l'Etat-civil  ancien  et 
l'actuel  ;  à  l'étage,  le  grand  salon.  Chacune  des  salles  a 
donc  été  allongée  de  l'espace  correspondant  à  la  quatrième 
travée.  Ce  travail  doit  dater  de  la  fin  du  xvii'  siècle 
(une  des  poutres  du  grand  salon  porte  le  millésime 
1680). 

Le  quatrième  bâtiment  est  fort  distinct  du  précédent. 
Il  le  dépasse  en  élévation.  Le  pignon  qui  séparait  son 
comble  de  celui  de  la  construction  voisine  a  perdu  ses 
gradins.  Celui  qui  le  fermait  du  côté  de  la  Grand'  Place 
fut  démoli  vers  la  fin  du  xviii'  siècle,  et  remplacé  par  le 
fronton  triangulaire  qui  existe  encore.  Une  entrée  par- 
ticulière donne  accès  au  vestibule,  où  l'on  trouve  à  droite 
les  bureaux  du  cadastre  ;  tandis  qu'à  gauche  une  double 
porte  s'ouvre  sur  la  salle  de  la  milice,  dans  le  troisième 
bâtiment.  A  l'entre-sol  se  trouve  la  petite  salle  des  ma- 
riages, et  au-dessus  de  celle-ci  la  salle  des  séances  du 
Conseil  communal  (voyez  planche  I,  4). 

Le  cinquième  bâtiment  (voyez  planche  I,  5)  à  droite  du 
pignon  de  l'entrée,  est  en  briques.  On  peut  l'attribuer  à 
la  fin  du  xv'  siècle,  et  il  a  conservé  ses  formes  primi- 
tives. La  partie  la  plus  élancée  a  servi  de  cage  d'esca- 
lier, comme  le  prouvent  les  petites  fenêtres  bouchées 
aujourd'hui.  Elles  sont  placées  en  direction  ascen- 
dante, suivant  la  rampe  de  l'escalier  qu'elles  étaient 
destinées  à  éclairer.  Si  quelques  fenêtres  ont  été  bou- 
chées, d'autres  ont  été  ouvertes  pour  satisfaire  aux 
exigeances  d'une  nouvelle  distribution  intérieure  (voyez 
planche  VII). 

.  Telles  sont  les  transformations  subies  par  le  Beyacrt, 
du  xvi"  au  xix"  siècle.  Examinons  ce  qu'il  y  aurait  à  faire 
pour  lui  rendre  son  cachet  d'autrefois. 


Planche  Vil  —  Hôtel  de  ville  de  Malines,  façade  latérale  N.-O. 


Façade  principale  du  cinquième  bâtiment 


DE    MALINES  121 


Comment  l'Hôtel  de  ville  devrait  être  restauré 

Nous  avons  dit  que  pour  bien  restaurer,  il  fallait  se 
borner  à  refaire  ce  qui  avait  existé  d'abord,  ni  plus  ni 
moins.  Etant  donné  l'état  actuel  des  façades  de  l'Hôtel 
de  ville,  il  s'agit  d'en  examiner  les  diverses  parties,  de 
voir  ce  que  chacune  d'elles  était  autrefois,  et  de  tirer  de 
cette  comparaison  une  conclusion  pratique  pour  une 
restauration  éventuelle. 

Cette  conclusion  sera  naturellement  exclusive.  Si  d'un 
côté  elle  va  dire  ce  qui  devrait  être  fait,  elle  doit  aussi 
vous  mettre  au  courant  de  ce  qu'il  faut  éviter  et  ne 
pas   faire. 

L'appareil.  Sa  disposition  est  variée  dans  les  divers 
bâtiments.  Il  faudra  la  conserver  telle  qu'elle  est;  sauf 
à  la  quatrième  travée,  qui  doit  faire  partie  du  troisième 
bâtiment.  Il  ne  faudrait  pas  uniformiser  l'appareil  pour 
faire  croire  que  la  construction  a  été  faite  d'un  seul  jet. 
Les  jours  des  soupiraux  et  de  l'ancienne  entrée  de  cave 
sont  bouchés  en  partie.  Rien  ne  s'oppose  au  maintien  de 
l'état  actuel,  mais  il  conviendrait  de  conserver  l'appareil 
des  encadrements  d'autrefois. 

Les  ancrages.  Dans  la  façade  du  second  bâtiment,  les 
clefs  d'ancre  sont  simples,  mais  fort  longues,  et  attachées 
par  deux  tirants,  témoins  de  l'ancienne  disposition  de 
la  toiture  en  cet  endroit  (voyez  planche  I,  2).  Il  n'y  a  pas 
de  clefs  d'ancre  visibles  aux  étages  inférieurs  ;  et  il  ne 
faut  pas  que  l'on  en  mette,  sous  prétexte  de  régularité. 

Les  fenêtres.  Nous  avons  vu,  page  ti8,  la  disposition 
particulière  qu'avaient  les  fenêtres  au  rez-de-chaussée  du 
second  bâtiment.  Elles  furent  remplacées,  en  1698,  par 
celles  que  nous  voyons  encore  aujourd'hui  en  cet  endroit. 
La  disposition  des  locaux  exige  que  le  nombre  actuel 
des  fenêtres  soit  maintenu,  et  que  l'on  mette  des  croisil- 

9 


122  l'hôtel    de   VÎLLË 


Ions  dans  celles  du  rez-de-chaussée  et  de  l'étage.  Un 
simple  pied-droit  suffit  pour  diviser  celles  de  l'entre-sol. 

Nous  voudrions  cependant  les  trois  fenêtres  du  petit 
salon  (anti-chambre)  moins  élevées,  afin  de  mieux  caracté- 
riser le  second  bâtiment  qui,  —  comme  nous  venons  de 
le  dire  —  était  moins  élevé  que  le  suivant.  L'abaissement 
de  la  toiture  à  son  niveau  premier,  conduirait  logique- 
ment à  faire  émerger  le  pignon  séparatif  caché  sous  la 
toiture,  entre  le  second  bâtiment  et  le  troisième. Puisque 
ce  pignon  existe  encore,  il  n'y  a  qu'à  lui  rendre  les 
gradins  qui  furent  enlevés  vers  la  fin  du  xviii^  siècle. 

Les  balustres  placés  sous  les  seuils  des  fenêtres  du 
haut  étage  (voyez  planches  I  et  II)  simulent  de  faux  bal- 
cons. Il  a  fallu  entailler  les  allèges  pour  leur  trouver 
place.  Leur  existence  ne  se  justifie  en  aucune  façon.  Quant 
à  leur  effet  décoratif,  nous  pensons  qu'il  a  toujours  été 
fort  douteux. 

Les  lucarnes.  Sans  aucun  doute,  des  lucarnes  en  maçon- 
nerie garnissaient  le  bas  du  toit.  ]\lais  quel  était  leur 
nombre?  D'après  l'usage  général,  il  en  fallait  autant 
qu'il  y  avait  de  fenêtres  à  l'étage  supérieur  de  la  façade; 
c'est-à-dire  une  lucarne  par  travée.  La  vieille  peinture 
(voyez  planche  III)  n'a  que  neuf  fenêtres,  et  le  bâtiment 
en  a  dix,  conformément  au  nombre  de  ses  travées.  D'un 
autre  côté,  le  tableau  de  i65o  (voyez  planche  IV)  donne 
quatre  fenêtres  à  l'étage  pour  la  face  latérale,  tandis  qu'il 
n'y  en  a  jamais  eu  que  trois.  Y  a-t-il  erreur  de  la  part 
des  peintres,  ou  bien  le  nombre  des  fenêtres  aurait-il  été 
changé?  Dans  l'occurrence,  nous  admettons  plutôt  l'erreur 
des  peintres.  Comment  supposer,  en  effet,  que  l'on  ait 
changé  toutes  les  fenêtres  de  cette  longue  façade  pour  en 
mettre  une  de  plus?  Les  travées  sont  nettement  marquées 
par  les  clefs  d'ancre  placées  au  moment  même  de  la 
construction.  Il  eut  été  impossible  de  changer  cette 
division.  Nous  pensons  (]_u'il  y  a  toujours  eu  dix  fenêtres, 


Planche  VIII  —  Ancienne  maison  échevinale.  bâtie  en  1374 
cédée  à  l'usage  du  Grand  Conseil  en  1474 


DE    MALINES  123 


et  qu'il  faut  aussi  dix  lucarnes.  Si  elles  y  ont  été  autre- 
fois, on  pourra  les  y  mettre  encore.  Mais  si  l'espace  au- 
dessus  de  la  première  fenêtre  près  du  grand  pignon  de 
l'entrée  est  trop  étroit,  —  ce  que  nous  pouvons  admet- 
tre, —  on  ne  placera  pas  de  lucarne  à  cet  endroit  ;  et  dans 
ce  cas  il  n'y  en  aurait  que  neuf.  Et  qui  sait  s'il  n'en  a  pas 
été  ainsi  autrefois,  et  si  l'auteur  de  la  vieille  peinture  ne 
s'est  pas  guidé  d'après  le  nombre  de  lucarnes?  Cela  ne 
semble  pas  impossible. 

Il  est  peut-être  un  autre  moyen  d'expliquer  l'absence 
de  la  dixième  fenêtre.  Nous  avons  vu  plus  haut  (Examen 
du  troisième  bâtiment,  page  iig)  que  la  quatrième  travée  de 
la  façade  correspondait  à  un  corridor  de  dégagement,  et 
qu'elle  est  moins  large  que  les  autres.  Qui  nous  dit  que 
la  fenêtre  destinée  à  éclairer  cet  espace  était  de  la  même 
forme  que  celles  du  bâtiment  voisin,  avec  lequel  elle 
n'avait  pas  de  rapport  dans  le  principe?  Comment  cet 
espace  situé  entre  deux  bâtiments  était-il  couvert  :  par 
une  toiture  de  comble  ou,  ce  qui  paraît  le  plus  proba- 
ble, par  un  appentis?  Dans  ce  cas,  le  placement  d'une 
lucarne  est  impossible  en  cet  endroit.  Ce  n'est  qu'une 
conjecture,  il  est  vrai,  mais  elle  n'est  pas  déraisonnable, 
et  l'ancien  état  des  lieux  ne  la  démentira  point. 

Le  chéneau.  Parfois  les  eaux  pluviales  tombaient 
directement  du  toit  sur  le  sol.  D'autres  fois  elles  étaient 
receuillies  dans  un  collecteur  ouvert  qui  conduisait  les 
eaux  à  l'extrémité  du  bâtiment  pour  les  déverser  par  un 
tuyau  de  descente.  Dans  les  bâtiments  importants,  à 
murs  fort  épais,  le  chéneau  était  un  véritable  chemin  de 
ronde.  Nous  en  avons  un  exemple  à  l'ancienne  maison 
échevinale  (voyez  planche  VIII),  où  le  chéneau  est  bâti 
quelque  peu  en  surplomb,  sur  une  moulure  à  gorge 
profonde  et  chargée  de  rinceaux  et  d'animaux  divers. 
Mais  ce  luxe  ne  pourrait  être  employé  à  l'Hôtel  de  ville, 
d'abord  parceque  la  construction    est   trop   simple,    et 


124 


l'hôtel    de    VILLlî 


ensuite  parcequc  ses  murs  ne  sont  pas  assez  épais.  Nous 
croyons  que  primitivement  il  n'y  a  pas  eu  de  collecteur 
du  tout  au  bas  du  toit  de  notre  Hôtel  de  ville,  et  que  les 
eaux  pluviales  tombaient  directement  sur  la  rue.  Ce 
système  ne  pourrait  pas  être  adopté  dans  la  restauration. 
De  toute  nécessité,  il  faudra  un  collecteur  passant  devant 
les  lucarnes,  qui  seront  placées  en  retraite  sur  le  mur  de 
façade.  Rien  ne  s'oppose  au  placement  en  surplomb  de 
la  devanture  du  chéneau,  qui  serait  ainsi  supportée  par 
une  simple  moulure  sans  ornements  sculptés. 

On  a  parfois  mis  sur  les  versants  des  grands  toits 
diverses  rangées  de  lucarnes  à  croupe  de  comble,  d'après 
le  nombre  d'étages  établis  dans  la  charpente.  Cette 
pratique  fut  bientôt  exagérée,  et  les  lucarnes  furent 
semées  à  profusion  sur  les  toits  des  grands  monuments. 
Les  combles  de  notre  Hôtel  de  ville  ne  requièrent  point 
ce  décor  superflu.  En  effet,  d'après  ce  que  nous  avons  dé- 
montré en  examinant  l'état  des  bâtiments  (voyez  page  117), 
deux  pignons  séparatifs,  diviseront  la  toiture  en  trois 
parties.  Aucune  de  ces  parties  ne  présentera  une  super- 
ficie assez  grande  pour  y  semer  des  lucarnes,  comme  sur 
les  beaux  combles  des  Hôtels  de  ville  du  Moyen  Age,  à 
Bruxelles,  Louvain,  Audenarde  et  ailleurs.  Que  si  l'on 
tient  absolument  à  ce  décor  de  lucarnes,  il  faudrait  n'en 
mettre  que  trois,  ou  cinq,  sur  chacune  des  parties  séparées 
par  des  pignons,  d'après  leur  étendue  respective. 

Les  pignons.  Il  en  faudra  quatre,  dont  deux  de  façade 
et  deux  séparatifs  :  l'un  entre  le  deuxième  et  le  troi- 
sième bâtiment,  et  l'autre  entre  ce  dernier  et  le  qua- 
trième. Ces  pignons  ne  constitueraient  pas  une  nou- 
veauté, mais  le  rétablissement  de  l'état  ancien.  Ils  existent 
encore  sous  les  toitures.  Il  faut  les  rendre  apparents  en 
y  remettant  les  gradins  que  la  désolante  mutilation  du 
xviii'^  siècle  leur  a  enlevés. 

Le  pignon  principal  à  la  façade  d'entrée  est  le  plus 


DE    MALINES  125 


important.  Son  appareil  est  assez  fruste  en  certains 
endroits.  Plusieurs  lézardes,  déjà  séculaires  sans  doute, 
devenues  visibles  depuis  le  dérochage,  exigeront  un  soin 
particulier  de  la  part  du  restaurateur.  Il  évitera  de 
prendre  pour  ce  travail  des  mesures  trop  radicales  qui 
altéreraient  le  caractère  de  la  construction.  Cependant, 
rien  n'empêche  de  rétablir  la  partie  supérieure  du  pignon, 
qui  paraît  avoir  été  modifiée  vers  le  milieu  du  xv^  siècle, 
lors  du  placement  de  l'horloge.  Des  lions,  tenant  les 
armoiries  de  Malines,  seront  placés,  comme  autrefois,  sur 
les  diverses  piédestaux,  qui  ornent  les  gables  et  le 
sommet. 

Du  côté  de  la  Grand'  place,  il  faudra  aussi  restituer  à 
la  façade  le  pignon  qui  la  couronnait  d'abord.  Le  tableau 
de  i65o  nous  ie  montre  dans  son  état  ancien,  ou  à  peu 
près  (voyez  planche  IV)  ;  car  la  peinture  ne  permet  pas 
de  se  rendre  compte  de  tous  les  détails.  Le  nouveau 
pignon  ne  devra  pas  singer  le  principal,  dont  il  n'est  pas 
le  contemporain.  Il  pourrait,  croyons-nous,  se  modeler 
sur  ceux  des  maisons  ii  et  12  du  Quai  au  Sel,  qui  datent 
du  XVI'  siècle. 

Les  niches.  A  l'ancienne  Maison  échevinale,  l'architecte 
Keldermans  avait  établi  des  niches  entre  les  fenêtres  de 
l'étage.  Ce  bâtiment,  construit  vers  la  fin  du  xiv^  siècle, 
comportait  ce  luxe  décoratif;  mais  il  ne  serait  pas  raison- 
nable, croyons-nous,  de  vouloir  orner  de  la  même 
manière  notre  Hôtel  de  ville  actuel, dont  la  bâtisse  compte 
environ  deux  siècles  de  moins. 

Le  Perron.  La  vieille  peinture  (voyez  planche  III) 
nous  donne  encore  sa  disposition  première.  On  y  mon- 
tait du  côté  gauche  seulement.  La  rampe  de  l'escalier  et 
le  garde-corps  du  palier  étaient  en  pierre  et  ajourés. 
Les  montants  qui  séparaient  les  panneaux  étaient  aussi 
ornés  de  lions  (voyez  page  ii3,  note  16).  Ils  étaient  proba- 
blement polychromes,  comme  ceux  du  pignon  de  la  façade. 


126  l'hôtel  de  ville 


Nous  n'avons  pas  trouvé  de  renseignements  à  ce  sujet 
dans  les  comptes  communaux. 

Une  porte  carrée  donnait  accès  au  vestibule.  Elle  était 
surmontée  d'une  petite  fenêtre  à  division,  semblable  à  la 
partie  supérieure  des  fenêtres  qui  avoisinaient  l'entrée. 

L'Auvent.  C'est  encore  la  vieille  peinture  (voyez  planche 
III)  qui  nous  prouve  qu'autrefois  un  auvent  s'étendait 
sur  toute  la  largeur  du  premier  bâtiment.  Il  était  formé 
d'une  toiture  à  charpente  en  chêne,  ardoisée  et  repliée  en 
trois  frontons  ouverts  et  sans  base.  La  restitution  de  cet 
abri,  qui  exista  jusqu'en  1773,  rendrait  superflu  l'emploi 
de  marquises  d'un  goût  fort  douteux,  que  l'on  suspend 
parfois  au-dessus  du  perron  actuel  à  l'occasion  de  cer- 
taines solennités. 

Le  bâtiment  en  briques  (voyez  planche  VII).  La  restaura- 
tion de  cette  dépendance  de  l'Hôtel  de  ville  se  fera  sans 
peine,  à  la  condition  qu'elle  soit  sobre.  L'entourage 
des  fenêtres  actuelles  sera  en  pierre,  comme  celui  des 
anciennes.  Rien  n'empêche,  nous  parait-il,  de  laisser 
subsister  les  encadrements  des  petites  fenêtres,  bouchées 
aujourd'hui,  qui  indiquent  parleur  disposition,  la  direc- 
tion de  l'ancien  escalier. 

Nous  ferons  remarquer  que  dans  l'état  actuel,  un  palier 
de  l'escalier  qui  mène  à  la  salle  d'archéologie,  au  second 
étage,  passe  devant  une  fenêtre  qui  ne  parait  pas  primi- 
tive. Mieux  vaudrait,  semble-t-il,  faire  deux  petites 
fenêtres,  l'une  au-dessous,  l'autre  au-dessus  du  palier. 
Nous  venons  de  voir  que  nos  ancêtres  avaient  ainsi  fait. 
Ils  étaient  logiques. 

Ce  bâtiment  en  briques  doit  conserver  son  caractère 
à  l'extérieur.  Il  n'y  a  qu'une  seule  bande  en  pierre,  et 
elle  est  taillée  en  larmier.  On  aurait  tort  de  vouloir  mul- 
tiplier les  cordons,  sous  prétexte  d'enjoliver.  Dans  l'état 
actuel,  les  pierres  d'angle  sont  systématiquement  distan- 
cées par  cinq  ou  six  rangées  de  briques.  Le  restaurateur 


DE    MALINES  I27 


devra  fidèlement  conserver  cette  disposition  et  ne  pas 
placer  des  pierres  d'angle  sur  toute  la  hauteur  du  bâti- 
ment, comme  c'était  l'usage  à  une  époque  postérieure. 
Que  l'on  renouvelle  les  parties  frustes  de  la  façade  d'un 
monument,  c'est  raisonnable,  mais  il  ne  faut  pas  lui  faire 
peau  neuve  d'une  coupe  moins  ancienne. 

La  grande  fenêtre.  Cette  fenêtre  éclaire  latéralement  le 
grand  escalier  du  bâtiment  d'entrée,  et  date  de  la  fin  du 
xviii^  siècle.  Elle  est  plus  que  simplement  déplacée  dans 
un  bâtiment  du  xiii%  On  pourrait  la  remplacer  par  deux 
triplets  superposés,  ou  par  deux  baies  géminées,  ou  par 
toute  autre  forme  de  fenêtre  que  l'on  voudra. 

Peut-être  pourrait-on  lui  conserver  sa  forme  actuelle 
en  moulurant  l'intrados  et  les  pieds  droits.  Des  meneaux 
dans  le  style  du  bâtiment  couperaient  agréablement  l'aire 
de  la  fenêtre.  Le  même  système  a  été  suivi  à  l'ancien 
palais  de  Marguerite  d'Autriche,  où  l'escalier  d'honneur 
est  éclairé  de  la  même  manière,  par  deux  grandes 
fenêtres  datant  de  la  dernière  période  ogivale. 

Deux  arcs  en  plein  cintre  sont  demeurés  visibles  à  la 
partie  supérieure  du  mur.  Nous  pensons  que  leurs  tym- 
pans ont  toujours  été  aveugles.  Les  fenêtres  qu'ils 
couronnaient  étaient  à  arc  surbaissé  ou  à  linteau,  sur 
lequel  reposait  le  tympan.  Du  côté  intérieur  existent 
encore  les  arcs  de  décharge  qui  formaient  l'encadrement 
supérieur  de  ces  fenêtres.  Il  est  probable  que  dans  le 
premier  état  de  la  construction  elles  aient  été  fermées 
par  de  simples  vantaux.  Les  arcs  de  décharge  de  ces 
anciennes  fenêtres  étaient  bien  visibles  jusqu'au  com- 
mencement de  cette  année  (igoS).  Il  a  fallu  les  cacher 
sous  le  crépi  lorsque  le  grenier  du  bâtiment  fut  trans- 
formé en  salle  de  séances  pour  notre  Cercle. 

Dans  la  disposition  actuelle,  le  plancher  de  cette  salle 
couperait  à  mi-hauteur  au  moins  les  deux  fenêtres  dont 
nous  parlons.  Cela  prouve   incontestablement  que  toute 


128  l'hôtel  de  ville 


la  charpente  de  ce  bâtiment  a  été  modifiée.  A-t-on  mis 
un  étage  en  plus,  ou  bien  le  nombre  des  divisions  hori- 
zontales a-t-il  été  diminué?  Nous  admetterions  volontiers 
cette  dernière  hypothèse.  C'est-à-dire  que  le  plancher  du 
grenier  se  trouvait  à  plus  d'un  mètre  au-dessus  du  plan- 
cher actuel,  précisément  au  point  où  l'épaisseur  des  murs 
latéraux  est  réduite  à  sa  moitié.  A  cette  hauteur,  la  dis- 
tance depuis  le  sol  est  assez  grande  pour  être  divisée  en 
quatre  étages;  surtout  qu'à  cette  époque  la  hauteur  des 
appartements  était  généralement  assez  réduite. 

Lors  du  changement  que  nous  signalons,  on  établit 
trois  étages  :  le  rez-de-chaussée,  le  grand  palier,  autre- 
fois la  Vicrschaere,  et  le  grenier,  drie  stagiën.  Et  le 
bâtiment  fut  couvert  d'une  charpente  neuve,  ende  die 
cappe,  comme  nous  l'apprend  le  compte  communal 
de  1454-55  (voyez  page  ii3,  note  i5). 

En  1462,  un  incendie  consuma  une  partie  des  maisons 
voisines  du  Beyaerd  et  causa  également  des  dégâts  aux 
bâtiments  communaux.  Le  principal  fut  pourtant  épargné, 
à  en  croire  l'indicateur  chronologique,  où  il  est  dit 
que  l'incendie  eut  lieu  à  côté  (neven)  du  Beyaerd  (voyez 
page  ii3,  note  18). 

Messieurs,  je  termine  cette  conférence  qui  aurait  pu 
paraître  longue,  sans  l'intérêt  spécial  du  sujet  et  son 
actualité.  Il  fallait  vous  exposer  en  détail  l'origine,  l'état 
ancien  et  l'état  actuel  des  bâtiments  divers  qui  com- 
posent notre  Hôtel  de  ville.  Vous  avez  pu  examiner,  au 
cours  de  cette  conférence,  ce  qui  existait  d'abord,  com- 
ment l'agglomération  du  Beyaerd  s'est  formée,  quand  et 
de  quelle  manière  se  sont  exécutées  les  transformations 
successives  des  siècles,  et  enfin,  vous  aurez  aussi,  j'aime 
à  le  croire,  partagé  nos  idées  quant  à  la  nature  des 
travaux  à  exécuter,  et  aux  écueils  à  éviter  dans  la  restau- 
ration. C'est  là,  pensons-nous,    la  méthode  à  suivre  en 


DE    MALINES  I29 


restaurant  ces  précieux  souvenirs  de  notre  histoire  locale. 
Je  fais  des  vœux  pour  que  l'Admistration  communale  ne 
tarde  pas  davantage  à  mettre  la  main  à  l'œuvre,  afin 
de  pouvoir,  dans  le  plus  bref  délai  possible,  nous  exhiber 
le  Beyaerd  dans  ses  plus  beaux  atours  du  Moyen  Age. 


APPENDICE 


Après  avoir  examiné  les  divers  bâtiments  dont  l'en- 
semble constitue  l'Hôtel  de  ville,  leur  formation  et  leurs 
transformations  successives,  il  faut  visiter  l'intérieur. 

Six  marches  mènent  au  vestibule  où  se  dresse  un  esca- 
lier monumental  à  double  rampe,  construit  à  la  fin  du 
xviii"  siècle.  A  gauche,  l'entrée  du  cabinet  du  Commis- 
saire de  Police;  à  droite,  celle  du  bureau  de  la  popula- 
tion. Du  même  côté,  une  vingtaine  de  marches  condui- 
sent à  l'entresol.  La  première  chambre,  à  droite,  est  celle 
du  Receveur  communal.  La  seconde  est  affectée  au  ser- 
vice de  la  Caisse  d'Epargne.  La  troisième,  divisée  en 
deux  sections,  est  occupée  par  l'Etat-civil  :  l'ancien,  com- 
prenant les  registres  des  Baptêmes,  des  Mariages  et  des 
Décès  des  anciennes  paroisses,  depuis  le  commencement 
du  xvi^  siècle  jusqu'en  1794;  le  moderne,  établi  (23)  en 
vertu  de  l'arrêté  des  Représentants  du  peuple,  du  26 
Brumaire  an  III  (i5  novembre  1794).  Enfin,  la  quatrième 
place,  au  fond  du  bâtiment,  est  la  petite  salle  des  Ma- 


(23)  Les  premiers  actes  de  l'Etat-civil  nouveau  sont  inscrits  aux  dates 
suivantes  de  l'an  III  :  pour  les  Mariages,  au  21  Frimaire  (11  décembre  1794); 
pour  les  Naissances,  au  2  Nivôse  (22  décembre  1794);  et  pour  les  Décès, 
au  27  Nivôse  (16  janvier  1795). 


i3o  l'hôtel  de  ville 


liages.  Elle  est  ornée  de  lambris  de  style  Louis  XVI, 
datant  de  1781. 

Revenant  au  Vestibule  d'entrée,  saluons  les  statues  de 
trois  malinois  célèbres  :  Michel  Coxic,  peintre  (1499- 
1592),  Cyprien  Rore,  musicien  (i5i6-i565),  et  Luc 
Fayd'herbe,  sculpteur  (1617-1697).  Ces  œuvres  sont  dues 
à  trois  artistes,  aussi  malinois  :  Louis  Royer,  Louis 
Grootaers  et  Joseph  de  Bay. 

Derrière  la  statue  de  Fayd'herbe,  sous  le  premier  pa- 
lier du  grand  escalier,  se  trouve  le  passage  qui  mène  aux 
bureaux  de  police,  au  corps  de  garde  et  à  l'amigo.  C'est 
l'administration  disciplinaire  de  la  cité.  Ces  locaux  ont 
une  entrée  particulière  commune  du  côté  latéral,  près  du 
chœur  de  Saint-Rombaut, 

En  remontant  le  grand  escalier,  on  trouve  au  palier 
sous  lequel  nous  venons  de  repasser,  l'entrée  du  Quartier 
de  l'Administration  communale  proprement  dite  :  une 
salle  d'attente  où  se  tient  l'Huissier.  Entre  les  deux  fe- 
nêtres qui  éclairent  la  place,  se  trouve  le  régulateur  qui 
dirige  la  grande  horloge  de  la  tour  de  Saint-Rombaut. 
A  cette  salle  aboutissent  le  Secrétariat,  la  chambre  du 
Collège  échevinal,  un  parloir  où  se  trouve  la  Carte  fi- 
gurative DE  LA  Ville  de  Malines,  en  12  feuilles, 
gravée  par  J,  Hunin.  En  haut,  à  droite,  on  lit  :  Le  dessin 
de  la  Carte  figurative  de  la  Ville  de  Malifies  est  déclaré  au- 
thentique et  conforme  à  l'original,  déposé  aux  Archives;  en 
conséquence,  foy  doit  être  ajoutée  aux  exemplaires  qui  seront 
fidellemcnt  gravés  et  imprimés  d  après  ce  dessiîi.  Fait  à  Ma- 
tines, efi  séance  municipale,  le  22  Germinal  an  8  (12  avril 
1800).  Plus  bas  se  trouvent  les  signatures  :  J.  H.  Millier, 
P^"-  adm';  P.  Ridderbosch,  adm.;  Vanvelsen,  Sctr.  A  gauche, 
la  dédicace  de  la  carte  :  dédiée  au  Maire,  le  citoyen  De 
Wargny,  P.  H.  Pierets,  C.  D.  Deplaine,  L.  Dusart,  adjoints, 
et  J.  A.  Gambier,  secret,  composant  la  Mairie  de  la  Ville  de 
Malines,  Département  des  Deux-Nèthes,  Par  leur  Concitoyen 


DE    MALINES  l3l 


J.  Hunin,  graveur,  An  X  (1802).  La  planche  en  cuivre  de 
la  feuille  7,  comprenant  le  plan  de  la  Ville  proprement 
dite,  est  conservée  au  Musée  communal.  Au  bas  du  plan, 
sur  la  g"  feuille,  se  trouve  une  Vue  de  Malmcs  du  côté  du 
Nord.  Le  cuivre  de  cette  estampe  est  également  conservé 
au  Musée,  de  même  que  le  dessin  à  l'aquarelle  d'après 
lequel  la  gravure  fut  exécutée.  Dans  le  parloir  susdit  se 
voit  encore  un  plan  moderne  de  Malines  et  de  sa  ban- 
lieue. Sortant  de  là,  à  gauche,  l'entrée  des  divers  bu- 
reaux. Le  quartier  des  employés  du  Secrétariat  est 
surmonté  d'un  étage,  dont  une  partie  des  appartements 
est  occupée  par  la  Commission  Médicale.  Les  autres 
servent  de  dépôt  aux  archives  de  l'Administration  com- 
munale. Revenant  au  palier,  il  faut  remarquer  au-dessus 
de  la  porte  que  l'on  a  traversée,  un  grand  tableau  de  L. 
Rotthier.  Il  représente,  d'une  façon  un  peu  trop  poétique, 
la  scène  qui  eut  lieu  le  23  octobre  1797,  au  cimetière  St- 
Rombaut  :  l'exécution,  par  les  soldats  républicains,  de 
quarante-deux  citoyens,  la  plupart  paysans,  parmi  les- 
quels un  vieillard  de  70  ans. 

Regardant  à  gauche,  on  aperçoit  un  portrait  en  pied  de 
Guillaume  I,  roi  de  Hollande,  peint  par  Herreyns.  Après 
avoir  gravi  la  seconde  rampe,  on  aboutit  au  palier  supé- 
rieur. C'est  là  que  se  trouvait  autrefois  la  Vierschaere,  où 
se  rendait  la  justice.  Devant  le  visiteur  se  dresse  une  ma- 
jestueuse figure  du  Temps,  statue  en  bois  peint,  par  J.-F. 
Van  Geel.  A  droite,  un  tableau  de  Ch.  Wauters,  repré- 
sente l'Entrée  du  Grand  Conseil  à  Malines,  en  1474. 
A  côté  de  ce  tableau,  une  demi-porte  sert  d'entrée  au 
bureau  des  listes  électorales.  Près  de  là,  un  petit  escalier 
mène  au  Iccal  du  Cercle  Archéologique,  ménagé  dans  les 
combles  du  Beyacrd.  Les  pieds  droits  de  cinq  fermes  de 
la  charpente,  reliés  par  de  solides  entraits,  divisent  la 
place  en  six  travées.  Cette  charpente  date  de  1453.  Vis- 
à-vis  de  l'entrée  se  trouve  une  grande  armoire  en  chêne, 


i32  l'hôtel  de  ville 


que  ferment  des  vantaux  pliants,  ornés  de  belles  char- 
nières forgées.  Ce  meuble  date  du  xvi"  siècle,  et  fut  fait 
pour  la  Ville,  dont  les  armoiries  sont  découpées  dans  le 
manteau  de  la  serrure.  Une  cheminée  en  pierre  se  trouve 
du  môme  côté.  Elle  provient  de  l'ancien  palais  bâti  pour 
Marguerite  d'York,  en  1482.  La  taque  en  fonte,  placée  au 
foyer,  est  un  souvenir  de  l'ancienne  Infirmerie  du  Grand 
Béguinage.  Elle  date  de  la  fin  du  xvi^  siècle,  de  même 
que  les  deux  crémaillères  suspendues  dans  l'âtre.  La 
scène  figurée  sur  la  taque  est  :  La  visite  de  la  reine  de 
Saba  au  roi  Salomon,  décrite  au  chapitre  X  du  troisième 
Livre  des  Rois. 

Près  de  là,  une  grande  table  en  chêne  sert  de  bureau. 
La  tablette  provient  de  l'ancienne  corporation  des 
Brouettcurs  (Kordewagenaers).  Témoin  des  copieuses  li- 
bations des  membres  de  cette  association,  elle  pourrait 
sans  doute  nous  énumérer  les  chopes  qu'elle  vit  servir 
deux  siècles  durant,  et  nous  dire  le  goût  qu'avait,  à 
diverses  époques,  la  bière  de  Malines,  dont  elle  doit 
avoir  été  souvent  imprégnée. 

Mais  redescendons  à  la  Vicrschacre.  Devant  nous,  une 
porte  élevée  sur  degrés,  sert  d'entrée  à  l'antichambre,  dite 
Petit  Salon.  On  y  acte  les  mariages  à  nombreuse  as- 
sistance. Le  décor  de  ce  salon  date  de  1698.  Le  manteau 
de  la  cheminée  repose  sur  des  cariatides,  et  porte  en  son 
milieu  les  armes  de  Belgique,  tenues  par  deux  lions.  Le 
tout  est  abrité  par  les  draperies  d'un  baldaquin  que  sou- 
tient un  génie.  Deux  autres  génies  se  trouvent  de  côté  et 
d'autre.  Toute  la  construction  est  en  bois  peint. 

Au  mur  faisant  face  aux  fenêtres,  on  voit  deux  ta- 
bleaux de  J.  Van  Orley  :  l'un  représente  l'empereur 
Charles  VI,  l'autre  Philippe  V,  roi  d'Espagne.  Entre  ces 
tableaux,  sur  un  piédestal  noir,  est  posé  le  buste  en 
bronze  de  P.-J.  Van  Beneden,  commandé  par  la  Ville,  en 
1886,  à  l'occasion  du  40^  anniversaire  de  professorat  de 


DE    MALINES  l33 


l'illustre  savant  à  l'Université  de  Louvain.  C'est  l'œuvre 
de  J.  Willems,  professeur  de  modelage  à  l'académie  des 
Beaux-Arts  de  Malines.  Les  traits  de  l'éminent  docteur 
sont  frappants  de  ressemblance.  Vis-à-vis  de  la  cheminée, 
une  belle  peinture  de  W.  Geets  :  Marionnettes  à  la  cour 
de  Marguerite  d'Autriche. 

De  part  et  d'autre  de  la  cheminée,  un  double  battant 
met  l'antichambre  en  communication  avec  le  grand  salon 
construit  en  1680,  comme  l'indique  l'inscription  d'une  des 
poutres.  Entre  les  deux  portes  se  trouve  l'ancienne  che- 
minée de  la  salle  du  Conseil.  Elle  est  en  style  Louis 
XIV,  faite  en  1704  et  a  coûté  ôSg  florins  2  sous  (24).  Elle 
est  exécutée  en  marbre  blanc.  Le  trumeau  est  en  bois 
peint.  Dans  sa  partie  inférieure,  aux  côtés  d'une  glace, 
deux  génies,  assis,  figurent  la  Justice  et  la  Force.  Plus 
haut,  sous  un  baldaquin  dont  deux  génies  soulèvent  la 
draperie,  sont  sculptées  les  armoiries  de  la  Ville,  avec 
la  devise  In  fide  constans.  Aux  deux  côtés  sont  des 
emblèmes  chargés  de  bandelettes  sur  lesquelles  on  lit  : 
Magnificentia,  Beilum,  Sapientia,  Fortitiido,  Fax,  Magna- 
nùnitas. 

Sur  le  mur  opposé  aux  fenêtres  sont  deux  portraits  en 
pied,  peints  par  Herreyns,  représentant  les  empereurs 
Joseph  II  et  Léopold  II. 

Entre  les  deux  est  suspendu  un  petit  triptyque  dont 
les  vantaux  sont  intérieurement  couverts  d'armoiries.  Au 
panneau  central,  Charles-Quint  est  représenté  au  milieu 
d'un  cercle  de  blasons.   Plus  bas  se  trouve  l'inscription 


(24)  Où  lit  à  ce  propos  dans  le  Compte  de  1704,  fol.  211  :  «  Ten  deseii  jare 
is  gemaecht  de  schouw  in  het  Collegie  van  Stadhouderen,  hinnen  het  stadhuys,  ende 
heeft  gecost  65g  gl.  2  st.  te  weten  :  aen  Antoniiis  Van  Lier,  23o  gl.,  aen  den  held- 
houwer,  i3o  gl.,  Nicolaus  Toussaint,  van  vergiilden,  240  gl.  10  st.  Jan  de  Hont  heeft 
geschildert  de  wapen,  ende  het  stukxken  dat  in  de  schou'ûj  siaet,  in  april  1704,  14  gl. 
Jan  Rogmandus,  de  schouw  geschildert,  iS  gl.  12  st.;  Sebasiiaen  van  Aken  heeft  het 
portrait  van  den  Keyser  geschildert,  Jj'imy  1704,  26  gl.  » 


l34  L*HÔTEL    DE    VILLE 


suivante,  rappelant  les  nombreux  titres  du  jeune  souve- 
rain :  Cbaiies,  par  la  oi'i'îcc  ^e  Bien,  catbolicciue  vo^ 
be  CastUlc,  ^c  Xeon,  t»'Hvaoou,  ^e5  ôeuî  déciles,  ^e 
'îIolle^o,  bc  Seville,  &e  (5cenat)e,  ^e  SarMne,  ^e  lira* 
messant  et  ^e  36ouoie;  arcbi^uc  ^'Bllst^ce,  ^uc  t)e 
36ourooone,  ^e  Xotbier,  ^e  Bvabant,  ^e  Stiere,  ^e  Co= 
tinte,  ^e  Carniole,  ^e  Ximbonvo,  De  Xu^embonvo  et  ^e 
(3bel^ve5;  comte  De  jflan^re,  ^e  fl^absbonro,  t)e  Uroie, 
b'Bvtois,  be  Bouvooone;  palatin  ^c  llDavnnant,  ^e  UdoI* 
lan^e,  ^e  Zeellan^e;  prince  ^e  Zwavc  et  be  Casteloi= 
cjne  et  lantcirave  bXlsaie  et  comte  ^e  3Borcbelone, 
^e  tt>amnr,  ^e  Eutpben,  be  Sill^,  ^e  Coirse,  &e  3fri= 
bonro  et  ^e  Carrolois,  ^e  ponrtenanw,  be  Balost  et 
^'©Stravant,  etc.  Ce  triptyque  est  dû  au  pinceau  de  Jean 
van  Battele,  qui  le  fit  pour  la  Ville,  en  iSiy.  On  lit  à  ce 
sujet  dans  le  compte  de  cette  année  :  liein  betaelt  Janncn 
van  Battele,  schildere,  van  ccn  tavercel  jeghen  hem  ghecocht  ter 
stadt  behoef,  hangende  in  de  Rentmeester  caniere,  daer  aile  de 
landcn  van  den  Coninck  ingcschreve  ende  geschildert  stacn,  xx 
Philippiis-gulden . 

Dans  la  même  salle  se  trouvent  les  bustes  en  teire 
cuite  des  anciens  bourgmestres  :  Baron  de  Steenhault  de 
Waerbeek,  par  Oct.  Huysmans;  Philippe  De  Pauw,  par 
Th.  Blickx;  Edouard  Broers,  par  le  même;  Vicomte 
de  Kerckhove,  par  Tuerlinckx;  Philibert  Verhaeghe,  par 
J.  Willems;  Florimond  Denis,  par  le  même. 

Le  mur  qui  séparait  le  grand  salon  de  la  salle  du 
Conseil  fut  enlevé  en  1898.  Par  suite,  il  fallut  aussi  dé- 
monter la  cheminée.  On  la  rétablit  dans  la  place  précé- 
dente où  nous  l'avons  signalée.  Les  belles  boiseries  de  la 
salle  du  Conseil  furent  placées  en  1725.  Les  peintures  du 
plafond,  œuvre  de  Pierre  Verlinden,  coûtèrent  25o  florins 
de  change;  mais  la  Ville  dût  fournir  les  échaffaudages 
nécessaires.  Ce  plafond,  exécuté  en  1710,  est  encore  tou- 
jours en  bon  état  de  conservation.   On  y  voit  des  génies 


DE    MALINES  l35 


supportant  les  sceaux  des  divers  souverains  qui  accor- 
dèrent des  privilèges  à  la  Ville,  et  tenant  des  banderoles 
avec  légendes  (25).  Un  cadre  doré  attaché  à  l'un  des  pan- 
neaux de  la  boiserie,  vis-à-vis  des  fenêtres,  contient  la 
lettre  envoyée  aux  communes,  en  i856,  par  le  roi  Léo- 
pold  I,''pour  les  remercier  de  leur  participation  à  son 
jubilé  de  25  ans  de  règne.  La  signature  est  de  la  main  du 
roi.  Contre  le  même  mur,  une  console  supporte  le  buste 
de  Léopold  I.  Les  bustes  de  Léopold  II  et  de  la  reine 
Marie- Henriette  se  trouvent  entre  les  fenêtres  du  fond  de 
la  salle.  Deux  statuettes  en  marbre  blanc  occupent  les 
angles  de  la  place.  Elles  sont  dues  au  ciseau  de  L.  Bien- 
aimé,  qui  les  exécuta  à  Rome  en  i865. 

Cette  salle  communique  avec  une  antichambre  où  les 
Conseillers  se  réunissent  avant  d'entrer  en  séance.  De  là 
un  corridor  dérobé  nous  ramène  à  la  Vierschaere.  Il  passe 
d'abord  près  du  vieil  escalier  tournant  (Wendclstecn)  bâti 
en  1454;  puis  traverse  une  ancienne  place  avec  voûtes  à 
nervures,  appelée  la  chapelle.  On  y  conservait  autrefois 
les  registres  contenant  les  actes  scabinaux.  Sous  cette 
place  s'en  trouve  une  autre,  également  voûtée,  où  l'on 
gardait  avec  un  soin  jaloux  les  Privilèges  de  la  Ville, 
dans  un  vieux  bahut  à  verroux  (Die  comme  der  Privile- 
gièn).  Ce  meuble  et  tous  les  documents  formant  le  dépôt 
des  archives  se  conservent  actuellement  au  Vieux-Palais, 


(25)  Voici  le  tête  de  ces  légendes  :  Johannes  dux  Brahantia,  forum  piscium, 
AVENUE  ET  SALIS  xUj  decemhHs  MCCCI.  —  Joannis  II,  dux  Brahatiticz,  fouu.m 
UNivERSALE  xix  Hovembris  MCCCIII.  —  Gidliehmis  contes  Haynnonia  forum 
PISCIUM,  AVENiE  ET  SALIS,  xxj  decembvis  MCCCXIII.  —  Johannes  dtix  Biirgtm- 
dice,  Libers  nundin^  xv  aprilis  MCCCCIX,  et  Philippus  dux  Burgundia, 
Liberté  nundin^  xxiv  martii  MCCCCXXXXI V .  —  Ludovicus  contes  Flandriœ, 
forum  piscium,  aven^  et  salis,  XX  augusti  MCCCCLVI.  —  Karolus  dux 
Burgundiœ.  Telonium  Nussense  in  Junio  MCCCCLXXV.  —  Maximilianus 
et  Philippus,  archiduces  Austriœ ,  talonium  Gravelixganum ,  in  octohri 
MCCCCLXXXIX.  —  Fredericus  Imperator,  Comitatus  Mechliniensis,  x  ja- 
nuarii  MCCCCXC. 


i36 


L  HOTEL    DE    VILLE    DE    MALINES 


OÙ    l'on    a   également   installé    la    Bibliothèque    de    la 
Ville. 

Près  de  l'ancien  dépôt  aux  privilèges,  au  pied  du  Wc?i- 
delsteen,  une  porte  dérobée  s'ouvre  sur  la  Salle  de  Milice 
qui  occupe,  comme  nous  l'avons  dit,  le  rez-de-chaussée 
du  troisième  bâtiment.  Une  autre  porte,  à  deux  battants, 
établit  une  communication  entre  cette  salle  et  le  vestibule 
ménagé  dans  le  quatrième  bâtiment,  et  donnant  sur  la 
Place  (voyez  page  120).  De  l'autre  côté  de  ce  vestibule, 
vis-à-vis  de  la  salle  de  milieu,  se  trouvent  les  bureaux  du 
Cadastre,  par  lesquels  nous  terminons  notre  visite  de 
l'Hôtel  de  ville. 


Mechelsche  Levensbeschrijviflgen 


;?fe>3)ij  het  ontstaan  van  den  Mechelschen  Oudheid- 
kundipfen    Krinsf,    waren   het   niet    allen    des- 


kundigen  die  zich  haastten  er  deel  van  te 
maken.  Het  tegenovergestelde  greep  plaats, 
de  stichters  der  maatschappij  konden  niets  anders  dan 
zich,  in  den  beginne,  vergenoegen  met  een  platonisch 
streven  naar  het  einde  waar  men,  zijde  aan  zijde,  naar 
toe  wilde. 

Mechelens  verleden  moest  niet  langer  een  geheim  voor 
velen  blijven  !  Dat  wilde  men.  Doch  hoe  hiertoe  geraakt? 

Om  dan  aan  den  opkomenden  of  aanteprikkelen  op- 
zoekingsgeest  van  velen  eene  degelijke  en  wel  afgeba- 
kende  wending  te  geven,  besloot  men,  het  tôt  stand  bren- 
gen  aan  te  moedigen  der  levensbeschrijving  van  hen, 
wier  naam  als  befaamde,  verdienstelijke  of  slechts  door 
de  omstandigheden  gekende  medeburgers,  in  hetplaatse- 
lijk    geschiedboek   konden    aangeteekend   worden. 

Ten  onrechte  dacht  men,  dat  dit  slechts  een  niet  te 
lastig  tijdverdrijf  zoude  geweest  zijn,  daar  men  niet 
rekende  op  al  de  moeilijkheden  die  zich  voordoen,  en 


l38  MECHELSCHE 

op  het  tal  van  navorsschingen  die  men  zich  getroosten 
moet  om  de  noodige  inlichtingen  in  te  winnen. 

Daar  men  niet  verre  kwam  met  het  gedane  voorstel,  en 
men  toch  iets  wilde  doen,  gelastte  men  eene  bijzondere 
kommissie  om,  onder  vorm  van  alphabetische  lijst,  eene 
verzameling  namen  te  laten  verschijnen  van  medeburgers, 
die  de  hierboven  vereischte  hoedanigheden  vereenig- 
den;  onvermijdelijk  moesten  in  dien  lijst  leemten  voor- 
komen,  doch  deze  konden  met  ter  tijd  aangevuld 
worden. 

In  den  beginne  ging  ailes  goed,  en  er  werden  loftelijke 
pogingen  aangewend  om  pennevruchten  in  den  opgege- 
ven  zin  voort  te  brengen. 

Van  lieverlede  echter  ging  dit  eerste  vuur  aan  't  smeu- 
len  en  sedert  lang  schijnt  het,  om  zoo  te  zeggen,  uitge- 
doofd. 

Hoe  weinig  aanmoedigend  deze  voorgaanden  ook  wezen 
mogen,  hoeft  men  nochtans  het  opgegeven  doel  niet 
ait  het  oog  te  verliezen  ;  dat  men,  integendeel,  kracht- 
dadig  werke  om  toch  eens  dit  ontwerp  te  verwezent- 
lijken. 

Uit  die  rede,  en  ook  omdat  de  gelegenheid  zich  voor- 
doet  om  ons  met  Mechelsche  levensbeschrijvingen  onle- 
dig  te  houden,  laten  wij  in  de  volgende  bladzijden,  welke 
geenszins  op  letterkundige  waarde  willen  aanspraak  ma- 
ken,  den  uitslag  onzer  desaangaande  opzoekingen  ver- 
schijnen (i). 

Moge  het  voor  velen  eenen  spoorslag  wezen  om  het 
hunne  aan  die  hoogst  nuttige  taak  bij  te  brengen. 

Ook  aan  allen  die  ons  zoo  ruimschoots  en  zoo  welwil- 


(i)  Eenige  dezer  levensbeschrijvingen  zijn  reeds  verschenen,  de  andere 
wachten  hunne  beurt  om  te  verschijnen  in  de  «  Biographie  Nationale  ». 
De  eene  en  de  andere  zijn  hier  vertaald  en  desnoods  met  doelmatige 
bijzonderheden  vermeerdert. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  iBq 

lend  door  hunne  inlichtingen  geholpen  hebben,  sturen 
wij  eenen  welgemeenden  dank. 

Wij  hebben  voor  het  rangschikken  dezer  levensbe- 
schrijvingen,  bij  voorkeur  aan  andere,  de  kronologische 
volgorde  in  acht  genomen. 


ROBIJNS,   Jan 

Prelaat  van  de  St-Michiels  Abdij  te  Antwerpen 


Jan  Robijns  werd  te  Mechelen  geboren  in  het  begin 
der  xv^  eeuw,  en  hij  overleed  te  Antwerpen,  op  17  Julij 
i486. 

Het  obituarium  der  abdij  van  Sint-Michiel  te  Antwer- 
pen, maakt  melding  van  hem  in  de  volgende  regelen  : 

«  i486.  Ampliss.  D.  Joannes  Robijns,  de  Mechlinia, 
»  Persona  in  Nederockerseele.  A°  1478,  19  Decembris 
»  electus  hujus  Ecclesise  Abbas  vigesimus  septimus.  In 
»  festo  S''  Thomse  Apost.  21  dictse  mensis  benedictus. 
»  Rexit  annis  8.  Sepultus  ante  pedes  avunculi  D.  Olardi 
»  Terlinck  etiam  Abbatis  hujus  Ecclesise.  » 

Op  19  December  1478,  werd  Robijns  gekozen  tôt  abt 
van  de  bloeiende  en  wijd  beroemde  St-Michiels  abdij  te 
Antwerpen.  Hij  was  de  27^  in  de  volgorde  der  prelaten 
en  de  opvolger  van  Andréas  Achtenruyt,  eenen  Hoog- 
straetenaar. 

Met  de  abten  van  Villers,  Bodelo,  St-Bernard,  Aver- 
bode,  Tongerloo,  Grimbergen  en  Dieleghem,  was  hij 
tegenwoordig  als  getuige  en  bijstaander  aan  Godefridus, 
hulpbisschop  van  Kamerijk,  bij  het  erkennen  en  het  uit- 


140  MECHELSCHE 


stellen,  in  het  jaar  1479,  der  reliquïen  van  den  H.  Ru- 
moldus,  martelaar  en  patroon  der  stad  Mechelen. 

Zijn  stoffelijk  overblijfsel  werd  in  de  kerk  van  St-Mi- 
chiel,  aan  de  voeten  van  zijnen  00m  Olard  Terlinck,  in 
leven  00k  abt,  bijgezet. 

Het  epitaphium  dat  op  zijn  graf  prijkte,  luidde  als 
volgt  : 

«  Conditur  hoc  saxo  Robijns  de  stirpe  Joannes 

»  Pastor  certe  bonus,  Mechlinia  genitus. 

»  Terlinck  eius  erat  Olard  avunculus  Abbas, 

»  Ante  pedes  cujus  nunc  iacet  ipse  nepos, 

»  Qui  comis  fratribus,  bonus  hospes,  fidus  amicus, 

M  Vincens  commendos  prœlia  sœva  tulit. 

»  Post  mala,  dum  damna  studet  ut  restauret  iniqua, 

»  Sustulit  heu!  nimium  mors  inopina  virum. 

>>  Anno  Domini  MCCCCLXXXVI,  XVII  Juli.  » 

Weinig  of  geene  voorvallen  van  belangopleverenden 
aard  kan  men  in  het  leven  van  onzen  medebursrer  aan- 

o 

treffen.  Doch,  de  moeilijke  omstandigheden  waarin  hij 
door  zijne  medebroeders  tôt  de  hooge  weerdigheid  van 
abt  gekozen  werd,  hebben  zijnen  naam  voor  het  nage- 
slacht  bewaard. 

Niet  zelden  gebeurde  het  dat,  bij  het  afsterven  van 
eenen  prelaat  en  in  afwachting  dat  zijnen  opvolger  niet 
alleen  aangeduid,  maar  dezes  keus  door  de  daartoe  ge- 
zaghebbende  overheid  goedgekeurd  was,  het  beheer  der 
goederen  en  inkomsten  van  het  klooster  toevertrouwd 
of  aanbevolen  werd  aan  hooggeplaatste  geestelijken  of 
leeken,  door  rang,  fortuin  of  invloed  het  best  geschikt 
om  zulks  waar  te  nemen. 

Van  lieverlede  ontstonden  daaruit  misbruiken,  daar 
het  meermalen  gebeurde,  dat  de  voogd  ten  zijnen  profijte 
de  genoemde  inkomsten  dacht  te  mogen  opstrijken,  en 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  I4I 

alzoo  dergelijke  functiën  als  winstgevende,  zeer  gezochte 
en  nabeoogde  bedieningen  aanzien  werden. 

Zoo  wel  als  de  overige  kloostergemeenten  van  Belgiën 
gingen  de  Premonstreiten  met  dien  staat  van  zaken  ken- 
nis  maken,  en  slachtofTers  worden  van  de  stoornissen  en 
steeds  droevige  gevolgen  die  er  uit  voortsproten. 

Luc  DE  ToLLENTis,  bisschop  van  Sebenico  in  Dalma- 
tïe,  en  Pausselijken  nuntius  van  Sixte  IV  aan  het  hof  van 
de  Hertogen  van  Burgondië,  was  er  in  gelukt  het  inko- 
men  der  Abdij  van  Tongerloo  met  eene  som  van  duizend 
florijnen  's  jaars,  ten  zijnen  voordeele,  te  belasten.  Niet 
lang,  echter,  mocht  hij  deze  geldelijke  voordeelen  genie- 
ten,  en  deze  eindelijk  ontberen  moetende,  spande  hij  aile 
krachten  in  om  eene  vergoeding  te  bekomen,  die  hem 
dan  toegestaan  werd  ten  nadeele  der  Sint-Michiels  abdij 
van  Antwerpen,  wiens  zedelijke  noodwendigheden  en 
geldelijke  inkomsten  onder  zijn  beheer  gesteld  werden. 

Te  vergeefs  verhieven  zich  de  belanghebbenden  tegen 
de  voogdij  waarin  ze,  zonder  raadplegen,  gesteld  werden; 
te  vergeefs  werden  er  daaromtrent  pogingen  aangewend 
door  de  hertogin  Maria  van  Burgondië,  de  Staten  van 
Brabant  en  de  Senaat  van  Antwerpen,  deze  laatsten 
bij  rekwest  van  4  Mei  1477  aan  den  H.  Stoel  gericht; 
ailes  bleef  vruchteloos! 

Ondertusschen  stierf,  op  14  December  1478,  de  abt 
Andréas  Achteijruyt.  Krachtens  de  voorrechten  beko- 
men in  't  jaar  1460,  welke  aan  de  kloosterlingen  eenen 
abt  met  mijter  en  ring  toestonden,  ging  men  over  tôt  den 
keus  van  eenen  opvolger  aan  den  afgestorvene,  en  met 
het  inzicht  om  daarin  te  handelen  als  naar  gewoonte  en 
zoo  00k  daarover  de  gevergde  goedkeuring  te  bekomen. 
Aan  Jan  Robijns  viel  die  hooge  weerdigheid  ten  deele. 
Doch,  daar  de  abdij  onder  voogdij  stond,  en  ingezien  de 
toestand  waarin  deze  zich  tegenover  den  Pausselijken  nun- 
tius bevond,   kon  het  niet  anders  of  de  geestelijke  over- 


142  MECHELSCHE 


heid  moest  de  handelwijze  der  kloosterlingen  streng  be- 
oordeelen  en  met  geen  gunstig  00g  aanzien.  Wat  te  voor- 
zien  was  gebeurde  00k,  en  bij  bulle  van  de  maand 
Augustus  1479,  werden  de  kloosterlingen  en  den  nieuw 
gekozenen  abt  in  den  ban  der  Heilige  Kerk  geslagen. 

Deze  drocvige  toestand  was,  gelukkiglijk,  van  korten 
duur.  De  Paus,  beter  ingelicht,  hief  de  banvloek  op, 
ontsloeg  de  abdij  van  aile  verplichtîngen  jegens  vreem- 
den,  bevestigde  de  kloosterlingen  in  hunne  vroege- 
re  voorrechten,  en  als  gevolg  daarvan,  de  keus  van  Jan 
RoBijNS  als  abt,  door  lien  gedaan. 

Deze  laatste  bekleedde  tôt  aan  zijne  dood  het  ambt 
dat  hem  het  vertrouwen  zijner  medebroeders  verworven 
had. 


AzEVEDO,  Chronijcke  van  Mechelen  ab  anno  14'] g. 
DiERCxsENS,  I.  C,  Antvcrpia  Christo  nascens  et  crescens. 
Génard,  p.,  Vcrhandeling  over  St-Michicls  abdij  in  de  Ver- 

zameling  van  Grafschriften  der  Provincie  Antwerpen. 
Sanderus,  Chorographia  sacra  Brabantiœ... 


DE    ROOSE,   Godfried 

Bouwmeester  en  Beeldhoiiwer 


Godfried  De  Roose  leefde  te  Mechelen  op  het  cinde 
der  xv"  en  in  het  begin  der  xvi"  eeuw.  De  naam  van 
dezen  kunstenaar  zoude  onbekend  gebleven  zijn,  zoo 
men  niet  gevonden  had  dat  hij  met  het  ontuerpen  en  het 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  I43 

maken  van  een  H.  Sakramentshuis  voor  de  kerk  van  «  den 
H.  Sulpicius  »  te  Diest  gelast  was  geweest. 

Dit  H.  Sakramentshuis  moest  een  oudere  vervangen 
dat  in  1448-49  was  opgebouwd.  Den  28  Mei  i526, 
verstond  men  zich  met  de  Roose,  om  een  nieuw  op 
te  richten,  dat,  verheven  boven  de  trappen  waarop  het 
vorige  gestaan  had,  eene  hoogte  hebben  moest  van  twee- 
en-dertig  voeten. 

Den  3o  Mei  van  het  volgende  jaar,  was  de  beeldhou- 
wer  met  het  werk  klaar;  doch,  wanneer  het  er  op  aan 
kwam  om  met  hem  at  te  rekenen,  vond  men  dat  het 
goedgekeurde  plan  niet  was  gevolgd  geweest  en  00k  dat 
het  stuk  aan  de  vereischte  hoogte  gebrek  leed.  Dien  ten 
gevolge  oordeelde  men  dat  de  Roose  geen  recht  had  op 
de  geheelheid  van  de  som  voor  dewelke  men  overeenge- 
komen  was.  En  zoo  werd  het  dan  ook  gedaan. 

Neeffs,  Histoire  de  la  peinture  et  de  la  sculpture  à  Matines, 
PiRON,  Levensbeschrijving  van  mannen  en  vrouwen  van  Bel- 

gië 

Raeymaekers,   Notice   historique  sur   l'église  primaire    de 

St-Sulpice  à  Diest  (Messager  des  Sciences  historiques,  i856- 

1857). 


ROGIER,   Niklaas 

Kunstschilder 


Men  noemde  Niklaas  Rogier  den  «  Mechelschen  », 
misschien  om  hem  te  onderscheiden  van  anderen,  en  hij 
was  werkzaam  te  Mechelen  omstreeks  i56o. 


144  '  MECHELSCHE 

Hij  gaat  door  voor  eenen  goeden  landschapschilder. 
Verdere  bijzonderheden  zijn  over  hem  tôt  nog  toe  niet 
gekend. 

Immërzeel,  De  levens  en  werken  der  Hollandsche  en  Vlaam- 
sche  knnstschilders,  beeldhouwers,  gf'aveiirs  en  boiiwmeesters. 

Nagler,  Ncues  algemeiner  Kùnstler  lexicon. 

SiRET,  Dictionnaire  historique  et  raisonné  des  peintres  de 
toutes  les  écoles 

Van  Mander,   Carel,  Le  livre  des  peintres. 


VAN  RAUBERGHEN,   Philip 

Norb&i'tijner  Kanunnik  en  34'  abt  van  Grimberghen 


Van  Rauberghen  zag  het  lieht  te  Mechelen,  ten  jare 
i544,  in  het  huis  «  den  Rollewagen  »  geheeten,  gelegen 
recht  over  de  Steenstraa.t. 

Den  kloosterlijken  staat  omhelsd  hebbende,  werd  hij, 
in  de  hoedanigheid  van  kanunnik  premonstreyt,  gelast 
met  het  bedienen  van  de  parochie  Wemmel  in  Brabant, 
gelegen  op  een  zestal  kilometers  van  Grimbergen. 

In  i5g4  verhief  hem  de  algemeene  keus  zijner  kloos- 
terbroeders  tôt  de  weerdigheid  van  abt  van  het  oude  en 
vermaarde  klooster  van  dien  naam.  De  abt  van  Parck, 
algemeen  Vikaris  van  het  orde,  zat  dezen  keus  voor,  wel- 
ke  den  ig  Mei  door  Jan  de  Fruetis,  generaal,  goedge- 
keurd  werd. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  145 

Rauberghen  ontvong  den  3o  Mei  de  gebruikkelijke 
wijding  te  Brussel,  in  de  kerk  van  de  H.  Maria-Magda- 
lena,  door  Jan  Lesley,  bisschop  in  partibiis  van  Ross, 
bijgestaan  door  Lieven  Cauwenbergh,  abt  van  Dili- 
ghem,  en  Jan  Boenencroy,  overste  van  Coudenberg. 
Nochtans  werd  hij,  door  eigen  toedoen,  eene  tweede 
maal  in  die  weerdigheid  bevestigd,  den  8  Januari  1600, 
door  den  Nuntius  Octave  Frangipani,  en  wel  om  rede 
dat,  door  de  pauselijke  goedkeuring  gesterkt,  hij  met 
meerder  gezag  en  nut  zijne  abtsplichten  en  verbintenis- 
sen  zoude  kunnen  waarnemen. 

Rauberghen  werd  00k  kapellaan  van  Zijne  Majesteit 
benoemd  den  8  September  1606. 

Hij  was  afgevaardigde  bij  de  Staten  van  Brabant  en 
overleed  te  Grimbergen,  den  10  februari  i6i3. 

Men  is  het  ééns  om  teverklaren,  dat  Van  Rauberghen 
de  grootste  diensten  bewees,  zoo  aan  Godsdienst  als  aan 
kloostergemeente,  aan  wiens  hoofd  hij  omstreeks  negen- 
tién  jaren  lang  gestaan  heeft. 

Men  kan,  wel  is  waar,  opwerpen  dat  hij,  zoo  doende 
slechts  de  plichten  van  zijne  weerdigheid  heeft  waarge- 
nomen.  Doch  men  verlieze  niet  uit  het  00g,  de  gansch 
buitengewone  moeilijke  tijdsomstandigheden  die  hij  be- 
leefde  en  die,  verre  van  zijne  taak  te  gemakkelijken,  de 
uitvoering  er  van  met  de  grootste  hindernissen  en  moei- 
lijkheden  deden  gepaard  gaan. 

De  zoo  woelige  geloofsverdrukkende  dagen  uit  de 
tweede  helft  der  xvi^  eeuw  zagen  Rauberghen  onver- 
poosd  en  onvermoeibaar,  ailes  trotseerende,  met  aan- 
moedigende  en  overtuigende  welsprekendheid,  in  Bra- 
bands  hoofdstad  het  woord  Gods  verkondigen,  de  zieken 
bezoeken,  biecht  hooren  en  de  HH.  Sakramenten  be- 
dienen. 

Later,  wanneer  betere  tijden  opdaagden,  en  het  aan 
de  verstrooide  kloosterlingen  gegund  werd  hunne  schuil- 


146  MECHELSCHE 

plaats  te  Brussel  te  verlaten  en  het  kloosterhuis  van 
Grimbergen  opnieuw  te  betrekken,  was  er  gebrek,  zoo 
wel  aan  gecstelijke  disciplien  aLs  aan  geldelijke  midde- 
len,  om  wéér  goed  te  brengen  wat  door  de  omwenteling 
vergruisd  of  in  vergetelheid  en  niet  ondeihouden  gevallen 
was. 

Rauberghen  kende  geene  rust  zoo  lang  in  dit  ailes 
niet  voorzien  was,  en  kloostergebouwen  en  kerk  en  abts- 
woning  uit  hunne  puinen  heropgerezen  waren.  Ten  dien 
einde,  leest  men,  «  hield  hij  zeer  nauw  huis,  sparig  aan 
zijn  zelve,  zoodat  hij   nauwelijks  zijnen  nood  voldeed  ». 

Zoo  bereikte  hij  eindelijk  zijn  doel,  als  wanneer  hij, 
in  den  ouderdom  van  acht-en-zesentig  jaren,  «  zingende 
den  lofzang  Ave  maris  stella  »,  zaliglijk  in  den  Heer  ont- 
slicp. 

Zijn  grafschrift  herinnerdc  die  uitstekende  hoedanig- 
heden,  en  met  rede  luidde  het  : 

«  In  dit  graf  rust  broeder  Philippus  Van  Rauberghen, 
»  uitmuntend  door  zijne  welsprekendheid,  zijn  geloof  en 
»  zijne  leeringen.  Wanneer  dit  Norbertijnershuis,  met 
»  zijne  aanhoorigheden  en  hoeven  door  de  oorlogen  ver- 
»  woest  lag,  herstelde  hij  het  in  zijnen  vorigen  staat.  » 

Hoc  tegitiir  tiimulo  f rater  a  Raiiberghe  Philippus, 

Doctrina,  eloqiiio,  religione  micans. 
Hœc  diim  marte  domus  N orbertina  vasta  jaceret, 

Et  villœ,  prisco  reddidit  iste  loco. 
Terra  tegit  terram,  sed  spiritiis  astra  siibivit. 
Die,  lector,  blanda,  page  quiescit.  Amen. 

Archicvcn  van  de  Abdij  van  Grimbergen. 

Beschrijf  van  de  stadt  Mechelen.  Voorgestelt  bij  een  Vriende- 
lijke  Verliandelinge,  door  twee  curieuse  gocde  Vrijiden, 
Pepinus  komende  van  Brussel,  zijnen  vriend  Ludolphus 
tôt  Mechelen  besoecken  in  het  jaar  ijjS. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  I47 

De  Ram,  Synodicon  Belgicum.  Gallia  christiana. 
Sanderus,  Chorographia  Abbatiae  Grimbergi. 
Van  Craywinckel,  Légende  der  Heiligen. 
Van  Gestel,  Historia  Sacra   et  Profana  Archiepiscopatus 
Mechliniensis. 


Hercules    PONTIUS   (DU   PONT) 

Kronijkschrijver 


Remerus  Valerius  kende  eenen  Pieter  Du  Pont  en 
haalt  van  hem  eene  geschrevene  kronijk  aan,  als  kunnen- 
de  met  nut  door  de  Mechelsche  geschiedschrijvers  ge- 
raadpleegd  worden. 

Piron,  in  zijne  Levensbeschrijving  van  Mannen  en  Vron- 
wen....,  spreekt  van  eenen  Hendrik  Du  Pont  als 
schrijver  eener  kronijk,  welke  met  het  jaar  754  begint  en 
met  1467  sluit. 

Noch  Valerius,  noch  Piron  gevenden  juistenvoornaam 
van  den  schrijver  op,  en  het  is  wel  aan  Hercules  Pon- 
Tius  of  Du  Pont  dat  men  eene  kronijk  te  danken  had, 
waarvan  heden  slechts  een  gedeelte,  en  dan  nog  in  kopij, 
onder  n»  13727  in  de  Koninklijke  boekerij  te  Brussel  be- 
waard  is. 

Dit  uittreksel,  naar  het  op  het  einde  luidt,  werd  geno- 
men  door  Pieter  Du  Pont,  notaris  in  «  haar  hoocheden 
Grooten  Raede  alhier  binnen  Mechelen  geadmitteert  ». 

Deze  notaris  oefende  zijne  bediening  uit  van  iSgo  tôt 
1620.  Zijne  ambtspapieren  berusten  tôt  heden  nog  op 
het  Gerechtshof  dezer  stad. 


148  MECHELSCHE 

Men  vinclt  eenen  Peter  Du  Pont,  in  i5gT,  rentmees- 
ter  wezende  van  't  klooster  Salvator,  genaamd  Thabor, 
en  in  i5g2  als  proviseur  van  St-Rombouts  kapel. 

Het  extract  der  kronijk  van  Hercules  Du  Pont,  dat 
Peter  (misschien  aan  hem  door  familiebanden  verwant), 
gelijkvormig  verklaart  met  het  oorspronkelijke  schrift, 
vangt  aan  als  volgt  : 

Extract  vuyt  seker  ont  handtboeck  gemacckt  bij  Hercules  du 
Pont  in  welckcn  bocck  dat  staet  dat  int  Jaer  naer  Christus  onsen 
heerc  gcboorte  anno  seven  hondert  twelve  dat  alsdocn  regneerden 
in  Vranckrijck  Pipinus,  Amandus,  Willebrordus,  Lambertus, 
Lebuimiis  en  Hubert  us  die  preekten  dwoort  Godts  in  Brabant  ; 
anno  ^54,  was  een  artsbiscliop  wettich  sone  van  den  coninck  van 
Schotlandt  den  welckcn  Mechclen  gebracht  heeft  tôt  kersten  ghe- 
loove,  ende  naer  veel  andcr  articulen  van  geschiedcnissen  sulckx 
als  hier  naer  volght. 

Hier  krijgt  men  dan  het  omstandig  verhaal  te  lezen 
van  den  oproer  ontstaan  te  Mechelen,  in  de  maand  Ju- 
li  van  het  jaar  1467,  en  waartoe  eenen  inbreuk  op  het 
zoo  betwistte  privilégie  van  stapelrecht  voor  zout,  visch 
en  haver  aanleiding  gaf.  Daarop  volgt  de  aanhaling  eener 
reeks  stukken  die,  op  het  toen  reeds  eene  eeuw  durende 
geschil  betrekking  hadden,  en  waarvan  het  laatste  opge- 
geven  stuk  dagteekent  van  22  Julij  i635. 

Wie  was  nu  Hercules  Du   Pont? 

Diens  voornaam  is  niet  alledaags  en  z6ô  men  hem 
aantreft  op  een  tijdstip  dat  met  de  aanduidingen  van  het 
handschrift  overeenstemt,  mag  men  met  zekeren  schijn 
van  waarheidveronderstellendat  men  den  juisten  persoon 
vôôrheeft. 

Zoo  verneemt  men  uit  «  zeker  register  berustende  op 
de  Tresorij  der  stad  Mechelen  »,  zegt  de  Chronologische 
aanwijzer,  dat  op  12  September  iSyS,  Hercules  du 
Pont  in  de  handen  van  de  communemeesters  zijnen  eed 
als  ce  stadscontrollcur  »  aflegde,  en  wel  in  dczer  voege  : 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  I49 

«  Dat  hij  Hercules  zal  houde  goede  controlle  van  aile 
»  de  materiale  van  der  stadt  iegenwoordich  in  esse  zijn- 
»  de  ;  die  zelve  wel  te  beware  en  gade  te  slaen  gelijck 
»  zijn  eyge  proper  goede,  en  voorts  goeden  toesicht  te  ne- 
»  men  op  de  werklieden  en  op  heurlieden  handel,  elck 
»  in't  zijne,  gelijck  hij  in  zijn  eygen  zake  soude  moghen 
»  doen;  insgelijcks  dat  hij  wel  getrouwelijck  aile  weken 
))  zal  overbrenghe  de  dachure  van  elcken  werkman  en 
»  voirs  te  doen  gelijk  een  goed  en  getrouwe  controUeur 
»  schuldich  en  gehouden  es  te  doen.  » 

Niet  lang  echter  bekleedde  Hercules  du  Pont  deze 
plaats;  immers  op  23  Meert  iSyS,  vindt  men  dat  Jan 
BouRNON  op  zijne  heurt  en  in  de  hoedanigheid  als  hier- 
boven,  den  eed  aflegt  in  «  plaatse  en  bij  deportement 
van  Hercules  du  Pont  ». 

Moet  men  van  het  woord  deportement  afleiden  dat  Her 
CULES  DU   Pont  de  stad  heeft  moeten  ontruimen?  Wat 
kon  de   reden   daarvan  geweest  hebben  ?  Was   het  mis- 
schien  voor  zaken  van  Godsdienst,  gelijk  het  aan  meer- 
deren  voorviel? 

Eindelijk  de  kerkregisters  van  SS.  Pieter  en  Pauwel 
melden,  dat  Hercules  du  Pont  begraven  werd  op  12 
September  i585. 

Deze  kronijkschrijver  schijnt  dan  te  huis  te  behooren 
bij  die  reeks,  niet  zonder  verdiensten  wezende  stadsgeno- 
ten,  die  in  vroegere  tijden  het  zich  als  eene  plicht  aanre- 
kenden,enernstigmeenden  eene  zendingte  vervullen,met 
voor  het  nageslacht  het  verhaal  der  feiten  en  voorvallen 
te  bevvaren,  waarvan  zij  ooggetuigen  geweest  waren. 

Zoo  lang  zij  zich  daarbij  bepaalden  verichtten  zij  prijs- 
baar  werk,  en  slechts  enkelen  traden  die  grenzen  niet 
te  buiten  ;  doch  meerderen  schreven  soms  letterlijk  de 
van  vroeger  levende  dusdanige  gemaakte  opstellen  af  en 
dienden  ze  als  eigen  werk  op. 

Zoo  00k  is  het  het  geval  geweest  met  de  kronijk  van 


l5o  MECHELSCHE 

Hercules  du  Pont,  ten  minste,  voorwathet  gedeeltebe- 
treft  dat  handelt  over  den  oproer  van  1467;  door  Hendrik 
CoELPUT  (1606-1669),  afgeschreven  en  in  dezes  Kronijk 
prijkende  zonder  aanduiding  van  ooisprong,  zoude  men 
het  aanzien  kunnen  als  pennevrucht  van  hem  die  eene 
halve  eeuw  later  als  du  Pont  hier  te  Mechelen  werk- 
zaam  was.  Het  tegenovergestelde  is  waarheid. 

Meer  dan  waarschijnlijk  heeft  Remerus  Valerius  de 
kopij  van  Pieter  du  Pont,  bij  gebrek  aan  de  kronijk  van 
Hercules,  als  het  oorspronkelijke  schrift  aanzien.  Ten 
andere,geeft  Piron  genoegzame  inlichtingen  over  de  door 
hem  genoemde  kronijk,  om  ze  te  vereenzelvigen  met  het 
handschrift  dat  te  Brussel  bewaard  is.  De  voornaam 
Hendrik  van  den  schrijver  schijnt  dan  eene  lezingfeil  te 
wezen,  en  ongetwijfeld  beoogt  Piron,  zoowel  als  Vale- 
rius, Hercules  du  Pont  waarvan  hier  spraak  is. 


REYMAERS,   Rumoldus 

Kaniinnik 


Rumoldus  Reymaers  werd  geboren  te  Mechelen  in  de 
eerste  helft  der  xvi'  eeuw  en  is  aldaar  overleden  den 
4'"  Januari   1377. 

Licentiaat  in  de  Godgeleerdheid  van  de  hoogeschool 
van  Leuven,  vroeg  hij  in  i562  de  pastorij  van  Onze  Lie- 
ve  Vrouwe  kerk  over  de  Dijle  te  Mechelen,  welke  door 
het  afsterven  van  Egidius  Yan  der  Jueght  open  stond. 

Die  benoeming  moest  gedaan  worden  door  het  kapittel 
der  hoofdkerk. 

Twee  dezes  leden,   kanunnik  Antgnius  Conthault, 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  IDI 

geestelijke  Raadsheer  bij  den  Grooten  Raad,  en  de 
deken  Rumoldus  Vergheest,  lagcn  met  elkander  over- 
hoop,  daar  zij  zich  niet  verstaan  konden  wanneer  het  er 
voor  ieder  van  hen  op  aan  kvvam,  van,  gelijk  men  in  de 
wandeling  zegt,  van  wéék  te  zijn.  Beiden  hadden  hun 
nen  kandidaat  voor  de  openstaande  plaats.  Reymaers  was 
door  den  eersten  voorgesteld,  en  Philippus  Boetius  Van 
Helmont  door  den  tweeden.  Reymaers  had,  den  12 
April,  gezagvoerders  aangesteld  om  het  vereischte  te 
doen,  en  hij  biedde  zich  in  persoon  aan,  den  3o  April. 

Tusschen  beide  kanunniken  onstond  er  dan  een  stre- 
ven  om  het  welgelukken  hunner  wederzijdsche  kandida- 
ten,  en  dien  strijd  viel  eindelijk  ten  voordeele  van  Boe- 
tius uit. 

Om  Reymaers  min  of  meer  over  dien  tegenslag  te 
troosten,  werd  hem,  bij  pauselijke  provisie,  een  jaarlijks 
pensioen  van  36  gulden  op  de  pastorij  toegestaan.  Hij 
genoot  daarvan  tôt  aan  zijnen  dood. 

Bij  het  oprichten  der  nieuwe  Bisdommen  in  de  Neder- 
landen  en  het  herinrichten  van  het  Metrapolitaan  Kapit- 
tel,  werd  Reymaers  kanunnik  genoemd  ;  in  die  hoeda- 
nigheid  volgde  hij  aan  deken  Vergheest  op,  dien  Gran- 
VELLE,  te  gelijkertijd  met  Maximiliaan  Morillon,  tôt 
de  waardigheid  van  z\lgemeenen  Vikaris  verheven  had. 

Reymaers  was  de  eerste  gegradueerde  in  de  Godge- 
leerdheid,  die  door  brieven  van  Kardinaal  Granvelle, 
luidens  de  oprechtingsbuUe,  genoemd  was. 

Hij  trad  in  dienst  den  17  Juli,  alhoewel  zijne  benoe- 
ming  reeds  van  den  5'"  Mei  dagteekende. 

Bij  laatsten  wil,  voor  notaris  Bogaerts  uitgebracht, 
stichtte  hij  eene  studiebeurs  ten  voordeele  van  het  groot 
collegie  van  Godgeleerdheid  te  Leuven.  Hij  stichtte  ook 
een  jaargetijde  in  St-Romboutskerk  en  een  in  het  kloos- 
ter  van  Thabor,  waar  hij  eertijds  biechtvader  geweest 
was. 


l52  MECHELSCHE 

Hij  werd  begraven  in  St-Romboutskerk,  in  de  kapel 
toegewijd  aan  de  HH.  Macarius  en  Antonius.  Zijn  giaf- 
schrift  luidde  als  volgt  : 

Hier  bij  dcsen  autaer  Icght  begraven 

Heer  Romboiit  Reymaers 

Licentiaet  in  de  Godtheyt 

Canonick  in  zijn  levcn  deser  kcrcke 

die  sterft  in  hct  jacr  ons  heere  iSy/ 

dcn  4  dag  van  janîus. 

AzËVEDO,  Chronijcke  van  Mechelen. 

Baeten,  J.,  Verzaineling  van  naamrollcn  betrckkclijk  de  kcr- 
kelijke  geschiedenis  van  het  aartsbisdom  van  Mechelen. 

FoppENS,  Notitia  Capitidi  Mechliniemis  (hs.  in  het  aarts- 
bisdom). 

Gyseleers-Thys,  Chronologische  Algemeenen  acnwijzer  (hs. 
op  het  stadsarchief). 

Van  den  Eynden  (Kan.),  Provincie,  stad  en  de  district  van 
Mechelen 

Van  Helmont,  Capitidum  Mechliniense  (hs.  in  het  aarts- 
bisdom). Viri  insignes  capitidi  M echliniensis . 


RUTZ,   Gaspard 

Schilder  en  plaatdrukker 


Deze  Mechelaar,  welke  omstreeks  het  midden  der 
xvi"  eeuw  hier  ter  stede  zijne  kunst  uitoefende  en  zijnen 
handel  dreef,  werd  betrokken,  met  andere  onzer  inboor- 
lingen,  waaronder  menige  kunstenaar,  in  de  zoo  treurige 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  l53 

voorvallen  welke  hier  ten  lande,  tijdens  de  godsdienst- 
oorlogen  ontstonden. 

Wanneer  hertog  van  Alva  die  oproeren  met  geweld 
dempen  ging,  treft  men  Rutz  op  den  lijst  der  talrijke 
schaar  uitwijkelingen  die  geloofsvrede  en  tevens  eene 
veilige  schuilplaats  in  den  vreemde  zoeken  gingen. 

De  stad  Keulen  werd  Rutz'  toevluchtsoord,  want  daar 
vind  men,  hem  betreffende,  de  volgende  aanteekening 
in  de  verslagboeken  van  den  Raad  : 

«  iSôg,  3i  Aug,  Jasper  Rutz  schilder.  Jaspern  Rutz 
»  van  Mechelen  is,  naar  zijn  verzoeken,  geoorloofd  in 
»  deze  stad  te  wonen,  er  zich  eerlijk  en  vroom  naar  de- 
»  zer  stad  ordonnantiën  zonder  klagen  te  gedragen  en 
»  zich  met  het  schildersambt  bezig  te  houden.  » 

Als  dusdanig  verschijnt  hij  ook  in  een  oud  register  dat 
tôt  in  de  xvi^  eeuw  terugwijst. 

De  huisraad  van  Rutz,  hier  te  Mechelen,  was  in  de 
maand  December  iSôy  door  den  huissier  Servaas  Ba- 
chelier aangeslagen  geweest  en  geschat  op  208  ponden 
en  40  stuivers. 

Onder  andere  meldt  de  daarvan  gemaakte  inventaris 
en  zonder  meerdere  aanduidingen,  een  aantal  doek- 
schilderingen  «  légères  paintures  sur  thoyle  »  welke, 
gedeeltelijk  aan  vreemden  toehoorende,  aan  Rutz  voor 
den  verkoop  waren  toevertrouwd  geweest. 

Men  weet  daaruit  ook,  zegt  Neeffs,  dat  onzen  stads- 
genoot  woonde  in  de  Ste-Kathelijne  straat,  in  een  huis 
wiens  uithangberd  een  paard  droeg,  doch  dat  in  de 
rekeningen  van  Petrus  de  Mesmaker,  Raadsheer  des 
Konings  en  ontvanger  der  verbeurde  goederen  te  Meche- 
len, de  «  gulden  schildersezel  »  genaamd  wordt. 

Het  is  dan  meer  dan  waarschijnlijk  dat  Rutz  niet 
alleen  zelf  de  kunst  beoefende,  maar  dat  hij  zich  tevens 
bemiddelde  om  de  penseelvruchten  zijner  kunstbroeders 
aan  den  man  te  brengen. 


i54  mecHelsche 


Verder  moet  Rutz  ook  plaatdrukker  en  uitgever  ge- 
weest  zijn,  zoo  men  ten  minste  kan  afleiden  van  de 
aanduidingen  op  zekere  platen  en  boekwerken  waarge- 
nomen,  waar  hij  als  a  excudor  »  op  vermeld  staat. 

Zoo  verscheen  in  iSyy,  te  Keulen,  een  boekwerk  met 
koperen  platen  verrijkt  :  Abraham  De  Bruyn's,  Diversa- 
rmn  gentium  armatura  cqiiestris.  De  inleiding  aan  dit  werk 
bevat  den  naam  van  den  uitgever  welke  er  zich  Jaspar 
Rutus  Mechliniensis  noemt 

In  de  kataloog  van  Petrus  Wouters,  kanunnik  van 
St-Gommarus  te  Lier,  een  in-8",  gedrukt  te  Brussel,  in 
1797  (bl.  325,  no  i83),  kan  men  den  titel  van  een  tweede 
boekwerk  lezen,  alzoo  vermeld  :  Habits  des  nations  étran- 
gères rassemblés  par  Jac.  Boissard  et  gravés  par  le  soin  de 
Gaspar  Rutz  de  Matines,  in-65,  pi.  oblong,  i58i. 

Eindelijk,  naar  Nagler's  aanduiding,  kent  men  nog 
van  Rutz  : 

De  Rîist  op  de  Vlncht  naer  Egypte,  naar  F.  Baroccio 
(Caspar  Rutz,  excud.). 

Het  laatste  avondmaal  (Livius  forlivetanus  In.  Casp. 
Rutz,  exe.  i582),  eene  kopij  naar  Corn.  Cort. 

Ongeveer  een  drij  kvvart  eeuws  later,  en  wel  in  i65o, 
treft  men  als  kopergraveerder  eenen  anderen  Rutz  aan, 
wiens  naam  voorkomt  onder  eene  kleine  plaat  verbeel- 
dende  de  H.  Anno,  tweede  aartsbisschop  van  Keulen, 
dragende  het  model  eener  kerk.  Op  den  achtergrond  ver- 
rijscht  de  kerk  der  H  H.  Gereon  en  Joris  te  Keulen. 

Volgens  de  Liggeren  der  Antwerpsche  St-Lucasgilde, 
was  er  alsdaar  een  Gasper  Rutz,  «  gelasmaecker  »,  wel- 
ke in  i583  als  meester's  zoon  geboekt  staat;  diens  zoon. 
was  «  houtbreker  van  weeckhout  ». 

In  aile  geval,  zoo  den  vader  van  den  «  gelasmaecker  » 
met  den  Mechelschen  Rutz  moet  vereenzelvigd  worden, 
dan  is  diens  verblijf  in  den  vreemden  van  korten  duur 
geweest,  en  zou  hij,  dank  de  politieke  omstandigheden, 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  l55 

na  weinige  jaren  van   zijne  verbaiining   teruggekomen 
zijn. 

Verdere  biographische  bijzonderheden,  geboorte  noch 
stervensdag,  zijn  tôt  heden  van  hem  niet  gekend. 

Kramm-Christiaan,  De  levens  en  werken  der  Hollandsche 
en  Vlaamsche  kunstschilders ,  beeldhouwers,  graveicrs  en 
bouwnieesters  van  den  vroegsten  tôt  op  onzen  tijd. 

Kôlnischer  kiinstler  in  alter  und  neuerzeit  Johann  Jacob  Mer- 
Los  neii  bearbeitete  und  erweiterte  nachi'ichten  von  dent 
leben  iind  den  werken  Kôlnischer  Kûnstler.  H erhaiisgegeben 
von  Edward  Firmenich  Richartz  tinter  mitwirkîing  von  Her- 
mann  Keussen. 

Nagler,  Nettes  algemeiner  Kiinstler  Lexicon. 

Neeffs,  Histoire  de  la  Peinture  et  d<i  la  Sculpture  à  Ma- 
tines. 

RoMBAUTs  en  Van  Lerius,  De  Liggeren  en  andere  Histo- 
rische  archieven  der  Antwerpsche  Sint-Lucasgilde. 


SMETS 

Schilder 


De  kunstenaars  van  dien  naam  zijn  herkomstig  van 
Mechelen,  en  leefden  meest  allen  in  de  xvi'  en  xvii'  eeuw. 
Hunne  werken  vindt  men  in  den  vreemde,  en  vooral  in 
Frankrijk. 

Zôô  is  het,  door  Pinchart,  bekend  dat  een  Kersten 
Smets,  schilder,  naar  Frankrijk  uitweek  in  het  begin  van 
het  jaar  i55o,  en  zich  te  Lyon  neêrzette.  Hij  trad  vervol- 
gens  in  den  dienst  van  den  koning  van  Navarre,   Hen- 


l56  MECIIELSCHE 


DRiK  d'Albret,  die  zijne  kunst  benuttigde  aan  het  ver- 
sieren  van  het  alom  gekende  en  vermaarde  slot  te  Pau. 
Wanneer  hem,  door  den  dood,  zijn  beschermer  ontno- 
men  werd,  bleeft  Smets  in  den  dienst  van  den  hertog 
VAN  Vendôme,  schoonzoon  van  den  oveiiedene,  tôt  wan- 
neer de  wapenstilstand  van  Vaucclles,  tusschen  Hendrik 
II  en  Karel  V,  Smets  toeliet,  omstreeks  Kerstmis  van 
het  jaar  i556,  in  zijn  vaderland  terug  te  keeren. 

Deze  tijdelijke  vrede  was  van  korten  duur,  en  bij 
het  hernemen  der  vijandelijkheden,  werd  Smets,  die 
men  dacht  van  franschen  oorsprong  te  zijn,  te  Brussel 
in  echtenis  genomen.  Het  is  nochtans  te  betwijffelen  of 
de  gevangzetting  van  Smets  van  langen  duur  geweest  is, 
daar  hij  aan  Philip  II,  opvolger  van  Karel  V,  bij  dezes 
laatsten  troonsafstand,  een  smeekschrift  zond,  dat  zoo 
v/elsprekend  en  behendig  de  zaak  van  den  ondergetee- 
kenden  pleet,  dat  het  moeilijk  zoude  geweest  zijn 
aan  die  dringende  en  overtuigende  redenen  te  weder- 
staan. 

Daar  men  de  naam  van  Smets  te  vergeefs  zoekt  op  den 
lijst  der  Mechelsche  meesters  van  dien  tijd,  mag  men 
veronderstellen  dat  onze  stadsgenoot  geene  meerdere 
hinderpalen  te  overwinnen  heeft  gehad  om  terug  naar 
Pau  te  gaan,  alwaar,  zoo  hij  in  gemeld  schrift  aanmerken 
deed,  de  hertog  van  Vendôme  hem  nog  5oo  franken 
schuldig  was. 

lets  meer  dan  eene  eeuw  later,  vindt  men  melding  van 
eenen  anderen  schilder  van  dien  naam,  te  Auch  (Dépar- 
tement du  Gers,  Frankrijk).  Hij  trad  aldaar  in  den  echt 
op  24  Februari  1708,  met  Joanna  Cornu,  dochter  van 
Frans,  notaris,  en  Joanna-Maria  Seutetz. 

Nagenoeg  omtrent  dien  tijd  werden  er,  vôôr  en  van  het 
magistraat  van  Auch,  jaarlijks  portretten  uitgevoerd,  en 
men  is  niet  verre  van  te  gelooven  dat  Smets  daar  in  mede 
hielp.  Spijtig  genoeg  is  het  dat  deze  verzameling  met  de 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  iSj 

fransche  omwenteling,  op  de  groote  markt  der  plaats, 
verbrand  is  geweest. 

Jacob  S  mets,  want  zulks  was  de  naam  van  onzen  me- 
deburger,  was  zoon  van  Pieter,  eenen  mechelschen 
Bouwmeester,  en  Catpiarina  Barnabe,  en  zou,  volgens 
de  doopregisters  van  Ste-Kathelijne  kerk,  op  17  October 
1680  kersten  gemaakt  zijn.  Hij  stierf  te  Auch,  in  den  ou- 
derdom  van  84  jaren,  in  1764.  Volgens  het  leerjongens- 
boek  van  het  mechelsche  schildersambacht,  zou  hij  in 
1691,  als  leerling  van  Jacob  Smeyers,  vader  van  Egied, 
aangenomen  geweest  hebben. 

Van  zeer  jongs  af  werkzaam,  is  het  niet  te  verwonderen 
dat  hij  een  groot  getal  werken  heeft  kunnen  voortbrengen 
en  deze  treft  men  meestendeels  in  kerken  aan.  Doch 
slechts  twee  van  die  kunstwerken  kan  men  met  zekerheid 
aan  hem  toeschrijven,  en  wel  eene  Martelingvan  S.  Sebas- 
tiaan,  in  de  kleine  kerk  van  Meilhan  bij  Auch,  en  eene 
Afdoening  van  het  Kriiis,  gedagteekend  van  1743,  van 
middelmatige  uitvoering,   in  de  Jacobijne  kapel  te  Auch. 

Uit  zijn  huwelijk  sproten  een  zoon  en  eene  dochter. 
Deze  zoon,  Jan-Baptist,  was  stom  doof,  leerling  van 
zijnen  vader,  dus  00k  schilder,  doch,  onder  kunstoog- 
punt,  min  goed  begaaft  dan  de  vader. 

Naar  aanduiding  van  eenen  plaatselijken  zoeker,  M. 
Calcat,  wien  men  ook  de  voorgaande  inlichtingen  no- 
pens  de  Smets  van  Auch  te  danken  heeft,  kent  men  eene 
reeks  werken  door  Jan-Baptist  voortgebracht. 

Aanmerkingswaardig  is  het  dat  deze  Smets  meest 
altijd  zijn  lichaamsgebrek  openlijk  bekend  en  zijne 
werken  steeds  teekende  :  Peint  par  J.  B.  Smetz,  muet,  à 
Auch. 

De  van  hem  gekende  werken  zijn  dan  de  volgende  : 

Muséum  van /^«c/^  ;  de  beeltenissen  van  den  H.  Jeroôm 
en  van  Pater  Amhroise  de  Loniby. 

Kapel  van  den  H.  Antonius  der  hoofdkerk  :  een  drij- 


l58  MECHELSCHE 

luik,  verbeeldende,  in  het  middengedeelte,  den  H .  Ro- 
chus,  en  op  de  zijdeuren  de  HH.  Antoniiis  en  Paiilus. 

Kapel  van  S.  Eloy  :  de  H.  Dominicus  den  roozenkrans  van 
de  H.  Maagd  ontvangende. 

Kapel  der  Jakobijnen  :  Christiis  aan  het  Krnis. 

Kerk  van  Castin  :  Christus  aan  het  Krnis. 

Kerk  van  Meilhan  :  0.  L.  V .  van  Wee. 

Kapel  van  het  Vagevuur,  in  de  oude  hoofdkerk  van 
Lectoure  :  eenen  man  en  eene  vrouw  uit  het  vagevuur  door  God 
den   Vader  verlost. 

Klooster  van  den  Carmelusberg  :  de  berouwhebbende 
Magdalena  en  Christus  te  Bethanië. 

Kapel  van  het  kasteel  Saint-Jean-le  comtal  :  eene 
onbevlekte  ontvangenis. 

Kapel  van  het  kasteel  Verduzan  :  Het  hnwelijk  van  Maria 
en  Joseph,  dat  later,  bij  veiling,  in  onbekende  handen  is 
overgegaan. 

Calcat,  Les  deux  Sniets,  peintres  à  Auch  (Société  archéo- 
logique du  Gers.  Soirées  archéologiques,  etc.,  t.  Vil, 
pp.  72  et  ss.  Bulletin,  t.  I,  pp.  33-36,  igoo). 

Pin  G  H  ART.  Archives  des  Arts,  Sciences  et  lettres. 

H.  CoNiNCKx,  Le  livre  des  apprentis  de  la  corporation  des 
peintres  et  des  sculpteurs  à  Matines. 


DE   ROOSTER,   Jaak 

L  andschapschilder 


Deze  schilder  moet  omstreeks   het  midden  der  xvii^ 
eeuw  te  JNIechelen  geboren   zijn.   Later  vindt  men  hem 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  l5g 

als  leerling  bij  den  franschen  meester  Nicolas  Poussin, 
wiens  invioed  hij  in  ruime  mate  ondergaan  heeft. 

Het  eenige,  tôt  hiertoe  van  hem  gekende  werk,  is  een 
landschap,  van  tamelijk  groote  afmeting,  dat  heden 
prijkt  op  het  stadsmuseum. 

Naar  klassieken  smaak  samengesteld,  in  den  trant  die 
zoo  eigen  aan  Poussin  was,  ziet  men  op  dit  stuk  :  rechts, 
op  het  voorplan,  eene  fontein  aan  den  ingang  van  eenen 
in  puin  gevallenen  tempel,  waarbij  zich  eenen  groep  per- 
sonen  bevindt  ;  meer  opwaarts  ontwikkelt  zich  het  eigen- 
lijke  landschap  ;  op  den  achtergrond  ziet  men  eene  reeks  ge- 
bouwen,  waaronder  eenen  tempel,  onregelmatig  geplaatst 
aan  den  voet  van  eenen  berg.  Hier  en  daar  ontwaart 
men  andere  personen  die  het  landschap  verlevendigen. 

Dit  tafereel  meet  2"'52  X  a'^SS,  en  werd  aan  het  mu- 
séum geschonken  door  M.  Piscaer,  staadssekretaris. 

Zonder  een  meesterstuk  te  zijn,  maakt  die  schildering, 
als  versiering,  toch  tamelijk  goeden  indruk. 

Desaillez  d'Argenville,  Abrégé  de  la  vie  des  plus  fameux 

peintres. 
Nagler,  Nciies  algemeiner  Kiinstler  Lexicon. 
Neeffs,  Histoire  de  la  peinture  et  de  la  sculpture  à  Matines, 

iD.,     Catalogue  du  musée  de  Matines. 
SiRET,  Dictionnaire  historique   et   raisonné  des  peintres  de 

toutes  les  écoles. 


VAN  ROOST,  Willem 

Geestelijke  schrijver 


Geboren  te  Werchter,  op  24  Julij  1661  en  gestorven  te 
Eckenduinen,  bij  den  Haag,  op  22  Februari  1746. 


l6o  MECHELSCHE 

Vaî^  Roost  was  hier  ten  lande  een  der  ieverigste 
voorstaanders  van  het  Jansenismus  en  verwierf  daardoor 
eene  droevige  vermaardheid. 

Met  onvermoeibaren  vlijt,  eene  betere  zaak  waardig, 
zag  men  hem  woord  en  pen  ten  dienste  eener  verdachte 
leering  stellen,  de  vermaningen  zijner  overheid  versma- 
den  en  dezer  beslissingen  het  hoofd  bieden. 

Doch  was  het  niet  van  den  eenen  tôt  den  anderen  dag 
dat  de  wederspannige  priester  tôt  dien  staat  van  hard- 
nekkigheid  en  versteendheid  kwam.  Van  lieverlede 
verergde  eene,  in  den  beginne,  verdokene  beknibbelings- 
lust  en  halstarrigheid,  en  wanneer  paus  Clemens  XI 
door  de  bulle  Unigcnitiis  de  Honderd  en  een  voorstellen  van 
den  franschen  Jansenist  Quesnel,  als  strijdig  met  de 
leeringen  der  H.  Kerk  verklaarde,  en  later  deze  beoor- 
deeling  bekrachtigde  met  de  encycliek  Pastoralis  qfficii, 
weigerde  Van  Roost  vlakaf  zich  aan  's  Pausen  besluit- 
selen  te  onderwerpen. 

Deze  hoogst  laakbare  handelwijze  ging  gepaard  met 
een  privaat  leven,  den  dienaar  Gods  onwaardig,  en  bracht 
Van  Roost  voor  het  geestelijk  gerecht  van  het  aarts- 
bisdom. 

Het  onderzoek  dat  ten  zijnen  laste  geopend  werd, 
bracht  zijne  woelige  en  weinig  stichtende  levenswijze 
aan  den  dag;  en,  alhoewel  de  bijeenverzamelde  getuige- 
nissen,  misschien  niet  altijd  van  overdrijven  en  on- 
beduidendheid  vrij  te  pleiten  zijn,  vormen  zij  eene 
opeenstapeling  van  bewijzen  die  den  afloop  der  zaak 
ruimschoots  wettigen. 

Bij  het  doorbladeren  van  den  daarop  betrekkelijken 
bundel  treft:  men  menige  bijzonderheden  aan,  die  de  taak 
van  den  levensbeschrijver  niet  weinig  vergemakkelijken. 

Gepromoveerd  in  de  tweede  linie  te  Leuven,  zegt 
Baetens,  in  zijne  Verzameling  van  naamrollen..,  werd 
Van  Roost  bachelier  formecl  in  de  Théologie,  professor 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  IDI 

van  Syntaxis  in  het  collegie  van  de  H.  Drievuldigheid  te 
Leuven,  in  1692  pastoor  te  Wilte,  in  het  diocees  van 
Luik,  en  in  1700  pastoor  van  het  gasthuis  te  iVntwerpen. 

Reeds  van  toen  af  kon  Van  Roost,  voor  al  wat  met  de 
Jansenistische  leerlingen  in  betrekking  stond,  met  moeite 
eene  zekere  voorliefde  bedwingen.  Wanneer  dit  aan  de 
ooren  kwam  van  Mgr  Van  Beugem,  Bisschop  van  Ant- 
werpen,  wilde  deze  prelaat  daarover  grondig  ingelicht 
wezen.  Intusschentijd  had  Van  Roost  de  stad  verlaten, 
wel  voorziende  dat,  zoo  het  00k  gebeurde,  hij  van  zijne 
bediening  zoude  opgeschorst  worden. 

Die  vernedering  was  hem  geene  aanbeveling  in  de 
gunst  zijner  naburen  en  daarom  achtte  hij  het  voorzichtig 
niet  langer  te  verwijlen  in  het  kleine  dorp,  tusschen 
Sint-Truiden  en  Sint-Leeuw  gelegen,  waar  hij  zich  voor- 
loopig  ophield.  Hij  trok  verder,  en  hij  ging  zich  vestigen 
te'Gronkele,  een  gehucht  gelegen  op  eene  mijl  afstand 
van  Sint-Truiden,  in  het  bisdom  van  Luik. 

Daar  gehuisvest  bewerkte  hij  ten  zijnent  eene  vereeni- 
ging  van  vrouwen  ;  deze  werkten  om  haar  met  handen- 
arbeid  een  onderkomen  te  verschaffen,  terwijl  hare  geeste- 
lijke  belangen  aanVAN  Roost  toevertrouwdwaren.  Gelijk 
het  te  verwachten  was,  gaf  deze  inrichting  weldra  tôt 
opspraak  aànleiding. 

Van  Roost  werd  uitgenoodigd  om  te  verschijnen  voor 
het  consistorie  van  het  bisdom  Luik,  en  daar  uitleg  over 
zijne  doenwijze  te  geven.  Hij  beliep  daarvoor  eene  strenge 
berisping. 

Men  verweet  hem  verder  van  te  Sint-Truiden  te  ver- 
spreiden  en  aan  te  leeren  eenen  door  hem  aldaar 
gemaakten  en  gedrukten  catechismus,  een  onverpoosd 
werken  om  handlangers  aan  te  winnen,  in  een  woord 
zich  zôô  te  gedragen  dat  hij  verdiende  de  tamboer  der 
Janscnisten  genoemd  te  worden. 

Zoo  stonden  de  zaken  voor  Van  Roost,   wanneer  in 


102  MECHELSCHE 


1711  de  aartsbisschop  van  Mechelen,  Humbert  a  Pr.î:- 
ciPiANO,  het  tijdelijke  met  het  eeuwige  verwisselde.  De 
openstaande  stoel  bleef  tôt  in  1717  zonder  titularis. 

Ondertusschen  zocht  het  metropolitaan  kappittel  eenen 
opvolger  te  geven  aan  den  plebaan,  Lambert  Baerts, 
dien  men  verdacht  de  leeringen  te  deelen  welke  in  iyi3 
door  de  bulle  Unigenitus  veroordeeld  geweest  waren. 
Eenige  kanunnikken  dachten  aan  Van  Roost,  en  beij- 
verden  zich  om  van  dezen  te  vernemen  welke,  desnoods, 
zijne  gedragslijn  tegenover  de  meergemelde  bulle  zoude 
geweest  zijn.  Eene  goede  betrekking  in  vooruitzicht 
hebbende,  en  raisschien  00k  wel  een  gunstig  teriein 
beoogende  om  op  tijd  en  stond  zijne  bekeeringslust  den 
vrijen  teugel  te  laten  vieren,  beloofde  Van  Roost  al  wat 
men  wilde,  bijgevolg  eene  volkomene  onderwerping  aan 
de  Pauselijke  schikkingen  en  aan  al  de  anderen  die  daar 
op  zouden  volgen.  Zoo  kwam  het  dat,  niettegenstaande 
meer  dan  twijffelachtige  voorgaanden,  Van  Roost  als 
kanunnik-plebaan  van  St-Rombouts  ingeleid  werd  op 
8  October  lyiS. 

Eindelijk  kwam  er  een  opvolger  aan  den  afgestorvene 
aartsbisschop;  Thomas-Philippus  d'Alsace  de  Boussu 
wasmet  deze  hoogeweerdigheid  bekleed,  wanneer  in  1718 
de  encycliek  Pastoralis  officii  het  licht  zag. 

Deze  aartsbisschop  was  de  eerste  der  belgische 
kerkvoogden  die  zich  openbaarlijk  en  plechtig  aan 
's  Pausen  woord  onderworpen  verklaarde.  De  grootste 
meerderheid  zijner  geestelijkheid  volgde  zijn  voorbeeld; 
zoo  was  het  ten  minste  met  het  metropolitaan  kapittel 
gelegen.  Van  Roost  alleen  en  zijn  onderpastoor  Jan 
Van  Leydecker,  maakten  daarop  uitzondering  en  ver- 
klaarden  niet  ééns  te  zijn  met  de  leeringsverklaringen 
van  den  aartsbisschop,  welke  op  17  October  [718  ver- 
schenen  waren. 

Op  3  November  zond  \'an  Roost  een  rekwest  aan  den 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  l63 

Staatsraad,  waarin  hij  het  geschil  blootlegde  en  zijn 
gedrag  trachtte  te  wettigen,  onder  voorwendsel  dat  de 
bulle  niet  met  de  gewone  pleegvormen  was  afgekondigd 
geweest,  en  dat  deze  niets  dan  stoornis  onder  de  geloo- 
vigen  brengen  kon,  zoo  als  het  in  Frankrijk  geschied  was. 

Daar  hij  ook  voor  de  gevolgen  zijner  wéérspannigheid 
vreesde,  stelde  hij  ailes  in  't  werk  om  de  burgerlijke 
overheid  ten  zijnen  gunste  te  stemmen. 

De  daarop  volgende  dag  werden,  door  het  metropoli- 
taan  kapittel,  pogingen  aangewend  bij  Van  Roost  om 
hem  op  zijne  verklaringen  doen  terug  te  komen.  Doch 
te  vergeefs.  Eindelijk  na  aile  middelen  uitgeputtehebben 
om  het  verloren  schaap  naar  den  schaapstal  terug  te 
krijgen,  deed  de  Aartsbisschop  den  belanghebbende 
aanzeggen  van  voor  de  geestelijke  overheid  te  verschijnen 
den  lo  November,  na  hem  voorafgaandelijk  van  zijne 
bediening  opgeschorst  te  hebben. 

Van  Roost  koos  voor  zaakgelastigde  den  notaris  Van 
DER  Elst;  door  dezen  werden  protest  op  protest  gezon- 
den  aan  de  herhaaldelijke  dagvaardigingen  van  den 
Aartsbisschop.  Van  Roost,  intusschentijd,  wachte  zich 
wel  zijnen  persoon  ten  beste  te  stellen. 

Eindelijk,  op  i  December  17 18,  werd  de  zaak  aan  het 
geestelijk  gerecht  overgeleverd ;  Van  Roost  werd  beticht 
van  in  't  jaar  1702,  eenen  boek  in  drukte  hebben  gegeven, 
voor  titel  voerende  Geestelijke  zedcpunten,  welke  onder- 
scheidene  stellingen,  door  de  bulle  Unigenitus  veroordeeld, 
inhield.  In  de  voorrede  had  de  schrijver  verklaard  zijne 
zienswijze  ontleend  te  hebben,  aan  de  Abrégé  de  la  morale 
de  l'Évangile  van  Quesnel. 

Ingezien  de  tijdsomstandigheden  werd,  op  aanvraag 
van  den  Gouverneur  Markies  de  PriÉ,  het  geding  tijde- 
lijk  uitgesteld.  Het  oogenblik  was  slecht  gekozen  om 
zich  met  zaken  bezig  te  houden  die  op  het  achterplan 
geschoven    werden   voor    anderen    en  wel    bijzonderlijk 


164  MECHELSCHE 


door  de  onlusten  die  zoowel  te  Mechelen  als  te  Brussel 
de  stiengstc  en  onafgebrokene  aandacht  der  overheden 
vereischten. 

Van  Roost  maakte  van  deze  gelegenheid  gebruik  om, 
van  Brussel,  aan  den  keizer  meermalen  smeekschriften  te 
sturen,  om  hem  met  de  zaak  in  te  lichten.  Doch  dit  aan- 
houdend  schrijven  bleef  steeds  onbeantwoord  of  ten 
minste  had  geen  gevolg,  daar  men  van  hoogerhand 
overtuigd  was  dat,  ingevolge  de  bestaande  schikkin- 
gen,  er  aan  de  meer  gemelde  pauselijke  bulle,  zoo  wel 
als  aan  de  vorige,  het  noodige  gevolg  moest  gegeven 
worden. 

Van  Roost  wende  zich  nog  tôt  den  Pauselijken  Nun- 
tius;  doch  daar,  veel  minder  dan  elders,  werd  er  aan 
zijne  eisschen  gevolg  gegeven. 

Ondertusschen  ging  Van  Roost  onverpoosd  voort  met 
de  Jansenistische  geloofsbegrippen  met  woord  en  daad 
aan  te  preken  en  te  verspreiden. 

Zoo  leerde  hij  in  sommige  scholen  der  stad,  in  den 
Bruul  en  in  de  Boodschap  in  de  Kathelijne  straat, 
eenen  daartoe  opzettelijk  geschreven  catechismus,  alhoe- 
wel  hem  dit  door  den  Scholaster  was  verboden  geweest. 

Verder  zag  men  hem  niet  omgaan  dan  met  personen, 
zoo  geestelijke  als  wereldlijke,  verdacht  van  de  gedoemde 
leeringen  aan  te  kleven.  Onder  andere  met  Sinay,  kanun- 
nik  van  O.-L.-Vrouw,  en  Borrekens,  kanunnik  Zellaer; 
de  pastoors  van  Waelhem  en  van  Bonheyden;  Bessemers, 
professor  van  wijsbegeerte,  in  den  Valk,  te  Leuven, 
SoBLETS  en  BossELAER  belegdo  hij  geheime  samen- 
komsten,  waar  er  middelen  beraamd  werden  om  tegen 
het  erkende  gezag  in  zaken  van  geioof  in  te  gaan;  daar 
ook  ontvong  men  jansenistische  geschriften,  welke  ver- 
volgens  verspreden  werden. 

In  vereenigingen  van  geestelijke  dochters,  was 
Van    Roost  te   huis;   daar   ook    werd    hij   op   ontijdige 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  l65 

stonden  aangetroffen,  terwijl  men  er  zich  soms  onledig 
hield  met  zaken  met  dewelke  de  godsdienst  weinig  of 
niets  te  doen  had. 

Opmerkenswaardig  is  het,  dat  Van  Roost  te  Mechelen 
zooveel  bijval  genoot,  terwijl  hij  elders  min  gunstig 
ontvangen  werd.  Te  Lier  onder  andere,  was  het  volk, 
door  het  magistraat  verwittigd,  hem  zoo  vijandelijk  en 
mistrouwend  gestemd,  dat  hij  daar  onmogelijk  eene 
woonplaats  vinden  kon.  Het  is  waar,  Mechelen  was  een 
broeinest  van  Jansenistism,  en  tôt  over  eene  halve  eeuw 
nog  deed  zich  hier  de  invloed  dezer  wanhopigmakende 
leeringen  op  menigen  christene  gevoelen. 

Zoo  verliepen  een  tiental  jaren,  wanneer  de  toestand 
derwijze  verergerde,  dat  de  geestelijke  overheid  zich 
genoodzaakt  vond  een  nieuw  onderzoek  tegen  Van  Roost 
in  te  spannen  en  de  zaak  eindelijk  op  te  roepen  voor 
26  Juni  1728. 

Zoo  min  als  vroeger  beantwoorde  Van  Roost  aan  de 
herhaaldelijke  dagvaardingen  die  tegen  hem  gezonden 
werden.  Hij  vergenoegde  zich  met  zich  daar  schriftelijk 
tegen  te  verzetten,  en  ook  met  te  vragen,  dat  men  het 
geschil  zoude  onderwerpen  aan  het  oordeel  van  twee 
door  hem  te  verkiezen  bevoegde  Lovenaars. 

Dat  mien  daar  niet  in  toestemde,  laat  zich  gemakkelijk 
begrijpen.  De  rechters  oordeelden  dat  de  zaak  uitgepleten 
w^as  en  Van  Roost  werd  plichtig  verklaard  :  ten  eerste 
aan  ketterij  door  de  volgende  werken  : 

De  geestelijke  zedepwiten  (i'j02). 

Den  Goeden  Reghel  van  den  goetwilligen  oefenaer  (  1J14). 

De  Psalmen  van  David  (i'j2S), 

en  ten  tweede,  van  te  leiden  een  laakbaar  en  berispelijk 
leven. 

Op  23  Augustus  werd  Van  Roost  door  den  Cardinaal 
d'Alsace  in  den  ban  der  H.  Kerk  geslagen  en  beroofd 
van  zijne  geestelijke  bedieningen  en  voorrechten.  Voorts 


l66  MECHELSCHE 

werd  hij  verwezen  tôt  opsluiting  en  vasten,  en  zich  aan 
eenen  daartoe  aangeduiden  biechtvader  te  beschuldigen 
«  niet  opdat  hij  door  de  absolutie  van  zijne  zonden  zoude 
ontslagen  worden,  zegde  de  officiaal  Melchior,  maar 
wel  opdat  hij  door  goeden  raad  van  dcn  biechtvader  tôt 
betere  gevoelens  kome  en  tôt  leedwezen  zijner  zonden, 
en  zoude  verdienen  van  door  pauselijke  toelating  van  den 
banvloek  ontslagen  te  worden.   » 

Bij  verstek  veroordeeld,  had  Van  Roost  het  nogtans 
geraadzaam  gevonden  den  weg  te  nemen  naar  Holland, 
het  toevluchtsoord  van  aile  Jansenisten,  waar  hij,  in 
Amsterdam,  een  antwoord  drukken  liet  aan  het  vonnis, 
dat  hem  te  treffen  kwam. 

Later  ging  hij  zich  vestigen  bij  eenen  jansenistischen 
pastoor  te  Eyckenduinen,  bij  den  Haag,  waar  hij  overleed 
op  22  Februari  1746.  Hij  werd  twee  dagen  daarna  ter 
aarde  besteld. 

Men  kent  van  hem  de  volgende  werken  : 

Points  spirituels  de  morale  (Anvers,   1^02). 
Points  spirituels  de  morale  mêlés  d'affections  sur  la  vie  et  les 
misères  et  la  doctrine  deJ.-C,  2'  édition  (Bruxelles,  1J02). 
De  goeden  regel  van  den  goedwilligen  oefenaar  (A^itwerpen, 

La  bonne  règle  de  l'exercice  volontaire  on  le  Dévot  solitaire 
(Anvers,   1J14). 

De  Psalmen  van  David,  met  korte  bemerkingen  op  den 
Historischen,  Geestelijken  en  Zedelijken  zin  ;  benevens  eenige 
Lofzangen  der  H.  Schriftimr,  voornamentlijk  degene  die 
volgens  de  order  van  den  Roomschen  Brevier  wettelijk,  in  de 
Getijden  der  H.  Kerke  gelé  zen  worden  (Gendt,    172S). 

Psalmen  met  verklaringen  (lyig). 

Brieven  van  den  Eerw.  Heer  Giiiliclmus  Van  Roost,  canonik 
ende  Plebaen  van  de  metropolitane  kerk  van  Mechelen,  aen 
een  Bnrger  der  zelfde  stad,  waer  in  d'ongeregtigheid  van  het 


Planche  X 


'■00' '  -  Tît 


Jaii-Baptist    RIJMENANS 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  167 

vonnis  ieghen  hem  aldacr  iiytgesproken  door  de  Cardinael 
den  20  Aug.  ij2^klaerblijkelijk  wordaangewezcn  uit  d'Acten 
zelf  in  7  vonnis  vermeld  (Amsterdam,    1J2S). 

Archives  de  l'Archevêché.  Dossier  Van  Roost. 

Baeten,  J.-B.,  Verzameling  van  naamrollen  betrekkelijk  de 

Kerkelijke  Geschiedenis  van  het  Aartsbisdom  van  Mechelen. 
Claessens,  p.,  Histoire  des  Archevêques  de  Matines. 
De  Feller,   F.  X.,  Dictiomiaire  historique. 
PiRON,  Algemeene  levensbeschrijving  der  mannen  en  vrouwen 

van  België. 
Van  de  Velde,  Synopsis  monwnentorum  conciliorum  omninm 

archiepiscopatus  mcchliniensis ,  ab  anno  rSSg,  adannum  1S02. 
Van  DER  Haeghen,  Ferd.,  Bibliographie  gantoise,  recherches 

sur  la  vie  et  les  travaux  des  imprimeurs  de  Gand. 


RIJMENANS,  Jan-Baptist 

Apothekcr,  Kronijkschrijvcr  en  Dichtcr 


Geboren  te  Diest  den  ig  November  1748,  van  J an-Paul 
en  Isabella-Theresia  Cockx;  echtgenoot,  in  eerste 
huwelijk,  aangegaan  den  8  April  1785,  van  Barbara  van 
den  nest;  na  afsterven  dezer  hertrouwd,  met  Carolina- 
JosEPHiNA  V^an  Humbeeck,  den  12  September  1816; 
gestorven  te  Mechelen  den  25  October  1840. 

Wat  RijMENANS  was,  als  jongeling,  weet  men  niet.  Het 
zullen  gewis  algeene  rozen  geweest  zijn  die  hij  in  den 
morgend  van  zijn  leven  plukken  mocht,  en  misschien  ligt 
daarin  de  reden  van  die  geestesgesteltenis  die  zich  in 
philosofeerende  en  spotzieke  uitboezemingen  weleens 
zoude  oplossen. 


l68  MECHELSCHE 


Op  zes-en-dertigjarigen  ouderdom  vindt  men  Rijme- 
NANS  werkzaam  als  helper,  in  de  apotheek  van  meester 
Mertens  den  ouden.  In  de  maand  Juni  1784,  en  te 
gelijkertijd  met  Pieter  Blanckx,  eenen  mechelaar,  werd 
hij  toegelaten  om  de  vereischte  bewijzen  van  bekwaam- 
heid  tôt  het  oefenen  van  het  apothekersambt  te  geven. 
Hij  bckwam  het  daartoe  gevergde  diploma  den  5  Augusti 
van  dit  zelfde  jaar.  Bij  het  afsterven  van  Mertens,  nam 
hij  dczes  apotheek,  omtrent  de  grootbrug(i)  gelegen  over. 

Uiterst  goed  gevuld  was  de  lange  levensbaan  van 
onzen  stadsgenoot.  Rijk  aan  jaren,  was  Rijmenans  niet 
minder  rijk  aan  ondervinding,  want  hij  was  ooggetuige 
van  de  eeuwen lange  veelvoudige  en  zoo  woelige  staatsbe- 
roeringen  en  regeringshcrvormingen  der  xviii^  en  xix^ 
eeuw. 

Weinig,  echter,  schijnt  hij  daar  mede  bemoeid  geweest 
te  zijn,  en  hij  heeft  slechts  ter  loops  openbare  of 
ambtelijke  bedieningen  vervult  die  hem,  dank  het  aan- 
zien  dat  hij  onder  zijne  medeburgers  genoot,  om  zoo  te 
zeggen  opgedrongen  werden.  Als  Griffier  van  het  vrede- 
gerecht  van  het  noordkanton  der  stad,  was  hij  nogtans 
langer  werkzaam. 

In  de  maand  Juni  van  het  jaar  1790,  aanvaardde  hij 
schrijver  te  worden  van  de  gilde  «  Den  ouden  Boog  ». 

Onder  het  fransche  bewind,  in  1794,  drong  men  bij  hem 
te  vergeefs  aan,  opdat  hij  zoude  lid  worden  van  het  zoo 
genoemde  u  Comité  de  surveillance  ».  Doch  later  liet  hij 
zich  gezeggen,  wanneer  tusschen  twee  der  leden  van  dit 
comiteit,  Bertrand  en  Joffreoy,  oneenigheden  oprezen, 
en  deze  laatsten  verzocht  werd  zijn  ontslag  in  te  dienen. 
Rijmenans  werd  in  zijne  plaats  gesteld  en  vervulde  de 
bediening  van  sekretaris. 

Als  ietterkundige  had  hij  reeds  den  naam  verworven 


(i)  Op  een  huis  naar,  rechts,  als  men  van  de  Yzeren  leên  komt. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  IÔQ 

van  een  scherp  spottend,  bijtend  doch  geestig  dichter, 
altijdbereidom,  ten  dienste  van  de  straatkronijkmeesten- 
deels,  doch  ook  voor  andere  lierzangweerdige  zaken, 
zijne  harp  te  stemmen.  Wanneer  men  dan  het  verslag 
der  zitting  van  de  Nationale  conventie  van  28  December 
1794  onder  het  volk  verspreiden  wilde,  werd  Rijmenans 
met  de  vertaling  daar  van  gelast. 

In  lygS  werd  hij  als  lid  der  municipaliteit  van 
Mechelen  aangesteld  ;  doch  reeds  op  het  einde  der  maand 
Januari  gaf  hij  daarvan  zijn  ontslag. 

Op  6  Ventôse  van  het  jaar  II  (1794)  was  Rijmenans  als 
griffier  van  den  vrederechter  Olivier  genoemd  geweest. 
Ditzelfde  jaar  nog,  wilde  men  hem  het  vredegerecht  van 
het  pas  ingerichtte  tweede  kanton  toevertrouwen  ;  doch 
zulks  weigeide  hij,  alhoewel  hij  op  3o  fructidor  jaar  V 
(1797)  en  9  vendémiaire  jaar  VI  (1798)  dit  eervol  doch 
niet  weinig  last  opleverende  ambt  waarnam. 

De  jury  van  openbaar  onderwijs  van  het  Département 
der  Twee-Nethen  nam  hem  tôt  sekretaris  in  Februari 
1798. 

In  1799  was  hij  gedurende  twee  dagen  taxateur  der 
contributiën  en  in  1814,  gedurende  negen  maanden,  stond 
hij  aan  het  hoofd  van  de  bureelen  van  den  burgerlijken 
stand. 

Doch  vroeger,  en  wel  in  i8o3,  was  hij  hernoemd 
geweest  als  griffier  van  het  vredegerecht.  Hij  nam  deze 
functiën  waar  tôt  aan  zijn  overlijden.  Later,  op  7  Januari 
1819,  noemde  men  hem  Opzicner  van  het  burgerlijk 
gasthuis,  en  op  28  Februari  1820,  lid  van  de  plaatselijke 
Geneeskundige  commissie,  waarvan  hij  ook  de  sekretaris 
werd. 

Uit  dit  ailes  blijkt  dat  Rijmenans  het  niet  hield  met 
den  vroeger  bestaanden  staat  van  zaken,  en  dat  hij  de 
nieuwe  regeeringswijze,  dank  onwenteling  en  oneenig- 
heden  ingevoerd,  verre  van  vijandig  was. 

12, 


170  MECHELSCHE 


Wat  er  00k  van  zij,  Rijmenans  hield  weinig  van  ambte- 
lijke  kluisters  en  nog  minder  van  regelmatige  en  eentoo- 
nige  bezigheden.  Verre  van  hem  was  nogtans  het  ge- 
dacht,  na  afgedane  dagelijkschen  arbeid,  zoo  maar  de 
armen  gekruisd  door  het  leven  te  gaan,  en  vrije  stonden 
en  welverdiende  rust  in  niets  doen  door  te  brengen. 
Dâârvan  getuigen  talrijke  handschriften  en  menigvuldige 
aanteekeningen,  opgezocht  en  bijeenverzameld,  om  de 
geschiedenis  zijner  aangenomen  moederstad  op  te  hel- 
deren  en  ze  op  tijd  en  stond  in  het  licht  te  geven. 

Aan  zijne  onverpoosde  werkzaamheid  heeft  men,  onder 
andere,  de  volgende  werken  in  handschrift  te  danken, 
welke  op  het  stadsarchief  bewaard  worden   : 

Guide  brocders  van  dcn  ouden  edelen  Kruysboge  binnen  de  stad 
Mechelen.  iSjS-ijjj;  1^00-1^24;  i'j2S-ij4g;  ijSo-i-jgS 
(4  registcrs). 

Extraden  der  stadsrekeningen  van  i3i i  tôt  i-jgi(Svol.in-fol.). 

Matériaux  recueillis  par  de  Azevedo,  Van  den  Nieuwenhuysen 
(Henri-Dominique),  de  Vivario  (Henri- Marie- François- 
Jacques)  Rijnumans  et  autres  antiquaires  de  Matines,  pour 
former  une  histoire  nationale,   i  vol.  ^1-4"^. 

Vervolg  der  cronijke  van  Mechelen,  ten  tijde  van  het  Gouverne- 
ment van  den  Prince  Alexander  van  Parma,  sedcrt  dot 
ig  November  MDLXXXII  tôt  syne  doodt  den  3  December 
MDXCII,  door  G.-D.  de  Azevedo;  en  vermeerdert  met 
verscheyde  aenteekcningen,  door  J.-B.  Rymenans.  Register 
in- 4^  (  Voorsch  rift) . 

In  medewerking  met  Gyseleers-Thijs  : 

Recueil  chronologique  d'extraits  tirés  tant  des  actes  et  registres 
reposant  aux  archives,  que  de  différents  ouvrages  imprimés  et 
manuscrits  concernant  l'histoire  de  la  Ville  et  province  de 
Matines,  g  g  vol.  inffol. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  I7I 

Memoriën  wegcns  de  Mechelsche  Schilders  en  Beeldsnyers  iiyt 
den  Ambachtsboeck.  De  Leerjonghensboek  uit  jaer  iSSo. 

Kopij  gcnomen  door  G.  Smeyers,  schilder,  en  volledigd 
door  Rijmenans,  in-4°,  op  't  stadsarchief. 

Verder  bestatigt  men  dat  het  dichtersvuur  bij  Rijme- 
nans zelden  smeulde,  en  het  zich  meermalen  lucht  gaf, 
vooral  in  dien  kring  vanjollige  vrienden  en  viezekwasten, 
die  dagelijks  in  den  Hazenwind  vergaderd,  zich  daar  den 
Mechelschen  bruinen  eerlijk  lieten  smaken. 

Voor  nabestaanden  en  ook  voor  kennissen  weigerde 
Rijmenans  nooit  zijn  dichtersgevoel  en  verzenmakerslust 
den  vrijen  teugel  te  laten  vieren.  Van  huwelijk,  zilveren 
en  gouden  bruiloft  en  jubelfeesten  was  Rijmenans  de 
aangeduiden  zanger  en,  zoo  het  pas  gaf,  van  de  gek- 
scheerige  en  kwatongerige  straatkramerij  de  onmisbaren 
en  erkenden  dichter. 

Op  een  tijdstip,  wanneer  de  Viaamsche  taal  door 
uitheemschen  invloed  verbasterd  was  en  door  gelegen- 
heidsdichters  tôt  eene  ware  woordenknoeierij  vervormd 
werd,  gaf  Rijmenans  doorgaans  blii'ken  van  ongekunstel- 
den,  lossen  en  toch  tamelijk  zuiveren  letterkundigen 
smaak. 

Weinig  of  niets  is  er  van  zijn  dichterswerk  in  druk 
overgebleven.  Op  het  stadsarchief  vindt  men  slechts  het 
volgende  : 

A  en  den  konstrijken  Heer  G.  Herreyns,  historieschilder  van 
S.  M.  Gustavîis  den  III,  Koning  van  Sweden.  Door  synen 
waeren  vriend  J.  B.  Rymcnans,  f.  171-8". 

A  en  Myn  Heer  De  Cort,  schilder  van  syne  M.  ende  van  syneH. 
den  Prince  van  Condé,  over  sijn  dicht  opgedraegen  aen  Mijn 
Heer  G.  Herreyns,  schilder  van  Giistacv  den  III,  Koning 
van  Sweden,  verongelijkt  door  hcymelijke  rond  gesiroeyde 
schriften,  f.  in-8". 


172  MECHELSCHE 


Aen  den  Heere  Dodor  Joannes  Ignatiiis  Le  Clercq,  in  hoiiwelijk 
vereenigt  met  de  edelc  Jouffrouw  Maria-Theresia-Regina 
Dcllafaille,  dcn  4  des  jaers   nS'oS,  in-4° . 

Zôô  het,  onder  letterkundig  oogpunt,  te  betreuren  valt, 
dat  zeer  weinige  dichtwerken  van  Rijmenans  in  druk 
gegeven  zijn,  is  het  onder  andere  oogpunten  misschien 
beter  dat  de  Muze  van  Rijmenans,  die  zich  geenszins 
schuchter  en  al  te  dikwijls  weinig  kiesch  voordoet,  zoo 
ze  niet  aan  verheven  gedachten  volkomen  gebrek  lijdt, 
onder  den  sluier  blijve  waar  de  tijd  haar  ingewikkeld 
heeft. 

Op  eene  steendrukplaat  is  Rijmenans  als  een  kloeke 
negentiger  voorgesteld  ;  hem  is  een  Juvenal  in  de 
handen  gegeven.  Zoo  dit  zijn  lievelingslektuur  was,  dan 
laat  zich  tusschen  den  welgekenden  Romeinschen  satiri- 
kus  en  Rijmenans  zekere  overeenstemming  van  gedachten 
veronderstellen  en  verklaren  zich  de  strekkingen  en  de 
aard  van  's  dichters  uitboezemingen. 

Deze  plaat  (i),  waarvan  de  teekenaar  niet  gekend  is, 
draagt  voor  opschrift   : 

Joannes-Baptista    rijmenans 
Natus  Diesthemiœ  ig  (/"'  1^48 

Onder  aan  schreef  eene  vriendenhand  de  volgende, 
voor  de  geestesrichting  van  Rijmenans  zôô  beteekenis- 
voUe  regelen  : 

Dcn  anipicnacr,  van  gcstdtc  hVijn, 
Vol  geestig  vucr,  vol  schrander  hrijn, 
Van  jougsheen  vriend  der  Mnsenschaer 
Nu  tiveemacl  vier  en  viertig  jaer  ; 


(i)  Welwillend  medegedeeld  door  den  H^  Doktor  Andries. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  lyS 

Bevogt  op  't  spoor  van  béer  Feniey, 
De  Ji juste  soort  van  dwingelandij  ; 
Geen  botmuyl,  geen  tartitf  of  dweep, 
Ontliep  lij'n  juvenalis  :(urep. 

Nogtans  volkminnend,  stil  en  -wijs, 
yittgt  oproer,  en  omhelst  den  peys 
IVant  is  greffier  van  7  vrede-regt, 
Van  als  bet  eerst  wird  opgeregt  ; 
En  scboon  ^ipi  band  daer  is  geboeyt, 
Zij  ;{Wîerig  P indus  roosen  stroeyt; 
Dus  ciert  Apol  met  lauwerkrans 
Het  sneeuwwit  boofd  van  Rijmenans. 

Bernardus  de  BRUYNE,  amicus,  amico  Dicat  io  v^'"'»  1838 

Libre  de  soins,  exempt  d'envie. 

Toujours  joyeux,  souvent  dispos. 

Entre  les  Nymphes  de  Paphos 

Et  les  neuf  sœurs  de  Castalie 

En  dépit  de  la  sacristie, 
A  rire  des  cafards,  à  me  moquer  des  sots, 
Sans  songer  un  moment  à  l'éternel  repos. 

Je  passe  doucement  ma  vie. 

En  Rijmenans  zwanenzang  klonk  : 

Mijnen  tijd  is  se  hier  versleten, 
Sedert  ik  hier  oorsprong  nam; 
Sonder  dat  ik  heh  geweten 
Om  wat  reden  ik  er  kwam. 
'k  Heb  er  koude  en  heet  verdragen, 
'k  Heb  beproeft  van  ^Jier  en  ^oet  ; 
En  geworsteld  met  de  vlagen 
Van  geluk  en  tegenspoed. 
'k  Zal  den  kop  dan  nederleggen, 
't  Is  het  lot  van  ;(ot  en  wijs; 
Valt  daer  iets  tegen  te  ^eggen 
Rijmenamke,  goede  reis. 


174  MECHELSCHE 


Op  het  stadsarchief  bevindt  zich  een  handschrift  dat 
getiteld  is  : 

Verzamcling  van  Vlaamsche  licderen  door  J.-B.  Rijmenans  en 
zijne  vricnden  gedicht. 

De  volgende  onuitgegeven  gedichten  zijii  daaraan 
ontlcend.  Hoe  weinig  het  ook  weze,  heeft  men  alzoo  een 
gedacht  van  wat  Rijmenans  als  dichter  vermocht  : 

RlJMDICHT    OP    VeRHOEVEN    (i) 

Een  zoet  getintelt  Dijnsdag  avond 

droôp  in  mijn  oor  en  toetste  't  brijn 

als  Lammens  jubel  wierd  gehavond 
met  klank  van  bellen  grof  en  fijn. 

Den  wind  als  voerman  aller  toonen 

en  vriend  van  Willem  dreef  't  geluid 


(i)  Willem-Gommar-Frans  Verhoeven,  handelaar  te  Mechelen,  geschied- 
schrijver  en  dichter,  geboren  te  Lier,  den  24  julij  lySS,  overleed  alhier  den 
16  mei  1809. 

Eerste  sekretaris  van  de  besturende  Kommissie  der  Akademie  van 
beeldende  kunsten  te  Mechelen,  schreef  htj,  ter  gelegenheid  van  de 
feesten  die  ingericht  werden  toen  Karel  van  Lorreynen  aan  deze  in  telling 
den  titel  schonk  van  Koninklijhe  Akademie  van  schilder  en  beeldhomvkunst,  een 
vlaamsch  dichtstuk  dat  zijne  eerste  proeve  op  het  terrein  der  letteren  was, 
en  te  Leuven,  zonder  den  naam  van  den  schrijver,  gedrukt  werd  onder  den 
volgenden  titel  : 

Proeve  van  dicht-kunde  op  de  ouitheyd,  eer,  achtbaerheyd  en  voortgang  der  vrije- 
hunsten;  Loven,  I.  P.  Overhehe,  ry-4;  in-4",  4S  bladzJjden. 

Als  geschiedkundige  werken  kent  men  van  hem  nog  de  volgende  : 

Algemeyne  inleyding  tôt  de  al-oude  en  midden-tijdsche  Belgische  historié. 

Voorreden  tôt  de  historischt  tijd  en  oordeelkttndige  verhandelingen  tôt  antwoord 
op  de  vraeg  :  welk  is  den  oorsprong  geweest  van  de  compagnien,  bekent 
in  de  steden  van  Brabant  onder  den  ndam  van  eed  ofte  van  gilden?  Welke 
waeren  de  pligten  en  de  voorregten  van  de  gildebroeders ?  Welke  zijn  de 
krijgs  verrigtingen  die  deze  compagnien  b'jgewoont  hebben  ? 

Het  portret  van  Verhoeven,  door  Van  den  Nieuwenhuyzen  geschilderd,  is 
bewaard  op  het  stadsrauseum. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  lj5 

Zoo  verr'  in  Mech'len  menschen  woonen, 

want  ieder  kroôp  zijn  huisken  uit 
en  vroeg  ;  wat  heil'gen  viert  men  morgen  ? 

ik  loôg  en  sprak,  men  moet  ter  steê 
niet  altijd  voor  de  heil'ge  zorgen 

dat  zij  met  d'Hemel  zijn  te  vreê  ; 
't  is  Lammen  oom  «  God  wilt  hem  spaeren  » 

die  heden  zijnen  jubel  geeft, 
omdat  hij  vijf  en  twintig  jaren 

heeft  in  onvrugtbaerheyd  geleeft. 
Was  't  daarom  dat  m'op  Rombout  lulde? 

Hoe  vriend?  dat  dunkt  u  ongemijn! 
't  een  schaeps-hoofd  mag  het  ander  hulde 

in  aile  land  daer  bellen  zijn. 

Liedcren  gezongen  op September  i8i6 


Daer  zijn  weer  Mechelaers  aen  't  woelen, 

het  is  om  schuppen  zot  te  doen, 
't  is  vreugd  en  deugd  die  zij  bedoelen, 

het  staet  hun  altijd  even  groen. 
De  vrolijkheid  is  zotten  eygen, 

zij  houd  tôt  Mechelen  vasten  woon 
en  als  zij  't  in  hun  horens  krijgen 

dient  schuppen  zot  hun  vôôr  Patroon. 


Naer  Muysen  word  de  Reys  genomen 
niet  dat  het  daer  nog  kermis  is, 

waer  daer  ons  zotte  boUen  koômen 

is  't  vleesch  wel  goed,  maer  beter  visch  ; 

en  daer  men  visch  eét,   moet  men  buysen, 
dit  weten  ons  gemikkers  't  best. 


176  MECHELSCHE 


men  buyst  en  roept  er  vivat  Muysen, 
schoon  Muysen  is  een  enk'len  nest. 


Maer  opdat  bij  die  viese  lieden 

terwijl  zij  smeéren  in  't  gemeyn, 
niet  altemets  mogt  iet  geschieden 

dat  niet  te  broederlijk  zou  zijn, 
is  't  noodig  dat  zij  Buydens  stellen 

vôor  opperhoofd  of  président, 
Want  wie  zou  beter  oôrdeel  vellen 

als  hij  die  Muyzens  wetten  kend. 


Drinkt  dan  den   Dikken  zijn  gezondheyd, 

wenscht  hem  geluk  met  zijn  gezag, 
men  ziet  aen  zijn'  volkome  rondheyd 

dat  hij  zijn  nat  en  droog  wel  mag  : 
Den  goeden  Rossignol,  och  Ermen! 

verliet  te  vroeg  zijn  beste  maets; 
God  wilt  zijn  lieve  ziel  ontferm.en 

en  laet  ons  Bu3"dens  in  zijn  plaets. 

Dank  dicht  van  jfoannes-Baptista  Rijmenans  (na  zijn  hnwelijk 
met  Mej.  Carolina  Van  Htinibeeck)  aen  Vermeylen,  meester- 
bakker. 

Vriend  Vermeylen 

die  de  peylen 
waer  med'  mij  de  teere  min 
geriefde  voôr  mijn  herts-vriendin, 

en  de  banden 

voor  ons  handen, 
Zongt  op  zoo  een  zoeten  toon 


Planche  XI 


Jaak-Jan    DE    RAEDT 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  177 

alsoyt  Naso  was  gewoon, 

'k  staen  verlegen 

wat  daer  tegeii 
in  te  brengen  ;  want  de  pligt 
vraegt  een  antwoôrd  voor  u  dicht  ; 

'k  zou  hier  neven 

die  wel  geven, 
't  dankbaer  hert  wilt  zig  ontslaên  ; 
maer  zien  ik  Karlintje  staen  ! 

Daer  zijn  pennen 

meer  te  kennen 
Schrijvers  lust  is  uytgedooft, 
liefd'  alleen  vult  hert  en  hoofd, 

neemt  dan  broeder 

hier  ter  goeder 
Uer,  in  dank  mijn  goede  wil, 
houd  mij  kwijt,  en  houd  het  stil. 

PiRON,  Levensbeschrijving  van  inannen  en  vronwen  in  België. 
ScHELLENs,  MechclscJw  kronijk. 
RijMENANS,  Nagelaten  handschriften. 
Hermans,  Inventaire  des  Archives,  tome   VIII. 
DoNNET,   Fern.  Faniilie  papieren. 


DE  RAEDT,  Jaak-Jan 

Kimstcnaar  en  Iceraar  aan  de  Akademie  van  Beeldende 
kunsten  te  Mechelen 


Geboren  te  Mechelen,  den  14  Maart  1757,  en  aldaar 
overleden  den  17  November  i838. 


178  MECHELSCHE 


De  schilder  Herreyns  had  te  Mechelen  in  1772  de 
grondslagen  gelegd  eener  Akademie  van  beeldende 
kunsten,  en  een  groot  getal  jongelingen  had  aan  den 
oproep  van  den  meester  beanlwoord.  Onder  deze  was 
De  Raedt  een  der  eersten,  alhoewel  hij,  aan  eene  ge- 
goede  familie  toehoorende,  de  kunst  meer  uit  liefhebberij 
dan  om  er  zich  eene  broodwinning  van  te  maken  aan- 
leeren  wilde. 

Van  den  beginne  af  vielen  aan  De  Raedt  ondeischei- 
dingen  ten  deele,  en  in  1779  behaalde  hij  den  eersten 
prijs  van  teekenen  naar  het  levend  model.  Verder,  getui- 
gen  de  programmas  der  prijskampen  van  de  hoopvoUe 
gesteltenissen  van  den  toekomenden  leeraar. 

In  1783  had  Herreyns  geweigerd  het  bestuur  der  Aka- 
demie van  Briissel  in  handen  te  nemen,  alhoewel  hem 
daarvoor  eene  jaarwedde  van  1800  florijnen  aangeboden 
werd.  Hij  verkoos  te  Mechelen  aan  den  groei  en  den 
bloei  zijner  instelling  blijven  voort  te  werken.  Hij  w.ilde 
dan  00k  eene  grootere  uitbreiding  aan  zijn  ondervvijs 
geven,  en  ten  dien  einde  koos  hij  zich,  als  bekwame  en 
geschikte  medehelpers,  zijne  twee  oudleerlingen  De  Raedt 
en  den  beeldhouwer  Van  Geel. 

Deze  twee  leeraren,  «  Onder-direkteurs  »  genoemd, 
werden  gelast  met  het  aanleeren  der  grondbeginselen 
van  de  teekenkunde.  Later  echter,  wanneer  men  de 
Akademie  herinrichte,  en  wel  in  1801,  werden  hun 
belangrijkere  en  veelvuldigere  kursussen   toevertrouwd. 

In  den  beginne  waren  de  functiën  aan  de  Akademie 
weinig  winstgevend,  en  het  was  aan  de  tusschenkomst 
der  hoogere  overheid  te  danken  dat  daarin  op  doelmatige 
wijze  voorzien  werd. 

In  1807  wilde  men  aan  Van  Gheel  den  voorrang,  als 
professor,  op  De  Raedt  geven,  alhoewel  deze  twee  leeraren 
samen  genoemd  en  van  eerst  af  op  gelijken  voet  gesteld 
geweest  waren. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  I79 

Met  rede  gekrenkt  in  zijne  ambtelijke  waardigheid 
verkoos  De  Raedt  niet  meer,  in  zulke  voorwaarden,  aan 
de  Akademie  werkzaam  te  blijven.  Doch  korten  tijd 
slechtsbleef  ditschreeuwendonrecht,  aan  den  medehelper 
van  Herreyns  aangedaan,  duren,  en  het  desaangaande 
besluit,  door  den  adjunct  Pierets  voorgesteld,  en  bij 
verrassing  door  den  Maire  geteekend,  werd  ingetrokken 
en  de  zaken  in  haren  vorigen  staat  hersteld. 

De  Raedt  hernam  zijne  functiën,  en  bleefdeze  bedienen 
tôt  in  de  maand  October  van  het  jaar  i825,  wanneer  hij 
daarvan  zijn  ontslag  gaf.  Hij  zegde  dan  ook  vaarwel  aan 
de  Maatschappij  van  Schoone  Kunsten,  waarvan  hij 
bestuurlid  was.  Misschien  waren  nieuwe  ontstane  moei- 
lijkheden,  of  weiniggunstigegesteltenissenvan  overheden 
of  kunstbroeders  de  oorzaak,  dat  De  Raedt  het  gepast 
oordeelde  van  het  openbaar  kunstenaarsleven  afscheid  te 
nemen. 

Zijne  begrafenis  staat  geboekt  als  hebbende  eene 
indrukwekkende  plechtigheid  geweest. 

Als  schilder  heeft  De  Raedt  weinig  of  geene  ver- 
diensten.  Alhoewel  men  slechts  een  klein  getal  zijner 
voortbrengselen  kent,  pleiten  deze  geenszins  ten  zijnen 
voordeele. 

Hij  schilderde  eenen  St-Andries  voor  het  vischver- 
koopersambacht  ;  dit  stuk  is  niet  meer  te  vinden.  Een 
tafereel  verbeeldende  Christiis  en  de  discipelen  van  Enimaiis, 
zijn  eigen  portret  in  pastel,  en  een  ander  waarop  men  hem 
meent  te  moeten  herkennen,  omringd  van  kinderen  en 
kindskinderen,  zijn  heden  in  het  bezit  der  famille.  Op 
het  stadsmuseum  bewaard  men  van  hem  het  levens- 
groote  zittende  portret  van  den  bouwmeester  De  Noter. 

Als  teekenaar,  integendeel,  heeft  De  Raedt  meerdere 
verdiensten. 

Portretten,  studiehoofden,  samenstellingen  van  allen 
aard,  nateekeningen  van  werken   van  groote  meesters, 


l8o  MECHELSCHE 

zooals  de  St-Marten  van  Van  Dijck,  uit  de  kerk  van 
Saventhem,  heden  in  bezit  der  famille,  getuigen  van 
eene  meer  dan  alledaagsche  behendigheid,  en  verraden, 
treffend,  den  invloed  van  den  meester  Herreyns,  zonder 
nochtans,  onder  oogpunt  van  nauwgezetheid,  en  hoogst 
gemakkelijke  uitvoeiing  met  dezes  werken  gelijk  te  staan. 

Alhoewel  men  vermeent  dat  De  Raedt  ook  graveerder 
geweest  is,  zijn  er  nochtans  van  hem  geene  dergelijke 
voortbrengselen  gekend. 

Kortom,  als  kunstenaar  mag  De  Raedt  niet  hoog 
geschat  worden  ;  hij  genoot  het  voordeel  van  door 
Herreyns,  tusschen  anderen  uitverkozen  te  worden,  om 
met  dezen  meester  aan  de  Académie  van  Beeldende 
Kunsten  te  onderwijzen  en  in  het  vvaarnemen  van  die 
bediening,  leverde  hij  eene  lange  en  eervolle  loopbaan. 

Het  portret  van  De  R.œdt  is  geteekend  geweest  door 
J.-J.  Eechout  en  op  steen  gezet  door  Burggraef.  Een 
afdruksel  is  er  van  bewaard  op  het  stadsarchief. 

SciiELLENS.  Kronijke  van  Mcchclen. 

Archicven  van  de  maatschappij  foi  aanmocdiging  dcr  Schoone 

Knnsten. 
Archieven  van  de  Akademie  van  Beeldende  Knnsten. 
CoNiNCKx.  L'Académie  de  dessin,    depuis   sa  fondation   en 

i']j2  jusqu'en   iS3o. 
Neefs.  Histoire  de  la  peinture  et  de  la  sculpture  à  Matines. 


RESTELEU,    Pieter-Joseph 

Geestelijke  redenaar  en  schrijver 


GeborenteGeeraardsbergenden  l'^'Juni  i757,engestor- 
ven,  pastoor-doken,  teWaerschoot,  den  2g  December  1829. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  l8l 

Gepromoveerd  als  licenciaat  in  de  Godgeleerdheid  te 
Leuven,  in  1777,  werd  Resteleu  priester  gewijd  in  1781. 
Het  daaropvolgende  jaar  vindt  men  hem  als  coadjutor 
te  Idegem  en  Smeerhebbe,  in  het  land  van  Aalst. 

Wanneer  in  November  i788Alexander  Dolman  pastoor 
van  het  Groot  Beggijnhof  geworden  was,  en  dien  ten 
gevolge  de  pastorij  van  Ons-Lieve-Vrouwe  parochie 
open  viel,  dong  Resteleu  naar  die  plaats  mede  en  nam, 
ten  dien  einde,  deel  aan  den  daartoe,  als  naar  gewoonte, 
ingerichten  prijskamp,  welke  plaats  had  den  8  Mei.  Deze 
proef  was  hem  gunstig  ;  hij  werd  pastoor-deken  dezer 
parochie  genoemd  den  19  Juni  1789,  en  een  jaar  later 
onderzoeker  van  den  opperkerkraad  van  het  aartsbisdom. 

De  toestand  hier  te  Mechelen  was  op  dien  oogenblik, 
even  als  elders,  ailes  behalve  gerustwekkend.  Twee- 
dracht  en  hervormingsgeest  heerschten  onverdeeld,  en 
het  was  in  die  hachelijke  omstandigheden  dat  de  fransche 
légers  België  veroverden  en  generaal  Dumouriez  het  alge- 
meen  bewind,  op  franschen  leestgeschoeid,  in handen  nam. 

Deze  veldoverste  stuurde  den  8  November  1792  eene 
afkondiging  aan  de  Belgen,  waarin  hij  hen  aanzette, 
onder  de  deftigste  en  verdienstrijkste  burgers,  vertegen- 
woordigers  te  kiezen,  die  zouden  gelast  worden  met  de 
noodige  bestuurlijke  ambten  te  vervuUen.  Hier  te  Meche- 
len waren  die  vertegenwoordis^ers  twintigf  in  ijetal, 
waaronder  Resteleu. 

Die  uitheemsche  overheersching  was  echter  van  korten 
duur.  Oostenrijk  herwon  onze  provinciën,  doch  00k  maar 
voor  weinige  maanden  ;  en  wanneer  dan  Frankrijk  voor 
de  tweede  maal  zijne  gewapende  benden  op  België 
losliet,  moest  Resteleu  met  de  andere  Mechelsche 
geestelijkheid  ondervinden,  hoedweepzuchtig  en  tergend 
de  aard  van  den  overwinnaar  was. 

Zonder  vertoeven  werden  er  middelen  beraamd,  aan- 
genomen  en  toegepast,   om   op  stelselmatige  wijze  het 


l82  MECHELSCHE 


verdverde  land  uit  te  buiten.  Burger  Laurent  begon 
met  eene  gedwongene  belasting  af  te  kondigen,  en 
Resteleu,  als  deken  der  parochie,  en  alhoewel  de  kerk 
ook  het  haie  daar  moest  bijbrengen,  kreeg  voor  zijn  deel 
een  duizendtal  florijnen  in  de  belasting  te  betalen. 

Slechts  weinigen  tijd  bleef  Resteleu  dan  nog  te 
]\Iechelen  vertoeven  en  den  23  Juni  1796  betrad  hij  de 
pastorij  te  Mortsel.  Daar  deze  parochie,  ten  gevolge  van 
het  Concordaat,  aan  het  bisdom  van  Gent  toegevoegd 
werd,  was  het  ook  in  dat  bisdom  dat  Resteleu  zijne  loop- 
baan  vervorderde,  en  den  14  Januari  i8i3  tôt  pastoor- 
deken  der  gemeente  Waerschoot,  bij  Eecloo,  genoemd 
werd . 

Daar  ook  overleed  hij,  zestien  jaren  later,  de  nagedach- 
tenis  latende,  leest  men  in  een  geschreven  dagboek  op 
de  pastorij  bewaard,  van  eenen  man  begaafd  met  meer 
dan  gewoon  geheugen,  wezende  een  uitstekend  redenaar; 
als  persoon,  van  eene  stichtende  waardigheid,  getemperd 
door  een  galhartig  en  vroolijk  karakter,  wiens  gastvrij- 
heid  en  naastenliefde  spreekwoordelijk  geworden  waren. 

Na  zijne  dood  verscheen  te  Gent,  in  i833,  in  drij 
boekdeelen  in-8*^,  eene  verzameling  van  sermonen  door 
hem  gepredikt;  die  uitgaaf  was  getiteld  :  Scrmooncn  op 
de  Evangcliën  van  aile  de  Zondagcn  en  bij'zondcrste  fecstdagen 
van  het  jaer,  en  andere  kerkelijke  plechtigheden  opgedragen 
acn  de  jonge  geestelijkheid. 

Aan  hem  is  men  ook  verschuldigd  eene  vertaling  van 
Blanchakds  «  Ecole  des  mœurs  «,  welke  insgelijks  te 
Gent  uitgegeven  werd  in  1819,  onder  den  titel  : 

De  school  der  zeden  of  zedelijke  en  historische  bemerkingen 
op  de  grondregels  der  wijsheid  toi  nul  der  jongheid  en  andere 
persoonen,  die  zich  m  dx  wereld  treffelijk  willen  gcdragen. 

PiRON,  Algemeene  levensbeschrijving  van  mannen  en  vronwen 
van  België. 


Planche  Xlt 


Lodewijk    ROYER 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  l83 

Handschrift  bewaard  op  de  pastorij  te  Waerschoof. 
Baeten,  J.,  Verzameling  van  fiaamrollen  bctrckkelijk  de  ker- 

kelijke  geschiedenis  van  het  Aartsbisdom  van  Mechelen. 
CoNiNCKx,  Matines  sous  la  République  française. 


ROYER,  Lodewijk 

Beeldhouwer 


Geboren  te  Mechelen,  in  het  huis  genaamd  den  «  Kruis- 
drager  »  op  de  Lange  Nieuwstraat,  den  i  Augusti  lygS, 
overleden  te  x\msterdam,  den  5  Juni  1868. 

Zoon  van  Jan  Royer,  landmeter  van  i"  klas  en  van 
Barbara  Le  Maître,  zag  de  jonge  Lodewijk  het  dag- 
licht  in  een  midden  dat  voordeelig  gestemd  was  om 
ingeboren  kunstneigingen  te  bevoordeelen,  derwijze  dat 
ze  latere  ontwikkeling  aanmoedigen  en  in  ruime  mate 
vergemakkelijken  konden. 

Aanvankelijk  bestemd  om  op  geschikten  oogenblik  00k 
het  ambt  van  vader  uit  te  oefenen,  werd  de  jongeling 
naar  de  Akademie  zijner  geboortestad  gezonden. 

Het  onderwijs  was  daar  nog  steeds  onder  den  invloed 
van  de  kunstbegrippen  van  den  stichter,  schilder  Her- 
REYNS,  en  zou  eene  gansch  andere  wending  aan  de  kunst- 
opvoeding  van  Royer  geven.  Ten  andere,  niet  gansch 
verduisterd  was  de  glans,  op  stadskunstroem,  door  de 
werken  der  Mechelsche  beeldhouwers  der  twee  laatste 
eeuwen  verspreden.  Minder  goed  begaafd  waren,  wel  is 
waar,  hunne  navolgers  ;  doch  de  overleveringen  van 
vroeger  waren  slechts  verflauwd,  en  niet  verloren  gegaan. 

Geen  wonder  dan,  dat  Royer,  wien  eene  kunstenaars- 
ziel  ingeboren  was,  zich  aan  die,  noch  niet  gansch  uitge- 


184  MECHELSCHE 


loopen  bron,  met  gretige  teugen  laven  ging,  kunstenaar 
werd,  en  beeldhouwer. 

Jan  Frans  Van  Giieel  was  zijn  eerste  leermeester 
en  onder  diens  leiding  besteedde  hij  ruim  acht  jaren  aan 
het  machtig  worden  van  het  techniek,  het  bekomen  van 
die  zwierigheid  en  losheid  van  uitvoering,  die  doorgaans 
zijne  kunstvoorbrengselen  kenmerkten. 

Reeds  in  18 10  behaalde  Royer  den  eersten  prijs  van 
teekenen  naar  liet  levend  model;  en  zes  jaren  later,  dus 
op  diij-en-t\vintigjarigen  ouderdom,  werd  zijn  beeld, 
Hcbc  denncktar  aan  Jupiter  schenkende,  door  de  Antwerpsche 
maatschappij  van  Schoone  Kunsten  met  eene  gouden 
medalie  bekroond. 

De  stadgenoten  van  den  veelbelovenden  jongen  kunste- 
naar namen  deze  gelegenheid  te  baat,  om  naar  loffelijke 
gewoonte,  en  zoo  het  de  waarde  van  de  bekomene  onder- 
scheiding  betaamde,  den  primus  te  verwelkommen  en  te 
feesten. 

«  Den  27  Augustij  zegt  Schellens,  was  de  Peperstraat, 
waar  de  primus  woont,  versierd  met  groen  en  festons, 
jaarschriften,  arken,  enz.  »  Komende  van  Antwerpen 
in  den  namiddag,  werd  Royer  door  de  IVIeclielsche 
Akademie  ingehaald,  naar  haar  lokaal,  het  «  Oud 
Paleis  »  geleid,  en  daar  begiftigd  met  eene  zilveren 
medalie. 

Er  werd  hem  dan  ook  eene  plaats  van  leeraar  op  de 
Akamedie  aangeboden;  doch,  naar  meerdere  en  grootere 
volmaaktheid  in  zijne  kunst  erlangende,  wees  Royer 
dit,  voor  hem  zoo  vleiend  voorstel,  af. 

Op  de  tentoonstelling  die  hetzelfde  jaar  te  Mechelen 
gehouden  werd,  kreeg  men  eene  in  halfverheven  beeld- 
werk  vervaardigde  samenstelling  van  Royer  te  zien, 
waarvan  het  onderwerp,  onder  allegorische  vorm,  op  het 
huwelijk  doelde  van  den  Erfprins  Willem  Frederik 
VAN  Orange  met  vorstin  Anna  Paulowna  van  Rusland. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  ibD 

Ongemeen  groot  was  de  bijval  die  aan  het  werk  van 
RoYER  ten  deele  viele;  eene  gouden  medalie  was  de 
belooning  die  de  beeldhouwer  voor  zijn  kunstwerk 
verwierf. 

Korts  daarop  vertrok  Royer  naar  Parijs.  In  i8ig  ging 
hij  daar  voortwerken  onder  de  leiding  van  eenen  stads- 
genoot,  J.-B.  De  Bay,  en  de  korte,  doch  welgevulde 
stonden  die  hij  daar,  rusteloos,  aan  kunstarbeid  door- 
bracht  hadden  voor  hem  eenen  crrooten  en  beslissenden 
vooruitgang  voor  gevolg. 

Wanneer  in  1820  de  driejaarlijksche  groote  prijskamp 
van  beeldhouwkunde  te  Amsterdam  uitgeschreven  werd, 
vindt  men  Royer  onder  het  getal  der  mededingers.  De 
uitslag  beantwoorde  echter  niet  aan  zijne  verwachting. 
Doch  liet  hij  daarvoor  niet  Rome,  der  kunst  wereldstad 
te  bezoeken  en  daar  eenen  Ecce  homo  bust  in  marmer  uit 
te  voeren,  die  zich  heden  op  het  Paviljoen  te  Haarlem 
bevindt. 

In  Nederland  wedergekeerd,  verwaarloosde  hij  niets 
om  eene  tweede  maal  den  kampstrijd  in  de  beste  voor- 
waarden  kunnen  aan  te  gaan. 

Intusschentijd  plukte  hij  nieuwe  lauweren  op  de 
tentoonstelling  van  Brussel,  in  1821,  waar  hem  zijn 
Claudius  Civilis  den  eersten  prijs  verwierf. 

In  1823  dong  hij  voor  de  tweede  maal  te  Amsterdam 
naar  den  «  Prix  de  Rome  ».  De  mededingers  hadden 
eene7î  Greekschcn  herder  vlitchtende  voor  eene  slang  die  hem  in 
den  hield  tracht  te  bijten  te  vervaardigen,  en  Royer  gelukte 
daarin  zoodanig,  dat  hij  als  laureaat  uitgeroepen 
werd.  Het  prijskampwerk  van  den  kunstenaar  bekleed, 
zegt  men  (i),  eene  nog  zeer  voordeelige  plaats  in  de 
verzameling    van    bekroonde    werken    bewaard    op    de 


(i)  Mechelsch  Nieuws-  en  Aankondigingsblad,  Zoadag  4  Jiini  1868. 

i3 


l86  MECHELSCHE 


Koninklijkc  Akademic  van  Schoone  Kunsten  te  Amster- 
dam (i). 

Mechelen  ging  eene  tweede  maal  hareii  inboorling 
vieren  mogen.  Zij  deed  het  met  zoo  vcel  te  meer  luister 
dat  het  hier  ecnen  Prijs  van  Roomcn  gold,  iets  waartoe  de 
gelegenheid  zich  nooit  had  voorgedaan,  en  zich  later  ook 
niet  meer  hernieuwd  heeft.  Het  ontbrak  dan  niet  aan 
feestelijkheden. 

RoYER  werd  door  de  leeraren  en  leerlingen  der 
Akademie  afgehaald  aan  de  afspanning  «  Hamburg  « 
buiten  de  Antwerpsche  poort,  zegt  Schellens.  Onder 
klokgelui  en  beiaardspel  stapte  men  naar  het  <c  Oud 
Paleis  »  waar  Burgemeester  en  Schepenen,  van  't  Stad- 
huis  komende,  den  held  van  het  feest,  namens  het 
stadsbestuur,  kwamen  gelukwenschen  en  hem  met  eene 
herinnering  van  dezen  heuchelijken  dag  vereeren. 

Naar  gewoonte,  in  dergelijke  omstandigheden,  gaf  des 
andcrendaags  de  Akademie  een  bal,  waar  het  niet  aan 
vreugde  en  geestdrift  ontbrak. 

RoYEii  ontvong  nu  van  het  Staatsbestuur,  en  gedurende 
vier  jaren,  eene  toelage  van  1200  Nederlandsche  gulden. 
Dit  liet  hem  toe  in  Italie  rond  de  reizen  en  in  dit  bevoor- 
rechte  land  der  kunsten,  van  1824  tôt  1828,  schatten  van 
schoonheidsleer,  die  hij  zich  later  zoo  ruimschoots  ten 
nutte  maakte,  weelderig  in  te  zamelen. 

In  Nederland  teruggekomen  ging  Royer  zich  vestigen 
in  den  Haag,  en  later,  wanneer  onder  den-  drang  van 
staatkundige  voorvallen  het  Zuiden  zich  van  het  Noorden 
afscheurde,  verkoos  de  kunstenaar  getrouw  te  blijven 
aan  den  vorst  waarvan  hij  reeds  de  bevoorrechte  beeld- 


(i)  Op  het  Rijksmuseum,  te  Amsterdam,  bestaat  nog  heden  eene  levens- 
groote  schilderij,  vervaardigd  door  den  in  den  tijd  van  Royei;  beroemde 
PiENEMAN,  die  den  Amsterdamschen  kunstvriend  Roothaan  voorstelt,  Royer 
gelukwenschende  over  zijnen  arbeid. 


LEVENSBESCHRIJVI^;GEN  iSy 

houwer  was,  en  onder  wiens  regeering  hij  op  de  kunst- 
baan  zijne  eerste  lauweren  geoogst  had. 

Hij  trouwde  in  die  stad  met  Mejuffer  Carolina  Kerst, 
«  een  hoogst  beschaafde  en  gegoedige  vrouw,  leest  men, 
die  rozen  op  zijn  huwelijkspad  strooide,  even  als  de  Genius 
der  kunst  zulks  op  zijn  weg  als  kunstenaar  deed  », 

Royer  sliep  ook  niet  op  zijne  lauweren,  en  gedurende 
eenen  meer  dan  gewoonlangen  levensloop,  bracht  hij 
talrijke  kunst  gewrochten  vooit,  die  hem  eer  en  roem 
verworven,  gunst  en  genegenheid  van  landgenoten  en 
kunstbroeders. 

In  1834,  bij  het  afsterven  van  Godecharles,  werd  hij 
tôt  beeldliouwer  van  den  Koning  van  HoUand  genoemd  ; 
«  Royer  woonde  dan  in  den  Haag,  waar  hij  woonplaats 
en  atelier  had  in  het  gebouw  dat  zich  op  het  terrein  van 
de  grenadiers  kazerne  bevindt,  ter  rechterzijde  binnen 
het  hek  aan  den  kant  der  kazerne  straat  »  (i).  Een  jaar 
later  werd  hij  lid  van  de  4*"  klas  van  het  Nederlandsch 
Koninklijk  Instituut;  in  iSiy,  Bestuurder  van  de  Afdee- 
ling  van  Beeldhouwkunde  der  Koninklijke  Akademie 
van  Amsterdam  (2)  ;  in  i852  briefwisselend  lid  van  de 
Akademie  van  België,  klas  van  Schoone  Kunsten, 
afdeeling  Beeldhouwkunde;  en  opvolgentlijk  ridder  van 
de  orde  van  den  «  Nederlandschen  Leeuw  »  en  groot 
ofhcier  van  de  orde  van  de  «  Eiken  Kroon  ». 

RcYER  had  de  eer  eenige  boetseerlessen  te  mogen  geven 
aan  wijlen  H.  M.  Koningin  Sophia,  eerste  gemalin  van 
KoNiNG  Willem  III,  en  deze  vorstelijke  leerlinge  ver- 
vaardigde,  onder 's  kunstenaars  leiding,  eene  buste  van 
haren  eersten  zoon  Prins  Maurits. 


(i)  C.  VosMAER  in  de  «  Nederlandsche  spectator  »  1868. 

(2)  Leze  kunstinstelling'  bield  op  le  bestaan  met  het  overlijden  van 
Royer,  daar  Z.  M.  Koning  Willem  III  haar  niet  hnger  verkoos  te  subsi- 
dieeren.  In  1870  werd  door  den  Staat  eer.e  nieuwe  kunstinstelling  gestichf, 
en  wel  de  hedendaags  bestaande  Rijks  Akademie  vocr  Bf  eldende  kunsten. 


l88  MKCJIELSCIIE 


Wat  de  andere  Iccrlingen  van  Koyek  betreft,  teekent 
mon  jozEF  TuERLiNCKx  aan  van  Mcchelen,  en  E.  F. 
Georges  van  Amsterdam,  l^cnkelijk  zijn  dat  de  eenigste 
niet. 

RoYER  weid  op  g  Juni  1868  te  Amsterdam  ten  grave 
gedragen.  De  heiinnering  aan  den  betreurden  afgestor- 
vene  luidde  als  volgt   : 

BID   VOOR   DE  ZIEL 

VAN    ZALIGER 

den  Heer 

LOUIS    ROYER, 

Ridder  der  orde  van  den  Nederlandschen  Leeuw,  Groot- 
Officier  van  de  orde  der  Eikenkroon,  Beeldhouwer 
van  Z.  M.  den  Koning  der  Nederlanden,  Direkteur 
aan  de  Koninkl.  Akademie  van  Beeldende  Kunsten  te 
Amsterdam,  geboren  te  Mechelen,  2  Augustus,  1793, 
overleden  te  Amsterdam,  5  Juni,  1868,  en  begraven 
op  het  Kerkhof  van  den  H.  Nicolaus  e.  m. 

De  stoLitste  ku-  stnaarsseest  en  't  kinderlijkste  liart 

Mag  oiiderdeaardsche  kroon  niet  schittren  meer,  nocli  kloppen. 

De  iioodstorm  vell'  den  eik  en  slecht'  der  bergen  toppen  — 

Deze  eik  viel  voor  een  woord,  een  rtuistring,  vol  van  smart 

Door  't  menschlijk  oor  verstaan,  niaar  zegenvol  gesproken  : 

't  W  as  GoD,  't  was  Ood,  die  't  sprak.  HI.J  lieeft  ons  liart  gebroken... 

Gezegend  zij  zijn  Naain  ;_  Wat  ieinant  wensohte  ot  bad  — 

GoD  had  het  redite  voor  :  de  Heer,  in  liefde  ontstoken, 

Wil  ooli  cens  kroonen  Wie  zoovoel  heeft  liefgehad.  A.  Th. 

Ziet,  de  Ileer  heeft  er  eencn  geroepen,  dien  Ilij  met  versiand  en  bedrcven- 
hifid  bcgîiafd  heefi,  om  werken  uit  te  vinden  en  te  maken  in  metaal  en  mar" 
mer,  en  daarhij  liel  veruiogcn  orn  nndcrcn  le  leeren.  F.n  liij  legdc  er  zijn  liart 
op  loc  en  lot  in  zijne  naclilgepeinzcn  wcrkie  hij  zijn  kunsinerk  af  ;  hij  liielp 
de  glorii'n  der  ceuw  die  voorbijgaat  bewaren,  maar  hij  kon  bidden  te  œid- 
den  van  zijn  kunslenaarsieven  en  ondcr  de  inspanning  zijner  ziel  de  wet  des 
Allcrhoogsien  nasircvcn  ;  [uitrocpende]  «  Met  ons,  o  Heer!  de  roem,  maar 
aan  nwcn  Naani  alleen  !  » 

l.iod.  XXXV,  .'O^i,  xx\i,  2»;       F.ccli.  XXXVIII,  '28  59  ! 
I".  ex  m,  '.I. 

O    Heer,    zijt   zijner  ziele   genadig. 

On^e    Vtidcr.  (Vces  gcorosl. 

De  Tijd  van  g  Juni  1868  bevatte  het  volgende  doods- 
bericht  : 

«    Den    5^'"  dezer  overleed    in    den    ouderdom    van 
74  jaren  en   10  maanden,  gesterkt  door  de  genademid- 


LEVENSBESCHRIJVINGLÎN  l8g 

delen  der  II,  Kerk,  mijn  dierbare  Echtgenoot,  de  Heer 
Louis  Royer,  Ridder  in  de  orde  van  den  Nederîanschen 
Leeuw,  Groot-Officier  van  de  orde  der  Eikenkroon. 
Beeldhouwer  van  Z.  M.  den  Koning,  Directeur  der. 
Beeldhouwkunst  aan  de  Koninklijke  Akademie  van  Beel- 
dende  kunsten  alhier  ;  zeven-en-dertig  jaar  mocht  ik,  in 
het  gelukkigst  huwlijk,  met  hem  verbonden  zijn. 


»  C.-F.  Royer, 
»  Amsterdam,  8  Juni  1868  ^^ 


geb.  kerst. 


De  Redactie  voegde  er  bij  : 

(c  Slechts  eenige  maanden  is  het  geleden,  dat  in 
Neêrlands  hoofdstad  de  uitgelezen  menigte  van  edele 
beoefenaren  en  begunstigers  der  schoone  kunsten  en  der 
letteren  bij  het  kunststuk  van  Vondels  standbeeld,  tevens 
den  nog  zoo  krachtigen,  alhoewel  schier  j5  jaren  tellen- 
den  kunstenaar,  Louis  Royer,  bewonderden  ;  pas  acht 
dagen  zijn  er  voorbij,  dat  zijne  vrienden  zich  in  zijne 
standvastige  opgeruimdheid  nog  verheugden  :  sinds  werd 
de  man,  die  niets  van  een  grijzaard  had  dan  de  onder- 
vinding  en  de  hooge  jaren,  ongesteld,  en  is  na  eenige 
dagen  bezweken.  Na  vroegtijdig  de  H.  Sacramenten  der 
stervenden  te  hebben  ontvangen,  is  hij  in  den  Heer 
overleden,  den  S''^"  dezer.  Morgen  d,  i.  9  Juny,  zal  om 
Il  1/2  uur  de  begravenis  plaats  hebben  op  het  R.  Kath. 
kerkhof  bij  de  kerk  De  Liefde.  Wij  zullen  nader  op  de 
schitterende  loopbaan  van  den  hooggeschatten  overledene 
terugkomen  maar  wenschen  reeds  nu,  dat  hem,  om  zijne 
nagedachtenis  in  eere  te  houden,  een  blijk  van  hoog- 
schatting  en  vriendschap,  waar  hij  het  meest  prijs  op 
stelde,  gebragt  worde,  namelijk  :  een  christelijk  gebed 
tôt  God  voor  de  rust  en  de  glorie  zijner  ziel  ». 


igo 


MECHELSCHE 


De  groote  Amsterdamsche  dagbladen,  De  Tijd  en  het 
Algemeen  Handclsblad,  gaven  verslag  over  de  droevige 
plechtigheid  der  teraardebestelling.  Het  laatste  dezer 
bladen  wijdde  daaraan  de  volgende  regelen  : 

«    Uitvaart  Royer 

n  De  begrafenisplechtigheid  van  onzen  beroemden 
stadgenoot  Luuis  Royer,  heeft  heden  ochtend  ten  ii  ure 
in  allen  eenvoud  plaats  gehad  op  het  R.  C.  kerkhof,  by 
de  kerk  De  Liefde.  De  stoet,  die  de  lykwagen  volgde, 
bestond  uit  drie  koetsen,  waarin  de  naaste  betrekkingen 
en  meest  vertrouwde  vrienden  van  den  overledene  gezeten 
waren  en  werd  verder  gevormd  door  het  bestuur  van  een 
vyftig-tal  leden  van  de  Maatschappy  Arti  et  Amicitiœ. 
In  de  kerk  en  op  de  begraafplaats  was  eentalryke  menigte 
b3^eengekomen. 

»  Onder  vêle  andere  kunstbroeders  en  veieerders  van 
Royer,  merkten  wy  op  den  beeldhouwer  Strackée,  den 
schilder  Israëls  en  den  directeur  van  de  Kon.  Académie 
van  beeldende  kunsten  Wynveldt  ;  echter  meenen  wy  dat 
er  slechts  zeer  weinige,  niet  in  Amsterdam  woonachtige 
kunstenaars  tegenwoordig  waren.  Nadat  de  kerkelyke 
plechtigheid  binnen  de  muren  van  den  tempel  was 
geëindigd,  werd  de  lykkist,  versierd  met  een  trophée, 
gevormd  uit  Royer's  beeldhouwinstrumenten  en  een 
lauwerkrans,  omvattende  deinsigniën  Z3mer  verschillende 
ridderorden,  grafwaarts  gedragen.  Toen  de  kist  in  de 
groeve  was  nedergelaten  en  de  plechtige  beaarding  was 
afgeloopen,  sprak  de  Heer  C.  Rochussen  een  kort  woord, 
uit  naam  van  de  Maatschappy  Arti  et  Amicitiœ  en  bracht 
hulde  aan  Royer  als  een  van  de  voornaamste  stichters 
en  der  warmste  voorstanders  van  die  Maatschappy. 
Daarop  zei  de  Heer  W.  J.  Hofdyk,  in  weinige,  maar 
blykbaar   diep    gevoelde   en    indrukwekkende  woorden. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  IQI 

voor  het  laatst  vaarwel  aan  den  man,  die  door  zyne 
werken  eeuwig  in  de  geschiedboeken  van  Neerlands  kunst 
zal  leven  en  die  niet  alleen  als  kunstenaar  groot  was 
geweest,  maar,  wat  by  den  sprel^er  nog  meer  gold,  een 
warm,  trouw  en  waarachtig  vriend,  die  in  de  herinnering 
van  allen,  die  hem  goed  gekend  hadden,  altyd  zal  blyven 
vooitleven.  Eindelyk  nam  de  Heer  Alberdingk  Thym 
hetwoord  en  dankte,  uit  naam  der  diepbedroefdeweduwe 
en  der  broeders  van  den  overledene,  voor  de  laatste  eer 
hem  door  de  aanwezigen  aangedaan  en,  naRoYER's  groote 
verdiensten  als  kunstenaar  met  eenigq  weinige  woorden 
te  hebben  geschetst,  sprak  hy  verder  naar  aanleiding  van 
de  laatste  verstaanbare  woorden,  die  van  de  stervende 
lippen  van  den  beeldhouwer  vernoraen  waren,  namelyk 
de  schoone  en  veelbeteekenende  uitdrukking  La  Poésie 
ne  finit  pas.  Hieruit  nam  de  begaafde  en  beschaafde 
redenaar  aanleiding  om  de  aanwezige  kunstenaars  erop 
te  wijzen,  dat  Royer  een  der  laatste  vertegenwoordigers 
was  geweest  van  eene  richting  in  de  kunst,  die  nu  in 
onzen  tyd  tôt  de  geschiedenis  begint  te  behooren,  name- 
lyk de  idéale  opvatting  van  de  antieke  kunst,  toegepast 
door  het  kunstbewustzyn  van  de  zonen  van  den  nieuweren 
tyd.  Hy  toonde  aan,  dat  terugkeer  tôt  die  richting 
ondenkbaar  en  ook  min  wenschelyk  was,  maar  prees  de 
ernstige  studie  van  Royer's  richting  dringend  aan  en 
waarschuwde  de  nu  levende  kunstenaars  voor  het  te  veel 
huldigen  van  het  stoffelyke  in  de  kunst  ten  koste  van  het 
geestelyke,  dat  hoogere  inspiratie  en  leiding  aan  elken 
kunstenaar  waarborgt  en  in  onzen  tyd  by  velen  gevaar 
loopt  niet  te  worden  gezocht.  Met  diepe  stilte  en 
gepasten  eerbied  werd  al  het  gesprokene  aangehoord, 
dat  zeker  lang  in  het  geheugen  van  die  het  hoorden 
leven  zal.  » 

Onze    Noorderburen    waren    nooit    rijk  geweest  aan 
goede  beeldhouwers  en   tôt  over  een  honderdtal  jaren 


192  MECHELSCHE 


waren  zij  mee&tentijds,  des  aangaande,  de  schatplich- 
tigen  van  vreemden. 

Wanneer  Royer  zich  ten  hunnent  vestigen  kwam,  en 
de  dooi"  hem  reeds  zoo  mild  geoogste  lauweren  eene  bron 
van  welgelukken  voor  de  toekomst  liet  te  gemoet  zien, 
betrad  de  kunstenaar  eenen  vruchtbaren  doch  schaarsch 
bebouwden  akker,  waar  voor  talrijke  kunstgewrochten 
ruime  en  allerbest  geschikte  plaats  voorhanden  was. 

«  En  zoo  kwam  het,  zegt  een  sclirijver  in  eene 
»  dichterlijke  opwelling,  dat  zijn  arbeid  op  de  pleinen 
«  der  Nederlanden  verrees,  omlijst  door  de  groene 
»  twijgen  die  de  natuur  daar  om  heen  vlocht,  als  een 
»  reusachtige  lauwerkrans,...  de  merkten  werden  minder 
»  naakt  zoodra  zijn  arbeid  er  den  gloed  van  zijn  génie 
»  over  verspreidde,  en  tôt  in  vorstelijke  paleizen  fluister- 
))  den  des  nachts  zij  ne  scheppingen  aan  de  andere 
»  beelden  de  geschiedenis  huns  meesters  toe  ». 

RoYER  werd  voor  Nederland  wat  de  gebroeders  Geefs 
weleens  voor  België  worden  zouden.  Doch  vooraleer 
over  zij  ne  meestgekende  kunstwerken  verder  uit  te 
weiden,  past  het,  eenige  woorden  te  zeggen  over  deze, 
met  de  welke  Royer  de  baan  der  kunst  intrad. 

Het  eerste  werk,  dat  schijnt  gansch  den  invloed  van 
Van  Geel's  begrippen  te  hebben  ondergaan,  verbeelt 
Hébé  den  nectar  aan  Jupiter  schenkende.  Dit  beeld  vertoont 
zich  als  eene  bevallige  doch  tengere  figuur,  aan  wiens 
voet  de  g(jddelijke  adelaar  naar  het  verleidend  drui- 
vensap  reikhalst.  Het  werd  aan  de  stad  Mechelen 
geschonken  door  den  Heer  Henot,  rechter,  en  prijkt 
thans  op  het  stadsmuzeum. 

De  allegorische  groep,  waarvan  hierbij  de  plaat, 
verbeelt,  naar  aile  waarschijnlijkheid,  Ence  onthaald  door 
Dido  terwijl  Jupiter  met  welbehagen  op  den  door  hen 
gevormden  groep  néérziet.  Links  van  den  toeschouwer 
is    ceii    ncérgehurkte  verpersoonlijkte  stroom.   Zoo  wat 


Planche  XIII 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  ig3 

overal  zijn,  kwistig,  kindergroepjes  gezaaid,  figuurtjes, 
zoo  smakelijk  en  mollig  van  vormen,  dat  ze  hunne 
verwantschap  met  dusdanige  zoo  karakteristische  schep- 
pingen  van  Verhaghen  niet  loochenen  kunnen. 

Die  sanienstelling  doelt  op  het  huwelijk  van  prins 
Willem  Frederik  Van  Oranje  met  de  russische  groot- 
vorstin  Annna  Paulowna  (i).  De  zeer  verre  afgewerkte 
schets,  —  zoo  men  hier  niet  met  het  oorspronkelijke  stuk 
te  doen  heeft?  —  jammerlijk  gebrokkeld,  is  de  eigen- 
dom  van  den  heer  Leopold  Van  Den  Bergh,  kunst-  en 
oudheidminnaar  onzer  stad. 

Het  model  van  de  ClaudiusCivilis,  bekroond  te  Brussel, 
eene  figuur  die  nimmer  totuitvocring  gekomen  is,  bevindt 
zich  in  de  pleisterverzameling  van  het  Rijksmuseum  te 
Amsterdam.  Het  gaat  uit  in  teekening  in  de-Verzamcling 
van  de  merkwaordigste  voortbrengsclen  der  hedendaagsche 
Ncderlandschc  kimstschool Gent,   1824. 

De  held,  aanvoerder  der  Batavieren  en  overwinnaar 
van  Romeinsche  veldheeren,  is  naakt  verbeeld,  met  de 
eene  hand  het  oorlogszweerd  omklemmende  en  de  andere 
naar  de  borst  gericht.  Hij  schijnt  den  vijand  te  trotseeren 
en  hem  zijnen  onwrikbaren  stalen  overwinningswil  naar 
het  hoofd  te  slingeren. 

Om  nu  te  komen  tôt  de  openbare  gedenkteekenen  die 
Nederland  aan  Royer's  ieverigen  en  onvermoeibaren 
beitel  te  danken  heeft,  hoeft  er  genoemd  te  worden  : 

de  kolossalen  Leeiiw  voor  het  monument  van  VanSpeyk, 
aan  den  vuurtoren  te  Egmont-aan-zee  ; 

het  standbeeld  van  Admiraal  de  Riiyter,  opgericht  te 
Vlissingen  in  1841.  «  De  held  is  afgebeeld,  zegt  Immer- 
»  zeel,  staande  op  het  scheepsverdek,   rugwaarts  naar 


(i)  Ten  ware  men  hier  te  doen  hadde  met  het  door  C.  Vosmaer  aange- 
haalde  bas  relief:  Vereeniging  van  Belgic  met  Nedeyland? 


194  MECHELSCHE 


»  het  roer  gekeerd,  houdende  in  de  rechterhand  den  staf, 
»  en  met  de  andere  hand  in  de  zijde  rustende  ;  (i) 

het  standbeeld  van  Rembrandt ,  ingehuldigd  te  Amster- 
dam, op  de  Botermerkt,  den  7   Mei   i852  (2). 

Het  ontwerp  om  het  aandenken  van  den  grootsten  der 
Nederlandscheschildersinbronstevereeuwigen,  ontstond 
te  's  Gravenhage,  bij  een  prachtmaaltijd  die  aan  Nicaise 
De  Keyzer  en  andere  Belgische  kunstenaars  aangeboden 
werd  den  11  Juh'-  1841.  Bij  openbare  inschrijving,  welke 
een  vierhondcrdtal  bijtreders  verwieif,  aan  wiens  hoofd 
de  Erfprins,  later  koning  Willem  III  stond,  Averden  de 
noodige  gelden  ingezameld. 

RoYER,  met  de  uitvoering  van  het  standbeeld  gelast, 
zette  zich  dapper  aan  't  werk;  doch  onvoorziene  omstan- 
digheden,  waaronder  buitenlandsche  politieke  Staatsbe- 
roeringen,  maakten,  dat  slechts  tien  jaren  later  het 
gedenkteeken  kon  onthuld  worden,  in  het  bijwezen  van 
den  Koning  en  prins  Hcndrik,  eener  talrijke  schaar  voor- 
name  kunstenaars  en  onder  den  toeloop  van  eene  tallooze 
en  geestdriftige  menigte. 

Talrijk  00k  en  prachtig  waren  de  feesteh  ter  dier  gele- 
genheid  ingericht.  De  eigenaardigste  onder  deze  was 
voorzeker  het  huldebetoog  dat,  op  den  grooten  stads- 
schouwburg,zoowel  aan  den  held  van  het  feest  als  aan  den 
kunstenaar,  die  dezen  voor  het  nageslacht  doen  herleven 
had  te  beurt  viel.  De  vermaârde  Nachtronde  van  Rem- 
brandt, was  op  het  tooneel  in  levende  personen  verwe- 
zenlijkt;  toen  op  een  gegeven  oogenblik,  Royer  daarvoor 


(i)  «  Inhet  kolossalebronzenbeeld,  in  1841  opgericht,  heeit  hij  opgelukkige 
wijze  het  karakter  van  onzen  zeeheld  bewaaid  en  een  indrukwekkend 
kunstwerk  gemaakt  ». 

VosMAER  in  de  «  N ederîandsche  spedator  »  van  4  Juli  1868. 

(2)  «  Een  zeer  fraai  beeld  weder  —  maar  is  het  Rembrandt?  Die  zijne 
werken,  zija  leven,  zijne  eigene  portretten  kent,  zal  bezwaarhjk  toestem- 
mend  durven  antwoorden  ». 

VOSMAEK,  up.  cit. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  IqS 

gebracht  werd,  en  hem  eene  lauwerkroon  op  het  hoofd 
daalde,  traden  die  personen  den  niet  weinig  ontroerden 
kunstenaar  toe  om  hem  de  hand  te  drukken,  onder  het 
geestdriftig  juichen  der  opgetogen  toeschouwers.  Indruk- 
wekkend  oogenblik,  dat  den  kunstenaar  steeds  als  eene 
zoete  herinnering  bijbleef  ! 

het  standbeeld  van  Prins  Willem  I,  bijgenaamd  den 
Zwijger,  opgericht  op  't  Plein  te  's  Gravenhage  en  den 
5  Juni  î868,  zijnde  de  dag  van  het  «  Tweede  Eeuwfeest 
van  den  Munsterschen  vrede  »  aldaar  onthuld.  Ter  dier 
gelegenheid  werd  Royer,  die  sinds  iSSg  ridder  der  orde 
van  den  «  Nederlandschen  Leeuw  »  was,  tôt  kommandeur 
der  «  orde  van  de  Eiken  kroon  »   benoemd  ; 

het  standbeeld  van  Erasmiis,  geplaatst  op  de  konink- 
lijke  boekerij  in  den  Haag  (i)  ; 

een  groot  Christusbeeld,  in  steen,  op  het  Roomsch  katho- 
liek  kerkhof  der  zelfde  stad  ; 

het  standbeeld  van  Laiirens  Janszoon  Coster  (2),  plechtig 


(i)  «  Dit  is  een  werk  dat  den  man  kenteekent  die  zijne  kunst  geheel  meester 
is;  ds  houding-  en  de  even  schoon  als  eenvoudig  gedrapeerde  tabberd  zijn 
uitmuntend,  en  een  fijn  gevoel  voor  schoone  vormen  is  er  onmiskenbaar 
aanwezig. 

Maar  —  en  deze  aanmerking  zal  zich  meermalen  opdringen  —  als  men 
den  snedigen,  geestigen  Erasmus  kent,  gelijk  men  hem  kent  uit  Holbeins 
zoo  karaktervolle  en  zoo  individueele  portretten,  indien  men  onder  anderen 
diens  Erasmus-figuur  ten  voeten  uit  beschouwt,  dan  is  het  onbetwistbaar 
dat  de  beeldhouwer  niet  is  doorgedrongen  tôt  dat  karakter.  Gelaat  en 
gestalte  zijn  geïdealiseerd,  —  maar  ter  voorkoming  van  een  gewoon  mis- 
verstand  haast  ik  mij  er  bij  te  voegen,  dat  niet  dit  eene  griei  is.  De  beeld- 
houwkunst  heeft  als  monumentale  kunst  andere  eischen  als  de  schilders- 
kunst,  doch  ook  de  beeldhouwkunt  mag,  als  zij  ons  een  portret  beeld  geeft, 
niet  in  zoodanige  mate  idealiseeren  dat  het  persoonlijke  karakter  te  veel 
verloren  gaat  in  het  algemeen » 

Vosmaer,  op.  cit. 

(2)  «  In  meerdere  mate  is  in  het  standbeeld  van  Willem  van  Orange,  in  1848 
onthuld,  het  historische  karakter  bewaard,  dat  daarentegen  in  's  meester 
laatste  werk,  Vondel's  beeld,  weder  onder  het  algemeene  is  schuil  gegaan. 
Van  Ccster's  pcrscon  is  ons  zeer  weinig  bekend;  daarom  voldoet  ons  het, 
in  i856  onthulde  beeld,  van  dezen  in  menig  opzicht  weder  beter.  » 

Vosmaer,  op.  cit. 


ig6  MECHELSCHE 


onthuld  op  deGrooteMarkt  te  Haarlem,  den  i5  Juli  iS56. 
Daaromtrent  drukte  de  Heer  L.  Metman  in  zijne  ter  dier 
gelegenheid  uitgesprokene  redevoering,  zich  uit  als  volgt  : 
«  W'ie  stemt,  dit  beeld  aanschouwende,  niet  toe,  dat  de 
«  kunstenaar  zich  tôt  de  hoogte  van  zijn  onderwerp  heeft 
M  weten  te  verheffen ?  Gij  ziet  den  Uitvinder  der  Boek- 
»  drukkunst  voor  u,  als  in  eene  voorwaartsche  beweging, 
»  om  aan  alleoorden  derwereldverlichting  en  beschaving 
»  over  te  brengen.  Met  de  opgeheven  regteihand,  toont 
»  hij  u  de  losse  letter,  —  het  geheim  zijner  vinding; 
»  de  gansche  houding  van  het  gelaat  geeft  u  den  denker 
»  te  kennen  ;  de  beukenstam,  achter  hem,  herinnert  u 
»  aan  het  snijden  der  letter  waarvan  Jiiniiis  gewaagd,  en 
»  het  opperkleed  wordt  in  de  hoogte  gehouden,  opdat 
))  niets  zijn  gang  moge  belemmeren.  Hoe  gelukkig  is  de 
»  kunstenaar  er  in  geslaagd  zijn  verheven  gedachte  weêr 
»  te  geven  !  Hetzij  gij  let  op  de  evenredigheid  der 
»  vormen,  op  de  volmaakte  uitvoering  van  gelaat  en 
»  handen,  of  op  de  sierlijke  plooiën  van  het  kleed,  gij 
))  zulfsteeds  de  getuigenis  afleggen  dat  Royer,  door  dit 
))  gewrocht  van  zijn  génie,  een  nieuwen,  ja,  misschien 
»  den  schoonsten  lauwer  heeft  gevlochten  in  den  krans 
»  van  zijnen  roem   »  ; 

het  beeld,  de  Eendracht  voorstellende,  geplaatst  boven 
het  Gcdenktcckcn  voor  het  inctalen  kriiis,  dat  zich  verheft  op 
den  Dam,  te  Amsterdam,  alwaar  het  den  26  Augusti  i856 
onthuld  werd  ; 

het  monument  op  het  graf  van  Pastoor  Telders, 
onthuld  in  October  1837  op  het  Roomsch  katholiek 
kerkhof,  buiten  de  Raampoort,  te  x\msterdam,  als  erken- 
tenis  aan  den  stichter  van  dit  kerkhof; 

een  groep,    in   wit    marmer,    voorstellende    de  Jiiris- 

prudcntie  en  de  Philologie,  «  op  een  geel  gevlamd  marmeren 

»  socle,  zegt  de  Haaideinschc  Courafît,  waarop  deze  inscrip- 

»  tiegegrifd  is  :  Cornelio  Jacobo  VanAssen,  optimo  stiidiorimi 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  igj 

))  duci  discipuli  pientissimi  D.  L.  M.  Dit  voortreffelijk  en 
»  met  smaak  bewerkt  kunstgewrocht  is  den  genoemden 
))  Hoogleeraar  aan  de  Leydsche  Académie,  bij  zijn 
»  Emeritaat,  door  zijne  voormalige  Oud-Leerlingen,  op 
»  den  4  December  i858  plechtig  geschonken  «  ; 

het  standbeeld  van  Michel  Coxie,  den  vlaamschen 
Raphaël,  door  het  stedelijk  bestuur  van  Mechelen  aan 
RoYER  besteld,  en  in  bijwezen  van  den  kunstenaar, 
Burgemeester,  Schepenen,  Gemeenteraadsleden  en  uit- 
genoodigden,  in  den  voorgang  van  het  stadhuis,  op 
i6  December  1860  gehuldigd.  In  statige  houding,  het 
hoofd  opgeheven,  is  de  schilder  door  Royer  voorgesteld. 
De  eene  hand  houdt  de  teekenkool  en  de  andere  het 
schetsboek.  Om  den  hais  draagt  Coxie  de  medalie  waar- 
mede  hij  door  Karel  V  vereerd  werd. 

Het  was  de  laatste  maal  dat  Royer  zijne  geboortestad 
bezocht,  en  hij  werd  in  dien,  men  weet  niet  waarom, 
streng  beperkten  kring  hartelijk  onthaald.  De  kunstenaar 
bedankte  later,  per  brief,  voor  de  hem  bewezene  gulle 
gastvrijheid.  De  Gazetvan  Mechelen,  van  dien  tijd,  anders 
zoo  praatziek  voor  wat  onbeduidende  plaatselijke  nieuws- 
jes  betrof,  rept  geen  woord  van  deze  plechtigheid  ; 

het  gedenkteeken  voor  Simon  Styl,  plechtig  onthuld 
te  Harlingen,  den  2g  December  1860,  zijnde,  zegt  de 
Haarlemsche  Courant,  «  het  borstbeeld  van  dien  vermaar- 
»  den  Vaderlander,  op  voortreffelijke  wijze  door  den 
»  beeldhouwer  L.  Royer  te  Amsterdam  vervaardigd,  en 
»  in  het  voorportaal  van  het  stadhuis  aldaar  op  een 
»  voetstuk  geplaatst  »  ; 

het  standbeeld  van  Joost  van  Vondel,  geplaatst  in  het 
«  Vondelspark  »  te  Amsterdam.  In  de  Vlaamsche  School 
van  1867  treft  men  daarover  het  volgende  aan  :  «  De 
»  onsterfelijke  schrijver  van  Lucifer  is  voorgesteld  in 
»  zittende  houding,  den  schedel  met  een  lauwerkroon 
»  omkranst,    de    pen    in    de    hand    en    de    blikken   vol 


ig8  MECHELSCHE 


»  bezicling.  Het  standbeeld  is  voortreffelijk  van  opvatting 
))  en  uitvoering  en  wordt  voUedigd  door  de  hoekbeelden 
»  van  het  voetstuk,  verbeeldende  het  Treiirspcl,  het 
»  Hckcldicht,  het  Licrdicht,  en  het  Lccrdicht.  Deze  vier 
))  beelden,  in  turkschen  steen,  zijn  gemaakt  door  den 
M   Heer  P.  J.   Cuypers;   liet  standbeeld   is  in   brons.   » 

De  lijst  op  maken  van  de  andere  werken  die  door 
RoYER  zijn  voortgebracht  geweest,  is  tôt  heden  toe  eene 
niet  weinig  moeilijkheden  opleverende  taak,  daar  het 
grootste  getal  derzelven,  in  Nederland  uitgevoerd,  aldaar 
gebleven  zijn,  en  er  slechts  enkele  in  zijne  geboorte  stad, 
deels  op  het  muséum,  deels  bij  bijzonderen  bewaard  zijn. 
Doch  in  afwachting  dat  meerdere  inlichtingen  zulks 
toelaten,  vergenoege  men  zich  met  het  hiernavolgende, 
eensdeels  ontleend  aan  hier  ter  stede  weinis^  i^ekende  of 
verspreide  uitgaven  die  er  van  gewag  maakten. 

Vooreerst  dienen  aangeteekend  te  worden  de  v/erken 
van  RoYEK  die  men  hier  te  Mechelen  aantreft  : 

Op  het  stadsmuzeum  :  Mcrcuriiis  dcn  jongcn  BaccJiiis 
ivegvocrcnde,  plaaster  in  levensgroote  ;  den  Prins  van 
Orangnc,  buste  in  plaaster;  Michel  Coxic,  verkleinde 
schets  van  het  standbeeld,  dat  op  het  stadhuis  geplaatst 
is.  Yerder,  in  verschillige  kunstverzamelingen  der  stad 
vindt  men  eenige  schetsen  van  Royer  ;  zoo  onder  andere  : 
Cérès  en  H.  Familie  bij  Mej.  Van  Beveren,  het  gcestelijk 
huwelijk  van  de  H .  Catharina  bij  M.  Leop.  Van  den  Bergh 
hooger  genoemd;  den  H.  Antoniiis,  eerste  gemodelleerd 
werk  van  den  kunstenaar  en  den  herder  Paris  (pendule 
onderwerp)  bij  Mev.  Guillaume,  geboren  Royer,  nicht 
van  den  beeldhouwer  ;  de  Koning  en  de  Koningin  van 
Holland  in  médaillons,  de  ouders  van  Royer,  in  buste  en  in 
teekening,  bij  M.  Frans  De  Blauw;  eenen  St.  Pieter  bij 
M.  Huyghebaert  (Kathelijnestraat). 

C.Vosmaer,  in  zijne  «  nekrologie  »  over  L.  Roy'er,  zegt 
dat  hem  door  eene  lithographie  bekend  is  een  allegorisch 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  IQQ 

bas-relief  op  de  V erecniging  van  Belgic  en  Ncdcrland,  om- 
streeks  i83o,  door  den  kunstenaar  ontworpen. 

Alberdinck-Tpiym,  in  eenige  bladzijden  waarvan  ver- 
der  spraak  zal  zijn,  meldt  de  volgende  werken  van  Royer  : 

Borstbeeld  van  Prinscs  Anna  Paiilowna;  een  dito  van 
dezelfde  als  Koningin  der  Nederlandeu]  Adam  en  Eva, 
marber  uitgevoerd  op  last  van  Prinses  Marianna  der 
Nederlanden  ;  Neêrgehurkte  schoonheidsgodin  ;  Venus  met 
de  liefde;  Venus  verre  zen  iiit  hct  zeeschuim  ;  Paul  en  Virginie 
slapendc  ;  Paul  en  Virginie  in  de  regenbni;  Slapende  kindje  ; 
Christophorus  ;  De  Liefde  tôt  de  ziel  komende  (schets)  ;  lo  bas 
relief  voorstellende  feiten  iiit  de  geschiedcnis  van  beroemde 
JeziiUen  in  de  kerk  van  den  H.  Franciscus  Xaverius  te 
Amsterdam,  ontworpen  te  Romen  op  last  van  pater 
Roothaan  (i). 

IiMMERZEEr.  somt  de  volgende  werken  van  Royer  op  : 

Op  het  paleis  van  Zijne  Majesteit  koning  Willem  I  : 
eene  buste  in  marmer  van  Reinbrandt,  een  borstbeeld  van 
Zijne  Majesteit  koning  Willem  I,  en  een  dito  van  wijlen  hare 
Majesteit  de  koningin  der  Nederlanden,  de  buste  van  een 
Gricksch  meisje,  aile  drie  in  marmer;  op  het  paleis  van 
Zijne  Majesteit,  koning  Willem  II  :  eene  groep  :  La 
Veuve  du  soldat,  eene  buste  van  Ste-Cecilia,  beide  in  albast, 
eene  buste  van  Zijne  Majesteit  Willem  I,  in  marmer,  en 
een  basrelief  voorstellende  eene  Heilige  Familieie  Rome, 
uit  marmer  vervaardigd  ;  te  Berlijn  bij  H.  K.  H.  Prinses 
Albert,  de  marmeren  buste  van  Kojiing  Willem  I  (2);  op 
het  paviljoen  bij  Haarlem,  een  Ecce  Homo  en  buste  van 


(i)  Gekende  oversteder  Jezuïten,  geborente  Amsterdam,  den  23  Xovem- 
ber  1785,  gestorven  der  6  mei  i853. 

(2)  «  Voor  Willem  I  en  II,  voor  prinses  Albert,  maakte  Royer  een  aantal 
werken,  waarin  zijn  kennis,  zijne  kuns-vaardigheid,  zijn  begrip  van  de 
eigenschappen  der  plas'.iek,  zijn  gevoel  voor  schoone  en  edele  vormen 
zich  duidelijk  toonen.  » 

VosMAER,  op.  cit. 


20O  MECHELSCHE 


Lco  XII  beide  uit  marmer  te  Rome  vervaardigd. 
Verder  de  buste  in  marmer  van  Zijne  Majesteit  koning 
Wîllcm  IL 

Christiaan  Kram  geeft  nog  de  volgende  werken  van 
RoYER  op  : 

De  Gctrouwc  vriendschap,  een  marmer  dat  bestemd  was 
voor  de  buitenplaatst  van  den  Heer  J.  de  Vos  Jac,  en  de 
busten  van  Professer  J.  Bosscha  en  Mevrouw  Hofdijk- 
Ukena. 

Van  drijvoudigen  doch  verschillenden  aard  waren  de 
strekkingen  onder  wiens  invloed  Royii.r's  talent  gevormd 
werd. 

Herreyns  kunstinrichting  kneedde  het  naar  Rubens 
grootsche  en  levensrijke  natuurideaaliseering,  vcrvormd 
en  op  verbasterde  wijze  aangeleerd  door  Van  Geel,  die 
echter  bij  overlevering  door  Verkaegen  eerst,  en  vroeger 
door  Fayd'herbe,  ook  aan  de  school  van  den  grooten 
vlaamschen  kunstenaar  niet  vreemd  was.  Doch  opgeleid 
door  eenen  meester  wiens  kunst  noch  manhaftig,  noch 
sterk  was  en  slechts  op  fijnheid  en  zwierigheid  van  vorm 
aanspraak  maakt,  kon  het  niet  anders  of  Royer's  eerste 
scheppingen  moesten  slechts  door  deze  twee  laatste 
eigenschappen  gekenmerkt  worden. 

De  school  van  David,  vertegenwoordigd  door  De  Bay, 
prentte  daarop  den  stempel  van  den  stijven,  doch  nauw- 
keurigheid  van  lijnen  bcoogenden  klassieken  geest,  later 
getemperd  door  den  invloed  van  al  het  ideaalschoone, 
dat  zoo  mild  in  de  voortbrengselen  der  zuiderkunst- 
scholen  aanwezig  is. 

In  rijperen  leeftijd,  ontweek  Royer  den  drang  der 
nieuw^e  gedachten,  zoo  kwistig  sedert  i83o  op  den  kunst- 
akker  gezaaid,  en  waaruit  sproten  het  romantismus  eerst, 
dan  het  realisinus,  en  later  de  hedendaagsche  neigingen, 
die  aan  de  beeldhouwkunst  eene  zôô  bevoorrechte  plaats 
onder  aile  anderen  hebben  doen  innemen. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  201 

Waar  dan  Royers's  kunst  iets  of  wat  gebrek  aan  lijd, 
is  aan  dat  weinige  naar  natuur  en  uitdrukkingswaarheid 
strevende  gevoel,  dat  hare  voortbrengselen  wat  minder 
eentoonigheid  en  wat  meer  leven  en  bezieling  zoude 
geschonken  hebben  (i). 

Men  buige  echter  met  eerbied  voor  hem,  die  den 
laatsten  talentvoUen  vertegenwoordiger  geweest  is  van 
de  vlaamsche  kunstschool  van   i83o. 

De  drooge  eenigzins  stijve  historische  taak  van  den 
levensbeschrijver  loopt  hier  ten  einde,  men  late  nu 
het  woord  aan  den  gevierden  letterkundigen  en  met 
Royers's  kunst  zoo  ingenomen  verwante,  om  op  zijne 
beurt  des  kunstenaars  leven  en  werk  in  eenige  gevoel- 
volle  bladzijden  te  beschrijven  ente  beoordeelen. 


De  tijd  is  nog  niet  gekomsn,  om  den  merkwaardigen  man,  wiens, 
naam  wij  boven  deze  bladzijde  schrijven,  in  al  ziji  doen  en  laten,  zijne 
zoo  wel  vervulde  levenstaak  en  den  invloed,  dien  hij  in  engeren  en 
ruimeren  kring  geoefend  heeft,  te  schilderen. 


(i)  «  Hulde  dwingen  zijne  werken  ous  meestal  af,  v/arme  geestdrift  en 
ontroering  boezemen  zij  ons  echter  in  mindere  mate  in.  Was  het  omdat  hij 
de  grenzen  van  zijne  kunst  schroomde  te  overschrijden,  of  ten  çevolge  van 
eene  meer  kalme  dan  vurig  gevoelende  kunstenaarsnatuur,  zeker  is  het  dat 
hij  doorgaans  in  zija  werk  eene  zekere  terughouding,  eene  zekere  kalmte 
bezit.  Bedrieg  ik  mij  niet  dan  lag  dit  ook  aan  de  richting  die  hij  voortdurend 
heeft  gevolgd.  Zij  was  de  klassieke,  maar  de  klassieka  zoo  als  men  die  in 
het  begin  dezer  eeuw  begreep  en  waarin  men  wat  tôt  hetreëele  en  karakte- 
ristieke  behoorde,  met  eene  groote  vreeze  vreesde.  Sedcrt  dien  tijd  heeft 
het  kritisch  en  historisch  onderzoek  leeren  onderscheiden  en  doorgronden 
en  ook  in  den  klassieken  stijl  de  realiteit  en  het  individueel  karakteristieke 
als  elementen  van  kunst  erkend.  » 

En  verder  ; 

«  Intusschen  zouden  ook  Royer's  portretbusten  doen  denken,  dat  men  in 
de  boven  aangeduide  eigenschap  minder  een  gebrek  in  's  meesters  kunst 
dan  wel  in  zijn  systeem  hebbe  te  zien.  Er  bestaan  verscheidene  portretten 
van  zijne  hand  die  aan  het  behoud  van  den  schoonen  vorm,  karakter,  leven, 
individualiteit  paren.  » 

VOSMAER,  op.  cit. 

14 


202  MECHELSCHE 


Maar  te  lang  heeft  zijn  beeld  reeds  ontbroken  in  de  galerij  der 
Katholieke  Nederlanders,  dien  wij  in  dezen  Almanak  een  gedenksteen 
wijden,  om  het  niet  vergeeflijk  te  maken,  dat  wij  op  liet  werk  van  den 
naneef  een  weinig  vooruitloopen,  en  terwijl  we  met  zijn  portret  onzen 
bundel  ibSo  vercieren,  daaraan  een  paar  woorden  ten  gcleide  geven, 
die  we  reeds gedeeltelijk  bijeen  vroegeregelegenlieidhebbenuitgespro- 
ken,  maar  die  toch  ook  in  dezen  ruimer  kring  niet  onwelkom  zullen  zijn. 

Zijn  vader,  Jolian-Baptista  Royer  (op  zijn  vlaamsch  liet  men  de 
sluit-r  hooren,  terwijl  de  klemtoon  op  de  2"  lettergreep  bleef  rusten), 
was  een  kundig,  kloek  en  plichtgetrouw  landmeter,  die,  naar  het 
schijnt,  uit  de  Ardennen  stamde;  zijne  moeder,  Barbara  le  Maistre, 
behoorde  tôt  eene  der  deftigste  Brabantsche  familiën  (i).  Wellicht 
heelt  hij  aan  haar  den  adel  en  teêrheid  te  danken,  die  met  iiet  krach- 
tige  en  goedige  zijner  warm  gekleurde  natuur  zoo  trouw  te  zamen 
gingcn  (2).  Een  geestig  man,  niet  wars  van  machtspreuken,  heeft 
gezegd,  dat  het  geen  dichter  was,  die  zijne  kunstoefening  niet  met 
een  den  minnehederen  gewijd  tijdperk  had  aangevangen. 

Ondertusschen  geloof  ik,  dat  onder  de  a  austères  jeunes  hommes  » 
de  «  cet  âge  mauvais  »  (^),  zoo  als  Théoph.  Gautier  zich  uitdiukt,  er 
wel  zijn,  dien  men  den  dichtertitel  niet  zal  betwisten,  en  die  toch 
met  Lambert  ten  Kate  en  Balthasar  Haydecoper  zijn  begonnen,  in 
plaats  van  met  Anakreon  en  Janus  Secundus.  Zoo  heeft  ook  Royer 
als  knaap,  in  plaats  van  aniourketis  te  boetseeren,  zijn  vader  de 
geometrale  kettingen  nagedragen,  en  op  menige  torenmeting  het 
leerstuk  van  Pythagoras  toegepast. 

Totn  hij  de  teekenschool  te  Mechelen  bezocht,  was  het  een 
slechte  tijd.  Te  Rome  zaten  wel  eenige  jonge  Duitsche  vluchte- 
lingen,  in  de  schaduw  der  muren  van  een  vervallen  klooster,  de 
nieuwe  Kerstening  der  kunst  voor  te  bereiden  (4),  ondanks  de  voor- 
nemens  van  den  Franschen  Caîsar,  die  op  eene  vernieuwing  der  Eeuw 
van  Augustus  bedacht  was;  maar  de  vruchten  van  hunnen  arbeid 
zou  Royer,  toen  hij  dertien  jaren  later  langs  de  monumenten  dwaalde 
der  Eeuwige  Stad,  nauwelijks  bespeuren.  En  toch  had  dat  jong  en 
klassiek  gestemd  gemoed,  in  dat  vroege  tijdperk,  reeds  een  voorgevoel 


(i)  Philips  Jakobs  d"";  zij  zijn  gehuwd  den  7"  Nov.  1779. 

(2)  De  meest  geraadpleepfde  kunstgeschiedboeken  geven  een  verkeer  den 
geboortedatum  van  hem  op.  Hij  kwam  ter  wereld  te  Mechelen,  den 
1"  Augustus  1793,  ten  10  uur  des  avonds. 

(3)  «  De  strenge  jongelieden  van  dit  onzalig  tijdvak.  » 

(4)  Zie  Abu.  i853,  bl.  198. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  203 


van  de  wedergeboorte,  waarvan  hij  later  mcer  getuige  dan  inleider 
zijn  zoo.  Met  minachting  werd  aan  de  Mechelsche  school  en  door  de 
Professoren  Van  Geel  en  De  Noter  op  het  zoog?naamJe«gottische» 
neêrgezien.  Zij  haalden  daar  de  neus  voor  op,  alsof  ieder  hunner  het 
hart  van  een  Rafaël  in  den  boezem  droeg,  en  met  lange  tijne  vingeren 
zoo  betooverende  vormen  zou  gaan  neerschrijven,  als  v^'aarin  de 
jongeling  van  Urbino  eenmaal  al  de  kieschheid  van  zijn  sensualisme 
en  al  zijne  s)  mpathie  voor  de  natuur  in  haar  vormenadel,  bij  diepen 
afkeer  van  al  wat  geen  gratie  aandutdt  en  lossen,  maar  eenvoudigen 
zvv'ier,  —  plach  iiit  te  storten.  Maar  die  wateren  kondigden  door  hun 
rumoer  reeds  aan,  dat  zij  geene  diepe  gronden  hadden.  De  meesters 
van  RoYER  werd.n,  bij  hunne  minachting  voor  de  kunst  der  middel- 
eeuwen,  dan  ook  niet  bezield  door  eene  diepgewortelde  vereering 
van  de  edclste  openbaring  dcr  stoffelijke  gratie;  ook  niet  geheel  door 
eene  licht  verklaarbare  gehechlheid  aan  akademische  kanons,  maar 
vcel  meer  door  een  ovtrblijfsel  van  den  dampkring,  dien  zij  aan 
Ruben<;,  den  alvcrblindenden  Vlaming,  dankweten.  Menigmaal  kroop 
de  jeugdige  Louis,  na  de  lessen  der  Akademie  of  in  de  werkplaats  te 
hebben  bijgewoond,  in  den  kelder  ot  naar  den  zolder  van  zijnen 
meester,  en  betastte  en  bewonJerde  en  teekende  daar  de  fraaie  haut- 
reliefs  der  tomben  van  toetssteen,  die,  als  oude  materie  om  nieuw 
fabriekwerk  van  te  nîaken,  door  den  beeldhouwer  waren  aangekocht. 
Het  ging  hem  aan  het  hart,  dat  die  rijk  en  diep  gebeitelde  zerken  van 
Bisschoppjn,  Ridders  en  Edelvrouwen,  verminkt  en  verhakt,  als 
kunst werken  spcorloos  verdwenen.  Menigmaal  had  hij  de  zucht,  een 
der  vercierende  arkaturen,  nissen  met  heiligen  en  schraagpijlertjes  te 
fedden,  maar  de  moed  ontbrak  hem  den  voornamen  spot  zijner 
meesters  en  medeleerlingen  te  trotseeren,  en  hij  liet  zijner  smaak  het 
akademisch  keurslijf  aanpassen,  alsof  die  knellende  gordel  de  slagen 
van  zijn  krachtig  gemoed  niet  te  veel  en  onbarmhartig  te  keer 
ging. 

Toch  vond  hij  tôt  zekere  hoogte  zijne  rekening  bij  de  tegenwerking 
zijner  meesters.  Hun  Rubensianisme  kwam  hem  ten  goede,  en  hield  dien 
grooten  natuurzin  in  hem  levendig,  die  gemaakt  hetft,  dat  zijn 
laatste  tijdperk  misschien  wel  zijn  schittercndste  genoemd  moet 
worden. 

Daar  bestaan  teekeningen  van  hern  van  den  jare  i8io,die  getuigenis 
geven  eenerzijds  van  zijn  gevoelige  opvatting  der  allegorische  school- 
typen,  anderzijds  van  het  levendig  kleurgevoel,  dat  hem  altijd  deed 
zeggen  :  «  ik  heb  mijne  roeping  gemist;  ik  had  schilder  moeten 
worden  ». 


204  MECHELSCHE 

Ik  hnast  mij  intusschen  nadrukkelijk  tegen  deze  zijne  meening  op 
te  komen.  Ware  hij  schilder  geworden,  ik  ben  overtuigd,  dat  deskun- 
digen  van  hem  gezcgd  zouden  hehben  :  «  De  beeldhouwer  heeft  in 
hem  den  schilder  bedorven.  »  Neen,  hoe  ingenomen  ook  met  Rafaël, 
ja,  wat  misschien  meer  zegt,  hoe  gewoon  om  steeds  Rubens  en  Van 
Dijck,  als  dj  meesters  bij  uitnemendheid  aan  te  halen  :  '(  't  is  zoo 
schoon  als  Fan  Dijck,  »  luidde  de  hoogste  lof,  die  van  zijne  lippen 
kwam,  —  en  hoe  groot  een  bewonderaar  van  Gudin,  -  hij  was  een 
beeldhouwer  :  al  zijne  teekeningen  dragen  er  de  kenmerken  van  :  zoo 
wel  wat  keuze  van  onderwerp,  wat  kompozitie,  als  wat  behandeling 
betreft  :  ze  zijn  er  maar  te  zeldzamer  en  te  beiangrijker  om.  En  daarom 
waarschijnlijk  zal  de  Muze  der  Historié  in  het  dagboek  der  kunst 
willends  zijn  de  pen  te  halen  door  hetgeen  zij  van  het  gebeurde  in 
de  hoofdstad  van  Nederland  op  de  bladzijde  van  18  Nov.  1868  heeft 
aan  moeten  teekenen.  De  portefeuille  van  Royer  is  ter  veilingtafel 
gcweest,  en  de  honderden  bladen,  waaraan  hij  gedurende  58  jaren 
zijne  geheimste  en  edelste  kunstgedachten  het  eerst  had  toevertrouwd, 
en  waar  hij  de  veelzijdige  vruchten  zijner  studiën  op  had  verzameld, 
hebben  siechts  zeer  moeilijk  koopers  kunnen  vinden.  De  Maceenen 
(op  enkele  eervolle  uitzonderingen  na)  schitterden  er  door  hunne 
afwezigheid.  Nederland  is  getuige  geweest  van  het  voorval  :  dat 
enkele  losse  krabbelingen  met  de  pen,  door  een  dilettant  (i),  onder  de 
zittingen  dt-r  4'=  klasse  van  het  Koninklijk  Instituât  uit  verveling  of 
speelschheid  ten  papiere  gebracht,  méer  hebben  mogen  gelden  dan 
eene  geheele  reeks  van  schetsen,  door  de  hand  van  een  volvormd  en 
beroemd  kunstenaar,  in  voile  rijpheid  des  geestes  ontworpen. 

Noord-Nederland  heeft  in  de  laatste  drie  eeuwen  de  gewoonte 
zijne  beeldhouwers  uit  het  Zuiden  te  roepen.  Het  schijnt,  dat  sinds  den 
storm  van  1566  onze  Hollandsche  grond  met  onvruchtbaarheid 
geslagen  is,  binnen  de  hoven,  waar  men,  in  de  xiir  en  xv''  Eeuwen, 
de  meesters  van  het  «  levend  steen  »  en  de  bewerkers  van  het  willig 
bout  plach  te  telen.  Die  storm  had  ook  BelgiC'n  niet  gespaard  :  maar 
Belgiën  heeft  er  voor  gerouwd  en  geboet;  en  de  xv!!*"  en  xviii^ 
Eeuwen  ten  onzent  hebben  de  kerkontblooting  bijgestemd.  Niettemin 
haaiden  de  Burgemeesters  van  Amsterdam  de  stammen  der  Quellinen 
en  Hemony's  met  heuschheid  in,  en  kroonden  den  beitel  en  de 
metaalschup,  die  de  goden  en  halfgoden  voor  hun  panthéon  in  het 
leven  ricpen. 


(i)    M""  Jac.  van  Lennep. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  2o5 


Toen  de  xix'  eeuw  de  hulde,  die  vroeger  dagen  aan  het  idée 
plachten  te  brengen,  meer  overdroeg  op  de  denkende  en  handelende 
individus,  —  moest  er  een  andere  Quellinus  uit  het  zuiden  komen, 
ora  onze  Staatslieden,  geleerden,  amiralen,  kunstenaars  en  dichters  in 
metaal  te  vereeuwigen. 

RoYER  had  zijne  opleiding  genoten  in  een  land,  waar  een  opgewekt 
volks-  en  gem?enteleven  bovendreef  op  den  siroom  der  worstelingen, 
waar  het  lang  aan  ten  prooi  was  geweest.  Hij  be^reep  zulk  een  daad, 
als  de  oprichting  van  een  standbeeld;  hij  wist  wat  feesten  waren;  hij 
kon  zich  doordringen  van  de  groote  ideën,  die  zulk  eene  plechtigheid 
behooren  te  bezielen. 

Het  broederschapsgevoel,  dat  in  Belgiën  krachtig  heerscht,  en  dat 
bij  ons  bijna  ontbreekt,  was  ook  een  van  de  voornaamste  prikkels  om 
RoYER  te  steunen  en  vooruit  te  brengen.  Heeft  de  maatschappij  Arti 
et  Amicitiae  hem  ten  grave  gedragen,  zij  kon  al  ten  opzichte  van  een 
harer  stichters  niet  veel  minder  doen.  Sprekender  bewijs  van  geest- 
verwantschap  was  het,  dat  de  leerlingen  der  Mechelsche  Akademie, 
toen  hij  den  25^"  Aug.  1816  te  Antwerpen  den  prijs  behaalde  met  zijn 
schier  zonder  ernstige  bedoeling  ingezonden  beeld  van  Hébé,  aan 
den  primiis  van  18 10  ook  van  hunne  zijde  een  gouden  eerepenning 
wilden  ofteren,  opdat  hij  niet  alleen  prins  zou  zijn  naar  de  keur  der 
overheid,  maar  ook  onder  de  instemming  des  volks. 

Het  is  geen  wonder,  dat  men  hem  aan  de:(e  school  zoelhaast  tôt 
professor  benoemde  (i);  maar  evenmin,  dat  hij  hiervoor  bedankte  en 
in  het  schoone  koninkrijk  van  i8r^  naar  ruimer  werkkring  streefde. 
Tôt  de  tentoonstelling  van  1821  in  de  koninklijke  Brusselsche  resi- 
dentie  droeg  hij  zijn  grootsch  bataafsch  heldenbeeld  van  Claudius 
Civihs  bij  en  behaalde  daarop  den  «  eersten  eereprijs  ».  Dit  is  de 
voorbereiding  geweest  zijner  vestiging  in  onze  noordelijke  provinciën, 
waar  hij  zich  bij  al  het  charakterische  van  zijn  zuid-brabantschen 
aard  en  tongval,  steeds  een  plichtgetrouw  burger  betoond  heeft.  Hij 
werd  trouwens  door  de  eerste  koningen  uit  het  huis  van  Oranje 
bizonder  beschermd,  en  was  dan  ook  kinderlijk  gehecht  aan  de 
regeerende  dynastie.  Met  tranen  in  de  oogen  herinnerde  hij  zich  de 
reizen  dat  Willem  de  W  hem  onder  den  arm  had  genomen  en  hem 
de  schoonheden  zijner  galerij  had  doen  waardeeren.  Ook  koningin 
Anna-Paulowna  heeft  hem  zeer  onderscheiden.  Als  kroonprinces 
plach  zij  reeds,  met  den  koninklijken  gang  haar  eigen^   langs   de 


(1)  2  Mei  1819. 


206  MECHELSCHE 


beeldhouwwerken  der  tentoonstelling  tegaan,en  het  werk  van  onzen 
kunstenaar  terstonJ  herkennend,  te  zeggcn  :  «  Ce  sera  pour  moi  »  (i), 
zonder  een  lakei  den  prijs  te  hebben  laten  vragen.  Toen  Royer  haar 
buste  maken  zoude,  vroeg  ze,  of  een  vroegere,  die  haar  dus  in  jeiig- 
diger  leeftijd  voorstelde,  niet,  met  eenige  bijwerking,  nog  zou  kunnen 
dienen.  «  Dat  borstbeelde  stelde  de  princes  van  Oranie  voor  ant- 
woordde  de  beeidhouwer  bescheiden  »,  en  mij  valt  de  eer  te  beurt 
de  konin^in  der  Nederlanden  te  mogen  maken.  «  De  muskovietsche 
grootvorstin  verhief  het  hootd  met  al  de  majesteit  die  in  haar  was, 
en  Royer  verwierf  met  zijn  werk  de  goedkeuring  van  koning  en 
koningin  beide,  Nooit  had  het  Willem  den  II''  gefrappeerd,  dat 
zijne  vrouw  een  zoo  schoonen  hais  had.  Toen  Royer  de  buste 
van  dezen  koning  maakte,  kwam  Willem  I  het  werk  bezichtigen. 
('  Monsieur  Royer  dit,  que  j'ai  un  beau  front  »,  zeide  de  zoon.  »  Je 
savais  seulement  que  vous  en  aviez  beaucoup  »,  scherste  de  vader  (2). 

Het  is  jammer,  dat  later  uit  het  oog  is  verloren,  hoe  kunstbescher- 
ming  een  der  treffelijkste  eigenschappen  is  van  de  souvereiniteit.  Toch 
heeft  Royer  het  voorrecht  gehad  de  beginselen  en  praktijk  zijner 
kunst  aan  eene  vorstelijke  Moeder  te  mogen  leeren,  die  eene  uitdruk- 
king  zocht  voor  hare  rouw,  in  het  boetseeren  der  geliefde  trekken 
van  haar  kind  :  die  Moeder  was  Hare  Majesteit  Koningin  Sophia  (3). 

Ook  heeft  de  meester  het  ontwerpen  en  uitvoeren  van  een  zijner 
schoonste  en  jongste  scheppingen  aan  een  lid  van  het  Stamhuis  te 
danken.  Zijn  «  Adam,  waar  zijt  gij?  »  is  in  't  marmer  verschenen  op 
last  van  Princes  Marianna  der  Nederlanden.  Indien  men  weten  wil, 
hoe  overheid  en  volk  anders  tegenwoordig  over  de  scheppingen  der 
beeldhouwkunst  denken,  heeft  men  slechts  een  blik  te  slaan  op  den 
ingevulden  katalogus  der  veiling  Ro3'er.  Die  heerlijke  groep  Adam  en 


(i)  «  Dat  is  mij.  » 

(2)  Een  andere  lezing  is,  dat  Willem  de  11°  zeide  :  «  De  Heer  Royer  zegt, 
dat  ik  een  mooi  voorhopfd  heb.  Willem  P  zou  geantwoord  hebben  :  Men 
heeft  mij  over  mijn  front  (voorhoofd)  nooit  een  kompliment  gemaakt  ». 

(3)  't  Is  hier  voor  mij  eene  geschikte  gelegenheid,  om  met  het  oog  op 
mijne  bijdrage  in  den  Almanak  1878,  mede  te  deelen,  dat  mij  van  eene 
hoogst  geëerbiedigde  zijde  is  opgemerkt,  dat  de  Koningin  hare  studie  op  de 
laatste  Stuarts  in  de  Revue  des  detix  Mondes,  heeft  laten  plaatsen,  onder  de 
stellig  bedongen  voorwaarde,  dat  de  naam  en  waardigheid  van  den  au;eur 
verborgen  zou  blijven  en  dat  de  Koningin  de  bekendmaking  eene  onbe- 
scheidenheid  van  den  Direkteur  der  Revue  genoerad  heeft,  die  zij  zeer 
betreurde.  Wij  zeggen  :  Gelukkig  vergrijp!  Want  HoUand  wint  er  eene 
aanspraak  bij  op  de  waardeering  zijner  naburen. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  207 

Eva,  dat  model  op  de  halve  grootte,  waarin  de  rijke  gedachte  met 
zulk  een  zeldzame  volledigheid  van  schoone  profielen  was  uitge- 
sproken,  die  groep  tintelend  van  menschelijk  leven  en  lijden,  uit  den 
aard  der  zaak  veel  volmaakter  dan  eenige  uitvoering  van  marmer  zijn 
kan,  —  heeft  mogen  gelden,  op  de  verkooping  van  17  November-68, 
de  som  van  f.  33. 

Toen  Royer  in  1823,  op  zijn  Griekschen  Herder,  den  «  grand  prix 
de  Rome  »  behaalde,  door  de  Nederlandsche  Akademie  van  Beeldende 
Kunsten,  in  navolging  der  Fransche  uitgeschreven,  —  en  toen  hij, 
eenige  jaren  later,  met  den  titel  van  Beeldhouwer  des  Konings 
vereerd,  naast  J.  W.  Pieneman,  A.  B.  Taurel,  J.  A.  Kruseman  en 
M.  G.  Fétar  van  Elven  optrad,  om  de  Koninkiijke  Akademie  te  Am- 
sterdam een  nieuw  en  ongekend  leven  bij  te  zetten,  had  men  niet 
mogen  verwachten,  dat  zelfs  het  jongere  geslacht  in  ons  vaderland 
zoo  weinig  voor  de  beeldhouwkunst,  en  voor  de  monumentale  kunst 
in  't  algemeen,  zou  blijven  voelen. 

Men  mag  zich  overtuigd  houden,  dat,  indien  Royer  zich,  na  het 
sluiten  van  den  vrede  tusschen  HoUand  en  Belgiën,  in  zijn  geboorte- 
land  had  neêrgezet,  zijn  laatste  levenstijdperk  hem  minder  bittere 
oogenblikken  zou  hebben  opgeleverd.  Heeft  het  ministerie  Van- 
Zuylen-Humskerk,  brekende  met  het  axioma  dat  «  kunst  geen 
regeeringszaak  »  is  het  besluit  gekontrasiniëerd,  waarbij  hem  een 
hooge  rang  in  's  Konings  ridderorden  verzekerd  werd,  het  later 
Gouvernement  heeft  het  zwaard  van  Damokles  opgehangen  boven 
de  instehing,  waar  hij  een  derdigtal  zijner  kiachtigste  levensjaren  aan 
gewijd  heeft,  en  nog  heden  aarzelt  men  de  Hoogeschool  voor  Kunst 
in  Nederland  op  degelijke  grondslagen  te  vestigen. 

Maar  wanneer  hij  te  midden  zijner  leerlingen  stond,  en  hun  de  ge- 
heimen  der  kunst  voorhield  en  als  inprentte,  met  al  den  gloed,  die  uit 
zijn  oogen  plach  te  schitteren,en  waarvan  de  allerbevoegdste,  tôt  twee 
reizen  toe,  in  het  openbaar  met  bewondering  gewaagd  heeft  (i),  — 
of  wanneer  hij,  in  zijn  atelier  een  gevoelige  schets  boetseerde,  een 
borstbeeld  het  leven  instortte,  of  beitel  en  hamer  hanteerde,  dat  de 
scherven  u  om  de  ooren  vlogen,  —  dan  vroeg  hij  niet  naar  hetgeen 
daar  buiten  gebearde;  dan  was  hij  geheel  overgegeven  aan  den  dienst 
der  Godin;  die  hem  eenmaal  haar  stempel  in  de  ziel  had  gedrukt,  en 
uit  de  verrukking  van  wier  liefde  hij  nooit  weer  tôt  de  koelheid,  die 
de  financier  praktische  wijsheid  noemt,  zoude  terugkeeren. 


(i)  Mev.  BosBOOM.  Toussaint. 


208  MECHELSCHE 


En  deze  liefde  —  hoe  edel  was  zij!  Ik  meen  dat  er,  buiten  de  dus 
oenaamde  christelijke  scholen,  geen  kunstenaar  in  Europa  is,  die  de 
Venus  Urania,  door  Royer  in  de  iMediceesche  en  die  van  Melos 
beide  opgezocht  en  vereerd,  een  zuiverder  wierook  gebrand  heeft. 
Neem  zijne  verschillende  Venus-koncepties,  zijne  schoone  jonge 
vrouwen,  op  die  Venus-typen  geïnspireerd!  Aan  de  vruchten  kent 
men  den  boom.  Het  is  niet  de  qualiteit  van  Venus  te  zijn,  het  is  zjlfs 
niet  de  graad  van  naaktheid,  waaraan  de  zedelijkheid  van  een  beeld  te 
toetsen  is.  Zie  zijne  Necro^ehurkte.  scboonheids^odiii  in  albast,  met  hare 
mollige,  doch  altijd  delikate  vormen.  Hoe  vreemd  aan  zelfbewustzijn, 
veel  meer  nog  aan  zelibehagen,  is  die  onbewolkte  blik!  Hoe  straalt  het 
van  harmonie  uit  hare  kalme  gedaante  en  handeling.  Zie  zijne  luimig 
graciëuze  groepen  van  Venus,  met  de  Liejde,  het  jongsken  niet 
strenger  bestraftende  dan  met  de  levensvreugde  der  klassische  kunst 
samengaat.  Zie  vooral  zijn  aanspraak  looze  Venus  verre:(en  uit  het 
^^eeschuim,  maagdehjk  naief,  slank  en  edel,  met  een  waas  van  onbe- 
proefde,  maar  dan  nog  onbeleedigde  fierheid,  —  en  zeg  mij,  niet 
slechts  of  deze  beelden  geen  zuiver,  geen  edel  welgevallen  bij  een 
onbedorven  genioed  opwekken,  maar  zelfs  of  zulk  een  gemocd, 
indien  het  niet  uit  Genesis  I  de  nadere  kennis  van  het  goed  en  kwaad 
had  opgedaan,  aarzelen  zou  deze  beelden  onberispelijk  te  noemen. 
Maar  het  is,  helaas,  waar  :  wij  leven  hier  in  eene  vervallen  waereld, 
en  het  dem  Reinen  ist  Ailes  rein  kan  voor  de  kunst  geen  vrijbrief  zijn. 

Geen  wonder,  dat  deze  kunstenaar,  met  zijn  edelmoedige,  kinder- 
lijke  geaardheid,  met  zijn  afkeer  van  plomb  zinnelijke  vormen,  ook 
bizonder  uitmuntte  in  het  scheppen  van  kinder-typen.  Zijn  beroemde 
Paul  en  Virginia  slapend,  in  albast,  vond  eene  plaats  in  het  paleis  des 
konings  Willem  I;  niet  in  het  groot  uitgevoerd,  is  zijne  Paul  en 
Virginia  in  de  regenbui,  in  een  voortreftelijk  geboetseerde  kleischets 
voor  handen,  om  aan  te  geven,  tegenover  zijn  slapend  kindjen,  hoe  de 
verschillende  levensfazen,  ook  binnen  den  begrensden  kinderkring, 
door  een  groot  kunstenaar  met  betooverende  bevalligheid  zijn  uit  te 
drukken. 

En  naast  zijne  opvatting  der  schoonheid  —  zie  zijn  begrip  van  de 
kraeht  :  het  denken  in  Wi'lem  den  Zwijger  —  eene  gansch  andere 
overleggingskunst  toch  wcêr  dan  het  spottend  filozofische  van  zijn 
Erasmus;  zie  het  kalm  triomfeerende  van  zijn  Coster,  die  de  heer- 
schappij  van  den  Burgerstand  schijnt  in  te  wijden;  het  vaste,  des 
noodsuitdagende  van  z\]nDe  i^Mji7t';,,hetdoordringende,  mediteerende, 
daadgereede  van  zijn  Rembrandt;  het  schitterende  en  geduchte  van 
zijn  Vondel.  Zie,  eindelijk,  de  stoffelijke  kraeht  en  stoftelijke  neigingen 


levensbeschrijvingEn  209 

zich  zinrijk  krommend  onder  het  bestier  van  den  kindgeworden  God, 
in  zijn  onovertroffen  Chrisiophorus.  Zal  ik  over  de  christelijke  schep- 
pingen  van  dezen  Christen  uitweiden?  —  Er  is  geen  specifiek 
onderscheid  tusschen  zijne  klassische  en  bijbelsche  of  legendarische 
scheppingen. 

Ik  zou  durven  beweeren,  dat  00k  hij  het  tijdperk  en  de  richting  der 
bij  uitnemendheid  christelijk  genoemde  kunstenaars  heeft  uitgedrukt 
in  zijne  kunst,  en  op  zijne  wijze.  Indien  over  de  evangelische 
sujetten,  bij  hem,  geen  zoo  teeder  mystiesch  waas  hgt  als  bij  de 
kathoHeke  hoofden  der  Dusseldorpsche  school  —  hij  heeft  voor  de 
mythologische  en  allegorische,  met  andere  woorden  voor  de  niet 
kerkelijke  intellektueel-typische  kunst  gedaan,  wat  zij  voor  de  kerke- 
hjke  volbrachten.  Om  dit  te  erkennen  moet  men  zijne  zoo  even 
aangeduide  scheppingen  n:et  die  van  andere  kunstenaars  vergelijken, 
welke  buiten  de  hervorming  van  Overbeek  en  CorneHus  staan  ;  bij 
voorbeeld  met  Thorvaldsen  en  met  Canova.  Over  zijne  eenvoudige 
kompozitie  der  Fentis,  uit  het  :(eeschiiim  ri)\endj  ligt  eene  zedigheid, 
eene  naïeveteit,  eene  natuuronschuld,  die  aan  het  zelfde  onderwerp, 
de  praalzieke  en  tegeHjk  gemeene  Venus  van  den  beroemden  Deen 
geheel  vreemd  is.  In  't  geheel  kan  Thorvaldsen,  vooral  waar  het  de 
opvatting  van  vrouweHjke  schoonheid  aangaat,  met  onzen  Neder- 
lander  (die  hem  toch  zeer  vereerde)  niet  worden  gelijk  gesteld.  Nooit 
zou  RoYER  zich  eene  lijn  vergeven  hebben,  als  het  linker  beenprofiel 
der  Briseide  consionata,  een  vorm  minder  verwerpelijk  in  Thor- 
valdsens  bedelares,  die  hij  ten  onrechte  eene  Carità  betitelt,  maar  ôok 
voorkomende  bij  zijne  fluitspeelster  in  de  kompozitie  der  Mu:(en 
dansend  om  de  Gratièn. 

RoYER  heeft  eene  schets  gemaakt  van  een  groep,  die  zoover  ik  weet 
niet  uitgevoerd,  zelfs  niet  voUedig  ontworpen  is,  maar  toch  genoeg- 
zaam  aangeduid  en  voldragen  om  in  eene  vergelijking  gebracht  te 
kunnen  worden  :  De  Liefde,  tôt  de  :{iel  komende.  Gi)  kent  den 
prachtigen,  maar  al  heel  waereldschen,  hoewel  volstrekt  niet  plat 
zinnelijken  groep  van  Canova  :  Psyché  et  l'amour  ;  de  Italiaan  is  hier 
veel  minder  gemaakt  dan  hij  zich  doorgaans  betoonde,  en  nochtans 
—  die  ziel  kan  niet  gedoopt  zijn.  Zie,  integendeel,  de  schuchterheid  en 
naïeve  gratie  der  jonge  maagd  bij  Royer;  de  terughouding  en  toch 
het  verlangen  van  zijn  jongeling  :  ge  zult  mij  zeggen  :  «  De  Heilige 
Geest  is  daar  overheen  gegaan.  »  Inderdaad  was  dan  00k  het  Vatikaan, 
om  meer  dan  eene  reden,  zijn  eigenaardig  heiligdom.  Bladzijden  vol 
taalfouten,  maar  vol  poëzie,  heeft  hij  geschreven  over  den  Apollo,  over 
Rafaël,  maar  00k  over  Léo  XII,  wiens  profiel  en  en-face  hij  onder  de 


210  MECHELSCHE 


godsdienstoefening  teekende,  otn  er  een  zeer  bewonderd  (en  door  het 
Nederlandsch  Gouvernement  aangekocht)  borstbeeld  van  't  huis  te 
brengen.  Hij  had  den  algemeenen  noemer  gevonden  voor  het  heihge 
en  ongewijde. 

In  een  vroegeren  Ahnanak  (i)  heb  ik  mij  reeds  de  opmerking 
veroorloofd,  hoe  de  Voorzienigheid  o;>  een  geheel  bizondere  wijze 
de  krachtige  persoonHjkheid  van  Louis  Royer  omringd  had  van 
zielen,  die,  zelve  dwalemle,  na  cenig  verkeer  met  hem  zoodanig 
doordrongen  werden  van  zijn  vurig  en  vruchtbaar  Katholicisme,  dat 
zij  geen  weer?tand  konden  bieden  aan  de  stem  der  genade,  die  hen 
terugriep  in  Gods  Kerk.  Niet  alleen  hebben  iwee  zijner  leerlingen 
geheel  zelfstandig  het  Katholicisme  omhtlsd,  maar  ook  de  edele 
vrouw,  die  haar  leven  aan  het  zijne  verbonden  had,  die  de  rozen  der 
liefde  vlocht  door  de  lauweren  van  zijn  roeni,  en  die  met  de  ailes 
overwinnende  kracht  der  vrouwehjketederheid  aile  praktischeschreden 
van  dit  bruisende  génie  ten  goede  wendde,  is  hem  in  zijne  Kerk 
gevolgd,  en  nog  heden  een  voorbeeld  van  teedere  en  heldere  Gods- 
vrucht  (2). 

Het  is  merkwaardig  wat  hoedanigheden  en  neigingen,  die  elkaar 
schijnbaar  uitlosten,  in  Royer  op  harmonische  wijze  samenvloeiden. 

Op  een  blaadjen  'staan  twee  afgewerkte  potloodsteekeningen  van 
gelijke  grootte  :  de  eenc  stelt  voor  :  de  lieve  martelares  5^  Aones;  de 
andere  Veiuts,  de  liefde  behnorrende.  En  dat  deze  beide  schetsen  mecr 
gepast  op  verschillende  blaadjes  geteekend  zouden  zijn,  kwam  bij 
onzen  kunstenaar  niet  eenmaal  op.  In  Rome,  te  midden  van  den 
tooverkring  der  antieke  kunst,  ontwierp  hij,  op  last  van  zijn  edel- 
moedigen  Amsterdamschen  beschermer,  A.  B.  Roothaan,  de  tien 
bârelicfs,  voorstellende  de  voornaamste  fciten  uit  de  geschiedenis 
van  beroemde  Jezuïeten,  welke  thans  de  kerk  van  den  H.  Franciscus 
Xaverius  te  Amsterdam  versieren.  Het  is  eene  intéressante  reeks,  die 
ontwerpen  van  Royer,  allerkeurigst  met  potlood  in  gekorrigeerde 
vormen  overgeteekend  zoo  door  hem  zelf  ais  door  Landsheer,  de 
l'iennes.  Van  Ysendyck  en  Van  den  Abeele. 

Hij  had  Italie,  met  al  haar  schoonheid  van  luchten  en  lijnen,  als 


(i)  1876,  bl.  81. 

(2)  Carolina  Freoerica  Kerst,  fi:eboren  te  Deventer  17  Dec.  1801,  gehuwd 
in  den  Haag  i5  Juni  i83i.  Dankte  Mevrouw  Royer  aan  haar  stamvader  van 
moeders  zijde,  den  dapperen  John  of  Gaunt  (Jan  van  Geni),  vierden  zoon 
van  Koning  Eduard  III,  den  moed  in  i83i  haar  hand  aan  een  Beig  te 
geven,  —  zij  HoUandschen-Officierszuster,  dochter  en  kleindochter  ? 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  211 


dronken.  Hoogst  gevoelig  voor  de  Natuur,  vertrouwd  met  de  ge- 
heimen  van  haar  planten-  en  vogelenleven,  wist  hij  nauwelijks  waar- 
aan  meerdere  zuchten  van  zijn  hart  en  bladen  van  zijn  schetsboek  te 
wijden;  aan  het  landschap  van  Portici  of  aan  hare  freskoos.  Maar  zoo 
ook  maakte  hij  geen  scheiding,  als  van  licht  en  duisternis,  tusschen 
de  kunst  der  Antieken  en  de  kunst  van  Lucca  délia  Robbia,  Perugino 
en  Rafaël.  Ja,  met  het  zelfde  hart  bewonderde  hij  het  Kalkarscbe 
snijwerk  van  Peter  Gieszen,  de  beteugelde  weelderigheid  van  Jean 
Goujon,  den  pittigen  zwier  van  Albrecht  Durer,  de  Dietsche  jonge- 
lingsdartelheid  van  Goltzius  en  de  machtige  geledingen  van  Micaël- 
Angeloos  monumentbeelden. 

Alleen  het  aangekleed  réalisme  heeft  hij  nooit  in  zich  opgekomen. 
Hij  waardeerde  toch  hoog  Meissonier  en  de  Duitsche  moderne  genre- 
schilders;  maar  zelfs  deed  hij  aan  zulke  kunst  niet,  en  matig  slaagde 
hij  in  de  afbeelding  der  «  broekskens  »  en  schoenen  met  a  strikskens  » 
van  onze  beroemde  Nederlanders.  Dat  het  menschbeeld,  in  zijne 
edelste,  vooral  Grieksche,  verschijningen,  voor  hem  dan  ook  steeds 
punt  van  uitgang  bleef,  spreekt  van  zelf, en  geene  drapeering  liet  hij  toe, 
die  de  herinnering  verzaakte  van  het  lichaam,  waar  zij  om  heen  hing. 

Het  stijllooze  natuurbejag  trof  hij  met  al  de  kracht  van  zijn  afkeu- 
rend  oordeel.  Het  gemeene  duldde  hij  niet;  tenzij  het  door  ailes  over- 
winnende  eigenschappen  vergeeflijk  werd.  Zoo  bewonderde  hij  Jan 
Steen  in  zijne  beste  uitingen;  zoo  waardeerde  hij  het  werk  van  zijn 
landgenoot  en  vriend  De  Braeckeleer.  Maar  voor  het  overige  —  zoo 
min  het  wulpsche  als  het  platte  kon  voor  zijn  oog  genade  vinden  : 
en  van  hooge  beteekenis  was  het  voor  ons,  die  om  zijn  sterfbed 
stonden,  dat  zijn  laatste  woord,  aan  het  einde  eener  loopbaan  zoo 
vol  werkzaamheid  en  overweging,  als  een  instinktief  verzet,  als  eene 
uitdaging  was,  het  matérialisme  en  daarmee  het  ongeloof  naar  het 
hoofd  geworpen,  het  woord,  vloeiend  van  deze  74-jarige  lippen  : 
La  Poésie  ne  finit  pas  (i). 

Zijne  laatste  werken  waren  tôt  vriendschapsgaven  bestemd  :  de 
buste  van  een  zijner  petekinderen  :  Mevrouw  Sterck,  geb.  Kervel,  in 
eene  in  klei  geboetseerde  Maria  met  het  kind,  zoo  natuurlijk  en  edel 
als  men  zich  maar  voor  kan  stellen;  geschonken  raan  het  jonge 
meisjen,  dat  hem  zoo  liefhad,  of  hij  haar  grootvader  was  geweest  : 
Mej.  Catharina  Alb.  Th. 

Hij  overleed  te  Amsterdam,  den  5  Juni,  1868.        J.  A.  Alb.  Th. 


(i)  «  De  poëzie  heeft  geen  einde. 


212  MECHELSCHE 

Uit  den  «  Volks-Almanak  voor  Nederlandsche  katholieken  ». 
Gesticht  in  1852,  door  J.-A.  Alberdingk-Thym  en  H.-J.-C.  van  Nou- 
huys. 

Jaargang  1880. 
Catalogue  du  Musée  de  la  Ville  de  Malines. 
Louise   Stratenus,    Uit   het   kven   van  den   Mechelschen 

bccldhouwcr,  Louis  Royer  (Dietsche  Warande,  i88q,  n°  6). 

De   Vlaamsche  School,    186 j- 1868. 
Immerzeel,    De    levens    en    werken    der    Hollandsche    en 

Vlaamsche    Knnstschiiders,    Becldhoiiwers,     Graveurs    en 

Bouwniecsters  van  het  bcgin  der  vijftiende  eeuw  tôt  heden 

toe. 
Kramm,   id...   id...  van  den  vroegsten  tôt  op  onzen  tijd. 
ScHELLENS,  De  Meclielsclie  Chronijcke. 
Journal  d'Annonces,   18S2. 

Mechelsch  Niemvs-  en  Aankondigingsblad ,    1868. 
Nagler,  Neues  algemeiner  knnstler  lexicon... 
Alberdingk-Thym,  De  Beeldhouwer  Louis   Royer  (Volks 
-  Ahianak  voor  Nederlandsche  katholieken,    1880). 
D'  Vosmaer,    Louis  Royer  in  de  Nederlandsche  Spectator 

van  1868. 
Algemeen  Handelsblad,  Amsterdam  1868.  —  De  Tijd.  — 

Amsterdam,   1868. 
Winkler-Prins,  Geillustreerde  encyclopédie. 


PLUYS,   Jan,   Frans 

Glasschildcr 


Pluys,    Jan    Frans,  werd  geboren  te   Mechelen,   op 
6'"  September  1810,  en  overleed  aldaar  op  23  Juni  1873. 


Planche  XIV 


Jan-Frans   PLUYS 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  2l3 

Hij  was  niet  alleen  een  ieverige  en  onvermoeibare 
werker,  maar  ook  een  steeds  naar  verbetering  stre vende 
kunstenaar,  en  het  is  aan  hem  grootendeels  te  danken  dat 
de  vroeger  zôô  bloeiende  kunstnijverheid  van  het  glas- 
schilderen  van  dag  tôt  dag  in  aanzien  won.  Ondanks 
moeilijkheden  van  aile  aard,  meestendeels  op  stoffelijk 
gebied,  herwon  hij  voor  haar  die  uitvoeringsmiddelen  die 
haar  in  vroegere  eeuwen  zôô  groote  en  welverdiende 
gunst  verworf. 

Immers,  die  kunstnijverheid  was  in  het  begin  der 
negentiende  eeuw  tôt  eenen  staat  van  verval  gekomen 
die  voor  hare  heropbeuring  met  recht  vreezen  deed.  Zij 
die  in  de  middeneeuwen  en  tijdens  de  Herboring  op 
eene  zoo  rijke  en  afgewisselde  reeks  van  meesterwerken 
roemen  mocht,  zag  in  de  opvolgende  kunsttijdstippen 
hare  voortbrengselen  langsamerhand  verwaarloozen,  ja 
hare  vroegere,  met  onverschilligheid  bejegenen,  door  de 
alvernielende  werking  des  tijds  verdwijnen,  wanneer 
niet  's  menschens  handen  medehielpen  om  des  te  ze- 
kerder  haren  ondergang  te  voltrekken.  Het  kwam  er 
eindelijk  toe  dat  de  noodzakelijkste  eigenschappen  van 
die  kunstwerken  gansch  uit  het  oog  verloren  gingen, 
zelfs  gansch  vergeten  werden.  Zoo  zocht  men  nog  te 
vergeefs  naar  doorschijnendheid  die  hoogst  gevergde 
hoedanigheid  van  het  gekleurd  glaswerk. 

Pluys  die  in  den  beginne  slechts  een  eenvoudige 
glasmaker  was,  legde  zich  nochtans  toe  op  het  samen- 
stellen  van  zoo  genaamde  glazen  «  mozaïken  »  met 
ongemeenen  smaak  uitgevoerd.  Die  poging  werd  met 
grooten  bijval  bekroond,  in  zoo  verre,  dat  men  hem  eene 
oude  glasschildering  ter  herstelling  bracht.  Van  den 
eersten  oogenblik  af  begreep  Pluys  dat  het  hem  aan 
noodige  kennis  van  het  tekniek  der  vroegere  kunstenaren 
ontbrak,  om  hun  spoor  met  welgelukken  te  volgen. 

Het  ontbrak  hem  echter  niet  aan  taaien  wil  en  nietsaf- 


214  MECHELSCHE 

schrikkende  volhardingsgeest  om  moedig  de  handen  aan 
't  werk  te  slaan  en  aan  de  scheikunde,  onder  andere, 
doelmatige  oplossingen  te  ontleenen  om  in  zijne  onder- 
neming  te  slagen.  Gelukkiglijk  vond  hij  daarvoor  als 
vernuftig  medewerker  en  wijzen  raadsman,  Stoffels, 
wiens  naam  zoo  nauw  verbonden  is  met  de  eerste  studie- 
jaren  van  onzen  alom  gekénden  medeburger,  professer 
Van  Beneden. 

Na  onverpocsd  werken  en  langdurige  opzoekingen,  met 
moedeloose  stonden  gepaard,  gelukte  het  dan  eindelijk 
aan  Pluys,  de  doorschijnende  brandverf  van  vroeger 
terug  te  vinden,  en  daardoor  eene  gansche  omu^enteiing 
in  de  hedendaagsche  glasschildering  te   bewerken. 

Dat  was  echter  niet  genoeg.  Zich  min  goed  op  kunst- 
terrein  begaafd  achtende,  aarzelde  hij  niet,  om  met 
degelijkheid  van  uitvoering  ook  volmaaktheidvan  vorm  te 
paren,  de  hulp  en  medewerking  in  te  roepen  van  den  wel- 
gekenden  teekenaar  en  samensteller  Edward  Dujardin. 

Zoo  was  het  hem  dan  eindelijk  gegeven  meerder 
werken  in  gevorderde  kunst  te  leveren  die  met  lof  mogcn 
vcrmeld  worden. 

Bij  koninklijk  besluit  van  25  November  iSig,  verwierf 
Pluys  een  uitvindingsbrevet,  terwijl  bij  uitzondering, 
het  Staatsbestuur  hem  in  Januari  1841,  ontsloeg  van  de 
daarvoor  gevergde  taks  in  de  schatkist  te  storten. 

Hetzelfde  jaar  verwierf  hij  met  Capronnier,  Laroche 
en  Defossés  de  zilveren  medalie  op  de  tentoonstelling 
van  Brussel,  en  het  stadsbestuur  nam  deze  gelegenheid 
te  baat,  om  hem  eene  eeremedalie  te  stemmen. 

Men  kan  de  beoordeeling  zijner  werkwijze  vinden  in 
eene  verhandeling  over  de  glasschildering  door  O'  Kelly, 
verschenen  in  iSSg  en  in  de  geschiedenis  der  glasschil- 
dering uitgegeven  in  1860  door  professer  Levy. 

Menigvuldig  in  getal  waren  sinds  dien  de  werken 
waaraan  Pluys  zijnen  naam  hechten  mocht. 


LEVENSBESCHRIJVINGEN  2l5 

Onder  anderen  hoeven  de  volgende  genoemd  te 
worden  : 

De  vensters  der  kerk  van  Hamersvelt  bij  Amersfoort 
(Holland);  zes  in  brandverf  uitgevoerde  geschilderde 
vensters  te  Hofstade  ;  negen  andere  in  de  kapel  van  het 
H.  Bloed  te  Brugge,  naar  de  oude  teekeningen  gemaakt; 
te  Tourcoing  eene  venster,  verbeeldende  de  trouw  van 
O.-L.-Vrouw;  in  de  kerk  St-Sulpice  te  Diest,  het  her- 
stellen  der  oude  glasschilderingen  en  het  vervaardigen 
van  vier  nieuwe  verbeeldende  de  geschiedenis  van  den 
H.  Joannes  Berchmans;  al  de  glasschilderingen  in  de 
kerk  van  Boussu  en  Fagnes  :  vier  andere  in  de  kerk 
van  de  «  Finistère  »  te  Brussel,  geplaatst  in  het  koor, 
waaronder  te  melden  zijn  deze  verbeeldende  de  Aanbid- 
ding  der  Herders  en  der  Koningen;  de  vensters  van 
het  koor  en  van  de  kerk  te  Thourout  ;  de  herstelling  van 
de  groote  venster  van  den  kruisbeuk  van  St-Gommarus 
kerk  te  Lier,  gegeven  door  Elisabeth  van  Cuilenbourg 
in  aandenken  van  haren  eersten  man,  Jan  van  Luxem- 
bourg; in  St-Rombouts  kerk  te  Mechelen  de  vensters  van 
het  koor,  eene  in  den  kruisbeuk  verbeeldende  de  afkon- 
diging  van  de  Onbevlekte  Ontvangenis  als  geloofspunt, 
en  eene  in  de  kapel  van  den  Roozenkrans  in  de  zijbeuk; 
geschilderde  glasramen  in  de  kerken  van  Bouchout, 
Rhodes-Ste-x\gathe,  St-Truiden,  Herck-la- Ville,  in  de 
kapel  van  het  Oud  Beggijnhof  te  Gent,  enz. 

Pluys  vergenoegde  zicht  echter  niet  met  glasschil- 
deringen voort  te  brengen  ;  hij  waagde  zich  ook  op 
oudheidkundig  terrein,  waaruit  een  ontwerp  tôt  her- 
stelling der  Mechelsche  Halle  ontstond,  en  hij  hield  zich 
tevens  onledig  met  samenstellingen  in  middeneeuwschen 
bouwtrant,  waaronder  kerkgestoelten,  die  van  St-Rom- 
bouts onder  andere,  hoogzalen,  autaren,  enz. 

Bij  zijn  overlijden  nam  Leopold  Pluys,  zijn  zoon, 
's  vaders  kunstnijverheid  over.  Het  huis  bleef  bloeien  en 


^^  MECHELSCHE 


woii   in  aanzien  :  ook  wanneer  koiteJing-s  aan  ri., 
ger  van  vader  P...s  het  LeopoldsoS  vêle  d  Xd 
was  die  onderscheidin^r  eene  .velvprrl.-.   /  ''^^l"'^  '^^^^' 
wachte  eWcenning  van  le  éZ::;;!^^^.^^!,^- 
aan  de  glasschildering  aïs  kunstnijverhe.dttetn       " 

Fanulie  herinncringcn  ; 
De  Bclgische  Illustrat'ic  :  1873-74    no  17 
Etablissement  L.Pkivs  nip  r1^ -pl^r      Vo 
J.  %ck„,ansAjD::::e5  '''''"'  '''  -*- (Salines, 

L7«rf,„/n>  Belge.  La  peinture  sur  verre,  n»  25,  ,881. 


H.    CONINCKX. 


La  Restauration  de  THôtel  de  ville 


DE    MALINES 


OTRE  première  préoccupation  avant  de  prendre 
notre  crayon  a  été  de  faire  l'intime  connais- 
sance de  notre  sujet.  Nous  nous  sommes 
efforcés  en  premier  lieu  de  puiser  à  nos 
archives  tous  les  renseignements  que  nous  avons  su 
découvrir  concernant  le  Beyaerd  et  nous  avons  relevé 
d'autre  part,  aussi  exactement  que  possible,  les  bâtiments 
existants.  L'examen  consciencieux  de  l'un  et  de  l'autre 
de  ces  données  nous  conduira,  espérons-le,  à  savoir 
approximativement  ce  que  fut  l'ancien  bâtiment  et  ce 
qui  en  est  resté. 

Etudions  ces  deux  points  pour  commencer. 

Que  furent  les  premières  constructions  de  notre  Hôtel 
de  ville?  Jusqu'où  se  sont  étendus  les  bâtiments  de  la 
période  ogivale  ou  antérieure? 

Notre  première  maison  communale  se  trouvait  vers  la 
Grand'  place,  à  côté  du  Vieux  Palais,  actuellement  à 
l'usage  des  archives.  Démolie  vers  iSyS,  elle  fut  rem- 
placée par  le  Vieux  Palais  précité,  qui  servit  de  maison 
échevinale  jusqu'au  jour   où   le   magistrat  voulut  bien 

i5 


2i8  RESTAURATION    DE    l'hÔTEL    DE   VILLE 

céder,  en  1473,  ses  locaux  aux  membres  du  Grand  Conseil  ; 
de  là  son  nom  de  Vieux  Palais.  Il  faut  croire  cependant 
que  cette  seconde  maison  échevinale  n'était  pas  seule  à 
satisfaire  aux  services  cotnmunaux  durant  cet  intervalle, 
car,  simultanément,  il  fut  fait  usage  d'un  bâtiment  appelé 
de  Bcyacrd,  situé  près  du  portail  septentrional  de  la 
cathédrale,  faisant  encore  actuellement  partie  de  notre 
Hôtel  de  ville  ;  la  bâtisse  couvrant  le  vestibule  et  le  grand 
escalier  appartient  encore  à  cette  vieille  construction. 
D'après  d'HANis  (i),  elle  servit  surtout  comme  halle  aux 
grains;  de  là,  d'après  une  vieille  dénomination,  le  mot 
flandrisé  Beyaerd,  signifiant  dépôt.  Elle  était  utilisée 
également  par  les  receveurs  et  trésorier  de  la  Ville,  pour 
leurs  réunions.  D'autres  prétendent  que  le  nom  de  Beyaerd 
devrait  son  origine  à  une  auberge  tenue  dans  ces  lieux. 
Quoiqu'il  en  soit,  d'après  les  comptes  communaux,  il 
porta  ce  nom  dès  avant  que  le  Magistrat  y  transporta 
ses  principaux  pénates. 

Le  Beyaerd  appartient  à  l'époque  romane,  il  fut  donc 
construit  avant  i25o,  probablement  vers  1200.  Il  est  donc 
antérieur  aux  plus  anciennes  parties  de  notre  église  mé- 
tropolitaine. Le  dérochage  de  la  façade  vers  celle-ci  amis 
à  jour  des  arcs  pleins  cintres  et  un  appareillage  de  murs 
très  primitifs,  que  nous  retrouvons  d'autre  part  au  bas 
du  pignon  à  l'entrée  principale.  Vers  l'intérieur  dans  le 
vestibule  à  l'étage,  lorsque  nous  percions  il  y  a  quelque 
temps  l'ouverture  qui  mène  au  local  de  notre  Cercle 
archéologique,  nous  avons  retrouvé  le  même  plein  cintre. 
Cependant,  à  la  naissance  de  celui-ci  au  nu  extérieur  du 
mur,  se  trouvait  un  linteau  en  pierre  bleue,  derrière  lequel 
existe  un  arc  surbaissé.  D'après  des  photographies  que 
nous  tenons  des  Archives,  vues  prises  au  moment  où  le 
vestibule  était  décrépi  il  y  a  quelques  années,  ces  arcs 


(i)  Opkomst  en  bloei  van  het  christendom  in  Mechelen. 


^«^Kivrji 


à 


i^' 


DE    MALINES  2ig 


en  segments  de  cercle  existent  nombreux  vers  l'intérieur. 
Nous  en  avons  rencontré  au  grenier,  avant  de  crépir  les 
murs  de  notre  salle  de  réunion.  L'absence  du  plein 
cintre  vers  l'intérieur  rapproché  de  la  découverte  faite  en 
perçant  le  mur  vers  le  nouvel  escalier,  et  la  présence 
des  pleins  cintres  actuellement  mis  à  jour  vers  la  métro- 
pole, semblent  prouver  que  le  système  de  l'opposition 
intérieurement  de  l'arc  peu  cintré  à  l'arc  plein  cintre 
extérieur  était  d'application  générale  dans  les  fenêtres 
de  la  construction  primitive.  Cette  combinaison  s'expli- 
que par  le  fait  que  ces  fenêtres  n'étaient  vraisembla- 
blement pas  des  fenêtres  à  châssis,  ni  à  verrières,  le  verre 
n'étant  pas  encore  utilisé  dans  les  constructions  civiles, 
mais  des  volets  ou  vantaux  tournant  sur  des  gonds,  que 
nous  avons  effectivement  rencontrés  dans  l'ouverture 
pratiquée.  Ces  vantaux,  dans  une  baie  semi-circulaire, 
n'auraient  su  s'ouvrir  qu'imparfaitement,  surtout  dans  les 
embrasures  profondes  de  ces  temps.  La  forme  que  nous 
avons  donnée  aux  deux  fenêtres  éclairant  le  grand 
escalier,  à  part  le  niveau  du  linteau  qui  descend  plus  bas 
qu'à  la  naisance  du  plein  cintre,  à  cause  du  gitage  du 
grenier  se  présentant  sinon  devant  l'ouverture,  pourrait 
donc  bien  être  approximativement  la  forme  primitive. 
Le  gîtage  actuel  du  grenier  devait  être  plus  élevé  dans 
le  principe,  témoin  les  arcs  qui  passent  au  grenier.  Nous 
en  arrivons  à  conclure  que  le  bâtiment  roman  avait  trois 
étages,  sans  le  grenier,  et  comme  les  maisons  bourgeoises 
de  cette  époque  ne  comportaient  jamais  ce  dévelop- 
pement, nous  acceptons  volontiers  l'opinion  de  feu  le 
chanoine  d'HANis,  donnant  comme  destination  primitive 
à  ce  bâtiment,  la  conservation  des  grains  de  la  localité. 
Voyons  maintenant  ce  qui  est  conservé  de  cette 
construction.  Les  murs  crépis  du  vestibule  ne  nous 
permettent  pas  de  juger  de  leur  ancienneté  ;  nous  avons 
heureusement  les  photographies  dont  nous  parlions  plus 


220  RESTAURATION    DE    L  HOTEL    DE    VILLE 

haut,  témoignages  évidents  de  l'âge  respectable  de  ces 
parois.  Dans  la  façade,  le  pignon  semble  être  complète- 
ment refait  à  partir  du  premier  étage,  à  peu  près.  Le 
pignon  à  gradins  a  été  construit  probablement  au  quin- 
zième siècle,  avant  1455  ;  car  en  cette  année  on  plaça  les 
lions  sur  les  gradins  (i).  Ce  fut  en  1475  seulement  que  le 
perron  fut  placé  devant  l'entrée.  Il  ne  serait  pas  étonnant, 
jusqu'à  preuve  du  contraire,  que  le  pignon  fut  construit 
presque  en  môme  temps,  car,  vers  le  milieu  du  xv'  siècle, 
on  travailla  beaucoup  à  l'ancien  (2)  et  un  peu  plus  tard 
au  nouveau  Beyacrd,  comme  nous  le  verrons  plus  loin. 
Du  côté  opposé  à  la  façade,  nous  voyons  le  pignon  avec 
son  appareillage  semblable  à  celui  de  la  partie  romane 
vers  l'église.  Les  gradins  n'y  sont  plus  évidemment,  car 
les  toitures  romanes  étaient  plus  plates  que  les  gothiques; 
on  voit  l'appareil  en  moellons  arrêté  à  la  naissance  de  la 
toiture  et  le  pignon  complété  en  maçonnerie  de  briques. 

Du  long  côté  vers  la  cathédrale,  nous  avons  des  traces 
évidentes  mises  à  nu  et  reproduites  par  les  petites 
photographies. 

Maintenant  vers  l'autre  long  côté,  c'est-à-dire  vers  les 
belles  salles  de  l'Hôtel  de  ville,  nous  voyons  toute  la 
partie  supérieure  corniche  comprise  de  l'ancien  bâtiment, 
semblable  au  mur  visible  vers  la  cathédrale,  bien  con- 


(i)  1455.  It.  betaelt  der  kercken  van  St.  Rom.  ome  steenen  ieghem  hem 
liede  gecocht  ter  stadt  behoef,  omme  de  leeuwe  mede  te  maken  op  ten 
Beyaert  xv  s.  ix  d.  gr. 

It.  betaelt  Peteren  Waelpuyt  van  de  vors.  Leeuwen  te  maken. 

XVIII  s.  gr. 

Stadsrekening  1454  1455. 

(2)  1456.  It.betaeld  Hendrick  van  Rotselaer  met  zijne  geselle  van  metsene 
in  den  Beyaert  aen  de  wannesteghe,  vijf  weken  (82  dagen)      5  p.  9  s.  6  d. 

1457.  It.  betaeld  Ilondrick  Tijcke  van  metsene  in  de  vorste  keltere  van 
den  Beyaert  4  dagen... 

1458.  It.  betaeld  Hendrick  van  Rotselaer  met  zijne  geselle  van  metsene  in 
den  Beyaert... 


l'hindie  WIl         Resl;iura(ion  de  l'IInlfl  de    \ilk- 


Murs  du  vestiindc  (vues  prises  au  ninnienl  où  ds  Otak'ut  décrépis) 


DE    MALINES 


221 


servée  sous  la  toiture.  De  ce  côté  de  même  que  de  l'autre, 


en-dessous  du  premier  encorbellement  du  pignon  vers  la 
place,  on  remarque  encore  des  têtes  sculptées  que  l'on  ne 
rencontre  plus  que  nous  sachions,  à  cet  endroit  dans  les  pi- 
gnons du  xv^  siècle;  c'est  un  reste  du  pignon  primitif,  pro- 
bablement. Celui-ci  a-t-il  subsisté  jusqu'au  moment  (en 
1455)  où  la  toiture  (i)  actuelle  du  Beyaerd  fut  reconstruite 
et  surélevée?  c'est  possible.  En  tous  cas  nous  supposons 
que  le  pignon  a  été  fait  en  même  temps.  Nous  n'avons  su 
jusqu'ici  trouver  la  preuve  absolue  de  ce  travail  de  ma- 
çonnerie dans  nos  archives.  Nous  chercherons  encore. 

Résumons  donc  :  sont  conservés  de  l'ancien  Beyaerd  les 
quatres  côtés  à  peu  près,  sauf  la  façade,  dont  le  pignon, 
depuis  le  premier  étage,  semble  avoir  été  construit  vers 
1455  et  la  toiture  qui  date  de  la  même  année.  Les  lions 
placés  au  sommet  (?)  en  même  temps  ont  disparu,  le 
perron,  ajouté  en  1475  (2),  a  été  remplacé  par  le  perron  et 
la  porte  d'entrée  que  nous  y  voyons  actuellement  dans 
le  style  transitoire  du  Louis  XV  au  Louis  XVL 

Quant  au  «  cleynen  beyaerd  »  dont  les  comptes  font 
mention,    de   même  que  le   «    rentmeestercamere  »,  ils 


(i)  1455.  It.  betaelt  Jan  den  Domme  en  de  Laywerijns  van  den  Bossche, 
voir  dat  sij  gemaect  hebben  ende  getymmert  den  Beyaert  met  drien  stagien 
ende  de  cappe  ende  den  wendelsteen  met  eender  stagie  ende  de  cappe,  den 
clejnen  Beyaert  metten  cappe  ende  drie  s'agieu  voor  gegeven. 

XXVII  L.  C.  XIII  s.  II  d.  gr.  Mech. 

(2j  1475.  It.  betaeld  denselve  (Andries  Keldermans)  van  den  voirpay  te 
makene  voir  den  beyaerd  aen  hem  besteet  in  tasse  comt  op  xviii  L.  C.  G. 


222  RESTAURATION    DE    L  HOTEL    DE   VILLE 

comportent  peut-être  les  constructions  adossées  au  bâti- 
ment roman  vers  la  cathédrale  au  coin  de  la  façade 
principale. 

Ces  petits  bâtiments,  au  moins  en  partie,  devaient 
exister  très  anciennement  à  cet  endroit,  témoin  la  niche 
à  peintures  dans  la  nouvelle  cage  d'escalier,  mais  ils 
doivent  avoir  subi  des  modifications  radicales  en  premier 
lieu  et  des  transformations  nombreuses  plus  tard,  car 
tantôt  les  fenêtres  sont  à  chaînages,  tantôt  elles  ne  le 
sont  pas  ;  les  gradins  essentiellement  précaires  doivent 
avoir  été  remplacés;  il  nous  semble  ne  plus  les  aper- 
cevoir au  petit  tableau  de  la  cathédrale  ;  d'ailleurs, 
lorsqu'en  1455,  la  toiture  fut  renouvelée,  ces  frêles  gradins 
auront  probablement  été  remaniés  aussi.  Quoiqu'il  en 
soit,  ces  constructions  ont  pris  leurs  formes  à  plusieurs 
siècles,  peut-être  que  les  murs  intérieurs  dérochés  nous 
en  diraient  davantage. 

Arrivons  maintenant  au  grand  bâtiment,  le  dernier 
qui  doit  nous  occuper,  allant  du  Beyacrd  vers  la  Grand' 
place  ;  car  nous  ne  pensons  pas  que  la  maison  échevi- 
nale  ancienne  se  soit  jamais  étendue  davantage,  sauf 
pour  la  partie  appelée  «  chapelle  »  sinon  en  petites  dé- 
pendances, cour  ou  jardin.  Nous  croyons  pouvoir  affirmer 
que  ce  bâtiment  a  été  construit  presque  de  toutes  pièces 
vers  1463.  En  effet,  cette  année,  nous  rencontrons  des 
citations  nombreuses  de  maçonneries,  travaux  en  pierre 
de  taille,  charpenteries,  etc.,  exécutés  au  bâtiment  dit 
«  nieuwen  Beyaerd  ».  La  construction  d'une  toiture 
complètement  nouvelle  figure  à  cette  année.  Comme  on 
cite  à  plusieurs  reprises  des  travaux  aux  voûtes  qui 
ne  peuvent  être  que  les  voûtes  de  la  pièce  appelée 
aujourd'hui  chapelle  et  de  la  place  d'en-dessous  située 
dans  l'aile  qui  nous  occupe,  nous  avons  l'assurance  qu'il 
s'agit  bien  dans  les  comptes  de  cette  partie  du  bâti- 
ment. D'autre  part,  nous  trouvons  un  poste  de  108  pieds 


DE    MALINES  223 


de  faîtières  placées  au  sommet  de  la  toiture  «  boven  op 
het  dac  »  ;  or  ces  io8  pieds  de  longueur  représentent 
environ  la  longueur  totale  du  bâtiment  que  nous  dis- 
cutons. 

Les  importantes  fournitures  signalées  dans  les  comptes, 
notamment  de  nombreuses  couvertures  de  gradins,  de 
pièces  de  cheminées,  de  seuils  de  fenêtres  de  toutes 
espèces,  de  coins  de  cheminées  et  de  5  verges  d'our- 
dons  (5  roejen  arduyns),  c'est-à-dire  pierres  unies  pour 
parements,  démontrent  que  le  bâtiment  tout  entier  doit 
avoir  été  en  jeu  (i).  Comment  expliquer  dans  ce  cas  le 
deuxième  pignon  à  gradins  qui  se  remarquait  jadis  dans  la 
toiture,  entre  la  3^  et  la  4^  fenêtre  à  partir  du  coin  de  la 
Place?  Peut-être  un  ancien  mur  ou  bâtiment  conservé, 
des  cheminées  à  conduire  au  faîtage,  ou  d'autres  considé- 
rations ont-elles  exigé  la  conservation  de  cette  saillie 
dans  la  toiture? 

Comment  fut-il,  ce  bâtiment  de  1463? 


(i)  ANNEXE   A 

1463.  It.  betaelt  Hendrick  Machiels  en  vijf  gesellen  met  hem  van 
brekene  en  van  metsene  aen  den  beyaerd  van  7  weken  beginnende 
29  in  januari  1462  en  eindigende  19  maert  1462.  2  steenhouwers 
27  daghe van  steen  schoon  te  makene  11  £.  7  s.  7  d. 

1463.  It.  betaelt  M.  Janne  Wischhagher  van  den  timmerwerc  te 
maken  van  den  nieuv^en  Beyaert  aen  hem  besteet  in  tasse  komt  op 

XXXVI  £.  c. 

—  It,  betaelt  den  seiven  van  der  cappe  van  den  selven  Beyaert  te 
hoeghene  ende  van  den  sieper  te  lenghene  aen  hem  besteet  in  tasse 
comt  VI  L.  c. 

1463.  Betaelt  Andiies  Keldermans  van  twee  capiteelen  te  makene 
daar  't  welfsel  op  reisen  sal  ende  van  twee  halve  capiteelen. 

—  It.  denselve  Machiels  van  metsene  ut.  supra,  drie  weken  8'  april 
1462 twee  steenhouwers  8  £.  7  s.  10  d. 

—  It.  betaelt  Andries  Keldermans  van  vier  capiteelen  op  d'andre 
zijde  van  de  camere  in  26  maart  ils. 


224  RESTAURATION    DE    l'hÔTËL    DE   VILLE 

Ici  les  documents  sont  précieux.  Voici  un  dessin  à  la 
plume  que  nous  faisions  de  l'Hôtel  de  ville,  tel  qu'il 
figure  dans  le  21'  des  petits  tableaux  représentant  la  vie 


—  It.  betaelt  Hendrick  (machiel)  voorseyt  ende  5  gesellen  met  hem 
van  metsene  ut  supra  van  5  weken  13^  mei  1463  en  2  steenhouwers 

II  £.  16  s.  2  d. 

—  It.  betaelt  Andries  Keldermans  en  peter  waelpuyt  van  de  drie 
sloetsteene  van  de  bouten  boven  te  houwenen  met  tien  voeten  onder 

hen  18  dagen met  xiii  voeten  steens  de  voerseyde  sloetsteene  of 

6  weken  ende  tien  voeten  osinen  elke  voet 

—  It.  betaelt  drie  handwerkers  van  de  gruyse  in  den  beyaerd  weg 
te  doene. 

—  It.  betaelt  Hendrick  Machiels  en  3  gesellen  van  metsene  aen  den 
beyaerd  van  8  weken  i  octobris  1463  en  i  steenhouwer. 

—  It.  betaelt  Hendrick  Machiels  en  3  gesellen  van  metsene  in  den 
beyaerd,  enz. 

—  It.  betaelt  denselve  en  3  gesellen  met  hem  van  metsene  in  den 
beyaerd  enz. 

—  It.  belaelt  dirk  de  poort  voor  1403  vierendeelen  calx  geleverd  te 
schepen  en  te  mande  aen  den  beyaerd 

It.   209000    karreelen    geleverd    aen    den    beyaerd tichelen 

vorsten,  enz.  39  £.  19  s.  3  d. 

—  It.  betaelt  Anthonis  van  Beveren  ende  Hendrik  tijcke  van  de 
witte  wercke  geleverd  aen  den  nieuw  huyseîi  van  den  beyaerd  (suit  une 
série  d'autres  travaux)  20  £. 

—  It.  betaelt  Anthonis  voorseyt  van  214  voeten  dorpele  ende  calu- 
pene  gebesigd  aen  te  voorseyde  werk,  6  groote  dorpele  aen  de 
venstere  in  den  beyaerd,  8  dorpele,  schenkels  van  schouwen,  schoor- 
steenen,  hoeksteenen.  6  L. 

—  It.  betaelt  Anthonis  voorschreve  van  55  wendelsteenbollen 
gebesigd  aen  de  wendelsteen  achter  den  beyaerd  22  s.  8  d. 

—  It.  betaelt  den  kerckmeestere  van  S.  Rombout  van  20  stukke 
steens  oudende  74  voeten  om  die  repriese  af  te  maken  in  den  beyaerd 

2  L.  9  s.  3.  d. 

—  It.  betaelt  Luyc  van  Weelmond  van  5  roejen  arduyns  geleverd 
aen  den  beyaerd  15  stuks  steens  boven  op  te  kanteelen  van  den 
bcvaerd,  12  stukken  te  7  groote  de  voet  ende  23  groote  kanteelsteenen 
elck  stuk  te  9  groote  de  voet,  item  183  voeten  hoyen  aen  de  kanteelen 
elck  voet  5  groote  ut  supra  30  £.  i  s.  7  d. 


Planche  XVllI        Rùparation  de  THôtel  de  ville 


Pignon  vers  la  Grand'  place,  d'après  une  peinture  de  1660 


DE   MALINES 


225 


et  la  légende  de  S.  Rombaut,  se  trouvant  à  la  cathédrale, 
et  datant  de  i5oo  environ.  D'autre  part,  grâce  à  M.  Jules 
Wittmann  fils,  il  nous  a  été  donné  de  découvrir  le  tableau 
de  St-Pierre,  qui  représente  le  pignon  vers  la  Grand' 
place,  tel  qu'il  était  encore  en  1660.  Ce  tableau,  tel 
une  photographie,  ne  saurait  mentir.  Nous  l'avons 
fait  reproduire  pour    nos   lecteurs.    La   peinture  de   la 


Hôtel  de  ville  de  Malines,  croquis  à  la  plume  d'après  un  tableau  de  1500  environ 
(Légende  de  S.  Rombaut),  à  la  cathédrale. 


—  li.  betaelt  Steven  van  aflighem  van  io8  voeten  vorsten  boven  op  dac 
van  den  beyaerd  ^eleet  coste  5  £.  8  d. 

—  It.  wout.  Coolman  en  Henric  Machiels  van  welvene  die  voûte  in 
den  beyaerd  ende  den  muur  tusschen  beide  op  te  me  sene  en  van 
paveyene  aen  hen  besteet  comt  op  ix  £  b.  xvj  s.  nij  d. 

—  It.  betaelt  Andries  Kelderman  van  vi  leeuwe  te  makene  die 
op  te  uytgepannen  venstere  van  den  beyaert  staen,  van  elck  leeu 
X  s.  y  den  valet  xv  s.  gr. 


220  RESTAURATION    DE    l'hÔTEL    DE    VILLE 

Grand'  place  fut  faite  sur  les  lieux,  car  la  configuration 
générale  nous  permet  encore  aujourd'hui  de  préciser 
l'endroit  d'où  le  peintre  a  pris  son  point  de  vue.  Avec 
ces  deux  documents  nous  savons  parfaitement  quel 
était  l'aspect  de  l'Hôtel  de  ville  vers  t5oo.  Le  pi- 
gnon à  l'entrée  était  tel  qu'il  existe  actuellement,  sauf 
le  perron  gothique,  qui  n'avait  qu'une  montée  du  côté 
de  la  Grand'  place  et  qui  était  couvert  d'une  toiture  en 
auvent,  formée  de  trois  pignons  à  ogives  en  bois,  établis 
respectivement  au-dessus  de  chacune  des  fenêtres  du  rez- 
de-chaussée.  Dans  le  pignon  un  cadran  indiquant  les 
heures.  Il  se  trouvait  là  où  l'on  remarque  les  assises 
alternées  de  briques  et  de  pierres  blanches  ;  la  forme 
générale  en  est  encore  ronde.  Ce  cadran  disparut  pro- 
bablement lors  des  transformations,  en  171 5,  dont  nous 
allons  parler,  car  ce  fut  vers  cette  époque  que  les  grands 
cadrans  de  la  tour  St-Rombaut  furent  établis.  L'horloge 
de  l'Hôtel  de  ville,  au  pied  de  cette  tour,  n'avait  plus 
d'utilité,  de  même  qu'elle  n'en  aurait  plus  aujourd'hui, 
pensons-nous.  Les  lions  avaient  déjà  disparu  vers  i5oo. 
Ils  ont  existé  cependant,  car  à  part  la  citation  des 
comptes,  qui  n'indique  pas  leur  emplacement  il  est 
vrai,  nous  remarquons  aujourd'hui  encore  les  doguets 
qui  les  fixèrent. 

Quant  à  l'aile  vers  la  Grand'  place,  elle  avait  des 
auvents  au  rez-de-chaussée,  au-dessus  deux  rangées  de 
six  petites  fenêtres  se  trouvant  respectivement  à  la  gauche 
et  à  la  droite  du  bâtiment  éclairant  la  partie  supérieure 
du  rez-de-chaussée  et  un  entre-sol  vers  la  Grand'  place. 
A  l'étage,  neuf  grandes  fenêtres  pareilles  à  celles  du  pignon 
au-dessus  du  perron  et  établies  à  la  hauteur  de  ces  dernières; 
à  la  naissance  delà  toiture  une  lucarne  à  gradins  au-dessus 
de  chaque  fenêtre  de  l'étage,  le  tout  couvert  d'une  toiture 
de  laquelle  émergeait  un  pignon,  à  gradins  lui  aussi. Vers 
la  Grand'  place,  le  grand   pignon  à  gradins  avait  deux 


DE    MALINES  227 


étages,  chacun  de  quatre  fenêtres.  Éclairant  le  grenier, 
il  y  avait  des  séries  superposées  de  quatre,  trois,  deux 
et  une  fenêtres,  diminuant  d'importance  vers  le  sommet. 

Le  petit  tableau  de  St-Rombaut  reproduit  vaguement 
les  silhouettes  douteuses  des  petits  bâtiments  vers  la 
cathédrale.  Certains  détails  ne  répondent  pas  trop  cepen- 
dant à  ce  qui  en  existe  encore. 

Revenant  à  l'aile  s'étendantàla  gauche  du  perron,  nous 
nous  demandons  maintenant  ce  qui  subsiste  encore  de 
la  construction  de  1463.  Rien  ou  presque  rien!  Même 
l'appareil  en  pierre  blanche,  visible  aujourd'hui,  date 
de  1715  seulement.  Les  comptes  de  la  ville  de  1714-1715 
sont  très  explicites  sous  ce  rapport  (i).  C'est  alors  que 
les  rangées  de  quatre  fenêtres  du  pignon  vers  la  Place 


(i)  ANNEXE   B 

Résolutions  du  Collège  Echevinal 

171 3  (29  décembre).  Changement  de  la  façade,  côté  du  corps  de  garde. 

1715  (17  juillet).  Démolition  du  mur  sur  les  fondements  duquel  doit 
s'élever  le  nouveau  bâtiment. 

171 S  (19  août).  Le  dit  mur,  faisant  face  au  Vieux  Palais,  n'est  pas 
assez  solide  pour  soutenir  le  bâtiment. 

1715  (22  août).  Changement  de  la  façade,  côté  du  Vieux  Palais. 

17 15  (16  sept.).  Par  suite  de  ce  changement,  la  porte  d'entrée 
devrait  occuper  le  milieu  du  bâtiment. 

1718  (10  janvier).  Présentation  au  collège  de  deux  plans  y  relatifs. 

Comptes  de  la  Ville,  i7i4-i7i5 

—  Betaelt  Guill.  van  Oolen  200  gulden,  voor  het  afbreken  van  een 
stuk  gevel  aan  het  stadhuis,  aen  d'eerste  stagie  tôt  onder  toe  en 
wederom  op  te  maken  volgens  de  conditie  van  aenbesteding  tôt 
onder  de  cornis. 

• —  Betaelt  den  zelven  voor  het  vullen  van  de  timpanen  langs  den 
kant  van  de  merkt,  het  slippen  van  den  muur  komende  voor  de 
vensters,  het  vullen  van  de  platen  boven  de  architragie  etc.  per  aen- 
besteding van  12  october  1715.  215  guldens. 


228  RESTAURATION    DE    l'hÔTEL    DE    VILLE 

ont  été  remplacées  par  les  trois  fenêtres  actuelles,  et  que 
le  nombre  de  fenêtres  vers  le  Vieux  Palais  a  été  augmen- 
té, de  même  que  ces  fenêtres  ont  été  placées  à  un  niveau 
plus  élevé,  question  de  former  un  entre-sol  plus  spa- 
cieux. Ce  fut  à  la  fin  du  xvii'  siècle  et  au  commence- 
ment du  xviii%  qu'on  établit  luxueusement,  telles  qu'ils 
existent  encore,  le  grand  salon  et  la  salle  du  Conseil.  Le 


—  Denselven  128  guldens  voor  het  maken  van  eenen  schijmuur  in 
den  kelder  onder  het  wijn  comptoor,  mits  gaders  het  fondere  van  den 
moyermuur  midts  bevonden  wird  denselve  was  hangende  zonder 
eenig  fondament,  bij  aanbesteding... 

—  Betaelt  denselven  lOD  guldens  voor  het  atbreken  van  den  gevel 
langs  den  kant  van  de  Merkt  van  aan  de  fondamenten  tôt  aan  de 
eerste  stagie  bij  aanbesleding  van  17  july  1715. 

—  Betaelt  denselven  300  guldens  voor  het  afbreken  en  opmaken 
van  den  gevel  langs  den  kant  van  de  ijzere  Lene,  van  aan  den  hoek 
tôt  aan  de  schijmuur  neffens  het  collegie  bij  aanbesteding  van 
20  oogst  171 5. 

—  Betaelt  de  dekens  van  de  metsers  en  timmerlieden  voor  op  den 
4  feb.  1715  gevisiteerd  te  hebben  het  stadhuys,  soo  aan  de  cap, 
vensters,  muragie  als  solderingen  10  guldens. 

—  Betaelt  François  Langhmans  voor  diversche  teekeningen  en 
modellen  gemaakt  te  hebben  met  copien  van  de  gevels  van  het  stad- 
huis,  suikerhuis,  etc.  sedert  24  meert  1714  tôt  17  augustus  1712. 

228  guld. 

—  Martin  Claatife,  31  guld.  voor  79  nachten  gewaakt  te  hebben  op 
het  openliggende  werk  van  het  stadhuis  tôt  den  24  septembere  1715. 

Guill.  Verberckt,  13  guld.  voor  33  nachten  gewaakt  te  hebben  ibid. 

—  Gaspar  Smets,  25  guld.  voor  gemaakt  te  hebben,  een  coopère 
vaas  om  te  stellen  op  het  nieuw  dak  van  het  stadhuis,  septembre  1715. 

1717-1718.  Betaelt  Henricus  Frans  Verbruggen  en  Tobies  de 
sagher,  250  guld.  over  hunne  vacatiën  in  het  visiteren  en  teekenen 
van  den  bouw  van  het  stadhuis,  met  de  verandering  van  de  houte 
modellen,  sedert  19  mei  tôt  2  tebr.  1718. 

(Nous  devons  beaucoup  de  ces  extraits  au  concours  bienveillant  de 
notre  vénérable  archiviste  communal,  M.  V.  Hermaks.) 


DE    MALINES  â2Q 


rez-de-chaussée  reçut  de  plus  nombreuses  et  de  plus 
grandes  fenêtres.  Ce  fut  à  cette  époque  probablement 
aussi,  que  la  grande  corniche,  que  nous  croyions  posté- 
rieure cependant,  a  remplacé  les  lucarnes  et  les  pignons 
à  gradins  disparus.  Lors  de  cette  reconstruction  presque 
totale,  par  mesure  de  précaution,  les  coins  du  pignon 
vers  la  Grand'  place  furent  maintenus.  On  y  remarque 
encore  très  bien  la  hauteur  qu'occupaient  jadis  les  dif- 
férents étages  des  fenêtres.  Vers  le  pignon  d'entrée,  il 
reste  également  des  fragments  de  l'ogive  de  la  fenêtre 
éclairant  la  place  voûtée  en-dessous  de  celle  connue  sous 
le  nom  de  «  chapelle  »  et  qui  s'étendait  probablement 
jusqu'à  la  façade. 

Il  nous  reste  maintenant  à  tirer  les  conclusions  de  tout 
ce  que  nous  venons  d'établir. 

Nous  ne  saurions  nécessairement  pas  reconstruire 
dans  son  intégrité  la  bâtisse  romane.  Outre  qu'il  faudrait 
modifier  les  étages,  faire  un  pignon  moins  pointu  à  for- 
mes inconnues,  les  portes  et  les  fenêtres  d'un  bâtiment 
archaïque  de  l'espèce  ne  répondraient  nullement  à  la  (K  s- 
tination  actuelle  du  bâtiment. 

Pour  obtenir  les  formes  anciennes  de  l'aile  vers  la 
Grand'  place,  il  faudrait  qu'on  l'abatte  complètement,  car 
non  seulement  les  façades,  mais  tout  l'intérieur,  devraient 
subir  des  changements  radicaux,  à  cause  de  la  différence 
du  niveau  des  étages  actuels  avec  les  anciens  niveaux.  Il 
ne  serait  pas  possible  même  de  nous  rapprocher  de 
l'aspect  ancien  (à  moins  toujours  de  démolition  totale), 
car  les  nombreuses  fenêtres  actuelles  et  leur  niveau 
modifié  ne  permettent  raisonnablement  pas  la  reconstruc- 
tion de  lucarnes  à  gradins  au-dessus  de  chacune  d'elles. 
Vers  la  Place,  les  rangées  de  quatre  fenêtres,  remplacées 
par  des  rangées  de  trois  fenêtres,  imposent  à  ce  pignon 
une  configuration  radicalement  nouvelle. 

Il   ne  suffit    pas   de  prétendre  que  si   le  nombre  de 


23o  RESTAURATION    DE    l'hÔTEL    DE   VILLE 

fenêtres  dans  ces  vieux  tableaux  ne  correspond  plus  à  ce 
qui  existe  aujourd'hui,  ce  soient  là  des  erreurs  de  nos 
vieux  copistes,  et  d'invoquer  d'autre  part  ces  mêmes 
œuvres  pour  prouver  l'authenticité  d'autres  formes!  Les 
façades,  d'après  les  comptes,  ayant  été  démolies  com- 
plètement sauf  les  coins,  nous  préférons  admettre  que 
lors  de  leur  reconstruction  on  a  changé  le  nombre  de 
fenêtres,  plutôt  que  de  supposer  fautives  les  anciennes 
vues.  Leur  auteur,  notamment  pour  le  pignon  vers  la 
Grand'  place,  se  serait  amusé  dans  ce  cas  à  composer  un 
pignon  de  son  crû,  alors  qu'il  en  voyait  les  formes  devant 
lui.  Nous  préférons  voir  dans  ces  tableaux  faits  par  des 
contemporains,  des  reproductions  fidèles,  quitte  à  ne 
plus  vouloir  copier  les  parties  sujettes  à  critique,  com- 
plètement changées  depuis  lors. 

Contrairement  à  l'usage  général,  qui  voulait  faire  alterner 
les  lucarnes  avec  des  vides  au-dessus  de  chacune  des  fenêtres, 
ici  elles  étaient  toutes  surmontées  d'une  lucarne.  Déjà 
les  intervalles  entr'elles  devaient  être  très  rapprochés, 
les  trumeaux  séparant  les  fenêtres  étant  fort  étroits.  S'il 
fallait  donc  une  lucarne  de  plus  sur  neuf,  elles  se  tou- 
cheraient presque.  De  plus,  se  trouvant  à  un  mètre  plus 
haut  que  les  primitives,  elles  en  imposeraient  aux  pi- 
gnons voisins,  qui  eux  ne  seraient  pas  remontés.  La  lu- 
carne à  côté  du  pignon  irait  même  butter  les  encorbelle- 
ments des  gradins  de  ce  dernier. 

Voilà,  clairement  motivé,  pourquoi  nous  n'avons  que 
cinq  lucarnes  au  lieu  de  dix.  Elles  avanceraient  en  saillie 
sur  le  nu  des  façades  selon  l'usage,  témoin  toutes  les  an- 
ciennes lucarnes  de  l'époque  que  l'on  pourrait  encore 
découvrir  à  Alalines,  et  ne  se  présenteraient  pas  en  re- 
traite pour  faire  passer  le  chenal.  Le  chenal  n'existant  pas 
primitivement,  pour  ne  pas  nuire  à  l'aspect  ancien,  passe- 
rait à  l'intérieur  derrière  les  lucarnes,  tel  qu'on  le  voit 
au  Palais  de  Justice  et  ailleurs. 


DE    MALINES  23l 


Nous  ne  pensons  pas  que  l'Administration  Commu- 
nale veuille  bouleverser  tout  l'intérieur  de  l'Hôtel  de 
ville,  pour  reconstituer  des  parties  totalement  disparues 
des  anciennes  constructions.  Nous  avons  été,  au  con- 
traire, chargés  de  l'étude  des  façades  seulement,  et  nous 
voudrions  donner  à  celles-ci  un  aspect  digne  de  la  pre- 
mière maison  de  la  cité.  C'est  pourquoi  nous  avons 
pensé  que  la  préoccupation  archéologique  seule  ne  pou- 
vait nous  inspirer.  Il  faudrait  dans  ce  cas  construire  à 
nouveau,  ce  qui  n'est  plus  restaurer,  quoiqu'on  dise.  Nous  ne 
pensons  pas  que  ce  prétexte  par  trop  esclave  pourrait 
nous  faire  pardonner  les  malheureuses  lignes  et  la  trop 
grande  simplicité  d'une  restauration  fort  coûteuse.  Bien 
des  gens  intelligents,  pensons-nous,  regretteraient  dans 
ce  cas  la  dépense  assez  rondelette  qui  en  résulte- 
rait. 

Il  fallait,  selon  nous,  arriver  à  constituer  un  ensemble 
harmonieux,  respectant  les  éléments  anciens  conservés. 
Cet  ensemble  traité  dans  le  style  du  xv^  siècle,  qui  a  vu 
s'effectuer  l'agrandissement  et  la  reconstruction  partielle 
de  l'ancien  Beyaerd,  garderait,  vers  la  cathédrale,  les 
fragments  plus  anciens,  appropriés  au  service  de  la  cage 
d'escalier. 

Nous  donnons  ci-contre  la  reproduction  de  notre 
projet.  Nous  avons  également  fait  photographier  les 
façades  actuelles,  que  l'on  trouvera  reproduites  un  peu 
plus  loin. 

Ici  se  pose  la  question  :  si  nous  respectons  les  éléments 
romans,  si  nous  maintenons  intactes  les  parties  formelle- 
ment reconnues  comme  appartenant  à  l'époque  gothique, 
ne  devrions-nous  pas  respecter  également  la  porte  d'entrée 
avec  son  perron  Louis  XV  -  XVI?  Il  est  évident  que  la 
règle  pour  la  conservation  ne  peut  être  absolue,  car  dans 
ce  cas  nous  devrions  garder  la  corniche  ;  on  ne  mettrait 
même  pas  la  main  au  bâtiment.  Mais,  étant  donné  que 


232  RESTAURATION    DE    l'hÔTEL    DE    VILLE 

la  porte  d'entrée  et  le  perron  constituent  un  type,  si  pas 
artistique,  au  moins  bien  proportionné  du  genre,  étant 
donné  que  leur  présence  ne  nous  semble  pas  défigurer 
l'ensemble,  considérant  surtout  qu'il  faudrait  détruire  des 
éléments  existants  de  réelle  valeur  pour  les  remplacer 
par  des  constructions  gothiques  de  notre  conception, 
d'après  de  vagues  données  de  l'archéologie,  il  nous  a 
semblé  que  nous  commettrions  acte  de  vandales  en  dé- 
molissant le  perron  actuel.  C'est  d'ailleurs  ainsi  que  les 
restaurations  sont  comprises  par  les  institutions  s'occu- 
pant  de  la  conservation  de  notre  art  ancien.  Nous  avons 
peut-être  un  peu  dépassé  la  note  en  maintenant,  elle 
aussi,  la  petite  porte  d'entrée  plus  loin  vers  la  Place. 

Nous  avons  donc  conçu  de  toutes  pièces  l'aile  vers  la 
Grand'  place,  pour  le  motif  que  nous  disions  plus  haut. 
Nous  l'avons  traitée  plutôt  sobrement,  pour  qu'elle  ne 
détonne  pas  avec  le  pignon  d'entrée,  auquel  nous  avons 
ajouté,  telles  des  statues  accrochées,  sans  toucher  à  aucun 
élé?nent  essentiel  de  l' ancienne  façade,  quelques  niches,  qui, 
avec  celles  figurant  dans  les  autres  parties  des  façades, 
devraient  contribuer  à  donner  à  notre  Hôtel  de  ville 
régénéré  l'aspect  caractéristique  de  nos  anciennes  maisons 
communales. 

En  effet,  on  remarque  ces  niches  à  la  plupart  d'entre- 
elles,  de  même  qu'on  les  retrouve  à  notre  ancienne  mai- 
son échevinale,  dans  un  entourage  très  simple  également. 
Ce  bâtiment  est  plus  ancien  il  est  vrai,  mais  plus  tard 
les  niches  étaient  d'application  plus  générale  encore.  Nous 
voudrions  y  voir  figurer  les  statues  de  nos  anciens 
seigneurs  et  des  figures  portant  notamment  les  armoi- 
ries des  communes  faisant  jadis  partie  du  pays  de 
Malines.  Ces  niches,  nous  le  répétons,  ne  viendraient 
qu'enrichir  les  parements  nus  sinon,  de  façades  conçues 
pour  le  reste  dans  la  note  des  anciennes.  Nous  avons  cru 
encore  relever  cette  pauvreté  par  le  cordon  sculpté  en 


«^-"ilz 


i  L 


DE    MALINES  233 


encorbellement  au-dessus  des  étages,  nous  n'avons  pas 
rétabli  pour  les  motifs  cités  plus  haut  le  cadran  du  pignon 
d'entrée,  que  nous  avons  remplacé  par  une  petite  fenêtre 
surmontée  de  la  rosace  encadrant  les  armoiries  de  la 
Ville.  D'autre  part,  nous  avons  enrichi  la  toiture  par  des 
cheminées  en  pierre  de  taille,  surmontées  d'ornements 
en  fer,  cheminées  à  maintenir  pour  les  besoins  intérieurs; 
nous  avons  encore  augmenté  le  jeu  et  la  beauté  de  cette 
toiture,  par  des  lucarnes  d'aspect  varié,  dont  nous  avons 
cependant  respecté  le  vieux  type,  conservé  vers  la  mé- 
tropole. 

Pour  ce  qui  regarde  les  petits  bâtiments  adossés  au 
Beyaerd,  vers  l'église,  nous  avons  cru  ne  pas  devoir 
tenir  compte  des  gradins  actuels  qui  doivent  avoir 
subi  de  nombreuses  reconstructions.  De  même  tout 
ce  coin  fut  modifié,  car  nous  ne  saurions  donner  un 
âge  certain  à  cette  partie  de  l'édifice,  qui  se  distingue  de 
tout  le  reste  par  une  pauvreté  et  une  insignifiance  indignes 
de  son  voisinage.  Tout  en  conservant  l'agencement 
général,  pour  prévenir  une  déception,  nous  avons  relevé 
ces  parements  en  briques  selon  la  mode  du  xv^  siècle, 
telle  qu'elle  se  présente  au  palais  de  Marguerite  d'Au- 
triche et  dans  d'autres  constructions  de  l'époque.  Ce  coin 
gagnerait  ainsi  un  chaud  coloris  et  une  silhouette  origi- 
nale. 

Nous  n'ignorons  pas  que  les  plans  ainsi  conçus  sont 
de  nature  à  soulever  des  objections,  objections  auxquelles 
nous  nous  attendions  déjà  avant  de  prendre  notre  parti. 
Nous  répondons  à  cela  que  nous  poursuivons  un  double 
but  :  ne  pas  perdre  de  vue  ce  que  l'archéologie  réclame 
en  fidélité,  mais,  d'autre  part,  sous  prétexte  de  cette 
prétendue  fidélité,  ne  pas  nous  embrouiller  dans  des 
reproductions  de  formes  totalement  disparues,  ne  s'adap- 
tant  plus  à  des  façades  transformées  depuis  lors  ;  fidélité 
très  relative  donc,  qui  nous  mènerait  à  un  aspect  très 

l6 


2^4 


RESTAURATION    DE    l'hÔTEL    DE    VILLE 


mesquin  et  fort  décousu.  Nous  voudrions,  au  contraire, 
obtenir  un  ensemble  harmonieux,  rappelant  les  anciennes 
maisons  communales. 

Un  trop  large  tribu  payé  à  l'archéologie  nous  écarte- 
rait de  cet  objectif,  et  cela  en  grande  partie,  nous  ne  savons 
assez  le  dire,  7ion  pas  pour  conserver,  mais  pour  faire  à  neuf. 
Si  les  formes  réclamées  existaient  encore,  nous  devrions 
nous  incliner,  mais  puisqu'il  faut  concevoir  à  nouveau, 
soyons  au  moins  un  peu  pratiques 


Planche  XXI  —  Ancienne  Maison  Echevir.ale 


BSSj   BBKj 


DE    MALINES  235 


De  Beyaerd 

(Article  mamiscrit  inédit  par  feu  F  archiviste  Van  Doren) 


Karel  de  Groote  had  aan  de  vermogen  de  abdijën  en  kloosters  op- 
gelegd  in  de  nabijheid  hunner  stichten  een  herberg  te  hebben,  waar  de 
pelgrims  en  vreemde  (sic)  rijzigers  (i)  de  gastvrijheid  zouden  genieten 
en  in  geval  van  ziekte  verzorgd  worden.  In  die  vertrekkenwerden  ook 
opgenomen  de  slaven  die  de  landerijen  dier  kloosters  of  abdijën 
bebouwden,  wanneer  zij  door  krankheid  of  ouderdom  buiten  staat 
waren  om  hun  gewoon  werk  te  verrigten.  Zulkdanig  een  gasthuis  of 
herberg  bevond  zich  oudtijds  ook  in  de  nabijheid  der  abdij  van  den 
H.  Rumoldus  hier  te  Mechelen,  en  werd  uit  dien  hoofde  de  bijaerd 
genoemd.  Dit  gebouw,  heden  nog  gedeeltelijk  in  wezen,  is  verre  uit 
het  oudste  der  stad  en  niettegenstaande  de  menigvuldige  veranderin- 
gen  die  hetzelve  door  den  loop  van  tijd  heefc  ondergaan,  kan  men 
zich  nog  eenigermate  een  denkbeeld  maken  van  hetgeen  het  oorspron- 
kelijk  geweest  is.  Volgens  dat  ons  de  oude  muren  aantoonen,  bestond 
het  uit  twee"  verdiepen,  welke  twee  groote  zalen  vormden,  in  wier 
midden  eene  breede  schouw  stond.  leder  dezer  zalen  schepte  haer 
licht  lings  de  toenmalige  abdij,  nu  St  Rombout  kerk,  door  zes 
vensters  van  romanschen  stijl.  Geheel  het  gebouw  heeft  eene  hoogte 
van  meters   en  vier  meters  breedte;  de  muren  met 

enkelen  witten  steen  gemetseld,  hebben  eene  dikte  van  75  centie- 
meters. 

Zoo  lang  echter  de  bevolking  niet  zeer  talrijk  was  en  zich  bepaalde 
tôt  de  dienstbare  lieden,  die  de  abdij  van  den  H.  Rumoldus  of  eenige 
aanzienlijke  familiën  toebehoorden,  was  de  beyaard  voor  de  nood- 
wendigheden  der  zieken  en  reizigers  voldoende;  maar  later  dag  en 
wel  bijzonder  in  den  beginne  der  xiii=  eeuw  was  die  toestand  van 
zaken  te  Mechelen  gansch  veranderd. 

Bij  het  uitbreiden  van  den  laken  handel  hadden  eene  menigte 
werkHeden  zich  hier  ter  stede  neergezet,  en  daar  deze  in  hunne 


(i)  De  spelling  van  het  handschrift  werd  behouden. 


536  KESTAURATION    DE    l'hÔTEL    DE    VILLE 


ziekten  geenen  anderen  toevlugt  dan  den  byaard  hadden,  werd  deze 
welhaast  te  klein  om  aile  die  ongelukkigen  te  ontvangen.  Men  vond 
zich  der  halve  genoodzaakt  eene  andere  schuilplaats  voor  hun  te 
openen.  Zoo  kwam  omstreeks  1200  het  gasthuis  van  O.-L.-V.  over 
de  Dijl  tôt  stand,  tôt  welkers  stichting  Theobald,  bisschop  van  Luik 
en  heer  van  Mechelen,  Wouter  Berthout,  voogt  van  St.  Rombouts- 
Kapittel  en  de  inwoonders  der  gemeende  stad  het  hunne  bijbragten. 
Op  het  einde  derzelfde  eeuw  werd  voor  de  vreemde  reizigers  het 
St.  Juliaans  of  passanten  gasthuis  gebouwd,  als  ook  een  gasthuis  voor 
de  pelgrims  die  dan  meest  St.  Jacob  in  Galliciën  bezogten.  Dit  laatste 
droeg  den  naam  van  St.  Jacobsgasthuis. 

De  Byaard,  althans  zonder  bestemming,  werd  later  het  eigendom 
van  zekeren  Leonardus  de  Gadetes,  een  lombaerd  of  wisselaar.  Dit 
volkske,  't  welk  zich  hier  te  lande  aan  den  schandigsten  woeker  over- 
leverde,  wisselde  gemeenlijk  omtrent  de  kerken  of  andere  openbare 
plaatsen  die  't  meest  bezogt  werden. 

Die  Gadetes  willende  de  bijaard  tôt  zijne  bijzondere  woning  her- 
schapen,  verzocht  in  134'),  aan  het  stedelijke  bestuur  om  langs  de 
zijde  der  Groote  Markt  zoo  veel  deuren  en  vensters  te  mogen  maken 
als  hij  zou  goed  vinden;  't  welk  hem  dan  ook  gereedelijk  werd  toe- 
gestaan  (3). 

Sedert  I374had  men  te  Mechelen  een  nieuwschepenhuisbegonnen 
te  bouwen,  doch  daar  hetzelve  onvoltrokken  was  gebleven,  bestond 
er  gebrek  aan  plaats.  Dit  gaf  dan  ook  aanleiding  aan  de  magistraat  tôt 
het  aankoopen  van  den  bijaard,  als  zijnde  ditgebouw  door  zijne  Ugging 
voor  'stadsdienst  zeer  wel  geschikt.  De  koop  geschiedde  in  1^83  (4). 

Aanstonds  werd  de  tresory  of  kamer  der  rekeningen  (5)  in  den 


(3)  Joannes  de  Rogbroec,  miles,  receptor  ville  Machlinensis  pro  utilitate 
ejusdem  velle  consentit  Leonardo  de  Gadetes,  lombarde,  quod  idem  Leo- 
nardus in  hereditate  sùa,  beyaerd,  sita  juxta  forum  Machlinise poterit 

carpentare  seu  edificari  facere  tôt  fenestras  et  januas  quot  sibi  sufticiant 
versus  forum chron.  aenw  .,  8. 

(4)  It.  W"  van  den  maie  van  d.  ass.  weghen  van  d.  erffenissen  die  hir  ver- 
pacht  hadde  jeghen  de  statt  van  den  jare  lxxxiij  en  van  den  jare  lxxxiij  en 
daer  en  binne  dat  de  statt  cochte  den  bejraert  met  den  schijnse  die  d.  toe 
behoorde  jeghen  Jane  Palijn  i  December  lxxxiij,  chron.  aenw.,  p.  71. 

(5)  1427,  op  ten  XI  dach  van  februari  ano  xiiij,  cxxvij  doe  wt  ontfange  wil- 
lem  van  den  driessche  als  fjesworen  clerc  te  zine  op  den  beyaerd  en  dede 
op  den  selve  dach  sine  eed,  in  scepen  cam  voir  comoengemeest  en  scepen 
hier  naer  besere  welke  eet  ghim  eelt  dat  hij  zwoer  de  register  inderekeninge 
van  de  stad  enz. 


DE    MALINES  237 


bijaard  overgebragt.  En  daar  de  stadsrekeningen  des  tijds  te  St.  Rom- 
bouts  in  de  paykamer  berusteden,  iets  wat  de  trésoriers  groote 
moeilijkheid  veroorzaakte,  maakte  men  weinig  daarnaar  een  gebouw 
't  welk  twee  gewelfde  verdiepen  liad  en  uit  dien  hoofde  de  toren 
genaamd  werd.  In  het  onderste  verdiep  werden  de  gemeende  rekenin- 
gen  en  later  ook  de  andere  stadsarchiven  bewaard.  De  Breede  raad 
en  de  Dekens  der  woUewerken,  die  te  voren  op  het  schepenhuis  ver- 
gaderden,  gingen  insgelijks  hunne  zittingen  op  den  bijaard  houden. 
Daar  bevond  zich  ook  de  lakenpers  (ii).  Om  het  gebouw  te  bewaren 
was  er  eene  persoon  of  concierge  aangesteld.  Deze  moest  de  maal- 
tijden  bereiden  welke  men  aldaar  van  tijd  *ot  tijd  gaf,  en  den  wijn  of 
het  hier  bezorgen  welke  in  zekere  omstandigheden  door  de  stad 
geschonken  werden  (7.  1°  2°  et  3°). 

In  1444,  werd  er  aan  den  bijaard  getimmerd  (8);  't  jaar  later  her- 
verwde  Wouter  van  Battel  den  wijzer  van  het  uurwerk  't  welk  in  den 
gevel  stond  (9),  en  omstreeks  1449  maakte  men  beneden  eene  nieuwe 
kamer  in  welke  Jan  de  Hollander^  de  picture  maakten  van  den  drien 
State  der  wereld  (10). 

Sedert  min  dan  eene  eeuw  had  de  Groote  Markt  een  geheel  ander 
aanzien  gekregen.  Benevens  de  bijzondere  woningen  welker  puntige 
voorgevels,  meest  uit  hout  gesneden  en  aile  van  elkanderverschillende, 
een  schilderagtig  tafereel  opleverden,  prijkten  daar  ook  verscheide 
eerlijke  gebouwen.  Hier  zag  men  de  Halle,  treffelijk  bewijs  des  toen- 
maligen  bloei  van  den  lakenhandel  te  Mechelen,  en  die  door  haren 
ogivalen  bouwtrant,  hoewel  onvoltooid  het  00g  des  oudheidskundigen 
heden  nog  verlustigt.  Daar  verhefte  zich  het  ranke  schepenhuis  met 
zijne  doorluchtige  torentjes,  zijne  beelden  en  zijnen  bos  van  vanen 
aile  in  schitterend  goud  gekleurd;  verder  beschouwde  men  het  ont- 


(11)  1450  dat  de  stad  Mechle  sal  moghe  doe  hanghe  een 

waeghe  op  des  stadhuyse  orne  die  laken  die  daer  come  t  pertse  te  moghen 
doen  weghene  alsoo  lange  enz.,  enz. 

(7)  1430.  It.  betaald  Thomaes  in  den  beyaert  van  den  maeltijd  die  ons 
heeren  daeden  in  den  beyaerd  doe  mijn  vrouwe  van  Bourg"^  te  Mech.  come 
war,  chron.  aenw.,  p.  46,  enz.  enz. 

(8)  1444.  It.  gheg  eene  vroukene  die  aeht  der  beyaert  woonde  en  eld 
I  came  huuren  moeste  buj-te  tijd  ome  tijmeruighe  wille  van  de  stadt,  chron. 
aenw.,  p.  58. 

(9)  1445.  It.  betaeit  Wout.  van  Battele,  van  den  wijser  voir  den  Beyaert 
te  verwe,  chron.  aenw.,  p.  4. 

(10)  1449.  It.  bet.  Jane  den  Hollander,  voir  de  picture  die  hi  in  de  nuwe 
camer  op  den  beyaerd  ghemaeck  heeft. 


238  RESTAURATION    DE   l'hÔTEL   DE   VILLE 


zaggelijk  gevaerte  der  trotsche  St.  Romboutskerk  en  dezer  nieuwe 
toren,  die  eenmaal  het  prunkjuweel  van  Belgie  moest  \vezen,rees  staiig 
in  de  hoogte  op, 

Alleen  de  Bijaard  had  een  nedrig  voorkomen  en  vormde  als  het 
ware  een  stootend  kontrast  met  al  die  pracht  en  sierlijkheid  die  hem 
omripgden.  Derhalve  voelde  men  de  noodzakeHjkheid  van  ditgebouw 
te  vernieuwen  en  eeniger  mate  op  te  luisteren. 

Dit  werd  niet  uitgesteld. 

De  werken  begonnen  in  1455,  en  nog  dat  zelfde  jaar  werd  gemaakt 
en  getimmerd,  de  bijaard  met  drie  stagien  en  de  cappe  en  de  wandel- 
steen  met  eene  stagie  en  de  cappe,  de  kleine  bijaard  met  de  cappe 
en  drie  stagien,  en  op  de  rentmeesterskamer  eene  cappe  (12). 

Met  vreugd  aanschouwden  de  Mechelaars  het  gebouw,  't  welk  een 
nieuw  sieraad  voor  de  Groote  Markt  was.  Maar  ongelukkiglijk  die 
vreugd  duurde  niet  lang.  Den  2  October  (i  3)  1462,  onstond  er  een 
verschrikkend  onweder  :  gansch  de  stad  daverde  onder  de  geweldigste 
donderslagen;  de  bliksem  schoot  zijne  vurige  schigten  door  de  don- 
kere  opeen  gepakte  wolken  heen  en  bedreigde  de  inwoonders  met  een 
groot  onheil.  Eensklaps  vloog  de  veemarkt  in  brand;  niet  een  der 
talrijke  huizen  waarvan  zij  omringd  was,  ontkwam  het  geweld  der 
vlammen. 

Zie  Gramaye,  Historia  et  aniiquitatum  urbis  etprovincia  Mechliniensis. 
Lib.  I,  Sect,  VIII,  F°  5.  Op  den  zelfden  oogenblik  stond  de  Byaard 
met  de  aanpalende  huizen  in  voile  vuur.  Eenige  dezer  laatste  even  als 
de  huizen  op  de  Veemarkt,  branden  tôt  den  gronde  af  maar  de  bijaard, 
dank  aan  de  hulp  der  burgerij  die  van  aile  kanten  toesnelde,  bleef 
grootendeels  staan  en  verloor  slechts  de  kap. 

Deze  ramp  werd  het  volgende  jaar  ter  degen  hersteld.  De  bijaard 


(12)  1455.  Bet.  Jan  den  Dôme  en  Lauwere  van  den  Bussche,  voir  dat  zij 
gemaeck  hebben  ende  getijmmert  den  beyaerd  (zie  vroeger). 

(i3)  1461-1463.  Ten  jarei45i  volgens  eene geschreven  mechelsch  chroniike 
brande  te  Mechelen  den  Beyaerd  af  met  veel  huyzen.  Andere  chronijken 
stellen  het  op  1463,  (zie  Rem.  valerius,  mechele  chronijk  erdruk,  p.  172  ad. 
1463  en  verhalen  het  als  volgt  :  In  't  jaar  1463,  omtrent  sinxen,  soo  geschiede 
daer  een  groot  onweer  van  blixem  en  donder  en  de  hitte  van  blixem  was 
soo  groot  dat  den  beyaert  op  de  Groote  Merckt  afbrande  met  andere 
grootte  huysen  daar  omtrent  desen  voirs.  beyaert  was  het  sheeren  huys 

daer  men  de  dekenye  hiel  en  de  justitie  administreerde  van  aile en  het 

stadhuys  daer  die  schepenen  hunnen  raet  hielden  dat  wird  gehouden  op 
het  hooghuys  met  de  trappen  dat  nu  het  parlament  heet.  chron.  aenw., 
p.  56  enz.  enz. 


Planche  XIII         Ruslaiiriition  de  l'Hôtel  de  ville 


f'açade  vers  la  Métropole 


DE    MALINES  289 


teenemaal  hersteld  en  met  eene  nieuwe  en  verhevene  kap  bekleed, 
prijkte  eerlijker  dan  te  voren  neven  de  twee  aanpalende  huizen  welke 
nieuw  gebouwd  werden  (17).  Alsdan  werd  00k  gemaakt  de  wendel- 
trap  tegen  den  toren  (teekenîng  en  beschrijv.  van  den  gevel). 

Dewijl  men  alzoo  eenen  nieuwen  luister  bijzette,  scheen  men  reeds 
het  voorgevoel  te  hebben  dat  hij  eerstdaags  eene  verhevene  bestemming 
:(0U  verkregen  hebben.  En  inderdaad,  pas  eenige  jaren  daarnaar,  in  1474, 
werd  te  Mechelen  het  Parlement  ingesteld.  Dit  hoog  gerechtshof 
nam  zijn  vertrek  op  het  oude  schepenhuis,  en  de  magistraat  ging  over 
naar  den  Bijaard,  die  sedert  het  stadhuis  genaamd  werd.  Dit  gebouw 
't  welk  ter  dier.  gelegenheid  merkelijke  veranderingen  onderging, 
was  alsdan  binnenwaarts  nagenoeg  in  dezer  voege  verdeeld  : 

Den  vloer  opkomende,  alwaar  een  Lievenvrouwenbeeld  was  ge- 
plaatst  (XV)  bevond  men  zicli  tegen  over  de  dekenij,  later  de  wees- 
kamer.  Verder  waren  verscheidene  vertrekken,  die  de  conchergery 
uitmaakten.  —  Rechts  was  de  ingang  der  tresory,  uit  deze  plaats 
kwam  men  in  het  onderste  verdiep  van  den  toren,  waar,  zoo  gezegd 
is,  de  stadsarchiven  bewaard  werden,  Achter  de  tresory  kwam  de 
Greffie  en  de  secretary.  Links  had  men  eenen  steenen  wendeltrap 
(wendelsteen)  die  naar  de  hoogere  verdiepen  leidde  en  die  heden  nog 
bestaat,  hoe  wel  de  ingang  er  van  verandert  zij.  Op  het  tweede 
verdiep,  boven  den  vloer  en  dekenij,  opende  zich  eene  ruime  zaal; 
daar  was  het  dat  de  vierschaar  gehouden  werd;  en  om  de  rechters 
des  te  beter  aan  hunne  plicht  te  doen  herinneren,  stond  op  de  muren 
het  Oordeel  Ons  Heeren  afgemaald.  Tegen  de  vierschaar  bevond 
zich  oostwaarts  de  Schepenen  Kamer,  waar  deze  leden  van  de  Magis- 
traat elkander  raadpleegden  voor  aleer  hun  vonnis  uit  te  spreken.  Op 
de  schouw  dier  kamer  zag  men  het  beeld  van  den  gekruisten  Christus, 
waarneven  de  beelden  van  O.  L.  Vrouwe  en  van  S'  Jan  (XVI  1°); 
verder  waren  er  nog  eenige  andere  vertrekken,  die  later  door  de 
twee  groote  achterzalen  vervangen  werden.  Tusschen  de  vierschaar 
en  de  Schepene  Kamer  lag  eene  gewelfde  kamer  ingesloten,  welke 
het  tweede  verdiep  van  den  toren  vormde,  en  eerst  voor  boven 
greffie  en  naar  het  overgaan  van  de  magistraat  op  den  Bijaard,  voor 


(17)  1463  It.  betaelt  M.  Jane  wischhaghe  van  de  timmer  werc  te  makene 
van  de  nuwe  beyaert.  Stadsrek.  chron.  aenw.,  p.  28,  3o,  3i,  enz. 

(XV)  1482  Van  onse  lieve  vrouwe  te  maken  op  ter  vloer  beneden  in  den 
beyaert  enz.  Chron.  aenw.,  p.  45. 

(XVI)  1482  it.  bouwen  van  d.  wijck  van  de  crucifix  te  maken  in  de  beyaert 
boven  int  scepen  camer  voer  de  scouwe  met  onse  lieve  vrouwe  en  sint  jan. 


240  RESTAURATION    DE    L  HOTEL   DE   VILLE 


kapel  diende  (XVI  2°).  De  bijaard,  als  het  ware  tôt  een  nieuw  schepen- 
huis  herschapen,  scheen  voor  altoos  tôt  verblijt  van  de  magistraat  te 
moeten  dienen.  Dit  was  echter  het  geval  niet.  In  1477,  ging  het 
parlement,  't  welk  hier  te  Mechelen  drie  jaren  vroeger  was  opgericht 
geweest  te  niet  en  de  magistraat  ziende  dat  al  de  pogingen  gedurende 
detwee  volgende  jaren  door  hem  aaangewend  cm  dit  hooggerechtshof 
weder  te  bekomen,  vruchteloos  bleven,  vèrliet  in  1481  den  byaard  en 
keerde  op  het  oude  schepenhuis  terug  (XVII).  De  bijaard  bleef  zoo 
hij  voor  dezen  geweest  was,  de  zetel  der  tresory  en  der  Dekeny,  en 
meermaals  gebruikte  men  de  ruime  vertrekken  van  het  gebouw  om 
geene  of  andere  aanzienlijke  personaedjen  te  ontvangen. 

In  1485  schonk  de  stad  aldaar  een  banket  aan  den  Aartshertog 
PhiHp  (XVIII)  en  zijn  gevolg.  Deze  jonge  vorst  bewoonde  alsdan  het 
gewezene  hof  van  Bourgongen  (daarnaar  Konings  en  Keysers  hof 
genaamd)  alwaar  hij  onder  de  toezigt  van  Margareta  van  York  werd 
opgevoed.  Zoo  verliepen  er  nog  eenige  jaren,  tôt  dat  in  1473  en  1497 
de  reken  kamers  van  Ryssel,  Brussel  en  den  Haag,  zich  op  den  bijaard 
kwamen  nederzetten. 

Ziehier  hoe  het  met  deze  zaak  toeging.  Karel  de  Stoute,  die  in  1473 
het  Parlement  te  Mechelen  had  ingesteld,  had  nog  dat  zeltde  jaar  de 
rekenkamers  van  Ryssel  en  Brussel  (de  rekenkamer  van  den  Haag 
w^as  reeds  met  die  van  Brussel  vereenigd)  tôt  eene  kamer  vereenigd 
welk  hij  insgelijks  te  Mechelen  had  gevestigd  eerst  op  den  bijaard  en 
't  jaar  daarna  zoo  't  schijnt  in  het  huis  van  Gottignys  in  den  nieuwen 
Bruel  (XIX).  Deze  rekenkamer  had,  zoo  als  het  Parlement,  opge- 
houden  te  bestaan  in  1477.  Maar  Philip  de  Schoone,  meerderjarig 
geworden  zijnde,  hervatte  het  werk  van  zijnen  grootvader;  in  weerwil 
van  den  hoogsten  tegenstand,  inzonder  wegens  Brabant,  vereenigde 


(XVII)  it.  bet.  iiij  cordewagers  van  dat  sij  den  huysraet  van  den  beyaert 
afdede  en  opt  parlement  wed.  op  dède  comt  op  :  iiij  st. 

Stadsrek.  chron.  aenw.,  p.  58. 

(XVIII)  Chron.  aenw.,  p.  67. 

(XIX)  Ten  jare  1497  had  de  stad  Mechelen  bekomen  door  het  toedoen  van 
den  heer  Francis  Busleyden,  proost  van  Luyck,  dat  de  dry  reken  Camers 
van  den  prince  binnen  Mech.  gesteld  werden  enz.  (Zie  Azevedo,  chron. 
ad  ann.) 

1497  It.  gegeven  den  proost  van  Ludock  (sic)  by  overdraghe  van  den 
ghemeynen  camere,  voor  zeker  diensten  die  hij  den  stad  gedaen  heeft  om 
te  solliciteeren  de  reken  camere  ons  genade  heeren  binnen  Mechelen 
gheleet  te  worden.  C.  xxv  st.  br. 

Stadsrek.  chron.  aenw.,  p.  68. 


Planche  XXIV  -     Restauration  de  l'Hôtel  de  ville 


Façade  vers  la  Grand'  place 


DE    MALINES  24I 


hij  wederom  de  drie  genoemde  Kamers  te  Mechelen.  Zie  Gachard. 
Het  stedelijk  bestuur  ten  hoogsten  vergenoegd  over  deze  uitmuntende 
gunst,  welke  het  grootendeels  aan  den  magtigen  invloed  van  den 
proost  van  Luik,  François  Busleiden,  te  danken  had,  stelde  aanstonds 
de  bovenzalen  van  den  bijaard  ter  beschikking  der  Rekenkamer  die 
aldaar  hare  zitting  hield.  Doch  dit  was  van  korten  duur.  Na  het 
verloop  van  een  jaar  zag  Philip  de  Schoone  zich  genoodzaakt  de  drie 
Rekenkamers  wederom  op  den  ouden  voet  te  herstellen.  Sedert  dit 
oogenblik  wist  men  schier  niet  meer  wat  met  den  bijaard  aan  te 
vangen;  men  bevindt  dat  ten  jare  1500  verscheidene  huizen  in  den 
bijaard  gelegen  of  daar  aanpalende,  door  de  Rentmeesters  verhuurd 
werden,  doch  telkens  met  besprek  dat  de  stad  deze  tôt  zich  mogt 
nemen  dan  en  wanneer  zij  het  zoude  noodig  vinden  (XXI).  Deze 
voorwaarden  doen  genoegzaam  zien  dat  men  nog  altoos  de  hoop 
koesterde  van  het  gebouvv'  eenmaal  te  kunnen  benattigen.  En  inder- 
daad,  hier  toe  deed  zich  weldia  eene  allergunstigste  gelegenheid  op. 
Ten  jare  1503  stelde  Phihp  de  Schoone,  den  Grooten  Raad  te 
Mechelen  in. 

De  magistraat,  zoo  als  hij  weleer  bij  de  oprichting  van  het  Parle- 
ment gedaan  had,  stond  het  Schepenhuis  aan  het  Parlement  af  en 
trok  wederom  op  den  Byaard,  ditmaal  om  er  te  bHjven  voor  altijd. 
De  stad  nam  aanstonds  tôt  zich  de  huizen  welke  in  1500  waren 
verhuurd  geweest  en  vergrootte  zelfs  het  gebouw  door  het  aankoopen 
van  twee  woningen  daar  achter  gelegen  (XXII).  Den  13  Mei  15 13 
werd  hier  een  dier  feesten  gegeven,  welke  de  stad  van  tijd  tôt  tijd 
oprichte  om  het  hof  te  verlustigen  en  inzonder  om  den  jongen  Prins 
Karel  en  zijne  zusteren  hun  verblijf  te  Mechelen  zoo  aangenaam 
mogelijk  te  maken.  Een  herten  jagt  had  plaats  op  de  (jroote  Markt. 
De  princessen  die  het  feest  waren  komen  bijwonen  werden  met  15 
getten  rijnschen  wijn  vereerd  (XXIII).  Den  zelfden  dag  speelde  de 
Lischbloem  verscheidene  spelen  op  den  bijaard,  bij  welke  gelegenheid 


(XXI)  i5oo.  Op  te  xx''  dach  van  jan"  an°  xv"...  verhuurt  Woutere  De  Grève 
een  huys  aende  Beyaert  geheeten  Kej^sserrijk,  met  voorweerden  waert  bij 
alsoo  dat  de  stad  hetselve  huys  binnen  desen  voerg.  jaerscaeren  notelee  te 
doen  hadde,  dat  zij  alsdan  terstont  selen  naoghen  aenv. 

Chron.  aenw.,  p.  74  v°. 

(XXII)  i5o8.  It.  betaelt  Pauwels  Fraijs  aan  de  comerscap  van  ij  huyskens 
die  hem  toehoorden  gelegen  achter  den  beyaert... 

Stadsrek.  chron.  aenw.,  p.  56. 

(XXIII)  Chron.  aenw.,  p.  19  r°  et  v°. 


242  RESTAURATION    DE    L  HOTEL    DE   VILLE 

volgens  aloude  gewoonte,  de  wijn  niet  vergeten  werd;  de  stadsreke- 
ning  spreekt  van  lo  getten  die  men  alsdan  ledigde.  Sedert  vêle  jaren 
bezat  de  magistraat  het  voorrecht  van  mis  te  mogen  doen  lezen  op 
het  Schepenhuis,  zelfs  wanneer  de  Godsdienst  in  de  stad  zou  opge- 
schorst  wezen,  doch  alsdan  mogt  de  mis  niet  dan  met  geslotene 
deuren  geschieden.  Dit  gebrnik  had  met  iiet  verlaten  van  het  Sche- 
penhuis niet  opgehouden.  Tengevolge  eener  beraadslaging  van  lo 
November  1550  werd  er  besloten  dat  er  voortaan  aile  werkdagen  van 
de  week,  den  Zaterdag  alleen  uitgenomen,  eene  mis  op  het  Stadhuis 
zou  gelezen  worde  (XXV).  Maar  reeds  naderde  het  tijdstip  van 
opstand  tegen  Spanje.  In  1580  hadden  de  Geuzen  zich  meester  van 
Mechelen  gemaakt,  waar  zij  omirent  vijf  jaren  verbleven  en  hunnen 
moedwil  tegen  al  wat  roomsch  gezind  was  los  vierden.  De  concierge 
van  het  Stadhuis,  Arnould  van  de  Wiele,  die  zich  altoos  als  een 
vroom  en  godsdienstig  burger  had  gedragen,  werd  juist  om  deze 
reden  van  zijn  ambt  beroofd;  in  zijne  plaats  werd  aangesteld  zekere 
Jan  Riibbens.  Deze  was  een  huidevetter  uit  den  Ham,  die  hier  aan  het 
hoofd  van  het  geuzen  gespuis  stond  en  zich  onder  zijne  makkers 
door  zijne  duUe  woede  deed  onderscheiden  (XXVII).  Zie  Foppens, 
Mechlinia  Christo  nascens  et  crescens,  inss.  ad  annum. 

Rubbens  nam  de  gelegenheid  te  baet  en  trok  geen  garing  voordeel 
uit  zijne  nieuwe  bediening,  zoo  het  genoegzaam  bewijzen  de  menig- 
vuldige  feestpartijën  en  wijnplengingen,  welke  tijdens  het  beheer  der 
geuzen  in  de  conciergery  plaats  hadden.  Intusschen  te  midden  van  de 
ongehoorde  plunderingen,  door  de  roofzuchtige  benden  van  Noritz 
en  van  Van  den  T3mpel  hier  te  Mechelen  aangericht,  waren  de 
meubelen  van  het  stadhuis  ongehinderd  gebleven.  Men  denke  echter 
niet  dat  hunne  behouding  aan  de  edelmoedigheid  der  plunderaars  te 
danken  zij;  wel  neen  !  Zij  werden  door  de  Magistraat zelve  geschat  en 
met  geld  afgekocht;  men  betaalde  aan  Rubbens  de  som  van  168 
ponden  zoo  voor  het  raatzoen  der  meubelen  als  voor  het  gelag  't  welk 
ter  dier  gelegenheid  gegeven  werd  (XXVIII).  -  In  1585  ruimden  de 
geuzen  Mechelen  en  Rubbens  met  hun.  Den  22  Augusti,  werd  de 
Magistraat  hersteld;  ter  dier  gedachtenis  deed  men  Michaël  van 
Coxien  een  tafereel  maken  waarop  afgebeeld  stond  een  gekruiste 
Christus,  en  wederzijds  O.  L.  Vrouwe  en  Sint  Jan;  boven  het  Kruis, 


(XXV)  Chron.  aenw.,  p.  83. 

(XXVII)  Chron.  aenw.,  p.  88. 

(XXVIII)  Chron.  aenw.,  p.  69. 


DE   MALINES  248 


zag  men  den  hemelschen  Vader  aan  den  voet  de  H.  Maria  Magdalena, 
en  rondom  de  atbeeldzels  van  al  de  wethouderen  die  alsdan  de 
Magistraat  uitmaakten.  Dit  tafereel  werd  geplaatst  in  de  Schepenen. 
Kamer,  alwaar  het  voor  de  fransche  onwenteling  nog  bestond,  doch 
is  dat  sedert,  even  als  zoovele  andere  kunstgevrochten,  verdwenen, 
zonder  dat  men  wete  waar  het  verbleven  zij.  Ofschoon  de  godsdienst 
oefeningen  te  Meciielen  gepleegd  werden  onmiddelijk  naardat  deze 
stad  onder  het  beheer  van  den  Koning  van  Spanjen  was  terrugge- 
keerd,  nogtans  bevindt  men  dat  de  mis  op  het  stadhuis  niet  dan  om- 
trent  eene  eeuw  later  hernomen  werd,  namelijk  in  1680,  Men  koos 
alsdan  voorlooping  tôt  Kappellaan  den  Eerw.  Heer  R.  Wauters  die  in 
deze  hoedanigheid  eene  jaarwedde  van  stads  wege  genoot.  Later  dag 
in  171 3,  dit  ambt  open  gevallen  zijnde  boden  de  Carmeliten  (O.  L.V. 
Broeders)  hunnen  dienst  aan  en  stelde  voor,  de  mis  op  het  stadhuis 
kosteloos  te  lezen;  doch  hunne  aanvraag  werd  van  de  hand  gewezen, 
en  Romb.  de  Munck  kapellaan  gekozen. 

Omtrent  dezen  tijd,  1680,  moet  het  stadhuis  van  binnen  merkelijke 
veranderingen  ondergaan  hebben.  Zoo  't  schijnt  zou  de  groote  zaal 
achter  de  Schepenen  kamer,  alsdan  gemaakt  zijn  geweest,  ahhans  op 
den  balk  voor  aan  de  schouw  staat  het  jaardatum  1680  en  boven,  op 
den  zolder,  is  zeer  duidelijk  te  zien  dat  deze  zaal  eertijds  twee  ver- 
trekken  vormde.  Weinige  jaren  daarnaar,  14  Augustus  1698,  nam  de 
Magistraat  het  besluit  van  de  Kollegie  of  schepenen,  kamer  gelijk- 
vloers  te  doen  leggen  met  de  twee  achter  zalen.  In  1704  werd  in  deze 
kamer  gemaakt  de  schoone  gebeelde  schouw  (XXIX)  welke  men 
heden  daar  nog  ziet  en  waarin  men  ten  jare  17 15,  het  portret  stelde 
van  Keizer  Karel  de  VI,  dit  portret  was  geschilderd  door  Josephus 
Fappera  en  koste  63  guldens,  men  weet  niet  wat  er  van  die  schilderij 
geworden  zij.  (Josephus  Fappera  heeft  geschilderd  het  portret  van 
Zijne  KeizerHjke  en  Koninglijke  Maj.,  om  te  dienen  in  het  collegie, 
17  July  1715). 

De  trappen  en  de  groote  deur  met  de  twee  kleinere  zijn  gemaakt 
in  1705  en  6  (XXX).  Den  17  Maart  1710  besteden  de  Trésoriers  aan 
Pieter  Simon  Verlinden  het  schilderen  van  de  plafonds  op  de  achterste 
zaal,  waar  heden  de  gemeenteraad  zijne  zittingen  houdt,  (XXXI)  tôt 
versiering  dezer  zaal  had  de  stad  nieuwe  tapijten  aangekocht;  doch 


(XXIX)  Stadsrek.  fol.  24,  chroD.  aenw.,  p.  57. 

(XXX)  Stadsrek.  1706  f.  191,  chron.  aenw.,  p.  47. 

(XXXI)  Chron.  aenw.,  p.  4. 


244  RESTAURATION    DE    L  HOTEL    DE   VILLE 

de  onkosten,  welke  hier  uit  ontstonden,  werden  door  het  staats- 
bestuur  als  overtollig  aanzien  en  hcl  weigerde  dezelve  in  de  stads- 
rekening  te  laten  opnemen,  weshalven  men  zich  genoodzaakt  vond 
deze  tapijten  te  verkoopen.  ResoL  B.  171 2  f'  12e  —  129  N°. 

De  marmeren  schouw,  welke  deze  zaal  versiert  is  het  werk  van 
Frans  Lan^emans  en  werd  aldaar  geplaatst  in  171  >. 

Stadsr.  1714  —  15  f°  159.  — 

Intusschen  eischte  de  voorgevel  van  het  stadhuis  groote  herstelhng, 
stadsbouwmeester  Langemans  werd  wegens  de  Magistraat  gelast  een 
bestek  hier  toe  op  te  maken.  Deze  meester,  in  stede  van  zich  te 
bepalen  bij  eene  eenvoudige  herstelHng,  en  aan  het  oude  gebouw 
zijne  schilderachtige  gedaante  te  laten,  had  liever  het  in  den  bedorven 
smaak  van  zijne  eeuw  op  te  luisteren  en,  als  het  ware  tôt  eene  niets 
beduidende  burgerwoning  te  verbasteren.  De  herstellings  zeggen  wij 
eerder,  de  vernielingswerken  vingen  in  1715  aan.  Nog  dat  zeltde  jaar, 
werd  de  puntgevel  langs  de  zijde  der  Halle,  die  dreigde  in  te  storten, 
ten  gronde  gelegd;  de  vensters  langs  den  kant  van  de  Groote  Markt, 
tôt  aan  de  Kollegie  Kamer,  werden  insgelijks  weggebroken  en  het 
werk  der  wijze  ingericht  dat  men  namaels  den  ingang  in  't  midden 
des  nieuwen  gevcls  zou  kunnen  brengen.  Middelertijd  onstond  er 
tusschen  de  Magistraat  en  het  staatsbestuur  een  nog  al  hevige  twist 
nopens  het  betalen  der  onkosten  door  deze  herstellingswerken  ver- 
oorzaakt,  doch  alzoo  het  eene  afgedane  zaak  was  en  men  er  niet  meer 
kon  op  terug  komen,  werd  het  geschil  haast  bijgelegd. 

Men  bestede  nog  eenige  volgende  jaren  tôt  het  versieren  zoo  van 
den  gevel  van  het  stadhuis,  als  van  de  binnenvertrekken  van  het 
stadhuis.  Omstreeks  1725,  werd  de  achterste  zaal  met  besnedenen 
houtwerk  bekleed.  —  In  1737  dacht  men  aan  het  herstellen  der 
secretarij.  Deze  werd  in  1741  toegezegeld  door  het  geestelijk  hof,  als 
zijnde  de  secretaris  Van  der  Zijpen  van  Jansennisterij  verdagt.  —  In 
1760  werden  op  de  KoUegiekamer  drie  nieuwe  vensters  gesteld, 
gelijkvormig  dengenen  die  alsdan  in  de  twee  andere  groote  kamers 
stonden.  —  In  1773,  ter  gelegenheid  van  het  aanstaande  jubelfeest, 
werd  de  achterste  zaal  geschilderd  en  verguld.  —  Terzelvertijd  werd 
de  paye  veranderd  en  het  overhangende  daksken  weggedaan.  (41)  stads- 
rek.  1774-75)- 

Aan  de  Burgemeesterskamer,  op  den  entresol,  tegen  de  bovengreffie 
bracht  men  in  1781  ook  eenige  verandering  toe  :  zij  werd  versierd 
met  ornementen  in  plaaster,  alsook  met  eene  schoone  marmeren 
schouw. 


DE    MALINES 


245 


Er  bleef  steeds  van  het  oude  stadhuis  niets  meer  over  dan  de  woning 
van  den  concierge  :  00k  deze  verdween  in  de  eerste  jaren  van  het 
fransche  bestuur  hier  te  lande,  en  werd  insgehjks  vervangen  door  een 
gebouw  van  modernen  stijl.  Omtrent  denzelven  tijd  stelde  men  op  den 
vloer  eenen  zwierigen  trap,  welke  rust  op  vier  steenen  pilaren.  Deze 
komen  voort  van  het  oude  bisdom,  't  welk  eenige  jaren  te  voren 
afgebroken  was  geweest. 


Ph.  Van  Boxmeer. 


Boekbanden  met  Blinddruk 

UIT    DE    15e    EN   DE    lô^    EEUW 

IN  DE  STADSBIBLIOTHEEK  EN  ARCHIEVEN  TE  MECHELEN 


lOEKBANDEN  van  vôôr  de  17'  eeuw  hebben,  sinds 
enkele  jaren,  de  belangstelling  opgewekt  om 
de  degelijkheid  der  techniek  en  de  schoonheid 
der  versiering;  00k  als  middel  tôt  bepaling  der 
herkomst  van  een  handschrift,  wel  eens  van  een  naam- 
loozen  druk,  moet,  naar  de  ondervinding  leerde,  aan  den 
band  aandacht  geschonken  worden  (i)  ;  in  elk  geval  is  hij 
een  document,  vaak  het  éénige,  dat  iets  leert  over  de 
wederwaardigheden  van  het  exemplaar  ;  voor  de  geschie- 
denis  der  bibliotheek  is  hij  een  geloofwaardig  getuige.  De 
band  van  registers  behoorend  tôt  archieven  is  doorgaans 
—  hoewel  de  regel  niet  algemeen  is  —  vervaardigd  ter 
plaatse  zelf  waar  de  oorkonde  ontstond  ;  hij  levert  dan 
versieringsmotieven  die  betrouwbare  elementen  zijnvoor 
het  aanwijzen  van  den  oorsprong  van  andere  banden . 


(i)  P.  ScHWENKE.  ZuY  ErforscMug  der  deidschen  Bucheitibande  des  i5.  und  i6. 
Jahrhunderts.  Sammlung  bibliotheks-wissenschaftlicher  Arbeiten  herausge- 
geben  von  Karl  Dziatzko.  11  Heft.  1898,  S.  114-125. 


248  BOEKBANDEN 


Om  al  die  redenen  is  het  nuttig  oude  banden  met 
blinddruk  op  te  sporen.  Vôôr'  het  verschijnen  van 
L.  Gruel's  Manuel  historique  et  bibliographique  de  l'amateur 
de  reliures  had  Lempertz  (i),  te  Keulen,  bijzondere  aan- 
dacht  aan  het  onderwerp  geschonken.  In  ons  land 
bekommerden  zich  baron  de  St-Genois  (2),  Pinchart  (3), 
soms  Ferd.  Van  der  Haeghen  (4),  Ed.  van  Even  (5)  er 
mêe;  maar  om  tôt  dieper  gaande  en  meer  omvattende 
studie  aan  te  sporen  moest  James  W.  H.-  Weale  den 
catalogus  van  banden  en  wrijfsels  bewaard  in  de  National 
Art  Library  van  South  Kensington  Muséum  uitgeven 
benevens  de  waardevolle  inleiding  (6),  die  een  bondige 
doch  stevige  geschiedenis  der  boekbinderij  in  Engeland, 
de  Nederlanden,  Frankrijk,  Duitschland  en  Italie  is. 
In  het  verleden  jaar  verschenen  dégel ijk  werk  van  Jean 
Loubier,  Der  Biicheinband  in  aller  und  neuer  Zeit,  worden 
Weale's  opzoekingen  met  vrucht  benuttigd;  men  mag 
veronderstellen  dat  zij  den  spoorslag  gaven  voor  het 
publiceeren,  in  den  Inventaire  archéologique  de  Gand,  van 
een  twintigtal  fiches  aan  oude  banden  gewijd  en  onder- 
teekend  door  de  heeren  Paul  Bergmans  en  Victor  Van 
der  Haeghen.  Pater  J.  Van  den  Gheyn,  in  zijn  uitvoe- 
rigen  catalogus  van  de  handschriften  der  Koninklijke 
Bibliotheek  te  Brussel,  vermeldt  geregeld  en  soms  met 
tamelijk  veel  bijzonderheden,  of  met  verwijzing  naar 
gelijkaardig  werk  door  Weale  beschreven,  de  merkwaar- 
dige  banden  die  bewaard  zijn  in  de  hem  toevertrouwde 
verzameling.  Burggraaf  de  Ghellinck  Vaernewyck  hield 


(i)  Heinrich  Lempertz.  Bilder-Hejte  zur  Geschichte  des  Buclierhandels.  Cocln, 
i853-i865.     • 

(2)  Messager  des  sciences  historiques,  i853,  p.  238. 

(3)  Archives  des  arts,  sciences  et  lettres. 

(4)  Bibliographie  gantoise. 

(5)  Mengelingen  voor  de  geschiedenis  van  Brahant,  1871,  blz.  igS. 

(6)  Bookhindings  and  ruhhings  of  hindings  in  the  National  Art  Library,  South 
Kensington. 


UIT    DE    l5^    EN    DE    l6^    EEUW  24g 

in  1902  vôôr  de  Akademie  voor  Oudheidskunde  eene 
voordracht  over  La  Reliure  flmnande  au  xv^  siècle  (i).  Er 
was  een  plaatsje  voor  oude  banden  in  de  Brugsche  Ten- 
toonstelling  der  Vlaamsche  Primitieven  en  in  de  provin- 
ciale Tentoonstelling  van  het  Boek,  gehouden  te  Gent  in 
1904.  Eene  merkwaardige  verzameling  banden  met  blind- 
druk  ligt  in  de  tentoonstellingzaal  van  de  Koninklijke 
Bibliotheek  te  Brussel  en  het  Muséum  voor  Kunstnijver- 
heid  in  diezelfde  stad  brengt,  sinds  eenige  maanden,  een 
stel  welgeslaagde  facsimile  onder  oogen  der  bezoekers. 
Het  Muséum  Plantin-Moretus,  waar  sinds  jaren  eene 
reeks  zeer  fraaie  banden  uitgestald  zijn,  heeft,  naar  aan- 
leiding  van  het  inrichten  van  vier  tôt  verleden  jaar  niet 
gebruikte  zalen,  een  grooter  aantal  werken  van  dien  aard 
in  nieuwe toonkassen  kunnen  leggen .  De groeiende  belang- 
stelling,  die  hier  en  daar  monografiën  over  banden  en 
binders  deed  ontstaan,  is  groot  genoeg  geworden  om 
den  heer  Paul  Bergmans  te  nopen,  aan  de  Gentsche 
Maatschappij  voor  Oudheidskunde  eene  «  Inleiding  tôt 
een  geschiedenis  der  boekbinderij  in  Vlaanderen  in  de 
i5'  en  de  i6^  eeuw  »  aan  te  kondigen  (2).  Een  hoofdstuk 
zulker  geschiedenis  moet  de  heer  Victor  Van  der 
Haeghen  reeds  geschreven  hebben,  te  oordeelen  naar  de 
samenvatting  eener  lezing  over  de  Gentsche  boekbinders 
van  de  14'  tôt  de  17^  eeuw,  verschenen  in  het  BuUetijn 
van  het  Gentsche  genootschap  (1904,  blz.  Siy-Sig). 

Evenzeer  de  archieven  als  de  nog  bestaande  banden 
zijn  hem  daarbij  van  nut  geweest;  en  het  uitstekende 
voorbeeld  weze  ons  een  aanwakkering  om,  bij  't  naslaan 
van  archieven,  vlijtig  op  te  teekenen  wat  over  binders  en 
hun  werk  daarin  ontmoet  wordt. 

Blijft  op  dat  gebied  nog  zeer  veel  te  doen,  het  is  er 


(i)  Annales  de  T  Académie  royale  d'Archéologie,  1902  pp.  399-416. 
(2)  BuUetijn,  1902,  bladz.  188. 


17 


>5o  BOEKBANDEN 


verre  van  af  dat  de  bibliotheken  en  archiefverzamelingen 
zouden  doorzocht  zijn  met  het  doel  de  fraaie  banden  in 
gestempeld  leder  te  verzamelen  en  te  beschrijven.  En 
toch  zaldat  noodig  zijn  vôôraleer  er  kan  gedacht  worden 
aan  het  opstellen  eener  geschicdenis  onzer  boekbinderij. 


De  bibliotheek  en  het  archief  der  stad  Mechelen  zijn 
arm  aan  merkwaardige  banden  met  blinddruk.  Van  het 
negental  werken  die  de  aandacht  vestigen  is  er  slechts 
een  enkel,  dat  uit  berderen  overtrokken  met  leder  is  ver- 
vaardigd;  drie,  die  drukken  bevatten,  hebben  hunne 
documenteele  waarde  verloren  :  de  oude  dekselbekleed- 
sels  werden  ingelegd  op  vernieuwde  banden,  zoodat  niets 
bewijst  dat  het  ingesloten  boek  en  de  versiering  van 
eerstaf  bij  elkander  behoorden  ;  vier  andere  zijn  slappe 
registeromslagen  ;  het  laatste  is  een  Duitsche  band  van 
wit  zwijnsleder,  waarvan  het  type  in  vêle  bibliotheken 
wordt  aangetroffen.  De  acht  eerste  zijn  Vlaamsche,  vier 
daarvan  kunnen  als  Mechelsch  beschouwd  worden.  Geen 
enkele  band  is  echter  met  een  boekbindersnaam  getee- 
kend  noch  draagt  een  boekbindersmerk. 

Met  het  oog  op  de  versiering  onderscheidt  men  zes 
banden  met  paneelstempels  en  twee  met  lijnen  en  kleine 
stempels.  Drie  der  paneelstempels  zijn  bewerkingen  van 
het  zeer  verspreide  eikels-motief. 

I.  —  Het  codex  dat  de  Inventaire  des  archives  t.  viii, 
p.  72,  noemt  «  Sententie-boek  der  guide  van  den  ouden  kruys- 
boog  ie  Mechelen,  van  1433  tôt  1564  »,  is  een  register  ge- 
naaid  opvierlederen  ribben  in  een  omslag (280X205  mm.) 
van  bordpapier  bedekt  met  bruin  kalfsleder  ;  op  ieder 
plat  is  viermaal  een  paneel  (104X65  mm.)  geprent  waar- 
van de  lijst  belegd  is  met  symmetrisch  loofwerk  op  de 


PI.  XXV  —  Paneel  geprent  op  den  omslag  van  het 

Register  atT  Gilde  van  den  Ouden  Voetboog  te  Mechelen  (1433-1564) 

(Mechelsch  Stadsarchief) 


UIT    DE    l5^    EN    DE    l6^    EEUW  25l 

kortere  zijden  en,  op  de  langere,  met  twee  aanziende 
wassenaars,  door  een  lelie  gescheiden  en  geplaatst  tus- 
schen  twee  spinklosvormige,  schuin  liggende  ornamen- 
ten;  op  elken  hoek  een  blad;  het  ingelijste  vak  is  met 
een  driedubbele  lijn  omgeven  en  heeft  van  weerszijden 
eene  reeks  van  4  1/2  halve  bogen,  met  de  holte  naar  bin- 
nen  gekeerd;  tusschen  hunne  omgekrulde  uiteinden  zijn 
eikels  bevestigd,  zoodat  er  acht  heele  en  twee  halve  op 
eene  rij  in  het  midden  overlangs  het  paneel  komen;  de 
rùimte  tusschen  een  eikel  en  den  tegenoverstaanden  boog 
is  met  een  kruisbloempje  aangevuld.  Sporen  van  twee 
paar  lederen  snoeren.  De  binnenzijde  van  den  omslag  is 
met  papier  beplakt;  geen  vrije  schutbladen. 

De  stempelsnijder  styliseerde  de  bladornamenten  naar 
eisch  der  gothieke  kunst.  Moeielijk  is  het  echter,  te 
bepalen  wanneer  het  bandje  vervaardigd  werd.  Het 
handschrift  op  perkament  begint  op  f.  2  recto  met  de 
woorden  :  «  Int  jaer  onss  heeren  m.  CCCC  Tweender- 
tich,  Inde  maent  mert  voer  paeschen,  was  verclaert  by 
Commoengemeesteren  ende  Scepenen  vander  Stad  van 
mechelen,  Dat  de  Ix.  ghesellen  vander  ghulden  vanden 
voetboghe  te  mechelen  aenghenomen  sijn  vander  stad 
van  mechelen  Inder  manieren  hier  na  volghende  ».  Het 
kreeg  echter  veel  later  zijn  huidigen  omslag.  Behalve  de 
verordening  waarin  de  plichten  der  kruisboogschutters 
omschreven  worden  en  den  eed  dien  zij  moeten  afleggen 
(f.  a" -4')  bevat  het  boek  de  «  correctien...  uutghelesen 
Inde  Colue  ter  presencien  vanden  hoodman  ghesworne 
ende  ghemeynen  gheselscape  »,  zijnde  de  besluiten  waar- 
bij  aan  plichtvergeten  leden  eene  straf —  doorgaans  eene 
bedevaart  —  wordt  opgelegd  ;  op  den  rand  der  bladzijden 
is,  bij  iedere  «  correctie  »,  de  naam  des  bestraften  ge- 
schreven;  herhaaldelijk  zijn  die  namen  weggesneden 
door  's  binders  schaaf  ;  na  de  acten  van  1470  bemerkt  men 
die  beschadiging  van  het  handschrift  niet  meer,  ten  ware 


252  BOEKBANDEN 


men  de  randnota  eener  correctie  van  i525,  waar  eene 
letter  onvoliedig  is,  ook  voor  afgesneden  hield.  Uit 
onregelmatige  nummering  der  folio's  is,  wegens  het 
behoorlijk  volgens  van  den  tekst,  met  het  oog  op  het 
herbinden  van  het  boek  niets  af  te  leiden.  De  48  eerste 
der  5o  folio's  behoorden  gewis  van  eerstal  tôt  een  en  het 
zelfde  schrijfboek  :  op  f.  47''  staat  een  inventaris  van  het 
zilverwerk  der  gilde,  opgemaakt  in  1467,  en  op  f.  48" 
eene  lijst  van  boeten  die  tegen  bepaalde  bedevaarten 
opwogen  ;  alleen  de  twee  laatste,  op  onglet  geplakte  en 
wit  pfebleven  folio's,  kunnen  door  den  binder  aan  het 
register  toegevoegd  zijn. 

Of  de  omslag  gemaakt  zij  in  de  i5''eeuw  ofzelfs  na 
i525,  het  paneel,  waarmee  hij  werd  beprent,  is  zeker  niet 
veel  later  dan  rond  i5oo  gesneden  ;  het  is  het  oudste  type 
eener  bandversiering  waarvan  de  eikels  het  kenmerk  zijn. 

Nauw  met  dit  paneel  verwant  is  de  stempel  (109  X  66) 
van  een  band  uit  de  bibliotheek  van  het  Muséum  Plan- 
tin-Moretus  (B  2714.  Odysseia.  Straatsburg,  Wolf  Cepha- 
leus,  1534)  :  alleen  in  de  lijst  is  verschil  op  te  merken;  de 
kortere  zijden  vertoonen  een  vogel  tusschen  loofwerk  en 
op  de  hoeken  staat  een  ornament  samengesteld  uit  een 
dubbel  gegaffelden  tak  en  een  halven  boog  waarvan  de 
uiteinden  arendskoppen  zijn.  Het  exemplaar  heeft  toe- 
behoord  aan  den  bekenden  16^-eeuwschen  geneesheer  en 
taalkundige  Johannes  Goropius  Becanus,  die  lang  te 
Antwerpen  verbleef,  maar  het  is  niet  uit  te  maken  of 
het  boek  in  deze  stad  gebonden  is. 

2.  —  Eene  derde  bewerking  van  het  eikels-thema  staat 
op  de  beide  deksels  van  het  vernieuwde  bandje  (i)  van 
Dat  Vyants  Net  (Antwerpen,  Jan  van  Ghelen,  i56i),  in  de 
Mechelsche  stadsbibliotheek.  Het  paneel  (98X61)  wijkt 


(i)  Een  dergene  waarvan  sprake  is  op  bladz.  25o. 


UIT    DE    l5*   EN    DE    l6^   EEUW  253 

insgelijks  van  het  oudste  voorbeeld  alleen  af  door  de  ver- 
siering  der  kortere  lijstzijden,  die  bestaat  uit  een  vrij 
eenvoudig  symmetrisch  ornament  uitloopend  op  een 
blad. 

3.  —  Met  het  groote  paneel  (144X87)  geprent  op  bruin 
kalfsleder  en  dat  we  vinden  ingelegd  op  den  insgelijks 
vernieuwden  band  van  Politicq  Onderwys  (Mechelen, 
Jacop  Heyndrix,  i582)  in  de  Mechelsche  bibliotheek, 
vangt  eene  andere  reeks  varianten  van  het  eikels-thema 
aan,  die  gekenmerkt  zijn  door  een  versiering  der  langera 
lijstzijden  bestaande  uit  een  draak,  naar  het  middenvak 
gewend,  en  geplaatst  tusschen  twee  takken;  aan  een  der 
takken  zitten  eikels  ;  op  het  bedoelde  paneel  hangen  aan 
den  andere  granaatappels;  op  de  hoeken  een  granaat- 
appel;  de  bovenste  lijstzijde  is  met  een  eikentak  belegd, 
de  onderste  draagt  een  blind  schild  met  links  een  eikel 
aan  een  takje  en  rechts  een  granaatappel  aan  een  takje;  in 
het  middenvak  zijn  de  bogen  met  eikels  zoo  geplaatst, 
dat  de  linkerrij  5  vruchten  heeft  en  de  rechter  4  en  aan 
elk  uiteinde  een  halve;  de  eikels  vormen  een  zigzaglijn  en 
de  ruimte  tusschen  eene  vrucht  en  den  tegenoverstaanden 
boog  is  ingenomen  door  twee  bloempjes.  De  wijzigingen 
die  aan  het  oude  voorbeeld  gebracht  zijn,  hebben  aan  de 
samenstelling  meer  zwier  en  grooter  decoratief  vermogen 
bijgezet. 

Weale  (R.  523)  vond  dit  paneel  op  den  band  van  een 
Parijschen  druk  van  i5o3,  rangschikt  het  bij  Fransch 
werk  en  meent  dat  het  gebruikt  werd  te  Parijs. 

In  een  kleineren  eikels-stempel  (91X62)  volgt  het  mid- 
denvak het  oudere  model  doch  heeft  slechts  3  1/2  eikels 
op  iedere  rij  om  aan  den  benedenrand  plaats  te  geven 
aan  den  naam  des  binders  :  Jebau  novins  ;  de  granaat- 
appels zijn  op  de  hoeken  door  artisjokken  en  elders 
door  kruisbloemen   vervangen;   een    gebloemde  tak  op 


254  BOEKBANDEN 


de  bovenste,  een  tak  met  eikels  op  de  onderste  lijstzijde. 
Een  band  met  dit  paneel  is  gereproduceerd  in  Giuel's 
Mamiel,  p.  i37;  hij  bevatte  een  Parijschen  druk  van 
i52g.  Het  Muséum  Plantin-Moretus  bezit  een  zeer  mooi 
exemplaar  van  een  dergelijken  band  ;  het  boek  is  gedrukt 
te  Keulen,  bij  Euch.  Cervicornus,  in  1542  en  het  Kunst- 
gewerbe-Museum  te  Keulen  heeft  er  een  dat  een  uit- 
gavevan  Marten  De  Keyser,  Antwerpen,  i533,  bekleedt. 
Bij  zijne  reproductie  zegt  Gruel  : 

«  Cette  décoration,  sans  être  de  celles  qu'on  peut 
qualifier  de  remarquables,  est  d'une  jolie  composition; 
elle  a  de  plus  une  particularité  qui  la  rend  intéressante  : 
c'est  qu'elle  fut  employée  tour  à  tour,  à  des  époques 
différentes,  par  divers  relieurs,  en  France,  en  Italie  et  en 
Allemagne.  Jehan  Norins  a  bien  signé  cette  plaque,  qui 
est  ici  en  fac-similé;  cependant  mes  recherches  m'auto- 
risent à  croire  qu'il  n'en  est  pas  l'auteur.  Avant  d'aller 
plus  loin,  je  tiens  à  établir  que  tout  dans  la  composition 
indique  une  origine  française,  mais  elle  a  dû  être  très 
en  faveur  dans  la  première  moitié  du  xvi^  siècle,  puisque 
antérieurement  et  postérieurement  au  Maître  qui  nous 
occupe,  je  la  trouve  reproduite  : 

»  1°  Sur  un  volume  in-4<^  relié  en  veau  brun  :  M.  Annei 
Liicani  civilis  belli  libri.  —  Parisiis  apiid  Simonem  Coli- 
7îœuin,  iS28{i)à^\i'n.  dessin  tout-à-fait  semblable,  mais  sans 
aucun  nom  ni  légende;  la  gravure  est  peut-être  plus 
fine  et  l'ensemble  légèrement  réduit. 

»  2°  Sur  un  in-8°  :  Josepho  délia  giierfa  indaïca  tradotto 
nella  lingiia  Toscana  et  nuovamente  con  diligent ia  stampato.  — 
hi  Vinegia  per  Vettor.  q.  Piero  Ravano,  MDXXXI,  veau 
brun,  plaque  identiquement  semblable  comme  dimen- 
sions et  comme  dessin,  mais  avec  cette  différence  que  le 


(i)  «  Collection  particulière  ». 


'^"^ii'i^ii. 


UIT    DE    l5'    EN    DE    lÔ"    EEUW 


nom  de  Jehan  Norins  est  remplacé  dans  le  bas  par  une 
bande  chargée  de  cinq  quatre-feuilles.  En  outre,  l'estam- 
page révèle  une  gravure  fatiguée. 

»  3°  Sur  un  in-S^  :  Quintiliani  opéra.  —  Coloniœ,  J.  Gym- 
niciis  excudit,  1S41  (i),  veau  brun,  plaque  décorative 
tout-à-fait  pareille  à  celle  de  Jehan  Norins,  avec  cette 
différence  que  le  nom  de  ce  dernier  a  été  remplacé  par 
celui-ci  :  Hans  van  CoUen.  » 

Inderdaad,  in  Heinrich  Lempertz'  Bilder-Hefte  zur 
Geschichte  des  Bucherhandels  (C.  Tafel  ix,  B)  wordt  de 
bedoelde  band  van  Hans  van  Collen  —  die  volgens  den 
schrijver  een  Keulenaar  was  (2)  —  gereproduceerd.  Het 
Kunstgewerbe-Museum  te  Keulen  bewaart  een  uit  een 
ouden  band  geknipten  en  op  karton  geplakten  afdruk  van 
dezen  stempel  (104  X  68). 

Hoeverre  het  past,  van  de  eikels-paneelen  te  zeggen 
dat  «  tout  dans  la  composition  indique  une  origine  fran- 
çaise »  wordt  door  Gruel  niet  uitgelegd;  hij  verwijst  niet 
naar  andere  toepassingen  van  het  motief,  die  onbetwist- 
baar  Fransche  zouden  zijn  ;  aan  zijne  bevestiging  is  des 
te  minder  waarde  te  hechten  daar  wij  ten  onzent  oudere 
bewerkingen  gebruikt  vinden. 

Eene  achtste  bewerking  is  afgebeeld  in  J.  &  J.  Leigh- 
ton's  Catalogue  of  early-printed  and  other  interesting  books, 


(i)  «  Tiré  du  Bilder-Hefte  de  M.  Lempertz.  —  Cologne,  i853-i865  ». 
(2)  Lempertz  bevestigtzulks  op  gezag  van  Merlo,  doch  in  dezes  Ktinsi 
und  Kûnstley  in.Kdln,  S  89,  wordt  van  Hans  van  Collen  niets  méér  verteld 
dan  precies  dat  zijn  naam  gegraveerd  is  op  den  stempel  van  denzelfden 
band  (Quintiliani  opéra.  Colonice,  J.  Gymnicîts,  1S41),  die  later  door  Lempertz 
werd  afgebeeld.  Merlo  roemt  Hans  van  Collen  daarom  «  Formschneider 
zu  Koln  um  1541  ».  Hoewel  hij  een  Adolph  van  Collen  vermeldt,  die  in  iSSg 
steenhouwer  te  Keulen  was,  vindt  men  00k  leden  der  famille  van  Collen 
—  heel  natuurlijk  —  buiten  Keulen  :  in  de  Liggeren  der  Antwerpsche  Sint- 
Lucasgilde  zijn  ingeschreven  een  Hendrik  van  Collen  (1493),  een  Aerd  van 
Collen  (i5o6-i52i)  en  twee  Peeter  van  Coller,  de  een  «  goutslagere  »  (i5io) 
en  de  ander  «  gelaesmaker  »  (i536). 


256  BOEKBANDEN 


mamiscripts  and  fine  bindings,  igoS,  onder  n'  Sygo;  in  het 
midden  der  kortere  lijstzijden  staat  een  uil  ;  het  bandje 
bevat  een  druk  van  J.  Knoblouch,  Straatsburg  i525,  en 
een  van  H.  Steyner,  Augsburg  i533, 

Eene  negende  variante  draagt  op  de  benedenzijde  der 
lijst  een  merk  met  de  initialen  I  H,  dat  tusschen  twee 
draken  geplaatst  is  ;  in  het  middenvak  staan  de  twee 
rijen  van  4  1/2  eikels  derwijze  dat  al  de  vruchten  op  eene 
rechte  lijn  komen,  wat  aan  de  samenstelling  een  zwaar 
en  stijf  uitzicht  geeft.  Dit  paneel  (iio  X  65,5)  vindt  men 
op  den  band  van  een  druk  van  J.  Froben,  Basel,  i526, 
in  het  Muséum  Plantin-Moretus,  welk  boek  in  de  lô^eeuw 
aan  Antwerpsche  leden  der  familie  Triapain  toehoorde  ; 
nog  is  er  mêe  beprent  de  band  van  een  druk  van  Simon 
Cock,  Antwerpen,  i53o,  welk  exemplaar  in  het  bezit  der 
Antwerpsche  Jezuieten  was  en  zich  laatst  in  de  biblio- 
theek  van  ridder  van  Havre  te  Antwerpen  bevond  (i); 
Weale  (R.  53o)  rangschikt  het  in  zijne  Fransche  afdeeling 
omdat  hij  het  aantrof  op  den  band  van  een  Parijschen 
druk  van  i539. 

Eindelijk  is  ons  eene  tiende  variante  (106x66)  bekend, 
die  op  elk  der  beide  deelen  van  een  druk  van  J. 
Secer,  (Hagenau,  i526),  in  het  Muséum  Plantin  is  te 
vinden;  het  middenvak  is  als  datgene  van  het  I-H-paneel 
maar  de  lijst  wijkt  van  al  de  andere  modellen  af  :  op 
elken  hoek  staat  een  eikel,  slingerende  lijnen  verdeelen 
de  lijstzijden  in  vakjes  waarin  een  dier  geplaatst  is  : 
links  vervolgen  twee  honden  een  hert,  rechts  twee  andere 
een  eenhoorn;  op  de  kortere  zijden,  een  draak. 

4.  —  Op  den  nu  bruin  verkleurden  maar  vroeger  roo- 
den  kalislederen  omslag  (3/0X255)  van  het  register  «  F. 


(i)  In  den  catalogus  der  veiling  van  Havre  heeft  het  boek  n""  i258  ;  een 
wrijfsel  van  den  band  werd  mij  destijds  medegedeeld  door  den  heer  Em- 
manuel de  Bom. 


UIT    DE    l5'    EN    DE    l6'   EEUW  267 

Chambres  de  rhétorique;  S.  I,  n^  i  »  is  eene  poging  te 
bemerken  om  de  versiering  in  overeenstemming  te 
brengen  met  den  inhoud  van  het  handschrift.  Dit  laatste 
beslaat  22  perkamenten  folios;  tusschen  f.  i  en  f.  2  is 
een  blad  papier  geplakt  waarop  de  titel  is  geschreven  : 

Oorspronck  !1  Der  Cameren  van  Rethorycke,  :!  Statuten  ende  Or- 
donnancien  der  selve  '  onder  den  Titel  1  Jésus  metter  balsem 
bloume  ;  BinnendeseNederlandeninne-ghesteltden20Meert1492.il 
Tôt  Mechelen  door  Philips  den  Schoonen  Arts-hertogh  van  Oos-  !| 
tenryck,  Hertogh  van  Brabant,  Grave  van  Vlaenderen,  Heere 
van  Mechelen  &c.  ,!  Augmenteert  ende  Confirmeert  de  Ordonnan- 
tien  der  selve  !i  den  lesten  November  1505  Welcke  oock  Confir- 
meert MAxiMiLiAN  Roomsch  Keyser  ende  Carel  Arts-hertogh  van 
Oostenryck,  Coninck  van  i;  Spagnien,  ende  Heere  van  Mechelen  &c. 
20  Januarij  1507.  I  binnen  Mechelen  voorsz.  Waer  naer  de  selve 
oock  ander  mael  gheconfirmeert  zijn  door  Vrauwe  margarite 
Moeye  van  den  voorn.  :  Arts-hertogh  Carel  als  Gouvernante  van 
dese  voorn  :  Neder-landen  zynde  tôt  Mechelen  7.  Meert  151 1.  ;i  De 
welcke  andermael  vernieuwt  ende  gheconfirmeert  zyn  binnen  ij 
Mechelen  by  de  voorn  :  Keyser  Maximilian  ende  ':  Arts-hertogh 
CAREL  in  hunnen  Raede  li  24  Meert  15 12.  jl  ond'.  Haneton  Ghe- 
registreert  inden  nieuwen  Janeten-Bouck,  fol.  ccxvi"  /v. 

Op  f.  2  (gemerkt  :  j)  is,  op  de  breedte  van  het  blad, 
een  purpere  gothieke  M  rustend  op  een  groen  kussen  ge- 
schilderd;  de  volgende  letters  van  den  naam  maximilian 
staan  er  onder;  in  de  initiaal  is  een  zwarte  adelaar  op 
oranje  grond  geplaatst. 

Op  f.  21  verso  staat  : 

De  brieven  ende  articlen  ghescreuen  ende  gheinsereert  In  desen 
bouck,  houdende  twintich  bladeren  ghescrifte,  zyn  ghecoUonneert 
ende  gheaccordeert  metten  originalen  brieuen  ende  articlen  By  my 

Haneton 

R'*  Inden  nieuwen  Jannetenenbouck  fol.  ccxvi°  verso. 

Men  mag  aannemen  dat  dit  handschrift  in  of  kort  na 
i5i2  gemaakt  is.  Het  is  met  een  groen-en-rood  koordje 
genaaid  in  den  omslag  dien  het  zeker  van  eerstaf  gehad 


258  BOEKBANDEN 


heeft.  Bij  middel  van  driedubbele  filets,  die  tôt  aan  de 
randen  doorloopen,  is  elk  plat  verdeeld  in  rechthoekige 
vakken  ;  de  nauwste  liggen  aan  de  randen  en  vormen 
eene  smalle  lijst;  daarin  bevinden  zich  twee  breedere, 
rechtstaande  rijen  van  drie  vakken,  die  een  paneel  be- 
vatten;  in  het  midden  van  het  plat  komt  eene  staande  rij 
van  vier  groote  vakken  ;  in  elk  dezer  is  een  Sint-Andries- 
kruis  geteekend  bij  middel  van  tegen  elkander  geplaatste 
afdrukken  van  een  rechthoekig  stempeltje  (7X18)  voor- 
stellend  een  omwonden  staf  ;  in  de  hoeken  van  het  kruis 
is  een  vlammend  vuurslag  geprent;  deze  stempels 
benevens  eene  lelie  treft  men  00k  in  de  lijstvakken  aan  ; 
hetzesmaal  afgedrukte  paneel  (67X42)stelt  den  dubbelen 
gekroonden  adelaar  voor  in  een  veld  dat  door  boog-  en 
spitsboogvormige  lijnen  begrensd  is;  van  dit  veld  gaan 
stialen  uit  ;  de  lijst  van  het  paneel  is  met  symmetrisch 
slingerende  lijnen  belegd,  die  op  boven-  en  onderzijden 
van  de  spitsbogen  uitloopen  ;  de  paneelgrond  is  met 
bloempjes  bezaaid.  Het  voorste  deksel  is  erg  beschadigd. 
Vroeger  had  de  omslag  twee  paar  snoeren. 

Het  keizerlijk  teeken  en  heel  de  overige  bandversie- 
ring  bestaande  uit  zinnebeelden  die  aan  het  huis  van 
Bourgondië  eigen  zijn  stemmen  overeen  met  den  aard 
van  het  handschrift.  Er  is  niet  aan  te  twijfelen  dat  de 
omslag  wel  voor  dit  laatste  vervaardigd  werd. 

Het  paneel  is  een  lichtelijk  verkleindemaarzeer  trouwe 
repliek  van  datgene  (71,5X46,5)  welk  het  keurige  bandje 
versiert  van  een  exemplaar  van  Den  duytschen  Soittcr 
(Ghcprent  Tantwerpen  op  die  mari  aider  naest  den  grooten  mor- 
tier, i5o4);  naar  dit  boek,  bewaard  in  het  Muséum  Plan- 
tin-Moretus,  is  bijgaande  reproductie  gemaakt, 

Heel  het  keizerrijk  door  gebruikten  de  boekbinders 
kleine  stempels  waarop  een  dubbele  adelaar  gesneden 
was  maar  de  heraldieke  paneelen  van  het  Mechelsch 
register   en  van   Den  duytschen  Souter  behooren  wel   in 


Planche  XXVI 
Den  duytfchen  fouter.  -  Gheprent  Tanhverpen  op  die  mart  aider 


nael't  den  gro 


oten  mortier.  1504  (Muséum  Plantin-Moretus). 


UIT    DE    l5'    EN    DE    l6^    EEUW  269 

onze  gewesten  thuis.  De  graveerders,  die  voor  Ant- 
werpsche  boekbinders  uit  de  i5'en  de  i5'  eeuw  arbeiden, 
wijken  niet  merkelijk  af  van  de  ordinantiedezer  paneelen  : 
het  rijks-  of  landswapen  wordt  vaak  geplaatst  in  eene 
ruit  —  is  de  vierlobbige  figuur,  waarin  de  adelaar  onzer 
paneelen  staat,  niet  eene  gewijzigde  ruit?  —  die  inge- 
schreven  is  in  een  rechthoek,  welke  al  of  niet  van 
eene  lijst  is  voorzien.  Zôô  is  de  samenstelling  van  het 
adelaarspaneel  door  Weale  (R.  328)  aangetroffen  op  den 
band  van  een  druk  van  Geeraard  Leeu,  Antwerpen, 
welke  laatste  ook  het  boek  zou  gebonden  hebben  (i);  zoo 
is  de  schikking  in  het  leeuw-paneel  (2)  met  het  omschrift 
^obannes  î)e  |  wou^a  |  antwevpie  |  me  fecit  en  zoo  nog 
in  twee  dubbele-adelaar-paneelen  waarvan  de  lijst  een 
renaissance  versiering  heeft,  het  eene  geprent  op  drie 
hoogst  waarschijnlijk  te  Antwerpen  vervaardigde  banden 
(c.  i53i-i543)  in  de  bibliotheek  van  het  Muséum  Plantin- 
Moretus,  het  andere  op  de  deksels  van  een  boek  (drie 
saamgebonben  werken  van  Savonarole,  te  Florencië 
gedrukt  in  i520-i52q)  dat  weleer  aan  de  abdij  van  Ton- 
gerloo  toehoorde  en  nu  in  de  stadsbibliotheek  te  Ant- 
werpen is.  De  ruit  is  echter  verdwenen  uit  de  plaat 
beschreven  bij  Weale  onder  n'  403  (Netherlandish  rub- 
bings)  en  die  anders  veel  gelijkenis  met  het  paneel  van 
het  Mechelsch  register  heeft;  en  uit  het  paneel  met  het 
Antwerpsch  stadswapen  en  het  omschrift  3-obannes  (  t>e 
WOllC)a  I  me  fecit  [  antwerpie  op  het  dusgenaamde  «  keur- 
boek  metten  doppen  »  in  het  archief  der  stad  Antwerpen. 

5.  —  De   stadsbibliotheek   van    Mechelen   bezit   een 
exemplaar  der  eerste  uitgave  van  Franciscus  Vervoort's 


(i)  Weale,  Inirod.,  p.  Ixij. 

(2)  Weale,  Catalogue,  R.  329  ;  bij  nadere  beschouwing  van  het  wrijfsel 
bleek  de  naam  wel  de  wouda,  niet  de  woudix  te  zijn. 


200  BOEKBANDEN 


De  pane  angelormn,  bezorgd  door  Pater  Petro  Godefridi 
(Leuven,  Reynier  van  Diest,  i552.  «  Men  vintse  te  coope 
tôt  den  huyse  van  Aert  Peeters,  woonende  tôt  Mechelen 
in  die  Eeghemstrate,  teghen  over  het  huys  van  der 
Aa)  »  (i).  De  band  is  vernieuwd;  oude  dekselbekleedsels 
van  bruin  kalfsleder  beprent  met  een  grooten  stempel 
zijn  er  op  ingelegd.  Die  stempel  (97x63)  is  samengesteld 
uit  twee  paneelen  gescheiden  door  eene  fries  (i3x63)  met 
vier  vakken  ;  in  elk  vakje  een  dier  :  i.  een  hond,  2.  een 
hond,  3.  een  everzwijn,  4.  een  hond;  het  eerste  paneel 
(62X41)  is  overlangs  in  twee  vakken  verdeeld,  elk  met 
eene  rij  van  vier  dieren  geplaatst  in  de  bochten  en  ranken 
van  een  wijngaardtak;  omschrift  :  IDe  pi'Ofun&ÎS  |  Clamaui. 
a^  te  ^omîne  |  bomtne  |  ejauM.  vocem.  meam  ;  het  tweede 
paneel,  even  groot  als  het  eerste,  vertoont  dezelfde 
ordinantie  al  zijn  de  dieren  niet  dezelfde  als  die  der 
overeenstemmende  rijen  in  het  eerste  paneel  ;  omschrift  : 
o|m«Jia.  si  perlas  '.  famâ.  seruare.  mémento  |  qua.  semel  | 
amlssa.  nula.  reuisio.  erît. 

Dezelfde  in  één  stempel  vereenigde  paneelen  en  fries 
staan  op  het  achterste  plat  van  de  handschriften  n'  5067 
—  een  franciskaner  processionaal  uit  de  16'  eeuw  —  en 
n""  4651  —  een  gebedenboek  uit  de  iS*"  eeuw  —  in  de 
Koninklijke  Bibliotheek  te  Brussel;  de  bestanddeelen 
worden  00k  beschreven  door  Weale  (R.  408)  die  ze  aan- 
trof  op  een  Nederlandsch  Getijdenboek  berustend  in  het 
aartsbisschoppelijk  Muséum  te  Utrecht.  Uit  andere 
elementen  samengestelde  stempels  van  dien  aard  ver- 
sieren  twee  banden  in  de  bibliotheek  van  het  Muséum 
Plantin-Moretus,  B  t32i  (i5o8)  en  B25o4(i5i3);  deze 
laatste  in  dezelfde  als  die  van  n'  i3i09  (i522)  in  de  Ant- 
werpsche  Stadsbibliotheek. 


Il)  Het  laatste  folio,  waarop  drukker  en   verkooper  vermeld  zijn,  ont- 
breekt  in  het  exemplaar. 


UIT    DE    l5^    EN    DE    l6'    EEUW  261 

6.  —  Het  papieren  register  waarin  zijn  opgeteekend 
de  legaten  door  de  gildebroeders  van  den  ouden  voetboog 
vermaakt  aan  de  «  Gulden  van  den  Ridder  Sint  Joorys  » 
—  het  boek  der  «  doodschulden  »  —  diende  van  i526  tôt 
iSgo.  Het  is  gebonden  tusschen  eiken  berderen  (220X  i55) 
met  schuine  kanten,  overtrokken  met  bruin  kalfsleder. 
Een  bedreven  hand  heeft  op  ieder  plat  met  dubbele  filets 
eene  lijst  met  twee  zoomen  (5  mm.)  afgeteeken ;  tusschen 
de  zoomen  is  de  lijst  12  mm.  breed  en  versierd  bij  middel 
van  drie  stempels  :  op  de  hoeken  een  vierkant  (10)  met 
een  figuurtje  dat  een  draak  mag  wezen;  op  de  langere 
zijden  eene  rij  afdrukken  van  een  driemaal  gebogen  tak 
waaraan  drie  bloempjes  zitten  en  die  in  een  rechthoek 
gesneden  is  (6X20);  op  de  kortere  zijden  een  rechthoek 
(6,5X22)  waarin  men  een  hond  bemerkt  die  een  vluchtend 
dier  vervolgt.  De  spiegel  (i38X73)  van  het  plat  is  door 
dubbele  filets,  die  overhoeks  loopen  en  de  zijdemiddel- 
punten  twee  aan  twee  verbinden,  in  vier  ruiten  en  acht 
driehoeken  verdeeld;  op  de  snijpunten  een  zesbladerig 
bloempje;  in  elke  ruit,  overhoeks  geplaatst,  een  vier- 
kante  stempel  (i3)  met  een  loopend  grifFoen;  in  elken 
driehoek  een  klimmende  leeuw^  in  een  vierkant  (10);  bij 
de  hoeken  van  het  plat  een  vijfbladerig  rozet.  Twee 
koperen  gegraveerde  sloten  ;  de  rug  is  met  een  lap  Ieder 
beplakt.  Perkamenten  schutbladen. 

7.  —  De  rekeningen  van  het  vischverkoopersambacht, 
van  i486  tôt  1543,  zijn  geschreven  in  een  papieren  regis- 
ter, voorzien  van  een  slappen  omslag  van  bruin  Ieder, 
waarvan  de  klap  de  voorsnede  en  deels  het  voorste  plat 
bedekt.  Die  registerband  is  merkwaardig  om  de  zorg 
besteed  aan  de  versiering  en  om  de  verscheidenheid  der 
stempels.  Op  voor-  en  achterkant  (295X180)  omvat  een 
breed  raam,  bezoomd  door  driedubbele  filets,  een  veld 
dat  in  ruiten  verdeeld  is  door  diagonalen  en  bands-  en 


202  BOEKBANDEN 


baarsgewijze  loopende  dubbele  filets,  die  de  punten 
veibinden  welke  elke  der  vier  zijden  in  vier  verdeelen.  In 
elke  ruit  staat  een  ronde  stempel  (D.  i3);  de  sujekten 
zijn  :  ecn  meermim,  een  duif  met  stralenkroon  (voorstel- 
ling  van  den  H.  Geest?),  een  klimmende  leeuw  ;  in  de 
driehoeken  langsheen  de  zijden,  een  sterretje;  op  de 
raamzijden,  afdrukken  van  eene  lelie  in  een  vierkant 
(8  mm.);  op  de  hoeken  van  het  plat,  een  dubbele  arend  in 
een  vierkant  (ii  mm.);  op  het  vak  der  klap,  welke  de 
voorste  snede  bedekt,  zijn  rijen  van  twee  vierkante 
stempels  geplaatst  :  den  dubbelen  arend  en  het  Godslam; 
dit  vak  heeft  eene  lijst  van  afdrukken  van  een  kleinen 
loofwerkstempel  ;  op  de  roode  rugriemen,  tôt  versterking 
der  ribben  aangebracht,  is  herhaaldelijk  een  schildje  met 
drie  ossekoppen  geprent. 

8.  —  Een  papieren  rentenboek  van  het  Begijnhof, 
getiteld,  f.  i"""  :  «  Dese  boeck  weert  geschreuen  jnt  laer 
ons  heere  docn  menscref  xv'  ende  vertich  inhouwende 
allen  die  renten  vanden  couenten  wt  oude  boecken 
ghescreuen  ende  vernyevet  »,  heeft  een  slappen  omslag 
van  bruin  kalfsleder  (285X2o5);  driedubbele  filets  teeke- 
nen  twee  ramen  af,  het  eerste  belegd  met  afdrukken  van 
een  uitgespreide  roos  (D.  i8),  het  tweede  met  overhoeks 
geplaatste  vierkanten  (i5)  waarin  een  rozetvormig  orna- 
ment  vergezeld  is  van  een  letter  aan  elke  zijde  :  n,  b,  Q  [?J, 
a  [?],  de  ingesloten  ruimte  is  bedekt  met  vier  staande 
rijen  stempels,  onder  en  boven  door  een  liggende  rij 
begrend;  die  afdrukken  vertoonen  slechts  twee  sujekten  : 
een  draak  en  een  zittenden  aap.  De  achterzijde  van  den 
omslag  is  eenvoudiger  :  een  omlijst  veld  verdeeld  in  vier 
ruiten  en  acht  driehoeken;  op  dit  plat  treft  men  enkel  de 
twee  eerst  gemelde  stempels  aan. 

g.  —  Drie  werken  van    Dodoens,  gedrukt  bij  Chris- 


UIT    DE    l5'    EN    DE    l6^    EEUW  203 

toffel  Plantin  in  i566,  iSôgen  1574,  zijn  samengebonden 
in  wit  zvvijnsleder  op  karton  (174x96).  H  et  voorste 
deksel  is  beprent  met  een  paneel  (ii3X74)  waarvan  het 
middendeel  een  ovaal  is  ;  daarin  ziet  men,  boven  den 
genadestoel,  Christus  aan  het  kruis;  aan  weerszijden  een 
bordje  met  drieregelig  opschrift  (onleesbaar)  ;  onder  de 
armen  van  het  kruis  de  initialen  H  V  M  ;  boven  het 
ovaal  de  Duive  in  een  stralenkrans  en,  in  het  weelderig 
lijstwerk,  twee  engelen  die  met  een  kelk  het  bloed  uit  de 
wonden  van  Christus  opvangen;  de  rechterengel  draagt 
een  kruis,  de  linker  de  zuil  der  geeseling;  lager  zitten 
kleiner  engelen  met  de  werktuigen  der  Passie  en  in  de 
vier  hoeken  bemerkt  men  de  gevleugelde  zinnebeelden 
der  evangelisten  ;  eene  plint  onder  het  ovaal  draagt 
den  volgenden  tekst  : 

SIC.    DEVS.    DILEXIT.    MVNDVM.    OMNI 
S.    QVI.    CREDIT.    IN.    EVM.  NO 

N.    PEREAT.  SED.  HABET 

VITAM.  AETERNAM 

Het  achterste  plat  vertoont  een  paneelstempel  (112X76) 
met  een  nauw  boordetje  vol  ornament  rond  een  viervou- 
dige  lijst  :  twee  rechthoeken,  eene  ruit  en  een  ovaal 
dooreengestrengeld  en  met  loofwerk  versierd  ;  in  het 
ovaal  is  Christus  afgebeeld,  staande  bij  de  bron  met  de 
Samaritaansche  vrouw;  daaronder  : 

VIE    CHRISTUS    MIT 
DEM    SAMARISCH 
EN    WEIB    RET    I4O 

Boven  het  ovaal  bevindt  zich  een  schildje  met  de  ini- 
tialen H  V  M. 

Op  ieder  plat  is  het  paneel  omringd  met  een  rolor- 
nement  van  versierde  pijlers. 


264  BOEKBANDEN 


Er  zijn  overblijfsels  van  twee  paar  groene  fluweelen 
linten  aan  het  boek.  De  snede  is  rood. 

Op  de  binnenzijde  van  het  voorste  deksel  ziet  men, 
behalve  «  Ex-libris  de  Cannait  d'Hamale  «,  in  oud 
schrift  :  Joh.  Wôllf.  G.  Ulm.;  op  de  binnenzijde  van  het 
achterste  deksel  :  Costcn  aile  3  theil  sampt  dcin  bimdt  2  s. 
3  k. 

Het  paneel  van  het  achterste  plat  is  beschreven  door 
Weale  (R.  812)  naar  het  wrijfsel  van  den  band  van  een 
handschrift  vervaardigd  door  broeder  Joris  Keyffer,  van 
het  Elchinger  klooster  bij  Ulm.  Weale  heet  die  band  een 
Zwabische,  gemaakt  omstreeks  i585. 

De  initialen  H  V  M  kunnen  even  goed  die  van  den 
stempelsnijder  als  die  des  binders  zijn. 

Opmerkelijk  is,  op  den  band  der  Mechelsche  stads- 
bibliotheek,  het  Duitsche  opschrift  van  het  tweede 
paneel  :  tusschen  de  talrijke  Duitsche  kloosterbanden, 
door  Weale  beschreven,  is  er  geen  enkel  waarop  een 
bijbelsche  voorstelling  in  de  volkstaal  is  toegelicht;  in 
den  rijken  Katalog  der  im  germanischen  Muséum  vorhande- 
nen  interessanten  Bucheinbande  und  Teile  von  solchen,  189g, 
wordt  slechts  éen  paneel  van  dien  aard  vermeld  ;  het 
staat  in  gouddruk  op  den  band  n""  257  ;  twee  andere, 
waarvan  een  in  reproductie,  vindt  men  beschreven  in 
J.  &  J.  Leighton's  prijscatalogus  :  Catalogue  of  early 
printed,  and  other  interesting  books  (igoS),  onder  n'  5533, 


Prosper   Verheyden. 


Mechelsche   Boekbinders 


IN   DE    14e.    IS'^   EN    lô'"  EEUW 


N  eene  nota  over  boekbanden  en  omslagen  uit 
^  de  iD""  en  de  i5^  eeuw,  bewaard  in  de  Mechel- 
sche stadsbibliotheek  en  archieven,  werden 
eenige  fraaie  werken  van  Mechelschen  oor- 
sprong  beschreven.  Het  register  1486-1543  der  Visch- 
verkoopers,  het  boek  der  ordonnanciën  van  de  rede- 
rijkerskamers,  het  zoogezegd  «  Sententieboek  »  der  Gilde 
van  den  Ouden  Voetboog  en  het  doodschulden-register 
dezer  Gilde,  het  rentenboek  van  het  Begijnhof  vertoonen 
een  groote  verscheidenheid  van  zeer  keurig  versierings- 
gereedschap.  Zij  veroorloven  te  bevestigen  dat  te  Meche- 
len,  in  de  iS"  en  de  16^  eeuw,  boekbinders  werkzaam 
w'aren,  die  hun  ambacht  grondig  kenden  en  van  de 
stempels  —  wellicht  geleverd  door  de  zegelstekers  wier 
namen  zoo  menigwerf  in  onze  stadsrekeningenvoorkomen 
—  een  oordeelkundig  en  smaakvol  gebruik  wisten  te  maken . 
Wie  die  banden  vervaardigde  weten  wij  wel  niet  ;  maar 
de  stadsrekeningen  leveren  de  namen  eener  reeksbinders, 
die  in  de  14%  iS'^  en  lô*"  eeuw  de  registers  van  het 
gemeentebestuur  maakten.  Het  spreekt  van  zelf  dat 
zulk  wxrk   geen  aanspraak    op   kunstwaarde    heeft;   de 

18 


266  MECMELSCHE    BOEKBINDERS 


folianten,  die  ons  uit  dien  tijd  overblijven,  zitten  aile  in 
den  eenvormigen  «  hoornen  »  omslag.  Stevigheid  ont- 
breekt  er  niet  aan  en  zij  hebben  op  modem  werk  althans 
dit  vooruit,  dat  ze  van  kloeke  ribben  en  besteekbanden 
van  gevlochten  riempjes  voorzien  zijn  ;  maar  zij  laten 
niet  toc,  aan  de  vervaardigers  meer  dan  de  destijds 
gewone  handigheid  toe  te  kennen.  Het  zou  dus  weinig 
belang  opleveren,  de  namen  dier  vaklieden  op  te  zoeken, 
indien  we  niet,  minstens  voor  de  i5^  en  de  i6^  eeuw,  waar- 
devoller  Mechelsch  werk  bezaten.  Zonder  dit  rechtstreeks 
in  verband  te  brengen  met  de  boekbinders  die  voor  de 
stad  werkten,  mogen  wij  wel  aannemen  dat  de  gemeente 
zich  wendde  tôt  de  meest  ervaren  onder  hen,  zoodat  het 
nut  kan  hebben,  hunne  namen  en  het  tijdvak  hunner 
werkzaamheid  bekend  te  maken  :  wellicht  wordt  eens 
kunslrijk  werk  aangetroffen,  dat  door  hen  werd  voort- 
gebracht. 


Niet  altijd  vermelden  de  stadsrekeningen  in  de  «  vuyt- 
gheven  van  menigherande  dinghen  »  en  soms  in  «  der 
stad  werke  »,  den  binder,  die  de  «  rekeningheboecken  » 
maakte  en  in  een  omslag  zette.  Vôôr  1378  en  van  1462 
tôt  154g  treft  men  slechts  naamloos  bindwerk  aan.  Gere- 
geld  worden,  vôôr  1 365-66,  sommen  besteed  aan  «  pau- 
pier,  francsiin,  perkement  »,  maar  slechts  in  laatstge- 
noemd  jaar  (f.  67)  wordt  g  schellingen  groots  uitgegeven 
«  van  iij  paupierboeken  te  bindene  ».  In  i378-7g  wordt 
voor  't  eerst  de  boekbinder  genoemd. 

Boekbinders  vermeld  in  de  stadsrekeningen 

1378  tôt  i38i.  Brueder  Jan  van  Thorout. 
i383-i386.  Claus  Willebeys. 
i387-i38g.  Jan  Baninc. 


IN    DE    14%    l5^   EN    16''    EEUW  267 

1392-1398.  H(er)  Frizo. 
1400-1412.  Jan  Baninc. 
1412-1446.  Peter  van  Ghestele. 
1446- 1462.  Her  Vastraert  Baninc. 
1 535-36.  «  Den  boeckbinder  achte  Ste  Rom.  torre  ». 
i549-5o.  Peeter  Draecx. 

i55o-i56o.    Steven   de    boeckbindere,    Steven    vander 
Beecke, 

i56o-i567.  Gommaer  Coppens. 

i562-63.  Lysken  Draecx. 

i563-i58o.  Jan  Mynsheeren. 

i569-r58o.  Vincent  Mûris. 

i58i-i583.  Lincken,  weduwe  Jan  Mynsheeren. 

1583-84.  Aert  M  eu  ri  s. 

i585-i643.  Hans  (Jan)  van  Campenhout. 


In  1378  was  dus  een  monnik,  «  brueder  Jan  van 
Thorout  »,  stadsboekbinder  en  de  «  her  Vastraert 
Baninc  »,  die  van  1446  tôt  1462  registers  maakt,  is,  te 
oordeelen  naar  den  titel  die  hem  gegeven  wordt,  een 
priester.  Wellicht  is  00k  Frizo,  die  van  1392  tôt  1398 
boeken  bond  voor  de  gemeente,  een  geestelijke  :  vôôr 
zijn  naam  staat  telkens  h.  Dat  het  magistraat  zich  in  de 
14^  en  i5^  eeuw  heihaaldelijk  tôt  geestelijken  wendde 
kan  op  de  schaarsheid  vàn  leeken-boekbinders  wijzen  of 
op  de  grootere  vaardigheid  der  eersten.  Het  is  bekend 
dat  het  boekschrijven  en  inbinden  in  kloosters  en  zelfs 
bij  priesters  gehecht  aan  parochiekerken  (i)  een  gelief- 
koosde  bezigheid  was. 

De  Mechelsche  geestelijken,  die  als  stadsboekbinder 
optreden,  staan  niet  alleen  :  in  1421-22  vertrouwde  de 


(i)  Léo  de  Burbure.  Toestand  der  heeldende  kimsten  te  Antwerpen,  omirent  1454, 
bl.  28-37. 


208  MECHELSCHE    BOEKBINDERS 

stad  Gend  haar  boekbinderswerk  toe  aan  een  Witte- 
broeder,  in  1473  aan  priester  Pieter  Cools  en  verder  aan 
de  «  Fraters  »  of  Hieronymieten,  die  van  1430  tôt  iSôg 
arbeidden  (i).  Te  Binche  bonden  Jakème  Brissot  en 
Jakème  de  Germez,  priesters,  een  missaal  op  kosten  der 
stad  (2),  in  i3g3-g4. 

Enkele  onzer  boekbindeis  kregen  van  de  stad  een  ver- 
goeding  voor  de  materialen  ten  behoeve  van  de  register- 
banden  gebruikt  ;  soms  wordt  de  levering  van  omslagen 
vermeld.  Peter  van  Ghestele  en  Her  Vastraert  Baninc 
voorzien  de  stadsklerken  van  inkt.  Perkament  en  fran- 
sijn  worden  doorgaans  geleverd  door  een  Willem,  een 
Claus,  een  Jan,  die  «  de  perkementer  »  worden  genoemd  ; 
papier,  zoo  «  vander  groten  als  der  cleynen  forme  »,  door 
talrijke  ingezetenen  ;  de  voorraad  wordt  echter  00k  vaak 
opgedaan  ter  markt  van  Antwerpen  of  Brugge.  Er  kan 
geen  spraak  van  zijn,  al  de  posten  der  rekeningen,  die 
de  boekbinders  betreffen,  mede  te  deelen  ;  het  opstel 
ervan  blijft  jaren  lang  bijna  onveranderd.  Voor  elken 
binder  zijn  hier  nochtans  de  eerste  en  de  laatste  vermel- 
ding,  00k  die  welke  eenig  belang  kunnen  opleveren, 
overgeschreven. 

Brueder  Jak  VAX  iHOROUT.  —  1 378-79,  f  85.  It.  bfueder  Jan  van 
thorout  van  iiij  papierboeken  te  bindene  ende  van  stoffen  daer  toe 
ghebeseght  ij  in  nouemb  Ixxviij  2  guldene  peter  val  xv  d, 

1 380-81,  f  1 37.  brueder  Jan  van  thorout  van  v  papierboeken  te  bin- 
dene ende  van  stoffen  daer  toe  iiij  s  g°  vlem  val       xviij  d  g°  ij  ing. 

Claus  Willebeys.  —  1383-84,  f.  220.  It.  claus  willebeys  van  iiij 
groten  papierboeken  en  ij  cleinen  papierboeken  te  bindene  ende  te 
makene   ter  stad  behoef  ende  de   wisselboeke  te  bindene  ende  te 


(i)  V.  VAX  DER  Haeghen.  Les  relieurs  gantois  du  XI V^  au  XVII'  siècle  (Bull, 
de  la  Société  d'Histoire  et  d'Archéologie  de  Gand,  1904,  pp.  317-19). 
(2)  PiNCHART.  Archives  des  Arts,  I,  58. 


IN    DE    14%    l5'    EN    16'   EEUW  269 


settene  in  de  grote  oude  boeke  van  iij  Jaren  comt  v  mott  viij  d  g° 
vlem  val  iiij  s  vij  d  g°  i  ing. 

1385-86,  f.  2^1.  —  Claus  willebeys  van  x  boeken  te  bindene  met 
siere  stoffen  die  hi  daer  toe  dede  ende  vte  ende  in  te  scuttene  comt 

vij  s  iij  d  g°. 

Jan  Baninc.  —  1387-88,  f.  146.  —  It.  Joh.  baninc  van  i)  niewen 
wisselboeken  te  bindene  ende  van  i.  wisselboek  te  settene  ende  te 
bindene  int  grote  rekeninghe  boec  comt  te  gader  iij  s  g°  vlem  val 

ix  d  g°  iij  ing. 

1388-89  f.  136''°.  —  Johs  baninc  van  iiijgroten  reken  boeken  te  bin- 
dene ende  te  makene  ende  van  2  wisselboeke  in  een  ander  reken  boec 
te  settene  ende  van  iiij  groten  coffertueren  comt  al  op  ij  s  g°  oud. 

Jan  Baninc  hield  het  stadswerk  niet;  van  1392  tôt 
1398  bond  H.  Frizo  voor  het  magistraat;  in  1400  treffen 
wij  den  eerste  terug  aan  : 

1400- 1401,  f.  143''^  —  Joh  baninc  van  viij  boeken  te  bindene  die 
der  stad  toebehoren  xvj  s  g°  vlem  val  iij  s  vj  d  g°  ij  ing. 

Jaarlijks  wordt  nu  een  som  ingeschreven  ter  betaling 
van  zijn  arbeid,  soms  ook  voor  «  coffertueren  daer  de 
vors.  boeke  in  ghebonden  syn  »  ;  in  1411-12  wordt  h  ij 
voor  de  laatste  maal  vermeld  : 

141 1  12  f.  179'''.  —  Jan  baninc  van  j.  grote  boeke  te  bindene  ende 
te  maken  dat  h  adelyen  heeft,  comt  op  iiij  s  g**  vlems  val 

ix  d  g°  ij  ing. 

H.  Frizo.  —  1392-93,  f.  135.  —  It.  h.  frizo  van  iiij  papier  boeken 
te  bindene  vij  in  december  xcij  iiij  s  viij  d  g°  vlem  val    2  s  iiij  d  g°. 

It.  de  selve  h.  van  v  papierboeken  te  bindene  te  half  october  xciij 
V  s  iij  d  g"  vlem  val  2  s  vj  d  g°. 

1397-98,  f.  153'°.  —  h.  friczo  [0/ fritzo]  van  ij  groten  reken  boeken, 
ende  van  iij  wisselboeken,  ende  van  i.  wissel  bouke  te  settene  in 
I.  reken  boec  comt  op  vij  s  g°  vlem  val  j  s  ix  d  g°. 


270  MECHELSCHE    BOEKBINDERS 

Een  post  der  stadsrekening  van  1 396-97,  waarin  H. 
Frizo  genoemd  wordt,  is  overgedrukt  in  den  Inventaire 
des  Archives  de  la  Ville  de  Malines,  t.  VIII,  p.  425. 

Peter  van  Ghestele.  —  Deze  binder  volgt  onmid- 
dellijk  Jan  Baninc  op  en  blijft  vierendertig  jaar  in 
bediening. 

1412  13,  f.  18;'".  —  p  van  ghestele  van  iii]  wissel  boecken  ende 
ij  rekenboeke  te  bindene  ende  van  vj  coffitorien  comt  op  xviij  s  g° 
vlems  valent  iij  s  vij  d  g°  j  ing. 

Zijne  rekening  steeg  soms  vrij  hoog  : 

1435-36  (onder  :  Vutgheven  van  menegerande  dinghen).  —  peter 
van  ghestele  van  der  stad  wisselboeke  te  binden  vander  stad  assiz 
rolen  van  Incte  ende  van  iiij  ander  boeken  die  de  rentmeester  beze- 
ghen  inden  beyaert  ende  van  j  nuwen  register  te  binden  comt  tzamen 
op  XX  s  g°  mech. 

1445-46,  f.  dix.  —  Item  betaelt  peeteren  van  ghestele  van  gten 
Rkeninghe  boecke  ende  cleyne  te  maken  ende  te  bindene  vander  ass 
Rolle  ende  vanden  ynte  te  leveren  bynnen  desen  Jaer  a°  xlv  xlvj 
comt  op  xvj  s  g°. 

Her  Vastraert  Baninc  (1).  —  Het  zal  wel  niet 
gewaagd  zijn  aan  te  nemen  dat  «  her  Vastraert  Baninc  » 
een  zoon  was  van  Jan  Baninc  en  vaders  bedrijf  voort- 
zette    al    was    hij    geestelijke   geworden.    Cornelis    van 


(i)  De  naam  wordt  soms  vastraert  baning,  vastraert  bauyuck,  fastraert  baninc. 
Is  de  voornaam  een  andere  vorm  van  <'  Fasferad  =  Fastrada,  Fastarada,  q. 
d.  consilii  constans  »;  of  van  «  Fastrad  =  Werdrad,  Frugi  »  (bij  Kiliaen)?  In 
de  lijst  van  Nederlandsche  voornamen,  volgens  een  boekje  van  1726  over- 
gedrukt, met  een  inleiding  van  J.  F.  Willems,  in  \\&\  Belgisch  Muséum,  V.  388, 
komen  rog  voor  :  «  Vast,  Vastert,  Vedastus,  6  febr.,  S^'Ivester,  ult.  d., 
Fastredus,  19  maj'  ». 

Te  Mechelen  bestaat  de  familienaam  Vastraerts  in  de  16''  eeuw  :  «  Jan  de 
scriuer  gheelghieter  f.  qd.  lo.  van  haeltert  es  poerter  eius  pleg.  Augustyn 
vastraerts  »  (Registre  vanden  ghecochten  poorters  11  Juli  1527).  Dat  is  wel 
de  oudere  voim  van  den  huidigen  naam  der  familie  Festraets. 


IN    DE    14%    iS'^   EN    16'    EEUW  27I 

Wouwe  of  de  Wouda,  boekbinder,  koster  en  later 
priester  en  kapelaan  in  O.  L.  Vrouwekerk  te  Antwerpen, 
en  Lambrecht  Rait,  een  boekbinder  die,  kanunnik  der 
zelfde  kerk  geworden,  zijn  gereedschap  legateerde  aan 
Peeter  van  den  Houte,  een  jongen  priester  (i),  leveren 
voorbeelden  van  die  gehechtheid  aan  het  ambacht. 

1446-47,  f.  clxv.  —  Ghegeuen  her  vastraert  Baninc  vande  groten 
ende  cleynen  Rekeninge  boeken  te  bindene  ende  te  maken  metten 
assize  Rollen  ende  van  Inte  te  leuern  bynnen  desen  jare  comt  tzamen 
op  xvj  s  g°. 

I46i-62,f.clxvij'''°.  —  bet.herfastraert  baninc  vande  grote  Registeren 
ende  cleynen  boexken  te  byndene  vanden  ass  rollen  groet  ende  cleyn 
te  maken  ende  van  allen  den  Incte  binnen  den  Jaer  te  leuerene  comt 
op  xvij  s  g°. 

Van  dan  af  tôt  negentig  jaar  later  treft  men  geen 
namen  van  boekbinders  in  de  stadsrekening  meer  aan  : 
de  jaarlijksche  uitgave  wordt  ingeschreven  zonder  ver- 
melding  van  den  ambachtsman.  Ook  wanneer  hij  belang- 
rijker  werk  dan  het  maken  van  registers  verricht  wordt 
zijn  naam  verzwegen  : 

1512-13,  f.  218.  —  Betaeit  van  eenen  boecke  vander  gesten  van 
Rome  gecocht  ter  stad  behoef  coste  vj  s  iij  d  ende  van  bindene  iij  s 

ix  s  iij  d. 

In  1 535-36  wordt,  bij  een  ander  buitengewoon  werk, 
gewag  gemaakt  van  «  den  boeckbinder  achte  Ste  Rom. 
torre  »,  maar  het  gewone  werk  blijft  naamloos  : 

1535-36,  f.  ij"  xxij''^.  —  bet.  den  boeckbinder  achte  Ste  Rom.  torre 
vanden  slapere  te  verbinden  ende  vermaken  viij  s. 

Idem  f.  ij'  xxvij.  —  betaeit  vanden  Registers  metten  cleynen  boecx- 


(i)  Zie  ridder  Léo  de  Burbure,  t.  a.  p. 


272  MECHELSCHE    BOEKBINDERS 

kens  te  doen  maken  ende  binden  vanden  assyze  RoUen  ende  Incte 
van  desen  Jaere  xx  s. 

Peeter  Draecx.  —  In  i54g-5o  werden  de  privilegiën 
der  stad  verzameld  en  overgeschreven  in  een  foliant  dat 
ingebonden  werd  door  Peeter  Draex  : 

1549  50,  f.  242'".  —  Item  betaelt  Peeter  Draex,  boeckbindere,  voer 
eenen  boeck  te  binden  dienende  totter  privilégie  iiij  s  (i). 

Dit  privilegieboek  bestaat  nog,  maar  het  werd  in  de 
17'  of  18'  eeuw  herbonden.  Hoewel  Draecx  in  de  stads- 
rekeningen  van  1 585-86  vermeld  wordt  treft  men  van 
hem  geen  ander  boekbinderswerk  aan.  In  het  Imposten- 
boek  van  1544  staat  hij  aangeteekend  als  boekbinder  (2) 
(hij  woonde  toen  in  het  «  Tooverstraetken  »,  dat  het 
huidige  Krankenstraatje  op  het  Beggijnhof  is)  (3).  Even- 
als  voor  eenige  andere  onbemiddelde  burgers,  wordt  bij 
zijn  naam  geschreven  :  «  pauper  ».  In  i55o  vindt  men 
hem  reeds  als  boekverkooper  gevestigd  en  wij  zuUen  hem 
in  die  hoedanigheid  nader  leeren  kennen  in  aanteeke- 
ningen  betreffende  de  Mechelsche  boekhandelaars  der 
16"  eeuw.  Voor  Christoffel  Plantin,  met  wien  hij  van 
i558  tôt  i58o  zaken  dreef,  verrichtte  hij  arbeid  die  aan 
zijn  vroeger  ambacht  herinnert  :  in  i556  worden  op  zijn 
krediet  i5  gulden  en  later  nog  6  gulden  ingeschreven 
voor  het  opplakken  en  kleuren  van  landkaarten  (4)  : 

1566.  Adi  9''  februarij  doibt  avoir... 

pour  avoir  mis  sur  toille  et  painct  pour  nous  12  Cartes  de  Mercator 
ascavoir  Europa  a  s.  25  la  P.  val.  fl  15  s-  d- 


(i)  V.  Hermans,  Inventaire  des  archives  de  Maliiies,  t.  VIII,  p.  2. 

(2)  V.  Hermans,  t.  a.  p.,  bl.  i3o. 

(3)  G.  VAN  Casthr,  Histoire  des  rues  de  Malines  et  de  leurs  monumeiiis,  p.  171. 

(4)  Archieven  van  het  Muséum  Plantin-Moretus.  Register  XL(Grootboek), 
f.  68. 


IN    DE    14',     l5'    EN    16'    EEUW  2^2> 

pour  façon  de  10  Anglia  Marcatoris  quil  a  mis  sur  toille  et  painct 
a  s.  12  la  P.  val.  fl  6  s-  d- 

In  het  niet  gedagteekende  verzoekschrift  (i),  dat  de 
«  geadmitteerde  boecvercoopers  Peeter  Draex,  Jan  van- 
den  poêle,  Jan  myns  Heeren,  Jan-  Franchoys,  ende  Vin- 
cent Murus  ))  zonden  «  Aen  de  Eer  :  discrète  Heeren 
Schoutet,  Comunim[eeste]rs  ende  Schepenen  der  stadt 
van  Mechelen  »  —  en  dat,  zooals  in  een  opstel  over 
de  Mechelsche  boekhandelaars  zal  aangetoond  worden, 
tusschen  iSyo  en  Augusti  1572  geschreven  werd  — 
wordt  gezegd  «  dat  de  supplianten  anders  niet  en  hebben 
om  hare  cost  mede  te  winnen,  dan  met  boecken  te  ver- 
coopen  ».  't  Zou  bewijzen  dat  Draecx  toen  bepaald  van 
het  boekbinden  had  afgezien,  zoo  we  niet  met  zekerheid 
wisten  dat  minstens  drie  der  «  supplianten  »,  namelijk 
Jan  Mynsheeren,  Vincent  Mûris  en  Jan  vanden  Poêle, 
wèl  nog  een  andere  broodwinning  dan  hunnen  han- 
del  in  boeken  hadden  :  de  beiden  eerste  binden  regis- 
ters  voor  de  stad  in  i563-i58o  en  iSôg-iSSo  en  Lys- 
bet  Draecx,  de  vrouw  van  Jan  vanden  Poêle,  wordt 
nog  in  1570  in  de  stadsrekeningen  «  boeckbinnersse  » 
genoemd. 

In  de  laatste  dagen  zijns  levens  is  het  nog  bekend,  dat 
Draecx  weleer  «  boeckbinder  van  zijn  styl  »  was,  Wan- 
neer  zijn  handel  ten  gronde  is  gegaan,  hijzelf  door 
ouderdom  en  ziekte  ondermijnd  is  en  armer  geworden 
dan  toen  hij,  eenenveertig  jaar  vroeger,  in  het  Toover- 
straetken  woonde,  ontvangt  hij  wekelijks  een  aalmoes 
van  de  stad  en  hoewel  hij  nog  in  1584-85  «  boeckver- 
cooper  »  genoemd  wordt  krijgt  men,  de  laatste  maal  dat 


(i)  P.-J.  VAN  DoREN,  p.  V.  Hermans,  Inventaire  des  archives  de  la  ville  de 
Malines,  t.  VI,  p.  166.  De  tekst  van  het  stuk  is  —  tamelijk  slordig  —  over- 
gedrukt  in  F.  E.  Delafaille's  Bijdragen  iot  opheldering  der  geschiedenis  van 
Mechelen,  I,  bl.  176. 


274  MECHELSCHE    BOEKBINDERS 

zijn  naem  in  de  rekeningen  voorkomt,  een  herinnering 
aan  zijn  vroeger  bedrijf  : 

1585-86,  f.  cxxvj'°.  —  Betaelt  Peeteren  Draecx  oudt  impotent  ende 
ongevallich  man,  boeckbinder  van  zijn  styl,  hem  in  puerder  aelmoeser 
gegeven  van  mynen  heeren  vander  weth,  aile  weken  twelfF  stuvers, 
begonst  den  vierthiensten  Novembris  Lxxxv,  totten  xxv  Decembris 
daer  naer,  Beloopende  bij  vier  zyner  quit  ter  somme  van   iij  £  xij  s. 

We  mogen  dus  aannemen  dat  de  man  kort  na  Kerst- 
mis  1485  overleden  is. 

Steven  vander  Beecke.  —  Tien  jaar  lang  vindt  men 
Steven  vander  Beecke  in  elke  stadsrekening  tôt  driemaal 
toe.  Hij  maakt  en  bindt  registers  en  levert  papier  en  inkt  : 

1550-51,  f.  ij"  xxj'°.  —  bet.  Steven  de  boeckbindere  voor  twee 
groote  boecken  te  binden  dienende  inden  conthoire  vanden  Reken- 
m[eesters],  ende  andere  diveerssche  crauwenen  ts"  xvj  s. 

1557-58,  f.  ij"  Ixxxiij.  —  Betaelt  steven  vander  beecken  boeck- 
bindere van  dat  de  zelve  der  stadt  gelevert  heeft  diveersche  Registers 
pampier  ende  Inck  per  ordonn  ende  quitan  xv  £. 

(Andere  posten  in  dezelfde  rekening  f.  ij'  Ixxxvj  en 
ij^-  xc). 

1559-60,  f.  326.  —  Betaelt  steven  de  boeckbindere  van  diversche 
Registers  ghebonden  thebben  ende  voir  diverssche  leveringhe  van 
pampier  ende  Inck  per  ordonn  ij  £  ix  s. 

(Zie  00k  f.  327^°  en  333). 

Hij  werkte  wel  eens  voor  Sint-Janskerk  :  in  de  rekening 
dezer  parochie,  1541-42,  f.  xix'°  staat  : 

Item  den  boeckbindere  int  scoelstraetken  heeft  gebonden  ende 
gerepareert  diversche  boecken  in  onse  kercken  daer  af  dat  hy  hebben 
wilde,  ierst  van  een  papieren  missaelke  sestien  stuvers,  Noch  van  vier 
boecken  groot  ende  cleyne,  daer  de  doppen  ende  sloeten  aen  ghe- 


IN    DE    14%     l5'    EN    16^    EEUW  276 


broecken  waren,  dertich  stuvers,  Item  van  twee  AnthifFeneers  te 
herbinden,  vanden  eenen  sesse  gulden,  ende  vanden  anderen  viere 
gulden,  Noch  van  eenen  parkement  missael  te  herbinden  vanden 
booms  gelaten  (i),  twee  gulden  thien  stuvers,  Somma  tsamen  xiiij 
gulden  xvj  stuvers,  ende  men  es  met  hem  overcomen  ende  hem 
betaelt  met  grooter  bee,  met  Elfve  guldenen,  valen.    ij  Th  xv  se  bra. 

«  Den  boeckbinder  int  scoelstraetken  »  is  immers 
niemand  anders  dan  Steven  vander  Beecke  :  in  het 
Impostenboek  van  1544  ziet  men,  onder  de  inwoners  van 
de  «  Scoelstraete  oft  Lachelstrate  »   : 

Steven  de  boeckbinder,  [huert]  voer  xvij  guld,  v'  ij  guld  xi  s. 

In  «  Tboeck  vanden  x"  ende  xx"  penninck  »,  van  i55g, 
is  aangeteekend  : 

Schoelstrate  ....  Steven  vander  beeke  boeckbinder  huert  tôt  xviij 
gui.  V''  den  x''  en  xx=  ij  £  viij  s. 

Een  post  uit  de  rekening  van  Sint-Janskerk  van  i553- 
54  (f.  xiij™)  bepaalt  nadert  zijn  adres  : 

Item  betaelt  den  boeckbindere  tegen  over  de  groot  schole  woen- 
nende  van  te  versiene  den  souter  gescreven  In  parkement  ende 
tgraduael  met  Latoenen  platen  ende  oick  den  voerss.  souter  te 
herbinnen  voer  al  tsamen  twee  Rinsgulden  ende  eenen  stuver 
makende  x  s  iij  d. 

De  begrafenis  van  dezen  boekbinder  is  als  volgt  op- 
geteekend  in  het  doodenregister  van  St-Romboutskerk  : 

1560.  Den  xvij*^^"  october.  Steven  vander  beeke  den  boeckbinder 
inde  scoelstrate  op  viij  %  [wasj  xx  s. 

In  de  stadsrekening  van  1 562-63  wordt  natuurlijk  een 
vergissing  begaan  wanneer  daar  geschreven  wordt  : 


(i)  Aan  de  kerk  nagelaten  door  leden  der  familie  Booms. 


276  MECHELSCHE    BOEKBINDERS 

f.  331''°.  Betaelt  Steven  de  boeckbinder  van  sekere  nyeuwe  Registres 
voor  den  Clercken  vanden  trésoriers  gemaect  ende  ghebonden  Item 
merten  de  Lersmaker  vanden  standaert  te  dragene  in  Julio  Ixiij 
tsamen  xxix  s. 

De  klerk  heeft  Gummarus  Coppens  bedoeld,  die  dade- 
lijk  na  Steven  vander  Beecken's  dood  stadsboekbinder 
wordt. 

Gummarus  Coppens.  —  De  man  is  ons  alleen  uit  de 
stadsrekeningen  bekend,  waarin  zijn  naam  voorkomt 
van  i56o  tôt  iSôy,  de  laatste  maal  met  dien  van  Jan 
Mynsheeren,  die  terzelfder  tijd  als  Coppens,  en  00k  in 
1 563-04,  voor  de  stad  registers  bindt. 

1560-61,  f.  iij'  xxxvii)^".  —  Betaek  gomair  coppens  boeckbinder 
voir  tbinden  van  seker  Registres  voir  tcomptoir  soe  vanden  assysen 
als  impost  xvj  s. 

1562-63,  f.  iij''  xxii).  —  Betaelt  Gommaer  coppens  boeckbinder 
vander  stadt  van  dat  de  selve  binnen  desen  Jaere  gebonden  heeft 
diverssche  boecken  Registers  vande  renten  int  rood  Leder  met 
dobbele  sloten  mitsgaders  vanden  Leveringe  vanden  assyse  roUen  in 
octobri  Ixij  den  clercken  vanden  trésoriers  gelevert  blyckende  by  drye 
ordonn  beloopende  iiij  £  xix  se. 

1566-67,  f.  236.  —  Betaelt  gommare  coppens  ende  Jan  myns  heeren 
boeckbinders  van  datse  bynnen  desen  laere  tôt  behoefve  vander  stadt 
diverssche  boecken  Registres  ende  anderssins  voerde  stadt  gebonden 
hebben  met  eenige  leveringhe  van  pampier  alst  blyct  by  zesse  ordinan 
comende  op  x  ij  £  vij. 

LijSBETH  Draecx.  —  Van  iSSj  tôt  iSyS  wordt  Lijs- 
ken  of  Lijsbeth  Draecx,  «  boeckvercoopersse  onder 
stadthuys  )>,  «  cremersse  »  en  «  boeckbinnersse  »  door 
de  gemeente  betaald  voor  het  reinigen  der  «  logie  »  van 
het  stadhuis,  voor  het  «  cleeden  »  dier  plaats,  —  dat  is 
voor  het  spannen  van  een  zeii  ter  beschutting  voor  de 
zon,  —  voor  het  leveren  van  almanakken  en  andere 
boeken  en  eindelijk  voor  het  binden  der  stadsrekeningen 


IN    DE    14.%    iS"    EN     16^    EEUW  277 

in  hoornen  omslagen,  —  dit  laatste  echter  alleen  in  i562- 
63  :  (i) 

1562-63,  f.  320.  —  Betaelt  Lysken  Draecx  boeckvercoopersse  van 
dat  de  selve  binnen  desen  jaere  gereynicht  ende  gekeret  heeft  de  logie 
vanden  stadthuyse,  mitsgaders  vande  leveringe  van  diverssche  alma- 
nacken  ende  van  dbinden  vande  groote  registers  vander  stadt  reke- 
ninge  in  hoorne  copperkels  in  Decembri  Lxij.  Per  ordonn  ende 
quitan  tsamen  beloopende  xlviij  s. 

f.  531.  —  Betaelt  Lysken  Draecx  boeckvercoopersse  onder  stadt- 
huys  van  dat  de  selve  gelevert  heeft  sekere  twee  groote  borne  vellen 
tôt  de  groote  rekeninge  vander  stadt  in  Decembri  Lxij,  ende  vande 
selve  te  doen  binden.  Voorts  van  twee  nyeuwe  charten  vande  gecon- 
cipieerde  schepvaert  vander  Masen  ende  acht  valuatie  boecxkens  by 
haer  der  stadt  gelevert  tsamen  vij  £  iij  s. 

Er  staat  «  te  doen  binden  ».  Het  was  dus  bekend  dat 
Lijsken  Draecx  aan  boekbinders  bezigheid  verschafte. 
Haar  man,  de  oud-schoolmeester  en  boekverkooper  Jan 
vanden  Poêle,  oefende  nochtans,  voor  zooverre  wij  weten, 
het  boekbindersbedrijf  niet  uit.  Het  zelfde  jaar  werd  aan 
Coppens  verzorgd  bindwerk  toevertrouwd.  In  1570-71, 
f.  ij'  Ljcv  en  1573-74,  f.  CxLj'°  noeint  de  opsteller  der 
stadsrekening  Lijsbeth  Draecx  nog  «  bceckbinnersse 
onder  stadthuys  »  ;  ze  wordt  echter  slechts  betaald  als 
schoonmaakster  en  voor  het  leveren  van  almanakken. 
Wij  zullen  Lijsbeth  Draecx  bij  de  boekhandelaars  terug- 
vinden. 

Jan  Mynsheeren  en  Vincent  Mûris;  Lincken, 
weduwe  van  Jan  Mynsheeren.  —  Van  i563  tôt  1079 
wendde  de  gemeente  zich  steeds  tôt  twee  en  meer  boek- 
binders. In  i566  zagen  we  reeds  Gommarus  Coppens  en 
Jan  Mynsheeren  gezamenlijk  aan  't  werk.  Deze  laatste 
werd  voor  de  eerste  maal  in  1 563-64  betaald  : 


(i)  Ook  aangehaald  door  Delafaille,  t.  a.  p.,  I,  bl,  193. 


278  MECHELSCHE    BOEKBINDERS 

1563-6/',  f.  317.  Betaelt  Jan  mynsheeren  boeckbinJer  vande  groote 
Rekenn  deser  stede  te  bindene  mitsgaders  andere  Registers  vander 
stadt  met  eenige  Leveringe  van  pampiere  v  £  viij  s. 

In  1567-68  is  Mynsheeren  de  bijzonderste  binder  ge- 
worden  : 

1567-68,  f.  iij'  xliij.  —  Betaelt  Jan  mynsheeren  ende  andere  boeck- 
tinders  vander  stadt  van  diverssche  Registers,  Rentiers  boecken, 
Rekenn  vander  stadt  ende  diverssche  andere  boecken  tôt  behoeve 
vander  stadt  gebonden  met  eenige  leveringe  soe  van  pampiere  als 
anderssins  blyckende  by  zess  diverssche  ordonn  mette  quitan  comcn- 
de  op  xij  £  viij  s. 

f.  ii]'  xlviij'°.  —  Betaelt  Jan  myns  heeren  boeckbinder  van  sekere 
Rekenn  vanden  trésoriers  oft  heure  clercken  gebonden  ende  andere 
quaternen  verset  ij  £  ix  s. 

Het  volgende  jaar  wordt  nogmaals  gewag  gemaakt  van 
«  Jan  mynsheeren  ende  ander  boeckbinders  ». 

In  1 569-70  (f.  ij''  Ixxxix)  wordt  aan  Jan  Mynsheeren 
en  Vincent  Mûris  samen  xvij  £  viij  s.  betaald  voor  het 
binden  van  registers;  in  de  twee  volgende  rekeningen 
treft  men  nogmaals  beiden  aan;  in  1572-73,  f.  CLj, 
«  Janne  myns  Heeren  ende  ander  boeckbinders  »;  in 
1573-74,  f.  CLij,  enkel  den  eerste  ;  in  1574-75,  f.  ij'xxviij, 
1575-76,  f.  cxcvij,  en  1578-80  staan  de  namen  van  Myns- 
heeren en  Mûris  nu  eens  samen  in  éen  post,  dan  in  af- 
zonderlijke  posten  der  zelfde  rekening;  de  boekbinders 
leveren  00k  papier  en  linieeren  schrijfboeken  ;  in  1576-77, 
f.  CL  xvij'°,  en  1577-78,  f.  CLxxxv"%  werkt  «  Vincent 
Mûris,  bouckbinder,  »  alleen  aan  de  registers  der  stad. 

De  rekening,  voor  Mûris  als  boekhandelaar  in  het 
grootboek  van  Christoffel  Plantin  geopend,  toont  aan  dat 
hij  stierf  tusschen  den  9"  November  en  den  3o"  December 
1578.  Jan  Mynsheeren  overleed  eenige  maanden  later. 
In  het  begrafenisboek  van  St-Romboutskerk  vindt  men, 
op  den  i5"  Mei  1579  : 


IN    DE    14',    l5''   EN    16'    EEUW  279 


«  Jan  rnijns  Heeren  boecbinder  aent  kerchoofl.  op  viij  Th.  » 

De  stad  liet  binst  de  twee  volgende  jaren  registers 
binden  door  de  zorgen  zijner  weduwe  : 

1581-82,  f.  Lxxiiij.  —  Betaelt  der  weduwe  Jans  mynsheere  voer 
dbinde  van  seker  Rekeninghe  Registers  boecken  tôt  behoeve  vander 
stadt,  mitsgaders  eenige  leveringhe  van  boecken  aende  ministers 
ende  dienaers  vanden  kercken  gelevert  als  anderssints  opde  Loon  van 
hare  man  vande  paspoerte  te  schrijvene  blyckende  by  vier  distincte 
ordinan  mette  quitan  xxiij  £.  ij  s. 

Jan  Mynsheeren  verrichte  dus  «  buiten  tijds  »  ook 
schrijfwerk  voor  de  stad. 

I58_-S3,  f.  79'°.  —  Betaelt  Lincken  mynsheeren  voor  dbinden  van 
diverssche  Registres  boecken  tôt  behoeve  vander  tresorye,  secretarye 
als  inde  giiffie  blyckenJe  by  twee  distincte   ordman  mette    quytan 

il)  £.  ij  s. 

Aert  Meuris.  —  Wij  mogen  veronderstellen  dat  Aeit 
Meuris,  die  in  i583-84  registers  voor  de  stad  bindt,  een 
zoon  is  van  Vincent  Mûris,  wiens  weduwe  een  tijd  lang 
den  boekhandel  voortzette. 

1583-84,  f.  76.  —  B  t.ielt  Aert  meuris  boeckbinder  voer  tbinden  van 
ij  Registers  metten  cooperculen  den  contoire  gelevert  xviij  s. 

Een  andere  aanteekening  in  dezelfde  rekening  betref- 
fende  registerbanden  : 

f.  85'°.  —  Betaelt  Merten  huyssens  (i)  voer  tpampier,  compactuer 
ende  cooperculen  van  deze  twee  tegenwoerdinghe  Reeken  boecken 

iii)  £.  xviij  s. 

Hans  Campenhout  (Jan  van  Campenhout).  —  Acht-en- 
vijftig  jaar  lang  bleef  de  boekhandelaar  Hans  Campen- 


(i)  Wordt  hier  de  Antwerpsche  boekhandelaar  bedoeld  ? 


280  MECHELSCHE    BOEKBINDERS 

hout,  of  van  Campenhout,  stadsboekbinder.  Zijn  naam 
vindt  men  voor  de  eerste  maal  in  de  rekening  in  i585-86  : 

f.  Cxvij^°.  —  Betaelt  hans  Campenhout  boecbinder  van  gebonden 
te  hebben  zeker  Reg[istlre  voorden  greffie,  midts  voor  tplecken  van 
zekere  placcate  volgende  specifficatie  ende  ordonnan  xxvj  s. 

f.  Cxxij.  —  Betaelt  hans  van  Campenhout  boeckbinder,  zoo  voor 
dbuinen  van  eenen  pampieren  boeck  voorde  Tresor3-e  als  voor  tpappe 
van  een  missael  boeck  ende  een  huys  brief  per  ord*^  xij  s. 

Jaarlijks  worden  hem  sommen  uitbetaald  voor  bind- 
werk  en  voor  levering  van  perkament  en  almanakken  ; 
reeds  in  de  laatste  jaren  der  i6^  eeuw  krijgt  hij,  als  ware 
hij  stadsbeambte,  zijnen  nieuwjaar.  In  1640-41  wordt 
bindwerk  betaald  aan  hem  en  aan  Thomas  de  Grave;  het 
volgende  jaar  aan  hen  beiden  en  aan  Otto  Gartius  ;  in 
[643-44  wordt  Gartius  «  notaris  »  genoemd,  zoodat  de 
betaling  als  een  loutere  vergoeding  voor  onkosten  kan 
beschouwd  worden.  Franchois  van  Campenhout,  onge- 
twijfeld  een  zoon  van  Jan,  was  00k  boekbinder;  in 
1645-46  wordt  het  maken  en  binden  van  registers  betaald 
aan  Franchois  van  Campenhout,  Jan  Jaije  —  den  druk- 
ker  —  en  Thomas  de  Grave.  Jan  van  Campenhout  werkte 
dus  de  laatste  maal  voor  de  stad  in  1642-43. 

Het  handschrift  van  de  Servais,  dat  in  eeniger  mate 
het  verlies  van  een  groot  aantal  rekeningen  van  St-Jans- 
kerk  vergoedt,  zegt  bij  i586  :  «  In  de  maend  Meert  werd 
gekogt  en  gebonden  eenen  psalterium  Romanum  voor 
acht  guldens  en  werd  gebonden  tôt  Mechelen  bij  Hans 
van  campenhaut  boeckbinder  die  er  in  junio  vier  guldens 
aftrok  ». 


De  rekeningen  onzer  kerken  zouden  ons  ongetwijfeld 
meer  berichten  over  de  Mechelsche  boekbinders  en  hun 
werk  geven. 


IN    DE    14%    l5'    EN    16'    EEUW  281 

In  G.-J.  de  Servais'  Jaer  boeken  der  parochiekerk  van  de 
HH.  Joannes-Baptist  en  Joannes  Evangelist,  binnen  Mechelen, 
wordt  een  post  der  kerkrekening  van  1444  overgeschre- 
ven  :  «  It.  betaelt  voor  het  binden  van  eene  choorboek 
en  om  de  lessen  te  schrijven  die  er  ontbraeken,  t'  saemen 
9  schell,  6  deniers  ».  Emm.  Neeffs,  die  voor  het  opstellen 
zijner  Chronique  artistique  de  l'église  de  St-Jean  à  Matines 
geheel  de  reeks  der  rekeningen  van  Sint-Janskerk,  van  in 
de  eerste  helft  der  i5^eeuw,  schijnt  doorzocht  te  hebben, 
vermeldt  bindwerk  enkel  bij  de  jaren  1485  —  «  reliure 
d'anciens  livres  et  missels  »  —  i535  en  i586;  de  namen 
der  binders  verzwijgt  hij.  Eenige  der  bedoelde  rekeningen 
kon  ik  raadplegen  (i).  In  die  van  1479-80,  f.  4"°,  maken 
we  kennis  met  een  boekbinder  —  den  koster  van 
PiTZEMBURG  —  en  met  een  boekbeslager  —  Ghijs  in  de 
Halle  —  benevens  met  de  boekschrijvers  Loys  van 
Cottem  (2),  Willem  de  Cuype  en  Kerstiaen  Liekens,  aile 
drie  priesters  : 

1479  f.  4'''.  —  It.  her  loys  van  cotte(m)  den  boec  vander  prefacien 
ghescreven  ende  ghenoteert,  ende  oec  den  boec  daermen  de  palmen 
endc  de  keersen  wt  consacreert  ende  wydt,  hem  daer  af  ghegeven 

X  s.  iiiij  d.  g. 

It.  de  zelve  i.  quaterne  uit  dou  graduael  ghescreven  ende  ghe- 
noteert, hem  daer  af  betaelt  v  s.  g. 

It.  de  coster  te  pitsenborch  tsekre  boec,  ende  oec  i.  stuc  vanden 
graduale  ghebonden,  hem  bet  v  s.  iij  d,  g. 

It.  ghijs  inde  halle  de  zelve  ij  boeke  ghesloet  ende  doppen  daer  op 
gheslegen,  bet  xviij  d  g. 

It.  XXV  doppen  daer  toe  ghecocht,  costen  ij  s,  vi  d.  g. 


(i)  Dank  zij  de  bereidwillit^heid  van  den  E.  H.  kanunnik  Kempeneer, 
leeraar  bij  het  Groot  Seminarie;  die  rekeningen  zijn  van  1477-1482,  iSig  i522 
en  i536-i558.  Op  den  omslag  van  het  register  vvelke  deze  laatste  reeks  bevat 
staat  :  «  Nota  datter  gheen  ander  Rekeninghen  te  vinden  sj-n  op  volghende 
totten  jaere  1584  exclus,  die  inde  pillagie  deser  stadt  Anno  i58o  genomen 
ofte  verloren  moghen  wesen  ». 

(2)  Die  in  1459  een  formulier  voor  het  doopsel  schreef,  volgens  de  reeds 
gemelde  Chronique  artistique  van  Neeffs. 

19 


282  MECHELSCHE    BOEKBINDERS 

It.  her  willem  de  cuype,  vêle  ymnen  ghescreven  ende  ghenoteert, 
ende  die  inden  ouden  souter  gheset  bet  vij  s.  x  d.  g. 

It.  dien  souter  ghebonden  bet.  ix  stuvers,  ende  ghesloet  ghe- 
gh[even]  viij  gl,  ende  aen  iiij  registers  die  in  de  vors(eide)  boeke 
liggen,  bet  v  gl  vj  mit,  loept  iij  s.  iiij  d.  g.  vj  mit. 

It.  her  kerstiaen  liekens  oec  i.  ymneer  ghescreven  ende  gheno- 
teert, hem  daer  af  bet  vj  s.  ix  d.  g. 

It.  tcleyn  missaelken  ghebonden  bet  daer  af  ij  s.  g. 

It.  tselve  ghesloet  met  ij  ander  missale  ghegh[even]  xviiij  g. 

Waar  de  Servais  van  de  vier  processieboeken  spreekt, 
die  op  last  van  pastoor  Paul  Pignoleeu  in  i535  geschre- 
ven  werden  door  Ambrosius  du  Pois  van  Brussel  en  ver- 
lucht  door  Anthonius  Gooris,  van  Mechelen,  voegt  hij 
erbij,  blijkbaar  volgens  de  rekening  :  «  Wird  alsdan  ook 
betaelt  aen  Jan  den  boekbinder  voor  het  binden  der 
voors.  vier  processie  boeken  à  thien  stuyvers  ider  en 
voor  de  stoffe  daer  in  te  binden  vier  stuijvers  te  samen 
elf  schellingen  ». 

Jan  de  boekbinder  is  ons  nog  uit  geen  ander  stuk  be- 
kend.  Is  het  fundatiën-register,  welk  thans  in  het  bezit  is 
van  den  E.  H.  Kempeneer,  wezenlijk  een  der  vier  «  pro- 
cessie boeken  »  waarvan  hier  spraak  is,  dan  zouden  wij 
tevens  een  werk  van  Jan  den  boekbinder  kennen  :  het 
bewuste  codex  is  gebonden  tusschen  berderen  overtrok- 
ken  met  brain  kalfsleder  dat  met  een  rolornement  van 
gering  belang  is  beprent  ;  het  bronzen  gegraveerde  beslag 
van  het  vroeger  geketend  boek  is  gewoon-stevig  doch 
opmerkelijk  fraai;  de  slothaken  zijn  van  ringen  voorzien 
om  het  open-  en  toetrekken  te  vergemakkelijken  ;  de 
geschreven  titel  zit  onder  een  hoornen  blaadje  in  een 
koperen  lijst  bevestigd  op  het  voorste  deksel. 

GuMMARUs  Verbruggen,  kostcr  van  Sint-Janskerk, 
was  voor  velerlei  arbeid  aan  te  spreken  ;  hij  hanteerde 
de  pen  en  wist  van  't  boekbeslagersambacht  wat  af  ;  hier 
volgen  drie  posten  die  zijne  vaardigheid  toelichten  : 


IN    DE    14%    l5'    EN    16'    EEUW  283 


1537-38,  f.  xvi)'".  —  Item  betaelt  gommaren  den  coster  van  een 
boecxken  te  scrijvene  om  de  clocken  te  wyene  twee  stuvers  Noch 
den  zelven  van  eenen  Registere  int  marterilogie  boeck  eenen  halven 
st.  tsamen  vij  d  xij[miten]. 

1538-39,  f.  xvj^°.  —  Item  betaelt  Gommaren  den  costere  van  viere 
daghen  te  luyene  over  de  huysvrouwe  van  onsen  keyser  karolus,  aile 
daghen  drie  poijsen,  ende  noch  een  poyse  over  de  vigilien  dwelck  dat 
de  Rendtmeesters  vander  stadt  hier  voermaels  altijt  plaghen  te 
betalen  ende  nu  niet  betalen  en  wilden  compt  op  xij  s. 

Item  den  selven  betaelt  van  vier  knoppen  te  makene  aen  diversche 
boecken  ende  aende  materlogie  ij  d.  xij  [mitenj. 


Het  mag  verbazend  heeten  dat  ons  slechts  weinig 
boekbinders  bekend  zijn,  die  te  Mechelen  wrochtten  in 
het  eerste  kwartaal  der  i6^  eeuw,  toen  Margaretha  van 
Oostenrijk  hier  hof  hield,  talrijke  geleerden  en  kunste- 
naars  om  zich  heen  schaarde  en  zelf  eene  belangrijke  ver- 
zameling  boeken  bezat,  die  meestal  in  berderen  bedekt 
met  fluweel  of  leder  gebonden  waren  (i). 

De  lijkenregisters  van  Sint-Romboutskerk  bevatten 
eenige  aanteekeningen  betreffende  boekbinders  van  dien 
tijd  : 

1508,  p"  julij.  —  Clément  de  boeckbinder  onder  den  torre,  hij  was 
ghehaelt  op  viij  Ib.  v^^as  (2)  xvij  s. 

Clément  had  dadelijk  een  opvolger  :  hetzelfde  register 
zegt  dat  «  de  boeckbinder  onder  den  torre  »  den  i3" 
Maart  i5og  borg  blijft  voor  de  begrafeniskosten  van 
«  Francke  een  eut  man  inde  molestrate  hy  papegays  ». 

Heette  de  bedoelde  ambachtsman  Wouter  of  Wau- 
TERS?  Het  schijnt  te  blijken  uit  de  volgende  akte  : 


(i)  MiCHELANT  in  het  Btilletin  de  la  Commission  royale  d'histoire,  1874,  p.  3  et  83. 
(2)  Delafaille  kent  deze  aanteekening,  t.  a.  p.,  I  blz.  186. 


284  MECHELSCHE    BOEKBINDERS 


1516,  xxvij  Augusti.  —  sft  marie  tverwers  des  boeckbinders  wyf 
op  sincte  rummondts  kerchof  bij  meester  wauters  van  testamente 
voer  die  costers.  xviij  st.  en  iiij  st. 

Dan  had  meester  Wauter  waarschijnlijk  een  Gent- 
schen  bloedverwant  te  zijnent  in  de  leer  : 

1522,  ultima  mai].  —  peeter  wouijtiers  van  ghent  tôt  sboeck- 
binders  achter  dcn  tore  ij  fi,  viij  legaet  j  st. 

Wij  weten  dat  in  i535  de  «  boeckbinder  achte  S'"  Rom 
torre  »  een  «  slapere  »  voor  de  stad  inbond  (i). 

Op  de  Stalenbrugge  —  de  eerste  in  de  Kathelijne- 
straat;  ze  werd  00k  Horenbrugge  genoemd  —  woonde  in 
i5i2-i5i4  een  boekbinder  met  name  Merten  : 

15 12,  p"  novembris.  —  sit  Digne  van  lupegeem  mertens  boeck- 
binders wijf  opte  stalen  brugge  xviij  st. 

15 14,  ultima  octobris.  —  stt  mertten  die  boeckbinder  opte  stalen 
brugge  ■  vij  st. 

De  boekbinder  Gielis  woonde  in  i522,  in  den  Bruul  : 

1522,  xxviij'  mav.  —  gielis  boeckbinders  wyi  Inden  bruel  met  iiij  Tb 

xiij  st. 

Volgens  het  Impostenboek  van  1544  bewoonde  hij  toen 
in  de  Nonnenstraat  een  huis  van  acht  gulden  huur 
's  jaars  : 

Gielis  de  boeckbinder  h[uert]  voer  viij  xxiiij  s. 

Wij  zagen  reeds  dat  boekbinders  vaak  een  boekwinkel 
hadden.  Het  is  dus  geoorloofd  te  veronderstellen  dat 
deze  Gielis  niemand  anders  is  dan  Gielis  Vanderheyden, 
die  na  1541  boekverkooper  was  «  te  Mechelen  onder 
den  Beyaert  ». 

(i)  Ziebl.  271. 


Planche  XXVII 
Baïul  van  Clans  van  Dormait.-  (naar  cfn  dcr  L-xeniplarun 
lot'bi'hoorcnd  aan  liet  AAnscuni  Planlin-Moretns') 


IN    DE    14%    l5^    EN    16^    EEUW  285 


In  het  «  Registre  vanden  ghecochten  poorters  »  van 
1445-1656  is,  vôôr  de  zeventiende  eeuw,  geen  enkel 
boekbinder  ingeschreven. 

De  Antwerpsche  Vierschaar-  of  Poortersboeken  inte- 
gendeel  getuigen  dat  «  Claus  van  Dormale  van  mechelen 
boeckbinder  »  op  Vrijdag,  den  6"  Maart  i533,  vôôr 
Paschen  (in  n.  s.  :  i534),  als  poorter  «  geeedt  ende  ont- 
fanghen  »  werd.  Een  jaar  vroeger,  namelijk  in  i532, 
werd  «  Claus  van  Duermale,  boecbyndere  »  als  vrij- 
meester  in  de  Antwerpsche  Sint-Lucasgilde  aanvaard  (i), 
Het  is  mogelijk  dat  Claus  van  Dormale  te  Antwerpen  zijn 
ambacht  had  geleerd  en  jaren  lang  uitgeoefend  vôôr  hij 
lid  van  de  Lucasgilde  en  poorter  werd  ;  tôt  dit  bewezen 
zij  kunnen  wij  ook  aannemen  dat  de  man  in  i532  van 
Mechelen  kwam. 

Talrijke  door  hem  vervaardigde  banden  zijn  bewaard 
gebleven;  zij  zijn  aile  gemaakt  uit  bordpapier  overtrok- 
ken  met  bruin  kalfsleder;  vôôr-  en  achterdeksels  zijn 
beprent  met  een  groot  paneel  voorstellende  Karel  V,  tôt 
bij  de  knieën  afgebeeld  in  een  rond  médaillon  met  het 
omschrift  :  CAROLUS.  V.  ROMA.  IMP.  SEMPER. 
AVGVST  ETAT.  SVE  XLII  ;  daarboven  staat  een 
schild  met  dubbelen  adelaar  tusschen  loofwerk;  onder 
het  médaillon  ziet  men  de  Hercules-zuilen  verbonden 
door  een  wimpel  met  de  keizerlijke  leuze  :  PLVS 
OVLTRE;  de  paneellijst  is  met  sierlijk  renaissance 
loofwerk  belegd  ;  de  benedenzijde  draagt  een  schildje 
met  het  merk  van  den  boekbinder,  dat  zijne  initialen 
C  V  D  bevat. 

Baron  de  St-Genois  beschreef  in  Le  Messager  des  scien- 
ces historiques,   i853,  p.  240,  een  dergelijken  band  toebe- 


(i)  De  Liggeren  en  andere  historische  archieven  dey  Antwerpsche  Sint-Lttcasgilde. 


286  MECHELSCHE    BOEKBINDERS 

hoorend  aan  de  bibliotheek  der  Gentsche  Hoogeschool  ; 
de  National  Art  Library  (i)  te  Londen  heeft  er  een  en 
Weale  zag  er  andere  in  ettelijke  verzamelingen  (2).  Het 
Muséum  Plantin-Moretus  bezit  zes  voortreffelijk  be- 
waarde  banden  gestempeld  met  het  beschreven  paneel;  de 
uitgaven  dagteekenen  uit  de  jaren  1542-1547.  Naar  een 
dier  banden  is  de  bijgaande  reproductie  vervaardigd.  De 
omslag  der  Antwerpsche  stadsrekening  van  1 542-1 543 
is  met  hetzellde  paneel  versierd  :  waarschijnlijk  was 
Claus  van  Dormale  als  stadsboekbinder  de  opvolger 
van  den  drukker  Willem  Vorsterman,  die  den  23"  Juli 
1543  overleed.  In  de  nog  voorhanden  zijnde  stads- 
rekeningen  is  Van  Dormale  niet  vermeld. 

Een  Antwerpsche  schepenbrief  van  i56o  bewijst  dat 
«  Claus  Van  Dormale,  boeckbindere  »,  in  1549  nog 
leefde  (3). 


Het  kan  geen  belang,  geen  nut  hebben,  boekbinders  op 
te  zoeken  die  na  1600  arbeidden  ;  reeds  in  de  tweede 
helft  der  16^  eeuw  verloor  het  ambacht  in  onze  streken 
zijn  kunstkarakter  ;  de  vaklui  van  dien  tijd  kunnen  echter 
nog  den  smaak  en  de  vaardigheid  afgeleerd  hebben,  die 
hunnen  voorgangers  eigen  waren  ;  wellicht  hebben  zij 
nog  nu  en  dan  het  schoone  versieringsmateriëel  gebruikt, 
dat  zij  in  hunne  leerjaren  hanteerden. 

Prosper  Verheyden. 


(i)  W.  H.  James  Weale,  Boohbindings  and  Ruhhings  qf  Bindings  in  ihe  Natio- 
nal Art  Library,  South  Kensington.  Catalogue,  B.  94. 

(2)  T.  a.  p.,  Introduction,  p.  Ixiij. 

(3)  De  manuscripte  nota's  van  ridder  Léo  de  Burbure  brengen  op  het 
spoor  van  deze  laatste  inlichting. 


NASCHRIFT 


Bij  de  beschrijving  van  drie  met  eikels  versierde  stempels,  aange- 
troffen  op  banden  bewaard  in  de  stadsbibliotheek  en  het  archief  te 
Mechelen  (blz.  250-256),  worden  eene  reeks  omwerkingen  van  die 
paneelen  opgegeven  en  aangetoond  dat  het  motief,  in  strijd  met 
Gmel's  bewering,  veeleer  een  Vlaamschen  oorsprong  zou  hebben. 

Het  tweede  deel  van  Gmel's  Manuel,  in  1905  verschenen  en  even 
rijkelijk  als  het  eerste  met  prachtige  reproductiën  voorzien,  staaft  de 
hier  uitgedrukte  meening.  Het  beschrijft  een  band  inhoudend  een 
Keulschen  druk  van  1529;  benevens  een  paneel  dat  in  zijn  omschrift 
den  bindersnaam  Jacohus  Clerce  de  Ghele  te  lezen  geeft,  vindt  men 
daarop  een  eikels-stempel  (100  X  67),  waarvan  de  lijst  eene  gothieke 
versiering  heeft.  Dat  bedoelde  stempel  niet  werd  gereproduceerd 
mogen  we  spijtig  heeten. 

Volgens  een  in  het  tweede  deel  van  Gruel's  werk  in  héliogravure 
gebrachten  band  met  figuur-paneelen,  zou  de  naam  van  Jehan  Norins 
moeten  zijn  Norvis;  Weale  (R.  517-518)  las  echter  op  een  dergeHjken 
band  Jehan  Noryn. 

Gruel  beeldt  00k  in  zijn  nieuw  boek  een  fraai  bandje  af  dat  beprent 
is  met  een  paneel  waarvan  het  omschrift  luidt  :  lobannes  &e  wou&a  | 
antwerple  \  me  feclt  |  ;  in  het  middenvak  staat  de  gekroonde  dubbele 
adelaar  in  een  ruit;  de  vier  driehoeken  tusschen  lijst  en  ruit  zijn  elk 
met  een  draak  bezet.  Deze  stempel  bevestigt  nogmaals  dat  de  inge- 
schreven  ruit  wel  een  traditie  is  bij  de  Antwerpsche  binders. 

P.  V. 


Boekhandelaars  te  Mechelen 

IN    DE    l6<^   EEUW 


IN  het  begin  der  lô*"  eeuw  moest  er  zeker  te 
Mechelen  genoegzaam  vraag  naar  boeken  zijn 
om  aan  boekverkoopers  een  broodwinning  te 
verschaffen  :  de  geleerden  en  de  kunstenaars 
die  aan  het  hof  van  Margaretha  van  Oostenrijk  vertoef- 
den,  de  leden  en  de  ambtenaars  van  den  Grooten  Raad 
waren  de  intellectueele  bevolking  komen  vermeerderen. 
Toch  werd  tôt  heden  nog  geen  spoor  gevonden  van  eenig 
drukker  of  handelaar  in  boeken,  die  te  Mechelen  in  de 
veertig  eerste  jaren  dier  eeuw  zou  gearbeid  hebben. 

Kort  vôôr  (i)  en  in  dien  tijd  leefden  in  onze  stad  wel 
menschen,  die  boeken  vervaardigden  :  de  «  scriversse  )> 
Katheline  vander  Beke  (2)  ;  priester  jan  Hulzel  alias  de 
Molendino  (3);  priester  Lodewijk  van  Cotthem  (4);  de 


(i)  En  wellicht  laiig  vôôr  dien  tijd  :  in  de  stadsrekening  van  1397-98  staat  : 
It.  van  1  misse  boeke  ghecocht  ter  stad  behouf  jegen  romond  vander  porten  viiij  in  oegst  coste 
iij  Ib  go  vl.  val.  xv  s  go. 

(Medegedeeld  door  D''  G.  Van  Doorslaer). 

(2)  Registre  vanden  ghecochten  poorters  :  (6  Aug  1461)  katheline  vander 
beke  scriversse  f.  pétri  van  antwerpen  portersse. 

(3)  PiNCHART,  Archives  des  Arts,  I,  96. 

(4)  Emm.  Neeffs,  Chronique  artistique  de  l'église  de  Saint-Jean,  à  Malines  (bij 
't  jaar  1459).  Hère  Loys  van  Cottem  schreef  nog  in  1479  voor  Sint-Janskerk 
(zie  Mechelsche  Boekbinders,  blz.  281). 


2gO         BOEKHANDELAARS  TE  MÊCHELEN 

de  boekschrijvers  en  verluchters  Judo  en  Simon  vanden 
Valgaerden  (i);  de  calligraaf  Jan  van  Lille  (2);  de  ver- 
luchters  Antoon  Ghoris  of  Gorys  (3)  en  Willem  Goris  (4); 
Jan  van  Battel,  schilder,  schoonschrijver  en  verluchter  (5) 
en  zijn  zoon  Jacob  (6)  ;  Jan  Reymers,  een  «  verlichtere  »  (7), 
wellicht  dezelfde  die  's  keizers  schilder  was  (8)  ;  meester 
Jan  vanden  Stocke  (g). 

De  stad  kocht  soms  boeken  (10),  maar  wij  weten  niet 
of  een  Mechelsche  handelaar  ze  leverde.  Dat  geprente 
boeken  teMcchelen  noch  voortgebracht  noch  in  eigenlijke 


(i)  PiNCHART,  I,  102,  en  Em.m.  Neeffs,  Histoire  de  la  peinture  et  de  la  sculpture 
à  Matines,  I,  lio.  Een  hunner  broeders,  Jan,  was  schilder  (zie  Neeffs,  t.  a-  p.), 
een  ander,  Claus,  perkamentmaker  :  Registre  vanden  ghecochten  poorters 
(19  Oct.  i5oo)  «  Claus  vanden  valligate  perkementmaker  f  qd  M.  Wouters 
van  Diest  es  poirter  eius  pleg.  henr.  schermers  ». 

(2)  PiNCHART,  I,  io3,  en  Emm.  Neeffs,  Chronique  artistique,  etc. 

(3)  PiNCHART,  I,  io3;  Neeffs,  Histoire,  etc.,  I,  317;  Bull,  du  Cercle  Arch.  de 
Malines,  XII,  317. 

(4)  Neeffs,  Histoire,  etc.,  I,  5o2. 

(5)  PiNCHART,  I,  243  en  II,  6;  Neeffs,  Histoire,  etc.,  I,  i36  en  139. 

(6)  P.  Bergmans  in  de  Petite  revue  de  l'art  et  de  l'archéologie  en  Flandre,  1902, 
n"  23-24. 

(7)  Neeffs,  Histoire,  etc.,  I,  307,  waar  de  kunstenaar  volgens  een  afschrift 
van  de  Liggeren  der  St-Lucasgilde  van  Mechelen,  Jan  Roymers  heet.  In 
het  Impostenboek  van  1544  (stadsarchief),  fol.  igS,  is  Jan  Reymers,  ver- 
lichtere, ingeschreven  bij  de  bewoners  der  Kathelijnestraat. 

(8)  Stadsrekening  1548-49,  fol.  237^  : 

Betaelt  Reymer  skeysers  schilderen  vander  schilderye  voer  tschouwe  Inde  dekenye  te  versiene 

xxiij  s. 

(9)  Stadsrekening  i5i2-i3,  f.  218  : 

Betaelt  meester  Janne  vanden  stocke  van  eene  boeke  te  scrivenne  voer  de  stadt  inhoudende  de 
statute  smodalia  voer  zyn  moeyte  iiij  phi  xxv  s. 

(10)  Stadsrekening  i5i2-i3,  f.  219V  ; 

Betaelt  van  eenen  boeke  vander  gesten  van  Rome  gecocht  ter  stad  behoef  coste  vj  s  iij  d  ende 
van  bindene  iij  s.  ix  s  iij  d. 

Stadsrekening  i5i5-i6,  f.  cciij  : 

Betaelt  van  vyf  boeken  van  historien  gebonden  in  berderen  inhoudende  diverse  historien 
Coningh  van  vranckerycke  van  yngeland  vanden  hertogen  van  bourgne  vande  lande  van  vlaen- 
dren  brabant  etc.  genoemt  monstrelet  ende  gecocht  ter  stad  behoef  coste  ulta  Juny  xv^'  xvj     iij  "^ 

F(;/ boeken?  Enguerrand  de  Monstrelet's  Chroniques  de  France,  d'Angleterre 
et  de  Bourgogne  werden,  volgens  Brunet,  telkens  in  drie  deelen  uitgegeven. 

De  Gesten  van  Rome  en  deze  Chroniques  zuUen  wel  niet  «  ter  stad  behoef  » 
gekocht  zijn,  maar  veeleer  om  ze  te  schenken  aan  Margaretha  van  Oosten- 
rijk,  voor  wier  bibliotheek  de  stad  in  die  jaren  aanzienlijke  kosten  deed. 


UIT    DE    î6'    EEUW  291 

boekwinkels  gevent  werden  kan  uitgelegd  worden  door 
de  nabijheid  van  Antwerpen  en  van  Leuven.  Het  is  licht 
aan  te  nemen  dat  de  begoeden  hunne  lectuur  recht- 
streeks  kregen  uit  de  werkhuizen  en  winkels,  die  bijzon- 
der  in  de  groote  handelsstad  talrijk  en  bedrijvig  waren. 
Nog  in  de  tweede  helft  der  eeuw,  wanneer  men  te 
Mechelen  minstens  zes  boekhandelaars  te  gelijker  tijd 
aantreft,  bestellen  notabele  ingezetenen,  zonder  be- 
moeiïng  dier  tusschenpersonen,  boeken  bij  Christoffel 
Plantin.  Geringe  lieden  zullen,  vôôr  het  eerste  boeken- 
stalletje  geopend  werd,  hun  gading  aan  almanakken 
en  prognosticatiën,  aan  volksromans,  aan  geestelijke 
tractaatjes  en  gebedenboeken  wel  gevonden  hebben  op 
de  jaarmarkten  eerst  en  later  bij  de  «  cremers  »  die 
schrijfgerief  verkochten.  Wordt  niet  Lysken  Draecx, 
wanneer ze  reeds  verscheidene  jaren  «  boeckvercoopersse  » 
is,  in  i562  door  den  opsteller  van  de  stadsrekening 
«  cremersse  »  genoemd?  Zoolang  de  keizerlijke  ordon- 
nanciën  den  handel  in  boeken  niet  «  scherpelyck  »  ver- 
boden  hadden  aan  niet-  geadmitteerde  boekverkoopers, 
dat  is  vôôr  1546  (i),  was  er  niets  onregelmatigs  in  het 
venten  van  drukwerk  door  de  «  cremers  »  ;  school- 
meesters,  oudekleerkoopers  en  «  uijtdragerssen  »  vinden 
het  zoo  natuurlijk,  ondanks  de  herhaalde  ordonnanciën 
een  handel  voort  te  zetten  dien  ze  waarschijnlijk  onge- 
hinderd  sinds  vêle  jaren  drijven,  dat  rond  iSyi  de 
geadmitteerde  boekverkoopers  bij  de  wethouderen  moeten 
klagen  over  de  ongeoorloofde  mededinging.  Lang  vôôr 
Gielis  Vanderheyden  «  onder  den  Beyaert  »  stond  zal  er 
dus  voor  iederendeen  te  Mechelen  gelegenheid  geweest 
zijn,  zich  de  laatste  voortbrengselen  der  Antwerpsche 
persen  aan  te  schaffen. 

Onze  erkende  boekverkoopers  leefden  zoo  min  als  de 


(i)  Placcaerten  van  Vlaenderen,  I,  1 35-141. 


2g2  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN  - 


niet-beëedigde,  die  hun  't  bestaan  moeilijk  maakten,  van 
hun  handel  alleen  ;  zes  hunner,  Vanderhe3^den,  Draecx, 
Lijsbeth  Draecx,  Mynsheeren,  Mûris  en  van  Campen- 
hout,  oefenden,  naar  we  reeds  zagen  (i),  het  bedrijf  van 
boekbinder  uit  en  waarschijnlijk  zijn  aile  zes  daarmeê 
begonnen;  éen  was  vroeger  en  bleef  houtgraveerder, 
namelijk  Bernaert  vanden  Putte  ;  Jan  vanden  Poêle  was 
schoolmeester  vooraleer  hij  met  zijne  vrouw,  de  «  boeck- 
binnersse  »  Lijsbeth  Draecx,  een  winkel  van  boeken 
opende;  van  Jan  Kersavent,  Aert  Peeters  en  Jan  Fran- 
choys  weten  we  niet  wat  ze  verder  verrichtten. 

Over  't  algemeen  woonden  de  boekverkoopers  in  het 
midden  der  stad.  Drie  hunner  hadden  een  kraam  tegen 
den  gevel  van  het  stadhuis,  niet  in  een  vaststaande 
gebouwtje,zooals  men  er  vêle  rondom  het  Paleis  en  het 
Vleeschhuis  aantrof  :  terwijl  de  tiende  en  de  twintigste 
penning  geheven  worden  op  deze  laatste  kramen,  vindt 
men  de  boekenstalletjes  van  Gielis  Vanderheyden,  van 
Peeter  en  van  Lijsbeth  Draecx  niet  in  de  impostenboeken. 
Wanneer  we  toch  weten  dat  in  vêle  steden  boeken  aan 
de  kerkdeur  werden  verkocht  —  de  ordonnanciën  van 
1546  en  van  i55o  stellen  het  vast  —  mogen  we  met  reden 
gissen,  dat  Vanderheyden,  Peeter  Draecx  en  Lijsbeth 
Draecx  een  kraam  hadden  aan  die  zijde  van  den 
Beyaert,  welke  op  het  Zuidportaal  van  Sint-Rombouts- 
kerk  uitzicht  heeft.  Wââr  ergens  aan  de  Yzeren  Leên  Jan 
vanden  Poêle  in  i5'/a^-j5  was  «  voortstaende  »  is  ons 
niet  duidelijk. 

Het  is  bekend  aan  wat  strenge  wetten  de  boekhande- 
laars  zich  te  houden  hadden  van  1540  tôt  iSyo  en  het 
zal  voldoende  zijn  hier  bondig  in  herinnering  te  brengen 
diegene  der  talrijke  van  i52i  af  uitgevaardigde  edikten 
betreffende  het  verspreiden  van  boeken,  die  meer  recht- 


(1)  Mechelsche  Boekbinders  in  de  14",  i5'=  en  16"  eeuw, 


UIT    DE    l6^    EEUW  293 


streeks  het  tekoopstellen  van  drukwerk  aangaan.  H  et 
plakkaat  van  «  den  17"  dach  van  Hoymaent  »  i526  (i) 
bevat  reeds  verbod,  uitlandsche  boeken  te  verkoopen 
zonder  dat  ze  eerst  onderzocht  zijn;  in  dat  van  den 
18"  December  1544  (2)  —  een  herhaling  van  dat  van  den 
22"  September  1540  —  wordt  aan  den  «  principael  officier 
vander  plecke  »  opgelegd,  aile  jaren  twee  maal  om  te 
gaan,  acht  dagen  vôôr  Kerstmis  en  acht  dagen  vôôr  Sint- 
Jansmis,  om  «  te  visiteren  aile  de  winckels  daer  men 
»  boecken  vercoopt  ende  nemen  by  inventaris  aile  de 
»  boecken  die  daer  te  coope  zyn,  ende  die  tooghen, 
3)  eenige  gheleerde,  hem  dies  verstaende,  om  te  vernemen 
))  oft  daer  eenighe  suspecte  boecken  onder  zijn  ».  Dat 
bezoek  mag  overigens  ten  allen  tijde  gebeuren  en  printers 
of  boekhandelaars  mogen  geen  boeken  verkoopen  tenzij 
dat  zij  die  eerst  overgelevert  hebben  bij  inventaris  «  den 
principalen  officier  vander  plecken  ». 

De  ordonnantie  van  den  3o"  Juni  1546  (3)  is  slechts  eene 
«  corroboratie  ende  ampliatie  vande  voorgaende  plac- 
caten  »;  zij  beveelt  niemand  te  laten  boeken  verkoopen 
ten  zij  hij  van  goeden  name  weze  en  den  eed  hebbe 
afgelegd.  «  En  zullen  ook  gheen  craemers  oft  andere, 
hoedanich  die  zijn,  dan  de  voorschreven  librariers  ende 
Bouck-vercoopers,  gheadmitteert  ende  gheapprobeert  so 
voorschreven  es,  in  huere  huusen,  voor  die  kercken  oft 
andere  openbare  plecken,  nocht  op  der  straten,  eenighe 
Ghetyden,  Liedekens,  Baladen,  Refereynen,  Almanac- 
ken,  Pronosticatiën,  Beelden,  gheprent,  oft  andere  hoe- 
danige  zaken,  voortan  mogen  vercoopen  :  op  de  peyne 
van  vyftich  Carolus  guldenen  ».  De  geadmitteerde  boek- 
verkoopers    moeten    in    hunnen    winkel    den    inventaris 


(i)  Placcaerten  van  Vlaenderen,  I. 

(2)  Placcaerten  van  Brabant,  I,  466. 

(3)  Placcaerten  van  Vlaenderen,  I,  i35. 


294         BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

hangen  van  al  de  werken  die  zij  te  koop  stellen.  Zij 
mogen  niet  verkoopen  «  eenige  boecken  die  zijn  gerepro- 
beert  bij  de  Vniversiteyt  van  Leuven  »  ;  het  prenten, 
koopen  en  bewaren  van  zulke  boeken  was  t.rouwens  ver- 
boden.  In  de  ordonnantie  van  den  25"  September  i55o  (i) 
worden  de  vroegere  bepalingen  herhaald  en  stipter  om- 
schreven  (2)  : 

Dat  die  van  onse  raden  nyemande  en  suUen  admitteren  om  boucken 
te  vercoopen,  Ten  zij  dat  die  van  goeden  name  zijn,  ende  zweren 
dese  onse  ordonnancie  te  observeren  ende  onderhouden,  Oick  en 
suUen  zij  nyemant  admitteren,  ten  zij  dat  hij  woene  in  besioten  oft 
geprevilegierde  stede  :  inde  welcke  stede,  ende  in  ghene  andere 
plaetse,  hij  zijne  voirscreven  boucken  sal  mogen  vercoopen. 

Dat  voirtacn  aile  librariers  oft  bouckvercoopers  gehouden  sullen 
wesen  te  hebbene,  ende  openbaerlijcken  te  hangen  in  huere  wincke- 
len,  den  inventarys  van  aile  gereprobeerde  boucken,  naevolgende  de 
voirs.  declaratie  van  onser  Universiteyt  van  Loevene,  Ten  eynde  dat 
zij,  oft  de  ghene  die  de  selve  hier  naemaels  souden  willen  coopen, 
gheene  ignorancie  daer  van  gepretenderen  en  kunnen.  Opte  peyne 
van  hondert  Carolus  guldenen.  Insgelijcx  den  inventarys  vanden 
boucken  die  zij  in  huerlieder  winckel  hebben,  sonder  eenige  daer  afF 
te  verzw'ijgen,  opde  selve  peyne.  Ende  ten  eynde  dat  de  zaken  voir- 
screven te  bat  mogen  onderhouden  ende  geobserveert  worden,  Soe 
sullen  de  principale  officieren  vanden  plaetsen,  daermen  eenighe 
boucken  vercoopen  sal,  gehouden  wesen,  ten  alderminsten  twe  mael 
tsiaers  te  gaen  visiteren  mit  eenigen  geleerden  man,  aile  de  winckelen 
vanden  voirs.  Hbrariers  ende  bouckvercoopers,  Om  te  ziene  oft  zij 
aldaer  eenige  boucken  oft  andere  impressien  ende  printingen  bij  dese 
onse  ordinancie  verboden  ende  nyet  gepermitteert  vinden  sullen,  Om 
voirts  de  voirs.  librariers  ende  bouckvercoopers  te  stratfen  ende 
punyeren  bijde  peynen  boven  vercleert. 


(i)  Placcaerten  van  Vlaenderen,  I,  195. 

(2)  De  aangehaalde  tekst  is  die  der  Ordonnaniie  ende  Edid  des  Keysers  Kaerle 
die  V.  vernieiiwt  in  de  Keyserlijcke  stadt  van  Augspurch,  Inde  maent  va  Sepiemher, 
des  Jaers  M.  CCCCC.  L.  Om  textiyperen  die  secieu,  Ende  om  te  conserver  en  oyise  onde 
oprechte  gheloeve,  ende  Kerkelijche  reliqie.  Gheprint  te  Loeven,  bij  Servaes  Sassenus, 
ghesworen  printer  (Privilège  van  den  20"  October  i55o),  fol.  Cij. 


UIT   DE    lÔ*"   EEUW  295 


Ende  boven  dien  suUen  de  voirs.  officieren  de  voirscreven  visitatie 
doen  tallen  tijden  ende  stonden,  alst  hen  goetduncken  sal.  Ende  sullen 
de  voirscreven  bouckvercoopers  gehouden  zijn,  hen  telcker  reysen 
oepeninge  te  doene  van  huere  huysen  ende  winckelen,  ende  de  voir- 
screven inventarysen  thoenen,  als  zij  des  versocht  sullen  zijn,  Opte 
peyne  van  hondert  Carolus  guldenen.  Ende  des  nyetmin  bedwongen 
te  wordene  realijcken  ende  bij  feyte,  de  voirs.  inquisitie  ende  visitacie 
te  laten  doene,  Nyet  iegenstaende  eenighe  previlegien,  exemptien, 
oft  vrijheyden  ter  contrarien,  Noch  oick  die  différencie  oft  diversiteyt 
vanden  iurisdictien  :  waer  toe  wij,  om  de  gemeyne  welvaert,  ende 
cm  te  verhueden  aile  perijckelen  ende  inconvenienten,  zunderlinge  in 
faveure  ende  aensienninge  van  onsen  heyligen  kersten  geloeve,  gheen 
aenschouw  en  willen  genomen  te  zijne. 

En  sullen  oick  voirtaen  gheene  cremers,  oft  eenige  anJere,  dan 
alleenlijcken  de  voirs.  geadmitteerde  ende  geapprobeerde  bouckver- 
coopers soe  voirs.  es,  nyet  mogen  te  coope  stellen  voir  de  kercken 
oft  andere  openbare  plaetsen,  noch  te  coope  dragen  inde  stadt  ende 
achterstraten  eenige  getijden,  lyedekens,  baladen,  refcrcynen,  alma- 
nacken,  pronosticatien,  oft  andere  gelijcke  geprinte  zaken,  Opte  ver- 
buerte  vande  voirscreven  boucken,  ende  arbitrale  correctie. 

Al  die  voorschriften  werden  nogmaals  herhaald  in  de 
ordonnancie  van  den  ig"  Mei  1570(1),  die  liet  ambt  van 
hoofdprinter  instelde. 

In  i568-6g  werd,  ingevolge  deze  plakkaten,  een  inven- 
taris  der  te  Mechelen  te  koop  gestelde  boeken  opgemaakt 
ten  koste  der  stad  : 

f.  211'°.  —  Betaelt  M""  Roinmont  Vanden  Venne  clerck  vander 
secretarie  van  dat  de  selve  by  ordonn.  vander  weth  metten  suffra- 
gaen  ende  gardiaen  vanden  Minnerbruers  als  gecommitteerde  vanden 
Hove  geinventorieert  heeft  aile  de  boecken  vanden  boeckvercoopers 
deser  stede  ende  den  selven  inventaris  int  net  gestelt,  geauctentiseert 


(i)  Ordinancie,  statuyt  endegebot  prouisionnael  onss  Heeren  des  Conincx,  Aengaende 
de  Printers,  Boeckvercoopers  ende  Schoelmeesters.  Met  gratte  ende  previlegie.  Geprint 
inde  Princehjcke  Stadt  van  Bruessele,  by  my  Michiel  van  Haniont,  geswooren  Boec- 
printer,  ivoonende  inde  Pongehnerct  oft  onder  het  Stadthuys.  D.  M.  Lxx. 


296         BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 


ende  overgegeven  daer  inné  gebesoigneert  xvj  dagen  tôt  xv  stuvers 
sdaechs  per  ordonn.  x  ij  £.  (i) 

Die  inventaris  zou  natuurlijk  het  kostelijkste  document 
zijn  voor  de  geschiedenis  van  den  Mechelschen  boek- 
handel  ;  maar  hij  is  «  overgegeven  «  —  en  waar  hem  nu 
gezocht? 

Een  ander  stuk  —  het  rekwest  waarover  reeds  gespro- 
ken  werd  —  dat  een  uitvloeisel  van  de  plakkaten  is  levert 
ons  de  namen  van  vijf  Mechelsche  boekverkoopers.  De 
Inventaire  des  archives  de  Malines  (2)  vermeldt  het  document 
en  Delafaille  drukte  het  over  —  doch  woorden  werden 
weggelaten  of  verminkt,  en  Jan  Mynshe,eren,  wiens  naam 
wel  duidelijk  is  afgescheiden  van  dien  van  Jan  Fran- 
choys,  werd  in  eenen  adem  met  dezen  laatste  genoemd 
zoodat  slechts  één  persoon  schijnt  aangeduid  te  zijn 
door  den  langen  naam  :  «  Jan  myns  Heeren  Jan  Fran- 
choys  ».  —  Delafaille  kent  trouwens  Jan  Mynsheeren 
niet.  Het  stuk  luidt  : 

Aen  de  Eer  :  discrète  Heeren  Schoutet,ComuniméC5/^rs  en  de  Sche- 
penen  der  stadt  van  Mechelen. 

Vertoonen  in  aider'  ootmoet  u  onderdanige  beurgers  ende  geadmit- 
teerde  boecvercoopers  Peeter  Draex,  lan  vanden  poêle,  lan  myns 
Heeren,  lan  Franchoys,  ende  Vincent  Murus,  hoe  dat  diverssche 
schoelmeesters  hun  vervorderen  hun  iongers  boecken  te  vercoopen, 


(i)  Door  Delafaille  overgedrukt-.  Azevedo  kende  dien  post  ook  ; 

"  Op  den  16  Meert  wirden  by  bevel  van  den  Hertogh  van  Alba,  in  den  naeme  van  den  Coninck, 
in  aile  Steden  op  den  selven  dagh,  aile  de  hiiysen  en  winckels  van  de  Boeckdruckers,  Boeck- 
verkoopers  en  Boeckbinders  des  morgens  vroegh  gesloten,  en  goede  Wachten  voor  en  in  de 
seVve  liuyscn  gestelt,  tôt  dat  aile  liunne  Boecken  gevisiteert  waren.  Den  Hooghu'.  Heere 
Pipinus  Rosa  Bisschop  van  Salubrien,  Suffragaen  van  den  Cardinael  Granvel,  met  Henricus 
Pippinck  Minderbroeder,  ende  Jor.  Jan  Baptist  Keerman  Schepene  alsdan,  waren  binnen 
Mechelen  de  Gecommitleerde  van  den  Hove,  den  Clerck  van  de  Secretarye  van  de  Stadt  stelde 
den  Inventaris  in  het  net,  die  den  selven  Geautenticqueert  zijnde,  over-leverde,  waer  in  hy 
gebesoigneert  hadde  16  dagen,  en  van  de  Stadts  daer  voor  betaelt  wirdt  tôt  16  stuyvers  daeghs; 
men  bevindt  dat  aan  Jor.  J.  B.  Keerman,  hier  voor  van  Stadts-wege  gegeven  wirdt  een  halve 
Ame  Rynschen  Wyn.  „ 

(Azevedo.  Chronycke  van  Mechelen,  bij  het  jaar  i568,  o.  s.). 
(2)  T.  VI,  p.  166, 


IN    DE    l6'    EEUW  297 


die  sy  hun  leeren,  ende  dat  al  teghen  d'ordinantie  ende  verbot  van 
d'mandament  ons  genadich  Heeren  de  Co'^  Majt.  onlangs  gepubliceert. 
Ende  mede  insgelyx  diversche  oudecleercoopers  ende  uijtdragerssen, 
die  hun  vervorderen  te  coopen  ende  vercoopen  aile  boecken,  die  zy 
te  coope  vinden  zoo  wel  goede  aïs  quade,  ende  sunderlingen  in  dezen 
periculoosen  tyt,  ailes  tegen  d'ordinantie  voers.  Soc  eest,  dat  wy 
supplieren  ende  ootmoedelycken  bidden,  dat  u.  L.  daer  in  belive  te 
versien  ende  de  schoolmeesters,  oude  cleercoopers  ende  aile  andere 
beuelen  tzy  by  édicté,  oft  anderssins,  dat  nimant,  van  wat  qualiteyt 
oft  conditie  hy  zy,  zal  mogen  vercoopen  eenige  boecken  ofte  andere 
geprewte  dingen,  ten  zy  dat  hy  geadmitteert  zy  achtervolgende  d'or- 
dinantie voers.,  dwelck  de  voers.  supplianten  ootmoedelyck  bidden^^ 
zyn,  aengesien  dat  de  supplianten  anders  niet  en  hebben  om  hare  cost 
mede  te  winnen,  dan  met  boecken  te  vercoopen.  Aldus  belive  dan  u. 
E.  op  die  marge  van  desen  te  teekenen  zulx  als  uwen  raet  bevinden 
zal  te  behoorene.  Dit  doende  etc. 


Dit  rekwest  —  of  liever  die  gelijktijdige  kopij  —  draagt 
geen  datum  en  is  van  geen  kantschrift  voorzien  ;  maar 
de  schrijvers  roepen  een  ordonnancie  in  die  «  onlangs 
gepubliceert  »  is  en  waarbij  aan  niet  geadmitteerde 
boekverkoopers  verboden  vvordt  handel  in  drukwerk  te 
drijven  ;  zij  bedoelen  waarschijnlijk  diegene  van  Mei 
iSyo;  in  i55o,  toen  het  voorgaande  edikt  op  't  stuk  der 
printers  en  boekverkoopers  werd  afgekondigd,  had 
Draecx  alléén,  voor  zooveel  wij  weten,  een  winkel.  Het 
vertoog  zou  dus  omstreeks  iSyo  geschreven  zijn  ;  in  elk 
geval  vôôr  den  29"  Augustus  1572,  toen  Jan  Franchoys 
stierf  ;  zij  ne  vier  confraters  overleefden  hem. 

Den  heer  F.-E.  Delafaille  komt  dank  toe  omdat  hij 
de  eerste,  in  zij  ne  Bijdragen  tôt  ophelderijtg  der  geschiedenis 
van  Mechelen,  eenige  nota's  over  Mechelsche  boekver- 
koopers ten  beste  gaf  ;  het  stadsarchief  en  de  rekeningen 
van  Christoffel  Plantin  leveren  echter  meer  inlichtingen 
over  den  persoon  en  de  werkzaamheid  der  i6'-eeuwsche 
librariers  te  Mechelen  en  plaatsen  er  eenigen  in  het  licht 


298  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

wier  naam  aan  Delataille  niet  bekend  was  (i).  Bij  de  zes 
door  dezen  schiijver  geciteerde  boekjes  die,  luidens  hun 
titel  of  hun  colophon,  te  Mechelen  te  koop  waren,  wor- 
den  er  in  dit  opstel  tien  andere  beschreven  en  ik  vermoed 
het  bestaan  van  nog  enkele  andere.  Verdere  opzoekingen 
in  het  stadsarchief  en  in  de  boekerijen  zouden  onge- 
twijfeld  wat  hier  volgt  merkelijk  kunnen  volledigen. 

Peeter  vanden  Perre 

Met  eenige  aarzeling  wordt  Peeter  vanden  Perre  hier 
als  boekhandelaar  opgegeven  :  al  wat  wij  van  hem  weten 
bepaalt  zich  immers  bij  een  post  der  stadsrekening  van 
1541-42,  f.  214,  vvaarin  wordt  gezegd  : 

Betaelt  Peeter  vanden  perre  voer  eenen  Almanack  ij  s. 

Die  man  kan  natuurlijk  00k  eenvoudig  een  «  cremer  » 
of  een  stadsbediende  geweest  zijn. 

Gielis  Vanderheyden 

Het  gebruiksrecht  van  Mechelen,  op  bevel  van  Karel 
V  in  geschrifte  gesteld  en  door  hem  goedgekeurd  in 
i535,  werd  voUedigd  en  deels  toegelicht  in  1541  (2).  De 
eerste  wettenverzameling  verscheen  in  druk  te  Antwerpen 
bij  Michiel  van  Hoochstraeten,  in  i535;  het  bijvoegsel 
kwam  bij  denzelfden  drukker  van  de  pers  en  bij  den  titel 
wordt  een  Mechelsche  boekverkooper  vermeld  : 


(i)  Hoewel  in  de  zoo  nuttige  lijst  van  drukkers  en  boekhandelaar  s  met 
wie  Plantin  in  betrekking  was,  opgenomen  in  de  folio-uitgave  van  Max 
Rooses'  prachtigen  Christophe  Plantiu,  voorkomen,  benevens  Draecx,  Mûris 
en  Vanden  Poêle,  00k  Bernaert  van  den  Putte  en  Jan  Campenhout. 

(2)  Henry  Cordemans.  Bibliographie  des  Coutumiers  de  Malines  (Bulletin  du 
Cercle  archéologique  de  Malines,  t.  I,  pp.  45-54). 


IN  DE  i6^  EEuw  .  2gg 


Additie  Ainpiiatie  en-  il  de  declaratie  vanden  Cofiumen  /  vfancien  / 
endeJHjl  van  proce  \\  deren  der  Jiadt  vryheyt  enàt  iurifdictie  van  Meche- 
len  I  II  ghepubliceert  opten  xxix.  dachvan  Nouemb.  Int  laer  \\  ons  Heeren. 
M.  D.  ende  XLJ.  [Houtsneden  :  Mechelsch  stadswapen  en  keizerlijke 
adelaar  met  de  spreuk  :  PLVS  OUTRE]. 

C  Gheprint  Tantwerpen  inde  Râpe  by  my  Michiel  \\  van  hoochjlraten [ 
ende  men  vijnje  te  coope  bi  Gielis  \\  vanderheyden  boeckvercooper  te 
Mehelen  [sic]  onder  \\  den  Beyaert. 

8  ongenummerde  bladen  gemerkt  Aij-Bij,  kl.  4°,  Goth.  letter.  De 
tekst,  begonnen  op  bl.  2%  eindigt  op  bl.  6^;  bl.  7  is  wit;  op  bl.  8*^  een 
houtsnede  :  het  keizerlijk  wapen  gedragen  door  engelen. 

De  omstandigheid  dat  vakgenooten  van  Gielis  Vander- 
heyden in  het  binden  en  verkoopen  van  boekeh  een 
bestaan  vonden  veroorlooft  aan  te  nemen  dat  Vander- 
heyden de  c(  Gielis  de  boeckbinder  »  is,  die  in  i522  in 
den  Bruul  woonde  en  twee-en-tvvintig  jaar  later  in  de 
Nonnenstraat  (i).  Hij  bewoonde  in  i55g  een  kleiner  huis 
in  de  Befferstraat  :  in  het  boek  van  den  tienden  en 
twintigsten  penning  geheven  in  dat  jaar  staat  : 

Gielis  vander  heyen  huert  tôt  v  gui  v''  den  x'^  x  s. 

De  volgende  belastingbetaler  is  Cornelis  vanden 
Berghe  die  «  den  slutel  »  huurt.  De  Gulden  SIeutel  is, 
volgens  den  heer  A.  Reydams  (2),  het  huidige  nummer 
i5,  zoodat  Gielis  Vanderheyden  in  Roeland,  thans 
nummer  i3,  zal  gewoond  hebben. 

Jan  Kersavent,  de  Jonge 

Een  lid  der  talrijke  en  oude  Mechelsche  familie  Kers- 
avont  of  Kersavent  had  in  het  midden  der  lô'^  eeuw,  zoo 
al  niet  een  boekwinkel,  toch  boeken  te  koop  in  zijn  huis. 


(i)  Zie  Mechelsche  Boekbinders  in  de  14^,  i5^  en  16'  eeuw. 

(2)  De  Namen  en  de  korte  Geschiedenis  der  Htiizen  van  Mechelen. 


3oO  BoEKIIANDLLAAKS    TE    WLCHIiLEN 

In  Paquot's  Mémoires,  8°,  t.  X,  p.  240,  vvorden  de  titels 
van  twec  werken  van  Jasper  Kersavent  opgegeven  : 

Dat  Fondanient  der  lon^hers;  anderwerf  ^hecorri^eert,  ende  vrr- 
mecrderi,  hy  M.  laspar  Kerfavent...  feer  profitelyck,  gheleert,  ende  ghe- 
lefen  voor  aile  Icecke  ongeleerde  menfcben...  Te  coop  by  lan  Kerfavent 
die  jonohe,  te  Mechelen  :  en  by  Martin  Raeyimiker...  tôt  Loven.  IJSO. 

De  beschrijving  luidt  : 

«  12°  Goth.,  pp.  304,  non  chiffrées,  sans  compter  un 
Calendrier  qui  est  à  la  tête  de  l'ouvrage  ». 

Een  fchoon  Tractact  van  dye  heyliohe  Kerche...  Lnven,  by  Hugo  Corn- 
luels,  geftuorcn  Boehprinter. 

Paquot  voegt  er  bij  :  «  A  la  suite  du  précédent  V-Zij  : 
i55o.  12°  Goth.,  pp.  72  non  chiffrées.  C'est  une  Instruc- 
tion sur  l'autorité  de  l'Eglise,  pour  précautionner  les 
simples  contre  les  erreurs  de  Luther.  Ces  deux  opuscules 
sont  ornés  de  figures  en  bois  ». 

Geen  van  die  beide  boekjes  heb  ik  gezien.  Dat  Jan 
Kersavent  zich  niet  «  boeckvercooper  »  laat  noemen  zou 
laten  vermoeden  dat  hij  slechts  bij  uitzondering  handel 
in  boeken  drijft,  en  dan  nog  enkel  om  de  schriften  van 
Jasper  Kersavent,  zijn  bloedverwant,  aan  den  man  te 
brengen. 

Waar  Jan  Kersavent  ergens  woonde  kon  ik  nog  niet 
achterhalen.  Het  Impostenboek  van  1544  bevat  de 
namen  van  een  zevental  Kersavonts,  die  allen  verbleven 
in  de  Blauvvhondstraat  en  de  Borzestraat  (de  eerste  en 
de  tweede  «  vleeschhouwersstraten  »)  of  in  den  omtrek; 
een  Jan  Kersavont  Jooss[one]  woonde  in  de  «  derde 
vleesschouwers  strate  achter  de  borsse  »  ;  op  den  «  Steen- 
wech  ende  ouden  vischmerct  »  —  dus  aan  de  Yzeren  Leên 
—  huurde  een  Jan  Kerssavont  een  huis  van  eenentwintig 
gulden.  In  iSSg  vindt  men  onder  de  Kerssavonts  slechts 
éen  Jan,  een  vleeschhouwer. 


IN    DE    l6^    EEUW  3oi 


De  registers  van  den  burgelijken  stand  geven  ook  al 
weinig  duidelijke  inlichtingen.  De  vrouw  van  een 
Joannes  Kersavens,  geboren  Elisabeth  Kersavent,  werd 
den  i3"  September  i558,  in  Sint-Romboutsparochie  be- 
graven  ;  de  lijkdienst  van  een  Jan  Kersavent,  «  aen  tvlees 
huys  »  werd  den  i5"  Januari  i555  gedaan;  in  de 
registers  derzelfde  parochie  is,  bij  het  jaar  i577,  de  be- 
grafenis  aangeteekend  van  twee  Jan  Kersavons,  waarvan 
een  vleeschhouwer  was. 

Over  den  schrijver  van  Dat  Fondament  der  Jonghers 
weten  wij  iets  meer. 

Paquot  (t.  a.  p.)zegt  van  «  Gaspar  Kersavent  »  : 

Auteur  inconnu  aux  Bibliographes,  etoit  un  prêtre  habitué  à 
Malines,  &  vraisemblablement  natif  de  cette  ville,  où  le  nom  de  Ker- 
savent est  encore  connu  aujourd'hui.  11  vivoit  en  1549,  et  son  livre 
peut  faire  juger  qu'il  exerçoit  l'emploi  de  Catéchiste,  ou  de  Maitre 
d'Ecole  (i). 

In  den  loop  van  opzoekingen  in  de  rekeningen  van 
Sint-Janskerk  teekende  ik  aan  : 

1555-66,  f.  xiiij.  —  Item  betaek  by  claesen  van  Heyst  van  eenen 
nieuwen  papiere  soutere,  gecocht  by  Her  Jaspar  kerssavont  vijf  ende 
twintich  stuvers  ende  vanden  zelven  zoutere  te  planerene  ende  bin- 
dene  betaelt  by  Heer  Henrick  vanden  Wiele  neghen  stuvers  valen. 
xxxiv  st.  makende  ix  s  ix  d. 

De  heer  kanunnik  Kempeneer  liet  mij  weten  dat  hij 
«  meester  Jaspar  Kersavonts  »  geregeld  vermeld  vindt 
in  dezelfde  kerkrekeningen  van  i543  tôt  i558,  in  het 
kapittel  «  Uytgheven  van  missen  »  : 

Item  betaelt  meester  Jaspar  Kerssavonts  voer  de  misse  van  Requiem 
gelesen  aile  weken  des  vrijdachs  voer  den  autaer  boems. 


(i)  Piron,  in  zijne  Levensheschrijvingen,  nam  deze  nota  van  Paquot  on- 
nauwkeurig  over  en  begon  dan  nog  wel  met  te  zeggen  dat  G.  K.  aan  aile  bio- 
grafen  onbekend  bleef  I 


302  BOEKHANDELAARS    TE    MECHELEN 


De  schrijver  van  Dat  F itndament  dcr  Jonghers  was  heel 
dien  tijd,  waarschijnlijk  nog  jaren  lang  daarna,  als 
priester  en  kapelaan  verbonden  aan  Sint-Janskerk.  Uit 
het  vervolg  dezer  studie  (zie  onder  Jan  Mynsheeren)  zal 
blijken  dat  de  man  nog  leefde  in  iSyS. 

Dat  Fiindament  der  Jonghers  werd  meermaais  uitge- 
geven;  men  merke  op  dat  de  editie,  waarvan  de  titel  bij 
Paquot  bekend  is,  reeds  a  anderwerf  ghecorrigeert,  ende 
vermeerdert  »  heette  ;  wanneer  men  daarbij  bedenkt  dat 
bij  Jan  Mynsheeren  in  i573-'74  nog  boeken  van  Jasper 
Kersavent  te  koop  lagen,  en  deze  schrijver  dus  de  ge- 
woonte  had,  op  de  uitgaven  zijner  werken  het  adres  van 
een  Mechelschen  boekverkooper  te  laten  drukken,  mag 
men  hopen  dat  wel  eens  een  vroegere  editie  Y3.n  Dat  Fiinda- 
ment gevonden  worde,  die  insgelijks  luidens  den  titel  bij 
Jan  Kersavent  den  Jonge  of  bij  een  ander  Mechelaar 
verkrijgbaar  was. 

De  bibliotheek  der  Gentsche  Hoogeschool  bezit  een 
exemplaar  van  Dat  fondament  der  Jonghers  gemaect  ende 
anderwerf  ghecorrigiert,  by  M.  Jaspar  Kers-auont  Priester. 
Het  welcke  men  is  vserende  in  allen  Scholen  binnen  den  Bisdoni 
van  Ypre.  —  Tôt  Ypre.  By  Peeter  de  Vriese  inden  Pellicaen 
inde  Ziiudtstrate.   iSyô. 

Dit  boekje  van  64  ongenummerde  bladen,  8°,  met 
gothieke  letter  gedrukt  en  met  kleine,  slechte  houtsneden 
versierdjWerduitgegevenop  lastvan  Martinus  Rythovius, 
bisschop  van  leperen,  doch  «  een  weynich  ghecort  ende 
ghevoecht  ten  profijte  der  selver  [n.  1.  de  Zondagsche] 
scholen  »  ;  het  mandament  is  gedagteekend  van  den 
1"  Mei  1570,  zoodat  er  wel  een  lepersche  uitgave  van  vôôr 
1576  zal  bestaan.  De  bisschop  noemt  den  schrijver  «  den 
geleerden  ende  devoten  Heere  M.  Jaspar  Kers-avont 
Priestere  ».  Het  boekje  bevat  «  Die  Cijffer-Tafel,  mits- 
gaders  den  Vlaemschen  ghetale,  accorderende  deen  opden 


IN    DE    l6'    EEUW  3o3 


anderen  »,  vier  alphabets  en  verder  gebeden  en  onderricht 
in  de  kristelijke  jeering. 

Uitgaven  van  twee  andere  werken  van  Jaspar  Kers- 
avent,  Cohtmne  der  waerheyt  en  Den  Reghcl  der  jfonghcrs, 
vindt  men  beschreven  waar  van  den  boekverkooper  Jan 
Mynsheeren  in  deze  studie  spraak  is.  Het  tweede  dier 
boekjes  is  slechts  een  beknopt  Fiindament  der  Jonghers  en 
de  schrijver  verwijst  er  in  naar  twee  andere  werken  van 
zijne  hand  :  Dat  fimdament  des  gheloofs,  waarschijnlijk  een 
breeder  uitgewerkte  prototype  van  het  Fundament  der 
Jonghers  —  en  Va7t  die  vij.  dootsonden. 

Jasper  Kersavent  was  ongetwijfeld  een  der  Mechelsche 
bezorgers  van  de  uitgaven  der  werken  van  den  minder- 
broeder  Franciscus  Vervoort  :  wij  zullen  zien  dat  Calumne 
der  waerheyt  en  Den  Reghel  der  Jonghers  dikwijls  worden 
opgenomen  in  de  lijsten  der  «  boecxkens  tsamen  deser 
stede  »,  welke  de  niet  allen  bij  name  vermelde  «  eerweer- 
dighe  heeren  »  voornemens  waren  «  corts  in  die  printe  » 
te  geven.  De  kapelaan  van  Sint-Janskerk  was  dus  be- 
vriend  met  den  Mechelschen  monnik,  met  Antoon 
Vervoort,  pastoor  van  het  Begijnhof  en  schrijver  van 
Beghynken  van  Mechelen,  met  Jan  Verbrugghen,  «  erf- 
prochiaen  van  Neckerspoele  »,  en  met  Pater  Petrus 
Godefridi  van  Antwerpen. 

Peeter  Draecx 

Peeter  Draecx,  de  arme  boekbinder  die  in  1544  in  het 
Tooverstraetken  woonde,  moet  reeds  vijf  jaar  later  naar 
den  omtrek  der  Groote  Markt  verhuisd  zijn  of  tegen  het 
stadhuis  een  boekenkraam  gehad  hebben  :  het  is  niet 
waarschijnlijk  dat  het  magistraat  hem  in  een  povere, 
afgelegen  buurt  ging  opzoeken  om  hem  het  privilegie- 
boek  te  laten  binden,  terwijl  Steven  vander  Beecke  uit 


304  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

de  Schoolstiaat  de  gewone  boekbinder  van  het  gemeente- 
bestuur  was  en,  naar  wij  uit  de  rekeningen  van  Sint- 
Janskerk  weten,  verzorgd  werk  kon  leveren.  In  i55o 
althans  is  Draecx  «  gheadmitteert  boeckvercooper,  voort- 
staende  onder  den  Beyaert  »  :  zôô  laat  hij  zich  noemen 
op  eene  nieuwe  tiitgave  van  de  Mechelsche  Costumen  : 

Coftumen  v/ancien  ||  etide  ftijl  van  procederen  der  Stadt  \\  Vryheyi  / 
ende  Jurifdictie  van  MecheJen  met  die  \\  Additien  /  ^heapprobeert  ende 
^heauctoriieert  j  \\  byde  Keyj'erlijcke  Maiefteyt  j  ah  Heere  van  \\  Meche- 
len.  Inden  Jare  ons  Heeren.  \\  M.  CCCCC.  ende  Vtjftich.  \\ 

[Houtsnede  :  Mechelsch  stadswaper)|. 

C  Men  vindl  defe  Coftumen  ende  Vfaîitien  te  \\  Coope  tôt  Mechelen 
by  my  Peeter  Draecx  /  11  gheadmitteert  boeckvercooper  voort  \\  ftaende 
onder  den  Beyaert.  \ 

[Onderaan  f.  63']  : 

C  Gheprint  Thantwerpen  inde  Berchftrate  in  \\  den  berch  van  Oli- 
ueten  j  by  mi  Marten  de  Ridd'  \\  Tôt  behoef  van  Peeter  Draecx  tôt 
Mechelen.  \\ 

[bl.  64'  :  Drukkersmerk  van  Marten  de  Ridder]. 

In-8°,  64  bl.,  van  Aiij  tôt  het  voorlaatste  genummerd 
I-lxi.  Goth.  letter. 

Behield  Peeter  Draecx  tôt  bij  het  einde  zijner  loop- 
baan  zijn  boekenstalletje  onder  den  Beyaert,  hij  ver- 
huisde  meer  dan  eens.  In  i55g  bewoont  hij,  volgens 
«  Tboeck  vanden  x"  ende  xx"  penninck  »,  een  vrij  groot 
huis  in  de  «  Steenstrate.  In  Sinte  Rom.  prochie  »  : 

Peeter  draecx  huert  tôt  xxiiij  gl  v"^  den  x<=  ende  xx''        iij  £  xij  s. 

Het  adres  van  zijn  boekenkraam  —  «  aen  Stadthuys  » 

—  vindt  men  nog  op  het  titelblad  van  : 

Onfer  lieuer  1;  Vroniven  Ghelyden  ||  in  Duyljche  11  [Houtsnede  :  de 
Blijde  Boodschap]  Gheprint  tôt  Loeucn  by  Antho-  \\  nis  Marie  Ber- 
gaigtie.  \[  Met  Priuilegie  der  Cou.  Maieft.  ij6}.  \\  [Onder  de  omlijsting 

—  een  renaissance  ornament  in  houtsnede  —  :j  Men  vintfe  te  coope  te 
Mechelen  aen  Stadt-  |i  hu\s  by  Peeteren  Draeck  boeckvercooper. 


IN    DE    l6'    EEUW  3o5 


In-8°,  40  ongenummerde  bladen  ;  tusschen  bl.  2  en 
bl.  3  is  ingevoegd  een  houtsnede  met  onderschrift  :  Sanda 
Johanncs  ora  pro  nobis  en  wit  verso  ;  op  het  verso  van  het 
laatste  blad,  houtsnede  :  Maria  met  Jezuskind  gezeten 
op  een  maansikkel  in  een  stralenkrans. 

Uit  een  post  der  stadsrekening  van  1566-67  is  af  te 
leiden  dat  Draecx  het  benedenhuis  van  het  lokaal  der 
rederijkersgilde  De  Lisbloem  bewoonde  ;  hij  zal  dan  00k 
wel  lid  van  die  gilde  geweest  zijn  : 

1566-67,  f.  234'°.  —  Betaelt  peeter  draecx  van  zekere  verleyt  geld 
aende  Reparatie  van  zeker  huys  onder  de  lisbloeme  camere  per 
ordinan  xxxj  s. 

In  i574  vindt  men  den  man  gevestigd  in  het  huis  op 
den  hoek  van  de  Begijnenstraat,  Onder  den  Toren.  Èen 
manuscript  dat  in  het  bezit  is  van  D'  G.  Van  Doorslaer, 
eene  onvoltooide  adressenlijst  genomen  in  de  ig^  eeuw, 
blijkbaar  uit  het  in  de  stadsarchieven  ontbrekende 
impostenboek  van  1574  —  het  origineel  is  «  gedaen  den 
xxvj  Novembris  xv'  Lxxiiij  »  —  geeft  de  namen  op  van 
de  burgers  die  wonen  aan  «  dander  zijde  van  der  baghyne 
strate  comende  weder  naer  St-Rombouts  kercke  »  en 
vermeldt  dan  de  ingezetenen  wonende  «  achter  St-Rom- 
bouts Torre,  tôt  aen  St-Rombouts  Capelle  »  ;  deze  lijst 
begint  met  :  «  Eerst.  Pieter  draecx  boeck  vercooper  ». 

Vier  jaar  later  is  hij  daar  weg.  Het  «  Quohier  vanden 
x"  ende  xx"  penninck  »  van  1578  geeft  Draecx  niet  op 
bij  de  bewoners  van  «  de  zijde  beginnende  aende  bagij- 
nestraete  Streckende  tôt  Aende  hondtsbrugghe  »  ;  zijn 
opvolger  in  het  hoekhuis,  «  Jan  inden  dach  tenneghietere 
huerdt  syn  huys  van  de  kerckm''  van  st  rombouts  voor 
XXV  £  ts[jae]rs  ».  In  het  Quohier  is  Draecx  niet  te  vinden. 
Toch  weten  wij,  dat  hij  in  dat  zelfde  jaar  '78  en  00k  in 
i58i-82  nog  boeken  verkocht  «  onder  stadthuys  »;  de 
stadsrekeningen  zeggen  : 


3o6  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

1578-80,  f.  212.  —  Betaelt  pieter  draecx  boeckvercoopere  voor 
diuerssche  almanacken  sce  «^ebonden  als  ongebonden  by  hem  der 
stadt  geleuert  a°  Ixxviij  per  ordonn.  ende  quitan  ij  £. 

Zelfde  rekening,  f.  216.  —  Betaelt  pieter  draecx  boeckvercooper 
onder  stadthuys  van  diuerssche  ahnanacken  by  hem  voor  mynen 
heeren  vander  weth  ende  andere  officieren  geleuert  te  Jaersmisse  Ixxx 
per  ordinan.  ij  £.  x  s. 

1580-81,  f.  Ixxxvi).  —  Betaelt  Pieter  draex  boeckvercooper  onder 
stadthuys  voerde  Leueringhe  vanden  almanacke  voerde  weth  vanden 
Jare  Lxxx  (i)  by  hem  geleuert  per  ordinan.  quitan  iiij  £. 

Slechts  met  Nieuwjaar  i5y6  begon  Peeter  Draecx  het 
stadsbestuur  yan  almanakken  te  voorzien;  tôt  dan  toe 
had  Lysken  Draecx  ze  geleverd  : 

ï  576'775  f-  t!Lix.  —  Peeter  draecx  boeckvercooper  van  diuersche 
almenacken  bij  hem  geleuert  mynen  heeren  vander  weth  zoo  ten 
nyeuwen  Jaere  Lxxvj  als  Lxxvij  per  ord*=  xxxij  s. 

1577-78,  f.  CLxxxvj,  —  Betaelt  pieter  draecx  bouckvercooper  ouer 
de  leueringh  van  diuersche  almanacken  ende  een  boucxken  bij  Twee 
ordonn.  tsamen  xxvj  s. 

Leveringen  van  almanakken  zijn  nog  aângeteekend 
in  de  stadsrekeningen  van  1578-80  en  i58o-8i  (zie  hier- 
voren),  in  die  van  i58i-82,  f.  6f"  en  f.  68^°  (2),  in  die  van 
i582-83,  f.  72'°.  Bij  't  begin  van  het  jaar  1584  verbergt 
de  opsteller  der  rekening  ternauwernood  dat  Draecx  nog 
amper  bij  name  boekverkooper  is,  dat  hij  ten  onder  is 
gebracht  en,  bejaard  en  arm,  een  aalmoes  krijgt  van  de 
wethouderen,  die  hem  sinds  vijf-en-dertig  jaar  aan  het 
stadhuis  met  zijn  boekenstalletje  weten  staan.  De  reke- 
ning zegt  : 


(i)  Dit  moet  natuurlijk  Lxxxj  zijn. 

(2)  Deze  laatste  post  wordt  aangehaald  door  Delafaille. 


IN    DE    l6^    EEUW  307 


1583-84,  f.  85.  —  Betaelt  Peeter  draex  Librarier  voerde  Leueringe 
vanden  nieuwen  almanacken  voerden  heeren  wethouweren,  Inde 
Tresorije  Inde  secretarije,  item  voer  zijnen  nieuwen  Jaer  In  trespect 
van  zijnen  ouwerdom  den  zelven  gegunt,  volgende  dordon.  de  a° 
Lxxxiiij  ende  des  selffs  quitan.  vij  £. 

Ket  volgende  jaar  wordt  het  vernederende  woord 
«  aalmoes  »  neergeschreven  en  heel  de  ellende  van  den 
hulpbehoevenden  ouderling  tôt  staving  der  billijkheid 
van  de  uitgave  verhaald  : 

1584-85  (i),  f.  56''°.  —  Betaelt  Peeter  draeck  arm  oudt  ende  Im- 
potent mensche  ter  aelmoessen  ende  onderhoudt  van  zijnen  cranck- 
heden  per  ordinan.  i  £.  xvi  s. 

In  de  nota  over  Mechelsche  boekbinders  (zie  blz.  274) 
is  de  tekst  uit  de  stadsrekening  van  i585-86overgedrukt, 
w^aarbij  aan  «  Peeteren  Draecx  oudt  Impotent  ende 
ongevallich  man,  boeckbinder  van  zijn  styl  »  gegeven 
wordt  «  in  puerder  aelmoesen  »  aile  weken  twaalf  stui- 
vers;  den  25"  December  i585  werd  die  betaling  gestaakt 
zoodat  weinige  dagen  daarna  Draecx  zal  overleden  zijn. 
In  de  lijkenregisters  die  nog  bestaan  is  zijn  begrafenis 
niet  opgeteekend  ;  stierf  hij  in  het  gasthuis? 

De  boekhouding  van  Christoffel  Plantin  levert  een 
beeld  van  de  eerst  stijgende,  na  i5y2  spoedig  afnemende 
welvaart  van  Peeter  Draecx.  Zij  geeft  ons  bovendien  een 
kijk  op  dezes  werkzaamheid  als  boek-  en  landkaartver- 
luchter  en  op  zijne  betrekkingen  met  den  graveerder 
Bernaert  vanden  Putte. 

Pas  drie  jaar  nadat  Plantin  zich  als  drukker  vestigde 
telde  hij  Draecx  onder  zijne  klanten  :  in  het  journaal  van 
i558  is,  op  den  datum  van  den  14°  Januari,  eene  levering 
van  boeken  aan  Draecx  aangeteekend,  die  door  bemidde- 


(i)  Delafaille  kent  den  post  betreffende  de  levering  van  almanakken,  die 
op  f.  57  staat. 


3o8  BOEKHANDELAARS    TE    MECHELEN 

ling  van  den  Antwerpschen  graveerder  «  Bernard  vanden 
put  »  geschiedde.  Den  Mechelschen  boekverkooper  wer- 
den  gezonden  :  12  Fransche  en  12  Vlaamsche  almanak- 
ken  van  Nostradamus;  benevens  12  A Imanach  plat  nostrad . ; 
12  Dialogues  de  l'ancre  et  l'épée  en  een  Le  grand  proprié- 
taire (i)  die  geruild  werd  tegen  een  boek  geleverd  door 
Draecx.  Eerst  den  14"  October  kocht  deze  laatste  weer 
boeken  die  aan  zijne  vrouw  werden  afgeleverd  :  i  Heures 
latin-franc,  en  4  America  van  Staden  (2)  en  denzelfden  dag 
nog  2  Amérique  flameng  met  2  Secrets  flameng  (3).  Den 
I"  December  haalt  zijne  vrouw  een  veertiental  boeken 
en  twee  handalmanakken.  Den  ig"  December  i558krijgt 
Draecx,  door  tusschenkomst  van  «  bernart  le  paintre  », 
een  half  honderd  Vlaamsche  almanakken  van  Nostra- 
damus. 

Vermoedelijk  in  dat  jaar  reeds  hield  Draecx  zich  bezig 
met  het  kieuren  van  boekprinten  en  landkaarten.  Zijne 
betrekkingen  met  Bernaert  van  den  Putte,  «  taylleur  de 
cartes  et  de  figures  »,  zooals  Plantin  hem  later  noemt, 
staan  met  die  werkzaamheid  stellig  in  verband.  Den 
14"  October  i558  schrijft  Plantin  in  zijn  journaal  dat  hij 
van  Draecx'  vrouw  ontvangen  heeft  :  2  fasciculus  tcmporu7n 
a  i4patt.  picte  et  2  Belgica  de  6  patt.  picte  ;  den  i"  Decem- 
ber :  «  Je  luy  debuoys  56  patt.  »  zoodat  wij  mogen  ver- 
moeden  dat  Draecx  hem  reeds  vroeger  gekleurd  werk 
geleverd  had.  Wij  zullen  zien  dat  hijzelf  hem  later 
kaarten  laat  afzetten. 

Slechts  den  ig"  Augustus  i55g  treft  men  w^eer  eene 
bestelling  van  boeken  aan  :  4  Hortulus  romanus  met  sloten 


(i)  Le  Propriétaire  des  choses,  soms  Le  grand  Propriétaire  des  choses,  van  Bar- 
tholomeus  de  Glanvilla;  de  cditie  van  i556,  bij  E.  GrouUeau,  te  Parijs? 

(2)  Warachtige  Hisiorie  Endc  Beschryvinge  Een  lants  In  America  ghelegen,... 
heschreven  door  Hans  Staden  van  Homborch  tit  den  Hoogdtiiische  over  gheset. 
Plantin,  i558. 

(3)  De  Secreten  van  den  eerweerdighen  heer  Alexis  Piemontois,  Plantin,  i558. 


IN  DE  i6^  EEuw  3og 


en,  den  14"  September,  2  Affrica  (t)  gebonden  in  kalfs- 
leder.  De  eerste  eenigzins  belangrijke  levering  van  boe- 
ken  dagteekent  van  den  8"  October  i55g;  zij  bevat  een 
aantal  Fransche  boeken,  tusschen  welke  Con[naissanc[e  des 
chemins  de  france,  16'' Paris,  Psaulmes  16°  note  par.  [met 
muziek,  gedrukt  te  Parijs?],  Amours  de  Daphnis  cl  Chloc, 
2  Singularité z  de  la  france  antartique  (2),  i  Antiquitez  du 
monde  8°  par  [Parijs?],  2  Moralité  de  paix  et  guerre  8", 
gand,  I  Manuel  ou  calendrier  par  maistre  manauld,  enz., 
benevens  enkele  uitgaven  van  Plantin,  samen  voor  3  gul- 
den  4  stuivers  1/2,  Al  die  boeken,  op  een  drietal  na, 
waren  gebonden  in  schaapsleder.  Den  i3"  November 
komen  daar  nog  bij  6  Hortulus  anime  (3)  met  vergulden 
band  en,  den  12"  December,  5o  almanakken  van  Nostra- 
damus,  deze  laatste  besteld  «  par  bernart  »  ;  denzelfden 
dag  nog  andere  boeken,  waartusschen  Nouveau  test.  (4) 
Proverbes  en  Psalnies  en  2  5  almanakken. 

Bovendien  teekent  Plantin  eene  reeks  landkaarten 
aan,  die  Peeter  Draecx  ter  hand  worden  gesteld  ;  de 
prijs  is  enkel  per  stuk  opgegeven  en  niet  in  de  eindkolom 
gebracht  ;  blijkbaar  worden  die  kaarten  dus  niet  verkocht 
aan  Draecx,  doch  hem  enkel  toevertrouwd  om  gekleurd 
te  worden. 

In  i56o  wordt  slechts  éene  bestelling  ingeschreven  : 
«  A  Pieter  Draeckx  a  malines  par  antoine.  -=  6  magia  (5) 
en  blanc,  3  Hortulus  dores  3  Hortulus  sans  dor.,  2  magia 
nat.  lie  ». 

Nadat  Plantin  van  zij  ne  vlucht  naar  Parijs  is  terugge- 
keerd  en  zij  ne  drukkerij  heeft  heropgericht  worden  de 
betrekkingen  tusschen  hem  en  Draecx  hernomen. 


(i)  Historiale  descripUon  de  l'Afrique,  par  Jean  Léon.  Plantir,  i556. 

(2)  André  Thevet.  Singularitez  de  la  france  a7!tarctiqtie.  Plantin,  i5"8. 

(3)  Hortiihcs  anime  leodiensis.  Plantin,  iSSy. 

(4)  Nouveau  Testament.  Plantin,  iSSg. 

(5j  J.-B.  Porta,  Magia  naturalis.  PI.  i56o. 


3lO  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 


In  i565  koopt  deze  laatste  zeven  maal  boeken  in  den 
Gulden  Passer;  sommige  bestellingen,  als  die  van  den 
22"  Januari,  van  den  27"  October,  gelden  voor  72,  voor 
98  boeken  «  tant  de  notre  impression  que  d'ailleurs  »  ; 
benevens  werken  als  die  welke  hij  reeds  vroeger  kreeg 
stippen  wij  aan  :  Amadis  de  gaule  (i)  Emblemata  Sam- 
bîicij  {2)  en  Emblemata  Alciali(5),  Sententiœ  vetenim  poeta- 
rum  (4),  Virgiliiis  (5),  Horatius{6),  Lticaniis  (7),  Sallicstiiis  {8), 
Sententie  Ciceronis  (g),  en  werken  van  Erasmus. 

In  i566  bestelde  hij,  inelfmaal,  ii3  boeken  en  vier 
dozijn  almanakken;  in  i567  kocht  hij  zes  maal  boeken 
bij  Plantin,  samen  63  werken;  hij  kreeg  bovendien  een 
aantal  «  aultres  liures  en  don  pour  port  de  pacquets  au 
painctre  de  Malines  »  (10);  in  i568  levert  de  Antwerpsche 
drukker  hem  in  acht  maal  148  boeken  benevens  almanak- 
ken en  iSofiguren  in-4";  in  iSôg  bevatten  acht  leveringen 
samen  yS  boeken  en  25  Vlaamsche  cathechismussen  voor 
eene  waarde  van   12  gulden   i  stuiver. 

De  keuze  der  boeken  gekocht  door  Draecx  is  niet  zeer 
afgewisseld  ;  behalve  de  reeds  vermelde  werken  zien  we 
in  de  rekeningen  voorkomen  :  Historia  JrumentGrum 
dodonei  (11),   Clément   Marot   (Lyon);  Decameron  (Lyon), 


(i)  Amadis  de  Gaule,  in-4°,  12  vol.,  Plantin,  i36i. 

(2)  Eviblemaia  Joannis  Sambuci,  Plantin,  1564. 

(3)  Emblemata  Andréa:  Alciati,  Plantin,  i566. 

(4)  SententicE  vetermn  poeiantm,  Plantin,  i56i. 

(5)  Virgilius.  Opéra,  Plantin,  1564. 

(6)  Horatius.       »  »  » 

(7)  Lucanus.       »  »  » 

(8)  Sallustius.     »  »  » 

(9)  Ciceronis  ac  Demosthenis  sententiœ,  Plantin,  i56i. 

(10)  Waarschijnlijk  Claude  Dorizi,  die  in  i565  heihaaldelijk  boeken  kocht 
bij  Plantin.  Zie  over  dezen  schilder.  Emm.  Neeffs,  Histoire  de  la  Peinture 
et  de  la  Sculpture  à  Malines,  t.  I.;  en  Pinchart,  Archives  des  Arts,  t.  III, 
p.  199. 

(11)  Plantin,  i566. 


IN    DE    l6^    EEUW  3ll 

Concile  de  Trente  flameng;  Théâtre  du  monde;  Anatomia 
Valverdi  (i);  Bybel  dtiytsch  (2);  de  schoolboeken  van 
Despauterius;  Emblesmes  de  Junius  en  francois  (û),  Rey- 
nard  de  vos  (4),  Melusine,  Margaretha  van  limborch,  Hore 
en  espanol  steelsij,  en  meer  andere. 

Na  den  19"  September  i56g  zijn  de  betrekkingen 
tusschen  Draecx  en  Plantin  onderbroken  tôt  1572  ;  in 
dit  jaar  komt  op  het  debiet  van  den  eerste  nog  i  gulden 
7  stuivers  voor  2  hand  almenachs  de  hasardt  (5)  en  24  dis- 
cours de  ladmiral  ;  in  1579  draagt  Plantin  de  rekening  in  een 
nieuw  grootboek  over  ;  de  tien  jaar  oude  schuld  van  den 
Mechelschen  boekverkooper  beloopt  dan  i3  gulden 
i3  stuivers  3/4;  den  27"  April  i58o  kwam  daar  nog  een 
dozijn  schoolboeken  bij  ;  maar  nooit  werd  de  rekening 
betaald. 

Van  i565  tôt  i569  zoovvel  als  vôôr  i56o  kleurde 
Draecx  landkaarten  van  Mercator  en  van  Ortelius  voor 
Plantin  ;  soms  plakte  hij  ze  op  lijnwaad  ;  hij  leverde  hem 
00k  kaarten  gegraveerd  door  Geeraard  de  Jode,  Bernaert 
van  den  Putte  en  anderen. 

Den  22"  Januari  i565  schrijft  Plantin  op  het  debiet 
van  Draecx  :  «  Je  luy  ay  baille  3  Europa  marcatoris  et 
3  Anglia  marcatoris  a  paindre  »  ;  deze  zes  kaarten  komen 
«  afgeset  »  terug  den  5"  Maart  en  Draecx  wordt  gekredi- 
teerd  voor  : 

3  Europa  marcatoris  Afgeset  de  façon  24  fl.  3.  s.  12. 

3  Anglia  marcatoris  afgeset  12  patt.  de  façon  fl,  i.  s.  16. 


(i)  Viva  imagines  partium  corporis  kumani,  PI.,  i566. 

(2)  Vlaamsche  Bijbel  met  houtsneden  van  Arn.  Nicolaï  en  Geeraard  van 
Kampen,  uitgegeven  door  Plantin,  i566. 

(3)  Emblemata  Hadriani  Jimii,  Plantin  i565  ;  Fransche  tekst,  1567. 

(4)  Reynaeyt  de  Vos,  Plantin,  i566. 

(5)  Van  Peeter  Hassard  van  Armentiers,  medecyn  te  Ludick,  opsteller  van  eea 
bij  Plantin  gedrukten  almanak  voor  1576. 


3l2  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

Toen  vrouw  Draecx  op  dien  22"  Januari  boeken  kwam 
halen  biacht  ze  den  Antwerpschen  drukker  kaarten  van 
Jemme  den  Pries,  van  Vopelius,  van  Geeraard  De  Jode 
en  andere  :  2  mappa  niondi  Gemme  Frisij  aan  32  stuivers 
het  stuk;  2  Europa  Vopellij  (i)  aan  28;  i  Reinstrome  aan 
i5;  2  Norwege  Geraeri  Jode  aan  16;  2  Hollant  aan  11  ;  2 
Terra  sancta  aan  12  ;  i  Grecia  aan  12  ;  2  Bradant  aan  11  ; 
2  Oistland  aan  10;  2  Guclderland  aan  11  en  2  Frieslant  aan 

11  stuivers.  De  vergelijking  der  prijzen  met  de  sommen 
betaald  voor  het  afzetten  der  Mercator-kaarten  laat  ver- 
moeden  dat  de  reeks  van  den  22"  Januari  1 565  niet  aan 
Plantin  werd  verkocht,  doch  slechts  voor  hem  gekieurd, 

Den  24"  October  wordt  aan  Draecx  verleend  voor  «  17 
cartes  de  diverse  sorte  que  sa  femme  nous  a  apporté  », 
18  gulden  8  stuivers.  Drie  maand  later  worden  6  Europa 
en  6  Anglia  van  Mercator  op  zijn  débet  gebracht  en  daar- 
onder  vermeld  :  a  Avec  12  Europa  pour  mettre  surtoille 
pour  nous  et  8  Anglia  »  ;  den  9"  Februari  i566  (2)  waren 

12  Europa  en  8  Anglia  opgeplakt  en  vrouw  Draecx  bracht 
nog  2  Anglia  marcatoris  terug;  Draecx  had  dus  6  Europa 
en  2  Anglia  voor  zijn  winkel  gehouden. 

Den  17"  Februari  i567  schrijft  Plantin  : 

Reçu  de  sa  femme  estant  présente  en  Anvers  par  la  paincture  de 
4  Europa  Mercat.  a.  2)  s.  tl.  5  s. — 

2  fasciculus  temporum  Latine  painctes  fl.  i  s.  12. 

En  daarop  volgt  eene  lijst  gekleurde  en  ongekleurde 
kaarten  ;  later  levert  Draecx  nog  i  Mappa  Hortelij  picta 
en  2  francia  de  Bernard  picta. 


(i)  Gaspar  Vopelius  Medebach,  te  Keulen  en  te  Nuremberg,  vervaardiger 
van  wereldkaarten  en  van  kaarten  van  Europa,  is  bekend  in  Lelewel's 
Géographie  du  Moyen-âge,  t.  II,  p.  210. 

Eene  Universalis  charta  van  Gaspar  Vopelius,  gedrukt  in  1544,  is  ver- 
meld in  den  inventaris  van  landkaarten  door  Viglius  de  Zuichem  bij  erfgift 
geschonken  aan  het  door  hem  te  Leuven  gestichte  collège  (Pinchart,  II,  3io). 

(2)  Zie  Mechelsche  Boekhinders,  blz.  272. 


IN    DE    l6^    EEUW  3l3 


De  landkaarthandel  wordt  in  i568  druk  voortgezet  : 
Plantin  krijgt  den  i6"  Februari  i8  kaarten,  den  6"  Maart 
6,  den  22"  Augustus  38;  slechts  25  van  dit  laatste  aantal 
werden  gekleurd  door  Draecx  : 

1568.  Adi  22  de  Augst. 
Ledit  Receu  de  Peeter  draex. 

4  Mappa  vopellij  30 
2  Gallia  belg.  Jode  16 
2  Palestina  van  arnaud  [NicolaïJ 
2  Gallia  Bernard  [vanden  Putte] 

1  Gallia  Jode  1568 

2  Europa  Vopellij 
Il  a  painct  pour  nous 
6  Europa  Mercat.  25 
6  Asia  Horteli)  12 

1  Mappa  Horteli) 

2  Duitslant  Hortei. 

5  Anglia  mercat.  11 
5  Terra  s.  Mercat.  10 

fl.     35       s.    4 

Den  22"  November  levert  Plantin  2  Europa  van  Mer- 
cator  ;  den  5"  December  krijgt  hij  integendeel  van  Draecx 
i3  kaarten,  de  eene  gesneden  in  hout,  de  andere  in  koper 
en  den  9"  Maart  iSôg  nog  de  i5  volgende  :  2  Asia  de 
Hortelius,  1  Europa  Vopellij,  2  Spangien,  2  Belgica  Gérard 
Jiide,  2  Gallia  Jude,  2  Mappa  Hortelij,  2  Gcrmania  Jude  en 
2  Italia  Jude,  voor  een  bedrag  van  14  gulden  6  stuivers. 
Met  de  levering  van  i  Anglia  Marcatoris  door  Plantin, 
den  3o"  Maart  iSôg,  eindigt  de  handel  in  landkaarten 
dien  hij  sinds  elf  jaar  dreef  met  Draecx. 

De  drukker  voorzag  dezen  laatste  wel  cens  van  papier 
en  perkament  :  in  i566  vinden  wij  een  riem  pot-formaat 
aangeteekend  en  in  i568  twee  riemen  handpapier, 
benevens  3  pond  oud  perkament  en  eenmaal  3,  eenmaal 
i3  pond  perkament. 

Den    laatsten    Januari     i565    wordt    ingeschreven    : 


fl.  6 

s.  — 

I 

12 

I 

4 

I 

4 

3 

15 

7 

10 

3 

12 

— 

12 

2 

10 

2 

15 

2 

10 

3l4  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

«  Receu  dudit  |  Peeter  Draecx]  i  paire  de  cousteaux  avec 
leur  gaigne  ».  Wordt  hier  niet  boekbindersalaam  bedoeld, 
dat  Draecx,  wegens  verwaarloozing  van  zijn  eerste  am- 
bacht,  niet  meer  behoefde? 

We  merkten  op  dat  zeer  dikwijls  in  de  rekeningen 
gewag  wordt  gemaakt  van  vrouw  Draecx  :  van  i558  tôt 
iSôg  gaat  zij  te  Antwerpen  boeken  halen  en  betalen, 
kaarten  leveren.  De  bemiddeling  van  Bernaert  vanden 
Putte  spaarde  haar  soms  eene  reis  :  hij  nam  zoowel 
boeken  voor  Draecx  in  ontvangst  als  hij  —  den  2"  No- 
vember  i566  b.  v.  —  geld  voor  hem  bij  Plantin 
bracht. 

De  Mechelsche  landkaartenkleurder  schijnt  slechts 
zoolang  bij  Plantin  klant  te  zijn  geweest  als  deze  hem 
arbeid  gaf;  werden  de  betrekkingen  wellicht  gestaakt 
omdat  Draecx  rond  iSyo  reeds  een  «  impotent  ende 
ongevallich  man  »  vol  «  crancheden  »  werd  en  onbe- 
kwaam  om  zelfs  het  afzetten  van  kaarten,  laat  staan  het 
zware  boekbinderswerk  te  verrichten  ? 


Aert  Peeters 

Franciscus  Vervoort,  een  Mechelsche  minderbroeder 
die  den  24"  November  i555  overleed  (i),  schreef  een 
aantal  ascetische  werkjes  die  met  weglating  van  zijn 
naam  werden  «  int  licht  voortgebracht  »  tijdens  zijn  leven 
en  nog  een  tijd  na  zijn  dood  door  Jan  Verbrugghen, 
«  erf-prochiaen  van  Neckerspoel  »,  en  door  Pater  Petrus 
Godefridi,  van  Antwerpen. 

Zijne  spreuk    0   Heere  wannecr?  wordt  echter   altijd 


(1)  [Paquot].  Mémoires  pour  servir  à  l'histoire  littéraire  des  dix-sept  provinces  des 
Pays-Bas,  8°,  t.  VI,  p.  233.  —  Paquot  zelf  schrijft  echter  aan  Godefridi 
een  aantal  werken  van  Vervoort  toe. 


IN    DE    î6''    EEUW  3l5 


onder  den  tekst  geplaatst  (i).  De  uitgevers  werden  in  de 
eerste  jaren  der  onderneming  bijgestaan  door  Aert  Peeters, 
een  Mechelsch  burger  die  de  boekjes  ten  zijnent  te  koop 
stelde  en  woonde  in  de  Adeghemstraat,  tegenover  het 
huis  Vander  Aa.  Het  huis  der  edele  familie  van  dien 
naam,  in  1647  de  brouwerij  De  Gulden  Arend,  is  nog  een 
aanzienlijke  eigendom  met  koetspoort  en  draagt  nu  num- 
mer  44  (2),  zoodat  Aert  Peeters  zal  gewoond  hebben  in 
het  huidige  nummer4i,  aan  welken  grooten  puntgevel 
in  1647  De  Kriekenboom  uithing. 

«  Dboec  vanden  imposten  »  van  1544  bevestigt  dat 
Aert  Peeters  in  de  Adeghemstraat  (nu  nog  in  gewest- 
spraak  :  «  de  Dêgemstraat  »)  woonde  : 

f.  270  (Adeghemstrate).  —  Aerdt  peeters  h[uert]  voer  xvj  gui 

ij  gui.  viij  s. 

Hij  was  overleden  of  had  de  stad  verlaten  in  iSSg  : 
(c  Tboec  vanden  x"  ende  xx"  penninck  »  van  dat  jaar 
spreekt  van  hem  niet. 

Den  i5"  December  i55i  kreeg  Peeters,  op  verzoek  van 
hemzelf  en  van  Jan  Verbrugghen,  een  driejarig  privilège 
van  den  keizer  voor  het  «  doen  printen,  vercoopen  ende 
distribueren  «  van  «  vier  Boecxkens  ghenaemt  ende 
ghetituleert,  De  pane  /\.ngelorum,  Die  woestijne  des 
Heeren,    Des  Vyants   net,   ende   dat   hantboecxken  der 


(i)  Zie  den  l  rii  f  van  Henricus  Hels^anus,  prov'nciaal  der  Minderbroeders, 
aan  den  aartsbisschop  van  Trier  geschreven  den  3o"  Juni  i55i  en  overge- 
rirukt  in  De  Pane  Angelorinn,  Antw.,  S;mon  Cock,  i556,  en  Anlw.,  N.  vanden 
Wcuwe.'e.  i563,  en  in  Dat  Vyants  Net,  Antw..  Si  non  Cock,  i556  en  Antw., 
Jan  van  Ghelen  i56i  :  «  dat  ick...  over  vonden  hebbe,  dat  b}'  ors  is 
eenen  godminnenden  Minnebroeder  te  Mechelen  gtbcren  ende  daer  woon- 
achtich,  dye  dit  boeck  gheschreven  ende  vergaert  heeft  ende  oversien,  daer 
u  werrdicheyt  eens  deels  na  is  vraghende,  ende  meer  ander  boeckcn  die 
ghy  vint  met  dit  woort.  O  Heere  wannefi?  gheteeckent  int  eynde.  Bereet 
to'  luven  dienst,  noch  levende  is,  gaende  ende  staende  wel  te  passe  ».  enz. 

(2)  A.  Reydams.  —  De  Namen  en  de  korte  Geschiedenis  der  Huizen  van  Mechelen. 


3l6  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 


kerstene  menschen,   midts  gaders  die  figueren  daer  toe 
dienende  »  (i). 

Het  privilège  kon  geen  onmiddellijk  uitweiksel  hebben 
voor  Die  Woesiijnc  des  Heeren,  want  pas  een  jaar 
vroeger,  den  3i"  October'  i55o,  had  de  Antwerpsche 
printer  H  ans  van  Liesveldt  eveneens  een  driejarig  pri- 
vilège gekregen  voor  het  drukken  van  dit  werk.  Het» 
kwam  bij  hem  van  de  pers  in  i55i  en  was  «  int  licht 
voortgebracht  vanden  eerweerdighe(n)  Pater,  Petro  Gode- 
fridi  ».  Die  eerste  uitgave  der  Woestijne  is  een  met  niet 
bijzondere  zorg  gedrukt  8°  van  328  ongenummerde 
bladen,  met  een  aantal  kleine  houtsneden  in  den  tekst. 
Op  het  verso  van  het  titelblad  staat  eene  groote  houtsnede 
voorstellend  een  monnik  biddend  bij  den  gekruisten 
Christus  ;  op  een  wimpel  leest  men  0  heere  wanneer ;  die 
gravuur  werd  door  den  drukker  gebruikt  in  Vervoort's 
Des  vyants  Net  van  i552  en,  zonder  dat  daartoe  aanleiding 
bestond,  in  het  naamlooze  werkje  Den  troost  Gcds, 
verschcnen  in  i562  en  tweemaal  gemerkt  met  de 
spreuk  der  Antwerpsche  rederijkerskamer  De  Goudbloem  : 
«  Groeiende  in  diiechden  ».  De  bedoelde  uitp^ave  der 
Woestijne  is  in  veertig  «  dachreysen  »  verdeeld;  bl.  3i4^ 
eindigt  de  tekst  en  wordt  verteld  :  «  Eerst  is  dit  boeck 
van  eenen  Godminnende  Minrebroeder  gescreven,  te 
Mechelen  gheboren,  namaels  vanden  Eerweerdighen  Pa- 
ter, Petro  Godefridi  int  licht  ghebrocht  »,  enz.;  onder  die 
verklaring  :  0  Heere  wanneer  ;  op  de  ommezijde  begint 
«  Een  soet  sermoon  opten  Paeschdach  vander  verrysenisse 
Jesu  Christi  ghebenedijt  »,  dat  op  het  laatste  blad  recto 
eindigt  en  nogmaals  gevolgd  is  van  F.  Vervoort's  spreuk. 
Het  overige  dier  voorlaatste  bladzij  wordt  ingenomen 
door  het  privilège  en  het  colophon. 


(i)  Delafaille  drukte  (bl.  189)  het  privilège  over  volgens  den  tekst  opge- 
nomen  in  Des  Vyants  Net  {A.n{\v.,  Hans  van  Liesveldt,  iSSz). 


IN    DE    l6^    EEUW  3l7 

Op  de  leest  van  deze  Wocstijne  zullen  verdere  uitgaven 
der  werken  van  Vervoort  geschoeid  worden  ;  in  vêle  zal 
de  schrijver  op  een  printje  worden  voorgesteld  biddend 
op  Golgotha  ;  de  toelichting  nopens  zijn  persoon  zal  niet 
ontbreken,  zoo  min  als  het  komplimentje  tôt  een  of  meer 
bezorgers  der  uitgaven. 

Aert  Peeters  en  Jan  Verbrugghen  konden  dus,  zoolang 
October  i553  niet  voorbij  was,  van  hun  privilège  voor 
de  Woestijne  geen  gebruik  maken  ;  en  wezenlijk  hebben 
zij,  voor  zooverre  ik  weet,  ze  niet  benuttigd  ;  maar  zij 
haastten  zich  de  drie  andere  werken  in  druk  te  laten 
brengen.  Zij  wendden  zich  eerst  tôt  Hans  van  Liesveldt; 
reeds  den  29"  Maart  i552  leverde  hij  hun  Des  Vyants  Net, 
onder  opzicht  van  druk,  papier  en  illustratie  veel  beter 
verzorgd  dan  de  Woestijne  : 

t^  Des  vyants  i|  Net  /  der  boofer  wercken  /  raet  /  vi-  !  fweneît  /  ende 
hedriechlijcker  foeckelijcheyt  /  jj  ende  sijnder  verholender  Jiricken  /  daer- 
der  11  veh  in  allen  Jlaten  mede  luorden  gehou-  \\  den  endà  gheuangen  / 
efide  ghebracht  ter  eewi-  \\  ger  verdoemenijje.  Door  den  E.  H.  Mee-  \\ 
Jîer  Janvan  Bruggheint  licbt  ghe-  il  brocht  j  Erf  Prochiaenvan  '1  Necker- 
fpoel  I  Tôt  I  Mechelen.  ;  [Houtsnede  :  rij  duivels  een  net  spannend  om 
een  vrouw  (de  ziel)  die  de  hand  opsteekt  tôt  God,  verschijnend  in  de 
wolkenj.  Cum  Gratiaet  Pnuilegio  bnperiali.  1;  [Op  bl.  155''  :J  Gheprint 
Tanlwerpea  bi  iny  Hans  van  ;|  Liefueldt  j  ghefworen  Boeckprinter  der  \' 
K.  M.  woonende  op  die  Camer-  i^  poort  brugghe  /  inden  fchiU  |!  van 
Artoys.  jj  Int  iaer  ons  Heeren.  M.  D.  endt  L  IL  |;  den  xxix.Jîen  dach 
van  Meerte.  !l 

In-8°,  i55  ongenummerde  bladen  gemerkt  Aij-Uij  ; 
veertien  houtsneden  ;  de  spreuk  0  heere  wanneer  staat 
aan  het  einde  van  den  tekst;  bl.  i53,  dezelfde  houtsnede 
als  achter  den  titel  der  Woestijne  van  i55i  ;  dan  volgt  het 
privilège  voor  Verbrugghen  en  Peeters  ;  op  het  verso  van 
het  laatste  blad,  houtsnede  :  eene  vrouw  met  het 
Mechelsch  wapenschild  (zonder  het  adelaarschildje),  ge- 
merkt FECIT  PETRVS  11  VAN   DER  BOERCHT  l552. 


3l8  BOEKHANDELAARS    TE    MECHELEN 

De  Pane  angeloriim  en  Thantboecxken  der  Christenen  men- 
schen  verschenen  in  i552,  het  eerste  den  20"  Augustus, 
het  tweede  den  12"  Octobcr,  te  Leuven,  bij  Reinier  van 
Diest  ;  die  uitgaven  zijn  merkwaardig  omdat  zij  het 
adres  van  Aert  Peeters  omstandig  opgeven  : 

C  Dit  is  bel  ||  Boeck  vanden  hey  l  li(^hen  Sacramen  \\  te  /  ^benoe)iipt  / 
Il  De  pane  an-  \\  geîoriim.  il  Met  Prhtilegie.  \\  [Omlijsting  in  houtsnede 
voorstellende  bijbelsche  scenen,  gemerkt  p  b  (Petrus  vander  Borcht)]. 
I  Bl.  192^  :]  (i)  Gheprinl  hinnen  Loven  in  die  Legherftrate  by  my  Reynier 
van  Dieft  ghefiuoren  Boeck-printer.  lut  jaer  ons  heeren  M.  D.  ende  L  IL 
den  xxften  dach  Augufti.  [Zelfde  bl ,  verso  :  ]  Men  vintfe  te  coope  tôt 
den  hnyfe  van  Aert  Peeters,  woonende  tôt  Mechehn  in  die  Eeghemjtrate, 
teghen  over  het  huys  van  der  AA. 

In  8°,  192  ongenummerde  bladen  gemerkt  Aij-Z  iiij. 
Goth.  letter.  Op  het  verso  van  het  titelblad  staat  eene 
houtsnede  voorstellende  een  monnik  biddende  vôôr 
Christus  aan  het  kruis;  achter  den  monnik,  twee  heili- 
gen  ;  in  het  verschiet  een  zicht  op  Mechelen  ;  het 
Mechelsch  wapenschild  versiert  den  bidstoel  van  den 
monnik;  vôôr  hem,  tusschen  den  rand  der  plaat  en  het 
kruisbeeld,  de  spreuk  o  heere  ||  wawneer  ||  .5.[roeder] 
F.[ranciscus]  K.[ervoort]  ||  . 

Bl.  2%  onder  een  kopstuk  in  houtsnede,  luidt  de  meer 
uitgebreide  titel  : 

*i*  Partis  angelorum.  ||  C  Leerende  vander  grooter  liefden  ||  die  ons 
die  heere  hewefen  heeft  /  hem  \\  feliien  ons  geuende  ende  latende  in-  \\ 
den  îueerdighen  heylighen  facraniea-  \\  te.  Ende  hoe  jnij  [sic]  ons  daer 
toe  weer-  \\  delijck  Julien  hereyden  om  die  vruch  \\  ten  te  ontfanghen.  ht 


(i)  Aan  het  exemplaar  der  Mechelsche  stadsbibliotheek  ontbreekt  het 
laatste  blad  ;  ik  heb  geen  ander  exemplaar  gezien.  De  teksten  van  dit  laatste 
blad  zijn  ontleend  aan  Paouot,  Mémoiycs,  8°,  t.  VI,  p.  344,  die  het  weik  aan 
Godefridi  toeschrijft  maar  het  niettemin  00k  vermeldt,  doch  bondiger,  in 
zijne  lijst  der  werken  van  Franciscus  Vervoort  (t.  VI,  p.  234). 


IN    DE    l6^    EEUW  3l9 


licht  voort  \\  ^hebracht  vanden  Eerweerdighen  ||  Pater  (Peiro  Godefridi) 
generael  \\   Minijter  vanden  broeders  ende  fu-  \\  fters  der  derder  Regulen 
finte  Fran  ji  cefci  /  van  het  cappittel  van  Zep  \\  peren  j  ende  ouersie  van  || 
Tconuent  van  Ant-  {  werpen  der  fel  Ij  uer  oorde-  ||  nen.  || 

Een  drietal  houtsneden  met  het  monogram  van  Petrus 
vander  Borcht  zijn,  benevens  andere,  herhaaldelijk  in 
den  tekst  gebiacht. 

Op.  bl.  igo^  vindt  men  eene  belangwekkende  lijst  van 
boekjes  die  te  koop  waren  of  zouden  gesteld  worden  bij 
Aert  Peeters  : 

t[  Een  re^ifterken  van  veel  ^oeder  ende  dénoter  boecxkens  j  die 
welche  fom-mi^he  ^hedrucht  ^ijn  j  ende  sommi^he  diemen  bij  der  hul-pen 
^ods  noch  druc-ken  fal. 

C  EerJ't  is  dit  boeck  met  meer  andere  gode  ende  goddelycke  leerin- 
ghe  I  doer  eenen  godminnende  Minderbruer  ghefcretien  tôt  Mechelen 
gheboren  /  ah.  Die  Woejtijne  des  heeren  /  vander  paffien.  Ortulus 
anime  j  een  gebeedeboecxken  aider  kerftenen  menfchen.  Tvijants  net  j  hoe 
wij  Godts  wercken  fiillen  bekennen  wt  des  boosen  gheefts  wercken  /  met 
aile  fyn  ingheuen  j  ende  fyn  temptatie  wederftaen.  Den  luech  ter  nouiti- 
en  j  daer  aile  gbeeftelijcke  menfchen  door  worden  f^heleert  /  om  te  comen 
tôt  aile  volmaccktheyt  ende  duechdfaemheyt  des  leiiens.  Conincks  luijn  kel- 
der  I  trooftelijck  voor  aile  bedroefde  fondiohe  herten.  Den  gulden  berch 
der  kennijje  Godts  /  fpreeckende  van  een  fconiuende  leven.  Op  Davidts 
Pfalmen  tfamen  /  die  vei  claringhe  nae  die  vier  Doctoren  der  heyligher 
kercken  j  ende  op  elcken  Pfalm  een  fermoon  /  voor  aile  gheeflelijcke 
persoonen  /  tuien  dat  dwoort  Godts  niet  en  wordt  ghefayt.  Het  Cransken 
des  leiiens  ons  heeren  met  fyn  fguren  ende  goede  ghebedekens.  Den 
wijngaert  des  heren  /  daert  int  cort  feer  vierich  wordt  befcreuen  die 
pajfie  des  heeren.  Op  Cantica  veel  fermoonen  vander  volmaeckfheyt, 
ende  die  liefde  Godts.  Fander  verfmadenijfe  des  iceerells  /  ende  der 
fonden  /  ghenoempt  den  Scadt  der  wijfheyt  /  voor  aile  ionghers  goet. 
Het  Hemelfche  Hierufalem  /  vander  glorie  des  cewighen  Icuens  fpre- 
ckende. 

Defe  Jyn  naemaels  vanden  eerweerdighen  Pater  (Petro  Godefridi) 
generael  Minifter  int  licht  ghebracht  ter  eeren  Godts  /  ende  falichheyt 
aider  menfchen  /  met  behulpe  van  veel  ghelecrde  ende  eerweerdighe 
mannen  /  ende  borgheren  van  dijer 


320  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 


[bl.  191'  :]       fiadt  voorfcreiien  /  daermen  die  oock 

aliijt  te  coope  vhidl  /  ah  in  die  Eegem 

ftrate  lotten  hnyfe  van  Aeri  Peelers 

IViens  namen  dat  moeten  blij- 

uen  ghefcreuen  int  boec  des 

leneus  tfamen  /  daer  wij 

Julien  worden  ^ej'pijjï 

van  het  broot  der 

Ingelen  / 

Als 

ghij 

nv  hebl 

verftaen  j  fa- 

lich  die   den   hee 

re  dienen  ende 

bemin- 

nen  I 

vuant  fi  in 

;^_yn  vruechde  fui 

len  gaen  /  daer  ons  door 

Jefiuni  blijfcap  fal  ivorden 

gegeiien   /   God  b/otelijck  te  ge- 

bruycken  luaracbiich   /    die  daer 

J;{  opperfte  goet  is  almachtich.  Am^n. 

Het  zetsel  dezer  bladzijde  vormt  dus  het  beeld  van 
een  kelk. 

Op  bl.  191''  staat  het  privilégie  verleend  aan  Peeters 
en  Verbrugghen,  den  i5"  December  i55i. 

Ziehier  de  beschrijving  van  Thantbocxken,  naar  het 
exemplaar  der  bibliotheek  van  de  Leuvensche  Hooge- 
school  : 

Thanthoex-  1  hen  der  Chriftenen  \\  menfchen  /  îî  Leereiide  den  cort- 
ften  i!  u'cch  aider  dnccbden  !!  om  te  comen  tôt  der  \\  liefden  Gods  j  ende 
aile  vohnaectheyt  |I  des  leiiens.  \\  Met  Grzcie  mde  Priuil.  '!  [Onilijsting  : 
dezelfde  houtsnede  als  op  het  titelblad  van  De  pane  angelorum;  daar- 
onder  :]  C  Tôt  Mechelen  \\  Ten  huyfe  van  Acrt  Peeters  /  in  ;!  die 
Eeghemfirate  /  teghen  ouer  \\  Thuys  Vander  A  A.  !!  [Bl.  200''  :|  C  Ghe- 


IN    DE    l6^    EEUW  321 


print  binnen  Loiien  in  die  \\  Lécher  firaele  bij  mij  Reynier  van  1'  Diejl  / 
ghejworeii  boeckprinter.  \\  M.  D.  enàc  LU  xij.  Octob.  \', 

200  ongenummerde  bladen  8^,  gemerkt  Aij-bbiiij. 
Goth.  letter.  Op  het  verso  van  het  titelblad  staat  de 
houtsnede  die  men  achter  den  titel  van  De  pane  aiîgelonim 
vindt. 

Bl.  3%  na  den  «  prologe  »,  een  meer  uitgebreide  titel  : 

tE  Hier  beghint  dat  haut  \\  Boecxken  der  kerftenen  menfchen  /  vol 
aider  falighcr  leeringen  /  ende  vierige  ge-  \\  bedekens  I  met  oeffeninge  der 
daghen  /  ii  Hoe  een  ker/ien  menjch  :(ijn  leuen  fal  '\  regukren  /  in  wat 
ftaet  dat  hi  is  /  ![  om  falich  te  luorden  /  nae  |:  dat  ghebodt  Gods.  {!  Int 
licht  voortgebracht  van  den  Eer  I!  weerdigen  Pater  (Petro  Godefridi).  !î 

Tusschen  het  14'  en  i5'  kapittel,  bl.  i5o^,  vindt  men 
eene  lijst  van  boeken  en  nogmaals  het  adres  van  Aert 
Peeters.  Men  bemerke  dat  de  lijst  niet  geheel  overeen- 
stemt  met  diegene  welke  in  De  pane  angelonim  werd  opge- 
nomen  ;  men  vindt  er  namelijk  niet  meer  in  :  Den  wech 
ter  novitien,  Den  gitlden  berch,  het  Cransken  des  Icvens  (dat 
echter  slechts  een  ander  titel  van  Dat  gitlden  ghcbede 
boecxken  schijnt  te  zijn),  Op  Cantica,  Den  Scadt  der  wijsheyt 
en  Hemelsche  Hiernsaleni.  Integendeel  worden  Die  woestijne 
en  Panem,  benevens  Die  medicijne  der  sielen  vermeld  : 

C  Dit  boeck  is  ierfi  van  eenen  godminnende  rninrebruer  ghefcreiien  / 
te  Mechelen  gheboren  j  met  de  je  naevolgende.  Die  Woestijne  des  Heeren  / 
leerende  vander  passieu  [sic]  ons  Heeren.  Panem  angelorum  /  vanden 
gebenedijden  Jacraniente  tracterenle.  Die  medicijne  d' Jiclen  /  een  boecx- 
Ixen  om  di  jiechen  te  vertroojlen  /  ende  tôt  een  falich  eynde  te  bringen 
Ortulus  anime  j  een  gebede  boecxken  om  inder  kercken  te  draghen.  Den 
luijngaert  der  fiel  en  /  corter  dan  die  JVoeftijne  /  die  paffie  Ihcfii  ver- 
clarende.  Dat  gulden  ghebede  boexkcn  /  met  dat  leuen  lefii  in  figiiercn 
ende  oratien  gefteit  om  daghelijcx  daer  wt  te  le/en.  Conincx  zuijnkelder 
troojlelijc  aile  bedroejde  herten.  Dauids  PJalmen  met  een  clein  declaratie 
aen  elcken  Pfalm  een  fermoon  gefielt  voor  geefielijcke  perfoonen  /  die 
gheen  fermoonen  en  hebben  enà.Q  dien  dagelijcx  fonder  verfaen  lefen. 


322  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

Tvyants  net  leerende  boe  een  menfch  in  valfche  contemplatie  vanden 
vyanl  iiiel  bedro^en  en  J'ai  worden  /  eiide  boe  u'i  die  gbeeji  tut  die  naluere 
Julien  bekennen  /  ende  die  geeflen  procuen  oftji  xul  God  :{ijn  /  ofl  «^  âc. 
Deje  tfanien  syn  onerlefen  van  yfceyden  i^f/eerde  mannen  /  enàt  nae 
met  grooien  coji  enàt  aerbeyt  ter  eeren  gods  f/z  le  falicb:^^  aider  menscen 
van  die  béer  en  cnàt  veel  eerweerdigbe  niaonen  /  der  Jîadvan  Mecbelen  / 
enÛQ  vanden  voorf.  H.  Petro  Godefridi  int  licbt  gebrocht  /  ende  oni  baer 
duecbt  iville  enàt  groote  falicb:(  /  fo  luorden  fi  m^  des  Keyserlijcker 
macbt  enàii  prinilegie  gedrnct  op  d:(  de  nienfcen  /  goede  boccken  coopendc 
falicblijc  geleert  fonden  -woordcn.  Ende  nicn  vintfe  te  coope  tôt  Aert 
Peeters  /  tegen  ouer  bet  buys  vander  AA  /  i)i  die  Eegemliraete.  Tôt 
Mecbelen. 

Daaronder  :  C  0  Hccre  wanneer. 

Bl.  197*  krijgt  de  tekst  een  gedagteekend  bijvoegsel  : 

Amw  domini  M.  D.  LU.  May.  xxxi  Hct  badt  eens  een  deuoot 
Bagijncken  /  eenen  Religioes  /  dat  fi  [sicj  baer  lereen  [sicj  fferuen 
niocbte.  Hij  vraecbde  baer  wai  dat  ccn  gbej/oriien  menfch  luas  /  ende  sy 
begeerde  dat  van  hem  te  booren  j  ende  hier  in  gheleert  te  luorden. 

Die  les  eindigt  bl,  198^';  de  spreiik  van  F.  Vervoort 
staat  er  onder  alsmede  een  citaat  uit  «  Johanncs  int  .x.xi. 
Cap.  »,  welke  dikwijls  00k  in  andere  uitgaven  op  die 
spreuk  volgt. 

Op  bl.  198^-199''  is  het  bekende  privilège  overgedrukt. 
Bl.  200*  is  wit  ;  boven  het  colophon  op  bl.  200''  staat  een 
hoLitsnede  voorstellende  eene  vrouw  die  het  Mechelsch 
wapenschild   houdt  ;   de  gravuur    is    geteekend   :   Fecit 

PE  :  I  TRUS  VAN  I  DER  BOERC  |  HT  l55l.  | 

De  tekst  is  bovendien  opgeluisterd  met  46  gravuren, 
voor  welke  echter  slechts  22  drukblokken  gebruikt  zijn, 
waarvan  sommige  drie  en  viermaal  benuttigd  werden. 
Men  onderscheidt  niet  min  dan  zeven  stellen  platen; 
eene  reeks  van  drie  werd  eenige  maanden  vroeger  door 
Hans  van  Liesveldt  in  Des  Vyants  Net  geplaatst  ;  twee 
andere  houtsneden  zijn  gemerkt  met  monogrammen  van 
Petrus   vander  Borcht  ;  zeven,    die   geen    halve   bladzij 


IN    DE    l6^    EEUW  323 


vuUen,  schijnen  uit  het  begin  der  eeuw  te  dagteekenen  ; 
er  is  een  Christus  aan  het  kruis,  een  zeer  schoone  Ecce 
Homo,  een  Maria  Magdalena,  aile  drie  blijkbaar  van 
verschillige  graveerders ;  eindelijk  heeft  de  drukker  een 
stel  van  zeven  groote  gothieke  platen  —  scenen  uit  de 
Passie  —  gebruikt,  die  wellicht  in  metaal  zijn  gesneden 
en  waarin  wit  en  zwart  wondervol  harmonisch  verdeeld 
zij  n . 

Het  privilège  van  Aert  Peeters  voor  het  uitgeven  en 
verkoopen  der  vier  gemelde  boekjes  werd  niet  vernieuwd 
en  het  blijkt  niet  dat  hij  er  ooit  een  kreeg  voor  andere 
werken . 

In  een  tweede  uitgave  van  Thantboccxken  (Brussel, 
Michiel  van  Hamont,  zonder  jaartal)  beroept  zich  de 
drukker  op  het  octrooi  dat  in  i55i  aan  Jan  Verbrugghen 
en  Aert  Peeters  werd  verleend.  De  houtsnede,  die  achter 
den  titel  staat,  is  eene  navolging  van  diegene  welke  men 
op  het  verso  van  het  titelblad  der  uitgaven  van  i552  en 
van  De  Pane  Angeloriim,  i552,  vindt  maar  hoewel  de  bid- 
stoel  van  den  monnik  insgelijks  het  Mechelsch  stads- 
wapen  draagt  zijn  de  initialen  van  Broeder  Franciscus 
Vervoort  onder  zijne  spreuk,  wonder  genoeg,  vervangen 
door  N.  K. 

Van  Die  Woestijne  des  Heeren  verscheen  in  i554  bij  Jan 
van  Ghelen,  te  Antwerpen,  eene  omgewerkte  uitgave  die 
te  koop  was  te  Mechelen,  aan  de  poort  van  het  Begijn- 
hof;  het  privilège,  verleend  aan  den  drukker,  dagteekent 
van  den  ii"  Juni  i554;  in  i55y  herdrukte  Jan  Roelants, 
te  Antwerpen,  de  eerste  editie  zonder  vermelding  van 
een  Mechelschen  verkooper;  te  Leuven  verscheen  het 
boek  in  iSyS  bij  P.  den  Smith  en  in  i586  bij  Jan  Alaes 
en  Peter  Fabri  ;  H.  Verdussen,  te  Antwerpen,  drukte 
het  nog  in  iSgg  en  in  1612. 

Des  Vyants  Net  verscheen  nog  in  i556,  bij  Simon  Cock, 
die  een  privilège  van  den  11"  Juni  i554  inroept;  bij  Jan 


324  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

van  Ghelen,  in  i56i;  bij  Pauwels  Stroobant,  insgelijks 
te  Antwerpen,  in  i5g7  en  in  i6og;  van  Peeters  is  in 
die  uitgaven  geen  spraak  meer. 

Simon  Cock  leverde  in  i556  ecn  herdruk  van  De  Pane 
Angelorum,  nogmaals  met  privilège  van  den  ii"  Juni 
1554;  Nicolaas  van  den  Wouwere,  te  Antwerpen,  drukte 
het  werk  in  i563. 

Aan  de  Poort  van  het  Begijnhof 

Tôt  i585  lag  het  uitgestrekte  en  dichtbevolkte  Begijn- 
hof buiten  de  stad,  tusschen  de  Dijle  en  den  Antwerp- 
schen  steenweg.  Ten  gerieve  der  tahijke  dévote  dochters 
zuUen  wel  al  vroeg  gebedenboeken  en  geestelijke  trac- 
taatjes  op  het  hof  zelve  te  koop  geweest  zijn.  In  i554 
werd  aan  de  poort  een  boelvwinkel  gehouden,  naar 
blijkt  uit  het  colophon  van  eene  omgevverkte  uitgave  der 
Woestijne  des  Hecren  : 

C  Dye  zuoeJNj-  \\  ne  des  Heeren  /  leerende  hoe  een  ^oel  ]\  kerJJen 
menfch  j  Chrijfum  /  dlicht  der  luaer-  'i  beyt  /  enàt  nid'  duechden  /al 
navolgen  in  defe  duvjhr  ji  u'oejlijne  des  bedrocfde  luerelts  /  in  aile 
volmaect  ||  heyt.  Metten  Apollel  sprekcnde.  rené  Ji  van  mi  /  er-  \\  gens 
inné  te  verblijen  /  ^^'n  inden  crnce  Jefu  Crijli  /  |j  gebenedijt.  Nu  lued' 
vanden  Autoor  des  boecx  {i)  feer  \\  neerjhlijc  met  arbeyt  fbetert  j 
enàt  die  .xl.  dachrey-  j  [en  op  .jo.  ghebrocht  /  daer  aile  materie  in 
befloten  \\  wort  /  bit  licht  gebrochi  j  vanden  Eer.  Pater  Pe-  \\  tro  Gede- 
fridi  j  [sicj  Generael  niinijler  vanden  Bruers  \\  enàt  Siijhrs  des  derde 
regels  S.  Francifci.  Ende  \\  ouerjh  vant  Coniient  van  Antwerpen  des 
il  feliien  Oordene.  \\  C  E^  Mechelen  fuldy  my  vinden  aen  die  \\ 
baghijne  poorte.  \\  Defe  Boecken  tfamen  de  fer  Jlede  /  Jegghe  ick  v  '| 
voorwaer  claerlijck  Sijn  vanden  Eer.  heeren  met  ![  haer  profïjt  den 
arinen  ghcghenen.  Diet  aldits  ver-  !!  re  met  lijden  enàc  tranen  hebben 


(i)  Oi^er  dezen  schuilnaam  (Franciscus  Vervoort),  zie  V.  A.  Delà  Mon- 
tagne, Sclndlnamen  en  Deviezen  uit  vroeger  Tijd  (Tijdschrift  voor  Boek-  en 
Bibliotheekwezen,  i"  jaarg.,  blz,  166). 


IN    DE    l6^    EEUW  325 


moeten  befiieren  deer-  Ij  lijck.  Wilt  Je  fus  minnelijch  hem  [sic]  nUeii  ver- 
leenen  ij  voor  eenen  looii  /  Jijn  eeiuich  lenen.  AMEN,  il  C  Met  Graîie 
enAt  Preuile^ie  van  .iiij.  iaroi  [Omlijsling  in  houtsned<%  mcdaillons 
van  de  vicr  Evangelisten  en  van  KerkvaJers]  [Bl.  iqo\  in  fine  :] 
C  Gheprint  Ihaniiuerpen  /  op  die  lomhaerde  ve/te  /  ||  indewitten  Hafe- 
luint  I  by  Jcin  van  Ghelen  /  |1  ghejworen  boecprinter  der  Key.  Ma.  '\ 
Anno  M.  CCCCC.  euAt  .Liiij.  ii  den  xx.  Septembris.  'i  C  Ende  men 
vindife  nocb  te  coope  tôt  Mechclen  i|  opt  groot  Baghijn  hof  aende  poorte.  \\ 

164  ongenummerde  bladen  4°,  Goth.  letter  (titelblad 
rood  en  zwart).  Houtsneden  van  Petrus  vander  Borcht, 
Ant.  de  Worms,  andere  gemerkt  met  nnonogrammen, 
waarvan  't  eene  de  letters  H  D,  't  andere  R  bevat;  andere 
houtsneden  nog,  naar  Albr.  Durer.  Bl.  i53''sluit  het  werk 
met  Vervoort's  spreuk  0  Heere  wanneer  en  begint  : 

C  Ecn  foet  Sermoen  |i   opien  Paejchdach  vander  verrijfenijje  Jefii  il 
Chrifti  ghebenedijt.  \\ 

Het  eindigt  op  bl.  i63\  insgelijks  met  de  spreuk  van 
Vervoort  en  is  gevolgd  van  : 

C  Den  Regifter  van  de  \\  Boecken  die  corts  in  die  printe  nv  fui  lin 
cotnen  \\  ter  eeren  Gods  e)ide  aile  fielen  salicheyt. 

Die  luoejlijne  des  heeren.  Tviats  net  nv  ybetert.  ||  Coninckx  wijn 
kelder.  Marie  Jeiien  blijfchappen.  ||  Medecijn  boeck  der  Jielen.  Maria 
feuen  wee.  \\  Deii  boom  des  Leuens.  Den  Kerften  Ridder.  \\  Dat  gheejte- 
lyck  trifoor.  Panis  angelonim.  \\  Medecijn  boeck  der  dwalende  gheef- 
ten.  Il  Calomne  der  waerheyt.  Den  berch  van  myrren.  \\  Ortulus  anime. 
Leliendale  der  contemplatien.  !|  Guide  ghebee  boeck.  Boeck  d'goddeliker 
wijfhi.  ,  Bruygoms  Mantel.  Keyfers  munte.  !;  Dat  roofe  cransken.  Den 
minnenbrief  d'  fielen.  il  Hant boeck  der  kerften  menfchen.  \\  Der  niaech- 
den  Mey.  \\ 

In  deze  lijst  komen  reeds  voor  Calomne  der  waerheyt, 
van  Jasper  Kersavent,  en  Den  berch  van  myrren,  van 
Antoon  Vervoort.  Wordt  met  Den  Kerften  Ridder  eene 
nieuwe  uitgave  bedoeld  van  het  werk  van  Erasmus?  Vast 
niet   :   dat  werd   immers  onder  zijn  tweeden  titel,  den 


320  ■        BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 


kcrftcn  reghcl,  in  i55o  op  de  lijst  der  verboden  boeken 
gebraclit. 

Bl.  164^  wordt  gewag  gemaakt  van  het  «  octroy  »  ver- 
leend  aan  den  drukker;  het  stuk  was  «  Ghegeven  tôt 
Bruesel  »,  den  11"  Juni  i554. 

De  Mechelsche  bezorgers  der  uitgaven  van  Vervoort  's 
geschriften  lieten  00k  het  adres  van  het  boekenstalletje 
van  't  groot  Begijnhof  plaatsen  in  Tkcyscrs  Muntc  en  in 
Medccyn  der  Siclen  : 

t^  Tkeyfers  \\  Munte  oft  het  Scijs  boeck  /  lee-  Il  rende  wat  een  goet 
kerjten  men/ch  \\  is  /  ende  aen  wat  teeken  dalmen  dat  \\  bekennen  fal  / 
^helyckmen  eenen  penninck  l|  is  bekentievde  aen  fijn  Munie  enào.  aen 
fijn  opschrift.  lut  licht  ghebracht  /  door  M.  ij  lan  verbniggbeh  / 
Prochiaen  •'  van  Neckerfpoel  tôt  !|  Mechelen.  \\  Prouerb.  I  Cap.  ||  Si 
lactauerunt  te  peccatores  ne  acqidefcas.  ;|  C  Hoenick  inden  mont  /  brengt 
die  :(iele  1!  inder  hellen  gront.  Ii  C  Gheprint  Thaniwerpen  by  Jan  van 
Ghelen.  \\  Ende  men  vintje  te  coope  tôt  Mechelen  |!  aen  dye  Baghijnen 
poorte.  ]  Met  Keyferlijcke  Preinlesie  van  vier  Jaren.  \  [bl.  16]  C  Ghe- 
print Thaniwerpen  bi  Jan  \  van  Ghelen  Anno.  M.  CCCCC.  ^;/de  Lv.  il 
Den  i.  Februarij. 

16  ongenummerde  bladen  8°.  Titel  zwart  en  rood, 
Goth.  letter  ;  een  houtsnede  van  Petrus  vander  Boicht, 
drie  andere  zonder  merk.  Bl.  i5  wordt  bondig  vermeld 
het  octroy  verleend  den  11"  Juni  1554.  Het  beschreven 
exemplaar  is  in  de  Mechelsche  stadsbibliotheek. 

C  Medecijn  der  i  fielen  /  voor  aile  menfchen  /  gee-  \\  ftelijcke  ende 
weerlijke  [,  Jeer  profijlelijck.  '■'.  Leerende  hoe  hem  elck  Kerften  men/ch 
fal  Wjchicken  /  om  eenjalighe  doot  te  Jleruen.  \\  Ende  hoemen  dieftecken 
fal  fier cken  /  leeren  /  Il  ende  vermanen  in  haer  wlerjle.  [\  Door  Meejter 
Jan  Verbriigghen  int  I.  licht  ghebrocht  /  Erf  Prochiaen  i!  van  Neckerf- 
poele  I  lot  Mechelen.  il  ►î<  ;î  C  Men  vintfe  te  coope  /  lot  Louen  /  il  bij 
mij  Reijnier  van  Dieft  /  ghefworen  \\  boeckprinter  II  Ende  lot  Mechelen  / 
aen  die  Be-  ii  gijnen  poorte.  i  Met  Gratie  ende  Priiiilegie  /  der  K.  M.  \\ 

Het  exemplaar  der  stadsbibliotheek  van  Mechelen,  het 
eenige  van  die  uitgave  dat  ik  onder  oogen  kreeg,  heeft 


IN    DE    l6^    EEUW  327 


slechts  de  quaternen  A-L  en  is  voor  een  goed  deel  onvol- 
ledig.  Ongenummerde  bladen,  8°.  Goth.  letter. 

Slechts  in  die  weiken  van  F.  Vervoort,  voor  welke  Jan 
van  Ghelen  privilège  bekwam  den  11"  Juni  i554,  werd 
gezegd  dat  zij  te  koop  waren  aan  de  poort  van  het 
Mechelsch  Begijnhof.  Simon  Cock  kreeg  denzelfden  dag 
privilège  voor  De  Pane  angelorinn,  maar  toen  hij  het  werk 
twee  jaar  later  drukte  bleef  de  aanduiding  der  Mechel- 
sche  verkoopplaats  weg.  Den  i3"  Juni  i554  werd  aan 
Jan  van  Ghelen  «  octroy  «  gegeven  voor  Briiygoms  Man- 
telkcn,  vanden  inwendighen  naiiolghen  des  leuens  enàe  des 
cruycen  ons  liefs  Heeren  Ihesu  Christi,  den  mensch  leerende 
enàQ  eyntelijck  brengende  tôt  aider  volcomenheyt .  Door  Petriim. 
Godefridi,  enz.  (ondanks  deze  laatste  bevestiging  toch  een 
werk  van  F.  Vervoort,  want  bij  het  einde  van  den  tekst 
vindt  men  dezes  spreuk),  dat  hij  httzelfde  jaar  drukte 
zonder  gewag  te  maken  van  het  Mechelsch  Begijnhof  (1). 
Den  21"  Juni  i554gafde  Raad  van  Brabant  hem  een  vier- 
jarig  privilège  voor  Medecyn  der  sielen,  die  hij  herdrukte 
in  1557,  1559  en  i566  (2),  en  voor  Beghijnken  van  M echeltn. 
Daer  den  reghel  inné  staet,  hoe  elck  beghinnende  goet  inensche 
sal  coinen  totter  volmaectheyt  der  diiechden  tôt  ter  heylicheyt 
ende  puerheyt  des  herten,  door  den  eerweerdigen  hcere,  heere 
Anthiienis  veriioort,  eer  Prochiaen  vanden  Beghijn  houe  te 
Mechelen,  ende  Licentiaet  inder  heyligher  scriftueren,  dat  den 
18"  Augustus  i556  van  de  pers  kwam  en  door  hem  werd 
herdrukt  in  i55g  (latere  uitgaven  :  Leuven  1604  en 
Antw.,  G.  Lesteens  1634);  van  het  boekvvinkeltje  der 
Mechelsche  begijnen  is  daarin  geen  spraak  meer. 


(i)  Andere  uitgaven  :  Antw.,  M.  Huyssens,  1607  en  H.  Aertssens,  1646; 
E.  H.  J.  Reusens,  in  de  Biographie  naiionale  (onder  P.  Godefridi),  kent  eene 
Fransche  uitgave  (Atrecht,  G.  de  la  Rivière,  iSgô). 

(2)  Jan  Roalants  gaf  Medecyn  uit  in  i558,  met  vermelding  van  de  toelating 
tôt  drukkcn  verleend  den  21"  Juni  1554. 


328  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

Pater  F.  Servaas  Dirks  (Histoire  littéraire  et  bibliogra- 
phique des  Frères  mineurs  de  l'Observance  de  St-François  en 
Belgique  et  dans  les  Pays-Bas)  kent  van  F.  Vervoort's 
Hortulus  anime  eene  Brusselschc  uitgave  van  1602,  en 
van  diens  Gulden  Ghcbeden  boeck  eene  uitgave  bij 
Godtgaf  Verhulst,  Antw,,  z.  j.;  beide  boeken  waren 
«  approuvés  le  11  juin  i554  »;  wellicht  wordt  op  het 
titelblad  der  eerste  uitgaven  van  die  werken  gezegd  dat 
ze  te  koop  waren  aan  de  poort  van  het  Mechelsch  Begijn- 
hof?  Ik  heb  die  eerste  editie's  nietgezien.  Jan  van  Ghelen 
kreeg,  den  27"  December  1564,  een  nieuw  «  octroyé  » 
van  drie  jaar  voor  Hortulus  Anime,  «  wt  dien  zijnen  ter- 
mijn  van  zijn  eerste  consent  oft  Octroyé  is  geexpireert... 
ende  om  by  den  suppliant  zijne  groote  excessie[ve]  cost, 
die  daer  omme  gedaen,  so  inde  Lijsten  te  doen  sniden 
als  anderssins  te  recupere[renj  »  (elke  bladzij  heeft  name- 
lijk  als  omslijsting  eene  houtsnede  van  Petrus  vander 
Borcht)  ;  de  nieuwe  druk  is  van  i565.  R.  Velpius,  te 
Leuven,  drukte  het  boek  in  1574  voor  zich  en  voor  Jan 
Foulaert,  van  Antwerpen.  Paquot  zegt  (onder  François 
Vervoort)  dat  Oriulus  anime,  «■  vers  i552  »  verscheen,  en, 
«  corrigé  »,  bij  Jan  van  Ghelen,  in  i556  «  ou  environ  ». 
Het  Gîtlde  Ghebcdcn-bocck  beleefde  uitgaven  te  Antwerpen, 
bij  P.  Stroobant  in  i6i5  (in  dit  boek  worden  twee  goed- 
keuringen  ingeroepen,  de  eene  van  i58g,  de  andere  van 
i6i5;  er  zal  dus  wel  eene  uitgave  van  c.  iSSg  bestaan), 
bij  J.Trognesius  in  1616,  in  1627,  bij  H.  Aertssens  in  i638 
en  bij  Godtgaf  Verhulst  in  1672  (deze  laatste  is  niet  de 
datumlooze  die  Dirks  kent);  al  die  uitgaven  bevatten  een 
«  Prologhe  met  een  ootmoedige  gediensticheyt  des 
Auteurs,  tôt  den  eerweerdigen  Heere  M.  Merten  de 
Cuyper  van  Mechelen,  Doctoor  inder  Godheyt,  Bisschop 
van  Calcedonien,  Suffragaen  van  mijn  Heere  van  Came- 
rijck,  ende  Abt  van  S.  Crespijn  »,  welke  voorrede  steeds 
onderteekend  is  :  0  Heer,  wanneer? 


IN    DE    l6^    EEUW  329 


Dat  al  die  boekjes  echter  wezenlijk  aan  de  poort  van 
het  Begijnhof  te  koop  lagen  is  wel  buiten  twijfel.  Al  is 
het  niet  zeker  dat  de  werken,  waarvan  de  titel  werd 
opgenomen  in  de  lijsten  die  men  vindt  bij  het  einde  der 
vroege  uitgaven  van  de  geschriften  van  F.  Vervoort,  aile 
gedrukt  werden,  wàt  daarvan  de  pers  verliet  zal  zeker  in 
het  winkeltje  der  begijnen  aftrok  gevonden  hebben.  Bij 
de  uitgaven,  die  we  reeds  kennen,  zijn  nog  te  voegen  : 
Een  seer  nutte  bedicdinghe  ende  wtlegginghe  vanden  alder- 
hcyligsten  sinte  Gregorins  den  Pans,  een  dal  der  claertste  licht 
vander  gheheelder  Kercken  op  de  setietî  Psalmen  der  penitentien 
vanden  Coninck  David  (in  fine  :  0  Heere  wanneer),  Antw., 
J an  van  Ghelen,  z.  j,  met  privilège  van  den  17"  Decem- 
ber  i56o  (Bibl.  Muséum  Plantin-Moretus);  De  Sermonen 
enàe  manieren  van  leiiene  des  Godlijckste  enào.  heylichste 
Bernaerdts  alreclaerste  Doctoor  enàe  honichvloeyende  Leeraer 
ende  Abt  van  Clarendale  toi  zijnder  Siister,  waer  inné 
gehouden  wordt  die  Somme  van  allen  duechden,  seer  noote- 
lijc  totter  Christen  Religie,  die  God  begeeren  te  behaghen 
(in  fine  :  0  Heere  wanneer),  Antw.,  Jan  van  Ghelen, 
1557,  met  privilège  van  den  3i"  October  iSSj  (Bibl. 
Muséum  Plantin-Moretus);  Het  Bniylocht  Cleedt  der 
Liefden  Gods,  verclarende  hoe  seer  dat  een  yegelijc  Christen 
mensche  van  noode  is  totter  salicheyt,  ende  wat  groote  wonder- 
lijcke  vruchten  die  Charitate  m  dye  siele  der  menschen  is 
werckende.  Ghemaeckt  by  broeder  Frans  Veruoort,  ghecorri- 
geert  ende  int  licht  gebracht  by  den  Eerweerdighen  Heere 
Broeder  Hendrik  Pippinck,  Minister  Provinciael  van  Neder- 
duytslant,  Antw.,  Peeter  van  Keerberghen,  i566  (Stads- 
bibl.  Antw.).  Van  Antoon  Vervoort  zal  men  er  zeker, 
benevens  Beghijnken  van  Mechelen,  gevonden  hebben  :  Den 
Berch  van  Myrren...  Docr  M.  Anthoniits  van  der  Voort... 
Prochiaen  van  dat  groot  Baghyn  hof  van  Mechelen,  Antw., 
Jan  van  Ghelen  (volgens  den  catalogus  der  veiling  Aug. 
De  Bruyne,  n"  926-927). 


330  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

Vermoedelijk  is  de  boekwinkel  van  't  groot  Begijnhof 
terug  ingericht  zoodra  de  begijntjes  in  iSgS  hun  nieuw 
hof  binnen  de  stad  gevestigd  hadden.  Hij  bestond  nog 
in  i63o  :  den  g"  December  van  dat  jaar  werd  aan  «  Joufr. 
Anna  de  Man,  Begijne  op  't  groot  Begijn-hof  van 
Mechelen  »,  privilège  verleend  om  «  te  moghen  doen 
drucken,  vercoopen  ende  distribueren  een  Boecxken 
bedeelt  in  tvvee  deelen  gheintituleert  dcn  blydcn  Requiem 
ende  het  Cloosterken  der  gheestelycke  verrysenisse  ». 

De  titel  van  het  eerste  deel  luidt  : 

Deti  Boeck  der  \\  ^heejleliicke  fan^hen  li  Bedeelt  in  twee  deelen  ';  den  II 
bliiden  reqviem  !|  ende  II  ghelvckighe  vyt-vaert  ||  Van  een  falighe  fiele, 
die  om  tôt  oprechte  inwendiohe  i  rujie  te  comen,  haer  felven  met  aile 
creaturen  gron-  ||  delijck  in  den  Heere  af  Jlorf.  Het  luelck  den  rechten  || 
wegh  is  tôt  het  Cloojlerken  der  gheejîelijcke  ||  Verrijfeniffe,  oft  van 
ontwordeiitheydt  /  ||  d'welk  het  tiueede  deel  is  \\  van  dejen  boeck.  \\  Door 
eenen  Religieus  van  d'Oorden  van  finte  François  ||  ghenaemt  Minder- 
broederen  Capucynen  ||  In  omnibus  Requiem  quafiui.  Eccli.  24.  \\  In  aile 
dinghen  hebbe  ick  ruJle  ghefocht.  !|  [Naamcijfer  I  H  S  in  houtsnede] 
Thantwerpen,  ||  Bij  Hendrick  Aertjjens,  inde  Cauunerjlrate,  inde  \\  witte 
Lelie.  Anno  16} i.  Met  Gratie  ende  Priuilegie.  ||  Men  vercooptfe  tôt 
Mechelen  opt  groot  Begijnhof. 

Lysbeth  Draecx.  —  Jan  vanden  Poel 

Lysbeth  Draecx,  die  in  1 562-63  door  de  stad  betaald 
wordt  voor  het  inbinden  van  registers  en  in  de  stadsreke- 
ningen  van  iSyo-yi  en  1573-74  nog  «  boeckbinnersse  » 
genoemd  wordt,  stond  evenals  Peeter  Draecx  met  een 
boekenkraam  aan  het  stadhuis.  Hoogst  waarschijnlijk 
was  hij  haar  broeder  en  had  zij  van  hem  het  boekbinden 
geleerd.  Het  mensch  was  uittermate  gedienstig  voor  de 
«  heeren  vander  weth  »  ;  zij  reinigde  jaren  lang  —  van 
i557  tôt  1575  —  de  «  logie  »  van  het  stadhuis  en  spande 
er  bij  zomerdag  een  zeil  om  de  vroede  magistraten  tegen 
de   felle  zon  te  beschutten;   zij   leverde  doek  voor  dit 


I^   DE   l6'   EEUW  33: 


scherm  en  verder  almanakken  en  andere  boekjes;  slechts 
wanneer  zij  haar  kraam  naar  de  Yzeren  Leen  verplaatste 
en  ze  bij  de  «  heeren  »  uit  der  oogen,  uit  der  harten  was, 
kreeg  Peeter  Draecx  voor  de  eerste  maal  van  het  stads- 
bestuur  eene  bestelling  boeken. 

Geen  enkele  maal  is  in  de  stadsrekeningen  spraak  van 
haar  echtgenoot,  Jan  vanden  Poel;  alleen  een  vluchtige 
aanteekening  in  het  journaal  van  ChristofFel  Plantin, 
wanneer  Lysbeth  Draecx  in  i5y6  de  rekening  van  haar 
man  komt  vereffenen,  leert  ons  dat  zij  vanden  Poel's 
weduwe  is  en  daarmêe  is  verklaard  waarom  ook  zij  in 
datjaarals  boekverkoopster  verdwijnt  en  tevens  waarom 
zij  in  het  vertoogschrift  van  Draecx  en  consoorten  niet 
genoemd  wordt.  Om  de  eigenaardigheid  van  sommige 
bijzonderheden  worden  hier  de  posten  der  stadsrekening 
aangehaald,  die  Lysbeth  Draecx  betreffen  en  die  in  het 
opstel  over  Mechelsche  boekbinders  geen  plaats  vonden  : 

1557-58,  f.  ij'^lxxxv.  —  Betaelt  Lysbeth  draeckx  boeckvercoopersse 
van  dat  dezelve  seker  cleet  gehangen  heeft  voir  stadth[uis]  tegen  die 
sonde  per  ordonn.  x  ij  s. 

1561-62,  f.  iij*^  xxviij.  —  Betaelt  Lysken  draecx  boeckvercoopersse 
van  dat  de  zelfue  binnen  desen  geheelen  Jaere  gecuyst  ende  gerey- 
nicht  heeft  onder  de  logie  vanden  stadthuyse  mitsgaders  van  divers- 
sche  almanacken  soe  in  scepencamere,  secretarye  dekenye  ende  inden 
conthoire  gelevert  al  binnen  den  Jaere  eenentsestich  per  ordonn. 

vj  £. 

Zelfde  rekening,  f.  iij'=  xxxvij^°  —  Betaelt  Lysken  draecx  cremersse 
onder  stadthuys  van  sekere  cleet  by  haer  gecocht  omme  tsomer 
daechs  te  hanghen  onder  tdack  vander  Logie  vanden  stadthuyse 
tôt  bescherminge  vander  sonne  voir   mynen    heeren    vander  weth 

xix  s. 

1562-63,  f.  320.  —  Betaelt  Lysken  Draecx  boeckvercoopersse  van 
dat  de  selve  binnen  desen  Jaere  gereynicht  ende  gekeret  heeft  de 
logie  vanden  stadthuyse,  mitsgaders  vande  leveringe  van  diverssche 


332  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 


almanacken  ende  van  dbinden  vande  groote  registers  vander  stadt 
rekeninge  in  hoorne  copperkels  in  Decembri  Lxij.  Per  ordonn.  ende 
quitan.  tsamen  beloopende  (i)  x  £  vij  s. 

Zelfde  rekening,  f.  331.—  Betaelt  Lysken  Draecx  boeckvercoopersse 
onder  stadthuys  van  dat  de  selve  geleuert  heeft  sekere  twee  groote 
horne  vellen  tôt  de  groote  rekeninge  vander  stadt  in  Decembri  Lxij 
ende  vande  selve  te  doen  bindene.  Voorts  van  twee  nyeuwe  charten 
vande  geconcipieerde  schepvaart  vander  Masen  ende  acht  valuatie 
boecxkens  by  haer  der  stadt  gelevert  tsamen  (2)  vij  £iij  s. 

1563-64,  f.  30'°.  —  Betaelt  Lysken  Draecx  boeckvercoopersse 
onder  stadthuys  ter  oirsaecken  van  sekere  moyte  ende  arbeyt  by  haer 
aile  den  laere  deure  gehadt  int  cuysschen,  keren  ende  veghen  de 
Logie  vanden  stadthuyse  per  ordonn.  vj  £. 

Zelfde  rekening,  f.  317'".  —  Betaelt  Lysken  draecx  boeckvercoo- 
persse van  eenen  Jaere  der  stadt  almanacken  ende  pronostica^"  te 
leverene  x  ij  s. 

1566-67,  f.  229'".  —  Betaelt  Lysbeth  draecx  voer  zekere  moeyte  by 
haer  gehadt  tôt  cuysschen  ende  Reynigen  der  stadthuys  Logie  ende 
voerpuye,  mitsgaders  vanden  leveringhe  van  diverssche  almanacke 
tôt  behoefve  vander  stadt  per  ordinan.  de  anno  Lxv  vj  £  xij  s. 

Zelfde  rekening,  f.  232.  —  Betaelt  Lysbeth  draecx  voer  zekere 
moeyte  by  haer  gehadt  int  cuysschen  ende  Reynigen  vander  stadt 
huyse  puye  ende  Logie,  voirts  van  diverssche  almanacken,  pronosti- 
catien  voer  der  stadt  gelevert,  al  tselve  voer  een  Jaer  in  Ja'''°  Ixvj  per 
ordinan.  vj  £  xij  s. 

1568-69,  f.  204.  —  Betaelt  Lysken  draecx  boeckvercoopersse  onder 
stadthuyse  van  twee  jaeren  lanck  de  logie  voor  stadthuys  te  cuys- 
schen, reynigen  ende  diverssche  almanacken  gelevert  tôt  behoeve 
vander  stadt  blyckende  by  twee  ordonnantien  (3)  xiij  £  iiij  s. 

1569-70.  —  Betaelt  Lysbeth  draecx  van  een  geheel  Jaer  van 
tcuysschen  reynigen  ende  keren  voor   den   stadthuyse   mitsgaders 


(i)  en  (2)  Aaupehaald  door  Delafaille. 
(3)  Aangehaal  i  door  Delafaille. 


IN    DE   l6*   EEUW  333 


vander  leveringe  vanden  almenacken   tôt  behoeve  vander  stadt  te 
kersmisse  Ixix  vj  £  xij  s. 

1570-71,  f.  ij<=  Ljcv.  —  Betaelt  Lysbet  draecx  boeckbinnersse  onder 
stadthuys  van  dat  sy,  gecuyst  gekleet  ende  gereynicht  heeft  de  logie 
vanden  stadthuyse  voer  een  geheel  jaer  mitsgaders  sekere  almanacken 
gelevert  thebbene  tôt  behoeve  vander  stadt  per  ordonn,  secunda 
Januarij  Ixxj  vj  £  xij  s. 

1572-73,  f.  CxLvj"".  —  Lysbeth  draecx  boeckvercoopersse  onder 
stadthuys,  ter  oirsaken  van  treynigen,  cuysschen,  ende  keiren  de 
puye  onder  stadthuys,  mitsgaders  voor  dleveren  vanden  almanacken 
tôt  behoeve  vander  stadt,  ende  haer  gecommitteerde  voor  een  geheel 
Jare  per  ordonn.  vj  £  xij  s. 

1573-74,  f.  CxLj'°.  —  Betaelt  Lysbeth  Draecx  boeckbinnersse  onder 
stadthuys,  voor  treinigen  cuysschen,  ende  keren  vander  paj^en  onder 
stadthuys,  ende  Leveren  vanden  almanacken  tôt  behoeve  vanden 
conthoire,  secretarye,  te  kersmisse  a'*  Lxxiij  vj  £  xii  s. 

1574-75,  f.  ij'^  xix.  —  Lysbeth  Draecx  In  Recompense  van  haeren 
aerbeyt  ende  moeyte  by  haere  gehadt  van  een  Jaer  lanck  de  baillien 
te  onder  tstadthuys  te  reynigen  te  keeren  ende  te  cuysschen  naer 
ouder  costuyme  compt  tsamen  met  twaelff  stuvers  voor  dleveren 
vanden  almanacken  tôt  behoefF  vanden  stadthuyse  verschenen  kers- 
misse Lxxiiij  vj  £  vij  s. 

Zelfde  rekening,  f.  \f  xxj^°.  —  Lysken  draecx  boeckvercoopersse 
voor  eenen  boeck  vander  munten  by  haer  der  stadt  gelevert  per 
ordonnan.  vj  s. 

Schoolmeester  Jan  vanden  Poel  woonde,  volgens  het 
impostenboek  van  1544,  in  de  «  Bruesselstrate  »  : 

f.  ij'  XXXV.  —  Mr  Jan  vanden  poêle  scoelm"'  h[uertj  voer  vij  gl. 

xxj  s. 

Een  Jan  vanden  Poêle,  wien  geen  titel  gegeven  wordt, 
bezat  in  die  zelfde  straat  een  huis  dat  20  stuivers 
belasting  zou  betalen.  Dat  was  zeker  niet  de  school- 
meester, want  den  29^"  November  i556  overleed  een 
«  Jan   vande  poêle    int    ossen   hoot   achter   de   halle  » 


334         BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

—  niet  een  schoolmeester  dus,  maar  veeleer  de  man  die 
in  i544  eigenaar  was  van  het  huis  in  de  Brusselstraat. 

Volgens  het  handschrift  dat  in  het  bezit  is  van  D'  Van 
Doorslaer  (i)  trof  men  in  1574  onder  de  bewoners  van 
«  De  Drapstrate  beghinnende  aen  de  balane  brugge  totte 
Mol  ))  aan  :  «  Jan  Van  de  poêle  boeck  vercooper  ». 

De  titels  van  werkjes  die  bij  hem  te  koop  waren 
leeren  ons  dat  hij  in  i574-'75  een  boekenkraam  hield 
aan  de  Yzeren  Leên,  —  we  weten  trouwens  dat  Lysbeth 
Draecx  na  Kerstmis  1574  niet  meer  aan  den  Beyaert 
stond. 

Onder  n'  967  van  den  catalogus  der  veiling  Aug.  De 
Bruyne  staat  :  «  De  Généalogie  en  Afcompst  van  de  Poetische 
Godeiî  van  nietiws  ghemaect  by  Innocent  Egare...  Men  vintse 
te  coope  by  Jan  van  den  Poêle  voorstaende  ae7i  Dyseren  Lene 
tôt  Mechelen,  iSy4.  —  In  fine  :  Gheprint  Thantwerpen  op  onser 
liever  [sic]  Kerckhof  inden  Gulden  [sic],  By  my  Peeter  Mesens. 

—  In- 12.  dem.  rel.  Très  rare  ». 

Het  dikwijls  geheel  subjectieve  «  très  rare  »  schijnt 
hier  terecht  gebruikt  te  zijn.  Die  uitgave  kon  ik  niet 
vinden.  De  bibliotheek  der  Leuvensche  Hoogeschool 
bezit  echter  een  vroegeren  druk  van  de  Nederlandsche 
vertaling  van  Innocent  Egare's  Poetische  Goden  (2)  : 

C  -D^  Généalogie  \\  ende  Afcompjl  vande  Poetifche  Go  |!  den  /  van 
nyeus  ^hemaeckt  bi  Innocent  Egare  :  \\  tôt  profijt  ende  injlructie  van  aile 
lief  il  hebbers  van  Conften  /  Als  \\  Goutfmeden  /  ScJnl-  \\  ders  /  Beelt- 
Jnij  li  ders.  âc.  ||  [Houtsnede  :  de  vergadering  der  goden]  <[  Gheprint 
Thantwerpen  op  die  Lombaerde  li  vejle  teghen  ouer  den  witlen  Haefwint. 
By  my  \\  Marten  de  Ridder  ghefworen  boecprinter  vand'  \\  K.  M.  gead- 
mitteert.  Anno.  M.  D.  ende  XLIX.  \\  C  Met  Gratie  ende  Pretnlegie 
van  II  tzuee  laren.  \\ 


fi)Zieblz.  3o5, 

(2)  Innocerd  Egare  is  de  schuilnaam  van  den  Franschen  schrijver  Gilles 
d'Aurigny  (zie  Brunet). 


IN    DE   l6'   EEUW  335 


40  ongenummerde  bladen  kl.  8°,  •  gemerkt.  Aij-Eij, 
Goth.  letter.  Bl.  3o^  :  C  Extract  wt  den  Tractaet  /  dwelck 
Liiciamis  beschreuen  heeft  aengaende  de  figure  poiirtraicture 
vanden  Fransoysschen  Hercules.  Bl.  33*  :  C  De  Schilderie 
van  Cupido  /  ghemaect  by  Innocent  Egare.  H  et  privilège 
werd  aan  Marten  de  Ridder  verleend  den  22"  December 
1547.  Ongetwijfeld  had  Peeter  Draecx,  die  bij  de  Ridder 
in  i55o  liet  drukken,  dit  boekje  ten  gerieve  van  rede- 
rijkers  en  kunstenaars  in  zijn  winkel. 

Volgens  inlichtingen  verstrekt  door  den  heer  Ferd. 
Vanderhaeghen,  bestaat  er  eene  uitgave  die  00k  in  1574 
gedrukt  was,  doch  bij  Jan  van  Ghelen  ;  eene  andere 
(Rotterdam,  Jan  van  Ghelen,  1606) is  vermeld  onder  n'  ii3g 
in  den  catalogus  der  veilig  R.  délia  Faille, 

Jan  vanden  Poêle  liet  bij  Peeter  Mesens  nog  drukken  : 

Een  Tractaet  11  Van  Crimine  II  le  faken,  gefedt  by  manière  van  een  II 
Judiciele  practica  van  faken  die  dlijf  aengaen  /  enà.t  !l  is  genomen  wt  de 
Keyferlijche  Rechten  /  mitj'ga-  Il  ders  de  allegatien  vande  Rechten  in 
Latijn  I  leeren  II  de  walmen  doen  ende  laten  fal  (na  wtwijfen  van  II  de 
Rechten)  in  faken  daer  dore  dat  een  menfche  'I  fonde  mueghen  hefcha- 
dicht  werden  aen  :(ijn  !l  goet  j  famé  /  oft  aen  :(ijnen  lichaeme.  Il  [Hout- 
snede  :  een  gehoeid  gevangene  vôôr  een  rechterj  Gheprint  Thantvver- 
pen  inden  gui-  Il  den  Bybel,  by  Peeter  Mefens.  Il  £?  ^^^  vintfe  ooc  te 
coope  by  Jan  vanden  Poêle  /  Il  voortftaende  aen  DijferenLene  /  tôt 
Mechelen.  [Bl.  60%  in  fine  :]  £^  Gheprint  Thaniwerpen  op  II  onfer  lieuer 
Vrovven  Kerck-  Il  hof,  inden  gulden  Bybel,  Il  by  my  Peeter  Mesens.  H  M. 
D.  LXXV.  Il 

60  ongenummerde  bladen  8°,  Goth.  letter  (toelating 
tôt  drukken,  bl.  i\  en  «  die  epistel  »,  bl.  2="''  in  Rom. 
letter). 

Dit  werkje  van  Andréas  Perneder  (de  schrijver  wordt 
in  «  die  epistel  »  genoemd)  is  een  herdruk  van  de  uit- 
gaven  die  in  i55o,  i55i  en  iS5j  bij  Hans  de  Laet  te 
ifVntwerpen  verschenen.  In  den  druk  van  Mesens  voor 
Jan  vanden  Poel  wordt  (bl.  i'')  aan  het  privilégie  herin- 


336  BOEKHANDELAARS    TE    MECHELEN 

nerd,  dat  Hans  de  Laet  kreeg  den  24"  December  154g, 
volgens  de  vroegste  edities. 

Hans  de  Laet  drukte  in  i55i  00k  De  Manière  oni  een 
Procès  te  voeren  en  Dboeck  van  Exceptien  inden  Rechte,  twee 
werkjes  van  Jacob  Salwechter.  In  i553  reeds  herdrukte 
hij  het  eerste,  in  i55j  het  tweede;  vaak  vindt  men  de 
beide  boekjes  van  Salwechter  met  dat  van  Perneder 
saamgebonden  :  zij  vormden  te  zamen  eene  populaire 
handleiding  in  de  rechtskunde.  Jan  vanden  Poel  liet, 
behalve  Een  Tractaet  van  criminele  Saken,  bij  Peter  Mesens 
in  1575  Dboec  van  Exceptien  inden  Rechte  drukken  en 
onderaan  het  titelblad  stellen  :  Men  vintse  oock  te  coope  by 
Jan  Van  den  Poète  voortstaende  aen  dyseren  Lene  tôt 
Mechelen  «  (i).  Het  is  zeer  waarschijnlijk  dat  dezelfde 
drukker  in  hetzelfde  jaar  hem  00k  eene  nieuwe  uitgave 
heeft  bezorgd  van  De  Manière  om  een  Procès  te  voeren,  en 
dat  men  op  het  titelblad  daarvan  het  adres  van  Jan 
vanden  Poêle  zal  vinden. 

De  heer  Ferd.  Vanderhaeghen  schreef  mij  dat  de 
boekerij  aldaar  uitgaven  van  de  drie  werkjes  bezit,  die 
gedrukt  zijn  bij  Jan  van  Ghelen  in  iSyS;  hij  vermoedt  dat 
die  uitgaven  varieteiten  zijn  van  diegene  van  Mesens, 
en  dat  zij  met  deze  laatste  enkel  door  de  adressen  ver- 
schillen. 

In  de  rekeningen  van  Jan  vanden  Poel  bij  Christoffel 
Plantin  bemerken  wij  dat  reeds  vroeger  de  eerste  zich 
bijzonder  op  den  handel  in  werken  over  rechtsgeleerd- 
heid  toelegde.  Bij  den  Antwerpschen  drukker  was  hij 
niet  wat  men  een  gewone  klant  kan  noemen  ;  in  i566  en 
1567  ruilt  hij  boeken  met  hem;  slecht  in  1572  koopt 
hij  er. 

Den  i"  December  i566  teekent  Plantin  in  journaal  en 


(i)  Volgens  Delafaille  (blz.  196);  ik  heb  deze  uitgave  van  Dhoec  van  Excep- 
tien niet  gezien. 


IN    DE    l6'    EEUW  337 


grootboek  aan  dat  hij  van  «  Jan  van  den  Poel  libraire  a 
Malines  ^>  ontvangen  heeft  de  vijf  eerste,  ingebonden 
deelen  van  een  werk  in-folio,  een  oude  uitgave  ;  de  titel 
—  één  woord  —  is  echter  onleesbaar  geschreven;  de 
waarde  werd  op  8  gulden  vastgesteld.  Twee  weken  later 
koopt  hij  van  de  vrouw  van  Jan  vanden  Poel,  voor 
12  gulden,  te  ruilen  voor  andere  boeken,  een  Corpus  cano- 
niciim,  in-folio-uitgave  van  A  Porta  te  Lyon,  i55o,  in 
drie  ingebonden  deelen.  Nog  vijf  weken  later,  den  21° 
Januari  i567,  zal  Vanden  Poel  18  gulden  te  goed 
hebben  voor  een  Corpus  Civile  in-folio,  insgelijks  gedrukt 
bij  Hugo  a  Porta  te  Lyon  in  vijf  deelen  gebonden  met 
sloten. 

De  Mechelsche  boekhandelaar  neemt  dadelijk  voor 
de  bedongen  waarde  boeken  bij  Plantin  ;  bij  de  eerste 
ruiling  heeft  hij  er  21  en  100  almanakken  van  Nostra- 
damus  —  reeds  voor  een  stuiver  te  veel  ;  bij  de  tweede 
gaat  hij  met  67,  bij  de  derde  met  271  boeken  weg  en  hij 
put  telkens  geheel  zijn  krediet  uit. 

Tusschen  de  aan  hem  geleverde  drukken  merken  wij 
op  :  2  Pradique  criminelle  d'Amhoud  (i),  6  Exceptions  du 
droit,  en  nog  tweemaal  6  Exceptions  du  droit  6^//[ère?]  twee- 
maal  12  Ordonnances  de  Malines  en  6  Idem  en  flameng  4°, 
2  Leenrechten  van  gendt;  verder  Vlaamsche  en  Latijnsche 
Bijbels  en  Testamenten,  12  Licdekens  boecken,  twee  dozijn 
Het  Leven  der  Keijseren,  2  Schat  dcr  Duijtscher  talcn,  6  Col- 
loques francois-flameng,  12  Handboexkens,  4  Reynaerd  de  vos, 
12  Materien  in  duytsch  Sylvius,  10  A.  B.  C.  Sylvius plats  en 
flameng,  twee  maal  4  Magia  naturalis  en  flameng,  10  Nos- 
tradamus  en  flameng,  16  Lantwinninghe,  3  Emblèmes  Sam- 
bucus  flameng,  12  Tobias,  25  Manierlycke  Seden,  25  Broeder- 
lycke  liefde,    12   Langhe  passien,   12  keersten  spieghel  ;  aan 


(i)  Een  uitgave  van  Joos  de  Damhoudere's  Practijcke  ende  handbouck  in  cri- 
minele  zaeken. 


338         BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

Fransche  boeken  :  2  Secrets  d^ Alexis,  22  Exemples  de 
Sylvius  francois,  2  Paracelsiis  en  français,  enz.,  eindelijk 
verschillende  Hortulus  animer,  Horae,  en  een  aantal 
Latijnsche  klassieken,  benevens  cathechismussen,  alma- 
nakken  en  papier, 

Nog  tweemaal  koopt  Vanden  Poel  boeken  bij  Plantin  : 
den  18"  November  en  den  i3"  December  1572,  —  de 
eerste  maal  niet  meer  dan  26  discours  de  france  en  2  leven 
der  Maechden;  de  tweede  maal  56  boeken  plus  25  alma- 
nakken  en  6  cartabellen  ;  de  Einblcmata  Sambiicii  en 
Jiinii  met  Vlaamschen  tekst  komen  daartusschen  voor, 
werken  van  Dodoens  en  andere  boeken  van  de  gewone 
keuze,  Het  totaal  der  twee  koopen  bedroeg  7  gulden  17 
stuivers.  Dieschuld  werd  eerst  vereflend  doordeweduwe, 
op  7"  Mei  1576  : 

La  vefiic  De  Jehan  Vanden  poul  de  MaJines  a  paije  ad  ditto  la  somme 
de  fl.  7  et  rabat  s.  ly  p'^  entier  pavement  de  ce  que  feu  son  marij  debvoit 
val.  in  ns  fl.  y. 

Onmiddellijk  daaronder  is  in  het  journaal  geschreven  : 

La  vefiie  de  Jehan  Vanden  Poel  Lisbet  Draeckx  doibt  [?  dit  woord 
is  onduidelijk  geschreven]  p'  compte  nouveau  6  Etymologia  Des- 
/)[auterii]  4°  fl.  —  s.  18. 

Den  18"  Juni  betaalde  zij  16  stuivers  na  eerst  een 
stuiver,  dan  anderhalf  en  eindelijk  twee  stuivers  afge- 
dongen  te  hebben  : 

IS76.  ad  18  Junij  en  anvers.  De  la  vefue  de  Jehan  vanden  poel p'' 
payement  de  tout  ce  quelle  doibt  xvij  [het  laatste  cijfer  is  doorgehaald] 
patt.  et  demi  jedis  16  \  [de  breuk  is  doorgehaald]  patt.  2  p''  rabat 

fl.  —  s.  16  è. 

In  het  grootboek  is  18  stuivers  ingeschreven  nevens  de 
vermelding  :  «  payoit  s,  16  —  reste  rabat  ». 

Dat  was  de  laatste  maal  dat  Lysbeth  Draecx  in  Plan- 
tin's  winkel  kwam  ;  zij  droeg  geen  boeken  meer  mêe  ;  we 


IN    DE    l6'    EEUW  339 


moeten  veronderstellen  dat  zij,  na  beproefd  te  hebben 
alleen  den  boekhandel  voort  te  zetten,  den  moed  opgaf. 
Haar  spoor  gaat  verloren. 

Eene  Lijzabeth  Draex  huwde,  in  iSyS,  in  St-Rom- 
boutskerk  «  M''  Peeter  Taelman  »  —  een  schoolmeester, 
volgens  de  adressenlijst  van  1574,  die  woonde  op  «  De 
tichelrye  gaende  naer  de  balane  brugge,  totter  mole 
strate  ».  Nevens  zijn  naam  is  in  het  huwelijksregister 
geschreven  «  obijt  ».  De  nian  stierf  inderdaad  nog  in 
i5y5,  den  25°  Juli;  het  lijkenregister  van  St-Rombouts- 
kerk  zegt  :  «  M''  Peeter  taelman  aen  de  nieu  brughe  te 
sellebruers  ». 

Was  Lijzabeth  Dracx  wellicht  een  dochter  van  Peeter 
Draecx,  —  een  doopkind  van  hare  moei,  en  was  school- 
meester Taelman  een  jongere  ex-collega,  een  leerling 
van  haar  00m  Jan  vanden  Poêle? 

Jan  Mynsheeren 

De  boekbinder  Jan  Mynsheeren  was  00k  boekver- 
kooper  :  hij  richtte  met  Draecx  en  zij  ne  andere  collega's 
het  bekende  verzoekschrift  tôt  het  magistraat.  Eenmaal 
kocht  hij  boeken  bij  Christoffel  Plantin  ;  zijn  naam  staat 
in  het  repertorium  van  het  journaal  van  i5yi  ;  dit  reper- 
torium  verwijst  naar  de  posten  betreffende  klanten  die 
geen  rekening  in  het  grootboek  hebben.  Den  14"  Juni 
1571  werd  geleverd  «  A  Jan.  meynsheeren  a  Malines 
par  Cornelis  Richardt  :  i  Quintiliamts  8°,  i  Ovidiiis  16°, 
I  flores  poetarum,  i  Val.  Maximiis  8°,  i  Ladantiits,  i  Noii- 
veau  Testament  16° en  2  Sallustius  16°  »,  samenvoor  2  gulden 
14  stuivers,  waarop  dadelijk  44  stuivers  werd  afgekocht. 
Over  de  betaling  der  overige  10  is  niets  te  vinden. 

Of  Jan  Mynsheeren  in  1572-73  aan  het  stadsbestuur 
de  c(  statuten  van  mechelen  »  leverde,  waarvan  de  stads- 
rekening,   gewag   maakt,   is   niet   duidelijk,  vermits  de 


340  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

prijs  van  de  boeken  begrepen  is  in  de  som  betaald  aan 
hem  «  ende  ander  boeckbinders  »  voor  het  binden  en 
linieren  van  registers  en  het  leveren  van  papier. 

1572-73,  f-  CL).  —  Betaelt  lanne  myns  Heeren  ende  ander  boeck- 
binders, van  dat  de  selve  tôt  behoeve  vander  stadt  ende  haerliede 
gecommitteerde  gebonden  hebben  diversche  Registers,  scryftboeken, 
Rekenin.  te  Linierene  metter  Leveringe  vanden  pampier  zoo  cleyn  als 
groot  formaet,  statuten  van  mechelen  ende  andersins  als  blyckende 
by  ordonn,  beloopende  tsamen  xvij  £  xvij  s. 

De  bibliotheek  der  Hoogeschool  te  Leuven  bezit  drie 
boekjes  op  welker  titelblad  het  adres  van  Jan  Mynsheeren 
staat  : 

C  Esn  dénote  conteniplacie  /  îj  op  den  L.  Pjalm  /  ||  Miserere  mei 
Deiis.  I!  [Houtsnede  :  Koning  David  op  de  harpe  spelend  voor  den 
Heer.]    Tôt  Loven.  \\  By  Reynier  Velpiiis  ge/iuoren  \\  Boeckprinter.  \] 
An.  ijji.  Il  Men  vintfe  te  coope  tôt  Mechelen  om-  \\  trent  Stadt  hu\s  /  Bij 
lan  Mijns  hee-  \\  ren  /  gefworen  Boeckvercooper.  \\ 

12  ongenummerde  bladen  8°,  gemerkt  Aij-Bij,  goth. 
letter.  De  geestelijke  goedkeuring  dagteekent  van  den 
2"  November  i55o. 

Dat  merci)  des  \\  gheejhlijcken  Iciiens.  \\  Hier  toc  is  comen  /  van  feuen 
Peerlen  der  deuch-  \\  denj  àc.  Met  meer  ander e  pimctenj  ||  Ghemaect  door 
den  Eenvaerdioben  Pater  \\  Broeder  Thomas  Hanierken.  Il  [Houtsnede  : 
Christus  aan  het  kruis.]  Tôt  Loiicn  !|  Bij  Ruigeert  Velpius  ghefworen  \\ 
Librier  in  Ingelhorch  \\  Met  Gratie  enàt  Priuilegie.  ISJJ.  Men  vint  defe 
boexkens  oock  te  coope  bij  \\  lan  Mijns  heeren,  gefworen  Boec-  ||  vercooper 
ontrent  tjladthuys  !|  Tôt  Mechelen.  \\ 

16  ongenummerde  bladen  8^,  gemerkt  Aij-Diij,  goth. 
letter.  Op  het  verso  van  het  titelblad,  eene  groote  gothieke 
houtsnede  :  de  nederdaling  van  den  H.  Geest  over  de 
apostelen.  Op  de  laatste  bladzijde,  o.  m.  :  «  Censura 
Christophori  van  Crikebeke  S.  Theologiœ  Licentiati, 
Pastoris  Ecclesise  divi  lohannis  civitatis  Mechliniensis  »  ; 
ten  slotte,  eene  gothieke  houtsnede  :  de  Geeseling. 


IN    DE    16'    EEUW  341 


Dcn  Reghel  \\  der  longhers  \\  Ende  is  eenfalich  onderwijs  ende  funda- 
Ij  ment  des  Kerjfen  gheloôfs  j  Seer profijte-  \\  lijck  gheleert  ende  gbelefen  / 
voôr  aile  !l  leecke  ongeleerde  menfchen  en-  ji  de  befonder  voôr  aile  l!  lon- 
ghers.  Il  Ghemaécl  doôr  M.  la/par  Kerf-  |  avent  /  Priéfter.  \\  Eccleftaft. 
6.  Il  Kint  van  iiwer  ioncheyt  ontfangt  leeringhe,  \\  ende  tôt  dat  grijs  haér 
Juldy  luijsheit  vinden.  \\  Die  Thiénjh  editie.  |i  Tôt  Loven.  11  By  Rutgerum 
Velpium  in  Ingelborch  \\  Int  laer  ans  Heeren  ij'J}.  \\  Met  Privilégie.  \\ 
Men  vindt  defe  hoecxkens  ooc  te  coope  tôt  Mechelen,  ||  bij  lan  mijns 
Heeren  ghejvvorcn  Boeckvercooper  op  1;  S.  Rombouts  Kerckhof.  i| 

20  ongenummerde  bladen  8°,  gemerkt  Aij-Cij  ;  goth. 
en  rom.  letter.  H  et  boekje  bevat  Corte  spcllinghe.  Sesse 
A.  B.  C,  verder  gebeden  en  onderricht  in  de  christelijke 
.  leering,  en  eindelijk  eene  lijst  cijfers. 

Op  de  laatste  bladzijde,  dit  voor  ons  belangwekkend 
bericht  : 

Schoone  verclaringhen  opden  Pater  nojler.  Aue  Maria.  Credo,  vij. 
Sacranienten.  x.  gheboden  Gods  :  Ilcni  van  die  gheboden  der  H.  Kercke, 
van  die  vij  dootfonden,  met  dié  contrarie  deuchden.  vij.  gauen  des 
heylichs  gheejfs,  viér  luterjle,  met  andere  dinghen,  hier  int  cort  ghejlelt, 
hebdy  in  onse  boecken  :  Dat  fiindaïuent  des  gheloofs,  ende,  Van  die  vij. 
dootfonden,  nu  onlanx  ghedruct. 

Wij  mogen  hieruit  wel  afleiden  dat  een  Fimdament  des 
gheloofs  en  een  Van  die  vij.  dootsonden,  gedrukt  bij  Rutgeei  t 
Velpius  c.  1573,  insgelijks  het  adres  van  Jan  Mynsheeren 
dragen. 

De  drie  hier  beschreven  boekjes  zouden,  wegens  hun 
geringen  omvang,  zeker  niet  bewaard  zijn  gebleven  —  en 
vooral  niet  bewaard  in  zulken  voortreffelijken  staat  als 
ze  zijn  —  waren  ze  niet  blijkbaar  zôô  gekocht,  zôô  inge- 
naaid  geweest,  met  nog  drie  andere,  in  een  stevig  stuk 
perkament  door  den  eigenaar,  Claude  V^erre3^dt,  van 
Mechelen.  Aan  de  binnenzijde,  dwars  over  den  rug  van 
den  omslag,  leest  men  in  groote  kapitalen  :  GLAVDE. 
VERRY  :|  DT  [eenige  uitgewischte  letters]  |1  [nog  vier 
bijnagansch  verdwenen  letters]  i565  ;  en  lager,  in  loopend 


342         BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

schrift  :  Claudino  Verrcydt  M cchliniensis  ;  00k  bovenaan  de 
eerste  bladzijde  van  het  boek  schreef  die  man  zijn  naam. 
De  zes  werkjes,  aile  bij  R.  Velpius  gedrukt,  werden 
zonder  twijfel  omstreeks  denzelfden  tijd,  wellicht  inéens 
(de  frischheid  der  exemplaren,  waarvan  de  bladranden 
gaaf  zijn,  toont  het  aan)  bij  Jan  Mynsheeren  gekocht. 
Wegens  die  omstandigheid  is  het  niet  zonder  belang,  hier 
00k  de  drie  andere  drukjes  te  vermelden,  waarvan  het 
eerste  trouwens  een  werkje  van  Jasper  Kersavent  is  : 

Colvmne  \\  der  zuaerheyt  /  ||  Verclarende  dut  Neghenfie  Ariikel  des  || 
Chrijîen  gheloofs,  van  die  warachtighe  \\  Catholijcke  gbemeyne  en  fien- 
lijke  Chrifien  ||  Kercke  (die  een  Coliunne  en  vafiicheyt  der  ||  waerheyt  is) 
waer,  ende  by  wie^ify  is  :  ende  ||  by  wat  teeckenen  fy  ghekent  ende  onder-  j] 
fcheyden  wort  wt  aile  feclen  en  kettenjen,  ||  daer  die  Chnjlen  Kercke  |l 
niet  en  is,  |I  VVt  die  Heylighe  fcrifturen,  ende  vvt  ||  die  Boecken  der 
beiligher  Leeraerts  ||  ver^adert,  ende  tfamen  ghe/felt.  \\  Door  M.  h/par 
Kerjauent  priefterl  ||  [Fleuron]   ||  Tôt  Loven,  ||  Bij  Rutgbeert  Velpius, 
ghefworen  Lihrier  ||  In  Inghelborch.  \\  Met  des  Conincks  Priuilegie,  ||  van 
4.  iaren.  ijSy.  \\ 

40  genummerde  bladen  8°.  De  geestelijke  goedkeuring 
(bl.  40";  get.  :  Cunerus  Pétri  de  Brouwershaven)  is 
gedateerd  van  den  18"  September  i567;  het  privilège 
(bl.  40^)  werd  verleend  den  23"  September  i5dy. 

Bij  dit  ailes  is  gebonden  Den  Spiegel  der  Liefhebbers  deser 
werelt...  ghemaect  door  den...  Leeraer  Dionysitim  Rijckel, 
Carthuser  (24  bladen),  en  Litanie  Der  H.  Roomscher  Kercke 
(8  bladen),  beide  zonder  jaartal. 

In  het  «  Quohier  van  den  x"  penninck  »  van  1678, 
is  Jan  Mynsheeren  tweemaal  ingeschreven.  Hij  bezat 
een  huis  in  de  Koestraat,  dat  ledig  stond,  en  woonde  in 
een  ander  eigendom  van  hem,  palende  aan  het  stad- 
huis  : 

1578.  St-Romboutsparochie.  —  f.  xL  (onder  :  «  dander  zyde  van- 
der  coestrate  beginnende  van  aende  brugghe  [«  trecktanghbrugh  »J 


IN    DE    l6'    EEUW  343 


op  de  slincke  zijde  »).  —  Jan  mynsheeren  proprietaris   van  synen 
huyse  ledich  geesf'  tsj''^  op  [niet  ingevuld]. 

Uit  eene  nota  gekribbeld  op  den  rand  blijkt  dat 
«  destimatie...  uit  voorgen  quohier  [dit  van  1374?]  niet 
gevonden  is...  « 

Verder  treft  men  aan  onder  de  bewoners  van  «  de 
huysen  staende  rondtoem  Tstadthuyse  :  » 

Jan  minsheere  proprietaris  van  synen  huyse  geesf^  tsj"  op  xx  gul- 
den.  Ontfaen  den  x"  penn.  ij  £. 

In  iSSg  woonde  een  verwante  van  Jan  Mynsheeren  in 
een  der  «  huysen  vander  Groote  Merckt  metten  teerlinck 
rontsome  vanden  Beyaert  alhier  »,  wellicht  in  hetzelfde 
huis  : 

f.  vii)'°.  «  Peeter  myns  heeren  huert  tôt  xxx  gui.  v""  den  x"  en  xx'^, 

iiij  £  X  s. 

Er  is  aanleiding  cm  te  veronderstellen  dat  Jan  en 
Peeter  beide  zoons  waren  van  Frans  Meynsheeren,  den 
voortreffelijken  «  cleystekker  »,  lees  beeldhouwer,  wiens 
loopbaan  van  i535  tôt  i565  door  Emm.  Neeffs  wordt 
gevolgd  (i),  en  zij  van  hun  begoeden  vader  de  huizen 
erfden  die  zij  in  i5y8  bewoonden.  Peeter  Mynsheeren, 
dien  Neeffs  niet  kent,  is  insgelijks  beeldhouwer;  in  het 
Quohier  van  iSyS  staat  hij  bij  de  bewoners  van  «  de 
zyde  beginnende  van  aende  bagijnestraete  Streckende 
tôt  Aende  hondtsbrugghe  »  : 

«  Peeter  mynsheeren  cleysteeckere  proprietaris  van  synen  huyse 
geesV'  ts''^  op  xij  gui,  Ontfaen  den  x^  pen.  xx  iiij  s.  » 

Wij  zegden  reeds  (2)  dat  Jan  Mynsheeren  «  boecbinder 
aent  kerchooff  »  overleed  den  i5"  Mei  1079.  De  boek- 
handel  werd  nochtans  voortgezet   door  zijne   weduwe. 


(i)  Histoire  de  la  Peinture  et  de  la  Sculpture  à  Malines. 
(2)  Mechelsche  BoekUnders,  blz.  279. 


344  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

Lincken  M3msheeren,  die  in  1 58 1-82  (i)  niet  alleen 
registers  bond  voor  de  stad,  maar  oolc  betaald  werd  voor 
<(  eenige  leveringhe  van  boecken  aende  ministers  ende 
dienaers  vanden  kercken  gelevert  »,  dus  —  we  zijn  in  den 
Geuzentijd  —  aan  de  protestantsche  predikanten. 

Vincent  Mûris 

Wij  kennen  Vincent  Mûris  als  boekbinder  in  1 569-70; 
hij  zal  wel  00k  dan  boekhandelaar  geweest  zijn.  Met 
Plantin  deed  hij  zaken  van  den  12"  Mei  1570  tôt  aan 
zijn  dood  in  November-December  1578  :  in  1570  kocht 
hij  boeken  voor  27  gulden;  in  1571  voor  28  g.  i  s.;  in 
1572  voor  17  g.  i5  s.;  in  i573  voor  3g  g.  18  s.;  in  1574 
voor  3i  g.  16  1/2  s.;  in  i575  voor  39  g.  7  s.;  in  1576  voor 
47  g.  i3  s.;  in  1577  voor  58  g.  i  s.;  in,  1578  voor  21  g. 
3  s.;  zijne  weduwe  kocht  er  in  i58o  nog  voor  12  g.  3  1/2  s. 

Een  groote  verscheidenheid  was  er  echter  niet  in  den 
voorraad  dien  hij  in  den  Gulden  Passer  dpdeed;  benevens 
brevieren,  getijden  en  gebedenboeken,  soms  een  missaal, 
eenige  Latijnsche  klassieken  en  wat  Vlaamsche  volks- 
literatuur,  die  we  bij  andere  boekverkoopers  reeds  ont- 
moetten,  koopt  Mûris  bij  Plantin  12  Index  [librorumj 
prohibitorum,  2  Dictionariiim  germanicolatimim,  4  Consilie 
[van]  M  échelon,  de  Emblemata  Alciati  en  de  Emblemata 
Jimii,  12  Responces  a  Swartemberg,  5o  placartz  de  la  paix, 
35  listes  des  moyens  en  een  groot  aantal  schoolboeken  van 
Despauterius,  Hunaeus  en  Costerus.  Van  Mûris  kreeg 
Plantin  in  '71  een  Corpus  canonicum,  in  i573  een  Virgil 
f"  fig.  basilia,  in  1574  2  plutarchi  vita  f"  gebonden. 

Mûris  dreef  00k  handel  in  perkament.  Zijne  betrek- 
kingen    met    Plantin  begonnen   toen  hij  in  1570  dezen 

(i)  Zie  blz.  279. 


IN    DE    l6'    EEUW  345 


laatste  102  pond  perkament  leverde  voor  22  gulden  ig 
stuivers,  welke  waarde  hij  voor  de  helft  in  geld,  voor  de 
andere  helft  in  boeken  ontving.  In  iSyi  verkoopt  Mûris 
aan  Plantin  47  pond  aan  6  st.  en  33  aan  5  st.;  in  i573 
een  boek  perkament  van  10  pond,  voor  2  gulden  5  stuivers 
met  een  stuk  lijnwaad  van  5o  ellen  aan  7  stuivers  de  elle 
—  wat  zou  laten  vermoeden  dat  Mûris  er  00k  een  lijn- 
waadwinkel  op  nahield. 

Den  12"  November  1578  komt  Mûris  zelf  te  Antwerpen 
nog  betalen  en  neemt  eene  partij  boeken  en  almanakken 
mêe;  den  3o"  December  daaropvolgende  worden  alma- 
nakken en  cartabellen  aan  de  weduwe  besteld.  Herhaal- 
delijk  gaat  zij  in  1579  bij  Plantin  te  winkel  en  neemt 
er  hoofdzakelijk  schoolboeken;  den  18"  Mei  i58o  levert 
zij  75  pond  perkament.  Het  is  mogelijk  dat  zij  nog 
een  tijd  verder,  met  haren  zoon  Aert  Meuris,  den 
boekbinder  (i582)  (i),  winkel  en  werkplaats  hebbe  open- 
gehouden. 

In  1574  woonde  «  Vincent  Meuris,  boeckvercooper  », 
in  de  Kathelijnestraat  aan  «  Dandere  zijde  [de  linker- 
zijde,  in  de  hier  aangeduide  richtingj  beginnende  vande 
Stalen  brugge  tôt  aen  St-Rombouts  kerck  hoff  »,  en  wel 
in  zijn  eigen  huis,  volgens  het  «  Quohier  van  den  x"  ende 
XX"  penninck  »  van  1578  : 

Vander  zijde  vandei  kathelijne  straeten  beginnende  aende  Honts- 
brugghe  ter  slincker  zijden  Tôt  aen  S'  rombouts  kerckhoff  :.. 
Vincent  morees  proprietaris  van  synen  huyse  geestimeert  tsj"  op 
xiiij  £.  Ontiaen  den  x"  penn.  xxviij  s. 

Jan  Franchoys 

Over  Jan  Franchoys,  een  der  boekverkoopers  ge- 
noemd    in    het    vertoogschrift    Draecx,    heb    ik    niets 


(i)  Zie  Mechelsche  Boekbinders. 

23 


346  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

anders  aangetroffen  dan  de  vermelding  van  zijn  begra- 
fenis  (i)  : 

St-Janskerk,  1572.  —  Jan  franchoys  penultima  augusti     iiij  Tb. 

Hij  was  vast  nog  niet  als  boekhandelaar  gevestigd  in 
i55g  :  in  het  tiende-penningboek  van  dat  jaar  is  hij  niet 
opgeschreven. 

Bernaert  vanden  Putte 

Bernaert  vanden  Putte  is  vermeld  in  de  lijst  der  druk- 
kers  en  boekhandelaars  met  wie  Plantin  in  betrekking 
was,  opgenomen  in  de  folio-uitgave  van  Max  Rooses' 
Christophe  Plantin;  hij  staat  daar  bij  de  Mechelsche  boek- 
verkoopers.  Vôôr  de  verschijning  van  Rooses'  werk  was 
Bernaert  vanden  Putte  slechts  bekend  als  houtgraveerder 
.en  landkaartenmaker,  en  dan  nog  bitter  weinig  :  àe  Cata- 
logue de  la  Collection  Ter  Bruggen.  Eaux-fortes  et  Gravures 
de  maîtres  anversois  et  des  peintres  et  graveurs  qui  ont  été 
membres  de  la  Gilde  de  Saint-Luc.  Propriété  de  la  Vtllc 
d'Anvers,  i^j^-iSyS,  weet  ervan  dat  hij  is  «  cartier  et 
graveur,  né  en  i528,  reçu  dans  la  confrérie  de  St-Luc, 
en  154g,  mort  le  25  juillet  i58o  »  en  volgens  een  bijhoo- 
rige  nota  beteekent  dit  dat  de  man  te  Antwerpen  over- 
leed.  De  biografische  aanteekeningen  —  naar  het  schijnt 
geleverd  door  Frederik  Verachter,  den  vroegeren  archi- 
varis  derstad  Antwerpen,  — zijn  gevolgd  van  deze  bemer- 
king  :  «  Les  œuvres  de  ce  maître  n'étant  signées  que 
d'une  lettre  et  d'autres  ne  l'étant  pas  du  tout,  sont  restées 
généralement  inconnues  ».  De  verzameling  Ter  Bruggen, 
thans  in  het  Muséum  Plantin-Moretus,  bevat  een  plaatje 


(i)  Bij  Delafaille  bekend,  die  den  28°  Augustus  opgeeft. 


IN    DE 


l6*    EEUW  347 


dat  aan  Bernaert  vanden  Putte  wordt  toegeschreven  ;  het 
is  een  houtsnede  voorstellende  de  vermakelijkheden  in- 
gericht  op  de  Schelde  vôôr  Antwerpen,  toen  in  1564  de 
stroom  was  toegevrozen  (i).  Beneden  rechts  is  het  stuk 
met  een  naar  links  gewende  P  gemerkt.  Het  is  uit  een 
boekblad  geknipt  ;  dezelfde  houtsnede  komt  inderdaad 
voor  op  blz,  443  van  Die  Nienwe  Chronijcke  van  Brabandt 
of  tvervolch  vandc  onde  Midtsgaders  Vlaenderen  Hollandt  en 
Zeelant  (Antwerpen,  Jan  MoUijns,  i565)  waar,  boven  de 
gravuur,  staat  : 

Des  Vvinters  Coiithext,  die  vindt  ghy  hier  in  befchreuen, 
En  vvat  hy  in  dees  Nederlanden  heeft  bedreiien. 

De  enkele  andere  houtsneden,  die  het  boek  versieren, 
hebben  geen  giaveursmerk. 

Volgens  de  Liggeren  der  Antwerpsche  Sint-Lucasgilde 
werd  Bernaert  vanden  Putte,  figuersnijder,  in  i54g  als 
vrijmeester  aangenomen;  in  i5by  leert  Hans  Heyns  bij 
hem,  in  i558  Teunne  van  Leêst,  in  1567  een  Baptista 
en  in  i56g  een  Gilliame.  Tôt  dit  laatste  jaar  toe  heeft 
hij  dus  Antwerpen  niet  verlaten.  Eene  dubbelzinnigheid 
in  het  getuigschrift,  door  Plantin  in  i5y5  afgeleverd  aan 
den  graveerder  en  plaatdrukker  Antoon  van  Leest,  zou 
laten  gelooven  dat  Vanden  Putte  ook  te  Parijs  gearbeid 
heeft  : 

Le  23  Novembre  1575.  Antoine  Van  Leest  tailleur  et  imprimeur  de 
figures  aage  denviron  trente  ans  ma  exhibe  lettres  testimoniales  de  sa 
bonne  vie  catholique  en  datte  du  17  de  ce  présent  mois  soussignées 
Sébastian  Baers  et  semblables  expédiées  soubs  le  scel  de  messieurs  de 
ceste  ville  dAnuers  en  datte  du  10  du  mois  soussignées  Martini.  Et 
interrogue  sur  le  faict  de  tailler  et  imprimer  figures  a  respondu  auoir 
aprins  et  exerce  led(it)  art  chez  Bernard  Vand(en)  Putte  a  Paris  et 


(i)  Eene  kopersnede  naar  dit  plaatje,  met  weglating  van  het  mark,  staat 
buiten  tekst  in  het  Belgisch  Muséum  van  184 1,  blz.  40,  waar  het  behoort  bij 
een  artikel  van  Darings  (K.  L.  Torfs)  over  strenge  winters  te  Antwerpen. 


348  BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 


depuis  en  ceste  ville  dAnuers  Et  de  faict  y  est  trouue  fort  expert  par- 
quoy  voulant  exercer  led(it)  art  d'imprimer  figures  avec  leurs  expli- 
cations en  bref  et  quelques  autres  telles  menutes  sur  u  ig  coste  d'une 
feuille  ie  lu}'  ay  ordo(n)ne  de  s'adresser  a  la  Cour  et  densuiure  les 
ordonnances  de  sa  maieste  faictes  et  a  faire  (i). 

De  zinsnede  waarin  Van  Leest  verklaart  zijne  kunst 
te  hebben  geleerd  en  uitgeoefend  bij  Vanden  Putte,  te 
Parijs  en  sindsdien  te  Antwerpen  kan  00k  zoo  worden 
verstaan,  dat  «  bij  Vanden  Putte  »,  «  te  Parijs  »  en  «  te 
Antwerpen  »  drie  afzonderlijk  perioden  in  Van  Leest  's 
loopbaan  afteekenen  ;  wat  ervan  zij,we  vindenslechtséene 
gaping  van  belang  in  de  inlichtigen  die  het  Plantijnsch 
archief  over  Vanden  Putte  leveren  van  i558  tôt  i5y5, 
namelijk  tusschen  den  29"  April  i56i  en  den  24"  Mei  i565; 
dat  is  voor  een  goed  deel  tijdens  de  afwezigheid  van 
Plantin  ;  binst  dien  tijd  kan  Vanden  Patte  met  Van  Leest 
te  Parijs  verbleven  hebben. 

In  de  rekeningen  van  Petrus  Draecx  bij  Plantin  zagen 
wij  den  graveerder,  soms  «  bernart  le  paintre  »  of  «  ber- 
nard  tailleur  des  figures  »  genoemd,  als  tusschenpersoon 
voor  bestellingen  optreden  in  i558  en  '5g,  in  i565  en  '66. 
Twee  landkaarten  gesneden  door  Vanden  Putte  zijn  ons 
daaruit  bekend  :  eene  Francia  (22  Dec.  iSôy)  en  eene 
Gallia  (i568)  —  misschien  dezelfde. 

Vanden  Putte  zelf  kocht  den  i"  Januari  i558  bij 
Plantin  12  Almanachs  plats;  in  i56i  levert  deze  hem 
I  Eiiropa  Vopellii  en  gekleurde  en  ongekleurde  Eiiropa 
mercatoris;  hij  noemt  hem  «  taylleur  des  cartes  ».  In  i566 
begint  echter  een  tamelijk  drukke  handel  in  landkaarten, 
die  in  1374,  wanneer  de  graveerder  reeds  een  paar  jaren 
boekverkooper  te  Mechelen  is,  gestaakt  wordt.  Plantin 
levert  hem  exemplaren  van  de  kaart  van  Europa  ver- 
vaardigd  door  Mercator;  Vanden  Putte  schildert  kaarten 


(i)  Archief  van  het  Muséum  Planlin-Moretus.  Certificats  d'imprimeurs,  f,  17*°. 


IN    DE    l6'    EEUW  34g 


en  levert  er  in  hout-  en  in  kopersnede  die  gemaakt  zijn 
door  Ortelius,  Vopelius,  de  Jode  en  Mercator. 

Vast  onder  den  invloed  van  zijn  vriend  Peeter  Draecx 
toog  Vanden  Putte  in  1572  naar  Mechelen  en  opende  er 
een  hoekwinkel.  Den  2"  Januari  i5y3  wordt  voor  «  Ber- 
nard vanden  Putte  tailleur  des  figures  et  libraire  a 
Malines  »  eene  nieuwe  rekening  in  Plantin's  grootboek 
geopend  :  zijne  vrouw  «  estant  présente  en  anvers  »  kocht 
2  Leven  der  Maechden,  eenige  ingebonden  Horac,  2  Théâtre, 
2  Dùirnale,  en  12  Cartabellcn.  Den  16"  October  kwam 
Bernaert  zelf  halen  14  Diurnale  van  verschillende  soort, 
2  brevieren,  2  getijden  en  6  schoolboeken  van  Despau- 
terius  benevens  2  Leven  der  Maechden.  Den  i5"  Januari 
1574  kreeg  zijne  vrouw  mêe  6  Diurnale,  3  Horae,  3  Théâtre 
du  monde  en  4  Décréta  Synodi  M echiiniensis .  Plantin 
betaalde  Vanden  Putte  voor  slot  van  rekening  den 
17"  Januari  i5y5. 

De  belangrijkheid  van  den  handel  onzer  boekver- 
koopers  is  voorzeker  niet  nauwkeurig  af  te  meten  naar 
het  cijfer  der  zaken  die  zij  deden  met  Plantin;  maar  het 
zal  wel  niet  verre  nevens  de  waarheid  zijn  te  beweren 
dat  Vanden  Putte  's  boekwinkel  niet  erg  draaide  :  hij 
zou  immers,  had  hij  veel  boeken  noodig  gehad,  ze  besteld 
hebben  bij  den  Antwerpschen  aartsdrukker,  van  wien  hij 
altoos  geld  te  trekken  had  voor  levering  van  kaarten. 

In  November  1574  woonde  in  Sint-Romboutswijk, 
«  beginnende  aen  de  Groot  brugge  op  de  zijde  van  de 
Moor  comende  lancx  Den  Steenwech  tôt  op  den  hoeck 
van  der  baggyne  strate  by  St-Rombouts  kerckhoff  »  : 
«  Bernaert  in  't  Gulden  vlies  boeckvercooper  ».  Het 
Gulden  Vlies  is  het  huis  n'  14  van  den  Steenweg  (i);  het 
draagt  nog  dien  naam. 


(i)  Volgens  A.  Reydams,  die  de  benaming  opgeeft  als  bestaande  in  1647; 
het  huis  is  reeds  bekend  in  de  impostenboeken  van  1578  en  iSgg. 


35o  BOEKHANDELAARS  TE  MËCHELEN 

Emm.  Neeffs  (i)  zegt  dat  «  Bernard  van  den  Putte, 
graveur  sur  bois  à  Malines,  tailla  les  planches  des  armoi- 
ries du  pape  et  de  la  ville,  dessinées  et  peintes  par 
Chrétien  de  Bruyne  à  l'occasion  du  jubilé.  A  ce  sujet  on 
lit  dans  les  comptes  communaux,  ï5y5-y6  ....  » 

Dan  volgt  een  post  die  niet  in  de  rekening  van  1575-76, 
doch  in  diegene  van  het  volgende  jaar  staat  en  die  geheel 
uit  zijn  verband  gerukt  is.  Vanden  Putte  sneed,  naar  de 
teekening  van  Pieter  vander  Borcht,  de  wapenen  van 
den  paus,  van  den  koning,  van  kardinaal  Granvelle  en 
van  de  stad  : 

1576-77,  f.  CLxvij.  —  Peeter  vander  borcht  voor  daffteeckenen 
vanden  wapenen  vanden  paus  Cc^  Ma'  ende  den  Cardinael  granuelle 
mette  wapene  deser  stede  per  ordonnan.  xxx  s, 

Bernaert  van  den  putte  figuer  Steker  dat  hy  ter  ordonnan.  van  myn 
Heeren  vander  weth  dese  bouengescreuen  wapenen  gegraveert  heeft 
per  ordonn.  iiij  £. 

In  1578  woonde  Vanden  Putte  niet  meer  te  Mechelen; 
in  het  impostenboek  van  dat  jaar  vindt  men  onder  de 
bewoners  der  huizen  «  beginnende  van  opde  grootbrugghe 
streckende  Lancx  dye  zijde  tôt  aan  bagynestraete  »  : 

(f.  xj)  Jan  Roobosch  huert  syn  huys  tvlies  vande  wedu^  te  temsche 
voor  xxx  £  tsj". 

Jan  van  Campenhout 

Bij  den  dood  van  Peeter  Draecx  was  er  nog  een  enkel 
boekverkooper  te  Mechelen,  namelijk  Hans  (van)  Cam- 
penhout, die  in  i585-86  als  stadtsboekbinder  optreedt  (2). 

Jacob  Heyndricx,  onze  eerste  drukker,  was  in  i582 
gestorven.  Het  is  nog  niet  zeker  dat  hij  te  Mechelen  een 


(i)  Histoire  de  la  Peinture  et  de  la  Sculpture  à  Malines,  t.  I,  p.  5o2. 
(2)  Zie  Mechelsche  Boekbinders. 


IN    DE    l6^    EEUW  35l 


boekwinkel  hield,  al  is  dit  waarschijnlijk  :  hij  is  dezelfde 
als  de  Jaques  Heynricx,  boeckvercooper,  die  in  iSyy 
als  vrijmeester  in  de  Antwerpsche  St-Lucasgilde  werd 
aangenomen,  —  dezelfde  als  de  Antwerpsche  drukker 
van  dien  naam,  van  wien  uitgaven  verschenen  in  i5yg- 
i58i  bekend  zijn  (i);  zijne  rekening  bij  Plantin,  begon- 
nen  den  4"  Februari  iSyg,  loopt  slechts  tôt  den  16"  Juni 
i58i  ;  tijdens  de  eenige  maanden,  die  hij  nog  te  Mechelen 
doorbracht,  dreef  hij  dus  geen  handel  meer  met  Plantin  ; 
anderzijds  zou  zijn  rekwest  (2)  aan  het  Mechelsche  magis- 
traat,  waarin  hij  klaagt,  van  de  1200  door  hem  gedrukte 
Kinder leere  geen  zes  verkocht  te  hebben,  laten  gelooven 
dat  hij  wel  boeken  per  stuk  aan  den  man  bracht  en  dus 
een  winkel  had. 

Van  Gielis  van  Craenenbroeck,  onzen  tweeden  drukker, 
van  wien  we  niets  meer  vernemen  na  1 583-84  (3),  weten 
wij  evenmin  of  hij  boeken  te  koop  stelde. 

Lincken  Mynsheeren  heeft  het  waarschijnlijk  niet  lang 
na  1481-82  uitgehouden. 

Bij  het  einde  van  i585  was  Hans  Campenhout  als 
boekhandelaar   gevestigd   :  den   16"  November  van  dat 


(i)  En  die,  naar  ik  reeds  kon  vaststellen,  meer  dan  een  naamloos  pamflet 
drukte.  Over  den  ijverig  voor  zijn  protestantsche  overtuiging  en  voor  de 
Staatsche  politiek  werkenden  Jacob  Heyndrickx  hoop  ik,  in  het  volgend 
Bulletin  meer  te  kunnen  mededeelen. 

(2)  Inventaire  des  Archives,  t.  VI,  p.  i66,  n°  i6.  —  Overgedrukt  bij  Delafaille, 
blz.  42. 

(3)  Delafaille  (blz.  47)  zegt  :  «  Na  de  overgaaf  van  Mechelen,  van  19  Juli 
i585,  aan  de  Spanjaarden,  wordt  er  van  Gielis  van  Cranenbroeck  geen 
spoor  meer  gevonden  »;  hij  kan  echter  de  aanwezigheid  van  den  drukker  te 
Mechelen  slechts  bewijzen  tôt  in  i582-83.  In  de  stadsrekening  van  i583-84 
vind  ik  nog  eene  betaling  ten  bâte  van  G.  v.  G.  aangeteekend  : 

f.  86vo.  —  Betaelt  Gielis  Craenenbroeck  voer  tdrucken  van  secker  placcaeten  ten  behoev  van- 
der  weth  byden  selven  gedaen  per  ordinan.  quitan.  iiij  £'• 

Wij  mogen  dus  hopen  dat  niet  alleen  eens  de  hand  worde  gelegd  op 
eenig  exemplaar  van  het  plakkaat  «  op  stuck...  vander  haestige  siekte  »  van 
i582  of  i583,  maar  00k  op  andere  drukken  door  van  Craenenbroeck  aan  het 
Mechelsch  magistraat  geleverd  in  i58i-i583  en  misschien  1584. 


353         BOEKHANDELAARS  TE  MECHELEN 

jaar  gaat  hij  voor  de  eerste  maal  te  winkel  bij  Plantin. 
Aan  het  Mechelsch  gemeentebestuur  leverde  hij  de  alma- 
nakken  voor  iSSy  : 

Stadsrekening  1586-87,  f.  Cxxix.  —  Betaelt  hans  campenhout 
boeckbinder  voor  dbinnen  ende  Leueringhe  vanden  parquemente 
van  vier  registers  voorden  greffier  van  Ophem,  mitsgaders  eenen 
registre  voorde  Tresorye  ende  voor  dalmanacke  te  nieuwsjaersmisse 
naer  coustume  beloopt  tsam^n  per  ordonnan.  iij  £  iiij  s. 

Jaarlijks  komen  posten  van  dien  aard  ten  bâte  van 
Hans  Campenhout  in  de  stadsrekeningen  voor,  tôt 
1642-43. 

Van  i585  tôt  1626  dreef  «  Jan  van  Campenhout, 
Libraire  à  Malines  »,  een  drukken  handel  met  Plantin, 
met  Jan  en  met  Balthasar  Moretus.  In  i586  koopt  hij  in 
den  Gulden  Passer  voor  3  g.  i  s.,  maar  het  volgende  jaar 
stijgt  het  cijfer  tôt  36  g.  i  s.,  verdubbelt,  verdrievoudigt 
spoedig  in  de  volgende  jaren  ;  van  1601  tôt  1607,  van 
1617  tôt  1621,  werden  die  betrekkingen  gestaakt,  maar 
tusschen  die  perioden  waren  ze  tamelijk  regelmatig;  in 
162 1  bestelde  Van  Campenhout  slechts  eenmaal  boeken; 
nog  tweemaal  in  1624  en  voor  het  laatst  den  3o"  April 
1626.  Benevens  den  gewonen  voorraad  geringe  boekjes 
en  schoolboeken,  die  ook  de  winkels  zijner  collega's  van 
vroeger  vulden,  had  Van  Campenhout  missalen  en 
brevieren,  plaatwerken,  woordenboeken,  geschiedkun- 
dige  werken  te  koop.  Hij  leverde  aan  Plantin  wel  eens 
perkament  (een  boek  van  7  1/2  pond  in  i586)  en  bezorgde 
hem  in  i587  voor  21  gulden  Grieksche  boeken,  die 
buiten  den  handel  begonnen  te  geraken,  drukken  van 
Estienne,  van  de  Alde's,  andere  die  te  Bazel  verschenen 
waren. 

Jan  van  Campenhout  woonde  vêle  jaren  in  een  der 
huizen  die  aan  het  stadhuis  païen.  In  de  «  Rekeninghe 
vanden  twintichsten  penninck  j)  van  iSgg,  treft  men  hem 


IN    DE    l6'   EEUW  353 


aan  in  de  lijst  der  burgers  wonende  aan  «  het  Stadthuys 
metten  huysen  daer  rontsomme  »  : 

f.  45"°.  —  Jan  van  campenhout  huert  een  huys  vande  kerckmrs  S* 
Rumoldi  tsiaers  xxij  gulden  comt  xxij  s. 

Volgens  het  «  Cohier  vanden  xx°  penninck  »  van  1643 
woont  nog  zijn  zoon  Franchoys  van  Campenhout,  de 
boekbinder,  in  een  der  «  kapittelhuysen  »  rond  het  stad- 
huis.  De  vader  zal  dan  wel  altijd  daar  zijn  winkel  en  zijn 
werkplaats  gehad  hebben. 


Prosper  Verheyden. 


MÉLANGES 


Almanachs    Malinois 


Quelques  notes  recueillies  au  cours  de  nos  lec- 
tures pourront  servir  à  compléter  l'étude  très 
documentée  de  feu  notre  confrère  Zech- 
DuBiEz,  parue  dans  le  XII'"'  Bulletin  (1902)  de 
notre  Cercle.  Pour  cette  raison,  nous  avons  cru  utile  de 
les  réunir  ici. 

Le  bulletin  du  «  Cercle  Historique  et  Archéologique  » 
de  Courtrai,  1904-1905,  2'  année,  contient  une  étude 
intéressante  à  plus  d'un  point  de  vue,  très  consciencieu- 
sement faite  par  M.  G.  Caullet,  d'une  série  de  i55 
almanachs-placards,  que  l'auteur  a  eu  la  rare  fortune  de 
découvrir  dans  les  archives  de  la  ville  de  Courtrai. 

Parmi  ceux-ci,  il  en  est  deux  sur  lesquels  nous  voulons 
attirer  particulièrement  l'attention  des  Malinois  ;  l'un 
est  l'œuvre,  ignorée  jusqu'ici,  d'un  de  nos  concitoyens, 
docteur  en  médecine,  et  l'autre  celle  d'un  mathématicien 
d'origine  inconnue,  que  nous  croyons  toutefois  être 
Malinois,  ce  que  du  reste  nous  allons  essayer  de  prouver. 
Le  plus  ancien  de  ces  deux  almanachs  est  celui  du 
Médecin  Camille  Van  Castre,  qui  de  son  temps  occupa, 


356  MÉLANGES 


avec  notre  illustre  Z)o(^Oi?«5,  l'honorable  fonction  de  médecin 
juré  de  la  ville  de  Malines  (i).  L'almanach  date  de  1576, 
et  voici  en  quels  termes  M.  Caullet,  le  signale  : 

Almanack  ende  Prognosticatie  van  dm  Jare  ons  Hcercn 
Jesu  Christi  M.  D.  LXXVL  jl 

In-folio  piano,  6  colonnes  longitudinales,  plus  une  7"'% 
plus  large;  caractères  gothiques,  lettres  rouges  et  noires. 

La 7'"'  colonne  contient  :  Ghecalcideert  door  D.  Camillus  // 
van  Castre  /  Doctoor  ende  gheswoo-  jf  ren  Medecyn  der  stadt 
van  II Mechelen.  jj  (filet);  Die  Déclarât ie  van  de- jj sen  Al- 
manach.  7  M.  D.  LXA^ F/. // renfermant  les  instructions 
usuelles. 

En-dessous,  le  long  des  7  colonnes  :  Gheprint  Thant- 
werpen,  mde  Canierstraet,  in  den  Svverten  Arent,  by  my 
Henrick  vander  Loe.  Met  Gratie  ende  Priuilegie.  Onderteeckent 
H.  Hendriek  Diinghen,  S.  T.  D.  // 

A  côté  de  la  rareté  de  l'exemplaire,  cet  almanach  a 
encore  la  particularité  d'être  le  seul  connu  de  l'imprimeur 
Henri  van  der  Loe. 

Un  autre  almanach  de  la  série  publiée  par  M.  G.  Caul- 
let, est  l'œuvre  d'un  J.  B.  Auxstruyes  s'intitulant 
mathématicien,  sans  toutefois  indiquer  le  lieu  de  son 
origine  ou  de  sa  résidence. 

L'almanach  date  de  1614  et  est  décrit  en  ces  termes  : 

Almanach  Pour  l'An  M.  DC.  XI III.  Diligemment  calculé 
par  M .  lean  Baptiste  Austrncij . 

In-folio  piano,  7  colonnes  longitudinales  ;  caractères 
romains,  impression  rouge  et  noire.  Chaque  mois  est 
accompagné  d'une  vignette  allégorique,  gravée  sur  bois 
(H.  o"023,  L.  o"'o52). 

La  7'"'  colonne  contient  :  Canon  ou  Déclaration  de  // 
cestuy  nostrc  Almanach  1614  /  De  la  Nauigation  des  Bruxel- 


(i)  Cfr.   notre  travail  :  Aperçu  historique  sur  la  Médecine  et  les  Médecins  à 
Malines,  1900. 


mi 


•X2, 

pec 


SîJ 


-ocrgi;  uir  le  zoo    inj 

Bicrvîicr.  yjj 

Bîanclfcnbcrch 

HauredeBruxel. 

Calais 

Dora'reclit 

Dunckcrcicô 

Denrcmondc 

Efcluzc 

Emde 


I 

8 
xi. 
iiij 

fiijz 
'     j 


Maiiju^  vt! 
Midciborcli  u/ 
Nei^fe  ijz 

Of  fende      \)jz' 
Roftcrdam  juj 
iTcnifcIic      vu 

w.'llcbrocc  Viîz 
[Zicrick'zcç-vujr, 
/Gouwe  V 


Auec les glictîts  de  Bruxelles,  &  d'Anucrs. 


Par  ^'  R    ^^A>î^  BA  PTÎST^^ 
Aullruci},MathemTtiCîem'  '  * 


autre.       îJcmrvlîîi, 


Planche  XXVIII 


ALMANACHS    MALINOIS  357 

/^5./  (cette  rubrique  est  accompagnée  de  la  vignette  d'un 
vaisseau  à  voiles);  Temps  pour  se  marier.  ,•  Les  Quatre 
temps  de  l'an  que  on  doit  jeûner,  y  ;  Les  signes  des  sept  Plan- 
ètes. //  ;  Les  Aspects  des  Planètes,  ^;  Les  douze  signes 
célestes.  ./ ;  Pour  la  commodité  des  Voyageurs.  / 

Vient  ensuite  une  gravure  sur  bois  (H.  0^042,  L.  o"'o52) 
représentant    l'astrologue    Austruyes   dans   sa   chambre 

d'étude;  au  mur  est  suspendu  son  écu  (de fascé  de... 

chargé  de  3  hures  de  sanglier).  Sous  la  vignette  :  Par 
M.  Jean  Baptiste  /  Austrucij,   Mathématicien.  // 

Au  bas  de  la  pièce,  la  souscription  :  A  Anuers,  chez 
Abraham  Verhoeuen,  sur  la  Lombaerde  Veste,  au  Soleil  d'Or. 
1614.  Auec  Grâce  et  Prcuilege.  L'vn  signé  T.  De  Berty, 
L'autre  /.  Fourdin. 

Le  nom  de  Auxstruyes  éveilla  notre  attention,  parce 
qu'au  xvi^  siècle,  un  membre  du  Grand  Conseil,  établi 
en  notre  ville,  portait  ce  même  nom.  Celui-ci,  du  prénom 
de  Jean,  était  conseiller  ordinaire  et  maître  des  requêtes 
au  Grand  Conseil,  et  habitait  la  maison  sise  rue  des 
Vaches  (aujourd'hui  rue  Frédéric  de  Merode),  n°  52),  occu- 
pée après  lui  par  le  Docteur  André  Canton,  aujourd'hui 
par  M.  Cracco  (i). 

Nous  avons  cherché  à  compléter  ces  données,  afin 
d'identifier  l'auteur  de  l'almanach  et  à  établir  sa  descen- 
dance du  conseiller  du  Grand  Conseil. 

D'après  ce  que  nous  avons  pu  trouver,  il  y  a  tout  lieu 
de  le  croire. 

Le  portrait  que  nous  avons  l'avantage  de  reproduire 
ici,  grâce  à  l'obligeance  de  M.  G.  CauUet,  auquel  nous 
nous  faisons  un  devoir  d'adresser  nos  remercîments,  nous 
fournit  une  première  présomption.  (Planche  n°  XXVIII). 
Ce  portrait  porte,  comme  la  description  le  signale  plus 
haut,  un  écu  de. . .  fascé  de. . .  chargé  de  3  hures  de  sanglier. 


(i)  Cfr.  Aperçu  historique  de  la  médecine,  etc.,  article  Docteur  Canton. 


358  MÉLANGES 

Or,  ce  même  écusson  se  retrouve  sur  deux  aquarelles 
faisant  partie  de  la  collection  de  nos  archives  communales, 
exécutées  par  Van  den  Eynde,  d'après  des  originaux  peints 
sur  toile,  et  reproduisant  des  séances  du  Grand  Conseil. 
La  note  explicative  qui  se  trouve  sous  les  dessins  attribue 
l'écusson  aux  têtes  de  sanglier  à  Jean  Auxstruyes,  conseil- 
ler, assistant  comme  tel  à  ces  séances. 

M.  L.  Stkoobant,  notre  ancien  président,  dans  sa 
publication  sur  les  Magistrats  du  Grand  Conseil  (i), 
décrit  le  blason  du  chevalier  Jean  Auxstruyes  en  ces 
termes  :  D'or  à  lafasce  de  gueules,  accompagnée  de  trois  (2,1) 
hures  et  cols  de  sangliers  de  sable  défendues  d'argent. 

Il  correspond  donc  en  tout  à  celui  figurant  sur  le 
cliché.  Cela  nous  permet  déjà  de  conclure  que  le  Con- 
seiller et  le  Mathématicien  appartiennent  à  la  même 
famille  ;  il  s'agit  encore  de  rechercher  si  l'auteur  de 
l'almanach  est  Malinois. 

Nous  pouvons  établir  tout  d'abord  que  le  Conseiller 
Auxstruyes  a  fait  souche  à  Malines,  par  la  liste  des 
promotions  dans  la  faculté  des  arts  à  l'université  de 
Louvain,  de  l'année  1540,  dans  laquelle  figure,  à  la  23'""" 
place,  Charles  Auxstruyes,  de  Malines  (2). 

Enfin,  nous  avons  trouvé  un  argument  qui  nous  paraît 
plus  décisif  encore.  Les  registres  paroissiaux,  conservés 
à  l'hôtel  de  ville,  nous  renseignent  les  naissances  de  deux 
enfants,  nés  de  Jean-Baptiste  Auxstruyes  (Austruce,  Aii- 
struys),  et  de  Marie  de  Paepe  (Spapens,  Spaeps);  le 
premier  de  ces  enfants  est  baptisé  dans  la  paroisse  St- 
Rombaut,  à  la  date  du  7  juillet  i588;  l'autre,  baptisé  le 
25  janvier  1598  dans  la  paroisse  de  N.-D.  au  delà  de  la 


(i)  L.  Stroobant,  Les  Magistrats  du  Grand  Conseil  de  Malines.  Anvers,  igoS. 
Impr.  Vve  De  Backer. 

(2)  E.  Reuseks,  Promotions  à  la  faculté  des  arts  de  l'université  de  Louvain.  1869, 
impr.  Ch.  Peeters. 


ALMANACHS    MALINOIS  SSq 

Dyle,  est  né  des  mêmes  parents,  habitant  alors  la  rue 
Montagne-aux-corbeaux. 

A  côté  de  la  présomption  fournie  par  la  similitude 
des  écussons,  nous  avons  la  preuve  que  les  Auxstruyes 
ont  fait  souche  à  Malines  et  qu'un  membre  de  cette 
famille,  du  prénom  de  Jean-Baptiste,  vivait  à  Malines 
vers  l'époque  de  la  publication  des  almanachs. 

Le  doute  ne  nous  paraît  donc  plus  possible,  et  nous 
croyons  ne  pas  faire  erreur  en  considérant  le  Mathéma- 
ticien Jean-Baptiste  Auxstruyes  comme  Malinois. 

Une  dernière  preuve  serait  à  chercher  dans  l'alliance 
de  la  famille  Auxstruyes  avec  celle  du  médecin 
Franco  ,  dont  le  mathématicien ,  en  tête  d'autres 
almanachs,  dont  nous  parlons  ci-dessous,  se  dit  être 
le  neveu. 

A  la  vente  de  la  bibliothèque  de  feu  le  chev.  Gust. 
van  Havre,  qui  eut  lieu  à  Amsterdam,  du  ii-i5  déc. 
igoS,  deux  almanachs  de  ce  même  Auxstruyes  ont  été 
acquis  par  la  bibliothèque  communale  d'Anvers. 

L'un  d'eux  date  de  1616  et  a  été  décrit,  avec  de  nom- 
breux détails,  par  M.  Emm.  de  Bom,  dans  la  revue 
«  Tydschrift  voor  Boek-  en  Biblioteekwezen  »,  igoS,  n°4, 
dont  nous  extrayons  les  renseignements  suivants  : 

«Almanach  /  ou  lournal.pourl'AnBi-/  sextildenostre 
Seigneur.  M.  DC.  XVL  Par  M.  lean  Baptiste  Aux- 
struies.  //  Gentil  homme,  et  Nepueu  du  deffunct  /'  M.  Iean 
Franco.  ;>  (gravure  sur  bois  :  l'écu  de  l'auteur  :  trois 
têtes  de  sanglier  ;  à  gauche  de  l'écu  l'inscription  :  Aude  et 
auge,  à  droite  :  Aut  strues,  aut  rues  [sic]). 

»  A  Anuers,  chez  Abraham  Verhoeuen,  sur  /  la  Lom- 
baerde  Veste,  au  Soleil  d'Or.  1616  ^  (filet)  /  Auec  Grâce 
et  Preuilege.  ./  in-i6.  32  pp.  Caractères  romains,  rouges 
et  noirs.  » 

A  la  page  2  et  3,  une  petite  carte  géographique  : 
Afbeeldinge  van  de  gheheele  weirelt. 


360  MÉLANGES 


A  la  page  4  :  Canon  ou  Déclaration  de  /  Cestuy  nostrc 
Alnianach  1616.  .{/ 

A  la  page  7,  sous  le  titre  :  Pour  la  Comvwdité  des 
Voyageurs,  l'indication  des  marées  pour  des  localités  des 
Pays-Bas  et  du  Nord  de  la  France. 

Ensuite  le  calendrier  avec  une  gravure  sur  bois,  très 
grossière,  au-dessus  de  chaque  mois. 

Suit  à  cette  première  partie  : 

Prognostication  .  pour  l' An  Bissextil de  nostrc  Seigneur  ^ 
M.  DC.  XVI.  '  Calculée  par  M .  Jean  Baptiste  Auxstruies,  / 
Gentilhomme,  et  Cousin  du  dejfunct  /  M.  Je/'.n  Franco.  (La 
gravure  sur  bois  portant  les  armoiries  de  l'auteur)  'A  Anuers, 
Chez  Abraham  Verhoeucn,  sur  la  Lombaerde  Veste  au  Soleil 
d'Or.  16 16.  (filet)  Auec  Grâce  et  Preuilege.  ,■  in-i6°, 
32  pp.  caractères  romains. 

A  la  page  3  :  Prologue  ou  discours  au  bening  Lecteur. 

A  la  page  3o  :  Vidit  fi  approbauit,  Egbertus  Spitholdius, 
Cano-  Il  nicus  à  Plebanus,  Ant-  //  uerpiensis.  //  Auec  Grâce  et 
Preuilege. 

A  la  page  suivante  : 
Previlege. 

Il  a  pieu  a  Leurs  Altezes  Serenissimes  .  de  perm.ettre  à 
Octroyer  a  Abraham  Verhoeucn  depouuoir  Ixy  seul  Impri-  / 
mer  vendre  ci  distribuer  l'A  Imanach  /  à  Prognostication  pour 
l'An  de  nostrc  Scig?tcur  16 16.  faicte  par  M.  JEAN  ,  BAP- 
TISTE Auxstruies,  Gentil-  homme  et  Cousin  de  feu  M.  lan 
Franco  //  Docteur,  permettent  et  consentent  /  audict  Verhoeucn 
d'Imprimer  â  ven-  dre  le  A  Imanach  à  tel  lieu  à  place  con-  .-■/ 
uenable  comme  appert  par  les  lettres  /  d'Octroye  donnez  a 
Bruxelle  le  dernier  /  de  luillet  161  S.  .^ 
Soiibz  signez 

.     A.  I.  Cools. 
L'autre  seignez 

I.   FOURDIN. 

Après  la  Prognostication  suit  : 


ALMANACHS    MALINOIS  36l 

Histoires  ./  Plus  mémorables  tant  an-  ^  ciennes  qfiije 
nonuelles,  contenant  choses  adiiemies  de  l'An  iSoo  iusqiies 
à  la  II  présente  Année  M.DC.XVI.  //  (Gravure  sur 
bois). 

A  Aniiers,  Chez  Abraham  Verhoeven  sur  la  //  Lombaerde 
Veste  au  Soleil  d'Or  1616. 

In-i6,  64  pp.,  caractères  romains. 

Cette  chronique  contient  de  curieuses  gravures  sur 
bois,  parmi  lesquelles  La  Nouuelle  Rivière  que  l'on  fait  en 
Flandre,  L'infante  d'Espagne  abbatant  le  Papegay  des  Arba- 
létriers de  Bruxclle,  La  bataille  entre  les  Hollandais  et  les 
Espagnols  aux  Indes  Orientales  à  l'isle  de  S.  Hélène,  1 3  Juin 
16 13,  A  la  page  62  l'approbation  de  Egbertus  Spitholdius, 
Canonicus  â  Plebanus  Antuerpiensis. 

Le  second  de  ces  almanachs  d'Auxstruyes,  acquis 
par  la  bibliothèque  communale  d'Anvers  à  la  vente 
van  Havre,  est  catalogué  comme  suit  : 

Almanach,  voor  het  jaer  ons  Heeren  16 18,  door  J.  B. 
Auxstruies,  edelman,  ende  cosyn  van  M.  Jan  Franco, 
T'hantwerpen  by  Abraham  Verhoeven,  op  de  Lombaerde 
veste  in  de  Guide  Sonne,  1618.  Mappe-monde  gravée  sur 
bois. 

3  tom.,  I  vol.  couverture  de  velin,  in-i6. 

Composé  de  trois  parties  :  Almanach,  Prognosticatie, 
Cort  verhael  van  aile  de  gedc^tcwerdichste  saken,  iSoo- 
1618. 

Terminons  ces  notes  sur  les  almanachs  publiés  par 
des  Malinois,  par  la  reproduction  de  la  feuille  de  titre  du 
plus  rare  et  du  plus  intéressant  de  ceux-ci.  Cet  intérêt 
lui  est  donné  par  le  nom  de  l'auteur,  qui  n'est  autre  que 
notre  illustre  concitoyen,  le  médecin  Rembert  Dodoens, 
le  grand  savant,  qui  ne  dédaigna  pas  de  s'occuper  de 
pareille  publication,  preuve  de  l'importance  attachée 
aux  almanachs  du  xvi^  et  du  xvii^  siècle. 

24 


362 


MELANGES 


Cet  exemplaire  rarissime,  qui  faisait  partie  de  la 
collection  de  feu  le  Chevalier  Gust.  van  Havre,  a  été 
présenté  aux  enchères  à  la  vente  susdite. 


^ioguofticatie  baiiôctt  ^  arc  oiia  lijertn  Te 

:®.ftembett  i^oîJomai^octoojmDec 
jd^eôenuc  bec  ftadt  ban  0^Hi)ç^^n^ 


La  ville  de  Malines,  grâce  à  l'aimable  intervention 
de  M.  l'échevin  Le  Blus  (nous  nous  plaisons  à  lui 
rendre  cet  hommage),  a  fait  toutes  les  diligences  pour 
entrer  en  possession  de  ce  document;  malheureusement, 
la  bibliothèque  communale  de  la  ville  d'Anvers,  en 
faisant  l'acquisition  en  bloc  de  la  collection  d'almanachs 
mise  en  vente,  a  rendu  vain  l'espoir  de  nos  bibliophiles, 
de  voir  cet  opuscule  compléter  la  belle  série  que  pos- 
sèdent nos  archives  des  œuvres  de  notre  illustre  con- 
citoyen. 


ÀLMANACHS    MaLINOIS  303 

Malinois  à  TAncienne  Université  de  Louvain 

Nous  avons  groupé  ici  quelques  noms  de  Malinois 
ayant  fréquenté  les  cours  de  l'ancienne  Université  ou 
ayant  occupé  quelques  fonctions  dans  l'enseignement  et 
l'administration  de  celle-ci. 

Sous  le  titre  de  Malinois,  sont  compris  aussi  quelques 
personnages  qui,  quoique  n'étant  pas  nés  à  Malines,  y 
ont  toutefois  joué  un  rôle  ou  occupé  quelque  situation 
en  vue.  Au  nombre  de  ceux-ci,  nous  en  avons  relevé 
quelques-uns  parmi  les  membres  du  clergé  et  de  la 
magistrature  ;  d'autres  parmi  ceux  ayant  exercé  quelque 
profession  libérale,  tels  que  médecins,  avocats,  etc.;  nous 
disons  quelques-uns,  car  cette  liste  est  loin  d'être  com- 
plète ;  il  ne  nous  semblait  pas  de  toute  utilité  de  con- 
signer les  noms  de  tous  les  membres  du  clergé,  chanoines 
et  autres,  ni  de  tous  les  membres  du  Grand  Conseil,  nous 
les  avons  donc  inscrits  au  hasard  des  recherches.  Afin 
de  compléter  ces  catégories,  on  peut  avantageusement 
consulter,  pour  ce  qui  concerne  le  clergé,  l'ouvrage  de 
J.  Baeten,  Verzameling  van  Naaînrollen  betrekkelijk  de 
Kerkelijke  geschiedenis  van  het  Aartsbisdom  van  Mechclen, 
3  tom.,  et  pour  ce  qui  concerne  la  magistrature,  l'ouvrage 
de  M.  L.  Stroobant  :  Les  rnagistrats  du  Grand  Conseil  de 
Malines.  Anvers,   1903,  impr.  V^  De  Backer. 

Pour  les  noms  qui  figurent  dans  la  liste  publiée,  nous 
avons  consulté  les  ouvrages  suivants,  auxquels  nous  ren- 
voyons après  chaque  nom,  par  un  numéro  entre  paren- 
thèses, indiquant  la  source  par  le  chiffre  d'ordre  placé 
ici  devant  la  mention  de  l'ouvrage. 

1.  E.  Reusens.  Promotions  de  la  facidté  des  arts  de 
l'Université  de  Louvain  (1428-1568).  Louvain,  imprim. 
Ch.  Peeters,  1869. 

2.  Chan.  E.  Reusens.  Matricide  de  l'Université  de 
Louvain,  I,  1426-1453.  Bruxelles,   libr.  Kiessling,   1903. 


304  MÉLANGES 

3.  Chan.  E.  Reusens.  Actes  ou  Procès-verbaux  des  séances 
tenues  par  le  conseil  de  l'Université  de  Louvain,  T.  I,  1432- 
1443.  Bruxelles,  libr.  Kiessling,  igo3. 

4.  Valère  André.  Fasti  academici  studii  gcnerahs  Lova- 
niensis.  Lov.  16S0,  impr.  Hieron3^mus  Nempaeum. 

5.  Comptes  communaux  de  la  ville  de  Malines. 

6.  Reusens.  Documents  relatifs  à  l'histoire  de  l'Université 
de  Louvain,  (dans  les  Analectes  pour  servir  à  l'histoire 
ecclésiastique  de  la  Belgique). 

7.  Manuscrit  (attribué  à  Bax)  aux  archives  de  l'Arche- 
vêché, intitulé  :  M echlinienses  viri  scientia  vel  arte  aligna 
prœclari.  —  Promoti  in  artibus,  etc. 

La  publication  de  cette  liste,  en  donnant  une  idée  de 
l'intensité  de  la  vie  intellectuelle  en  notre  ville,  a  pour 
but  de  faciliter  les  recherches  et  d'indiquer  aux  bio- 
graphes quelques  sources  en  appelant  leur  attention  sur 
certains  détails  de  la  vie  de  nos  concitoyens  déjà  connus 
et  des  autres,  émigrés  ailleurs,  dont  le  nom  a  échappé 
jusqu'ici  à  leurs  investigations. 

L'indication  des  sources  ne  dispensera  toutefois  pas  le 
biographe  de  recourir  aux  ouvrages  cités,  ceux-ci  renfer- 
mant souvent  plus  de  détails  que  ceux  consignés  après 
chaque  nom,  et  dont  nous  avons  dû  limiter  la  descrip- 
tion, pour  ne  pas  allonger  cette  liste  déjà  très  longue. 
Elle  ne  saurait  être  complète  d'ailleurs,  attendu  que 
les  publications  relatives  à  l'ancienne  Université  pré- 
sentent encore  de  trop  grandes  lacunes;  nous  cro3"ons 
utile,  cependant,  de  la  publier  actuellement,  présumant 
l'époque  où  un  travail  complet  sera  possible  encore  très 
éloignée;  quelqu'autre  chercheur  rendra  service  alors  en 
essayant  de  parfaire  le  travail  commencé. 

Pour  faciliter  les  recherches,  nous  avons  classé  les 
noms  par  ordre  alphabétique,  et  pour  faire  apparaître 
l'époque  en  évidence,  la  date  la  plus  ancienne  a  été 
imprimée  en  caractères  gras. 


ALMANACHS    MALINOIS  365 

Adam,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  159"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i55o  (i). 

Aelt  (de),  Johannes,  de  Mechlinia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1436  (2). 

Aken  (van),  Petrus, 
promu  48"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1714  (7). 

Andriessens,  Joannes-Albertus, 
promu  .32"'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1668  (7). 

Anon,  Johannes, 
voy.  Johannes  de  Mechilinia. 

Asscha  (ab),  Ludovicus, 
promu  i^^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1583  (7). 

Auxstruyes,  Carolus, 
voy.  Danxstruyes. 

Aijou,  Joannes-Franciscus, 
promu  72™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1728,  entré  dans  l'ordre  des 
Oratoriens  en  i725  (7). 

Backer  (de),  Michael, 
promu    33""=   dans   la   faculté   des   arts  en   1782,   curé  à   Woluwe- 
St-Lambert,  mort  en  1779  (7). 

Bacx,  Joannes-Baptista, 
promu  S""^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1668,  né  en  i65o 
chanoine  à  Tongerloo,   président  du  Collège    St-Norbert  à  Rome, 
mort  en  1726,  notice  biographique  dans  (7). 

Bacx,  Rumoldus, 
promu  18"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1667,  né  vers  i648, 
d'abord  vicaire  à  St-Gery  à  Bruxelles,  ensuite  curé  à  Willebroeck, 
chanoine  à  Anvers  en  1679,  notice  biographique  dans  (7). 

Baecx,  Adrianus,  Mechliniensis, 
né  en  1574,  chanoine  et  chantre  à  l'église  St-Pierre  à  Louvain,  et 
président  du  Collège  des  Trois  Langues^  ensuite  doyen  et  chanoine 
de  l'église  St-Pierre  à  Aerschot,  professeur  et  recteur  à  l'université 
(4;  6,  chap.  37). 

Il  fut  l'objet  de  différentes  gratifications  de  l'autorité  communale 
MaUnoise.  En  1607,  à  l'occasion  de  sa  licence  en  droit,  il  reçut  25  florins, 
un  autre  don  lui  fut  octroyé  en  1616  lorsqu'il  fut  proclamé  Docteur  en 
droit  civil  et  canon.  Qualifié  de  Docteur,  doyen  d'Aerschot  et  président 


366  MÉLANGES 

du  Collège  des  Trois  Langues,  il  fut  en  1625  l'objet  d'une  nouvelle 
distinction  flatteuse  de  la  part  de  sa  ville  natale  (5),  notice  dans  (7). 

Baerle,  Philippus,  Mechliniensis, 
promu  115™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1565  (i). 

Baesrode,  Hubertus,  Mechliniensis, 
promu  14^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1539  (i). 

Baesrode,  Joannes,  Mechliniensis, 
Professeur  au  Collège  du  Porc  à  Louvain,  vers  iSSg   (6,  ch.    33). 
Licencié  en  droit  civil  et  canon,  avocat,  fondateur  de  bourses  (6,  ch. 
33  fondateurs). 

La  ville  de  Malines  octroyé  en  1539,  à  l'occasion  de  la  pro- 
motion de  son  citoyen  Van  Baesrode,  que  les  comptes  communaux 
désignent  sous  le  nom  de  Jean  (5). 

Baesrode,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  37°'=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i567  (i). 

Un  Malinois,  portant  le  même  nom,  bienfaiteur  du  Collège 
Standonck  à  Louvain,  est  signalé  en  1546  (4). 

En  1606,  le  magistrat  de  Malines  honore  d'une  gratification 
l'échevin  Gaspard  Van  Baesrode,  à  l'occasion  de  la  i"-  messe  de  son 
fils  (5). 

Barnabe,  Adrianus, 
promu  III*  dans  la  faculté  des  arts  en  1689  (7). 

Baten,  Petrus,  MechHniensis, 
promu  107™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1555  (i). 

Bautier,  Hieronymus, 
promu  58"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1716  (7). 

Beelaerts,  Arnoldus-Alexander, 
promu  9™^  dans  la  faculté  des  arts  en  i774,  licencié  en  droit  en  1777  (7). 

Beelaerts,  Joannes, 
promu  22'"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1679  (7). 

Beelaerts,  Petrus, 
promu  58"^  dans  la  faculté  des  arts  en  i676  (7). 

Beken  (van  der),  Engelbertus,  Mechliniensis, 
promu  75'"'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1562  (i), 

Beken,  Rumoldus,  Mechliniensis, 
promu  4"*=  dans  la  faculté  des  arts  en  i5i7  (i). 


ALMANACHS    MALINOIS  307 

Belser,  Rumoldus,  Mechliniensis,  medicinas  doctor, 
promu  2™*  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i5ii  (i)  et  docteur  en 
médecine  en  1537  (4)  [*J. 

Benequendorff,  Egidius-Martinus, 
promu  23"=  dans  la  faculté  des  arts  en  1756,  procureur  à  la  cour 
féodale  de  Malines  (7). 

Bergaigne,  Petrus,  Mechliniensis, 
promu  19™'=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1553  (i). 

Beringen  (van),  Alexander,  Mechliniensis, 
promu  82™=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1567  (i). 

Berinks,  Gregorius, 
promu  i3i'"«  dans  la  faculté  des  arts  en  1672  (7). 

Bernartius,  Joannes,  Machliniensis, 
Célèbre  écrivain  et  doyen  du  Collège  des  Bacheliers  à  Louvain  (4). 

Jean  Bernaerts  reçoit  du  magistrat  de  Malines,  en  l5g3,   une 
gratification  à  l'occasion  de  la  licence  de  son  fîls  (5). 

Bernartius,  Ludovicus, 
promu  iii'"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1621  (7). 

Bernarts,  Gerardus,  Mechliniensis, 
promu  139"'*  dans  la  facuhé  des  arts  à  Louvain  en  l56l  (i). 

Bernix,  Georgius,  Mechliniensis, 
promu  i33'"«  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i562  (i). 

Berthouz  (de),  Lambertus,  Mechliniensis, 
promu  30"'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i545  (i). 

Bertomville,  Mathias, 
promu  4™=  dans  la  faculté  des  arts  en  1707,  vicaire  à  St-Pierre  de 
Louvain,  curé  et  doyen  à  Alost  en  1723,  mort  en  1746,  âgé  de  61 
ans  (7). 

Bertrand,  Hieronymus, 
promu  32"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1697  (7). 

Bessemers,  Michaël,  Mechliniensis, 
premier  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1706.  Bachelier  en 
théologie  et  licencié  en  droit  civil  et  canon.  Professeur  à  la  pédagogie 
du  Faucon,  abandonna  sa  chaire  pour  se  réfugier  en  Hollande,  devint 
curé  à  Gouda  en  1749,  où  il  mourut  en  175 1,  âgé  de  65  ans.  Ecrivain, 


[*]  Cfr.  D""  G.  Van  Doorslaer,  Aperçu  hisior.  sur  la  médecine  et  les  médecins 
à  Malines,  1900. 


368  MÉLANGES 


(6,  chap.  35).  La  ville  de  Malines  le  fêta  en  1706,  par  l'octroi  d'un 
plateau  en  argent  (5),  notice  dans  (7). 

Beyr  (de),  Joannes-Baptista, 
promu  2''  dans  la  faculté  des  arts  en  1696,  curé  à  Elversele  (7). 

Binkom  (van),  Joannes-Henricus, 
promu  17'"=  dans  la  faculté  des  arts  en  i728  (7). 

Biscopts,  Ludovicus,  Mechliniensis, 
promu  23""^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1541  (i). 

Blancart,  Michaël, 
promu  77"  dans  la  faculté  des  arts  en  i7o2  (7). 

Blauwe,  Symon,  de  Mechilinia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  i429.  Il  passa  sa  déterminance 
le  15  mai  1430,  partit  ensuite  pour  l'université  de  Cologne,  où  en  143 1 
il  est  désigné  «  Symon  de  Mechlinia,  Cam.  dioc.  ad  artes;  solvit  »  (2). 

Blinckx,  Joannes, 
promu  28™=  dans  la  faculté  des  arts  en  l7o7  (7). 

Blix,  Guilielmus, 
promu  3"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  i7ii,  licencié  en  théologie, 
professeur  au  Séminaire  de  Malines,  plus  tard  curé  à  Liesele  (7). 

Blondeau,  Augustinus, 
promu  53™'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1694  (7). 

Blondeeu,  Antonius, 
promu  217™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1621  (7). 

Blondel,  Petrus-Fianciscus, 
promu  9""=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1649,  membre  du 
Grand  Conseil,  mort  en  1694  (7). 

Blyckaerts,  Henricus-Franciscus-Josephus, 
promu  31'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  i74o,  pratiqua  la  médecine  à 
Malines  (7)  [*J. 

Blyckaerts,  Jacobus-Antonius, 
promu  41""'  dans  la  faculté  des  arts  en  1743,  licencié  en  droit,  avocat, 
greffier  de  la  cour  féodale,  mort  en  1775  (7). 

Bocxsteins,  Michael, 
promu  88"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1700  (7). 

Boels,  Adolphus,  Mechliniensis, 
promu  51"'*  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i545  (i). 


[*]  Cfr.  D''  G.  Van  Doorslaer,  Aperçu  hist.  sur  la  médecine. 


ALMANACHS    MALINOIS  SÔQ 

(Boem),  Rumoldus,  de  Mechilinia,  Cam.  dioc. 
immatriculé  à  l'université  deLouvain  en  i432.  Il  passa  son  baccalauréat 
le  3  février  1434  ^^  ^^^  promu  yj'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1435. 

Dans  les  «  acta  universitatis  »,  il  est  désigné  au  22  et  30  septembre 
1432  «  Rumoldus  Boem  »  (i  ;  2). 

Bogaert,  Jacobus,  Mechliniensis, 
promu  12""^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1538  (i). 

Bogaerts,  Joannes-Cornelius, 
promu  107"^=  dans  la  faculté  des  arts  en  i78i  (7). 

Boisoet,  Adrianus,  Mechliniensis, 
promu  iS""*^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1642  (i). 

Bol,  Nicolaus, 
promu  92^  dans  la  faculté  des  arts  en  1676  (7). 

Bonus, 

Le  curé  de  la  paroisse  S'*  Catherine,  du  nom  de  Bonus,  reçoit,  en 
l529,  une  gratification  de  la  Ville  à  l'occasion  de  son  doctorat  (5). 

Borcht  (van  der),  Philippus, 
promu  95™=  dans  la  faculté  des  arts  en  l676  (7). 

Borre  (van  den),  Sébastien, 

bienfaiteur  du  Collège  de  Standonck  où  du  Porc  à  Louvain, 
chanoine  Zellarien  à  l'église  St-Rombaut  à  Malines,  mort  en 
novembre  i579  (4;  6,  ch.  33). 

Bosche  (van  den),  Adrianus, 
promu  212™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1621  (7). 

Bosselaer,  Paulus, 
promu  34™' dans  la  faculté  des  arts  en  i728,  licencié  en  droit  en  1733  (7). 

Bouchante  (van),  Guilielmus, 
promu  22™''  dans  la  faculté  des  arts  en  1757  (7). 

Boyenhals,  Wilhelmus,  Mechliniensis, 
promu  189"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i554  (i). 

Boysoet,  Christianus,  Mechliniensis, 
promu  28™=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i584  (i). 

Braeckmans,  Egidius, 
promu  2^  dans  la  faculté  des  arts  en  1691  (7). 

Brande  (van  den),  Jacobus, 
promu  96™*  dans  la  faculté  des  arts  en  1776  (7). 


370  MÉLANGES 


Brandt  (vanden),  Joannes-Franciscus, 
promu  8™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1775,  curé  à  Vilvorde,  mort  en 
1810,  notice  dans  (7). 

Brants,  Guilielmus, 
promu  98"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  i692  (7). 

Brickeny, 

l'Administration  communale  Malinoise  octroie,  en  I570,  une  somme 
pour  couvrir  les  frais  des  festivités  organisées  à  l'occasion  de  la 
licence  du  fils  de  Maître  Pierre  Brickeny  (5). 

Broeck  (van  den),  Joannes,  Machliniensis, 
très  connu  sous  le  nom  de  Paludanus.  Professeur  à  Louvain,  écrivain, 
occupa  diverses  cures,  entr'autres  à  St- Pierre  à  Malines,  né  en  1566, 
mort  en  i  j^o  (4).  Proclamé  17"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1587.  Le 
magistrat  l'honora  en  iéo2,  par  un  présent  d'une  aime  de  vin  alors 
qu'étant  curé  de  St-Pierre  à  Malines  il  venait  de  passer  son  Doctorat 
(5;  6,  chap.  ^5),  notice  dans  (7)  [*]. 

Broeck  (vanden),  Joannes-Baptista, 
promu  44">^  dans  la  faculté  des  arts  en  1698  (7). 

Broeck  (van  den),  Joannes-Baptista, 
promu  39'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1751  (7). 

Broeck  (vanden),  Martinus, 
promu  64™*  dans  la  faculté  des  arts  en  i7i5  (7). 

Broeck  (van  den),  Walterus, 
promu  ai"*^  dans  la  faculté  des  arts  en  1697  (7). 

Broers,  Christophorus, 
promu  10"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1734  (7). 

Brouwer  (de),  Josephus-Rumoldus-Xaverius, 
promu  dans  la  faculté  des  arts  en  1791  (7). 

Brower  (de),  Joannes-Franciscus, 
promu  117"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  i753  (7). 

Bruen,  Petrus,  de  Mechilinia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  i43o.  Il  passa  sa  déterminance 
le  6  nov.  1431  (2). 


[*]  Cfr.  Baten,  Naamrollen  van  lut  aartshisdom  van  Mechelen,  t.  II  et  III. 


ALMANACHS   MALINOIS  Sjl 


Bruitsma,  Denis, 
fils  de  Renier,  Docteur  en  médecine,  reçut  de  la  ville  de  Malines  une 
gratification  à  l'occasion  de  sa  licence  en  1637  (5)  [*]. 

Bruneus,  Rumoldus,  Mechliniensis, 
promu  167™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1553  (i). 

Bruyne  (de),  Ghislenus,  Mechliniensis, 
promu  112™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i565  (i). 

Burlet,  Gerardus, 
promu  96™'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1755  (7). 

Buscom  (van),  Henricus-Josephus, 
promu  62"'  dans  la  faculté  des  arts  en  i735  (7). 

Busconius,  Wilhelmus,  Mechliniensis, 
promu  148°^  dans  la  facuhé  des  arts  à  Louvain  en  i547  (i). 

Buscum  (van),  Petrus, 
promu  4°"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i64o,  licencié  en 
théologie,  curé  de  St-Donat  à  Bruges  en  165 1,  mort  en  1689  (7). 

Busleiden,  Hieronymus, 
fondateur  du  Collège  des  Trois   Langues  à  Louvain,  membre  du 
Grand  Conseil  à  Malines  (4;  6,  chap.  37). 

Busscho  (de),  Michaël,  rector  altaris  misse  animarum  in  Mechi- 
linia, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1426  (2). 

Busscho  (de),  Walterus,  de  Mechilinia, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1446  (2). 

Buydens,  Gerardus- Josephus, 
promu  I2"«  dans  la  faculté  des  arts  en  1786,  licencié  en  droit,  mort  en 
1791  (7). 

Buydens,  Jacobus-Carolus, 
promu  90"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1735  (7). 

Buydens,  Joannes-Antonius, 
promu  6™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1780,  licencié  en  théologie  en 
1791,  chanoine  à  Bruges  (7). 

Buydens,  Petrus, 
promu  54"'  dans  la  faculté  des  arts  en  1704  (7). 

Calottens,  Antonius, 
promu  90™«  dans  la  faculté  des  arts  en  1718  (7). 


[*]  Cfr.  D""  G.  Van  Doorslaer,  Aperçu  historique  sur  la  médecine. 


372  MÉLANGES 

Capestens,  Rumoldus,  Mechliniensis, 
promu  1 12"^'=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1540  (i). 

Carels,  Ambrosius,  Mechliniensi<^, 
promu  24^^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1563  (i). 

En  1570,  la  ville  de  Malines  fête  la  licence  de  maître  Ambroise 
Caroli  (5). 

Carolus,  Andréas,  Mechliniensis, 
promu  48'°=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1550  (i). 

Carteau,  Guilielmus-Josephus, 
promu  28™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1718  (7). 

Cartiau,  Franciscus-Josephus, 
promu  52'"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1724  (7). 

Castel  (van),  Jacobus, 
promu  99"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1704  (7). 

Caster  (van),  Petrus-Bartholomeus, 
promu  31"'*  dans  la  faculté  des  arts  en  1741,  Pléban  à  Tirlemont  en 
1772  (7). 

Cauthals,  Barthoîomeus, 
promu  55"^'  dans  la  faculté  des  arts  en  1681  (7). 

Cauthals,  Joannes-Franciscus, 
promu  63™=  dans  la  faculté  des  arts  en  1741  (7). 

Centurio,  Franciscus,  Mechliniensis, 
promu  44""=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1528  (i). 

Chabotteau,  Philippus-Henricus, 
promu  93'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1729  (7). 

Chedeville,  Josephus-Michael, 
promu  8"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1791  (7). 

Cheronius,  Nicolaus,  Mechliniensis, 
promu  89™''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1546  (i). 

Christophori,  Arnoldus, 
voy.  Stofîels. 

Christein  (de),  Carolus, 
promu  1 3'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1683  (7). 

Christynen  (van), 

la  ville  de  Malines  offrit  une  gratification  au  fils  de  maître  Paul  van 


ALMANACHS    MALINOIS  SyB 

Christynen,  à  l'occasion  de  sa  première  messe,  célébrée  à  Afflighem, 
le  24septembrel612(5),  et  lefêtalors  de  sa  licence  au  8  janvier  1618(5). 

Christynen  (van),  Joannes-Baptista, 
promu  2"'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1605,  licencié  en  droit, 
Secrétaire  du  Grand  Conseil  (7). 

Christynen  (van),  François, 
fils   du  pensionnaire  de  la  ville  de  Malines;  il   fit  sa  licence,  que 
l'administration  fêta  au  11  janvier  1649  (5). 

Ciser,  Matthc-eus,  Mechliniensis, 
promu  12  ^"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1560  (i). 

Claes,  Joannes-Baptista, 
promu  118™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1666  (7). 

Claesens,  Egidius-Josephus, 
promu  dans  la  faculté  des  arts  en  1791  (7). 

Clerck  (de),  Arnoldus-Adrianus, 
promu  64™'  dans  la  faculté  des  arts  en  1730  (7). 

Clerck  (de),  Georgius-Josephus, 
promu  32™''  dans  la  faculté  des  arts  en  1724  (7). 

Clerck  (de),  Guilielmus, 
promu  56"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1684  (7). 

Clerck  (de),  Ludovicus, 
promu  63""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1680  (7). 

Clerck  (de),  Rumoldus, 
promu  61"''^  dans  la  faculté  des  arts  en  1695  (;). 

Clercq  (de),  Joannes, 
promu  1 1 3™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1671  (7). 

Cleymans,  Franciscus, 
promu  iS'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1701  (7). 

Cleynaerts,  Andréas, 
promu  33"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1705  (7). 

Cleynaerts,  Cornélius, 
promu  7"^*  dans  la  faculté  des  arts  en  1698,  curé  à  Heyst-op-Jen- 
Bergh,  mort  en  171 3,  âgé  de  35  ans  (7). 

Cochoven  (de),  Victor,  presbiter,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1439.  Il  obtint  le  diplôme  de 


374  MÉLANGÉS 

docteur  en  médecine  et  vint,  en  1449,  à  Malines,  comme  recteur  du 
couvent  de  Béthanie  (2)  [*]. 

Cock  (de),  Emmanuel-Maria, 
promu  9™''  dans  la  faculté  des  arts  en  1760,  licencié  en  droit  en  1763^ 
pensionnaire  de  la  ville  de  Bruxelles  (7). 

Cocq  (de),  Egidius, 
promu  14'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1741,  licencié  en  droit,  membre 
du  Grand  Conseil,  mort  en  1787  (7). 

Cocq  (de),  Joannes-Franciscus, 
promu  87'""  dans  la  faculté  des  arts  en  1737  (7). 

Colfs,  Ludovicus, 
promu  60"*  dans  la  faculté  des  arts  en  1729  (7). 

Collier,  Jacobus, 
promu  55™'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1748,  chanoine  à  N.-D.  au  delà 
de  la  Dyle,  mort  en  1794  (7). 

Coninck  (de),  Antonius, 
promu  52™=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1670  (7). 

Coorens,  Joannes-Albertus, 
promu  15™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1728,  professeur  au  collège  de 
Gheel,  mort  en  1784  (7). 

Cordes  (de),  Antonius, 
promu  102™''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1621  (7), 

Cordes  (de),  Balthazar, 
promu  11™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1577  (7). 

Corenssens,.  Antonius, 
promu  7"-^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  I62I  (7). 

Coriache,  Amatus-Ignatius, 
promu  20'"^   dans   la   faculté   des   arts   en   1676,  licencié   en  droit, 
chanoine  et  conseiller  au  Grand  Conseil,  mort  en  17^1,  âgé  de  74  ans 

(7). 

Coster  (de), 
voy.  Custos. 

Coturier,  Adrianus. 
promu  118™''  dans  la  faculté  des  arts  en  1672,  curé  à  Santhoven,  mort 
en  1700  (7). 


[*]  Cfr.  H.  CoRDEMANS,  Histoire  de  l'Art  Typographique  à  Malines,  dans  le 
6mo  Bulletin  du  C.  Arch.  de  Malines,  iSgS. 


alManachs  malinois  375 

Couplet,  Florentius, 
promu  12'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1689,  licencié  en  théologie, 
curé  à  Keerbergen  en  1695,  à  Puers  en  17C0,  de  Ste-Catherine  à 
Malines,  en  1707,  mort  en  1722  (7). 

Courtois,  Joannes-Cornelius, 
promu  92™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1742,  curé  à  Crainhem  en 
1757,  chanoine  à  Lierre  en  1767,  mort  en  1788  (7). 

Coutlant,  Antonius,  Mechliniensis, 
promu  15"''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1543  (i). 

Crabbe,  Antonius,  Mechliniensis, 
promu  I"  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1483  (i),  recteur 
trimestriel,  chanoine  et  professeur  de  théologie  à  Louvain  en  1506, 
mort  en  1534,  le  30  août,  enterré  à  St- Antoine  (4;  6,  ch.  33),  notice 
dans  (7). 

Crieckenbeke  (de),  Christophorus, 
voy.  Krieckenbeke. 

Croes,  Joannes, 
promu  131™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1690  (7), 

Cruys  (van  de),  Sebastianus,  Perensis, 
né  en  1673,  i^""  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1691,  professeur 
de  philosophie,  plus  tard  chanoine  à  l'égHse  St-Rombaut  à  Malines,  où 
il  mourut  en  1732  (6,  ch.  32). 

Cuiper,  Johannes,  de  MechUnia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1437  (2). 

Cupers,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  1 30™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1554  (i). 

Custos,  Franciscus,  Mechliniensis, 
promu  14'^''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1551  (i).  François 
De  Coster  reçut  en  don,  du  magistrat  de  Malines,  une  aime  de  vin,  à 
l'occasion  de  son  doctorat  en  1560  (5). 

Cuyper,  Jacobus,  Mechliniensis, 
promu  85"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1566  (i). 

Cuyper  (de),  Martin, 
reçoit,  en  1534,  une  gratification  de  l'administration  communale,  à 
l'occasion  de  sa  promotion  au   doctorat  en  théologie  (5),  notice 
dans  (7). 

Cuyper  (de),  Rumoldus, 
promu  44™'  dans  la  faculté  des  arts  en  1723  (7). 


376  MÉLANGES 


Dankaert,  Jacobus,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1431. 

J.  D.  de  Mechlinia  passa  son  baccalauréat  des  arts^  au  5  mars 
1433  (2). 

Danxstruyes,  Carolus,  Mechliniensis, 
promu  23™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1540  (i). 

(Nous  croyons  l'orthographe  fautive,  il  faut  lired'Auxtruyes,  nom 
que  portait  un  membre  du  Grand  Conseil,  et  dont  celui-ci  est  proba- 
bablement  un  descendant). 

Dauwens,  Petrus-Amoldus, 
promu  17"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1745,  curé  à  Boulaer,  mort  en 

1793  (7)- 

Decker  (de),  Leodegarius-Carolus,  Montensis  Hanno, 
promu  3™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1664.  Professeur  de 
philosophie.  Plus  tard  chanoine  à  l'église  St-Rombaut  à  Malines,  où 
il  mourut  eu  1723  (6,  ch.  32). 

Dénies,  Carolus, 
promu  102™*  dans  la  faculté  des  arts  en  1726,  chanoine  à  Malines  en 

1755  (7)- 

Dierickx,  Jacobus, 
promu  27"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1698  (7). 

Diest  (van),  Augustus-Jacobus-Hyacinthus, 
promu  dans  la  faculté  des  arts  en  1790,  licencié  en  droit  en  1793  (7). 

Diest  (van),  Augustinus-Josephus, 
promu  4™'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1762,  licencié  en  droit,  mort  en 
1818  (7). 

Dieven  (van),  Petrus,  Lovaniensis, 
promu  82"'^  dans  la  facuhé  des  arts  à  Louvain  en  1552,  Historiographe, 
mort  à  Malines  en  1581  (i). 

Divitus  (de  Rycke), 

voy.  Rycke  (de). 

Donck,  Martinus,  vulgo  Duncanus,  Noviomagus, 
né  en  1506.  Licencié  en  théologie,  régent  de  la  maison  Standonck, 
d'abord  à  Malines,  à  Louvain  ensuite.  Promu  2"'^  dans  la  faculté  des 
arts  à  Louvain  en  15  31  (i;  6,  ch.  36). 

Doorne  (van),  Henricus-Josephus, 
promu  27™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1718  (7). 


ÀLMANACHS    MALINOIS  377 

Dorpe  (van  den),  Joannes,  xMachliniensis, 
Doyen  da  Collège  des  Bacheliers  à  Louvain  au  xvi^  s.  (4,  p.  210). 

Dossche,  Joannes-Rumoldus, 
promu  ji""'  dans  la  faculté  des  arts  en  1784,  curé  de  l'hôpital  à 
Malines,  mort  en  1820  (7). 

Doublet,  Arnoldus,  Mechliniensis, 
promu  9^"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1537  (i). 

Douglas,  Joannes-Franciscus, 
promu  92"'  dans  la  faculté  des  arts  en  1680,  Ucencié  en  droit,  doyen 
de  l'église  collégiale  à  Hoogstraeten,  mort  en  1690,  âgé  de  34  ans  (7). 

Douglas,  Joannes-Josephus, 
promu  25"*  dans  la  faculté  des  arts  en  1793  (7). 

Douglas,  Petrus, 
promu  46™''  dans  la  faculté  des  arts  en  1696  (7). 

Dreycher  (de),  Jacobus,  Major, 
promu  5"'*=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1447  (i;  7). 

Dreycher  (de),  Joannes,  filius  Danckardi, 
promu  4"*=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1447  (i;  7). 

Dreyscher  (de),  Jacobus,  Minor, 
promu  26™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1447  (i;  7). 

Driescher,  Gisbertus, 
promu  7"'=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1443  (i;  7). 

Driessche  (vanden),  Guilielmus, 
promu  52™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1695  (7). 

Druez,  Cornélius- Josephus, 
promu  86™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1732  (7). 

Dryver  (de),  Joannes, 
promu  41"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1676,  mort  à  Malines  en 
1689  (7). 

Dryver,  Rumoldus, 
promu  iS'"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1668  (7). 

Dryver  (de),  Rumoldus, 
promu  77"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1687  (7). 

Dyck  (van),  Joannes-Judocus,  Mechliniensis, 
promu  10™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1741,  sous-régent 
à  la  pédagogie  du  Lis  en  1749,  curé  du  Béguinage  à  Malines  en  1757, 
mort  en  1788  (6,  ch.  34),  notice  dans  (7). 

25 


SyS  MÉLANGES 


Dyckens,  Gaspar, 
promu  74'"'-'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1675  (7), 

Egidii,  Johannes,  de  Mechilinia,  studens  in  jure  canonico, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1428  (2). 

Elias,  Petrus, 
promu  1 3""'  dans  la  faculté  des  arts  en  1696  (7). 

Elsen  (van),  Michaël, 
promu  52'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1675  (7), 

Elseneers,  Joannes-Baptista, 
promu  21'"'-'  dans  la  faculté  des  arts  en  1675  (7). 

Elskens,  Martinus,  vel  Eyskens,  Mechliniensis, 
promu  25"''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1535  (i). 

Elsrack  (van),  Joannes, 
promu  78™'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1690  (7). 

Engels,  Franciscus-Gerardus, 
promu  73"''=  dans  la  faculté  des  arts  en  1731,  chapelain  de  l'église 
St-Rombaut  (7). 

Ernsten,  Henricus, 
promu  78'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1771  (7). 

Ertborn  (van),  Alphonsus-Dominicus, 
promu  8"^'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1684,  licencié  en  théologie,  curé 
de  Brusseghem  et  de  Ossele,  ensuite  pléban  de  la  cathédrale  d'Anvers, 
mort  en  1737  (7). 

Ertborren  (van),  Joannes-Marinus, 
promu  35'"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1680  (7). 

Espen  (van),  Joannes, 
promu  48""*  dans  la  faculté  des  arts  en  1714  (7). 

Esquens, 

la  licence  du  fils  du  Seigneur  Esquens,  greffier  au  Grand  Conseil,  fut 
fêtée  par  la  ville  de  MaHnes  en  1609  (5). 

Everardi,  Nicolaus, 
admis  au  conseil  de  l'université  en  1491.  Plus  tard  président  du  Grand 
Conseil  à  Malines  (4). 

Everardi,  Petrus, 
fils  de  Nicolas,  président  du  Grand  Conseil,  docteur  en  droit,  doyen 
au  Collège  des  Bacheliers  à  Louvain  (4). 


ÀLMANACHS    MALINOIS  Sjg 

Exspole  (de),  Rogerus,  de  Mechilinia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1428.  Il  passa  son  bacca- 
lauréat le  5  février  143 1  et  fut  promu  26"'=  dans  la  faculté  des  arts  en 

1432  (2),  fut  admis  comme  legois  à  la  faculté  des  arts  le  4  juillet 

1433  (i;6,  T.  30,  p.  253). 
Eyck  (van),  Joannes, 

promu  118"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1676  (7). 

Eynde  (van  den),  Joannes, 
voy.  Fine  (a). 

Eynde  (vanden),  Joannes-Baptista, 
promu  19™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1769,  curé  à  SteenhufFel  (7). 

Eynde  (van  den),  Joannes-Cornelius, 
promu  81™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1757,  curé  à  Eerdegem,  Boucle, 
Scheldewindicke  et  Winchelen,  mort  en  1813,  âgé  de  75  ans  (7). 

Eynde  (van  den),  Nicolaus, 
promu  86™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1678  (7). 

Eynde  (van  den),  Petrus-Josephus, 
promu  55'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1753  (7). 

Eynde  (vanden),  Thomas, 
promu  18™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1763  (7). 

Eynden  (van  den),  Joannes, 
promu  70""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1679  (7). 

Faber  (Smed),  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  90™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1543  (i). 

Faber  (Smed),  Remigius,  Mechliniensis, 
promu  128""'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1561  (i). 

Fabri,  Marcus,  alias  de  Mechilinia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1448  (2). 

Feus,  Johannes,  de  Mechilinia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1440  (2). 

Fine  (a)  [Van  den  Eynde],  Bartholomœus,  Mechliniensis, 
promu  76"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1538  (i). 

Fine  (a)  [Van  den  Eynde],  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  4"^^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1580.  Régent  de  la 
pédagogie  du  Lis  en  1591.  Curé  du  Béguinage  à  Malines  en  1594, 
chanoine  à  l'église  St-Rombaut  en  1597,  mort  à  Malines  en  1633  âgé 
de  72  ans  (6  ch.  34),  notice  dans  (7). 


380  MÉLANGES 


Fine  (a)  [Vanden  EyndeJ,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  14"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1564  (i).  La  ville  de 
Malines  fête  en  1575,  la  licence  de  maître  Jean  Vanden  Eynde  (5). 

Fox,  Joannes-Franciscus, 
promu  86™=  dans  la  faculté  des  arts  en  1729  (7). 

François,  Eoidius, 
promu  26""-'  dans  la  faculté  des  arts  en  1738  (7). 

Fruytiers,  Jacobus, 
promu  65""=  dans  la  faculté  des  arts  en  1730,  entré  dans  l'ordre  des 
Oratoriens  en  1727  (7). 

Fumai  (de),  Robertus,  Machliniensis, 
bienfaiteur  du  collège  du  Pape  à  Louvain,  ainsi  que  son  épouse,  Anne 
de  Quesno}',  native  de  Bruxelles,  et  veuve  en  i"^  noces  de  Théodore 
Baerens.  1634  (4). 

Gaillard,  Franciscus-Henricus, 
promu  59'"''  dans  la  faculté  des  arts  en  1724  (7). 

Qalattanie,  Martinus, 
promu  122'"''  dans  la  faculté  des  arts  en  1752  (7). 

Qantoey,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  100'"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1558  (i), 

Geerts,  Jacobus, 
promu  60™=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1670  (7). 

Qeffen  (van),  'acobus, 
propui  dans  la  faculté  des  arts  en  1696  (7). 

Gemin,  Petrus-Josephus, 
promu  ii5'"=  dans  la  faculté  des  arts  en  1769  (7). 

Gestel  (de),  Henricus,  Leod.  dioc, 
il  passa  son  baccalauréat  à  Louvain  le  5  février  1431  et  fut  promu  29'"= 
dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1432.  Doyen  du  chapitre  de 
St-Rombaut  à  Malines  en  1464,  mort  en  I4;6  [*]  (i;  2;  6,  chap.  32  et 
T.  30,  p.  254). 

Gestel  (van),  Carolus, 
promu  61""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1677  (7). 

Ghel,  Franciscus,  Mechliniensis, 
promu  71'"''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1542  (i). 


[*]  Cfr.  J.  Baeten,  Naamrollen  van  het  Aartshisdom  van  Mechekv,  T.  I, 
p.  2o5. 


ALMANACHS    MALINOIS  38l 

Gisbert,  Petrus,  Mechliniensis, 
promu  148"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1552  (i). 

Gisels,  Jacobus,  de  Mechilinia  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  d^  Louvain  en  1431,  Il  fit  sa  déterminance 
au  4  novembre  1433  (2). 

Glirius,  Thomas,  Mechliniensis, 
promu  138""^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1557  (i), 

Goetgebuer,  Joannes-Franciscus, 
promu  30""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1732,  curé  à  Langdorp  et  en 
1747  à  Meldert  (7). 

Gommaers,  Cornélius, 
promu  86"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1749  (7). 

Gooris,  Bartholomeus, 
promu  80™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1670  (7). 

Gottendeys,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  151°''=  dans  la  facuhé  des  arts  à  Louvain  en  1562  (i). 

Goubau,  Eugenius-Josephus, 
promu  4"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1780,  Hcencié   en  droit  en 

1785  (7)- 

Goubau,  Emmanuel, 
promu  17'"'  dans  la  faculté  des  arts  en  1779,  licencié  en  droit  en 

1785  (7). 

Goubau,  Praen.  D.  Franciscus-Melchior, 
promu  14'"^  dans  la  facuhé  des  arts  en  1773,  licencié  en  droit  (7). 

Govaerts,  Joannes, 
promu  49"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1726  (7). 

Grave  (van  ou  de),  Corneille, 
fut  fêté  par  la  ville  de  Malines  en  1609  (5),  célébra  sa  première  messe 
en  1612  (5). 

Qravels,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  132°"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1557  (i). 

Qravins,  Cornélius, 
promu  I"  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1609,  fut  auparavant 
chantre  à  l'église  métropolitaine  de  Malines  (7). 

Grève  (de),  Laurentius,  Mechliniensis, 
promu  II'"*  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1568  (i). 


382  MÉLANGES 


Grondoni,  Nicolaus, 
promu  dans  la  faculté  des  arts  en  1707,  bachelier  en  droit  canon,  curé 
à  Lierde-St-Martin,  à  Ste-Gudule  à  Bruxelles  (7). 

Haecht  (van),  Joannes-Baptista, 
promu  44'"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1706  (7). 

Haeften  (van),  Joannes,  Machliniensis, 
doyen  du  Collège  des  bacheliers  à  Louvain  (4),  mort  1610? 

Haert,  Otho,  Noviomagensis, 
promu  i^""^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1567  (i),  Juriscon- 
sulte et  conseiller  au  Grand  Conseil  à  Malines. 

Hagaerts,  Joannes-Petrus, 
promu  loé""'  dans  la  faculté  des  arts  en  1728,  chanoine  de  l'église 
N-D.  au  delà  de  la  Dyle,  en  1765,  mort  en  1768  (7). 

Hamme  (van),  Egidius-Cornelius, 
promu  50""'  dans  la  faculté  des  arts  en  1729  (7). 

Hansbeke  (de),  Wilhelmus,  de  Mechilinia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1429  (2). 

Hanswyck  (van),  Joannes, 
promu  5™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1595  (7). 

Haren,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  28""^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1541  (i). 

Harlinghen  (van),  Henricus, 
promu  55'"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1621  (7). 

Hauchin,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  4"*  dans  la  faculté  des  arts  en  i520  (i). 

Heest  (van),  Adrianus, 
promu  2"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  iSyS  (7). 

Heffen,  Frater  Gerardus,  Mechliniensis, 
promu  81"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1528  (i). 

Hefïene,  Gabriel,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  i439.  Il  fit  sa  déterminance 
le  22  novembre   1441,  et  fut  promu  43™^  dans  la  faculté  des  arts 
l'année  1/43.  «  Gabrief  de  Heften  de  Mechlinia  »  (i,  2). 

Heffene,  Georgius,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1439,  en  même  temps  que 
Gabriel  Heffene  (2). 

Hemelryck,  Johannes,  de  MechiUnia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  i446  (2). 


ALMANACHS    MALINOIS  3^^ 


Hendrickx,  Bartholomeus, 
promu  27'^«  dans  la  faculté  des  arts  en  1716  (7). 

Hendrickx,  Bartholomteus,  Mechliniensis, 
fils  de  Pierre  et  de  Anne  De  Vaer,  promu  17™^  dans  la  faculté  des  arts 
à  Louvain  en  1694,  licencié  en  droit,  ensuite  secrétaire  de  l'univer- 
sité, mort  en  17^0  (6,  T.  27)  notice  dans  (7). 

Hennin,  Joannes-Baptista, 
promu  143°"^  dans  la  faculté  des  arts  en  i675  (7). 

Hentenius,  Joannes,  Mechliniensis, 
Professeur  de  théologie  au  Collège  des  Dominicains  à  Louvain,  mort 
en  i567  (6,  ch.  50). 

Herberti,  Stephanus,  Mechliniensis, 
promu  12™'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  l566  (i). 

Herenbaut,  Michael,  Mechliniensis, 
Professeur  à  l'université  de  Louvain  en  1569  (4),  président  du  Collège 
St-Donat  à  Louvain  en  1557,  mort  en  1578  (6,  ch.  3). 

La  ville  de  Malines  célébra  en  1549  la  promotion  du  fils  de 
Jacques  Herenbaut  (5)  et,  en  1565,  elle  fêta  le  doctorat  de  Michel  (5), 
notice  dans  (7). 

Herregauts,  Antonius, 
promu  27™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1672  (7). 

Herregouts,  Jacobus,  Mechliniensis. 
Docteur  et  professeur  en  médecine,  recteur  en  1687  (6,  ch.  27),  notice 
dans  (7)  [*J. 

Hertinckx,  Jacobus, 
promu  105"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  i767,  chanoine  à  St-Rombaut, 
mort  en  1826,  âgé  de  80  ans  (7). 

Heyden  (van  der), 

Voy.  Merica  (de). 

Heyst  (van),  Arnoldus,  Mechliniensis, 
promu  95™=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1561  (i). 

Hillema,  Gaspar-Franciscus,  Mechliniensis, 
fils  de  Chrétien,  promu  à  Louvain  dans  la  faculté  des  arts  en  1729, 
bachelier  en  théologie,  curé  de  St-Pierre  à  Louvain,  président  du 
Collège  de  Van  Dale  en  1742,  mort  en  1762  (6,  ch.  11),  notice  dans  (7). 


[*]  Cfr.  D'  G.  Van  Doorslaer,  Aperçu  Msf.  sur  la  médecine. 


384  MÉLANGES 

Holdersom  (van),  Martinus, 
promu  98"'''  dans  les  faculté  des  arts  en  i733  (7). 

Homberghen  (van),  Arnoldus, 
promu  26"'  dans  la  faculté  des  arts  en  i7i2,  curé  à  Woluwe-St-Etienne 
pendant  4  ans,  puis  curé  en  1725  des  SS.  Pierre  et  Paul  à  Malines, 
mort  en  1766  (7). 

Homberghen  (van),  Joannes, 
promu  16'"''  dans  la  faculté  des  arts  en  1712  (7). 

Houtert,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  70'"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1551  (i). 

Houvorst  (van),  Josephus, 
promu  75"'"'  dans  la  faculté  des  arts  en  i723  (7). 

Hove  (van),  Joannes-Antonius, 
promu  34"''^  dans  la  faculté  des  arts  en  1711  (7). 

Hove  (van  den),  Pctrus,  Mechliniensis, 
promu  59'"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1561  (i). 

Hovius,  alias  Vanden  Hove,  Mathias,  Mechliniensis, 
promu  46"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1561,  professeur  au 
Collège  du  Porc,  archevêque  de  Malines,  mort  en  1630  (i  ;  4;  6,  ch.  33), 
note  biographique  dans  (7). 

Houwaerts,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  71'"'-  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1562  (i). 

Houwer  (de),  Josephus-Nicolaus, 
promu  60""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1772  (7). 

Houwers,  Wilhelmus,  Mechliniensis, 
promu  j'"""  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  l520,  professeur  au 
Collège  du  Faucon.  —  Episcopus  Sareptanus  in  partihiis  infidcliuni, 
suftraganeus  episcopi  Tornacensis  (i;  6,  chap.  35),  mort  vers  1560(7). 

Hoij  (vanden),  Walterus, 
promu  36"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1669  (7). 

Hoijen  (vander),  Joannes-Jacobus, 
promu  So""'  dans  la  faculté  des  arts  en  1675  (7). 

Huberti,  Joannes-Baptista, 
promu  43'"<=  dans  la  faculté  des  arts  en  i7o2  (7). 

Hugo,  Rumoldus, 
promu  23""-"  dans  la  faculté  des  arts  en  1678  (7). 

Hullet,  Petrus, 
promu  100"'"  dans  la  faculté  des  arts  en  1691  (7). 


ALMANACHS    MALINOIS  385 


Hulsout  (de),  Magister  Johannes,  alias  de  Machlinia,  magister 
in  artibus, 

immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1428  (i).  Inscrit  au- 
paravant à  l'université  de  Cologne  en  i423.  «  Johannes  Hulschoet  de 
Mechiinia»,  y  passa  des  examens  en  1424,  1426  et  1427,  quittaLouvain 
et  retourna  à  Cologne,  où  il  devint  professeur  de  Théologie  en  1440. 
Y  fut  recteur  et  vice-chancelier,  chanoine  de  S*^-Cécile  et  curé  de 
l'église  S'^^-Colombe,  Il  mourut  en  1475  (2).  Il  fut  fréquemment 
l'objet  de  présents  honorifiques  du  magistrat  de  Malines  [*J. 

Hunnaeus,  Augustinus,  vulgo  Huens,  Mechhniensis, 
promu  I3™«  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1540  (i).  Président 
du  collège  de  S^'-Anne.  Professeur  de  Philosophie  et  de  Théologie, 
mort  en  1578  (4;  6,  chap.  19  et  32).  La  ville  de  Mahnes  l'honora  en 
1550,  à  l'occasion  de  sa  licence  (5),  notice  dans  (7), 

Huybrechts,  Paulus-Josephus, 
promu  24"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  17B5,  né  en  i764,  chanoine 
prémontré  à  Averbode,  vicaire  à  Tessenderloo  (7). 

liuysmans,  Bernardus,  MechUniensis, 
promu  93'"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1547  (i). 

Huysmans,  Jacobus, 
promu   128™^  dans  la  faculté  des  arts  en  l720,  depuis  cette  année, 
curé  de  l'église  St-Laurent  à  Anvers  (7). 

Jacobs,  Joannes-Cornehus, 
promu  162™^  dans  la  faculté  des  arts  en  l777,  licencié  en  médecine 

(7)  ri. 

Jaeckx,  Petrus, 
promu  2**  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  iSgi,   licencié  en 
théologie  et  pléban  à  l'église  St-Rombaut  à  Malines,  mort  en  1611, 
êgé  de  43  ans  (7). 

Jaecx,  Joannes,  Machhniensis, 
promu  56"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i536  (i),  bienfaiteur 
du  collège  de  Standonck  ou  du  Porc  à  Louvain,  chanoine  Zellarien  à 
l'église  St-Rombaut  à  Malines.  i59o  (J. 


[*J  Cfr.  V.  Hermans,  Catalogue  de  la  Bibliothèque  Malinoise.  Chap.  II, 
Auteurs. 

[**]  Cfr.  notre  travail  :  Aperçu  historiqtte  sur  la  Médecine  et  les  Médecins  à 
Malines,  1900. 


386  MÉLANGES 


Jamar,  Joannes-Josephus-Leonardus, 
promu  107'"^'  dans  la  faculté  des  arts  en  i73l  (7). 

Jansens,  Christophorus, 
promu  i"]"-"  dans  la  faculté  des  arts  en  lôJg  (7). 

Janssens,  Cornélius, 
promu  80"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  l684  (7). 

Joannis,  Nicolaus,  Mechliniensis, 
promu  164™''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i566  (i). 

Johannes,  de  Mechilinia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  i434.  Il  fit  sa  déterminance 
dans  la  faculté  des  arts  le  19  novembre  1435  :  «  Johannes  Anon,  alias 
de  Mechlinia  »,  son  baccalauréat  le  14  mars  1436,  sa  licence  l'année 
1438,  et  fut  classé  le  54"'*=  (2). 

Johannes,  de  Mechlinia, 
religieux    de  l'ordre    des    Prêcheurs    du  couvent   d'Anvers,   il    fut 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  l447,  et  reçu  dans  le  conseil 
de  l'université  le  29  mai  145 1,  créé  docteur  en  Théologie  en  1455. 
Mort  en  1458  (2;  4;  6,  t.  30,  p.  152),  notice  dans  (7). 

Johannes,  Frater  de  Mechilinia, 
de  l'ordre  des  Augustins  de  Louvain,  immatriculé  à  l'université  de 
Louvain  en  1447  (2). 

Jolijt,  Rumoldus, 
promu  GG""^"  dans  la  faculté  des  arts  en  1676  (7). 

Jongh  (de),  Joannes-Franciscus, 
promu  dans  la  faculté  des  arts  en  1763  (7). 

Jongh  (de),  Petrus-Josephus, 
promu  iii"''^  dans  la  faculté  des  arts  en  1731  (7). 

Joostens,  Joannes-Antonius,  MechHniensis, 
né  en  1703,  fut  nommé  administrateur  du  collège  de  la  Haute-Colline 
à  Louvain,  en  1733,  après  avoir  pris  à  Louvain  le  grade  de  licencié 
en  théologie  en  1729,  mort  à  Louvain  en  1753  (6;  ch.   30),  notice 
dans  (7). 

Kegel,  Engelbertus, 
promu  éo™''  dans  la  faculté  des  arts  en  1704  (7). 

Keldermans,  Gaspar-Franciscus, 
promu  100"'"  dans  la  faculté  des  arts  en  1739  (7). 

Kerckhoven  (van  der),  Egidius, 
promu  115"^^  dans  la  facuhé  des  arts  en  1689  (7). 


ALMANACHS    MALINOIS  887 


Keremans,  Joannes-Cornelius, 
promu  56™=  dans  la  faculté  des  arts  en  1775  (7). 

Keulemans,  Carolus-Joannes, 
promu  25™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1721,  entré  dans  l'ordre  des 
Oratoriens  en  1718,  mort  en  1738  (7). 

Keynoets,  Hubertus,  Mechliniensis, 
promu  51"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1548  (i). 

Keyoyt,  Mathasus,  Mechliniensis, 
promu  36'"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i528  (i). 

Kiel  (van),  Guilelmus, 
promu  34'"*  dans  la  faculté  des  arts  en  i674  (7). 

Kiel  (van),  Rumoldus,  Mechliniensis, 
né  en  i685,  de  Jean  et  de  Claire  Van  Loven,  promu  28""  dans  la 
faculté  des  arts  à  Louvain  en   1704,    curé  à  Melsbroeck.  Plus  tard. 
Président  du  collège  de  Malines  et  Recteur  de  l'université  en  1727  à 
Louvain,  mort  à  Malines  en  1739  [6,  ch.  29),  notice  dans  (7). 

Kindermans,  Franciscus-Josephus,  Mechliniensis, 
proclamé  5"'  dans  la  promotion  de  l782.  Professeur  à  la  pédagogie  du 
Porc  à  Louvain,  mort  à  Louvain  en  1808,  âgé  de  45  ans  (6,  ch.  33), 
notice  dans  (7). 

Krieckenbeke  (à),  Christophorus,  Hannutensis, 
licencié  en  théologie,  curé  à  l'église  St-Jean,  à  Malines,   pendant 
27  ans;  bienfaiteur  du  Collège  du  Faucon  de  d'Arnold  Trot  à  Louvain, 
mort  de  la  peste  en  iSyS  (4;  6,  chap.  41)  [*]. 

Ladersous  (de),  Joannes-Franciscus,  Mechliniensis, 
proclamé  5"'^  dans  la  promotion  de  1682.  Bachelier  en  théologie,  prési- 
dent du  collège  de  Malines   à  Louvain   en    1705,  professeur  de  la 
pédagogie  du  Porc,  mort  en  1720  à  Louvain  (6,  ch.  23,  27  et  37)  notice 
dans  (7). 

Laen  (van  der), 
la  licence  du  fils  de  Nicolas  van  der  Laen  fut  fêtée  en  mars  1611,  par 
la  ville  de  Malines  (5). 

Laen  (van  der),  Alexandre, 
la  ville  de  Malines  fêta  le  22  septembre  1609,  sa  licence  (5). 

Laen  (van  der),  Thierry, 
la  ville  de  Malines  fêta  le  12  février  1607  sa  licence  passée  à  Lou- 
vain (5). 


[*]  Cfr.  Bakten,  NaamrolUn. 


388  MÉLANGES 


Laer  (van),  Joannes-Guilielmus-Hiachintus, 
promu  12 1"''^  dans  la  faculté  des  arts  en  l75i  (7). 

Lanceloots,  Henri, 
de  l'ordre  des  Augustins,  fut  fêté,  le  23  octobre  1617,  par  la  ville  de 
Malines,  à  l'occasion  de  sa  promotion  au  Doctorat  (5;).  Régent  d'études 
à  Louvain  en   161 7  et  promu  docteur  en  théologie  au  24  octobre  de 
la  même  année  (6,  chap.  52),  notice  dans  (7). 

Landeloos  (de),  Petrus, 
promu  24™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1756  (7). 

Langendonck  (van),  Michael, 
promu  49™=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1668  (7). 

Lansloots. 
La  ville  de  Malines  fêta  la  licence  du  fîls  de  Pierre  Lansloots,  le  11 
octobre  1603  (5). 

Lanckvelt  (van),  Nicolaus,  Angiensis, 
Bachelier  en  théologie  en  1630,  bienfaiteur  du  Collège  de  Standonck 
à  Louvain.  Il  mourut  comme  président  du  Séminaire  Archiépiscopal 
à  Malines,  le  25  janvier  1639  (4). 

Lannoy  (de),  Martinus,  Mechliniensis, 
entré   au   Collège  des  Oratoriens  à  Louvain  en  1630,   fut  nommé 
plus  tard  économe  du  Collège  (6,  ch.  58),  notice  dans  (7). 

Lapostoel,  Antonius,  Mechliniensis, 
promu  139""=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1563  (1). 

Lapostoel,  X..., 

un  fils  de  maitre  Lapostoel  reçoit  une  gratification  de  la  ville  de 
Malines  à  l'occasion  de  sa  licence  en  1523  (5). 

L'apostole.  ^Egidius,  Décret.  Doctor, 
fut  reçu  dans  le  Conseil  de  l'université  de  Louvain  en   1482,  mort 
en  1503  (4). 

L'apostole,  Petrus, 
Docteur  en  droit  civil  et  canon.,  natif  de  Tournai,  nommé  professeur 
à  l'université  de  Louvain  en  1492.  Fut  pourvu  de  l'état  de  maître  aux 
requêtes  ordinaires  et  conseiller  au  Grand  Conseil  en  1503.  Il  résigna 
sa  charge  l'an  1528  en  faveur  de  son  fils  Jéiôme,  lequtl  étant  mort 
l'année  suivante,  il  reprit  sa  charge  en  1529.  Il  mourut  à  Malines,  le 
20  avril  1532  (4). 

Lardinois,  Carolus, 
promu  jS™'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1719,  curé  pendant  40  ans  à 
Schrieck,  mort  en  1770,  âge  de  75  ans  (7). 


ALMANACHS    MALINOIS  SSq 


Lardinoij,  Frandscus, 
promu  93™'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1725  (7). 

Lathem  (van), 
la  licence  du  fils  de  Jean  Van  Lathem,  fut  fêtée  par  la  ville  de 
Malices  en  1612  (5). 

Lattre  (de),  Balthazar-Josephus, 
promu  9™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1715  (7). 

Laurevyssens,  Gaspar, 
promu  iig*"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1721  (7), 

Laureys,  Franciscus, 
promu  148"'*=  dans  la  faculté  des  arts  en  1718  (7). 

Le  Begge,  Philippus-Franciscus  de  Paula, 
promu  45"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1768  (7). 

Le  Cerf,  Petrus, 
promu  100°"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1769,  vicaire  à  Willebroeck, 
en  1789  curé  à  Steenhuysen,  mort  en  1808,  âgé  de  59  ans  (7). 

Leirebels,  Arnoldus-Petrus, 
promu  W)""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1758  (7). 

Lemmens,  Joannes, 
promu  104™*  dans  la  faculté  des  arts  en  1691  (7). 

Lems,  Joannes, 
promu  83™''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1621  (7). 

Leodio  (de),  (Van  Leeuvv^  ?)  Matheus,  de  Mechlinia, 
voy.  Matheus. 

Le  Page,  Franciscus, 
promu  30"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1712  (7). 

Le  Plat,  Judocus, 
promu  7'°^  dans  la  faculté  des  arts  en  1752,  docteur  en  droit,  en  1766, 
professeur,  notice  dans  (7). 

Le  Plat,  Matthias, 
promu  I4>=  dans  la  faculté  des  arts  en  1675  (7). 

Le  Plat,  Philippus, 
promu  63™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1676  (7). 

L'Escrinier,  Larabertus-Laurentius, 
promu  117'^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1754  (7). 

Leunis,  Egidius-Guilielmus, 
promu  125"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1756  (7). 


SgO  MÉLANGES 

Lier  (van),  Judocus-Rumoldus, 
promu  5"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1744,  curé  à  Waelhem  en  1757, 
mort  en  1763  (7). 

Liere  (van),  Gommaire, 
reçoit  en  1534  une  gratification  de  l'administration  communale,  à 
l'occasion  de  sa  promotion  au  doctorat  en  théologie  (5). 

Linden  (vander),  Joannes, 
promu  36"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1676  (7). 

Linden  (vander),  Judocus, 
promu  33™''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1669  (7). 

Linden  (van  der),  Petrus, 
promu  65""=  dans  la  faculté  des  arts  en  1770  (7). 

Lints,  Andréas, 
promu  149™'  dans  la  faculté  des  arts  en  1718  (7), 

Lints,  Philippus, 
promu  66'''''  dans  la  faculté  des  arts  en  1705  (7). 

Lobu,  Jacobus, 
promu  142'"'  dans  la  faculté  des  arts  en  1671  (7). 

Loeck  (van),  Antonius,  Mechliniensis, 
promu  84""^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1549  (i). 

Loppe,  Henricus-Josephus, 
promu  31'"=  dans  la  faculté  des  arts  en  1762  (7), 

Loriera,  Cornélius, 
promu  118'"''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1621  (7). 

Lupus,  Petrus, 
Voy.  Wolffs. 

Luytens,  Henricus,  Mechliniensis, 
promu  io"'=  dans  la  facuhé  des  arts  à  Louvain  en  1542  (7). 

Lyra  (A.),  Christophorus,  Mechliniensis, 
Bachelier  en  théologie,  curé  à  Linden  et  à  Londerzeel,  mort  en  1612 
(6,ch.  I). 

Maelen  (vanden),  Joannes-Antonius, 
promu  44"^''  dans  la  faculté  des  arts  en  1677  (7). 

Maes,  Joannes-Franciscus, 
promu  53"=  dans  la  faculté  des  arts  en  1739  (7). 

Maes,  Ludovicus-Guilielmus, 
promu  22""-"  dans  la  faculté  des  arts  en  1777,  bachelier  en  théologie, 
licencié  en  droit  (7). 


ALMANACHS    MALINOIS  SQI 

Major,  Carolus,  Mechliniensis, 
étudiant  en  droit  au  Collège  de  Craendonck  à  Louvain  à  la  fin  du 
xviii=  siècle  (6,  ch.  13). 

Maie  (vander),  Joannes-Antonius, 
promu  62""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1720,  curé  à  Putte  depuis  1735, 
mort  en  1770  (7). 

Maie  (van  den),  Rumoldus,  Mechliniensis, 
lecteur  de  théologie  au  couvent  des  Franciscains  à  Louvain,  de  i7o9 
à  1720,  écrivain  (6,  chap.  51). 

Man  (de),  Joannes-Antonius, 
promu  73™=  dans  la  faculté  des  arts  en  1736,  curé  à  Neerpelt  en 
1748  (7). 

Mannaerts,  Petrus,  Mechliniensis, 
bachelier  en  théologie,'  recteur  du  collège  du  Porc  à  Louvain.  Doyen 
à  Louvain  en  1636  (4).  Plus  tard  chanoine  à  l'église  de  St-Rombaut  à 
Malines.  Mort  en  1664  (6.  ch.  33). 

Marmelion,  Petrus, 
promu  84""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1684,  vicaire  à  Buggenhout, 
chanoine  à  l'église  N.-D.  au  delà  de  la  Dyle  en  1720,  mort  en  1740, 
âgé  de  75  ans  (7). 

Maschu,  Cornélius, 
promu  43™^  daus  la  faculté  des  arts  en  1785  (7). 

Masquelier,  Arnoldus,  Mechliniensis, 
promu  75'"*  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1552  (i). 

Marthis,  Johannes,  aHas  de  Mechlinia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1436.  Joh.  Merthys  fit  sa 
déterminance  des  arts  le  20  janvier  1436,  son  baccalauréat  en  mars 
1438,  et  fut  promu  le  2"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1439  (i;  2). 

Matheus,  de  Mechilinia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1427.  Matheus  de  Leodio  de 
Mechlinia  (van  Leeuw),  passa  son  baccalauréat  des  arts  le  2  février 
E429  (2). 

Mathys,  Guilielmus, 
promu  67™=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1621,   curé  du 
béguinage  à  Aerschot,  doyen  du  chapitre  en  1635  (7). 

Matthys,  Johannes,  de  Mechlinia, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  i436  (2). 


392  MÉLANGES 

Mechelen  (van),  Eduardus, 
promu  dans  la  faculté  des  arts  en  i754,   licencié  en  droit  canon, 
chanoine  à  Anvers  (7). 

Meerbeeck  (van),  Joannes-Franciscus, 
promu  41™^  dans  la  faculté  des  arts  en  i787,  licencié  en  médecine  en 

I790(7)[*]- 

Meeren  (vander),  Gaspar-Laurentius, 
promu  13""=  dans  la  faculté  des  arts  en  i735  (7). 

Melaert,  Jacobus-Antonius, 
promu  62"""  dans  la  faculté  des  arts  en  1743,  curé  à  Eindenhoven  en 
1760  (7). 

Merbius,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  94'"'-'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1559  (i). 

Merica  (de),  Joannes  vel  Egidius, 
appelé  aussi  Vander  Heyden,  de  l'ordre  des  Carmélites,  docteur  en 
théologie  en  i476,  prieur  du  couvent  à  Anvers,  mort  en  1505,  notice 
dans  (7). 

Merica  (de),  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  102™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i542  (i). 

Mersman,  Antonius,  Mechliniensis, 
promu  47""^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1554  (i). 

Mertens,  Cornélius,  Mechliniensis, 
promu  56'"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1560  (i). 

Meur  (de),  Guilielmus-Josephus, 
promu  81'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1717  (7). 

Meys,  Mathias, 
promu  67™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1722  (7). 

Milaenen  (van),  Horatius,  Mechliniensis, 
promu  3"'^  à  Louvain  en  1682,  ensuite  professeur  de  philosophie  au 
Collège  du  Porc,  plus  tard  pensionnaire  de  la  ville  de  Malines,  où  il 
mourut  en  1709,  âgé  de  46  ans  (6,  ch.  33),  notice  dans  (7). 

Moens,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  109"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1643  (1).  Bachelier 
en  théologie,  chanoine  de  Ste-Walburge  à  Furnes  et  président  du 


[*]  Cfr.  D''  G.  Van  Doorslaer,  Aperçu  historique  sur  la  médecine  et  les 
médecins  à  Malines. 


MALINOIS    A    LOUVAIN  3g3 

Collège  de  la  Westphalie  à  Louvain,  de  1597  jusqu'à  sa  mort  vers 
1599  (^5  ch.  17),  notice  dans  (7). 

Moens,  Judocus,  Mechliniensis, 
promu  59™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1840  (i). 

Moens,  Rumoldus,  Mechliniensis, 
promu  22™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1642  (i). 

Moerissens,  Petrus-Franciscus, 
promu  32""=  dans  la  faculté  des  arts  en  i672  (7). 

Mol  (de),  Antonius, 
promu  6'"'=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  I57l,  licencié  en 
théologie,  doyen  de  l'église  St-Rombaut,  mort  en  1635,  âgé  de  80 
ans  (7). 

Moleners,  Petrus,  Mechliuiensis, 
promu  19"''=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i55i  (i). 

Moleners,  Wilhelmus,  Mechliniensis, 
promu  140"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  l56l  (1). 

Mommaerts,  Adrianus, 
proiîiu  71"°^  dans  la  faculté  des  arts  en  1674  (7). 

Moor  (de),  Jacobus,  Mechliniensis, 
promu  docteur  en  médecine  à  Louvain  en  1530  (4),  notice  dans  (7)  [*]. 

Moortgat,  Livinus, 
promu  71"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1733  (7). 

Munck  (de),  Franciscus-Ignatius-Rumoldus, 
promu  104"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  i720  (7). 

Munck  (de),  Jacobus- Josephus, 
promu  :  10"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1761,  historien  (7). 

Munck  (de),  Michaël-Antonius, 
promu  110""^  dans  la  faculté  des  arts  en  i7oi  (7). 

Naghelmaker,  Laurentius-Jacobi,  ex  Bergeyk, 
promu  1"  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i563.  Ensuite  professeur 
de  théologie  à  Louvain,  plus  tardchanoineàMalines(i;  4;6,  ch.  33)[**]. 

Neck  (van),  Joannes, 
promu  24"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  i684,  curé  à  Amsterdam  en 

1733  (y)- 


[*]  Cfr.  D''  G.  Van  Doorslaer,  Aperçu  histor.  sur  la  médecine  et  les  médecins 
à  Malines,  1900. 

[**]  Cfr.  Baeten,  Naamrollen  van  het  Aartsbisdom  van  MecheUn. 

26 


394  MÉLAKGES 


Neefs,  Mechliniensis, 
prieur  du  couvent  des  Carmes  chaussés  à  Bruxelles  et  x\nvers,  après 
avoir  enseigné  la  théologie  au  collège  des  Carmes  chaussés  à  Louvain, 
de  i7o3  à  1706  (6,  chap.  53). 

Neefs,  Joannes-Baptist:!, 
promu  63™^  dans  la  faculté  des  arts  en  i756,  curé  à  Lierde  en  1768, 
mort  en  1786  (7). 

Neesen,  Alberius, 
promu  77""^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  l67i  (7). 

Nelis  (de),  Corntlius,  Mechliniensis, 
né  en  1736,  fut  reçu  solenntllement  par  la  ville  de  Maline?,  en  1755, 
lorsqu'il  fut  proclamé  premier  à  l'université  de  Louvain  (5),  président 
du  Collège  de  Malines  à  Louvain  (6,  ch.  29),  notice  dans  (7)  [*]. 

Nelis,  Dominicus-Josephus-Hyacinthus, 
ne  en  1738,  promu  9"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  175-I,  docteur  en 
droit  en   1766,  professeur  à  l'Institut    Royal,  mort  en  1775,  notice 
dans  (7). 

Nidius,  Petrus,  Mechliniensis, 
promu  135'"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1554  (i). 

Niemans,  Egidius,  Mechliniensis, 
promu  2  j"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1540  (i). 

Nieuwenhuyss  (vanden),  Henricus-Dominicus, 
promu  5  5"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1745  (7). 

Nieuwenhuysen  (van),  Joannes-Michael, 
promu  76'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1778,  licencié  en  médecine  en 

1784  (7)  ri- 

Noels,  Jacobus, 
promu  71'"=  dans  la  faculté  des  arts  en  1675,  bachelier  en  théologie, 
chapelain  à  St-Gommaire  à  Lierre,  mort  en  1706  (7). 

Noels,  Pctru":, 
promu  16'"''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1667  (7). 

Nottaerts,  WaUerus,  Mechliniensis, 
promu  150"'=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1565  (i). 


[*]  Cfr.  son  testament,  source  5,  t,  19,  p.  362. 

[**]  Cfr.  D''  G.  Vax  Doorslaer,  Aperçu  historique  sur  la  médecine  et  les 
médecins  à  Malines,  1900. 


MALINOIS    A    LOUVAIN  SqS 


Obins,  Petrus,  Mechliniensis, 
promu  149"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i563  (1). 

Oersel,  Judocus,  Mechliniensis, 
promu  ^3"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1586  (i). 

Oliveri,  Paulus,  de  Mechlinia, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1449  (2). 

Oliviers,  Joannes-Baptista, 
promu  86"'"=  dans  la  faculté  des  arts  en  1728  (7). 

Omelen,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  98™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1535  (i). 

Ophemius,  Joannes-Baptista,  Mechliniensis, 
promu  132"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1556  (i). 

Oppem  (van),  Mathias, 
promu  82™'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1692  (7), 

Orsel,  Erasmus,  Mechliniensis, 
promu  97""-  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1564  (i);  le  3  mai 
1575,  la  ville  de  Malines  tête  la  licence  de  maître  Erasme  van  Ors- 
sele  (5). 

Osselet,  Joannes  Baptista-Franciscus, 
promu    3™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1774,  licencié  en  droit  en 
1777  (7). 

Oudenarde  (van),  Petrus-Franciscus, 
promu  10"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1733,  licencié  en  théologie  en 
1740,  curé  à  Hallaer,  mort  en  1763  (7). 

Paepen,  Joannes-Marcellus, 
promu  51'"''  dans  la  faculté  des  arts  en  1705  (7), 

Paeffenroey,  Ludovicus,  Mechliniensis, 
promu  149"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1547  (i). 

Paffenrode  (a),  Joannes-Balduinus, 
promu  i^""  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1611,  plus  tard  jésuite, 
mort  à  Courtrai  en  1637  (7). 

Paffenroy,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  3"°^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i568  (i).  En  1572 
(20  mai),  la  ville  de  Malines  fêta  là  licence  du  fils  de  Jean  Van 
Paffenrode  (5).  Plus  tard  secrétaire  de  la  ville  de  Malines,  où  il  mourut 
en  1621. 

Paludanus, 
voy.  Van  den  Broeck. 


3g6  MÉLANGES 


Pansius,  Joannes-Franciscus, 
promu  26™*"  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1668  (7). 

Pansius,  Joannes-Petrus, 
promu  dans  la  faculté  des  arts  en  1694  (7). 

Papagaey,  Jacobus,  Mechliniensis, 
promu  69"'=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1547  (i). 

Paridaens,  Henricus,  Machliniensis, 
promu  premier  dans  la  faculté  des  arts  en  1607.  Docteur  en  1626.  Ensuite 
professeur  de  philosophie  dans  la  pédagogie  du  Porc,  et,  en  1630, 
professeur  de  théologie,  mort  en  1635  (4),  président  du  Collège  de 
Hollande  à  Louvain  (6,  ch.  t.  2  et  33).  La  ville  de  Malines  lui  fit  des 
présents  lorsqu'il  fut  premier  en  1607,  en  1616  lors  de  sa  licence  et,  en 
1626,  lors  de  son  doctorat  (5),  notice  dans  (7). 

Pauli,  Franciscus,  Mechliniensis, 
promu  100""-'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1528  (i). 

Pauli,  Johannes,  de  Mechilinia.  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1452  (2). 

Paumeti,  Johannes,  canonicu'^,  Mechiliniensis, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1445  (2). 

Peckius,  Petrus,  Ziricnsus, 
docteur  en  droit  en  1553.  Professeur  en  1555,  membre  du  Grand 
Conseil  de  Malines  en  15H6,  où  il  mourut  en  1589  (4). 

Peeters,  Andreas-Josephus,  Mechliniensis, 
Avocat  fiscal  de  l'université  de  Louvain;  licencié  en  droit  civil  et 
canon,  en  1717,  mort  en  1768  (6,  t.  27),  notice  dans  (7). 

Peeters,  Joannes-Baptista, 
promu  71"*  dans  la  faculté  des  arts  en  1730  (7), 

Peeters,  Joannes- Daniel, 
promu  16™=  dans  la  faculté  des  arts  en  1709  (7). 

Peeters,  Judocus, 
promu  91™'  dans  la  faculté  des  arts  en  1730  (7). 

Peeters,  Judocus-Josephus, 
promu  103"''  dans  la  faculté  des  arts  en  1739  (7). 

Peeters,  Petrus, 
promu  10"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1701,  curé  du  Béguinage  à 
Malines  depuis  1722  jusqu'à  sa  mort  en  1756  (7). 

Peeters,  Petrus, 
promu  71™'  dans  la  faculté  des  arts  en  1740  (7). 


MALINOIS    A    LOUVAIN  igj 


Pens,  Joannes, 
promu  38™*^  dans  la  faculté  des  arts  en  1728  (7). 

Perart,  Gerardus, 
promu  I  lyiû^  dans  la  faculté  des  arts  en  1689  (7). 

Perez,  Guilielmus-Franciscus, 
promu  I9™«  dans  la  faculté  des  arts  en  1690  (7). 

Pitemen  (de),  Theodorus-Ignatius, 
promu  68°!^  dans  la  faculté  des  arts  en  1705  (7). 

Pétri,  Wilhelmus,  Mechliniensis, 
promu  64"!^  Jans  la  faculté  des  arts  en  1537  (i). 

Picard,  Guilielmus, 
promu  44"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1744  (7). 

Piera,  Guilielmus, 
promu  29'"*^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1666  (7). 

Pierets,  Petrus-Andreas, 
promu  SI""®  dans  la  faculté  des  arts  en  1776,  pratiqua  la  médecine  à 
Malines  (7)  [*]. 

Platea  (de),  Johannes,  (Vanderstraeten),  de  Mechilinia, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1428  (2).  Inscrit  à  Cologne 
en  1423  :  «  Johannes  de  Plateau  de  Machlinia,  Cam.  dioc.  leges  »,  en 
1425,   on  lit  :  «  Clericus  bacallarius  in  jure  canonico  et  in  eodem 
studium  suum  continuans  »  (2). 

Poels,  Henricus, 
promu  69"^®  dans  la  faculté  des  arts  en  1709  (7). 

Poels  Rumoldus, 
promu  ^i"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1694  (7). 

Poerters,  Johannes,  de  Mala  Mechlinia,  Leod.  dioc. 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1440.  Il  fit  sa  déterminance 
le  2  décembre  1440,  et  fut  promu  12"^®  dans  la  faculté  des  arts  en 
1442  (2).  Jean  de  Poirtere,  originaire  de  Quaedmechelen,  acquit  son 
droit  de  bourgeoisie  à  Malines,  en  1452  et  y  pratiqua  ensuite  la 
médecine  [**]. 


[*]  Cfr.  D''  G.  Van  Doorslaer,  Aperçu  historique  sur  la  médecine  et  les 
médecins  à  Malines. 

[**]  Cfr.  D"'  G.  Van  Doorslaer,  Aperçu  historique  sur  la  médecine  et  les 
médecins  à  Malines. 


3g8  MÉLANGES 


Polfvliet,  Joannes-Albertus,  vel  Antonius, 
promu    14™'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1780,  mort  à  Malines  en 
1829  (7). 

Porta  (a)  [vander  Poorten],  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  i6"'"'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1565  (i). 

Potis,  Egidius,  Mechliniensis. 
promu  i^j"'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i558  (i). 

Potter  (de),  Joannes, 
promu  99™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1670  (7). 

Pottuck,  Franciscus-Ludovicus, 
promu  42"^"  dans  la  faculté  des  arts  en  1785,  né  en  1764,  chanoine  à 
Averbode,  mort  en  1798  (7). 

Poullet,  Egidius-Josephus-Emmanuel, 
promu  2™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1783,  licencié  en  droit  en  1786, 
avocat  à  Malines,  mort  en  1790  (7). 

Poullet,  Ivo-Josephus, 
promu  i6"=  dans  la  faculté  des  arts  en  1780,  licencié  en  droit  en 

1784  (7)- 

Pouppé,  Prœn.  D.  Joannes-Ludovicus, 
promu  24™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1769,  licencié  en  droit  en 

1773  (?)■ 

Pré  (du),  Jacobus, 
promu  58""=  dans  la  faculté  des  arts  en  i7i7  (7). 

Pré  (du),  Jacobus, 
promu  90™*-"  dans  la  faculté  des  arts  en  i722  (7). 

Prince  (de),  Andréas, 
promu  13™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1690  (7). 

Prys  (de),  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  114""=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1565  (i). 

Puessin,  Adrianus,  Furnensis, 
promu  2''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1549  (i).  Docteur  et 
professeur  en  droit,  ensuite  membre  du  Grand  Conseil  à  Malines,  où 
il  mourut  en  1601  (i). 

Puffelinc,  Heinricus,  doctor  in  medicinis,  Traj.  dioc, 
aussi  appelé   Henricus   de   Gorichem,   immatriculé  à  l'université  de 
Louvain  en  1433.  Il  s'inscrit  en  1422  à  l'université  de  Cologne,  où  il 
devint  bachelier  des  arts  le  24  mars  1423,  le   19   aviil    1425,  il  fut 
licencié,  et  le  25  suivant,  docteur.  En  1433,  il  pratiqua  la  médecine 


MÂLINOIS    A    LOUVAIN  SqQ 

à  Malines,  et  sollicita  la  faveur  d'être  inscrit  à  l'université  de  Louvain, 
ce  qui  lui  fut  accordé  en  la  même  année  (2;  4). 

Putmans,  Johannes,  de  Mechilinia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1430  (2). 

Quertenmont  (de),  Josephus-Joannes-Maria, 
promu  24"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1783,  licencié  en  droit  en 
1786  (7). 

Raedt  (de),  Franciscus-Ferdinandus, 
promu  80"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1717  (7). 

Raeytnaeckers,  Joannes, 
promu  3™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i578  (7). 

Raps,  Jacobus, 
promu  119™=  dans  la  faculté  des  arts  en  1683  (7). 

Redel,  Augustinus-Casimiris, 
promu  68'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  i676  (7). 

Rees  (de),  Rumoldus-Ludovicus, 
promu  75™=  dans  la  faculté  des  arts  en  1737  (7). 

Reymarius,  Rumoldus,  Mechliniensis, 
promu  35"^'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1589  (i),  licencié  en 
théologie  et  chanoine  de  St-Rombaut,  à  Malines.  Bienfaiteur  du 
collège  de  théologie  à  Louvain  (4;  6,  ch.  i).  En  155:5,  le  magistrat  de 
MaUnes  fit  un  présent  à  Lambert  Reymaers,  à  l'occasion  de  la  licence 
de  son  fils  (5). 

Richterich,  Josephus-Augustinus, 
promu  86™'^  dans  la  faculté  des  arts  en  i756,  échevin  de  Malines  en 
1782  (7). 

Riddere  (de),  Jacobus,  Mechliniensi?, 
promu  i^''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1621,  écrivain.  Prit 
l'habit  de  St-François,  professeur  à  l'université,  mort  en  1675,  à  l'âge 
de  73  ans  (6,  chap.  51),  notice  dans  (7). 

Robiens,  Georgius  vel  Gregorius,  Mechliniensis, 
promu  94""^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1568  (i). 

Robyns,  Rumoldus,  Mechliniensis, 
promu  1 3"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i565  (i). 

Roelants,  Martinus,  Mechliniensis, 
promu  23"'=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1587  (i). 


400  MÉLANGES 

Roesters,  Laurentius,  de  Mechilinia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1435  (2). 

Roose,  vel  Rosa,  Ballioianus, 
promu  9'""^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i56i  (i),  fut  plus  tard 
conseiller  au  Grand  Conseil  à  Malines,  où  il  mourut  en  1610. 

Rooskens,  Gisbert, 
l'administration  communale  organise,  en  i539,  des  fêtes,  à  l'occasion 
de  son  doctorat  en  médecine  (5)  [''J. 

Rota  (de),  Paulus, 
promu  !"■  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i437  (i),  chanoine 
de  l'église  Ste-Gudule  à  Bruxelles    en    1460,    trésorier   de   l'église 
cathédrale  de  Cambrai  et  chanoine  de  St-Rombaut  à  Malines. 

Rouchout,  Petrus, 
promu  124"''  dans  la  faculté  des  arts  en  l683  (7). 

Roulet,  Rumoldus, 
promu  1 30"'^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1770  (7), 

Roully  (de),  Thomas-Dominicus, 
promu  106'"=  dans  la  faculté  des  arts  en  1725  (7). 

Roussel,  Everardus,  Mechliniensis, 
promu  55"'"  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1535  (i). 

Roxas,  Henricus, 
promu  38™^  dans  la  faculté  des  arts  en  i7io  (7). 

Roxas,  Vincentius, 
promu  55"''  dans  la  faculté  des  arts  en  i7o8  (7). 

Rumoldus,  Adolphus,  Mechliniensis, 
promu  38'"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  l54i  (i). 

Ruysche,  Joannes,  Machliniensis, 
recteur  semestriel  à  l'université   de  Louvain  en   I455.  Docteur  en 
théologie  de  l'université  de  Heidelberg,  immatriculé  en  i453.  Profes- 
seur de  théologie  à  l'université  de  Louvain  en   cette   même  année 
(4;  6),  notice  dans  (7). 

Ryckaert,  Petrus, 
promu  2''  dans  la  faculté  des  arts  en  l772  (7). 


[*]  Cfr.  D''  G.  Van  Doorslaer,  Aperçu  historique  sur  la  médecine  et  les 
médecins  à  Malines. 


MALINOIS    A    LOUVAIN  4OI 

Ryckaerts,  Joannes-Franciscus, 
promu  107"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1719  (7). 

Rycke  (de),  Judocus,  de  Mechlinia, 
Carmélite,  reçu  au  conseil  de  l'université  de  Louvain  en  i47o,  docteur 
en  théologie  en  1473  (7). 

Ryckenroy,  Melchior,  Machliniensis, 
proclamé  15"^  dans  la  promotion  des  arts  en  i549.  Licencié  en 
théologie,  président  du  collège  Busleyden,  recteur  trimestriel,  plus 
tard  curé  à  Groot-Sundert  [Breda]  (i;  4;  6,  ch.  37).  En  1361,  la  ville 
offrit  en  présent  à  Melchior  van  Ryckenrod,  20  florins,  à  l'occasion 
de  sa  licence  (5),  notice  dans  (7). 

Ryckmans,  Theodorus,  vel  Judocus- Josephus, 
promu  6o™«  dans  la  faculté  des  arts  en  i768,  vicaire  à  Hoolaert,  curé  à 
Roosbeeck  (7). 

Rye  (van),  Thomas,  Brugensis, 
promu  31"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i552  (i).  Docteur  en 
médecine  à  Malines  [*]. 

Rykaerts,  Petrus,  Mechliniensis, 
promu  146"'=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1566  (i).  Plus  tard 
profseseur  de  médecine  à  Louvain  [**]. 

Rymenam  (van),  Rumoldus-Jacobus, 
promu  2"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1760  (7),  reçu  solennellement  en 
cette  année  par  la  ville  de  Malines  (5),  licencié  en  théologie  en  1767, 
mort  en  1799,  note  dans  (7). 

Rymenans,  Carolus, 
promu  dans  la  faculté  des  arts  en  1797  (7). 

Rynck,  Arnoldus,  Mechliniensis, 
promu  119"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1550  (i). 

Salice  (de),  Magister  Godefridus,  Cam.  dioc, 
la  forme  flamande  de  son  nom  est  Fan  der  Wilghen,  immatriculé  à 
l'université  de  Louvain  en  1427  (2).  Il  professa  la  médecine  à  l'univer- 
sité de  Louvain,  du  8  sept.  1427  au  8  mars  1428,  et  pratiqua  son  art  à 
Malines  depuis  1428  (6,  T.  30,  p.  194)  [***]. 


[*]  Cfr,  D""  G,  Van  Doorslaer,  Aperçu  historique  sur  la  médecine  et  les 
médecins  à  Malines. 

[**]  Cfr.  D'  G.  Van  Doorslaer,  Aperçu  kist.  sur  la  médecine. 

[***]  Cfr.  Dr  G.  Van  Doorslaer,  Aferçu  historique  sur  la  Médecine  et  les 
Médecins  à  Malines,  1900. 


402  MELANGES 


Sanguessa,  François, 
de  l'ordre  des  frères  mineurs,  né  à  Malines,  fut  l'objet  d'un  présent  de 
la  ville  de  Malines  à  l'occasion  de  sa  nomination  comme  évêque  de 
Ulica,  coadjuteur  et  successeur  de  l'évêque  de  Ruremonde,  le  5  mars 
1721  (5).  Il  fut  probablement  le  fils  du  docteur  Sanguessa,  pratiquant 
la  médecine  à  Malines  en  1590 

Sar  (de),  Lambertus, 
promu  106"'"  dans  la  faculté  des  arts  en  1704  (7). 

Sarens,  Guilielmus,  Mechliniensis, 
fils  de  Georges  et  d'EIisabetli  Verbrugghen,  bachelier  en  théologie, 
curé  de  Berthen  en  1638.  Régent  de  la  pédagogie  du  Porc  en  1655. 
Recteur  en  1665,  mort  en  1670.  Fondateur  de  bourses  (^,  ch.   3^), 
notice  dans  (7). 

Sar^o  (de),  Conradus, 
docteur  en  droit,  bienfaiteur  du  Collège  de  théologie  à  Louvain  (4), 
conseiller  de  l'archiduc  Philippe  et  chanoine  de  l'église  St-Rombaut 
à  Malines.  Mort  à  Louvain  en  l5oi  (6,  ch.  i)  [*]. 

Scaetbroeck,  Joannes-Baptista, 
promu  79™^  dans  la  faculté  des  arts  en  i674  (7) 

Scamelaert,  Michaël,  Mechliniensis, 
promu  121"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i568  (i). 

Schaebroeck,  Ignatius-Josephus, 
promu  116"'''  dans  la  faculté  des  arts  en  1718  (7). 

SchefFelmeyer,  Egidius-Joannes, 
promu  41™'=  dans  la  faculté  des  arts   en  1757,   curé  à  Willebroeck 
en  1769,  mort  en  1782  (7). 

Scheppers,  Franciscus,  Mechliniensis, 
né  en  l7o9,  de  Pierre  et  de  Mechtilde  van  Rietbeeck,  promu  21""= 
dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1728.  Président  du  collège  de 
Malines  à  Louvain.  Mort  en  1757  (6,  ch.  29  et  T.  27),  notice  dans  (7). 

Scheppers,  Joannes-Baptista,  Mechliniensis, 
promu  second  à  Louvain  en  1024,  licencié  en  théologie  et  professeur 
de  philosophie  au  collège  du  Porc  de  1632  à  1653.  Mort  en  1667 
(6,  ch.  33),  notice  dans  (7). 


[*]  Cfr.  J.  B.-\ETEN,  Naamrollen  van  het  Aartshisdom  van  Mechele»,  T.  I, 
p.  2o5. 


MALINOIS    A    LOUVAIN  4o3 

Scheppers,  Joannes-Baptista, 
promu  21"^  dans  la  faculté  des  arts  en  i787  (7). 

Scheppers,  Joannes-Franciscus, 
promu  21"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  i728,  licencié  en  droit  et  en 
théologie,  doyen    de  St-Pierre,  président  du  collège  de  Malines  à 
Louvain,  mort  en  1757  (7). 

Schonaerts,  Gerardus,  Mechliniensis, 
promu  5  4™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  l562  (i). 

Schore  (a),  Ludovicus,  Lovaniensis, 
doyen   du   collège  des   Bacheliers   à  Louvain,  chanoine    à    l'église 
St-Rombaut  à  Malines  (4). 

Schuren  (van  der),  Rumoldus-Ignatius, 
promu  56™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1674  (7). 

Schuijre  (van  der),  Antonius, 
promu  69™'=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i669  (7). 

Scoenjans,  Guillaume,  de  Malines, 
immatriculé  à  Louvain  vers  l435,  et  promu  licencié  es  arts  en  1438, 
n°  18,  fut  admis  comme  lecteur  de  la  faculté  des  arts  le  26  mai  1447 
(6,  T.  30,  p.  264). 

Scriens,  Antonius,  Mechliniensis, 
promu  47"^  dans  la  facuhé  des  arts  à  Louvain  en  1542  ([). 

Seghers,  Joannes-Baptista, 
promu  54"^  dans  la  faculté  des  arts  en  l725  (7). 

Seresia,  Reinerius, 
promu  26"''  dans  la  faculté  des  arts  en  1761,  curé  à  Vossegem  en  1775, 
à  Bonheyden  en  1794,  mort  en  1808  (7). 

Servranckx,  Augustinus-Rumoldus, 
promu  59""^  dans  la  facuhé  des  arts   en  1768,  né  en  l748,   curé  à 
Rymenam  en  1782,  mort  en  1825  (7). 

Servrancx,  vd  \  Servrancx,  Salomon,  Mechliniensis, 
promu  3'"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1650.  Professeur  de 
philosophie  à  la  pédagogie  du  Château  en  1655.  Ensuite  Hcencié  en 
théologie  et  curé  de  Hamme,  près  Termonde  (6,  ch.  32)  notice  dans  (7). 

Servrancx,  Salomon, 
promu  33"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1678  (7). 

Sinaij  (van),  Adrianus, 
promu  34"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  i683,  confesseur  à  l'église 


404  MÉLANGES 

Ste-Catlierine  à  Bruxelles,  ensuite,  chanoine  à  l'église  N.-D.  au  delà 
de  la  Dyle,  mort  en  17^3,  âgé  de  69  ans  (7). 

Siré,  Petrus, 
promu  49™=  dans  la  faculté  des  arts  en  1721,  curé  à  Appels  (7). 

Slabbeeck  (van),  Antonius, 
promu  17"^=  dans  la  faculté  des  arts  en  l7o7  (7). 

Slabbeeck,  Joannes-Carolus, 
promu  29"''"  dans  la  faculté  des  arts  en  1727  (7). 

Sloots,  Titelmannus, 
promu  71"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1704  (7). 

Sluys  (van  der),  Joanne?, 
promu  4'"'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1600,  président  du 
Séminaire  à  Malines,  mort  en  1654  (7). 

Sluysa  (de),  Simon  Dodonis,  alias,  Torn.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  i45i  (2),  médecin  de  Charles 
le  Téméraire,  plus  tard  maître  du  palais  de  Maximilien  d'Autriche  en 
1474.  Né  à  Rotterdam,  fut  professeur  et  recteur  à  Louvain.  Il  fut 
chanoine  à  l'église  St-Rombaut  à  Malines,  où  il  mourut  en  1499 
(6,  ch.  1)  f*J. 

Smaes,  Walterus, 
promu  io8"'<=  dans  la  faculté  des  arts  en  1714  (7). 

Smedts,  Petrus, 
promu  27"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1688  (7). 

Smet  (de), 
voy.  Faber. 

Smets,  Antonius, 
promu  11™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1594,  fils  de  Jean  et 
de  Marie  Ysewyns,  licencié  en  théologie.  Curé  de  N.-D.  au  delà  de  la 
Dyle  à  Malines,  de  là  curé  à  St-Bavon  à  Gand,  mort  en  1636  (7). 

Smets,  Matheus, 
promu  82""=  dans  la  faculté  des  arts  en  1782,  curé  à  Everbergh,  mort 
en  1818  (7). 

Snellinck,  Josephus,  Mcchliniensis, 
promu  98'"'=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1543  (i). 

Snijers,  Joannes-Baptista, 
promu  135'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1672  (7). 


[*]  Cfr.  Bakten,  NaamrolUtt  van  Itet  Aarishisdom  van  Mechelen. 


MALINOIS    A    LOUVAIN  405 

Snyers,  Jacobus,  Mechliniensis, 
entré  au  collège  des  Oratoriens  à  Louvain  en  1660,  en  devint  plus  tard 
le  président.  Mort  en  1681  (6.  ch.  58),  notice  dans  (7). 

Soraers,  Joannes, 
promu  79™=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1621,  vicaire  à 
l'église  N.-D.  au  delà  de  la  Dyle  à  Malines,  mort  en  1630  (7). 

Sotwey,  Christophorus, 
promu  110"=  dans  la  faculté  des  arts  en  1689  (7). 

Stalins,  Franciscus-Josephus, 
promu  54"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1775  (7). 

5tandonck,  Joannes,  Machliniensis, 
fondateur  du  collège  de  ce  nom  à  Louvain  (4).  Né  à  Malines  en  1443 
(6,  ch.  36),  notice  dans  (7). 

Steemans,  Joannes-Baptista, 
promu  81'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1718  (7). 

Steenhuys  (de),  Joannes-Augustinus,  Machliniensis, 
bienfaiteur  du  collège  des  bacheliers  à  Louvain  (4).  La  ville  de  Malines 
fit  un  présent  au  conseiller  Van  Steenhuys,  à  l'occasion  de  la  licence 
de  son  fils  en  1615  (5). 

Steenmans,  Arnoldus-Hiacynthus, 
promu  86"*  dans  la  faculté  des  arts  en  1761,  curé  à  Rhode-Ste-Agathe 
en  1775  (7). 

Steenwinckele  (van),  Joannes, 
promu  28™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1667  (7). 

Steinemolen,  Johannes,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  Louvain   en   1430   (2).   Il   passa   sa  déterminance  le 
20  novembre   1430  :  «  Joh.   Steinemolen   al.  de   Mechlinia  »,  son 
baccalauréat  en  mars  1432,  et  fut  promu  le  28™*  dans  la  faculté  des 
arts  en  1433  (i;  2). 

Sterlin,  Joannes-Baptista, 
promu  81"*=  dans  la  faculté  des  arts  en  1758  (7). 

Steukers,  Carolus, 
promu  91°^  dans  la  faculté  des  arts  en  1684  (7). 

Stoffels,  Arnoldus,  MechUniensis, 
Hcencié  en  théologie,  président  du  collège  de  Houterlé  à  Louvain  en 
1637.  Curé  de  l'église  St-Pierre  à  Thourout,  et  en  16) 2,  chanoine  à 
St-Pierre  de  Louvain,  dont  il  devint  curé  en  1665  (6,  ch.  7),  notice 
dans  (7). 


406  MÉLANGES 


Stoffels,  Joannes, 
promu  4)""  Jans  la  faculté  des  arts  en  1694  (7). 

Straeten  (van  der),  de  Platea,  Johannes,  de  Mechlinia, 
voy.  Platea. 

Sturmius,  Joannes,  Machliniensis, 
docteur    en    médecine    et    professeur    de    mathématiques,    recteur 
trimestriel.  Né  en  1559.  Premier  en  philosophie  à  Louvain  et  admis 
au  conseil  de  la  faculté  de  médecine  à  Louvain  en  1591  (4;  6,  ch.  34), 
notice  dans  (7)  [*]. 

Stijlarts,  Joannes, 
promu  :o9"''  dans  la  faculté  des  arts  en  1681  (7). 

Sucquet,  Magister  Johannes,  Parisiensis  diocesis, 
immatriculé  à   l'université  de  Louvain   en  1430  (2).  Il   pratiqua   la 
médecine  à  Malines  (6,  T.  XXX,  p.  196)  [*'J. 

Sucquet, 

la  ville  de  Malines  ofîrit  50  florins,  à  Antoine  Sucquet,  au  8  octobre 
1601,  à  l'occasion  de  la  licence  de  son  fils  (5). 

Sucquet, 

un  fils  du  Seigneur  Sucquet  passa  sa  licence  le  14  octobre  1609.  Ce 
qui  fut  Tobjet  d'une  gratification  de  la  ville  de  Malines  (5). 

Suetens,  Dominicus-Martinus, 
promu  93'"'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1747  (7). 

Suetens,  Joannes-Petrus, 
promu  87'"''  dans  la  faculté  des  arts  en  1744  (7), 

Sullerius,  Henricus,  Mechliniensis, 
promu  113™'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1540  (i). 

Tassis  (de),  Rogerus,  Mechliniensis, 
fils  de  J.-B ,  docteur  en  droit  civil  et  canon,  chancelier  de  l'université 
de  Louvain,  doyen  de  la  cathédrale  à  Anvers,  mort  en  1593,  âgé  de 

80  ans  (6,  T.  27),  notice  dans  (7). 

Taveniers,  Joannes- Antonius-Josephus, 
promu  I2"''-"  dans  la  faculté  des  arts  en  1792,  licencié  en  droit  (7). 


[*]  Cfr.  D''  G.  Vax  Doorslaer,  Aperçu  historique  sur  la  médecine,  et  les 
médecins  à  Malines. 

[**]  Cfr.  D''  G.  Van  Doorslaer,  Aperçu  hist.  sur  la  médecine  et  les  médecins  à 
Malines.  1900,  L.  &  A.  Godenne. 


MALINOIS    A    LOUVAIN  407 

Taijs,  Stephanns^ 
promu  121™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1675  (7), 

Tefelen,  Nicolaus,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1430  (2).  Il  passa  son  bacca- 
lauréat des  arts  le  5  mars  1433  :  «  Nicolaus  de  Teflen  alias  de 
Mechlinia  ».  Dans  un  document  de  1463,  il  s'intitule  «  clerium 
cameracensis  diocesis,  publicum  apostolica  et  imperiali  auctoritatibus 
notarium  »  (i;  2), 

Teys,  Cornelius-Augustinus, 
promu  92"^=  dans  la  faculté  des  arts  en  1711  (7). 

Thermenfens,  Joannes-Franciscus, 
promu  75"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1676  (7). 

Thomas,  Joannes-Jacobus, 
promu  5™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1773,  né  en  1753,  note  dans  (7). 

Thurenhout  (van),  Rumoldus, 
promu  67™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1760,  né  en  1740,  chanoine  à 
Tongerloo  en  1763,  vicaire  à  Duffel,  Diest,  Westerloo,  Vissenaken, 
mort  en  1796  (7). 

Thys,  Gregorius, 
promu  89"^^  dans  la  faculté  des  arts  en  1779  (7). 

Thys,  Josephus-Cornelius, 
promu  4"^'^  dans  la  faculté  des  arts  en  1745,  né  en  1726,  licencié  en 
droit  en  1749,  pensionnaire  de  la  ville  de  Malines,  mort  en  1774  (7). 

Tiège  (de),  Judocus, 
promu  85""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1751,  curé  à  Schelrode,  mort  en 
1804,  âgé  de  73  ans  (7). 

Tilman,  Laurentius,  Mechliniensis, 
promu  23""^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1551  (i). 

Tinctoris,  Symon,  Torn.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1427  (i).  Simon  Tinctoris 
de  Mechlinia  fut  promu  le  7"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1429.  Il  fut 
proclamé  «  Magister  artium  »  le  17  mars  1429  (i). 

Tollenaers,  Andréas, 
promu  70"=  dans  la  faculté  des  arts  en  1702  (7). 

Tollenaers,  Joannes-Josephus, 
promu  66""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1718  (7). 

Tollenaers,  Petrus, 
promu  47™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1715  (7). 


408  MÉLANGES 


Tollenaers,  Rumoldus-Joannes, 
promu  56""=  dans  la  faculté  des  arts  en  1740,  bachelier  en  théologie, 
chanoine  à  N.-D.  au  delà  de  la  Dyle  en  1764,  mort  en  1767  (7). 

Toi]  (du),  Joannes-Alphonsus, 
promu  19'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1744,  licencié  en  médecine  en 
1737(6)11. 

Trabukier,  Georgius,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1434  (2).  Il  s'inscrit  en  1435 
à  l'université  de  Cologne,  où  il  désigne  «  Georgius  Trabekier  de 
Mechelinia  ».  Il  fit  sa  déterminance  à  Cologne  le  5  juin  1436,  «  sub 
magistro,  johanne  de  Mechilinia  ». 

Trabukier,  ma^ister  Johannes,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1434  (2)  et  antérieurement  à 
Cologne  en  1430  :  «  Joh.  Trabekyr  de  Mechlinia  ».  Il  y  passa  sa 
déterminance  en  143 1,  sous  «  niag.  Johanne  de  Mechilinia  ».  11 
fut  admis  au  conseil  de  la  faculté  des  arts  à  Louvain,  le  7  janvier 
1435,  sous  la  dénomination  «  Johannes  de  Mechlinia,  promotus 
Coloniix;  »  (2). 

Trabukier,  Thomas,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1433  (2).  Il  partit  pour  l'uni- 
versité de  Cologne,  où  il  fut  inscrit  dans  la  faculté  des  arts  en  1435; 
il  y  passa  sa  déterminance  le  5  juin  1436,  sous  «  mag.  Johanne  de 
Mechilinia  ». 

Trot,  Arnoldus,  Machliniensis, 
fondateur  du  collège  de  ce  nom  à  Louvain,  mort  en  1500  (4).  Natif  de 
Malines,  d'abord  bedeau  de  la  faculté  de  théologie,  devint  plus  tard 
chapelain  de  St-Pierre  et  curé  de  Neerlinter  (6,  chap.  41),  notice 
dans  (7). 

Tsammele,  Judocus,  de  Mechilinia,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1441  (2).  Il  fit  sa  détermi- 
nance le  22  nov.  1441. 

t'  Sestigh,  Hieronymus, 
promu  ii""^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1592  (7). 

't  Sestich  (van),  Joannes,  Machliniensis,  fil.  Antonii, 
docteur  et  professeur  en  droit  à  Louvain  en  1621,  recteur  (4).  Promu 


[*]  Cfr.  D""  G.  Van  Doorslaer,  Aperçu  histor.  sur  la  médecine  et  les  médecins 
à  Malines,  1900. 


MALINOIS    A    LOUVAIN  4O9 

I"  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1573.  Fut  président  du  collège 
St-Donat  et  fonda  le  collège  de  la  tamille  van  't  Sestich  à  Louvain.  Il 
est  mort  en  1634,  âgé  de  61  ans  (6,  ch.  3  et  4S),  notice  dans  (7). 

Tummen,  Guilielmus-Josephus, 
promu  55™"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1761  (7). 

Turnhout  (van),  Jacobus, 
promu  68™*  dans  la  faculté  des  arts  en  1711  (7). 

Uselaer,  Johannes,  Mechiliniensis,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1426  (2). 

Vaickenaer  (de),  Rumoldus, 
promu  199"*  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1621  (7). 

Varennius,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  69"^*  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1538  (i). 

Varennius,  Rumoldus,  Mechliniensis, 
promu  79™*  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1541  (i). 

Vasseur,  Rumoldus, 
promu  66""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1685  (7). 

Vekemans,  Dionysius-Franciscus, 
promu  44"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1709  (7). 

Veken  (vander),  Adrianus, 
promu  72""*  dans  la  faculté  des  arts  en  1726  (7). 

Velde  (vande),  Joannes-Franciscus, 
promu  :S5'"=  dans  la  faculté  des  arts  en  1709,  né  en  1689,  chanoine  de 
Tongerloo,  curé  à  Zoerle  en  1748,  mort  en  1755  (7). 

Velthem  (van),  Paulus, 
promu  102""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1701  (7). 

Velthom  (van),  Rumoldus, 
promu  116'°*  dans  la  faculté  des  arts  en  1691  (7). 

Velthum  (van),  Joannes-Franciscus, 
promu  72'°=  dans  la  faculté  des  arts  en  1728  (7). 

Ven,  Theodoricus,  Mechliniensis, 
promu  151"=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1561  (r), 

Ven  (van  de),  Augustinus, 
promu  22"^*  dans  la  faculté  des  arts  en  1709  (7). 

27 


4Î0  MELANGES 


Venne  (van  den),  Franciscus,  Machliniensis, 
bienfaiteur  du    collège  des  bacheliers  à  Louvain   (4).   La   ville   de 
Malines  fêta,  en  1649  et  en   1653,  la  licence  du  fils  du  secrétaire 
Van  de  Venne. 

Verbeecken,  joannes, 
promu  46™'  dans  la  faculté  des  arts  en  1718  (7). 

Verberch,  Carolus,  Mechliniensis, 
promu  86'"=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1555  (i). 

Verberght,  Joannes-Franciscus,  Mechliniensis, 
promu  4""'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1750.  Professeur 
à  la  pédagogie  du  Porc  en  1754,  mort  à  Malines  en  1767  (6,  ch.  33), 
notice  dans  (7). 

Verelst,  Michael, 
promu  74™"=  dans  la  faculté  des  arts  en  1678  (7). 

Vergheest,  Rumoldus,  Mechliniensis, 
promu  22"""  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1545  (i).  Licencié  en 
droit,  doyen  du  chapitre  de  l'église  St-Rombaut  à  Malines.  Mort  en 
1584(1). 

Verhagen,  Joannes-Theodorus, 
promu  126"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1758  (7). 

Verhaijt,  Antonius,  Mechliniensis, 
promu  151'"*  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1568  (i). 

Verhocht,  Matthaeus-Henricus, 
promu  40"""  dans  la  faculté  des  arts  en  1793  (7). 

Verhoeven,  Jacobus, 
promu    I"  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1601,  lecteur  de 
théologie  au  Séminaire  de  Malines,  mort  en  1627  (7). 

Verhoeven,  Joannes-Franciscus, 
promu  75"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1675  (7). 

Verhulst,  Petrus, 
promu  66'°'  dans  la  faculté  des  arts  en  1793,  curé  à  Perck  (7). 

Verhuyck,  Franciscus, 
promu  33"'=  dans  la  faculté  des  arts  en  1675  (7). 

Verhuyck,  Joannes-Henricus-Josephus, 
promu  91"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1767,  vicaire  à  Watermael  et 
curé  à  Alsenberghe  en  1785  (7). 


MALINOIS   A    LOUVAIN  4ÎI 


Verlinden,  Guilielmus, 
promu  63'°'  dans  la  faculté  des  arts  en  1776  (7). 

Verlysen,  Franciscus,  Mechliniensis, 
promu  19™=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1537  (i). 

Vermeulen,  Antonius, 
promu  s""  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1635,  licencié  en 
théologie,   curé    de    Ste-Gertrude   à    Louvain,    chanoine   à   l'église 
St-Rombaut  à  Malines,  mort  en  1683,  âgé  de  67  ans  (7). 

Vermeulen,  Arnoldus, 
promu  2""=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1666,  licencié  en 
théologie,  curé  à  Steynockerzeel,  ensuite  au  béguinage  à  Malines, 
mort  en  17 14  (7). 

Vermeulen,  Arnoldus, 
promu  4™'  dans  la  faculté  des  arts  en  1716,  licencié  en  droit  en  1720, 
avocat  et  membre  du  Grand  Conseil,  mort  en  1730  (7). 

Vermeulen,  Petrus, 
promu  118™*  dans  la  faculté  des  arts  en  1683,  vicaire  à  Londerzeel, 
chanoine  à  l'église  N.-D.  au  delà  de  la  Dyle,  mort  en  1720,  âgé  de 
55  ans  (7). 

Vermeulen,  Petrus, 
promu  34™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1695  (7). 

Verpoorten,  Joannes-Franciscus, 
promu  28"'*  dans  la  faculté  des  arts  en  1723  (7). 

Verrydt,  Claudius,  Machliniensis, 
né  en  1558,  fils  de  Pierre  et  de  Marguerite  Van  Heyst,  licencié  en 
théologie.  Doyen  à  Audenarde,  président  et  bienfaiteur  du  collège  des 
théologiens.  Fondateur  du  collège  de  Malines  à  Louvain,  qu'il  dota 
de  plusieurs  bourses,  mort  en  1623  (4;  6,  ch.  i  et  29),  notice  dans  (7). 

Verspreck,  Joannes-Baptista, 
promu  103™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1672  (7). 

Verstrepen,  Joannes,  Mechliniensis, 
promu  29'°«  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1548  (i). 

Verstrepen,  Joannes,  Machliniensis, 
bienfaiteur  du  collège  des  bacheliers  à  Louvain  (4). 


412  MÉLANGES 

Vertenoel,  Petrus-Josephus, 
promu  19"'"=  dans  la  faculté  des  arts  en  1752,  pléban  à  Alost  en  1763, 
mort  en  1773  (7). 

Vervoort, 

voy.  Voerda. 

Villeers  (de),  Franciscus, 
promu  83"'*  dans  la  faculté  des  arts  en  1673  (7). 

Villers  (de),  Nicolaus, 
promu  76""-"  dans  la  faculté  des  arts  en  1736  (7). 

VIecker,  Joannes, 
promu  5/™'  dans  la  faculté  des  arts  en  1680  (7), 

VIecker,  Josephus, 
promu  91""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1679  (7). 

Vleminckx,  Joannes, 
promu  59"-^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1671  (7), 

Vliet  (van  der),  Jacobus, 
promu  69""-"  dans  la  faculté  des  arts  en  1680  (7). 

Vliete  (van  de),  François, 
promu  r''  à  Louvain,  et  fut  fêté  par  la  ville  de  Malines  le  14  novembre 
1663  (5),  notice  dans  (7). 

Voecht,  Petrus,  Mechliniensis, 
promu  166"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1566  (i). 

Voerda  (de),  alias  van  Voerden  vel  Vervoort,  Nicasius,  ex  Heyst- 
op-den-Berg, 
promu  i^''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1459  (i). 

Voersel,  Bonaventura,  Mechliniensis, 
promu  128™^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1550  (i). 

Vos  (de),  Henricus,  Mechliniensis, 
promu  78'"=  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1568  (i). 

Vos  (de),  Joannes-Cornelius, 
promu  I"  dans  la  faculté  des  arts  en  1770  (7). 

Vos  (de),  Joannes-Franciscus, 
promu  8™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1750,  licencié  en  médecine, 
pratiqua  à  Ninove  (7)  [*]. 


[*]  Cfr.  D''  G.  Van  Dooeslaer,  Aperçu  historique  sur  la  médecine  et  les 
médecins  à  Malines. 


MALINOIS    A    LOUVAIN  4l3 

Vranx,  Petrus,  Mechliniensis, 
promu  103"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1557  (i). 

Vré  (de),  Guilielmus-Antonius, 
promu  gS'"^  dans  la  faculté  des  arts  en  1766,  en  1794  chanoine  de 
N.-D.  au  delà  de  la  Dyle  (7). 

Vresius,  Jacobus, 
promu  70™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1695  (7). 

Vriendts,  Dominicus, 
promu  118""^  dans  la  faculté  des  arts  en  1687  (7). 

Vrindt,  Dominicus, 
promu  93"'''  dans  la  faculté  des  arts  en  1676  (7). 

Vyen,  Petrus,  Mechliniensis, 
promu  181"^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1566  (i). 

Wachtendonck  (van),  Jean, 
fils  de  Henri,  fut  fêté  par  la  ville  de  Malines  en  1616,  à  l'occasion  de 
sa  licence  (5),  notice  dans  (7). 

Waepenaert  (de),  Carolus-Josephus-Egidius, 
promu  36™=  dans  la  faculté  des  arts  en  1774,  licencié   en  droit  en 
1778,  mort  en  1830  (7). 

Waeyenborgh,  Jacobus, 
promu  38™^  dans  la  faculté  des  arts  en  lySS,  vicaire  à  Bierbeeck,  curé 
de  l'église  St-Pierre  à  Malines  en  1767,  mort  en  181 1  (7). 

Wambach,  Egidius, 
promu  49™^  dans  la  faculté  des  arts  en  l676  (7). 

Wambeeck  (van),  Franciscus, 
promu  55™^  dans  la  faculté  des  arts  en  1699  (7). 

Wasstel,  Antonius,  Mechliniensis, 
promu  51'"''  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1554  (i). 

Werm,  Hilarius, 
promu  102'°^  dans  la  faculté  des  arts  en  i7o8  (7). 

Werm  (van),  Hilarius-Mathias, 
promu  96"^  dans  la  faculté  des  arts  en  i699  (7). 

Wiele  (van  den),  Bernardus-Augustinus,  Mechliniensis, 
étudiant  en  droit  au  collège  de  Craendonck  à  Louvain,  à  la  fin  du 
xviir  siècle  (6,  ch.  1 3),  licencié  en  droit  en  l794  (7). 


414  MÉLANGES 

Wiele  (vanden),  Bemardus-Franciscus, 
promu  ^6"""  dans  la  faculté  des  arts  en  1743  (7). 

Wiele  (van  de),  Petrus,  Mechliniensis, 
licencié  en  théologie.  Professeur  de  philosophie  à  la  pédagogie  du 
Faucon  en  1594.  Chanoine  de  la  cathédrale  de  Gand  en  1597,  et 
de  l'église  St-Rombaut  à  Malines  en  1599.  Devint  successivement 
archidiacre  en  1602,  vicaire-général,  vicaire  capitulaire  et  procurateur 
de  l'archevêque  |.  Boonen,  mort  en  164^  (6,  chap.  35),  notice 
cians(7)[*J. 

Wier  (van),  Joannes, 
promu  5™'  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1617  (7). 

Wilghen  (van  der), 
voy.  Salice  (de). 

Willemans,  Guilielmus,  Mechliniensis, 
entré  au  collège  des  Oratoriens  à  Louvain  en  1660,  en  devint  plus 
tard  le  président,  mort  à  Ostende  en  171b  (6,  ch.  58),  notice  dans  (7). 

Willius,  Henricus,  Mechliniensis, 
promu  i^o""*  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1549  (i). 

Wischaven,  Dionysius,  Machliniensis, 
reçu  dans  le  conseil  de  l'université  de  Louvain  en  1491,  recteur  et 
professeur  à  l'université.  Mort  en  15  31,  et  enterré  à  l'église  St-Pierre 
à  Louvain,  où  sa  tombe  reçut  une  épitaphe  (4),  notice  dans  (7). 

Wilte  (de),  Joannes-Carolus, 
promu  122'"'  dans  la  faculté  des  arts  en  1717  (7). 

Woordenberch,  Joannes, 
promu  II™'  dans  la  faculté  des  arts  en  i7o3  (7). 

Worsel,  Cornélius,  Antverpiensis, 
promu  26""  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  i566  (i),  fut  curé  de 
l'église  St-Jean  à  MaUnes,  ensuite  pléban  à  l'égUse  Ste-Gudule  à 
Bruxelles. 

Wolffs,  vel  Lupus,  Petrus,  goedsenhovius,  agri  Thenensis, 
prieur  du  couvent  des  Carmélites  à  Malines.  Docteur  en  théologie 
en  i569  (4). 


[*]  Cfr.  Baeten,  NaamroUen  van  het  Aartsbisdom  van  Mechelen. 


MALINOIS   A    LOUVAIN  4l5 

Wrys,  Godefroid, 
curé  de  l'église  Notre-Dame  au  delà  de  la  Dyle,  fut  fêté  par  la  ville  de 
Malines,  à  l'occasion  de  sa  licence,  en  février  1628  (5). 

Wyketo  (de),  Magister  Rumoldus,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  1441  (2),  chantre  à  l'église 
St-Rombaut  à  Malines  |*J. 

Wynandi,  Petrus,  de  Mechilinia, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  i44o  (2), 

Wynants,  Christianus, 
promu  10™^  dans  la  faculté  des  arts  en  i692,  bachelier  en  théologie, 
supérieur  des  Oratoriens  à  Bruxelles,  mort  en  1720,  notice  dans  (7). 

Wynckel,  Jacobus,  Cam.  dioc, 
immatriculé  à  l'université  de  Louvain  en  i445  (2).  «  Johannes  Winkel 
de  Machlinia  »  determinavit  12  Januarii  1447. 

Ymbrechts,  Martinus,  Mechliniensis, 
promu  93™*  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1558  (i). 

Ysabel,  Carolus,  Mechliniensis, 
promu  8"'=  dans  la  facuhé  des  arts  à  Louvain  en  1537  (i). 

Zillevoorts, 

curé  de  la  paroisse  St-Rombaut,  passa  sa  licence,  que  la  ville  de 
Malines  fêta  au  15  février  1612  (5). 

Zype  (van  der),  Bemardus-Alexander, 
promu  I"  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1637,  licencié  en 
droit,  membre  du  Grand  Conseil,  mort  en  1686  (7). 

Zype  (van  den),  Franciscus, 
promu  5"'^  dans  la  faculté  des  arts  à  Louvain  en  1599,  né  à  Malines 
en  1580.  Note  biographique  dans  (7). 


D""  G.  Van  Doorslaer. 


f *]  Cfr.  Baeten,  NaamroUen  van  het  Aaytsbisdom  van  Mechelen. 


41 6  MÉLANGES 


Omstreken  van  Mechelen 

Leest  is  eene  landelijke  gemeente  eene  uur  westwaarts 
Mechelen  gelegen. 

Mijhe  bezigheden  riepen  mij  onlangs  aldaar  ten 
gemeentehuize,  doch  ik  had  tijd  te  veel  en  uit  vrees  van 
verveling  begon  ik  de  verschillende  plans  en  kaarten  er 
aanwezig  te  overzien. 

Een  perkamenten  boek  trol  mij  ne  aandacht,  het  draagt 
voor  titel  :  «  Generaele  metinghe  ende  caertboeck  der 
prochie  van  Leest,  gemeten  ten  jaere  1723  door  den 
gesworen  landmeter  Jan  van  Acoleyen  ». 

Uit  dit  handschrift  nam  ik  de  volgende  afschriften 
van  eigendommen  die  eenige  waarde  in  de  plaatselijke 
geschiedenis  hebben  : 

1°  Den  heere  Locquet  ghrave  van  Hombeeck  (bezit- 
tende)  :  Een  huys  of  't  hofi"  van  den  Broeck  met  wallen 
en  dreven. 

2°  D'erffgen.  van  den  heer  Grisper  :  Pachthoff  met 
diversche  stucken  aen  een,  en  de  plaetse  daer  de  thien 
schuer  op  staet. 

3°  Den  heere  baron  van  Macqué  :  Pachthoff  genoemd 
Rendelbeeck,  met  den  vyver,  walle,  dam,  wegh  en  dreeff. 

40  Den  heer  canoninck  Blondeaii  :  hu}s  en  lioff,  water, 
wallen  en  lant. 

5"  Den  heere  van  Reyneghem  :  Pachthoff,  genoemt 
Stynenmolen,  speelhuys  met  vyver,  wallen  en  half 
beke. 

6"  Den  heere  Rombaut  de  la  Mot  :  Speelhuys,  hoeve 
en  vyver. 

7°  Jouff.  Mongandi  :  Lant  en  mot  met  d'water. 


OMSTREKEN    VAN    MECHELEN  4I7 

8°  Antoin  Fiereman  :  Huysstede,  water,  wallen  ende 
motte. 

Wat  er  van  dit  ailes  was  geworden  moesten  de  volgen- 
de  plans  aanduiden,  te  weten  : 

«  Plan  géométrique  de  la  commune  de  Leest,  terminé 
en  181  o  »,  het  oorspronkelijk  plan  van  het  nog  bestaande 
kadaster  gemaakt  in  1828  en  deszelfs  bijvoegsel  welk  de 
huidige  ligging  opgeeft. 

Deze  opzoekingen  bewezen  dat  : 

i^  Het  Huis  of  Hof  van  den  Broeck  welk  een  voile 
leen  der  heerlijkheid  Mechelen  was,  werd,  in  lySi,  door 
Jan-Jozef  Locquet,  graaf  van  Hombeeck,  aldus  ver- 
heven  (i),  en  in  1774,  bij  diens  overlijden,  door  zijnen 
erfgenaam  M.  Van  der  Linden,  baron  van  Hoogvorst 
aan  wie  het  nog  in  1810,  onder  den  naam  van  «  Ferme 
d'Hovorst  V)^  behoorde.  De  famille  Van  der  Linden 
d'Hoogvorst  verkocht  dit  goed  in  1868,  aan  den  heer 
Frank  Gillis-Kuinders,  te  Mechelen,  die  in  1873  de 
overblijvende  bouwen  van  het  vroeger  kasteel  afbrak  en 
de  vyvers  dempte.  Deze  hoeve,  tusschen  de  Senne  en  het 
dorp  gelegen,  is  nog  eigendom  der  famille  Gilles. 

2°  Het  pachthof  van  Crisper,  met  de  vroegere  tiende 
schuur,  welke  nog  eene  groote  hoeve  is,  behoorde  in  1810 
aan  de  famille  de  Meester,  nu  de  Meester-de  Cousse- 
maker,  te  Antwerpen. 

3*^  Het  kasteel  van  Rendelbeeck  was  reeds  in  1723 
verdwenen,  het  omwatere  beluik  bestaat  nog.  Deze  aan- 
zienlijke  hofstede  was  in  1810  eigendom  der  famille 
d'Overschie  de  Neerrysche,  nu  de  Bethune  d'Overschie. 

4°  Het  lusthuis  van  dit  goed  was  vôôr  1723  afge- 
broken.    Deze   hoeve   behoorde    in    1810  aan   den   heer 


(i)  Les  pleins  fiefs  de  la  ville  et  de  la  seigneurie  de  Malines.  —  Bulletin  du  Cercle 
Archéologique  de  Malines,  tome  XIV  (1904),  pp.  10  et  i5. 


4l8  MÉLANGES 

Pieter  De  Mayer,  te  Brussel,  en  nu  de  Cannart 
d'Hamale. 

5*^  De  oude  eigendom  «  Stynenmolen  »,  waaraan  eene 
Mechelsche  famille  der  14'  eeuw  haren  naam  ontleend, 
was  in  i8io,onder  den  naam  van  c  Château  de  Spangen  » 
in  bezit  van  baron  Norbert  van  Spangen,  te  Brussel; 
zijne  dochter  huwde  graaf  Werner  van  Merode.  Het 
kasteel  is  rond  1820  geheel  afgebroken  en  de  waters  ge- 
vuld.  Nu  behoord  ditgoed,  door  erfenis,  sedert  i885  aan 
de  koninklijke  famille  van  Italie,  namentlijk  aan  de  drij 
prinsen  :  Emmanuel-Filibert, Victor-Emmanuel  en  Lode- 
wijk-Amedee  van  Savoyen. 

6°  Rombaut  de  la  Mot  heeft  zijnen  naam  aan  dit  kasteel 
gelaten,  welke  in  18 10  onder  den  naam  van  «  Château 
de  Motte  »  is  aangeduid,  en  toen  behoorde  aan  M.  Fr. 
Pansius,  «  magistrat  de  sûreté  à  Malines  ».  Merkelijk 
vergroot  is  dit  schoon  buitengoed,  nu,  door  erfenis,  in 
bezit  van  den  heer  majoor  Coemans-Pansius. 

7°  Het  gebouw  welk  op  de  motte  gestaan  heeft,  in  1723 
aan  jufvrouw  Mongandie  behoorend,  was  toen  al  ver- 
dwenen.  Deze  motte,  omringd  van  haren  ouden  gracht, 
bestaat  nog,  ligt  nabij  het  kasteel  van  M.  Coemans  en  is 
ook  zijnen  eigendom. 

8°  Ailes  wat  hier  eenigszins  de  plaatselijke  geschiede- 
nis  geldt  is  weg,  het  gebouw  v6ôr  1723,  de  waters,  wallen 
en  motte  zijn  ook  sedert  lange  jaren  vereffend  en  door 
den  landbouw  ingenomen.  De  hoeve  behoord  nu  de 
famille  De  Block,  te  Puers. 

Ad.  Reydams. 


A    PROPOS    DU    PLAN    DE    MALINES  4I9 


Note  sur  la  reproduction 

du  Plan  de  Malines  et  de  ses  environs 

dressé  par  Jacques  de  Deventer 

Cette  reproduction  en  fac-similé  d'une  «  minute  » 
conservée  à  la  Bibliothèque  royale,  a  paru,  accompa- 
gnée d'une  notice  historique  sur  Malines  par  Charles 
RuELENS,  en  juillet  1884,  dans  la  première  livraison 
de  la  publication  intitulée  :  «  Atlas  des  villes  de  la 
Belgique  au  XV T  siècle.  Cent  plans  du  géographe  Jacques 
de  Deventer,  exécutés  sur  les  ordres  de  Charles-Quint  et  de 
Philippe  II,  reproduits  eji  fac-similé  chromographique  par 
l'Institut  national  de  géographie  à  Bruxelles.  » 

Dans  l'échelle  de  la  reproduction  du  plan  de  Malines, 
ainsi  que  dans  celle  du  «  plan  explicatif  »  (qui  ne  donne 
que  le  trait  de  celui  de  Jacques  de  Deventer),  il  y  a 
plusieurs  erreurs  qu'il  faut  corriger  ainsi   : 

Au  lieu  de  «  Pass  3  ped.  »,  il  faut  «  Pass  5  ped.  »; 
de  plus,  il  faut  supprimer  la  première  des  subdivisions 
de  l'échelle,  car  (pour  représenter  5o  pas)  il  ne  doit  y 
avoir  que  cinq  subdivisions  au  lieu  de  six  ;  en  outre,  le 
trait  tracé  sous  celui  qui  sépare  l'avant-dernière  subdi- 
vision de  la  dernière  doit  être  supprimé. 


■y  1  r  [  I 

1 

I 

1 

1 

m 

1 
200 

300 

400 

Pass  5  ped. 

Echelle  rectifiée,  d'après  la  minute  de  Jacques  de  Deventer,  du  plan  de  Malines  reproduit 
en  fac-similé  chromographique,  dans  la  première  livraison  (parue  en  juillet  1884)  de  l'Atlas 
des  villes  de  la  Belgique  au  XVl^  siècle. 

L'erreur  principale  vient  de  ce  que  le  5  n'est  pas  fort 
lisible  sur  la  minute  conservée  à  la  Bibliothèque  royale 


420  MELANGES 


de  Belgique,  avec  un  grand  nombre  d'autres  minutes  de 
plans  du  même  topographe,  minutes  qui  ne  portent 
aucune  échelle.  Au  moment  où  le  fac-similé  de  la  minute 
du  plan  de  Malines  a  été  publié  par  feu  Charles  Ruelens, 
c'est-à-dire  en  juillet  1884,  on  n'avait  pas  encore  vu  un 
nombre  considérable  de  plans  de  Jacques  de  Deventer, 
c(  mis  au  net  »,  formant  deux  volumes  conservés  à  la 
Bibliothèque  royale  de  Madrid.  Ce  n'est  qu'en  1888  que 
ces  volumes  furent  prêtés  à  l'Institut  national  de  géo- 
graphie à  Bruxelles,  et  j'eus  alors  l'occasion  de  consta- 
ter que  sur  un  certain  nombre  des  plans  contenus  dans 
ces  volumes,  il  y  a  des  échelles  de  5oo  pas,  graduées 
comme  celle  (de  400  pas)  existant  sur  la  minute  du  plan 
de  Malines.  La  plupart  sont  muettes,  d'autres  portent  les 
indications  100,  200,  3oo,  400,  5oo  [pas];  et,  au-dessus 
de  celle  du  plan  de  Hal,  divisée  également  en  100,  200, 
3oo,  400,  5oo  [pas],  il  y  a  même  :  «  Passus  quinque 
pedum  ». 

Je  dois  ajouter  ici  que,  d'après  des  mesurages  minu- 
tieux et  des  rapprochements  que  j'ai  opérés  à  la  fois  sur 
quelques  plans  de  Jacques  de  Deventer  et  sur  d'excellents 
plans  modernes,  ceux  du  cadastre,  entre  autres,  j'ai  con- 
staté que  le  topographe  du  xvi"  siècle  a  dressé  les  siens  à 

— - —  à  très  peu  de  chose  près.  Bien  que  j'aie  pu  en 
7,5oo  ^  ^ 

conséquence  déterminer,   à  quelques    millimètres    près, 

la  valeur  du  pied  et  du  pas  de  son  échelle,  je  ne  suis  pas 

encore  parvenu  à  identifier  exactement  ceux-ci  avec  des 

mesures  connues. 


E.    OUVERLEAUX. 


Paris,  le  10  mars  igo5. 


Bulletin  Bibliographique 

des  publications   intéressant  l'histoire  de  Matines 
parues  aiL  cours  de  l'année  igoS 


A.  —  Sources 

tout  Seigneur  tout  honneur.  Le  seigneur  dans 
l'espèce,  c'est  l'importante  Table  chronologique 
des  chartes  et  diplômes  imprimés  concernant  l'his- 
toire de  Belgique  (i),  dont  le  tome  X  a  paru 
dans  les  derniers  jours  de  1904. 

Les  membres  du  Cercle  Archéologique  connaissent 
tous  cette  belle  publication  de  M.  A.Wauters,  laquelle, 
malgré  quelques  imperfections  difficiles  à  éviter  dans  un 
travail  de  cette  envergure,  constitue  un  des  principaux 
instruments  de  travail  que  nous  possédions  en  Belgique. 
M.  Wauters  étant  mort  en  i8g8,  ce  dixième  volume, 
qui  sera  le  dernier,  a  été  continué  par  MM.  St.  Bormans 

et  E.   PONCELET. 

Les  documents  qui  y  sont  renseignés  appartiennent 


(i)  Table  chronologique  des  chartes  et  diplômes  imprimés  concernant  l'histoire  de 
Matines,  par  Alphonse  Wauters.  Bruxelles,  Kiessling,  1904  (Bibliothèque 
de  la  ville). 


422  •  BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE 

aux  années  1340  à  i35o.  Nous  3^  relevons  douze  chartes 
concernant  les  privilèges  de  la  ville,  un  document  scellé 
par  un  doyen  de  St-Rombaut,  de  l'année  i33i,  en  faveur 
de  l'ordre  teutonique,  un  document  concernant  le  métier 
des  foulons,  et  enfin  l'indication  de  documents  intéres- 
sant la  secte  des  Flagellants  à  Malines,  notamment 
d'une  lettre  que  les  Flagellants  de  Malines  prétendaient 
leur  avoir  été  apportée  par  un  ange. 

On  sait  que  grâce  à  des  réserves  exspectatives  et  autres 
faveurs  que  le  droit  canon  leur  réservait,  les  papes, 
depuis  la  fin  du  xiv*"  siècle  et  durant  le  xv^  siècle  surtout, 
s'adjugeaient  le  droit  de  nommer  des  titulaires  à  une 
foule  de  bénéfices,  tant  à  Rome  que  hors  de  l'Italie  (i). 
Ces  nominations  constituaient  une  source  de  revenus  pour 
la  curie,  en  même  temps  qu'elles  offraient  au  Souverain 
Pontife  une  occasion  de  reconnaître  par  de  gros  bénéfices 
les  services  rendus  par  les  dignitaires  et  les  employés  de 
sa  cour.  Plusieurs  des  registres  de  la  Caméra  ou  trésorerie 
apostolique,  qui  fournissent  de  précieuses  indications 
concernant  ces  provisions  romaines,  sont  conservés  aux 
Archives  de  l'Etat  à  Rome.  M.  l'abbé  Henry  Dubrulle, 
dont  nous  signalions  l'année  passée  l'intéressante  publi- 
cation concernant  les  indulgences  du  grand  jubilé  de 
145 1  (2),  a  entrepris  le  dépouillement  de  ces  registres 
pendant  le  pontificat  de  Martin  V.  Cette  publication,  qui 
a  paru  dans  les  Analcctcs  pour  servir  à  l'histoire  ecclésiastique 


(i)  Voyez  sur  les  provisions  romaines  :  Claessens,  Des  bénéfices  ecclésiasti- 
ques dans  l'ancienne  Beli;ique,  dsiusles Précis  historiques, t.  XXXV,  pp.  i6i  et  ss.; 
VAN  HovE,  Etude  sur  les  Conflits  de  Juridiction  dans  le  diocèse  de  Liège,  à  l'époque 
d'Erard  de  la  Marck  (i5o6-i538).  Louvain,  19.0, 1,  p,  46,  et  les  ouvrages  cités 
par  l'auteur. 

(2)  Henry  Dubrulle,  Documents  pour  servir  à  l'histoire  des  indulgences  accor- 
dées  à  la  ville  de  Malines  au  milieu  du  xv^  siècle.  Paris,  A.  Picard,  1904,  in-S"  de 
38  pp.  (Aux  archives  de  la  ville).  —  Cf.  Bulletin  du  Cercle  archéologiqtie,  t.  XIV, 
1904,  pp.  3i3-3i8. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE  423 

de  la  Belgique  (i),  remet  au  jour  les  noms  d'un  grand 
nombre  de  possesseurs  de  bénéfices  dans  nos  provinces. 
Nous  y  relevons  notamment  ceux  de  nombreux  chanoines 
et  dignitaires  du  chapitre  de  Saint- Rombaut  et  d'autres 
bénéficiers  de  notre  ville.  Une  bonne  table  permet,  du 
reste,  de  retrouver  sans  difficulté  les  personnages  qui 
nous  intéressent. 

Du  même  auteur,  nous  avons  encore  un  travail  simi- 
laire pour  les  années  1459- 1464,  paru  à  la  fin  de  l'année 
1904  dans  le  Bulletin  de  la  société  d^ études  de  la  province  de 
Cambrai  (2).  Nous  y  relevons  une  bulle  en  faveur  de 
Johannes  de  Platea,  qui  obtient  deux  bénéfices,  l'un  à 
l'autel  Saint-Michel,  dans  l'église  Notre-Dame,  l'autre  au 
chœur  de  l'église  de  l'hôpital  Notre-Dame,  ainsi  que 
quatre  autres  bulles  relatives  à  des  canonicats  de  Saint- 
Rombaut,  et  une  cinquième  concernant  le  payement  de 
1800  florins  d'or  du  Rhin,  argent  provenant  des  indul- 
gences accordées  à  la  Ville. 

A  M.  DuBRULLE  aussi  nous  sommes  redevables  d'une 
excellente  analyse  du  bullaire  de  Pie  II  (1458-1464), 
d'après  les  registres  469  à  627  de  la  série  du  Vatican  et 
584^  à  599  de  la  série  du  Latran,  aux  archives  vati- 
canes  (3).  Ce  bullaire  comprend  toute  une  série  d'actes, 
au  nombre  de  vingt-neuf  (4),  relatifs  aux  indulgences 
accordées  à  notre  ville,  à  un  conflit  entre  le  magistrat 


(i)  Les  bénéficiers  des  diocèses  d'Arras,  Cambrai,  Thérouanne,  Tournai,  pendant  le 
Pontiûcat  de  Martin  V,  d'après  les  documents  conservés  aux  A  rchives  de  l'Etat  à  Rome, 
dans  les  Anaîectes  four  servir  à  l'histoire  ecclésiastique  de  la  Belgique,  t.  XXXI, 
1905  (aux  archives  de  l'Archevêché). 

(2)  Cette  étude  a  paru  en  tiré  à  part,  sous  le  titre  de  :  Documents  tirés  des 
Archives  de  l'Etat  à  Rome  et  concernant  le  diocèse  de  Cambrai.  Lille,  1904,  in-8°  de 
43  pp.  (aux  archives  de  l'Archevêché). 

(3)  Henry  Dubrulle,  Bidlaire  de  la  province  de  Reims  sous  le  pontificat  de  Pie  II. 
Thèse  de  doctorat  présentée  à  la  faculté  des  lettres  de  l'Université  de  Lille.  Lille,  1905, 
in-8°  de  269  pp.  (bibliothèque  particulière). 

(4)  Nous  n'avons  pu,  cependant,  retrouver  dans  le  texte  les  documents 
cités  à  la  table  sous  les  n°^  225,  433,  266. 


424  ËULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE 

et  l'évêque  de  Cambrai  vers  le  milieu  du  xv"  siècle, 
à  l'église  Notre-Dame,  dont  il  fait  connaître  l'un  des 
grands  bienfaiteurs  (i),  au  prieuré  d'Hanswyck,  à-  la 
Commanderie  de  Pitzembourg  et  au  chapitre  de  Saint- 
Rombaut. 

En  1904,  le  gouvernement  fonda  l'école  belge  d'histoire 
à  Rome,  et  en  nomma  premier  directeur  Dom  Ursmer 
Berlière,  de  l'abbaye  de  Maredsous  (2).  La  première 
publication  de  l'école  est  VInvcntaire  analytique  des  Libri 
obligatiotmm  et  solutioniim,  de  la  caméra  apostolique,  qui 
embrasse  la  période  de  1296  à  1548.  Au  point  de  vue 
malinois,  il  y  a  peu  de  choses  à  glaner  dans  ce  beau 
travail,  seul,  un  document,  reproduit  en  entier  à  la  page 
217,  mérite  d'attirer  l'attention.  C'est  une  quittance 
donnée  à  Ricanus  de  Gorda,  qui  avait  été  envoyé  aux 
Pays-Bas  par  le  pape  Jean  XXII,  pour  y  acheter  du  drap 
pour  les  personnes  de  la  Cour  auxquelles  le  Pape  avait 
l'habitude  d'offrir  des  habits.  On  y  voit  que  Ricanus  de 
Gorda  s'acheta  à  Malines  vingt  pièces  de  drap.  La  quit- 
tance date  du  19  juillet  i335. 

Parmi  les  publications  de  sources  qui  peuvent  fournir 
des  détails  biographiques  de  Malinois,  je  dois  encore 
citer  :  La  Congrégation  des  théologiens  campinois  de  V ancienne 
Université  de  Louvain,  par  M.  Joseph  Wils,  bibliothécaire 
de  l'école  des  sciences  sociales  à  l'Université  de  Louvain  (3). 
Nous  y  rencontrons  des  notices  sur  Guillaume  Maes, 
nommé  au  mois  de  mars  i833,  vicaire -général  de 
Malines,   qui  mourut  le  23  avril    suivant,  et   sur   Jean 


(i)  Il  s'agit  de  Jean  de  Pomelle,  chanoine  de  Sainte-Marie  de  Courtrai. 

(2)  Dom  Ursmer  Berlière,  Inventaire  analytique  des  Libri  ohUgationum  et  solu- 
tionum  des  archives  vaticanes.  Rome,  1904  (à  la  bibliothèque  de  la  ville). 

(3)  Dans  les   Analectes  foxir   servir  à  Vhistoire    ecclésiastique  de  la  Belgique, 
t.  XXXI,  pp.  360-419  (à  la  bibliothèque  du  Cercle). 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE  425 

Pecters,  qui  fut  professeur  au  Séminaire,  au  milieu  du 
XVIII'' siècle. 

Bien  qu'il  ne  fut  pas  Malinois  et  que  même  de  Pradt 
ne  fut  guère  sympathique  à  la  population  de  notre  ville, 
il  convient  cependant  de  signaler  les  deux  documents 
concernant  cet  archevêque  nommé,  que  les  Analedes 
pour  servir  à  l'histoire  ecclésiastique  de  la  Belgique  ont  publiés 
cette  année  (i).  On  y  verra  que  ce  ne  fut  pas  seulement 
la  population  qui  chantait  le  refrain  : 

Daer  is  te  Mechelen  een  :(^aeck 
die  071S  gaet  doen  groot  vermaeck 
t'  is  eenen  grooten  waegen 
voor  Heer  de  Pradt  Ambassadeur 
zvant  :(ijn  vertreck  staet  voor  de  deur 
hij  moet  een  reys  gaen  waegen  (2), 

mais  que  le  chapitre  voyait  avec  un  égal  contentement 
le  départ  de  cet  agent,  mal  déguisé  sous  la  dignité  ecclé- 
siastique, du  régime  despotique  de  Napoléon. 

B.  —  Préhistoire 

Les  membres  du  Cercle  archéologique  se  rappellent 
les  intéressantes  découvertes  faites  au  mois  d'avril  1904, 
lors  des  travaux  de  dérivation  de  la  Dyle.  Le  résultat 
des  recherches  faites  à  cette  époque  a  été  décrit,  de  main 
de  maître,  par  M.  le  Baron  A.  de  Loë,  conservateur 
aux  Musées  Royaux  des  arts  décoratifs  et  industriels, 
dans  le  Bulletin  du  Musée  (3).  Nous  sommes  heureux,  à 


(i)  J.  Laenen,  Deux  documents  concernant  Dominique  de  Pradt,  archevêque  nommé 
de  Matines  (i8o8-i8i5),  dans  les  Analectes,  t.  XXXI,  1906,  pp.  32i  et  ss.  (à  la 
bibliothèque  du  Cercle). 

(2)  Cf.  Bulletin  du  Cercle,  t.  XIV,  1904,  p.  89. 

(3)  Butletin  des  Musées  Royaux  des  arts  décoratifs  et  industriels  à  Bruxelles. 
Biuxelles,  Vromant,  octobre  1904  (à  là  bibliothèque  du  Cercle). 

28 


426  BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE 

cause  de  l'importance  de  ces  trouvailles,  de  pouvoir,  du 
consentement  de  son  auteur,  reproduire  cet  article  en 
l'accompagnant  des  illustrations  qui  figurèrent  également 
dans  le  Bulletin. 

«  Au  mois  d'avril  dernier,  les  travaux  de  dérivation  de 
la  Dyle,  que  le  Gouvernement  tait  exécuter  à  Malines, 
ont  amené  la  découverte,  à  environ  5  mètres  de  profon- 
deur, en-dessous  des  prairies  du  Neckerspoel,  d'importants 
vestiges  d'habitations  sur  pilotis,  antérieures  à  l'époque 
romaine. 

»  On  y  pouvait  voir  cinq  groupes  de  pieux  bien  distincts, 
quoiqu'assez  rapprochés.  Chaque  groupe  paraissait  cor- 
respondre à  une  cabane. 

»  Le  premier  groupe  comptait  5  pilotis,  mais  il  est  pro- 
bable qu'il  y  en  avait  davantage,  car  la  palafitte  semblait 
S€  continuer  sous  le  talus  de  l'excavation.  Entre  les  pieux, 
distants  l'un  de  l'autre  de  2  mètres,  étaient  de  longs  bois 
(traverses)  très  nombreux,  entrecroisés  dans  tous  les  sens 
et  des  branchages  de  chêne,  de  hêtre  et  de  sapin,  recon- 
naissables  à  leurs  fruits  :  glands,  faines  et  pommes  de 
pin.  C'étaient  vraisemblablement  les  restes  de  l'ossature 
de  l'aire  en  terre  battue,  sur  laquelle  s'élevait  la  hutte. 

»  Le  deuxième  groupe,  qu'une  distance  d'environ 
20  mètres  séparait  du  premier,  se  composait  de  5  pilotis 
et  formait  un  rectangle  mesurant  4"'5o  de  longueur  sur 
3  mètres  de  largeur,  dont  le  cinquième  pieu  occupait  le 
milieu.  Entre  les  pieux  se  voyaient  des  traverses  et  des 
branchages,  comme  précédemment,  mais  avec  beaucoup  de 
bois  brûlé. 

»  Le  troisième  groupe,  de  4  pilotis,  était  distant  du 
second  d'environ  i3  mètres.  Il  formait  un  carré  parfait 
de  4  mètres  de  côté.  Au  centre  se  trouvaient  un  gros 
tronc  d'arbre  couché,  ainsi  que  d'autres  bois  de  moindres 
dimensions  et  des  branchages. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE 


427 


»  Le  quatrième  groupe,  composé  de  4  pilotis,  se  rencon- 
trait à  environ  8  mètres  du  troisième.  C'était  un  rectangle 
de  5  mètres  de  longueur  sur  3  de  large.  Entre  les  pieux 
gisaient  des  bois  entrecroisés,  notamment  des  débris  de 


FiG.    I 


planches  en  sapin,  mais  très  peu  de  branchages. 

»  Enfin,  le  cinquième  groupe,  qui  passait  sous  le  talus 
opposé,  ne  présentait  que  trois  pieux  visibles,  laissant 
entre  eux  un  intervalle  de  2  mètres. 

»  La  plupart  des  pieux  étaient  en  chêne.  Ils  mesuraient 


428  BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE 

de  o"\So  à  I  mètre  de  tour.  Certaines  traverses  avaient 
encore  une  longueur  de  4  mètres. 

»  Entre  les  pilotis  et  groupes  de  pilotis,  ont  été  ren- 
contrés et  recueillis,  à  la  profondeur  de  4'"5o  à  5  mètres, 
de  nombreux  fragments  de  poterie  ;  des  ossements  d'ani- 
maux ;  de  véritables  provisions  de  noisettes  ;  de  très 
nombreux  morceaux  de  bois  carbonisé  ;  un  bro3'eur  et  un 
fragment  de  meule  en  grès  ;  deux  hachettes  en  bois  de 
cerf  (fig.  I,  n°'  6  et  8),  et  trois  ustensiles  de  même  sub- 
stance, dont  la  destination  nous  est  inconnue;  une  balle 
de  fronde  (?)  et  une  fusaiole  (fig.  i,  n°  3)  en  terre  cuite; 
un  fragment  de  montant  d'échelle  en  chêne  avec  deux 
trous  d'échelon;  un  très  grand  clou,  des  mors  de  bride  et 
une  sorte  de  hameçon  à  pointe  simple,  en  fer  (fig.  i,  n°  5)  ; 
quelques  petits  morceaux  d'ambre  brut  ;  une  pirogue 
faite  d'un  tronc  de  chêne  évidé  ;  enfin,  d'assez  nombreux 
ossements  humains,  qui  permettront  peut-être  de  carac- 
tériser le  type  ethnique  de  la  population  de  cette  station 
palustre. 

)5  La  poterie  est  grossière  et  évidemment  antéromaine, 
car  elle  est  noirâtre,  imparfaitement  cuite  et  façonnée 
entièrement  à  la  main,  c'est-à-dire  sans  l'aide  du  tour. 

»  Dix  vases  ont  pu  être  reconstitués  (fig,  2).  Nous  y 
retrouvons,  sans  grande  peine,  certaines  formes  des 
nécropoles  Hallstatto-marniennes  de  la  Campine. 

»  Les  ossements  d'animaux  étaient  fort  nombreux. 
M.  Louis  De  Pauw,  conservateur  général  des  collections 
zoologiques  de  l'Université  libre,  qui  a  eu  l'extrême  obli- 
geance de  nous  en  faire  gracieusement  la  détermination 
et  l'étude,  y  a  reconnu  :  le  chien  (Canis  familiarus),  4 
individus  de  taille  différente;  le  cochon  domestique 
(Sus  scrofa  domesticus),  5  individus  au   moins  ;  le  cheval 

(Equîis ),     3    individus;    le    cerf   (Cervus    claphus),    3 

individus;  la  chèvre  (Capra  hircus),  3  individus;  le 
bœuf  (Bos  sp.)   représenté  sûrement  par  8  individus  et 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE  429 

un  grand  poisson  du  genre  gade,  qui  paraît  être  la 
morue. 

»  Bon  nombre  de  ces  ossements  proviennent,  sans 
aucun  doute,  des  animaux  dont  se  nourrissaient  les 
anciens  habitants  des  marais  du  Neckerspoel.  Ceux-ci, 
toutefois,  n'étaient  pas  de  grands  amateurs  de  moelle, 
car  aucun  os  n'est  brisé. 

»  Le  cheval  de  notre  station  est  de  petite  taille  et  ses 
membres  sont  grêles.  Il  diffère  donc  totalement  du  cheval 
paléolithique  (Eqiiiis  caballus)  qui  était,  comme  on  le 
sait,  grand  et  massif. 

))  Le  bœuf  appartient  aussi  à  une  race  particulièrement 
petite  ;  c'est  peut-être  le  Bos  brachyceros  (Bos  longifroiis) 
de  l'époque  néolithique. 

))  Il  n'en  est  pas  de  inême  du  cochon  qui,  par  sa  taille, 
devait  être  très  apparenté  à  ceux  dont  parle  Strabon  : 
«  Les  Gaulois,  dit  en  effet  cet  auteur  ancien,  laissent 
vaguer  en  pleine  liberté,  même  la  nuit,  ces  animaux,  qui 
sont  d'une  taille,  d'une  force  et  d'une  légèreté  à  la  course 
peu  communes.  Aussi  leur  rencontre  est-elle  aussi  dan- 
gereuse que  celle  d'un  loup.  »  (Strabo,  I\^. 

))  Nous  nous  demandons  quelle  a  pu  être  la  destina- 
tion des  deux  ustensiles  en  bois  de  cerf  (dont  une  porte 
des  ornements  incisés)  que  nous  reproduisons  ici. 

))  C'est  d'abord  le  n°  2  de  la  figure  i  ;  faut-il  y  voir, 
ainsi  qu'on  l'a  proposé,  une  amulette  phallique?  Nous 
n'en  savons  rien  et  nous  ne  connaissons  qu'un  seul  objet 
analogue  trouvé  dans  une  station  lacustre  de  Suisse,  à 
Concise,  canton  de  Vaud.  Frédéric  Troyon,  qui  le  repro- 
duit à  la  planche  VII,  fig.  6  de  son  ouvrage  sur  les  habi- 
tations lacustres  des  temps  anciens  et  modernes  (i),  le 
classe  également  parmi  les  objets  indéterminés. 


(i)  Mémoires  et  documents,  publiés  par  la  Société  d'histoire  de  la  Suisse  romande, 
t.  XVII,  1860. 


430  BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE 

»  C'est  ensuite  la  pièce  figurée  sous  le  n°  7  que  nous 
retrouvons  en  Bosnie  (i)  et  en  Basse-Autriche,  où  elle  est 
désignée  par  le  mot  Beinhammcr  (2),  détermination  qui 
nous  parait  peu  satisfaisante. 

»  A  signaler  aussi  tout  particulièrement,  le  n*^  i  de  la 
figure  I.  C'est  un  objet  de  forme  plus  ou  moins  ovoïde,  en 
terre  cuite,  ayant  subi  l'action  d'un  feu  très  violent  et  qui, 
à  notre  avis,  pourrait  être  une  de  ces  balles  incendiaires 
que  l'on  faisait  rougir  à  blanc  et  qu'on  lançait  ensuite  à 
la  fronde  sur  l'édifice  à  incendier. 

»  César  (V^,  43)  rapporte  que  les  Nerviens  tentèrent  de 
prendre  ainsi  le  camp  de  Cicéron  :  Septimo  oppugnationis 
die,  maxinio  coorto  vento,  ferventes  fiisili  ex  argilla  glandes 
fimdis  et  fervefactajacula  in  casas,  quœ  more  Gallico  stramen- 
tis  erant  tectœ,  jacere  cœperunt. 

»  Les  mors,  fort  simples,  sans  branches  ni  bossettes, 
du  type  appelé  mors  de  filet  ou  de  bridon,  sont  au  nombre 
de  quatre.  L'embouchure  est  formée  d'une  tige  brisée, 
c'est-à-dire  composée  de  deux  parties  articulées  au  milieu. 
Elle  est  pourvue,  à  chacune  de  ses  extrémités,  d'un  grand 
anneau  mobile  (fig.  i,  n'^  4). 

»  Nous  connaissons  des  mors  tout  à  fait  semblables, 
trouvés  en  Suisse,  au  champ  de  bataille  de  la  Tief encan, 
près  de  Berne  [époque  de  la  Tène]  (3),  et  en  Bavière. 
M.  Julius  Naue  date  ces  derniers  de  sa  troisième  période 
de   Hallstatt   [de   400  à  3oo   environ    avant   J.-C.J   (4). 


(i)  Glasnik  zemaljshog  Mazeja  u  Bosni  i  Hercegovim,  urednik  Kosia  Hormann 
XVI,  1904,  2.  Tabla  LVI,  4. 

(2)  M.  HoERNES,  Die  alteste  Bromezeit  in  Nieder'osterreich.  (Aus  dem  Jahrbuch 
der  K.  K.  Zentral-Kommission  fur  Kunst-  und  Historische  Denkmale, 
Band],  1903,  Hippersdorf,  fig.  6). 

(3)  Frédéric  Troyon,  Habitations  lacustres  des  temps  anciens  et  modernes. 
(Mémoires  et  documents  publiés  par  la  Société  d'tiistoire  de  la  Suisse 
romande,  t.  XVII,  1860,  pi.  XVII,  fig.  34.) 

(4)  L'époque  de  Hallstatt  en  Bavière,  etc ,  fig.  VIII,  n"  73  {in  Revue  archéo- 
logique, année  1895). 


Planche  XXIX 


^^ç-r 


riç.  2 


Fig.  3 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE  ^3l 

En  France,  c'est  le  type  usuel  des  attelages  gau- 
lois. 

»  La  pièce  capitale  est,  certes,  la  pirogue,  faite  comme 
celles  des  sauvages  modernes,  d'un  tronc  de  chêne  cvidé. 
La  proue  est  taillée  en  pointe  et  légèrement  relevée, 
tandis  que  la  poupe  est  coupée  carrément  (fig.  3).  Le 
travail  a  été  exécuté  à  l'aide  d'excellents  outils  en  métal, 
dont  on  constate  partout  les  traces  bien  nettes.  Elle 
mesure  très  exactement  8"'40  de  longueur  et  i  mètre  à  sa 
partie  la  plus  large,  mais  ses  dimensions  primitives 
devaient  être  plus  grandes,  car  il  y  a  à  tenir  compte  du 
retrait  du  bois  qui  a  du  être  assez  considérable. 

»  Sa  découverte  a  été  faite  vers  5  mètres  de  profondeur, 
dans  le  voisinage  immédiat  du  premier  groupe  de  pieux. 

»  Nous  n'insisterons  pas  sur  les  difficultés  sans  nombre 
que  nous  avons  eues,  d'abord  pour  ramener  dans  nos 
locaux  cette  intéressante  épave,  ensuite  pour  la  conserver 
et  la  reconstituer,  mais  nous  tenons  cependant  à  dire  ici 
qu'il  nous  a  fallu  toute  la  patience  et  toute  l'habileté  de 
notre  préparateur  Bauwin  pour  mener  à  bien  l'entre- 
prise. 

»  Le  musée  de  l'Académie  royale  d'Irlande  —  le  pays 
des  crannogs  —  possède  une  remarquable  collection  de 
ces  barques  primitives  (i)  et  on  en  a  aussi  rencontré  assez 
fréquemment  en  Angleterre,  en  Ecosse,  en  Suisse,  en 
Italie  et  en  France. 

)i  La  Belgique  n'ayant  encore  fourni  —  à  part  le  bateau 
de  Bruges  dont  le  type  et  l'âge  sont  tout  autres  — 
aucune  découverte  de  ce  genre,  la  pirogue  du  Neckerspoel 
constitue  donc,  pour  notre  pays,  un  spécimen  unique. 

»  Les  ossements  humains  consistent  en  un  crâne 
féminin  et  en  un  crâne  masculin  d'adultes,  en  un  sque- 


(i)  MuNRO,  Notes  on  Craunogs  or  Lake  Dwellin^s  in  Argyllshire.  ('Proc.  Soc. 
Ant.  of  Scotland,  Marcb,  1893,  pp.  479  et  suivantes.) 


432  BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE 

lette  complet  d'un  enfant  d'une  dizaine  d'années  à  peine  et 
en  divers  os  longs  appartenant  à  plusieurs  sujets  adultes. 

»  Il  serait  téméraire,  à  défaut  d'objets  caractéristiques 
en  nombre  suffisant,  de  vouloir  préciser  l'âge  de  la  station 
palustre  du  Neckerspoel,  dont  on  n'a  mis  au  jour  qu'une 
partie  seulement.  Aussi  nous  bornerons-nous  à  dire 
qu'elle  est  antérieure  à  la  domination  romaine  et  que 
l'usage  du  fer  y  était  connu. 

»  Une  cause  violente  paraît  en  avoir  amené  la  com- 
plète destruction,  mais  plus  tard,  le  point  fut  réoccupé, 
d'abord  à  l'époque  romaine,  puis  au  moyen  âge. 

»  Nous  avons  recueilli,  en  effet,  au  même  endroit,  mais 
plus  haut,  vers  2"'5o  de  la  surface  du  sol,  des  débris 
romains  (morceaux  de  tegiilœ  et  fragments  d'amphore); 
et  plus  haut  encore,  à  environ  i'"8o  à  2  mètres  seulement 
du  niveau  actuel  des  prairies,  des  ossements  d'animaux 
(sanglier,  cochon  domestique,  bœuf  et  cheval),  des  débris 
de  vases  en  terre  noire  ou  grise,  à  belles  pincées,  apparte- 
nant aux  xiv%  xv^  et  xvi^  siècles,  un  fer  à  cheval,  des 
fusaioles  (?)  en  poterie,  des  monnaies  diverses  :  Philippe- 
le-Beau  (1478-1506),  Charles  II  (1665-1700),  Marie-Thé- 
rèse (1717-1780),  Léopold  II  (1790-1792),  et  des  jetons 
vulgaires,  de  petites  cruches  en  grès,  etc. 

»  Il  y  a  donc  là  trois  niveaux  bien  déterminés  —  pro- 
tohistoriqiie,  romain  et  moyen  âge  —  nettement  séparés  par 
des  couches  épaisses  d'alluvions  d'inondation. 

»  Enfin,  le  nom  même  de  Neckerspoel  que  porte  le  lieu 
des  découvertes,  ne  laisse  pas,  non  plus,  de  présenter  de 
l'intérêt,  car  on  y  retrouve  un  souvenir  de  la  mythologie 
germanique  (i). 


(i)  Tacite  {Hisi.,  IV),  Procope  {Bell.,  Goth.,  II,  25)  et  Grégoire  de  Tours 
(Hist.  Frafic,  II,  lo)  nous  rapportent,  en  effet,  que  les  Germains  avaient 
coutume  d'adresser  leurs  vœux  aux  fontaines  et  aux  lacs,  de  même  qu'aux 
rivières,  aux  arbres  et  aux  rochers. 

Les  Nixen,  Nekkers  ou  Nikkers,  dit  Sciiayes  (I,  269),  étaient  les  esprits  qui 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE  433 


C.  —  Travaux  historiques 

Dans  le  Bulletin  bibliographique  de  l'année  passée, 
nous  avons  signalé  la  publication,  à  Malines  même,  d'une 
revue  flamande  consacrée  à  l'histoire  et  à  l'archéologie 
locale,  à  la  folklore,  aux  arts  et  à  toutes  les  manifestations 
de  la  vie  intellectuelle  de  notre  cité.  Nous  ne  pouvons 
relever  ici  tous  les  articles  qui  ont  paru  au  cours  de 
l'année  igo5.  Contentons-nous  d'en  signaler  quelques- 
uns  qui,  plus  que  les  autres,  nous  semblent  mériter 
d'arrêter  l'attention  des  membres  du  Cercle  archéolo- 
gique. Prosper  Verheyden,  Otize  doode  kunstambachten, 
sur  les  dmanderies  mali  noises  ;  —  Max  Rooses,  H  et  altaar 
der  Sint-Jans-kerk  te  Mechelen;  —  P.  D.  Herstellingen  van 
ce  de7i  onde  Beyaerd  »;  —  Prosper  Verheyden,  Het 
gezangboek  van  Magaretha  van  Oostenrijk,  où  l'auteur  rejette 
l'hypothèse  développée  par  M.  Hermans,  concernant  l'attri- 
bution des  miniatures  du  livre  de  chant  à  Albert  Diirer; 
—  Emm.  van  Fraechem,  Onze  Beiaard;  —  O.  Tack, 
Rombout  Keldermans  en  het  Gentsche  Stadhiiis ;  —  F.,  Twee 


animaient  les  eaux.  On  se  les  figurait  de  grandeur  et  de  forme  humaine, 
beaux  de  corps,  mais  ayant  des  dents  vertes,  des  3-eux  d'une  dimension 
extraordinaire,  et  le  sang  froid.  Ils  éprouvaient  toutes  les  passions  humaines 
et  recherchaient  la  société  des  hommes.  Les  Nixes  iévûinms  étaient  meilleurs 
que  ceux  du  sexe  masculin;  un  modèle  d'amabilité,  de  beauté  physique  et 
morale.  Il  arrivait  souvent  qu'ils  s'éprenaient  d'un  jeune  homme  et  l'atti- 
raient dans  leurs  palais  tapissés  de  coraux  et  de  coquillages,  et  y  menaient 
avec  lui  une  existence  heureuse  qui  ne  cessait  que  si  l'amant  les  mal- 
traitait. Ils  venaient  aussi,  au  clair  de  la  lune,  danser  avec  les  paj^sannes 
sous  le  tilleul,  ou  filer  avec  elles  dans  leurs  chaumières.  Il  en  est  resté  en 
Belgique  des  traces  dans  les  dénominations  de  plusieurs  localités,  telles 
que  le  quartier  de  la  ville  de  Malines,  appelé  Neckerspoel  (marais  des 
Nekkers);  dans  une  rue  de  Bruxelles,  la  rue  de  Terre-Neuve,  qui  portait 
jadis  le  nom  de  Neckerstraet;  la  Nekersbeek,  ruisseau  près  de  Gand  ;  la 
tour  de  Nekker,  à  Bruges  ;  la  rue  Nekkerstraet  au  village  de  Zegescappel, 
près  de  Dunkerque,  etc. 


434  BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE 

îiithangborden  :  In  St.  Jan  kop  af,  In  den  Boer  à  la  mode;  — 
W.  VAN  Caster,  Nog  iets  over  îiithangborden.  Cet  article 
reproduit,  en  leur  entier,  d'après  les  souvenirs  de  l'auteur, 
les  deux  curieuses  inscriptions  dont  on  a  pu  voir  des 
parties,  pendant  quelques  jours,  à  la  maison  de  la  rue  des 
Vaches,  actuellement  la  rue  Frédéric  de  Mérode,  en  face 
de  la  rue  des  Porcs. 

Les    voici,    telles    que    les    donne    M.    le    chanoine 
VAN  Caster   : 

lut  taer  m.  0  c  Ul  c  om  al  bet  ôcmo\>  en  qcMI  ben 
i]\  a^beeten  ben  mo^al. 

Het  scynd  wonder  en  t  is  niet  raer 

vier  pooten  aen  eenen  oeyvaer 

Ook  scynd  het  wonder  t  aenhoren 

en  t  is  klaer  t  aenmerken 

Twé  horé. . .  (te  zien  op  den  kop  van  een  verken)  ; 


*  *■ 


Deoiidste  bewoners  van  Neckerspoele;  — W.  van  Caster, 
De  onde  krane  van  Mechelen;  —  Max  Rooses,  De  Altaar- 
tafel  der  Vischverkoopers;  —  H.  Baccaert,  Een  oiid gebruik 
uit  het  Mechelsch  strafrecht  (il  s'agit  du  baiser  de  paix,  du 
mondzoen)  ;  —  F.,  Vondel  en  de  Mechelsche  Aartsbisschop 
Boonen;  —  D'  G.  Van  Doorslaer,  Onze  klokgieters;  — 
W.-L.  Goovaerts,  Mechelsche  kant ;  —  Max  Rooses,  Het 
laatste  avondmaal  en  de  kroning  van  Stc  Catharina  van  PP. 
Riibens,  twee  verdwenen  Mechelsche  altaarstukken.  Ces  ta- 
bleaux ornèrent  jadis  l'autel  du  St-Sacrement  à  l'église 
St-Rombaut,  et  l'autel  de  Ste-Barbe  dans  l'église  des 
Augustins,  le  premier  tableau  fut  enlevé  par  les  Français, 
le  second  vendu  par  les  religieux  eux-mêmes,  en  lyôS; 
—  Prosper  Verheyden,  Boekverkoopers  te  Mechelen  in 
de  xvi^  eeuw,  bonne  contribution  sur  un  sujet  absolument 
neuf. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE  435 

M.  G.  BiGwooD,  dans  une  étude  sur  les  mesures  à  blé 
des  anciens  Pays-Bas,  donne  l'évaluation  faite  du  setier 
deMalines  en  uperkens  de  Bruxelles,  en  1572,  en  vue  des 
impositions  décrétées  par  le  duc  d'Albe.  Le  setier  valait 
alors  2,688  uperkens  et  se  subdivisait  en  2  halsters,  ou 
4  viertels,  ou  16  mokens,  ou  64  quaerten  ou  loopen.  Le 
même  auteur  évalue  l'uperken  de  Malines  à  0,34,325 
litres,  la  pinte  à  o,6865  litres,  le  pot  à  i  litre  3, 730  et 
viertelde  blé  à  86 litres  499,  le  viertel  d'avoine  à  loi  litres, 
602,  le  sac  à  259  litres  et  demi  (i). 

A  signaler  aussi  le  beau  livre  de  M.  G.  Kurth, 
professeur  à  l'Université  de  Liège,  sur  Notger  de  Liège  (2). 
L'auteur  y  retrace  les  travaux  accomplis  par  Notger, 
dans  la  principauté,  et,  pp.  i8i-i83,  ce  qu'il  fit  en 
faveur  de  Malines.  Ces  pages  ne  nous  apprennent,  il  est 
vrai,  rien  de  plus  que  ce  que  nous  savions  déjà  par  J.-B. 
David  et  van  den  Branden  de  Reeth,  dont  M.  Kurth 
partage  les  idées  sur  l'enceinte  notgérienne  (3),  mais  on 
aime  à  retrouver  sur  ces  questions  la  manière  de  voir 
d'un  maître  de  la  critique  historique  contemporaine  et 
du  chef  de  l'école  belge  d'histoire. 

Sous  le  titre  de  Les  évêqiies  auxiliaires  de  Cambrai  et  de 
Tournai  (4),  le  R.  P.  Dom  Ursmer  Berlière,  O.  S.  B.,  a 
fait  paraître  en  un  volume  séparé,  les  études  qu'il  avait 
consacrées  à  ces  dignitaires  ecclésiastiques  dans  la  Revue 


(:)  G.  BiGWOOD,  Notes  sur  les  mesures  à  blé  dans  les  anciens  Pays-Bas.  Contribu- 
tion à  la  métrologie  belgiqite,  dans  les  Annales  de  la  Société  d'Archéologie  de  Bru- 
xelles, t.  XIX,  1905,  pp.  5  et  ss.  (bibliothèque  populaire). 

(2)  GoDFRoiD  Kurth,  Notger  de  Liège  et  la  civilisation  au  x'  siècle.  Paris,  igoS 
(aux  archives  de  la  ville). 

(3)  D'après  David  et  Kurth,  l'enceinte  notgérienne  n'aurait  protégé  que 
le  cœur  de  la  ville. 

(4)0.  Ursmer  Berlière, O.S.B.,LesévéquesauxiliairesdeCambraiet de  Tournai. 
Bruges  et  Lille,  Desclée-De  Brouvi^er,  igo5  (aux  archives  de  rArchevéché). 


436  BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE 

bénédictine.  Nous  y  relevons  des  notices  de  grand 
intérêt  sur  Jean  Ysewyn,  évêque  de  Tripoli  (1400-1408), 
administrateur  apostolique  du  diocèse  de  Cambrai,  puis 
auxiliaire  de  Liège,  malinois  de  naissance,  et  jadis  curé 
de  St- Pierre  à  Malines.  Cette  notice,  cependant,  malgré 
son  importance,  demanderait  à  être  complétée.  Nous  ne 
pouvons  y  songer  dans  le  Bulleii?i  bibliographique,  et  nous 
nous  permettons  de  renvoyer  nos  lecteurs  à  l'étude  que 
nous  comptons  consacrer  à  Jean  Ysewyn  dans  le  prochain 
Bulletin  du  Cercle. 

Dans  l'étude  du  P.  Berlière,  nous  trouvons  des  détails 
sur  Jacques  de  Arhweiier,  évêque  de  Croa  et  auxiliaire 
de  Cambrai  (i352-i37o),  enterré  au  Couvent  des  Carmes 
à  Malines;  sur  Henri  de  Tolnis,  évêque  de  Rose  et  auxi- 
liaire de  Cambrai  et  de  Liège  (1400-1426),  et  carme  du 
couvent  de  notre  ville;  sur  Gilles  van  der  Heyden, 
évêque  de  Beirut  et  auxiliaire  de  Cambrai  (i494-i5o5), 
lui  aussi  carme  de  Malines;  sur  Martin  de  Cuyper  ou 
Cuperus,  évêque  de  Chalcédoine  et  auxiliaire  de  Cam- 
brai (1541-1572),  carme  et  prieur  du  Carmel  de  Malines, 
lui  encore.  A  cette  dernière  notice  on  pourrait  ajouter 
que  Cuperus  fut  le  directeur  spirituel  des  Sœurs  Noires 
d'Anvers  (i),  comme  les  autres  prieurs  du  Carmel  de 
Malines  l'avaient  été  depuis  1462  jusqu'à  la  fin  du  xvi^ 
siècle.  Dans  le  même  travail,  nous  voyons  qu'à  diverses 
reprises,  du  xv'  au  xv!*"  siècle,  des  sacres  épiscopaux 
eurent  lieu  à  l'église  Saint-Rombaut.  Ce  détail  peut 
offrir  son  importance  :  différents  indices,  en  effet,  sem- 
blent montrer  que,  même  avant  l'érection  de  l'archevêché 
de  Malines,  cette  ville  était  déjà  un  centre  d'administra- 
tion religieuse  (2). 


(i)  Cf.  J.  Laenen,  Geschiedktmdige  aanteekeningen  over  de  instelling  in  hei  Mooster 
der  zwartzusters  te  Antwerpen.  Anvers,  Kennes,  1902,  p.  19  et  p.  91. 

(2)  Cf.  J.  Laenen,  Notes  sur  V organisation  ecclésiastique  du  Brahant.  Anvers, 
V"  De  Backer,  1904,  p.  79. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE  487 

M.  Paul  Kalkoff,  dans  son  étude  sur  les  origines  de 
la  contreréforme  dans  les  Pays-Bas,  fournit  quelques 
renseignements  sur  le  minorité  Angélus  de  Malines  et  le 
moine  Augustin  Jean  de  Malines,  prieur  d'Enkhuizen  (i). 

L'empereur  Joseph  II,  dans  sa  manie  de  voir  partout 
des  abus  et  de  vouloir  partout  réformer  en  détruisant 
souvent,  porta,  au  mois  de  mars  1783,  un  édit  supprimant 
un  grand  nombre  de  couvents  réputés  inutiles  dans  les 
Pays-Bas.  A  Malines,  comme  ailleurs,  plusieurs  com- 
munautés furent  dissoutes,  notamment  les  Carmélites 
déchaussées,  les  Urbanistes,  les  pauvres  claires,  les  reli- 
gieuses de  Siekelieden,  de  Muysen,  de  Béthanie,  de 
Thabor  et  de  Leliëndael,  ainsi  que  les  religieux  d'Hans- 
wyck.  L'historique  de  la  suppression  des  couvents  en 
général  a  été  faite  par  l'auteur  de  ce  Bulletin  biblio- 
graphique (2).  Je  me  permettrai  de  signaler  comme 
intéressant  plas  particulièrement  Malines,  les  pages  38-39 
et  53-54  qui  concernent  la  suppression  du  couvent  de 
Leliëndael. 

L'histoire  artistique  de  Malines  a  fait  l'objet  d'un 
article  de  M.  Alphonse  deWitte,  dans  le  Bulletin  ciel' Aca- 
démie royale  d' Archéologie  de  Belgique,  où  l'auteur  révèle 
l'existence  jadis  d'un  tableau  de  Gillis  Smeyers  le  vieux 
dans  l'église  de  Heffen,  représentant  saint  Amand  prê- 
chant la  foi  (3),  —  et  de  la  description  d'une  curieuse 


(i)  Paul  Kalkoff,  Die  Anfange  der  Gegenreformation  in  den  Nederlanden.  Halle, 
1903,  I,  53,  II,  20,  II,  94  (bibliothèque  particulière). 

(2)  J.  Laenen,  Etude  sur  la  suppression  des  Couvents  par  l'Empereur  Joseph  II 
dans  Us  Pays-Bas  autrichiens  et  plus  spécialement  dans  le  Brabant  (1783-1794), 
extrait  des  Annales  de  l'Académie  Royale  d' Archéologie,  t.  LVII,  1905  (à  la  biblio- 
thèque du  Cercle). 

(3)  Alphonse  De  Witte,  Un  tableau  inconnu  de  Gillis  Smeyers,  le  vieux,  de 
Malines,  dans  le  Bulletin  de  l'Académie,  1905,  pp.  186  et  ss.  (à  la  bibliothèque 
du  Cercle). 


438  BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE 

cloche  de  Wechelderzande.  Cette  cloche,  qui  date  de 
l'année  i526,  est  l'œuvre  du  fondeur  malinois  Simon 
Waghevens,  et  offre  par  son  ornementation  et  ses  inscrip- 
tions un  spécimen  fort  intéressant  de  notre  ancien  art 
campanaire  (i).  Une  gravure  bien  réussie  accompagne 
cette  inscription. 

Cette  même  cloche  a  été  décrite  aussi  dans  le  fasci- 
cule iSy  des  Graf-  en  Gedenkschriften  der  Provincie  Ant- 
werpen  (2). 

On  sait,  du  reste,  que  notre  confrère,  M.  Fernand 
DoNNET,  s'est  fait  une  spécialité  dans  les  études  campa- 
naires.  Signalons  encore  de  lui  une  note  sur  trois  cloches 
flamandes  au  Limousin  (3),  où  il  rectifie  des  inscriptions 
données  par  l'abbé  A.  Lecler,  dans  un  travail  sur  les 
cloches  du  Limousin  (4).  Les  trois  cloches  sont  dues  à  la 
célèbre  maison  des  van  den  Gheyn. 


Qu'on  me  permette,  avant  de  clore  ce  rapide  exposé 
des  publications  concernant  la  ville  de  Malines,  parues 
en  igo5,  de  regretter  une  décision  de  l'Administration 
Communale,  qui  changea  le  nom  de  rue  des  Vaches  en 
celui  de  rue  Frédéric  de  Merode.  Cette  décision  peut 
paraître  d'autant  plus  regrettable,  que  jamais  de  Merode 
n'eut  la  moindre  accointance  avec  la  rue  qui  porte 
aujourd'hui  son  nom,  tandis  que  par  là  s'évanouit  encore 


(i)  Fernand  Donnet,  Les  cloches  de  Wechelderzande,  dans  Taxandria,  igoS, 
pp.  159-164  (à  la  bibliothèque  du  Cercle). 

(2)  Graf-  en  Gedenkschriften  der  Provincie  Anhverpen,  i5y°  livraison.  Anvers, 
1905  (aux  archives  de  la  ville). 

(3)  Fern.  Donnet,  Trois  cloches  flamandes  au  Limousin,  dans  le  Bulletin  de 
r Académie  royale  d'Archéologie  de  Belgique,  igo5,  pp.  80  et  ss.  (à  la  Bibliothèque 
du  Cercle). 

(4)  A.  Lecler,  Etude  sur  les  cloches  de  l'ancien  diocèse  de  Limoges.  Limoges, 
1902,  in-8°. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE 


439 


une  fois  un  souvenir  d'un  âge  lointain.  Ce  n'est  pas  sans 
une  certaine  mélancolie  que  l'on  voit  un  enfant,  d'un 
coup  de  pierre,  briser  quelque  délicate  sculpture  d'un 
antique  monument.  Ce  n'est  pas  sans  regret  non  plus 
qu'on  voit  une  administration,  soucieuse  pour  le  reste 
de  nous  conserver  les  façades. qui  font  un  des  titres  de 
gloire  de  la  cité,  rayer  d'un  trait  de  plume  un  des  noms 
de  rues  les  plus  pittoresques  et  les  plus  évocateurs  du 
passé. 


J.  L. 


ADDENDA 


MEMBRES  DU   CERCLE   ARCHÉOLOGIQUE    DE    MALINES 


Membres   titulaires   reçus    en   1905 

Messieurs, 

Ryckmans,  Alphonse,  Avocat,  rue  Rosier,  Anvers  (7  avril  igo5). 
ScHAAPDRYVERS,  Avocat,  place  Ragheno,  25,  Malines  (26  mai  igoS) 
Philippen,  Abbé,  Vicaire  à  Hombeek  (17  novembre  igoS). 


Sociétés,  Commissions  &  Tuhlications  avec  lesquelles  le  Cercle 
fait  l'échange  de  ses  bulletins. 


BELGIQUE 


Alost.  —  Annales  du  Cercle  Archéologique  de  la  Ville  et  de  l'ancien  Pays  d'Alost. 

M.  J.  RoGiERS,  Curé  de  l'Hôpital  d'Alost,  Secrétaire. 
Anvers.  —  La  Presse  Universelle,  organe  officiel  du  Cercle   Presso-Phila- 
télique  d'Anvers  et  des  Principaux  Pressophilçs  de  Belgique. 
M.  J.-B.  Vervliet,  rédacteur  en  chef. 
Brecht.  —  Oudheid  en  Kunst,  Tijdschrift  van  den  Geschied-  en  Oudheid- 
kundigen  Kring  van  Brecht  en  omstreken. 
M.  Frans  Wouters,  Gemeenteplaats,  Brecht. 

2g 


44^  ADDENDA 


Hasselt.  —  VAiicien  Pays  de  Looz. 

Dr  Ba.mps,  rue  du  Président,  36,  Ixelles. 
Leodiunt.  —  Chronique  mensuelle  de  la  Société  d'Art  et  d'Histoire  du  Diocèse 
de  Liège. 

M.  l'Abbé  BouRGUET,  Professeur  d'histoire  et  de  droit  canonique  au 
Séminaire  de  Liège,  Secrétaire  de  Rédaction. 
ISIons.  —  Société  des  Sciences,  des  Arts  et  des  Lettres  du  Hainaut. 

M.  Léon   LossEAU,  Avocat,  Bibliothécaire,  37,  rue  de  Niniy,  Mons. 
Turnhotit.  —  Annales  de  la  Société  d'Histoire  et  d'Archéologie  de  la  Campine. 

M.  Jules  DiERCxsENs,  Secrétaire,  18,  rue  Léopold,  Turnhout. 

FRANCE 

Saint-Malo.  —  Société  Historique  et  Archéologique  de  l'arrondissement  de  Saint- 
Malo. 
M.  Etienne  Dupont,  Juge,  rue  St-Philiope,  7,  Saint-Malo. 
Farts.  —  Société  Nationale  des  Antiquaires  de  France. 

PAYS-BAS 

's  Graveiihage.  —  Maandblad  van  het  Genealogischhcraldiek   Genootschap  «  De 
Nederlandsche  Leeuw  ». 
W.  Baron  Snouckaert  van   Schaucurg,    Bibliothecaris,  96,   Jan  van 
Nassaustraat,  te  's  Gravenhage. 
Taxandria.  —  Tijdschrift  voor  N oordbràbantsche  geschiedenis. 
M.  A.-C.-A.  ScTEN,  Kapelaan,  Sas  van  Gent. 


Table  des  Matières 


Liste  des  Membres 

Sociétés,  Commissions   et  Putlications  avec   lesquelles  le   Cercle 

échange  ses  bulletins 

H.  CoNiNCKX.  —  Rapport  sur  la  situation  et  les  travaux  du  Cercle 

Archéologique  à  la  fin  de   l'année  1904        .... 
J.  Laenen.  —  Les  Lombards  à  Malines  (1295-1457)  . 
D'^  G.  Van  Doorslaer.   —   Episodes  de   la  vie  médicale  d'antan 
Chanoine  Kempexeer.  —  Les  aliénations  de  Malines  au  xiv^  siècle 

Etude  sur   la  situation  politique   de   la  Seigneurie  (i3oo-i357) 
G.  VAN  Caster.  —  L'Hôtel  de  ville  de  Malines  ;  son  histoire  et  sa 

restauration 

H.  CoNiNCKX.  —  Mechelsche  levensbeschrijvingen    ... 
Ph.  Van  Boxmeer.  —  La  restauration  de  l'Hôtel  de  ville  de  Malines 
Prosper  Verheyden.  —  Boekbanden  met  blinddruk  uit  de  iS^  en  de 

i6<^  eeuw,  in  de  stadsbibliotheek  en  archieven  te  Mechelen 
Id.  —  Mechelsche  boekbinders  in  de  14^,  iS*^  en  i6<^  eeuw 
Id.  —  Boekhandelaars  te  Mechelen  in  de  16^  eeuw. 
Mélanges. 

D"^  G.  Van  Doorslaer.  —  Almanachs  Malinois  . 

Id.  —  Malinois  à  l'ancienne  Université  de  Louvain  . 

Ad.  Reydams.  —  Omstreken  van  Mechelen. 

E.  OuvERLEAUx.  —  Note  sur  la  reproduction  du  plan  de  Malines 
et  de  ses  environs,  dressé  par  Jacques  de  Deventer     . 

J.  Laenen.  —  Bulletin  bibliographique 

Addenda .- 


i3 

23 

49 


io5 
137 
217 

247 
265 
289 

355 
363 
416 

419 
421 
441 


444  TABLE    DES    MATIERES 


^able  ^e6  plancbcô 


Pages 

Planche  I.   —  Hôtel  de  ville  de  Malines.  Façade  principale, 

formée  de  cinq  bâtiments.  —  Etat  actuel  (igoS)  .  .  .  104-105 
Planche  II.  —  Hôtel  de  ville  de  Malines.  Façade  latérale  S.-E., 

vers  la  Grand'  Place.  —  Etat  actuel  (igoS)  ....  106-107 
Planche  III.  —  Hôtel  de  ville  de  Malines  d'après  une  vieille 

peinture   de  i5oo   environ  (tableau  n^  21  de  la  légende  de 

S.  Rumold),  conservée  à  l'église  métropolitaine  .  .  .  114-115 
Planche  IV.  —  Hôtel  de  ville  de  Malines.  Pignon  S.-E.,  vers  la 

Grand'   Place,  d'après   une  peinture  de  1660,  conservée  à 

l'église  des  SS.   Pierre  et  Paul 114-115 

Planche  V.  —  Hôtel  de  ville  de  Malines.  Appareil  intérieur  du 

premier  bâtiment 116-117 

Planche  VI.  —  Hôtel  de  ville  de  Malines.  Corbeau  suppoitant 

le    degré   inférieur  du   pignon  principal.  —   Modillons   des 

murs  latéraux  du  premier  bâtiment 118-119 

Planche  VIL  —  Hôtel  de  ville  de   Malines.   Façade  latérale 

N.-O.  Façade  principale  du  cinquième  bâtiment .  .  .  120-121 
Planche  VIII.  —  Ancienne  maison  échevinale,  bâtie  en  1374, 

cédée  â  l'usage  du  Grand  Conseil  en  1474  ....  122-123 
Planche  IX.  —  Hôtel  de  ville  de  Malines  (2'"  étage).  Salle  du 

Cercle  Archéologique i32-i33 

Planche  X.  —  Jan-Bap'ist  Rijmenans 166-167 

Planche  XI.  —  Jaak-Jan  De  Raedt 176-177 

Planche  XI [.  —  Lodewijk  Royer 182-183 

Planche  XIII.  —  Ence  onthaald  door   Dido  (bas-relie'f;     .        .         192-193 

Planche  XIV.  —  Jan-Frans  Plu3'S 212-213 

Planche  XV.  —  Relevé  de  la  façade  jnincipale   de  l'Hôtel  de 

ville 216-217 

Planche  XVI.  —  Relevé  des  façades  de  l'Hôtel  de  ville  vers  la 

Cathédrale  et  vers  la  Grand'  Place 218-219 

Plnnche  XVII.  —  Murs  du  vestibule  de  rilôtel  de  ville  (vues 

prises  au  moment  où  ils  étaient  décrépis)      ....        220-221 


TABLE    DES    MATIÈRES  446 


Planche  XVIII.  —  Pignon  de  l'Hôtel  de  ville  vers  la  Grand' 

Place,  d'après  une   peinture  de  1660 224-225 

Planche  XIX.  —  Projet  de  restauration  de   l'Hôtel  de  ville 

(façade  principale) 23o-23i 

Planche  XX.    —   Projet  de  restauration   de   l'Hôtel    de  ville 

'façades  vers  la  Cathédrale  et  vers  la  Grand'  Place  .  .  232-233 
Planche  XXI.  —  Ancienne  Maison  Echevinale  ....  234-235 
Planche  XXII.  —  Façade  principale  de  l'Hôtel   de  ville  (état 

actuel,  1905) 236-237 

Planche  XXIII.  —  L'Hôtel  de  ville.  Façade  vers  la  Métropole        238-239 
Planche  XXIV,  —  Hôtel  de  ville.  Façade  vers  la  Grand'  Place.        240-241 
Planche   XXV.   —    Paneel   geprent  op    den    omslag  van  het 
Register  der  Gilde  van  den  Ouden  Voetboog  te  Mechelen 

(1433-1564)       25o-25l 

Planche  XXVI.  —  Den  duytschen  souter,  paneel  geprent  Tant- 

werpen,  in  i5o4 258-259 

Planche  XXVII.  —  Band  van  Claus  van  Dormale     ,        .        .        284-285 
Planche  XXVIII.  —  Jean-Baptiste  Austrucij,  Mathématicien  .        356-357 
Planche  XXIX.  —  Fragments   de  poterie,   pirogue,  mis  à  dé- 
couvert dans  les  prairies  du  Neckerspoel,  en  avril  1904,  lors 
des  travaux  de.  dérivation  de  la  Dyle 430-431 


Diônette6  intercalées  ban6  le  teyte 


Modillons  des  murs  latéraux  du  premier  bâtiment  de  l'Hôtel  de 
ville 


221 


Hôtel  de  ville  de  Malines,  croquis  à  la  plume  d'après  un  tableau  de 

i5oo  environ  (Légende  de  S.  Rombaut),  à  la  Cathédrale       .         .        225 

Titre  d'almanach  de   i558        .         . 362 

Echelle  rectifiée  du  plan  de  Malines,  d'après  la  minute  de  Jacques 

de  Deventer 41g 

Ossements  d'animaux,  noisettes,  balle  de  fronde  (?)  et  fusaiole  en 
terre  cuite,  mors  de  bride,  etc.,  découverts  dans  les  prairies  du 
J\'eckerspoci,  en  avril  1904,  lors  des  travaux  de  dérivation  de 
la  Dyle 427 


NOOl 


61 


lU  -- 


3<a  Nooi 


r^  \^